Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 ans
Le "8.30 franceinfo" de Yaël Braun-Pivet

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00 Bonjour Yael Brune-Pivet.
00:08 Bonjour.
00:09 Interrogée par Sud Radio hier sur les conséquences du séisme au Maroc et la politique africaine
00:13 de la France, Bruno Rotailleau, le patron du groupe LR au Sénat, a déclaré "La
00:18 colonisation, c'est bien entendu des heures qui ont été noires, mais c'est aussi des
00:21 heures qui ont été belles avec des mains tendues".
00:24 Est-ce qu'un parlementaire français peut dire ça ?
00:27 Écoutez, la colonisation c'est une histoire de domination.
00:31 C'est une emprise sur la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes.
00:35 Et je ne vois pas comment en privant des peuples de leur liberté on peut avoir une belle histoire.
00:42 Donc non, ce ne sont pas des propos que j'approuve.
00:44 Et je pense aussi que compte tenu des circonstances, ce n'est pas le moment des petites phrases,
00:50 ce n'est pas le moment des polémiques, c'est surtout le moment de la solidarité avec le
00:54 peuple marocain qui souffre.
00:55 Il a donc dérapé, il faut qu'il soit recadré par le patron du groupe LR.
00:59 Je ne donne de conseils à personne et je ne qualifie pas les propos des uns et des autres.
01:05 En tout cas, je ne suis absolument pas d'accord avec cela.
01:07 L'actualité Yael Brun-Pivet, c'est bien sûr toujours la question du pouvoir d'achat
01:10 et notamment les carburants qui frôlent les 2 euros le litre à la pompe.
01:14 TotalEnergie, plusieurs grandes chaînes aussi de supermarchés comme Intermarché, Système
01:18 U annoncent des remises.
01:19 Qu'est-ce que vous dites-vous ? C'est la moindre des choses ?
01:21 Non, je salue cet effort.
01:23 C'est important et c'est important, vous savez, dans un moment où notre pays rencontre
01:29 des difficultés face à l'inflation, que tout le monde fasse un effort, que tout le
01:34 monde mette la main à la pâte et donc que l'ensemble des distributeurs fassent cet
01:39 effort.
01:40 Je trouve que c'est bien et c'est à saluer.
01:41 Tout le monde ne met pas l'état ?
01:42 C'est à saluer.
01:43 Tout le monde ne met pas l'état, Bruno Le Maire et Bercy excluent des remises ?
01:45 Alors, l'État a pris sa part.
01:48 Nous avons fait le chèque énergie.
01:50 Nous avons, dès le mois de juillet 2022, pris des dispositions pour faire baisser
01:56 le coût à la pompe.
01:58 Donc, l'État a pris sa part.
02:00 Maintenant, c'est ce que je dis.
02:01 Tout le monde doit prendre sa part.
02:02 C'est important parce que nos concitoyens en ont besoin.
02:05 Mais les distributeurs qui vous écoutent ce matin doivent en rager aussi parce qu'eux
02:08 aussi ont pris leur part plus tôt, il y a quelques mois, en multipliant les remises.
02:13 Qu'est-ce que vous répondez à l'extrême droite qui dit que le gouvernement et la majorité
02:17 font les poches des Français en cette période d'inflation ?
02:19 Parce que le prix du carburant, en fait, ce sont aussi des taxes qui pèsent lourds
02:24 à 60%.
02:25 Oui, mais vous savez, j'ai entendu leur proposition qui était de baisser les taxes,
02:31 justement, et qui est une proposition qui coûterait 12 milliards d'euros au budget.
02:34 Qui paierait ces 12 milliards d'euros ?
02:36 Les Français.
02:37 Les Français.
02:38 Le budget de l'État, ce n'est pas quelque chose de désincarné, qui est étranger à
02:45 la population.
02:46 Et donc, lorsque l'on ponctionne et qu'on augmente les dépenses de l'État, on augmente
02:53 les dépenses des Français.
02:54 Moi, je ne comprends pas ce débat qui consisterait à penser que le budget de l'État, c'est
03:01 quelque chose sur lequel on peut pomper et on peut pomper indéfiniment sans que ça
03:07 n'ait aucune répercussion sur les Français.
