Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 ans
Les Vraies Voix avec Philippe Bilger, Tom Connan, Michael Sadoun, Henri Peña-Ruiz, philosophe, écrivain, auteur du “Dictionnaire amoureux de la laïcité” et de “Marx quand même” chez Plon et Catherine TESTA, autrice de “Osez l’optimisme” publié chez Michel Lafon

Retrouvez Les Vraies Voix avec Cécile de Ménibus et Philippe David du lundi au vendredi de 17h à 20h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://www.dailymotion.com/video/x75yzts
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

Nous suivre sur les réseaux sociaux

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

☀️ Et pour plus de vidéos des Vraies Voix : https://youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDRB7z8JrbG9LyNtTmhxaU-a

##LES_VRAIES_VOIX-2023-08-29##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:00 Les vraies voix Sud Radio, 17h20, Philippe David, Cécile de Ménibus.
00:00:06 17h04, une bonne heure pour démarrer les vraies voix de Sud Radio, ça va Philippe David ?
00:00:11 Ça va très bien Cécile et vous ?
00:00:13 Oui pour ce deuxième jour, ça s'est bien passé hier.
00:00:15 La nouvelle formule est plutôt assez positive.
00:00:18 On a des bons retours.
00:00:19 On a de très bons retours, et les animateurs ont été bons.
00:00:22 Oui, à part Philippe David, mais bon.
00:00:24 Elle voulait dire Bill Jermey à propos de...
00:00:27 Non, je vais attendre une petite semaine, on ne sait jamais.
00:00:30 En tout cas, on est ravis de vous retrouver avec Philippe.
00:00:32 Encore une bonne émission aujourd'hui à venir.
00:00:34 Absolument.
00:00:35 Avec des bons, gros sujets.
00:00:37 Vous savez que vous pouvez nous appeler au 0826 300 300.
00:00:40 On vous attend, Aude vous attend derrière ce numéro magique
00:00:44 qui vous permettra bien entendu de passer à l'antenne quand vous le voulez,
00:00:48 puisque c'est votre émission, parlons vrai, jusqu'à 19h.
00:00:51 Et au sommaire de cette émission, après l'annonce de Gabriel Attal dimanche dernier,
00:00:55 l'introduction du port de la Baïa, l'interdiction du port de la Baïa
00:00:58 et des camis à l'école divise les partis politiques, et en l'occurrence la NUPS.
00:01:03 Le PS et le PC y sont favorables au nom de la laïcité,
00:01:06 alors que le groupe LFI et Europe Ecole et Génie Vert
00:01:09 dénoncent une décision islamophobe et stigmatisante finalement.
00:01:12 Oui, et on peut dire que c'est règlement de compte à aucun UPS,
00:01:16 puisque LFI fera un recours devant le Conseil d'État,
00:01:19 et dans ce studio hier avec Jean-Jacques Bourdin,
00:01:21 Fabien Roussel disait qu'il soutenait Gabriel Attal.
00:01:24 Dans le même temps, certains PS, les PS Canal Historique,
00:01:27 comme Miquel Delafousse ou Carole Delgas, sont contre,
00:01:30 tandis que ceux qui ont choisi la NUPS ont piscine.
00:01:32 Alors, est-ce que pour vous, la Baïa peut faire imploser la NUPS ?
00:01:37 Est-ce que la Baïa peut faire imploser la gauche ?
00:01:39 Venez nous le dire au 0826 300 300.
00:01:41 - Et donc à cette question, est-ce qu'elle peut faire imploser la gauche ?
00:01:44 Vous dites oui, pour l'instant en 63%, on a envie de vous entendre sur ce sujet.
00:01:47 Et puis, le coup de projecteur des vrais voix, sommes-nous les champions du monde du pessimisme ?
00:01:51 D'aberrer un sondage IFOP fiducial réalisé en août,
00:01:54 74% des Français se disent pessimistes face à l'avenir.
00:01:57 La France reste l'un des pays les plus prospères au monde,
00:02:00 et les plus pessimistes aussi.
00:02:02 Et on va en parler avec nos invités, Philippe.
00:02:05 - Oui, Cécile. Comment expliquer que la France,
00:02:07 pays qui est quand même très riche par habitant,
00:02:10 ait une population qui soit plus négative, plus pessimiste,
00:02:13 que les habitants du Niger, de l'Irak ou du Bangladesh,
00:02:16 dont deux pays sont en guerre parmi les trois ?
00:02:18 Alors, est-ce que vous pensez que les Français sont des enfants gâtés ?
00:02:21 Ou est-ce que vous comprenez qu'ils soient pessimistes ?
00:02:23 Vous êtes optimiste, vous êtes pessimiste, vous êtes ni l'un ni l'autre.
00:02:26 On vous attend encore au 0826 300 300.
00:02:29 - Et ce pessimisme, vous le trouvez exagéré,
00:02:32 justifié, compréhensible ou incohérent ?
00:02:35 Pour l'instant, vous dites plutôt justifié à 81%.
00:02:38 On vous souhaite la bienvenue, les vrais voix de Sud Radio.
00:02:41 Et les vrais voix sont avec nous, puisque Philippe Bilger est avec nous.
00:02:46 Bonsoir Philippe Bilger.
00:02:47 - Bonsoir, quel plaisir de vous revoir après une première très réussie.
00:02:54 - Merci Philippe.
00:02:55 - Grâce à vous. Franchement, mes amis vont le constater de ce soir.
00:03:00 - Eh bien tant mieux. Appelez-nous d'ailleurs pour nous le dire.
00:03:02 0826 300 300. Est-ce que vous avez aimé la nouvelle formule ?
00:03:06 En tout cas, merci Philippe Bilger.
00:03:08 Tom Connan est avec nous, auteur et séliste et auteur de Pollution,
00:03:12 publié chez Albain Michel. Pollution, justement, Pollution.
00:03:15 On verra si c'est un lien avec le pessimisme des Français.
00:03:19 Ça va, c'était bien votre été ?
00:03:20 - Oui, il n'était pas trop pollué, mais les gens sont pollués, effectivement.
00:03:22 Ils ont l'esprit pollué, je pense.
00:03:24 Ils ne sont pas assez positifs et du coup, ils ne sont pas dans l'avant.
00:03:28 Nous on l'aime, mais ce n'est pas évident de se convaincre
00:03:30 quand on est un peu déprimé à la base.
00:03:31 Je pense que les Français sont déprimés, effectivement.
00:03:33 Il faudrait une sorte de grande psychologie de groupe.
