00:00 [Générique]
00:09 Attendu, les baisses des prix alimentaires vont décevoir.
00:14 Alors que leurs boumes étaient directement liées à l'explosion des coûts des matières premières agricoles et énergétiques,
00:19 qui ont suivi le rebond de l'activité post-Covid et le déclenchement du conflit en Ukraine,
00:25 beaucoup s'attendent maintenant à un retour à la situation antérieure.
00:29 C'est tout simplement impossible.
00:32 Il y a d'abord un sérieux doute sur la trajectoire à revenir des prix des commodités.
00:36 Sans que les secteurs de l'agriculture et des industries agroalimentaires figurent parmi les plus énergivores,
00:42 pétrole, gaz, électricité représentent une part non négligeable de leurs intrants.
00:47 Côté pétrole, l'annonce par l'OPEP et ses alliés de leur volonté de réduire leur production
00:52 a déjà fait remonter les cours de Brent à plus de 90 dollars le baril début septembre, au plus haut depuis le début de l'année.
01:00 Après une année 2022 en norme, les prix du pétrole sont redescendus,
01:05 mais ils se situent à un niveau élevé et devraient de nouveau progresser en moyenne l'année prochaine.
01:11 Même type de configuration pour le gaz naturel avec en outre son renchérissement structurel,
01:17 conséquence du remplacement des approvisionnements russes par d'autres plus onéreux.
01:21 Ce n'est pas sans impact pour le prix de l'électricité.
01:25 Le coût de la transition écologique ne sera pas neutre non plus.
01:29 Bref, le prix de l'énergie ne reviendra pas à ses standards d'avant 2020.
01:34 Côté matières premières agricoles, les cours des céréales sont non seulement soumis à l'aléa climatique,
01:40 mais aussi à l'incertitude qui entoure le contexte géopolitique.
01:44 La rupture brutale par Moscou de l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes via la mer Noire l'a rappelé.
01:51 Au-delà des céréales, l'ensemble des prix des produits agricoles resteront élevés.
01:57 Sans modification des comportements de marge de la part des branches agricoles,
02:01 ils vont donc s'attendre à ce que le reflux des prix agricoles à la production,
02:06 c'est-à-dire les prix en sortie de ferme, soit plus réduit qu'espéré.
02:10 C'est un signe, ils ont stagné au début de l'été après avoir reculé depuis leur pic d'avril 2022.
02:17 La facture pour les industriels de l'agroalimentaire va s'alléger, c'est mécanique, mais pas revenir à ce qu'elle était.
02:24 L'effet est en outre retardé le temps que les stocks de matières premières et d'emballages achetés au moment où les prix étaient au plus haut soient vidés.
02:32 Deux autres paramètres sont aussi intégrés dans l'équation.
02:36 Le premier, l'évolution des salaires dans la branche.
02:40 Ils sont sur une pente croissante.
02:43 C'est la suite logique d'une inflation générale qui s'est enquistée,
02:47 entraînant plusieurs revalorisations du SMIC, des salaires qui y sont liés,
02:51 mais aussi une montée des revendications salariales auxquelles s'ajoutent les difficultés de recrutement qui poussent les rémunérations à l'embauche à la hausse.
03:01 Second paramètre, les comportements de marge.
03:04 Profitant du contexte, certains industriels ont fait passer des hausses de prix au-delà de l'augmentation de leurs coûts,
03:09 comme le dévoile la progression du taux de marge dans l'agroalimentaire passé au-dessus de sa moyenne de long terme.
03:16 Mais c'est après des années de tension où il était tombé à un niveau anormalement bas.
03:22 Les prix de production des industries alimentaires viennent à peine d'entamer leur décru.
03:27 Elles devraient se poursuivre au cours des prochains mois compte tenu des évolutions des prix passés en amont.
03:33 Elles pourraient être alimentées aussi par la pression mise par la grande distribution et les pouvoirs publics sur les industriels pour qu'ils rognent sur leurs marges,
03:41 même si un retour à la caisse départ est peu certain, ni même souhaitable pour l'état de santé d'un tissu économique essentiellement composé de PME.
03:50 Anticipée, une négociation annuelle entre les grandes enseignes et les 75 plus grands groupes industriels
03:57 permettra de faire passer plus rapidement les baisses des prix enregistrées en amont sur les étiquettes.
04:02 Mais le mouvement sera d'une ampleur plus faible qu'espérée et limitée dans le temps.
04:08 Une chose est sûre, les prix alimentaires ne retrouveront jamais leur niveau d'avant-crise.
04:14 [Musique]
Commentaires