03:09 Ça a des répercussions sur les Français.
03:11 On a une dette qui est très importante.
03:14 Le coût de la dette, 3 000 milliards, mais le coût de la dette a augmenté de 50% cette
03:19 dernière année à cause de la hausse des taux d'intérêt.
03:23 Donc, il ne faut pas distinguer le budget de l'État et les prix directs que peuvent
03:32 payer les Français.
03:33 C'est la même chose.
03:34 Et donc, il faut avoir une vision globale des choses.
03:37 C'est pour ça.
03:38 Mais il faut aussi saluer les efforts des uns et des autres.
03:40 Parce qu'autrement, je crois que ça ne serait pas juste.
03:43 Pour ceux qui prennent leur part.
03:45 Le pouvoir d'achat, ça passe aussi par certaines mesures qui dépendent directement des députés.
03:51 La loi des croisades qui limite les possibilités de promotion, notamment sur les produits
03:56 d'hygiène et de soins, elle est écriée ici même.
03:58 Le patron de Carrefour avait demandé un moratoire.
04:00 Ici même encore, Bruno Le Maire disait l'autre jour.
04:02 Très bien, mais c'est au député de décider.
04:06 Il faut que ce débat revienne devant l'Assemblée.
04:08 Alors vous savez, à l'Assemblée nationale, cette loi des croisades a été adoptée,
04:14 je crois, à une quasi unanimité ou unanimité il y a quelques mois.
04:19 Moi, je ne suis pas de celles qui veulent défaire ce que l'on vient de faire.
04:23 Mais la situation peut avoir évolué entre temps.
04:25 Oui, elle peut avoir évolué.
04:27 Mais là, je pense qu'il est trop tôt.
04:29 Je sais qu'il y a des discussions en cours sur un éventuel avancement des dates de négociation.
04:36 C'est un autre texte, nous y sommes ouverts.
04:39 Mais il faudrait en tout cas, si l'on voulait revenir de quelque façon que ce soit
04:44 sur une loi qui vient d'être votée par le Parlement,
04:46 qu'il y ait un nouveau débat au Parlement.
04:49 Il n'est pas question de ne pas appliquer une loi que nous avons votée.
04:52 Mais l'urgence ne le nécessite pas quand vous entendez Alexandre Bonpore,
04:57 le patron de Carrefour, qui dit "moi, regardez, les Français qui viennent dans mes magasins,
05:00 en fait, ils font l'impasse maintenant sur les produits d'hygiène.
05:03 Ils ne peuvent plus se les acheter".
05:05 Or, la loi des creusailles, elle limite les promotions qui peuvent permettre aux Français d'acheter ou pas ces produits.
05:12 La difficulté sur l'achat des produits d'hygiène, elle date pas de la loi des creusailles.
05:16 Là, elle est limite à 34%.
05:18 Oui, mais la difficulté ne date pas de la loi des creusailles.
05:21 Moi, vous savez, j'ai été longtemps responsable au Restos du Coeur.
05:25 Les produits qui étaient les plus demandés par les bénéficiaires des Restos du Coeur,
05:29 c'était justement les produits d'hygiène, parce que c'est ceux-là qui sont difficiles à acheter.
05:33 Donc, c'est quelque chose qui date d'il y a bien plus longtemps.
05:36 Ne considérons pas que la loi des creusailles est coupable de tous les maux.
05:40 Donc, on n'enlève pas un frein qui empêche les Français d'acheter des produits d'hygiène.
05:43 C'est pas celui-là, en tout cas, je crois, auquel il faut s'attaquer.
05:47 Alors, comme l'année dernière, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, indique que le barème de l'impôt sur le revenu
05:52 va être indexé sur l'inflation l'année prochaine.
05:55 Concrètement, si vous avez été augmenté au niveau de l'inflation, c'est-à-dire de 4,8%,
06:00 pas de hausse d'impôt. En dessous, votre impôt baisse.
06:03 Cette disposition, elle est prévue, en fait, depuis 1969, peu importe le niveau d'inflation.
