- il y a 2 ans
Le 8.30 franceinfo d'Alexis Corbière
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00:00 - Bonjour Alexis Corbière. - Bonjour.
00:01 - Près de 300 morts dans un puissant séisme au Maroc cette nuit.
00:05 Ce bilan est évidemment provisoire.
00:07 L'ambassade de France sur place a ouvert une cellule de crise.
00:09 Peut-être un premier mot sur cette actualité dramatique ?
00:12 - Évidemment de solidarité.
00:14 Je crois que tous les Français sont attachés.
00:15 Quand des peuples souffrent dans le monde, il y a une empathie.
00:18 Mais les Marocains, c'est un peuple frère.
00:20 Et je crois qu'on a tous le cœur un peu avec une pensée.
00:23 Et puis j'espère qu'évidemment, le nombre de morts s'est limité.
00:26 Et puis si la France peut aider.
00:28 Je crois qu'en 1960, il y avait un grand tremblement de terre.
00:31 Je me souviens. Enfin, je me souviens.
00:32 Je n'étais pas encore né.
00:33 Mais très important, auquel la France avait apporté une aide très, très, très importante également à Agadir.
00:40 Et là, bon, voilà. Solidarité avec nos amis marocains.
00:44 Et je crois qu'il est de notre devoir, autant que possible, d'apporter une aide matérielle.
00:50 - L'actualité, c'est évidemment aussi le sport.
00:52 Hier soir, le rugby.
00:53 Il me semble que c'est un sport que vous appréciez.
00:56 27-13 pour les Bleus, ça démarre bien.
00:58 Est-ce que ça a été entaché par, par exemple, des sifflets du président de la République juste avant la rencontre ?
01:04 - Ça n'a pas été entaché. Ça a été magnifié par ça.
01:06 C'était beau.
01:08 - C'est ça l'esprit du sport, pardonnez-moi ?
01:10 - Là, ce n'est pas le sport.
01:11 Il ne me semble pas qu'Emmanuel Macron soit un sportif.
01:14 C'est peut-être un boxeur contre le peuple français.
01:17 Non, mais je veux dire franchement, pour quelle raison cette prise de parole et cette mise en avant ?
01:21 Sitôt que le président de la République se monte face aux Français,
01:23 il essuie les résultats de ce qu'il a semé.
01:27 Voilà, c'est tout.
01:28 Le sport, c'est magnifique.
01:29 Il a cherché, par ailleurs, une fois de plus, on connaît le personnage,
01:32 à essayer de capter et pour en faire une opération de communication.
01:35 Il a récolté ce qu'il a semé.
01:37 Après, la Coupe du Monde, c'est un bel événement.
01:40 Les Français en commencent bien.
01:41 Moi, j'adore le rugby.
01:42 Je ne vais pas en développer.
01:43 Je pense à Julien Marchand, qui est un beau joueur.
01:44 Et je n'aimerais pas qu'il ne fasse que 10 minutes de cette Coupe du Monde.
01:47 Il est sorti blessé.
01:49 Et puis, tous ces peuples du monde qui se retrouvent, enfin tous, quelques-uns.
01:52 Je pense, je vais me penser pour mes amis chiliens.
01:54 Ils ont une équipe engagée.
01:55 C'est l'équipe peut-être la plus modeste, mais c'est ça aussi qu'il y a de formidable.
01:58 Et puis le Chili aussi, c'est un pays qui met cher.
02:00 On est juste à 50 ans du coup d'État d'Allende, du coup d'État de Pinochet contre Allende.
02:05 Et puis, j'organise un événement ce soir à Bagnolet, en concert.
02:07 Venez, parce que ça aussi, toute cette amitié entre les peuples.
02:10 Non, mais ça peut être l'occasion de se retrouver.
02:11 Moi, j'ai aimé hier soir ces supporters qui s'embrassent.
02:15 C'est l'esprit rugby.