00:03:35 - Eh bien dis donc, ça commence bien.
00:03:37 Mickaël Sadoun est avec nous, chroniqueur et consulteur.
00:03:40 - Bonsoir, bonjour.
00:03:41 - Mickaël.
00:03:42 - Ça va pas grave, ça marche aussi.
00:03:43 Ravi de vous retrouver.
00:03:44 Je vois que vous avez pris des belles couleurs.
00:03:46 Le doré pour vous, le rouge pour Philippe, peut-être.
00:03:49 Mais c'est de belles couleurs.
00:03:51 - J'ai le bronzage d'origine Jacob Delafond.
00:03:53 Alors c'est à dire pourquoi je deviens rouge.
00:03:55 - C'est plus blanc que blanc, très bien.
00:03:56 - Je ne sais pas si c'est le bronzage ou l'émotion, peut-être les deux.
00:03:59 - Oui, à vous voir, oui.
00:04:01 - Eh bien, en tout cas, 0826 303 300.
00:04:05 Puisqu'on ne peut pas faire l'émission sans vous qui nous écoutez.
00:04:07 Corentin est avec nous. Bonjour Corentin.
00:04:09 - Bonjour.
00:04:10 - Bonjour Philippe et bonjour à vos amis.
00:04:12 - Et vous nous appelez des Pyrénées Atlantiques de Mourinx.
00:04:16 - Tout à fait, c'est ça.
00:04:17 - Voilà, et ça va ? Tout va bien ?
00:04:19 - Oui, ça va, oui, tout à fait.
00:04:20 Oui, on a eu un temps agréable aujourd'hui.
00:04:22 Un peu nuageux, mais bien agréable.
00:04:24 - Très bien, très bien, très bien.
00:04:26 Il y a un truc qui vous agace, je crois.
00:04:27 C'est pour ça que vous nous appelez aussi.
00:04:29 - Ah oui.
00:04:30 - Le prix de l'essence ?
00:04:31 - C'est ça, le prix des carburants.
00:04:32 Je trouve que là, l'augmentation, la rentrée arrive
00:04:35 et le prix a bien augmenté d'environ 20 centimes en quelques semaines.
00:04:39 - Ah oui ?
00:04:40 - Oui.
00:04:41 Par rapport au début août, c'est vraiment une augmentation importante.
00:04:45 20 centimes, je trouve que c'est beaucoup.
00:04:47 - Et vous, vous êtes un...
00:04:48 - Vous allez y aller, je vous en prie.
00:04:49 - Allez-y, elle était plus intéressante que moi.
00:04:50 - Demain, ben allez-y.
00:04:51 - Allez-y, allez-y, allez-y.
00:04:52 - Vous êtes un grand rouleur ou pas ?
00:04:54 - Je ne sais pas si on peut me qualifier de grand rouleur.
00:04:57 Je fais à peu près 30 000 km par an.
00:04:59 - C'est bien, vous êtes au double de la moyenne nationale.
00:05:01 - Oui, certainement.
00:05:02 Après, bon, c'est le côté rural.
00:05:04 Quand on est en campagne, on a forcément besoin d'une voiture
00:05:06 et on roule vraiment beaucoup.
00:05:09 Dès qu'il faut aller en ville, on a tout de suite entre 20 et 30 km à faire.
00:05:12 Donc, c'est assez rapide, même pour aller au travail.
00:05:14 - Oui, il y a visiblement aussi une proposition,
00:05:17 en tout cas, l'essence pourrait encore augmenter.
00:05:20 - Augmenter, oui.
00:05:21 - Et vous avez déjà coûté très cher vos vacances, a priori.
00:05:24 - Alors, grâce à mon véhicule qui ne consomme pas tellement,
00:05:29 je suis quand même allé dans le nord de la France,
00:05:31 donc j'ai fait une belle diagonale.
00:05:32 Elle allait assez consommée parce qu'on était chargé,
00:05:36 mais retour, non, il m'a suffi d'un plein pour descendre.
00:05:38 Mais bon, quand même, un plein pour mon véhicule, c'est 110 euros.
00:05:41 - Donc, 220 et retour.
00:05:43 - Oui, voilà, tout à fait.
00:05:44 - Nos vedettes du jour, là.
00:05:47 - Moi, j'ai une solution.
00:05:48 Je fais des grandes marches à pied pendant plusieurs heures.
00:05:51 - Pour aller visiter les Atlantiques au nord de la France.
00:05:53 - Voilà, exactement.
00:05:54 - Avec les bagages.
00:05:55 - Il faut bien trouver des solutions.
00:05:57 Le système D, non, mais effectivement, c'est une catastrophe.
00:05:59 Mais moi, je privilégie le vélo.
00:06:01 Mais je sais parce que je peux me le permettre, évidemment.
00:06:03 Il y a plein de gens qui habitent en campagne
00:06:04 qui ne sont pas dans cette possibilité.
00:06:05 - Mais vous partez où à vélo en France ?
00:06:07 - Effectivement, je vais moins loin.
00:06:08 Non, mais honnêtement, c'est vrai que depuis cette année,
00:06:10 je pars moins loin aussi de ce fait.
00:06:12 Pas forcément parce que moi, je conduis,
00:06:13 mais parce que d'autres gens ne veulent pas dépenser des fortunes
00:06:15 et n'ont pas les moyens.
00:06:16 Donc, on trouve d'autres solutions.
00:06:18 - Nos auditeurs sont très préoccupés par la montée des prix.
00:06:22 Nous avions les cigarettières aujourd'hui,
00:06:24 les fans, comme je les comprends.
00:06:27 - Oui, ça commence à faire beaucoup, Mickaël.
00:06:28 Oui, oui, allez-y, on vous écoute Corentin.
00:06:30 - La chose, en fait, le prix de l'essence en lui-même,
00:06:32 il n'est pas si élevé que ça.
00:06:34 C'est plus les taxes qu'il y a dessus.
00:06:36 C'est ça le vrai problème.
00:06:38 Quand on voit qu'on paye une taxe sur une taxe,
00:06:40 bon, qu'on paye la TVA sur le produit en lui-même,
00:06:42 ça, ça ne pose pas de problème.
00:06:43 Mais qu'on paye une taxe sur la TICPE, c'est un bémol.
00:06:46 - Une TVA sur la TICPE ?
00:06:48 Parce que c'est la TVA qui se grève sur la TICPE.
00:06:50 La taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques.
00:06:52 - Mickaël, ça donne quoi ?