06:09 Pourquoi est-ce qu'on présente toujours ces mesures comme des mesures nouvelles,
06:12 alors qu'on ne fait qu'appliquer la loi qui existe ?
06:15 Je ne sais pas si c'est présenter cela comme des mesures nouvelles
06:19 ou simplement détailler l'ensemble des dispositions qui sont prises
06:24 pour soutenir le pouvoir d'achat de nos compatriotes,
06:26 et donc que ceux-ci puissent avoir une vision globale.
06:29 Vous savez, de mon côté, inlassablement, j'explique comment fonctionne l'Assemblée nationale,
06:35 comment on vote les lois, etc.
06:37 Et vous savez, ce vote des lois existe depuis 1958,
06:41 et pour autant, beaucoup de nos compatriotes ne l'ont pas connaissance.
06:45 Non, mais ce que je veux dire, c'est que là, c'est présenté comme un sacrifice
06:48 de la part du gouvernement pour le pouvoir d'achat des Français.
06:52 Il dit même, Bruno Le Maire, ça va représenter un manque à gagner de 6 milliards pour l'État.
06:57 Mais parce que c'est important d'expliquer ce que l'on fait,
07:03 d'expliquer comment cela aide les Français, et combien ça coûte.
07:07 Moi, je pense que nos compatriotes sont avides de comprendre,
07:13 de savoir ce qui est fait, parce qu'il faut parler toujours à leur intelligence
07:18 et leur expliquer quels sont les choix que nous faisons,
07:21 quelle est la difficulté parfois de faire ces choix,
07:23 et quels sont les équilibres auxquels nous sommes confrontés.
07:26 Moi, c'est ça que je veux faire en faisant de la politique.
07:29 Et donc, oui, c'est important toujours d'expliquer telle et telle et telle mesure,
07:33 et de montrer surtout la globalité, parce qu'il y a de la cohérence dans ce budget.
07:37 On va continuer de le faire, on va parler de ce budget qui ne sera pas simple à adopter.
07:39 D'ailleurs, avec vous Yael Bonepivet, présidente de l'Assemblée nationale,
07:42 invité de France Info, ce sera juste après le Fil info, à 8h41.
07:46 Sophie Echene.
07:47 À Bordeaux, le client d'un bar est mort après avoir contracté le botulisme,
07:52 maladie neurologique rare, mais potentiellement grave.
07:54 8 autres clients ont été hospitalisés, la plupart d'entre eux sont en réanimation
07:58 ou en unité de surveillance continue.
08:00 La Direction générale de la Santé estime que l'apparition d'autres cas
08:03 toujours en lien avec ce bar est possible.
08:06 Au Maroc, pour la première fois, le roi Mohamed VI s'est rendu au chevet de blessés
08:10 hier soir dans un hôpital de Marrakech, 4 jours après un séisme dévastateur.
08:15 Le dernier bilan fait état de 2 900 morts et 5 500 blessés.
08:19 De nouvelles recherches infructueuses hier soir dans le Hamo du Auvergné,
08:23 dans les Alpes de Haute-Provence, pour tenter de retrouver Emile,
08:26 ce petit garçon de 2 ans et demi disparu début juillet,
08:29 dans des circonstances toujours très floues.
08:31 Et puis vous devrez payer un peu plus si vous partez visiter Venise à partir de l'an prochain.
08:35 Une taxe de 5 euros pour préserver la ville, victime de tourisme de masse.
08:39 La mesure ne s'appliquera que lors des pics d'affluence,
08:42 soit 30 jours par an entre le printemps et l'été.
08:45 France Info.
08:49 Le 8/30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Drakia.
08:53 Nous sommes toujours avec Yael Broun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale.
08:57 On le disait juste avant le Fil Info, les discussions vont sans doute être de nouveau difficiles.
09:01 A propos du budget, on parle déjà de 49.3 LR.
09:05 Les Républicains parlent de motion de censure.
09:07 Ce n'est ni un totem, ni un tabou, dit Olivier Marlex, le patron du groupe LR.
09:12 Qu'est-ce que vous répondez ?
09:13 Comment est-ce qu'on prend, quand on est à votre place, des discussions qui commencent comme ça ?