02:16 Alors, c'est un peu cliché de dire ça, mais c'est une réalité que les Néo-Zélandais,
02:20 les Français, les Anglais, etc. sur le terrain, jouent et fermement.
02:24 Mais après, ils font la fête ensemble.
02:26 Ça sert à ça le sport.
02:27 Pas faire des discours présidentiels pour récupérer la couverture à soi.
02:31 On a compris ce que vous pensiez.
02:32 Alexis Corbière face au règlement de comptes ultra violent qui se multiplie.
02:36 Gérald Darmanin, dans le Parisien, annonce la création d'une unité d'investigation nationale
02:40 pour combattre le trafic de drogue.
02:42 Trafic de drogue qu'il compare à la bataille de Stalingrad.
02:45 Ce sont les bons mots et la bonne stratégie pour vous ?
02:49 Est-il le chef de l'armée rouge ?
02:51 On va découvrir ça.
02:52 À moins qu'il ne se place pas dans l'autre camp.
02:54 Non, mais moi, j'ai l'impression qu'on est en partie...
02:57 Il y a un sujet.
02:58 Moi, je suis élu de Saint-Denis.
03:00 Un gros sujet.
03:01 Il faut que la police ait les moyens.
03:03 Elle ne les a pas toujours.
03:04 Des capacités de remonter des filières de nature internationale.
03:08 Donc, c'est le but, justement, de cette...
03:09 Mais je suis étonné que ce même gouvernement supprime chaque année 350 postes de douaniers.
03:14 Et qu'il y a eu plusieurs milliers de postes.
03:15 Et que les douanes, aussi, c'est les moyens qui permettent que souvent,
03:18 la drogue, évidemment, qui est produite à l'étranger, rentre moins facilement.
03:20 Les armes, aussi.
03:21 Je sais qu'à Marseille, c'était une préoccupation.
03:23 Et je trouve que de la part de M. Darmanin,
03:25 on a bien vu en cette rentrée que toute une série,
03:27 je ne vais pas les nommer de personnages du gouvernement
03:30 qui ont quelques prétentions présidentielles,
03:32 font beaucoup de communication.
03:33 Alors, lui, il y en a certains...
03:34 Donc, ça, c'est encore de la communication, selon vous ?
03:36 C'est-à-dire que j'aimerais...
03:37 Une phrase.
03:38 En termes de moyens réels sur le terrain.
03:40 Moi, je suis, une fois de plus, élu de Bagnolet et de Montreuil.
03:43 À Bagnolet, il y a des endroits qui sont des...
03:45 On appelle ça des fours communément.
03:47 Et pour discuter régulièrement avec le commissaire qui travaille là-dessus,
03:50 ils font du travail sur le terrain.
03:52 Mais il manque de moyens, indiscutablement, de moyens d'investigation.
03:55 Et puis, aussi, la lutte contre la drogue.
03:57 De quelles drogues parle-t-on ?
03:58 Pour ma part, je pense qu'il faut être ferme et intraitable
04:00 vis-à-vis de certaines drogues.
04:01 Je pense qu'on peut entamer, par contre, des politiques publiques
04:04 sur la consommation du cannabis, par exemple.
04:06 Et ne pas être dans un tour répressif qui ne marche pas.
04:08 - Vous voulez légaliser le cannabis ?
04:09 - Oui, légaliser.
04:10 - Ça, j'ai l'air d'un moment donné exclu parce qu'il dit
04:11 "le marché légal ne remplace jamais le marché illégal".
04:14 Pour vous, c'est une recette miracle ?
04:15 - Eh bien, il devrait s'inspirer de ce qui se passe dans d'autres pays.
04:18 On a aujourd'hui un paradoxe en France.
04:19 On a un nombre très important de consommateurs
04:23 avec des produits qui sont de très mauvaise qualité.
04:25 Évidemment, consommer du cannabis n'est pas bon pour la santé en soi,
04:28 en particulier pour les adolescents ou même avant 23 ans,
04:32 c'est pas très bon, mais l'alcool non plus.