00:06:53 - Alors oui, c'est vrai qu'il y a une TVA sur la TICPE,
00:06:55 mais il y a aussi une TVA de base qui fait, je crois,
00:06:57 30 ou 40% du prix quand on paye...
00:06:59 - Toutes les taxes, c'est 60% à peu près.
00:07:01 - Mais ce qui est dur à gérer, en fait,
00:07:03 c'est surtout l'instabilité.
00:07:05 Parce que même là, en venant, je regarde...
00:07:07 - Faire son budget à la banque, c'est compliqué.
00:07:09 - Les taxes concières vont augmenter pour les propriétaires.
00:07:11 Et on ne sait pas, apparemment, les montants.
00:07:13 Ça va varier selon les villes et les départements.
00:07:15 Donc, en fait, c'est toujours ces grandes disparités
00:07:17 qui font que les gens, effectivement, ont peur
00:07:19 de se retrouver avec une grande facture à un moment donné
00:07:21 qui peut arriver très probablement.
00:07:23 Et donc, effectivement, ils ont du mal à se projeter.
00:07:25 Ils sont un peu déprimés.
00:07:27 - D'ailleurs, rappelez-nous 0826 300 300
00:07:29 si vous voulez râler sur le prix de l'essence.
00:07:31 On devrait nous la donner, je trouve.
00:07:33 On devrait arriver dans les stations et dire...
00:07:35 - Contre un sourire.
00:07:37 - Contre un sourire, exactement.
00:07:39 - On a le plaisir d'essence.
00:07:41 - Elle était préparée, celle-là.
00:07:43 - Ah non, ah non.
00:07:45 - Je te le jure, je le vis quotidiennement.
00:07:47 - C'est vérifiable.
00:07:49 - Pas forcément la donner, mais plus l'inclure
00:07:51 dans les produits de nécessité parce que
00:07:53 on en a vraiment besoin tous les jours.
00:07:55 Même si on est riche,
00:07:57 suivant nos revenus, ça n'a pas d'importance.
00:07:59 C'est un produit de nécessité, on en a besoin pour se déplacer.
00:08:01 L'électrique arrive fort,
00:08:03 mais pour le moment, on ne peut pas s'en passer.
00:08:05 - Vous avez raison.
00:08:07 - À mon avis, l'État ne touchera plus sur le carburant.
00:08:09 Il va vite fait le mettre sur l'électricité.
00:08:11 Vous allez voir.
00:08:13 - Ils sont malins, les gouvernements.
00:08:15 - Allez, 0826-300-300,
00:08:17 on vous attend au standard jusqu'à 19h avec Philippe Bilger,
00:08:19 ce soir avec Tom Conan,
00:08:21 qui est auteur et essayiste,
00:08:23 et avec notre ami, notre grand ami,
00:08:25 ça doune qu'on aime beaucoup.
00:08:27 - C'est bien fait.
00:08:29 - Et vous, bien sûr, 0826-300-300,
00:08:31 on vous souhaite la bienvenue.
00:08:33 Les Vraies Voix de Sud Radio, c'est jusqu'à 19h.
00:08:35 - Les Vraies Voix Sud Radio, 17h-20h,
00:08:37 Philippe David, Cécile de Ménibus.
00:08:39 - Retour des Vraies Voix avec Cécile de Ménibus
00:08:43 qui me donne la parole, comme ça,
00:08:45 sous le réptissement, sur le grill.
00:08:47 - Parce que vous ne la prenez pas, donc je vous l'offre.
00:08:49 - C'est bien l'utiliser.
00:08:51 - Vous me l'offrez ? - Oui, je vous l'offre.
00:08:53 - En tout cas, on est ravis de vous retrouver
00:08:55 jusqu'à 19h avec nos invités
00:08:57 et nos éditorialistes du jour, Philippe Bilger,
00:08:59 bien entendu, qui est un peu le patron
00:09:01 le taulie, on le dit depuis un an.
00:09:03 - C'est son nom de Johnny.
00:09:05 - Ah oui, c'est formidable, Johnny.
00:09:07 - Oui, c'est formidable.
00:09:09 - Mais ne me faites pas chanter, ma chère Cécile.
00:09:11 - Ça dépend de quelle manière, Philippe.
00:09:13 Je vais réfléchir. Tom Conan est avec nous.
00:09:15 Essayiste et auteur de
00:09:17 "Pollution" chez Albain Michel et Michael Sadoun,
00:09:19 chroniqueur et consultant. Ça va, les amis ?
00:09:21 - Ça va. - En pleine forme.
00:09:23 - Au top. - Dans un instant, les 3 mots
00:09:25 de l'actu avec vous, Félix Mathieu.
00:09:27 On parle de quoi ? - Soldat, 3 mots.
00:09:29 Soldat, préférendum et chien.
00:09:31 Préférendum avec un P. - Oui.
00:09:33 - C'est pas toujours très clair.
00:09:35 Allez tout de suite, le réquisitoire du procureur.
00:09:37 - Les Vraies Voix Sud Radio.
00:09:39 - Le réquisitoire du procureur.
00:09:41 Philippe Bilger.
00:09:43 - Et M. le procureur veut faire son réquisitoire
00:09:45 sur ceux qui ne pensent qu'à ça.
00:09:47 N'imaginez rien de licencieux.
00:09:49 Il faut au moins faire semblant,
00:09:51 en politique et dans la vie, de s'intéresser à autre chose
00:09:53 qu'à soi. - Oui.
00:09:55 Le grand intérêt du point de vue du procureur,
00:09:57 c'est qu'on a le droit de dire
00:09:59 à peu près n'importe quoi par rapport
00:10:01 au thème que vont développer les Vraies Voix.
00:10:03 Mais je suis frappé
00:10:05 par le fait que certains politiques
00:10:07 ne pensent qu'au pouvoir, ce qui me paraît
00:10:09 normal. L'avoir,
00:10:11 le garder, éventuellement
00:10:13 y revenir. Mais c'est comme dans la vie.
00:10:15 Parfois, lorsqu'on
00:10:17 est dans une stratégie de séduction
00:10:19 à l'égard d'un homme ou d'une femme,
00:10:21 on ne pense qu'à ça, mais
00:10:23 il faut faire semblant de penser
00:10:25 un petit peu à autre chose pour être
00:10:27 plausible. Donc, quand on ne pense
00:10:29 qu'à ça, au pouvoir ou
00:10:31 à autre chose, eh bien, il faut
00:10:33 toujours donner l'impression
00:10:35 qu'on a autre chose dans la tête.