09:18 En fait, les discussions budgétaires, elles sont particulières, comme vous le savez.
09:22 Et le vote d'un budget signe l'appartenance à une majorité.
09:25 Il ne vous aura pas échappé que nous n'avons pas trouvé, malgré nos efforts,
09:31 des partenaires pour former une coalition et pour pouvoir diriger la France.
09:36 Donc nous sommes en état de majorité relative.
09:38 La conséquence directe de cela, c'est qu'il est probable que nous soyons,
09:44 avec le gouvernement, obligés d'activer le 49.3 sur le vote budgétaire.
09:48 Tout le monde s'y attend.
09:51 Ça ne fait plaisir à personne, parce que nous aurions préféré avoir une majorité,
09:56 ou en tout cas la trouver, au sein de l'Assemblée nationale.
09:59 Rien n'est perdu, et nous essaierons jusqu'au bout de la trouver.
10:02 Parce que quand nous sommes aux responsabilités, c'est notre devoir à nous de rassembler
10:05 et d'aller chercher des alliés.
10:07 C'est ce que nous faisons sur l'ensemble des textes.
10:09 Et ça veut dire que comme président, vous attendez toujours à présider une assemblée éruptive ?
10:13 Ce sont des choses différentes, parce que l'Assemblée est éruptive par moments,
10:18 mais pas toujours, et c'est heureux.
10:20 J'espère que cette année, les débats seront plus apaisés,
10:24 parce que tout l'été, les Français m'en ont parlé.
10:26 Ils m'ont dit qu'ils étaient choqués par ce qu'ils voyaient à l'Assemblée nationale.
10:30 Donc j'espère, et j'appelle collectivement à un sursaut,
10:34 pour que nous puissions débattre,
10:36 parfois exprimer des positions qui sont très antagonistes,
10:40 mais toujours dans le respect de nos concitoyens,
10:43 parce que l'image a un impact fort sur ce que nos concitoyens pensent de leur démocratie et de leur lutte.
10:51 Mais ça veut dire surtout, Yael Broun-Pivet, que vous risquez la motion de censure ?
10:54 Les LR vous préviennent ?
10:56 49.3, on dégaine une motion de censure.
10:58 En tout cas, on y participe aussi.
11:00 Écoutez, nous verrons bien, mais le risque, c'est un risque constitutionnel.
11:06 À chaque fois que la Première ministre déclenche le 49.3,
11:10 les parlementaires ont des délais dans lesquels ils peuvent déposer une motion de censure.
11:14 C'est la Constitution, donc c'est le strict respect.
11:17 C'est un risque à prendre.
11:18 Mais de toute façon, nous n'avons pas le choix, parce que la France a besoin d'un budget.
11:22 Les fonctionnaires ont besoin d'être payés,
11:24 et ce budget signe des grands engagements que nous avons pris.
11:28 7 milliards sur la transition écologique, 4 milliards sur l'école,
11:31 3,3 milliards sur nos armées.
11:33 Nous en avons besoin dans un contexte international qui se dégrade.
11:37 Il n'y a pas assez d'économies de l'isle à droite.
11:38 Donc il y a des économies, nous pourrons, et il faut que nous continuions à discuter avec chacun sur ce budget.
11:44 Mais c'est un budget important qui marque des investissements profonds que l'Assemblée nationale a votés.
11:50 Les éléments que je viens de vous donner découlent directement de textes que nous venons de voter lors de cette session.
11:57 Il y a le "Brune-Pivet", il y a le budget, mais il y a aussi le texte sur l'immigration.
12:00 Il arrive dans quelques semaines au Parlement.
12:03 Et le point noir, c'est l'article 3, la régularisation des travailleurs sans papier.
12:07 La droite, là encore, s'y oppose fermement.
12:09 Est-ce qu'il faut retirer cette proposition ?
12:11 Non, il ne faut pas la retirer.
12:13 Elle participe de l'équilibre du texte, et elle correspond surtout à nos valeurs.
12:19 Vous savez, moi, depuis que je fais de la politique, on parle beaucoup de la valeur travail.