04:34 Donc, il faut avoir des politiques publiques de prévention.
04:36 Et souvent, nos forces de police perdent du temps là-dedans,
04:39 alors qu'elles devraient être en tout entier tendues
04:42 sur des drogues beaucoup plus dangereuses.
04:44 Et il y a aussi, je répète, toute cette filière internationale,
04:47 et je répète que notamment quand un gouvernement dit
04:49 qu'il va mettre les moyens, mais qu'il accepte que
04:51 350 postes de douaniers sont supprimés chaque année,
04:53 il y a de la communication, mais il y a peu d'actes concrets.
04:56 - Alexis Corbière, l'alimentation, les fournitures scolaires,
04:58 le carburant, tout augmente pour les Français.
05:00 Que proposent les Insoumis ?
05:02 - Le blocage des prix des produits de première nécessité,
05:06 en particulier des produits scolaires.
05:08 Je crois que les différentes fédérations de parents
05:10 estiment que c'est une inflation de près de 11%
05:12 sur les matériels scolaires.
05:14 Donc, il y a des mairies très engagées
05:15 qui font des choses très bien.
05:16 - Mais le blocage des prix dans certains pays,
05:17 on a constaté que pour compenser les producteurs,
05:19 les distributeurs, augmenter le prix d'autres produits
05:22 dont les prix n'étaient pas bloqués.
05:24 Par ailleurs, le blocage des prix, ça va bénéficier à tout le monde,
05:26 même aux plus riches, à ceux qui ont les moyens de supporter...
05:29 - Vous avez quelque chose pour combler ça éventuellement,
05:31 si vous êtes inquiète de la situation,
05:33 qu'éventuellement les plus riches seraient trop favorisés, c'est l'impôt.
05:35 - Mais que les choses soient claires,
05:37 il y a des mesures à un moment donné qui arrivent, qui sont là,
05:40 qui font qu'y compris, je reprends comme il fallait le dire ce matin,
05:43 mais sur le fait qu'on a quand même de la grande distribution
05:45 dont on a vu les prix monter.
05:47 Puis certaines études nous ont démontré
05:48 qu'il y avait une boucle inflation et profit,
05:52 que ce n'est pas si simple.
05:53 On a mis sur le dos...
05:54 - Qui était plutôt lié d'ailleurs aux producteurs en l'occurrence,
05:56 et aux grandes firmes, notamment américaines et autres étrangères.
06:00 - On peut discuter...
06:00 - Qu'on fait leur marge.
06:01 - Mais on avait entamé la discussion il y a un an,
06:04 10 ans, la guerre en Ukraine, etc.
06:06 qui a des effets, mais qui abondent sur beaucoup de sujets.
06:08 Il y a aussi un effet d'aubaine qui n'est pas acceptable.
06:11 Vous m'avez évoqué le prix du carburant par exemple.
06:13 - Il faut faire une retourne ?
06:15 - Non, alors le problème de...
06:16 Moi, ce que je souhaite, c'est qu'à un moment donné,
06:17 et c'est ce que nous avions proposé,
06:19 ce que Jean-Luc Mélenchon avait proposé d'ailleurs à la campagne présidentielle,
06:21 continuons à porter,
06:22 que le gouvernement fixe le prix qui est momentanément bloqué.
06:26 Parce que vous avez à la fois le prix de la pompe qui augmente,
06:29 1,89 pour ce qui est du sans-pompe 95,
06:31 en fait je veux dire on est à des prix même plus importants,
06:33 et vous avez Total qui a fait des surprofits jamais vus.
06:36 Donc, je veux dire, pourquoi accepter que des groupes
06:39 fassent des marges de plus en plus importantes ?
06:42 Je crois que c'est 20 milliards pour ce qui est de l'exercice 2023,
06:45 une part qui part aux actionnaires,
06:46 et chacun d'entre nous, le contribuable, lui, il doit payer plus cher.