00:10:37 Imaginons que je sois obsédé
00:10:39 par Philippe David, ce qui est
00:10:41 peu probable.
00:10:43 Il faudrait que je donne l'impression
00:10:45 d'avoir de la pétance
00:10:47 pour Cécile en même temps.
00:10:49 - Oui, ça devient compliqué.
00:10:51 Une réaction, Michael Zadounoff.
00:10:53 - Oui, alors je ne sais pas
00:10:55 qui pense Philippe Bilger en particulier.
00:10:57 Je pense que ça représente une part de la classe politique.
00:10:59 Moi, je pense que les intérêts
00:11:01 individuels ne sont pas totalement incompatibles
00:11:03 avec l'intérêt collectif. Justement, pour qu'un politique
00:11:05 soit élu et réélu, en général,
00:11:07 il faut qu'il fasse plaisir plutôt aux gens
00:11:09 qui l'élisent. Après, évidemment, ça pose
00:11:11 la question de l'action de long terme.
00:11:13 On sait, je sais que c'est pas
00:11:15 un être qui vous est
00:11:17 cher au cœur, mais Nicolas Sarkozy,
00:11:19 qui n'a pas été réélu,
00:11:21 ne l'a pas été
00:11:23 notamment pour des raisons de réforme
00:11:25 des retraites qu'il a fait passer à un mauvais moment.
00:11:27 Moi, je trouve que c'était un acte plutôt responsable
00:11:29 de le faire à ce moment-là.
00:11:31 Et au contraire, on peut se méfier
00:11:33 du politique flatteur,
00:11:35 qui va caresser le peuple dans le sens du poil,
00:11:37 tel coriolant, c'est en allant
00:11:39 au contraire de son intérêt sur le long terme.
00:11:41 Mais je suis tout à fait d'accord avec ce régime.
00:11:43 - Moi, je pense beaucoup plus que c'est... - C'est très philosophique
00:11:45 cette conversation. - Ah oui, ça vaut le coup.
00:11:47 - Ah mais d'un coup, là !
00:11:49 - Et moi, je pense justement... - En upgrade.
00:11:51 - Et moi, comme... On va continuer dans cette ligne.
00:11:53 Moi, comme Hegel, je pense plutôt que c'est l'histoire
00:11:55 qui fait les hommes et non pas l'homme qui fait l'histoire.
00:11:57 Et notamment, un grand homme
00:11:59 le devient lorsqu'il rencontre un dessin
00:12:01 historique, une sorte de grande destinée.
00:12:03 Effectivement, il est au bon endroit au bon moment,
00:12:05 on pourrait dire. - Ce sont les événements qui font les
00:12:07 grands hommes, je crois. - Exactement. Alors après, effectivement,
00:12:09 malgré tout, il y a une marge manœuvre et il faut que
00:12:11 des hommes émergent, des hommes, des femmes, des hommes au sens
00:12:13 générique.
00:12:15 Et des gens comme Macron, par exemple, à un moment donné,
00:12:17 ont incarné une espèce de centrisme
00:12:19 un peu hybride, un peu étrange.
00:12:21 Bon, ça aurait pu être quelqu'un d'autre, parce qu'il y avait
00:12:23 une espèce d'espace politique à conclure
00:12:25 à cet endroit-là et à ce moment-là.
00:12:27 En réalité, c'est ça qui est intéressant. Ce que je pense avec moi, la politique
00:12:29 ne m'intéresse pas à travers les hommes,
00:12:31 mais en revanche, c'est passionnant à travers ces grands mouvements
00:12:33 historiques et ces grandes tendances, ces conflits,
00:12:35 ces luttes, et là, la France, c'est un pays passionnant pour ça.
00:12:37 - Eh bien, ça faisait longtemps que je n'avais pas fait de philo,
00:12:39 je suis contente de ce jour, de voir. Merci.
00:12:41 - Vous êtes prêts pour les épreuves du bac ?
00:12:43 - Vous voulez leur répondre, Philippe ?
00:12:45 - Non, je voulais dire que je sens
00:12:47 que Tom s'occupe de la pollution,
00:12:49 mais est aussi un intellectuel.
00:12:51 Moi, je m'intéresse
00:12:53 énormément aux hommes, justement.
00:12:55 La politique me passionne
00:12:57 surtout pour les personnalités,
00:12:59 mais je suis immature, on le démontrera
00:13:01 bientôt.
00:13:03 - Je suis d'accord avec Philippe, d'ailleurs, la politique ne peut
00:13:05 s'incarner que dans les hommes. Regardez, je pense
00:13:07 que la France est un pays majoritairement
00:13:09 à droite, idéologiquement, et pourtant,
00:13:11 elle a choisi Emmanuel Macron parce que c'est lui
00:13:13 qui a incarné l'union. - Ah oui, dans les hommes, au sens large.
00:13:15 - Ah oui, oui, c'est ça. - Les hommes et les femmes,
00:13:17 évidemment. Je pense
00:13:19 que ça s'incarne principalement dans des personnalités.
00:13:21 Par exemple, beaucoup de gens parlent de l'union des droites.
00:13:23 Je pense que tant qu'il n'y aura pas
00:13:25 une personnalité capable de faire la synthèse
00:13:27 de tous les courants de l'union des droites, avec
00:13:29 un charisme particulier,
00:13:31 cette union ne se fera pas. - Et bien, voilà, je propose
00:13:33 que ce soit Philippe Bilger. Allez, tout de suite.
00:13:35 - Il pourrait largement, il en a le talent.
00:13:37 - Et de la vouloir dans les deux droits.
00:13:39 - Oui, c'est ça. Allez, tout de suite, les 3 mots
00:13:41 dans l'actu avec Félix Mathieu.
00:13:43 - Les vrais voix Sud Radio. - Et Félix Mathieu,
00:13:45 vos 3 mots dans l'actu sont "soldat", "préférendum"
00:13:47 et "chien". - Un militaire français
00:13:49 tué en Irak lors d'une opération anti-jihadiste,
00:13:51 c'est la 3e perte en 10 jours pour l'armée française
00:13:53 dans le pays. La Macronie dégaine
00:13:55 un nouvel outil, le préférendum.
00:13:57 C'est un peu comme un référendum, mais avec un "p" devant
00:13:59 et plusieurs questions à l'intérieur.
00:14:01 Enfin, on va prendre des nouvelles du chien marcheur
00:14:03 qui a erré entre l'Ariège et la Gironde cet été.