12:23 Et cette disposition vise justement les personnes en situation irrégulière, étrangère,
12:30 qui travaillent sur notre territoire, qui s'intègrent, qui participent à la vie collective de la nation.
12:36 Et celle-là, nous en avons besoin.
12:38 Les employeurs nous disent qu'ils en ont besoin.
12:40 Les restaurateurs en ont besoin.
12:42 Les agriculteurs en ont besoin pour faire les récoltes.
12:44 Moi, je l'entends tous les ans dans ma circonscription, dans la pleine maraîchère de Montaisson.
12:49 Et donc, nous avons besoin de ces personnes.
12:52 L'équilibre est là.
12:54 Pourquoi vous n'avez pas signé la tribune transpartisane qui a été publiée,
12:57 notamment par une partie de députés Renaissance, qui se sont alliés avec des députés de la NUPES ?
13:03 Pourquoi vous n'avez pas signé cette tribune, si vous êtes pour ?
13:05 Alors, pour vous dire que je ne signe jamais de tribune,
13:07 parce que je considère que compte tenu de la fonction qui est la mienne,
13:11 je n'ai pas à m'associer à telle ou telle tribune lancée par des parlementaires.
13:16 Et la position que je vous décris, et la position que j'ai depuis toujours sur l'article 3,
13:21 que j'ai toujours exprimé, parce que moi, en politique, j'ai de la constance.
13:25 Et sur l'immigration, que pensez-vous de l'idée d'un référendum ?
13:28 Alors, aujourd'hui, il n'est pas possible.
13:30 Et moi, je trouve que l'hypothèse de modifier la Constitution
13:35 pour pouvoir faire un référendum sur l'immigration n'est pas une bonne chose.
13:39 En tout cas, je pense que, tant qu'à faire, faisons d'ores et déjà un référendum sur un sujet
13:45 qui est possible de faire.
13:48 Mais le président Emmanuel Macron, dans sa réponse au Parti politique après ses rencontres à Saint-Denis,
13:52 ne semble pas fermer la porte.
13:54 Non, il faut regarder la question du référendum, donc modifier l'article 11 de la Constitution,
13:59 et ça, j'y suis favorable.
14:01 Mais ce que je dis, c'est que n'attendons pas de modifier éventuellement cet article 11 de la Constitution
14:07 qui ouvrirait le champ du référendum pour pouvoir procéder à un référendum.
14:11 Il y a déjà tant de sujets sur lesquels nous pouvons procéder aujourd'hui à un référendum.
14:16 Et justement, l'un des sujets, c'est celui de la fin de vie qui peut être soumis à référendum.
14:20 En tout cas, vous, vous le souhaitez, pour poser quelle question ?
14:23 Moi, j'aurais souhaité, effectivement, soumettre aux Français cette question importante de
14:28 "Est-ce que vous souhaitez qu'il y ait une évolution de la législation en matière de fin de vie ?
14:34 Est-ce que vous voulez qu'on étende les possibilités qui vous sont offertes ?"
14:38 Il y a déjà eu la Convention citoyenne, ça a servi à rien ?
14:40 Alors, pas du tout. La Convention citoyenne, elle nous a éclairés.
14:44 La Convention citoyenne, c'est 150 citoyens tirés au sort.
14:47 J'y suis extrêmement favorable.
14:49 Mais évidemment, ça ne se substitue pas ni au vote des représentants du peuple au Parlement,
14:53 ni au vote direct par le peuple, par la voie d'un référendum.
14:56 Mais c'était une étape importante de réflexion. Il faut poursuivre.
15:00 Moi, je crois que le référendum, vous savez, il a deux intérêts.
15:03 D'une part, de faire trancher une question par le peuple, mais aussi de créer du débat dans la société.
15:09 Et je crois qu'aujourd'hui, les Français ont besoin de revivifier leur démocratie.
15:14 Et donc, avoir des débats de fond et après la possibilité de choisir,
15:18 c'est pour moi une façon de revivifier cette démocratie.
15:21 Le projet de loi autorisant l'aide active à mourir devait être présenté à la fin de l'été,
15:26 mais il a été reporté à cause de la visite du pape à Marseille, prévue les 22 et 23 septembre.