06:49 Mais ce n'est pas non plus à la puissance publique
06:52 de compenser pour que les groupes privés puissent faire des profits face à cela.
06:55 Donc là, il y a quelque chose sur lequel la puissance publique,
06:57 nous l'avons déjà fait, doit dire non, stop, on bloque,
07:00 on fixe des prix, et cela permet à ce que le coût de l'inflation soit moins fort.
07:04 Alexis Corbière, on retrouve dans un instant,
07:06 juste après, le Fil info avec Sophie Echene.
07:08 L'ambassade de France au Maroc a ouvert une cellule de crise ce matin,
07:12 quelques heures après un séisme de magnitude 6,8 au sud-ouest de Marrakech,
07:17 ressenti dans plusieurs villes dont Rabat, Agadir, Ouarzazate, ou encore Essaouira.
07:21 Un premier bilan encore très provisoire fait état de près de 300 morts
07:24 et plus de 150 blessés.
07:26 Au Japon, c'est une tempête tropicale qui a provoqué des pluies diluviennes
07:29 dans la région de Tokyo, les plus importantes depuis près de 50 ans.
07:33 Elles ont entraîné une centaine de glissements de terrain.
07:35 Dans ce contexte, le président brésilien Lula déclare que le monde
07:38 est confronté à une urgence climatique sans précédent.
07:41 Il s'exprimait en ouverture du sommet du G20 qui démarre aujourd'hui en Inde à New Delhi.
07:46 Les présidents russes et chinois n'y participent pas.
07:48 La Croix-Rouge se mobilise aujourd'hui à l'occasion de la Journée mondiale des premiers secours.
07:53 Des bénévoles seront disponibles partout en France pour vous apprendre les gestes qui sauvent.
07:57 Seulement 40% des Français sont formés à l'heure actuelle.
08:00 Toujours avec Alexis Corbière, député insoumis de Seine-Saint-Denis.
08:12 A Clermont-Ferrand, le père d'une jeune fille qui s'était vu refuser l'accès au lycée en Abaya
08:16 sera jugé fin octobre pour avoir menacé de mort le proviseur.
08:19 Il est soupçonné en tout cas de l'avoir menacé de mort.
08:22 Est-ce que ce n'est pas la preuve que certaines personnes
08:24 peuvent venir défier la République et la laïcité, comme l'a dit le président,
08:28 pour justifier cette interdiction de l'Abaya ?
08:31 Non mais attendez.
08:32 Premièrement, c'est inacceptable que quiconque menace un enseignant, un proviseur,
08:36 tout ce que vous voulez. C'est intolérable.
08:38 Et bon, la justice va s'en mêler.
08:40 J'observe que le monsieur dit qu'il n'a pas dit ça, mais qu'il s'est énervé, machin.
08:43 Mais de toute manière, le message doit être clair.
08:45 Il est hors de question que n'importe quel citoyen,
08:48 mais puisqu'on parle du sujet, se voit menacé avec des mots qui sont intolérables,
08:52 qui sont effrayants. Ça, c'est une chose.
08:53 Bon, ceci dit, de grâce, l'amalgame, si je puis dire, entre un sujet
08:59 et le fait que si on n'est pas fait, on va se faire égorger,
09:02 là, me semble être pas acceptable.
09:05 Les raccourcis qu'Emmanuel Macron avait notamment formulés
09:07 dans le raccourci entre l'Abaya et Samuel Paty.
09:10 Il faut discuter, mais n'allons pas trop loin
09:12 dans ce qui me semble être des propos qui compliquent tout.
09:17 Mais pourtant, Alexis Corbière, pardon, mais ce sont certains insoumis
09:20 qui taxent cette interdiction d'islamophobie.
09:23 Samuel Paty aussi avait été accusé d'islamophobie.
09:26 Quand vous faites une conversation là-dessus, alors que le sujet de la rentrée
09:29 est quand même sur d'autres préoccupations, on va en dire deux mots,
09:31 j'ai pas parlé dans cette interview.