00:14:05 Il a mordu un policier, mais il n'avait
00:14:07 pas la rage. Gump va pouvoir sortir
00:14:09 de quarantaine.
00:14:11 - Les vrais voix Sud Radio.
00:14:13 - La nation pleure de nouveau
00:14:15 aujourd'hui l'un de ses fils. Réaction
00:14:17 du ministre des Armées après la mort du sergent
00:14:19 Nicolas Mazier. Ce soldat
00:14:21 du commando de parachutistes de l'air
00:14:23 numéro 10 a perdu la vie hier
00:14:25 lors d'un échange de tir avec des
00:14:27 djihadistes en embuscade. Son unité
00:14:29 était en train d'appuyer des militaires irakiens
00:14:31 alliés lors d'une opération anti-terroriste.
00:14:33 C'est le 3e
00:14:35 militaire français à perdre la vie en Irak en
00:14:37 10 jours. Face au terrorisme,
00:14:39 la France ne reculera pas, joute aussi
00:14:41 le communiqué du ministère français des Armées.
00:14:43 Environ 600 militaires français
00:14:45 sont déployés dans la région. C'est l'opération
00:14:47 "Shamal". Elle consiste à épauler
00:14:49 les forces irakiennes dans la lutte contre
00:14:51 ce qu'il reste du groupe Etat islamique
00:14:53 en Irak. - Philippe Bilger,
00:14:55 encore un drame. - C'est terrible ce fil.
00:14:57 Évidemment, on ne peut
00:14:59 pas faire autrement que d'en parler
00:15:01 dans le fil d'une actualité
00:15:03 où il y a des ombres, des lumières
00:15:05 mais on ressent
00:15:07 profondément le tragique de ces
00:15:09 gens qui se battent pour nous. - Oui.
00:15:11 - Mickaël Sadoun. - Oui.
00:15:13 - Terrible nouvelle. - Terrible nouvelle
00:15:15 et puis on en parlait
00:15:17 vous et moi, Philippe David,
00:15:19 à l'occasion de la mort du général
00:15:21 Georges Lain. Nous ne savons plus
00:15:23 depuis la réforme de la conscription
00:15:25 ce que nous devons à ces hommes.
00:15:27 L'actualité, parfois, nous le rappelle tristement
00:15:29 et je pense que c'est bien de le mentionner.
00:15:31 - Tom Conan. - Oui, je pense qu'aussi on est toujours
00:15:33 ensevelis au quotidien dans des informations
00:15:35 plus ou moins inutiles
00:15:37 et absurdes. Je veux dire, on
00:15:39 partage notre vie avec des vidéos de chats,
00:15:41 des choses de ce type-là, toute la journée
00:15:43 selon les personnes et donc on a parfois
00:15:45 beaucoup de mal à revenir à des considérations
00:15:47 beaucoup plus sérieuses et beaucoup plus dures
00:15:49 qui, heureusement, ne concernent pas chacun d'entre nous.
00:15:51 - Deuxième mot, préférendum avec un P
00:15:53 le nouvel outil brandi par l'Élysée.
00:15:55 - Oui, ça fait partie de la grande initiative
00:15:57 d'ampleur transpartisane voulue par
00:15:59 Emmanuel Macron pour légiférer sujet par
00:16:01 sujet. Ça a été évoqué lors du
00:16:03 dîner entre grands pontes macronistes
00:16:05 hier, proposé aux autres parties. Ce
00:16:07 préférendum, oui, avec un P comme Patrick
00:16:09 une sorte de référendum
00:16:11 à questions et réponses multiples, comme nous l'explique
00:16:13 Renaud Muselier, président
00:16:15 de la région Sudpaca et délégué régional
00:16:17 du parti Renaissance. - C'est un référendum
00:16:19 dans lequel vous pouvez cocher un certain
00:16:21 nombre de questions, avec des propositions.
00:16:23 Un référendum, normalement, c'est une question, oui, non. - Une question, oui, non.
00:16:25 - Terminé, au revoir et merci.
00:16:27 Là, l'enjeu est tel que ce serait
00:16:29 plutôt faire trois, quatre, cinq questions. - C'est oui, non, peut-être.
00:16:31 - Oui, non, peut-être, je m'abstiens
00:16:33 ou ça ne m'intéresse pas
00:16:35 ou je n'ai pas l'avis. Vous pouvez très bien
00:16:37 par exemple parler sur l'immigration et avoir trois réponses
00:16:39 sur l'immigration. Ou alors, vous pouvez avoir
00:16:41 trois questions, une sur l'international.
00:16:43 C'est des sujets différents et dans ces
00:16:45 sujets différents, on n'est plus en binaire
00:16:47 oui, non, quand même. - Voilà, c'est plus
00:16:49 clair comme ça. Renaud Muselier, ce matin,
00:16:51 au micro de Jean-Jacques Bourdin, dans l'interview politique
00:16:53 de Sud Radio, à 8h30. Objectif
00:16:55 de ce référendum QCM, éviter
00:16:57 le pour ou contre Macron. C'est l'écueil
00:16:59 traditionnel des référendums en France, pour
00:17:01 ou contre le pouvoir. Demain, en tout cas, les
00:17:03 quatre partis de la NUPS annoncent
00:17:05 honorer l'invitation du président, mais en revanche,
00:17:07 ils vont boycotter le dîner à l'Elysée.
00:17:09 - On en a, vont des mots, dans la Macronie,
00:17:11 chez la Macronie,
00:17:13 cher Philippe Gillard. - Ah oui, mais Cécile,
00:17:15 si vous voulez bien, je me tais, parce
00:17:17 que j'en parlerai peut-être tout à l'heure.
00:17:19 - Absolument. Alors, Mickaël,
00:17:21 ce nouveau mot encore, qui sort
00:17:23 de je ne sais pas quoi, de la brainstorming.
00:17:25 - Un P comme Patrick, un R comme Roger.
00:17:27 Donc c'est parfait pour Sud Radio. - Alors là, je dois
00:17:29 vous avouer que je suis un peu agacé
00:17:31 par la capacité qu'a la
00:17:33 Macronie à inventer toutes sortes de gadgets
00:17:35 politiques pour ne pas faire face
00:17:37 aux réalités, pour ne pas faire face
00:17:39 au peuple et à son
00:17:41 opinion. Je ne comprends
00:17:43 pas qu'Emmanuel Macron s'inquiète
00:17:45 que les gens votent pour ou contre lui, puisqu'à
00:17:47 priori, c'est son dernier mandat.