15:31 Pourquoi avoir fait ça ?
15:33 Vous demanderez au gouvernement. Moi, c'est le gouvernement qui présente les textes.
15:37 Ce que je sais, c'est que...
15:39 Ça veut dire quoi ? Il ne faut pas froisser le pape ?
15:41 Vous leur demanderez. Moi, je n'ai pas à répondre à ce type de questions.
15:44 En revanche, une chose est sûre, et c'est ça qui intéresse les Français,
15:48 c'est que nous devons avancer.
15:50 Et moi, je souhaite ardemment qu'avant la fin de ce quinquennat,
15:54 nous ayons en France une législation sur l'aide active à mourir.
15:58 On va continuer de parler avec vous de l'actualité, et notamment de l'école et de la laïcité.
16:02 Yael Broun-Pivet, président de l'Assemblée nationale, invité de France Info.
16:05 On vous retrouve juste après le Fil info à 8h49. Sophie Echene.
16:09 La Corée du Nord sera toujours avec la Russie, affirme Kim Jong-un.
16:14 À l'instant, le dirigeant nord-coréen est en ce moment en Russie, sur une base de lancement avec Vladimir Poutine.
16:19 Les deux hommes s'entretiennent depuis ce matin.
16:21 Le président russe a promis que Moscou aiderait Pyongyang à construire des satellites.
16:25 Une enquête ouverte par le parquet de Reims pour comprendre les causes de la mort d'un jeune homme de 19 ans,
16:30 vendredi, pendant les vendanges. Il travaillait sous un soleil de plomb avec jusqu'à 34 degrés enregistrés à l'ombre.
16:36 Coca-Cola, Nestlé, Ferrero, entre autres l'ONG Foodwatch, des épingles des géants de l'alimentaire,
16:43 les accusant d'être responsables de la malbouffe chez les enfants,
16:46 en les inondant de publicités pour des aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés.
16:50 Avec des emballages colorés, des jouets dans les paquets de gâteaux,
16:53 ou encore leur star préférée sur les canettes de soda, Foodwatch demande à l'État d'instaurer des règles strictes.
16:58 Elle refuse d'accepter la sanction. La tennis-woman Simona Alep, ex-numéro 1 mondial,
17:03 suspendue pendant 4 ans pour dopage, elle va faire appel.
17:06 La présidente de l'Assemblée nationale, Yael Broun-Pivet, toujours invitée de France Info ce matin.
17:21 La rentrée scolaire a été marquée par l'interdiction de la baïa dans les établissements.
17:25 A propos, juste avant l'été, vous avez confié dans une interview que vous n'hésiteriez pas à voter une nouvelle loi pour,
17:32 je cite, "une école publique parfaitement laïque". Parfaitement laïque, ça veut dire quoi ?
17:37 Je pense que c'est très clair. Parfaitement laïque, où les religions n'ont pas leur place,
17:43 où nos élèves peuvent s'instruire, évoluer dans un cadre qui respectue des valeurs de la République.
17:49 Et vous disiez, ça veut dire sans baïa, ça veut dire sans ramadan ?
17:52 Alors, je n'avais pas dit sans ramadan. Ce que j'avais dit, c'était à la suite d'entretiens avec des mères,
17:57 qui m'expliquaient qu'ils avaient des parents qui, quand leurs enfants étaient à l'école primaire,
18:02 demandaient à ce que les enfants n'aillent pas à la cantine et demandaient aux mères de prendre en charge la surveillance des cantines,
18:09 des enfants qui n'allaient pas à la cantine. Et ça, ce n'est pas à la puissance publique de prendre en charge, à l'école publique, les choix personnels des parents.
18:19 Et quand Jean-Luc Mélenchon vous accuse d'islamophobie, sur ce point précis ?
18:22 C'est ridicule.
18:23 Pour faire suite à l'interdiction des abaya, Gabriel Attal, le ministre de l'Éducation nationale,
18:28 a embrayé avec la volonté d'expérimenter l'uniforme, la tenue unique à l'école, seulement l'uniforme, la tenue unique.