09:33 Est-ce que vous dites que cette interdiction, elle est islamophobe et raciste ?
09:36 Elle veut faire une conversation sur la rentrée qui concerne 12 millions d'élèves,
09:39 sur quelque chose de très particulier qui concerne des élèves d'une certaine confession.
09:42 Et ça, ça me pose un problème, parce que je sais très bien l'état politique du pays
09:46 et de considérer que le service public, l'école, revenons à l'essentiel,
09:49 l'école, c'est la base de tout. Qu'est-ce que nous voulons ?
09:52 Nous voulons lutter contre la ségrégation scolaire,
09:54 ce que j'appelle même le séparatisme scolaire,
09:56 le fait que dans ce pays, selon l'établissement scolaire où vous mettez vos enfants,
09:59 il n'est pas vrai qu'il a le même accès à l'éducation, même dans le public.
10:02 Et en plus, la concurrence du privé confessionnel qui concerne 18% des élèves,
10:07 avec une situation où les riches mettent leurs enfants dans le même établissement.
10:11 Ce que vous évoquez, la question des tenues des enfants,
10:13 est souvent l'effet d'une concentration de certaines personnes,
10:17 notamment issues d'immigration, dans les mêmes établissements.
10:19 Donc si vous voulez lutter contre cet effet de ségrégation,
10:22 il faut s'en prendre, comment dirais-je,
10:24 monnaie des politiques de fond, de défense du service public,
10:26 ce qui n'a pas lieu.
10:27 Dans ma circonscription encore, dans un collège par exemple de 550 élèves,
10:31 le collège travaille à bagnoler, il manque une assistante sociale,
10:33 une infirmière scolaire, les élèves depuis deux ans n'ont aucune visite médicale.
10:37 Bon, ça c'est un sujet.
10:38 – Ça veut dire que le séparatisme scolaire que vous dénoncez,
10:41 prime par exemple à la lutte contre le séparatisme communautaire,
10:44 communautariste, que le gouvernement dénonce régulièrement.
10:48 – J'utilise le terme de séparatisme parce que le gouvernement terme "confus" par ailleurs,
10:51 mais oui il y a une réalité que les plus riches ne mettent pas leurs enfants
10:54 dans les mêmes établissements que les plus modestes.
10:56 Voilà, ils contournent, ils contournent la carte scolaire, ils vont vers le privé.
10:58 Et là-dessus rien n'est fait, privé confessionnel.
11:00 – Et quand c'est une diversion ?
11:02 – A partir de là, ça c'est le sujet majeur, sujet majeur pour un pays.
11:06 Parce que si on laisse faire ça, des études du CNRS nous montrent
11:08 ce qu'on appelle l'indice de positionnement social.
11:10 Les riches, les établissements privés accueillent de plus en plus
11:13 les familles les plus aisées.
11:14 Si on veut lutter contre ça, pas pour faire mal aux gens,
11:16 mais pour dire en République qu'il faut qu'il y ait de la mixité sociale,
11:20 que nos enfants soient assis sur les mêmes bancs,
11:22 pas que parce que je suis de telle ou telle origine,
11:24 je ne fréquenterai jamais telle personne.
11:26 Si on veut travailler à ça, je suis candidat à aider à ça.
11:29 Si par contre on ne fait rien, on laisse creuser ce type de politique,
11:32 et d'un seul coup on montre du doigt des gens, en tordant la loi de 1905.
11:36 Parce qu'on rentre dans autre chose.
11:36 Moi je suis défenseur de la loi, non seulement de 1905, mais de celle de 2004.
11:40 – Le Conseil d'État dit que cette interdiction est conforme à la loi de 2004.