00:17:49 Donc il serait temps de faire preuve d'un petit peu de courage,
00:17:51 de présenter une question simple aux
00:17:53 Français, celle qu'ils auront choisie, évidemment.
00:17:55 Je ne donne pas de thème
00:17:57 au préalable. Certains parlent de l'immigration, la gauche
00:17:59 parle même de la réforme des retraites. Moi, je trouve que c'est
00:18:01 un petit peu après l'heure. Mais il serait temps que
00:18:03 ils prennent un peu leur courage à deux mains
00:18:05 et qu'ils posent une question simple.
00:18:07 - Ce qui est dommage, c'est l'absence de direction. Moi, je pense que
00:18:09 plusieurs directions politiques peuvent être menées
00:18:11 avec une forme de pertinence. Et là, évidemment, ça
00:18:13 illustre bien le fait qu'ils sont au milieu
00:18:15 du gai, ils ne savent pas choisir entre
00:18:17 l'un versant ou l'autre, entre tout
00:18:19 et son contraire. À mon avis, si on fait les deux en même temps,
00:18:21 on fait juste n'importe quoi.
00:18:23 - Et puis, le troisième mot,
00:18:25 finalement, c'est le mot "chien"
00:18:27 avec la fin d'une folle aventure pour Gump
00:18:29 qui a traversé le sud-ouest
00:18:31 de la France. - Oui, Gump, autrement dit,
00:18:33 dégueulasse en bon français, le surnom de ce chien
00:18:35 de la race porcelaine. Durant
00:18:37 un mois, il a erré entre l'Ariège et la Gironde.
00:18:39 Cet été, des milliers d'internautes l'avaient
00:18:41 signalé sur un groupe Facebook dédié.
00:18:43 Ils avaient suivi sa folle aventure sur
00:18:45 environ 1000 kilomètres. Le chien
00:18:47 avait fini par être récupéré et placé à la
00:18:49 SPA de Mérignac après avoir tout de même
00:18:51 mordu un policier.
00:18:53 Mais bon, bonne nouvelle, le journal Sud-Ouest nous apprend
00:18:55 aujourd'hui que sa quarantaine a pris fin.
00:18:57 Gump n'a pas la rage. Info a sortie
00:18:59 d'ailleurs de la vidéo qui va bien à la SPA.
00:19:01 Gump qui devrait pouvoir désormais
00:19:05 rejoindre le Loiret, figurez-vous,
00:19:07 pour y trouver une famille d'accueil.
00:19:09 Sauf que cette fois, il ne devrait pas le faire à patte. On va
00:19:11 l'y conduire dans sa nouvelle famille dans le Loiret.
00:19:13 Le fan-club Facebook de Gump
00:19:15 peut se rassurer. Il devrait
00:19:17 pouvoir trouver une vie plus sereine, avec plus
00:19:19 de repos. - Il n'a pas traversé
00:19:21 trop de forêt, non ?
00:19:23 - Ah, bravo !
00:19:25 - Elle est très bonne ! - Elle est très bonne !
00:19:27 - Si le maître le dit,
00:19:29 je suis admiratif !
00:19:31 - Merci Félix Mathieu.
00:19:33 On vous retrouve dans la deuxième heure
00:19:35 et dans un instant, le grand débat du jour sur
00:19:37 l'interdiction du port de la baïa et des
00:19:39 camis à l'école, qui divise la classe politique.
00:19:41 Mais est-ce que ça vous divise, vous, 0 826,
00:19:43 300, 300 ? On va en parler avec notre
00:19:45 invité expert Henri Peña-Ruiz
00:19:47 qui est avec nous, philosophe et auteur de dictionnaire
00:19:49 amoureux de la laïcité. Bonsoir !
00:19:51 - Bonsoir. - Merci d'être avec nous.
00:19:53 On vous retrouve dans quelques instants. Est-ce que la laïcité
00:19:55 est une exception française ?
00:19:57 - Non, parce que bien d'autres
00:19:59 pays, même si ce n'est pas au même niveau,
00:20:01 ont bien compris que
00:20:03 la laïcité est la seule solution pour faire coexister
00:20:05 des populations aux traditions différentes.
00:20:07 - Eh bien, on en parle dans quelques instants.
00:20:09 Vous restez avec nous, 0 826 300 300.
00:20:11 A tout de suite, les vraies voix de Sud Radio,
00:20:13 jusqu'à 19h.
00:20:15 - Les vraies voix Sud Radio, 17h20,
00:20:17 Philippe David, Cécile Domenibus.
00:20:19 - Bienvenue les amis !
00:20:21 0 826 300 300,
00:20:23 ce numéro est le vôtre. Vous pouvez nous appeler
00:20:25 parlons vrai. On peut tous dire,
00:20:27 chez nous, bien entendu, en bonne intelligence,
00:20:29 soyons clairs, mais on peut se parler, c'est ça qui est important.
00:20:31 Et avec, aujourd'hui,
00:20:33 nos éditorialistes adorés,
00:20:35 Philippe Bilger est avec nous, président de l'Institution,
00:20:37 de l'Institut de la Parole, de l'Institution,
00:20:39 vous voyez, je vous change de job.
00:20:41 - C'est bien.
00:20:43 - Philippe Bilger est une artiste du choix.
00:20:45 - On peut vivre.
00:20:47 - Je vous institutionnalise.
00:20:49 Ce qui n'est pas facile à dire.
00:20:51 Tom Conan, artiste, essayiste,
00:20:53 auteur de pollution publiée chez Albain Dimichel.
00:20:55 Vous en faites des trucs, vous.
00:20:57 - Sans institution.
00:20:59 - Moi-même, on n'a pas pour institution.
00:21:01 - Mais vous n'avez que l'avenir devant vous.
00:21:03 - C'est ça, que l'avenir.
00:21:05 - Il n'y a rien pareil.
00:21:07 - Accrochez-vous alors.
00:21:09 Michael Sadoun, chroniqueur et consultant,
00:21:11 merci d'être avec nous, Michael Sadoun.
00:21:13 Et puis, dans quelques instants,
00:21:15 on reviendra, juste après ce grand débat du jour,
00:21:17 vous savez, sur pas mal de choses.
00:21:19 On parlera de l'actualité que vous avez choisie.
00:21:21 Et vous allez parler de quoi, dans votre actualité,
00:21:23 Philippe Bilger ?
00:21:25 - Je vais dire que les annonces
00:21:27 remplacent trop souvent l'action.