18:35 C'est ce qu'a proposé le RN dans une proposition de loi en décembre dernier, proposition qui a été rejetée par la majorité.
18:41 Vous avez changé d'avis maintenant ?
18:43 Moi, je n'ai jamais changé d'avis sur cette question. C'est un débat qui parcourt la majorité, qui parcourt, je crois, aujourd'hui, le pays.
18:51 Aujourd'hui, les établissements peuvent avoir une tenue unique s'ils le décident, après une discussion entre la communauté enseignante, les parents, les élèves.
18:59 Donc, c'est déjà une possibilité qui est ouverte et donc l'expérimentation peut avoir lieu.
19:04 Pourquoi ne pas avoir voté la proposition du RN ?
19:07 Parce que, justement, c'est quelque chose qui peut être souhaité dans des établissements, qui peut être expérimenté.
19:13 Il ne s'agirait pas de la développer et la déployer sur l'ensemble des établissements français d'un coup d'un seul.
19:20 Après, il faut qu'il y ait un vrai débat sur ce sujet.
19:23 Moi, personnellement, je ne suis pas extrêmement favorable au port de l'uniforme obligatoire pour tous les enfants.
19:31 Proposer le RN, c'était même une tenue unique qui était choisie par les établissements, au sein des établissements.
19:37 On ne voit pas la différence avec votre proposition, celle de la majorité et celle du RN.
19:42 Alors, écoutez, moi, en tout cas, je suis assez convaincue qu'il faut laisser nos jeunes avoir une certaine liberté, une certaine expression de leur personnalité.
19:52 Moi, je ne rêve pas d'une société uniformisée.
19:55 Moi, je rêve de construire des esprits libres, des esprits critiques, des esprits qui peuvent se mouvoir dans le monde complexe dans lequel nous vivons.
20:04 Et donc, je ne suis pas fan de cette proposition.
20:09 C'est ce que me disent mes enfants.
20:11 Moi, je vois qu'il faut évidemment une tenue appropriée, une tenue qui respecte justement nos valeurs.
20:17 Et donc, évidemment, pas d'abaya à l'école, pas de signe religieux ostensible.
20:22 Mais à mon sens, il ne faudrait pas aller plus loin, sauf si effectivement, dans un établissement, les enseignants, les parents, les élèves sont tous d'accord pour aller plus loin.
20:32 Et dans ces cas-là, libre à eux.
20:34 C'est aussi ça, respecter le dialogue, respecter les gens et les différentes communautés.
20:42 Et là, si une communauté scolaire souhaite aller dans cette direction pour telle ou telle raison, libre à elle de le faire.
20:48 Bien sûr, c'est pour ça que j'ai précisé communauté scolaire.
20:51 - Yael Pompivé, vous avez annoncé avoir porté plainte après avoir reçu un courrier antisémite.
20:55 Ce n'est pas la première fois. Il faut le faire à chaque fois.
20:58 - Il faut le faire à chaque fois.
20:59 Moi, j'ai fait les comptes, justement, et c'était la 21e plainte que je dépose en un an.
21:08 Et donc, oui, il faut le dénoncer.
21:09 Il faut porter plainte, essayer de retrouver les auteurs pour pouvoir les poursuivre et les punir.
21:16 Et puis, il faut dénoncer parce que, collectivement, nous avons besoin d'avoir une prise de conscience sur cette résurgence de l'antisémitisme dans notre pays
21:28 et une prise de conscience aussi sur ce que peuvent subir les gens qui s'engagent, les élus.
21:34 On a eu l'année dernière plus de 32% de violences à l'égard des élus.
21:39 On en a vu, ces violences se sont exprimées durant les émeutes.
21:42 Il ne faut pas qu'en France, lorsque l'on s'engage en politique, il ne faut pas que cela coûte.
21:49 Il ne faut pas que l'on soit menacé. Il ne faut pas que l'on ait peur de s'engager.
21:53 - Et c'est pas sans lien, d'ailleurs, avec un courrier que vous avez envoyé au président de la République, toujours à la suite des rencontres de Saint-Denis.
21:59 Vous lui demandez de mettre en place un statut de l'élu.