11:44 – Le Conseil d'État qui m'avait fortement déçu à l'occasion de la bataille sur les retêtes
11:47 et qui nous avait refusé qu'on puisse seulement faire un nom d'initiative partagée,
11:51 je l'ai lu le prononcé du Conseil d'État, il est quand même bizarre
11:54 parce qu'il ne va pas dans le détail de pourquoi une abaya et un camis
11:57 sont un signe religieux, il dit "selon le ministre".
11:59 Moi je sais ce qu'est un signe religieux, une kippa, une croix,
12:03 un foulard qui cache les cheveux, ça c'est un signe religieux.
12:05 – Vous ne pensez pas qu'en 2004 si l'abaya avait été utilisé régulièrement,
12:08 ce serait rentré dans le cadre de cette loi qui a interdit…
12:11 – Non, parce que dans la commission Stasi notamment qui a discuté de ça,
12:14 l'affaire des vêtements avait été évoquée et il est clair qu'à ce moment-là,
12:17 il n'avait pas souhaité aller dans cette direction, je connais parfaitement ce débat.
12:19 – Mais la jurisprudence évolue et aujourd'hui le Conseil d'État dit
12:21 que le port de l'abaya s'inscrit dans une logique d'affirmation religieuse.
12:24 – Ça se discute, ça se discute, évidemment qu'il y a un mélange entre…
12:27 – C'est détaillé par des témoignages de jeunes filles qui disent
12:29 qu'elles portent l'abaya en vue de s'affirmer religieusement.
12:33 – Mais comment dirais-je ?
12:35 – Qu'il y a des signes où le culturel se mélange au cultuel, ça c'est une évidence.
12:40 Maintenant ça s'arrête où tout ça ?
12:41 Si une jeune fille se présente demain à un établissement,
12:43 parce qu'elle était à une fête le week-end et qu'elle a du bénet sur les mains, c'est quoi ?
12:47 On va lui demander de nettoyer les mains ?
12:49 – On peut toujours trouver d'autres exemples, mais aujourd'hui c'est…
12:50 – Oui, toujours, toujours.
12:51 – Aujourd'hui c'est le port d'abaya, le port de tenue religieuse
12:53 qui a explosé de 150% en deux ans et donc la question se pose…
12:57 – Moi j'ai le sentiment qu'on ne combat rien, vous savez en 1905 le débat avait eu lieu,
13:00 notamment Aristide Briand disait "le prestige de la religion n'est pas dû à l'uniforme"
13:04 et on lui reprochait, des gens très laïcs qui étaient sans doute à mes yeux très sympathiques,
13:08 mais ils disaient "vous ne parlez pas du costume religieux, il voulait interdire la soutane".
13:11 Et Aristide Briand, le grand défenseur de la laïcité disait
13:14 "l'habileté conjuguée des tailleurs et des prêtres aura taufé,
13:18 si vous supprimez la soutane, de trouver un autre costume".
13:21 Moi ce que je veux convaincre c'est le refus de l'obscurantisme,
13:24 je ne veux pas, je respecte la foi, mais je ne veux pas que des gens
13:27 apportent des réponses simplistes à des questions complexes.
13:29 Ce que vous dénoncez c'est exactement la même chose, c'est-à-dire que les vêtements religieux évoluent,
13:33 les symboles religieux évoluent aussi par une forme de jurisprudence
13:36 et par une forme de cache-cache avec la loi.
13:39 Et si nous voulons lutter contre la religion, il faut amener l'éducation,
13:43 moi je ne lutte pas contre la religion, ma famille est extrêmement maladroite,
13:46 je ne cherche pas à lutter contre la religion, la république et la laïcité
13:49 garantit la liberté de conscience et donc la liberté de croire.
13:52 Mais s'il y a une forme d'obscurantisme, qu'est-ce que c'est que je ne veux pas ?
13:54 Moi je suis enseignant avant d'être député, je n'accepterai jamais qu'un élève dise au professeur
13:58 "je ne vous écoute pas au nom de telle ou telle croyance religieuse".
14:01 Ça, impossible.