00:21:29 - Très bien, Michael Sadoun.
00:21:31 Vous allez revenir sur quoi ?
00:21:33 - Je vais dire que nous sommes passés à côté
00:21:35 des élections présidentielles, donc surtout,
00:21:37 ne ratons pas les élections européennes.
00:21:39 - Et vous, Tom Conan ?
00:21:41 - Moi, je vais m'exporter en Californie,
00:21:43 je vais parler de la grève à Hollywood
00:21:45 qui fout un bordel monstrueux dans le milieu du cinéma.
00:21:47 - Les vraies voix Sud Radio,
00:21:49 le grand débat du jour.
00:21:51 - La baïa n'a pas sa place dans nos écoles.
00:21:53 Pas plus que les signes religieux.
00:21:55 - C'est une atteinte aux valeurs de la République, aux lois de la République.
00:21:57 - Je ne crois pas que la baïa
00:21:59 soit un vêtement religieux.
00:22:01 - Je l'approuve plutôt parce que les chefs d'établissement
00:22:03 avaient besoin de consignes claires.
00:22:05 - Les signes religieux, c'est clair, ils n'ont pas leur place
00:22:07 à l'école, c'est nécessaire de rappeler
00:22:09 la règle pour les quelques établissements
00:22:11 dans lesquels il peut y avoir un problème.
00:22:13 Par contre, ça ne vaut pas une rentrée politique aux 20h.
00:22:15 - Je ne dis pas qu'il ne faut pas de tenue et de signe religieux
00:22:17 ostentatoires à l'école, mais les autorités
00:22:19 religieuses disent que la baïa n'est pas
00:22:21 une tenue religieuse.
00:22:23 - Et après l'annonce de Gabriel Attal dimanche
00:22:25 dernier, l'interdiction du port de la baïa
00:22:27 et du camis à l'école divise les parties
00:22:29 de l'ANUPS, l'EPC et l'EPS.
00:22:31 Ils sont favorables alors que les groupes
00:22:33 LFI et Europe Écologie Les Verts
00:22:35 dénoncent une décision islamophobe
00:22:37 et stigmatisante.
00:22:39 - Oui, c'est-ci la gauche qui, depuis la loi
00:22:41 sur les séparations des églises et de l'Etat
00:22:43 de 1905, avait toujours été en pointe
00:22:45 sur la laïcité, est aujourd'hui
00:22:47 éparpillée façon puzzle pour utiliser
00:22:49 une formule de Michel Audiard.
00:22:51 Alors, est-ce que pour vous,
00:22:53 l'abaïa peut aboutir
00:22:55 à l'implosion de l'ANUPS ?
00:22:57 Vous pensez que oui, vous pensez que non ?
00:22:59 On attend vos appels, bien évidemment,
00:23:01 au 0826 300 300,
00:23:03 c'est Aude qui vous répondra.
00:23:05 - Et puis, peut-elle imploser, en tout cas cette abaïa,
00:23:07 peut-elle imploser la gauche ? Vous dites oui à 68%.
00:23:10 On va en parler avec notre invité Henri Peignard-Ruiz
00:23:12 qui est avec nous, philosophe, écrivain,
00:23:14 auteur du "Dictionnaire amoureux
00:23:16 de la laïcité" et de Marx,
00:23:18 quand même, je fais plomb, merci
00:23:20 d'être avec nous.
00:23:22 Rebonjour, Philippe, le torchon brûle
00:23:24 du côté de l'ANUPS.
00:23:26 - Oui, alors, je dirais que ça ne va pas
00:23:28 créer l'implosion dans la mesure
00:23:30 où les difficultés ont commencé
00:23:32 bien avant, mais ça va être
00:23:34 un point très important
00:23:36 dans la dissension qui va se développer
00:23:38 et peut-être aboutir
00:23:40 enfin à la dislocation
00:23:42 de l'ANUPS qui n'a eu de sens
00:23:44 pour le parti socialiste
00:23:46 que pour des motifs électoraux.
00:23:48 Moi, je continue à penser que l'abaïa,
00:23:50 et je ne suis pas un spécialiste
00:23:52 de tout cela, comme notre
00:23:54 invité est un costume
00:23:56 religieux qui est destiné
00:23:58 à voiler le corps des femmes
00:24:00 et en ce sens-là, c'est évidemment
00:24:02 une protection de nature
00:24:04 religieuse et deuxième élément,
00:24:06 je suis, j'approuve absolument
00:24:08 Gabriel Attal qui sort
00:24:10 du flou qui avait été promis
00:24:12 par Papendiaï.
00:24:14 - Moi, je suis très attaché à la laïcité
00:24:16 pour plein de raisons, des raisons philosophiques,
00:24:18 personnelles, etc. Pour autant,
00:24:20 j'avoue que je retrains un peu de vacances,
00:24:22 je n'ai peut-être pas tout suivi ce qui s'est passé au mois d'août
00:24:24 mais je suis quand même un peu
00:24:26 étonné, surpris, choqué comme on veut
00:24:28 d'arriver à peine à la rentrée
00:24:30 et voir que la première nouvelle
00:24:32 annoncée par le gouvernement, un peu en grande pompe,
00:24:34 c'est ça.
00:24:36 C'est un énième sujet sur le voile
00:24:38 et les questions
00:24:40 qui sont liées au voile. J'avoue
00:24:42 que j'ai l'impression d'avoir entendu que ça
00:24:44 depuis je ne sais pas combien d'années.
00:24:46 Je suis épuisé,
00:24:48 je pense qu'il y a plein de gens qui sont épuisés de tout ça.
00:24:50 Il y a une loi qui existe, il me semble qu'elle est
00:24:52 appliquée, il y a peut-être des difficultés à prendre
00:24:54 en pratique, peut-être qu'il y a des circulaires pour clarifier
00:24:56 des situations, j'en sais rien, ça c'est très possible
00:24:58 en interne. - Avec des augmentations des
00:25:00 atteintes à la laïcité, c'est aussi ce qui motive.
00:25:02 - C'est pour ça que j'ai précieux que c'est une question qui est tout à fait
00:25:04 importante. Pour autant, voilà,
00:25:06 en grande pompe avec Gabriel Attal qui met
00:25:08 en avant ce sujet qui va cristalliser
00:25:10 les débats, et c'est d'ailleurs le cas, puisque
00:25:12 tous les médias en parlent, c'est normal, puisque effectivement
00:25:14 ça devient la nouvelle dont tout le monde doit débattre.