22:02 C'est lié notamment au ras-le-bol que peuvent avoir les personnes qui s'engagent en politique et qui empruntent plein la figure.
22:08 - Alors, on en parle beaucoup du statut de l'élu depuis très longtemps aussi.
22:11 Et à chaque fois, on avance par petites touches.
22:14 Je pense que là aussi, il faut qu'on ait une réflexion globale sur les incitations et les freins à l'engagement.
22:21 - Mais il s'agit de répondre au fait que les gens s'engagent moins parce que c'est trop dur.
22:26 - Mais d'une façon générale, les gens s'engagent moins.
22:28 Moi, je viens d'aller au salon des associations dans mes communes.
22:31 J'ai beaucoup d'associations qui m'ont dit "on recherche des bénévoles, on en manque".
22:35 Et donc, on a besoin d'avoir un choc de l'engagement, finalement.
22:38 Dans une société telle que la nôtre, nous avons besoin de gens qui s'engagent.
22:43 On a besoin d'engager.
22:44 - Mais c'est plus vrai pour la politique.
22:45 - Il faut les deux.
22:46 Il faut et nous avons une proposition de loi à l'Assemblée nationale sur l'engagement associatif.
22:50 Pour favoriser cet engagement, il faut travailler sur l'engagement associatif parce que nous avons besoin des bénévoles.
22:56 Et il faut travailler sur l'engagement politique parce que nous avons besoin des élus.
23:00 Nous avons besoin dans nos 36 000 communes de maires, d'adjoints, de conseillers municipaux, de personnes qui s'engagent.
23:06 Qui font vivre nos villes et nos villages.
23:09 Et donc, regardons avec elles, avec les associations d'élus, comment nous pouvons favoriser cet engagement.
23:15 Pour que, eh bien, cet engagement ne soit pas une contrainte trop importante qui vient finalement freiner les bonnes volontés et les envies de s'intéresser au vivre ensemble.
23:27 - Je vous écoute Yael Broun-Pivet.
23:29 Et vous racontiez à l'instant que vous receviez de nombreuses lettres de menaces, de nombreuses lettres d'antisémitisme.
23:37 Et que ça vous force à aller porter plainte.
23:40 Comment vous le vivez, vous ? Présidente de l'Assemblée nationale.
23:43 Vous recevez ce genre de menaces. Comment vous le vivez ?
23:46 - Je le vis mal. Je le vis mal parce que, en plus, dans chaque courrier, on parle de mes enfants.
23:53 On parle, on dit qu'on va passer à l'acte.
23:57 Et donc, je le vis mal parce que, en fait, comme vous le savez peut-être, mais moi, ma famille a fui le nazisme.
24:05 Et s'est réfugiée en France. Et la France a été la terre qui les a accueillies et qui leur a permis de faire leur vie.
24:12 Et leur petite fille, aujourd'hui, est devenue présidente de l'Assemblée nationale.
24:16 Et donc, qu'il y ait encore en terre de France des gens qui profèrent ces menaces antisémites,
24:23 en fait, c'est le pire des cauchemars qu'ils auraient pu vivre, puisqu'ils avaient trouvé asile ici.
24:31 Et donc, ça fait mal. Et en même temps, ça incite au combat.
24:35 Parce que je reçois beaucoup de témoignages. Je reçois beaucoup de messages de soutien de toutes parts, de tous les camps politiques.
24:42 Et je me dis que, face à ce combat, face à ces menaces, je ne suis évidemment pas seule.
24:47 Et que c'est un enjeu collectif parce que la société que nous voulons construire ensemble,
24:51 c'est une société de respect et c'est une société qui ne tolère pas la haine de l'autre,
24:58 que ce soit pour sa religion ou pour sa culture ou pour son origine.
25:03 Et c'est pour ça aussi que, quand Jean-Luc Mélenchon vient dire qu'après tel ou tel propos, je suis islamophobe,
25:10 ça n'a aucun sens parce que ça ne correspond tellement pas à mes valeurs et à mon histoire.
25:15 Yael Brone-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale. Merci d'avoir été l'invité de France Info ce matin.
25:20 [Musique]
Commentaires

Recommandations