14:02 Par contre, à partir du moment où il n'y a pas de signe religieux établi,
14:05 qu'il y ait ce flou entre le culturel et le cultuel,
14:08 en quoi c'est fondamentalement problématique.
14:10 Là je crois qu'on a une conversation qui est engagée par M. le ministre
14:13 dans une volonté, je le répète, de faire, selon moi, de ne pas aborder les vrais problèmes.
14:17 Quand cette rentrée, il n'y a pas des professeurs devant tous les élèves,
14:20 vous m'avez, bon il fallait aller vite, mais dans ma circonscription M. le ministre,
14:23 si vous m'écoutez, 550 gamins, 100 infirmières et 100 médecins scolaires,
14:27 ça suffit, ils ne font aucune visite médicale.
14:29 Hier encore j'étais en délégation avec les parents pour avoir une réponse
14:32 et nous ne l'avons pas obtenue.
14:33 On ferme des classes, le ministre se prévaut du fait que ces 24 élèves,
14:36 notamment en maternelle, ils viennent de fermer une classe chez moi,
14:38 il y aura 28 élèves notamment dans une école, etc.
14:41 Je peux continuer les sujets.
14:43 Ça c'est du lourd, c'est du concret.
14:44 - Vous avez envoyé votre message.
14:45 - Mais par contre, je suis un peu lassé qu'on ait une conversation.
14:49 Et peut-être allez-vous m'interroger sur autre chose,
14:51 c'est que, puisqu'on parle du religieux,
14:53 et c'est vous qui l'avez annoncé,
14:55 je suis stupéfait de découvrir qu'à l'occasion de la visite du pape,
14:59 le pape est le bienvenu en France, évidemment,
15:01 il a une personnalité, il vient à Marseille,
15:03 je découvre que le calendrier parlementaire
15:05 est modifié en raison de la venue d'une autorité religieuse.
15:08 - Le gouvernement décale légèrement la loi sur la fin de vie
15:10 pour éviter qu'elle ne survienne à la veille de la visite.
15:13 - Ne pas irriter le pape ?
15:14 Vous écoutez ceux qui m'écoutent ?
15:16 Acceptez-vous l'idée que le calendrier parlementaire
15:19 est modifié en raison de la venue d'une autorité religieuse en France
15:22 parce que nous ne voulons pas froisser cette autorité religieuse ?
15:24 Mais ça c'est contraire à la laïcité.
15:26 La laïcité c'est la séparation de l'Église et de l'État.
15:29 - Mais la baïa non, d'accord, on a bien retenu votre message.
15:32 - La baïa c'est une torsion de l'utilisation de la laïcité.
15:36 Vous m'avez compris, que les choses soient claires,
15:38 pas de signe religieux à l'école,
15:39 mais quand on commence à rentrer dans un vêtement,
15:42 là on est dans une pente sans fin,
15:43 mais si le même qui donne la leçon
15:45 dit que les députés ne peuvent pas discuter d'un texte
15:47 avant qu'une autorité religieuse vienne,
15:48 parce qu'il est possible que cela déplaise à cette autorité religieuse,
15:52 je dis que c'est de la laïcité à géométrie variable.
15:54 Et ça c'est de la fausse laïcité.
15:56 - En parlant d'Emmanuel Macron,
15:57 il a écrit une lettre aux oppositions
15:58 suite à son long huis clos avec les chefs de parti.
16:01 Il n'exclut pas aujourd'hui d'élargir le champ du référendum à l'immigration,
16:05 en cas d'accord sur une réforme constitutionnelle.
16:07 Est-ce que c'est une ligne rouge, ça pour vous ?
16:09 - Merci d'aborder la discussion comme ça,
16:10 parce que c'est une lettre assez fourre-tout et assez vague,
16:12 mais par contre, sur l'histoire du référendum,
16:15 c'est-à-dire, je ne veux pas être trop aidant,
16:17 mais l'article 11 de la Constitution.
16:19 En fait, c'est la question des pouvoirs du président.
16:21 Aujourd'hui, en Ve République,
16:22 celui qui peut convoquer un référendum, c'est le président.
16:24 Et le paradoxe, c'est que cette réunion qui a eu lieu,
16:26 que je trouve détestable dans son idée,
16:28 parce que c'est vraiment les États généraux,
16:29 le roi qui convoque les gens,
16:31 c'est vraiment le contraire selon moi,
16:32 et l'esprit de la République.
16:34 Après l'utilisation du 49-3,
16:35 de la brutalisation du parlement,
16:36 de la concentration de pouvoirs aujourd'hui entre les mains du président,
16:39 ce que dit le président dans sa lettre,
16:41 c'est qu'il est prêt à discuter de l'élargissement des champs du référendum
16:46 et de ses pouvoirs personnels en vérité.
16:47 Je me fais comprendre, c'est-à-dire,
16:49 aujourd'hui, c'est assez cadré les thèmes
16:51 sur lesquels un président peut convoquer des référendums,
16:53 mais M. Macron considère qu'après avoir fait quelques heures de réunion,
16:56 on va discuter du fait que lui a encore plus de champs
16:59 pour convoquer un référendum en faisant le choix lui de la question.
17:02 Mais les Français sont majoritairement favorables à ce référendum,
17:04 et notamment les électeurs de gauche.
17:06 Non, non, non.
17:06 Vous ne voulez pas leur poser la question ?
17:07 Ne parlez pas. Les Français, ils étaient contre la réforme des retraites.
17:10 Mais ça ne peut pas...
17:11 Mais là, on parle d'un référendum sur l'immigration.
17:12 Attendez, attendez.
17:13 Notre pays souffre d'un mal qui est un poison politique,
17:16 le présidentialisme.
17:18 Et là aussi, pour faire un peu spéciaux,
17:19 ce qu'on appelle en France le bonapartisme,
17:21 la concentration de pouvoir sur un homme qui a affronté le pays.
17:24 D'ailleurs, hier soir, il a été sifflé à cause de ça,
17:26 en imposant une réforme que les Français ne voulaient pas.
17:29 Dans ce cadre-là, le problème du référendum,
17:31 c'est qu'un seul homme peut le convoquer,
17:32 le président de la République.
17:33 Et évidemment, il le fait sur les sujets que lui, il veut.
17:36 Lui, il a la maîtrise de la conversation.
17:38 Et donc, évidemment, il ruse.
17:40 Et là, il veut amener la conversation sur un sujet,
17:42 d'ailleurs, je ne sais pas où ça finira,
17:44 mais pour dire éventuellement sur l'immigration.
17:46 D'ailleurs, c'est quoi la question ?
17:47 Comment sur un sujet aussi complexe,
17:48 on peut de manière binaire dire oui ou non ?
17:50 C'est une manœuvre politique,
17:51 pour ne pas parler social, pas parler démocratie,
17:53 pas parler écologie.
17:54 Là, c'est détestable.
17:55 Et je pense que les forces politiques devraient dire,
17:57 au terme de cette première réunion,
17:58 où le tour de piste a eu lieu…
17:59 – Vous y retournerez d'ailleurs, juste.
18:00 – Moi, je pense qu'il faut arrêter,
18:02 il faut dénoncer aux yeux des Français qu'en République,
18:04 il n'y a pas un homme qui convoque les gens,
18:06 qui mène une discussion, qui choisit, etc.
18:08 Ça ne peut pas fonctionner comme ça.
18:10 Il y a un endroit où les forces politiques se parlent,
18:11 ça s'appelle le Parlement.
18:12 – Merci beaucoup Alexis Corbière, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis.
18:15 Merci beaucoup d'être venu réagir ce matin à l'actualité
18:18 sur le plateau de France Info.
18:19 Merci Agathe, on se retrouve demain,
18:21 et il est l'heure du Fil info avec Sophie Echellen.
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