00:25:16 Je ne suis vraiment pas certain que stratégiquement
00:25:18 ça soit pertinent,
00:25:20 je ne suis pas du tout certain que ça soit la priorité
00:25:22 du pays ou du gouvernement
00:25:24 ou de qui que ce soit d'ailleurs, ça me semble
00:25:26 être un sujet totalement secondaire en effet.
00:25:28 Je ne parle pas du sujet de la laïcité, bien sûr,
00:25:30 je parle de ce sujet spécifique sur ce
00:25:32 type de vêtements en particulier, surtout
00:25:34 qu'a priori, de ce que j'ai lu, sans être un spécialiste
00:25:36 non plus technique du vêtement, mais je m'intéresse
00:25:38 quand même aux vêtements, je ne crois pas
00:25:40 qu'on puisse de manière certaine globaliser
00:25:42 l'ensemble de ces types de portes.
00:25:44 - Sur la récupération politique du problème,
00:25:46 c'est un grand classique de la gauche
00:25:48 de se diviser sur ce sujet-là, la droite est
00:25:50 plutôt suiveuse en général sur la question de la laïcité,
00:25:52 peu importe les époques, elle est plutôt dans la tendance
00:25:54 du temps. En 1905,
00:25:56 la gauche se déchirait déjà sur la question de la laïcité,
00:25:58 entre une ligne plutôt anticléricale
00:26:00 de Ferdinand Buisson ou d'Emile
00:26:02 Combes, et la ligne plutôt libérale
00:26:04 avec toutes les guillemets qu'il faut mettre, d'Aristide
00:26:06 Brillant ou de Jean Jaurès.
00:26:08 En 1989, c'est encore la gauche qui se divise
00:26:10 entre la ligne d'Alain Finkelkraut,
00:26:12 d'Elisabeth Bain d'Inter, etc., portée
00:26:14 par ces intellectuels, et la gauche
00:26:16 de Lionel Jospin et d'SOS Racisme
00:26:18 qui ne considèrent pas ça comme un problème.
00:26:20 Donc c'est un classique français qui est rejoué
00:26:22 aujourd'hui, concernant l'initiative
00:26:24 de Gabriel Attal, c'est peut-être pas le
00:26:26 problème le plus important, c'est un problème
00:26:28 important, je trouve que c'est
00:26:30 une bonne chose de voir un volontarisme politique
00:26:32 dessus, on aura l'occasion d'en reparler.
00:26:34 - Pardon, mon cher Philippe,
00:26:36 en grande pompe, je vous rassure,
00:26:38 ils n'ont pas l'intention d'interdire
00:26:40 les chaussures.
00:26:42 - Après cette remarque
00:26:44 fabuleuse d'un dialecte de Philippe Bichelon,
00:26:46 vous êtes de gauche,
00:26:48 vous pensez que votre camp politique
00:26:50 peut imploser à cause de la baïa ?
00:26:52 Venez nous le dire au 0826 300 300.
00:26:54 - Avec notre invité Henri Peignard-Huys,
00:26:56 et merci d'être avec nous.
00:26:58 Vous connaissez d'une part bien la laïcité,
00:27:00 puisque vous avez écrit ce livre, "Un dictionnaire amoureux
00:27:02 de la laïcité", et bien aussi la gauche
00:27:04 avec ce livre, Marx quand même
00:27:06 chez Plon. Aujourd'hui,
00:27:08 est-ce que c'est un sujet
00:27:10 important pour une rentrée des classes ?
00:27:12 - C'est un sujet décisif.
00:27:14 Je crois qu'il faut rappeler que
00:27:16 ce n'est pas seulement la question de la baïa,
00:27:18 c'est la question des
00:27:20 signes religieux dans leur ensemble. Par exemple,
00:27:22 lorsqu'on parle de la loi de 2004,
00:27:24 il y a des gens mal informés ou de mauvaise foi
00:27:26 qui disent "loi sur le voile". Faux.
00:27:28 Cette loi fut adoptée
00:27:30 aussi bien concernant
00:27:32 la kippa, la croix
00:27:34 charismatique, la grande croix que
00:27:36 portent les jeunes chrétiens au moment des
00:27:38 journées mondiales de la jeunesse, et le voile.
00:27:40 C'est-à-dire que la
00:27:42 visée de cette loi,
00:27:44 c'est de placer les écoles à l'abri
00:27:46 de tous les prosélytismes.
00:27:48 Pourquoi ? Parce que l'école,
00:27:50 ce n'est pas un lieu de manifestation,
00:27:52 c'est un lieu d'études. C'est un lieu
00:27:54 où le jeune homme a droit
00:27:56 à une deuxième vie. Après sa vie
00:27:58 familiale, il entre à l'école
00:28:00 et il a une deuxième vie.
00:28:02 C'est la découverte de la culture,
00:28:04 de la pensée libre,
00:28:06 de l'esprit critique,
00:28:08 de la capacité de jugement exercée
00:28:10 à travers toutes les disciplines
00:28:12 scolaires. Eh bien, c'est ce
00:28:14 lieu magnifique, l'école
00:28:16 de la République, qu'il convient
00:28:18 de préserver en la soustrayant
00:28:20 aux conflits d'appartenance,
00:28:22 aux conflits qui sont liés
00:28:24 à des convictions religieuses
00:28:26 diverses. Et j'étais
00:28:28 dans la commission Stasi qui a décidé
00:28:30 de proposer au président de la République
00:28:32 à l'époque d'interdire
00:28:34 l'ensemble des
00:28:36 tenues religieuses
00:28:38 par lesquelles se manifesteraient
00:28:40 des appartenances religieuses.
00:28:42 Nous citions dans ce texte
00:28:44 l'Akipa,
00:28:46 la croix charismatique et le voile.
00:28:48 Il est donc absolument faux
00:28:50 et mensonger de dire que
00:28:52 c'était une loi contre le voile. Parce que
00:28:54 si ça avait été ça, jamais
00:28:56 je ne l'aurais soutenue parce qu'elle
00:28:58 aurait été stigmatisante en ne visant
00:29:00 qu'une partie de la population.
00:29:02 Elle visait toutes les
00:29:04 manifestations d'appartenance religieuse.
00:29:06 Il faut en revenir à cela,
00:29:08 c'est très important.
00:29:10 C'est pas l'abaya comme
00:29:12 telle qui est enjeu, c'est toute
00:29:14 conviction religieuse.
00:29:16 Si on avait un jeune garçon qui viendrait avec une
00:29:18 Kipa, on lui demanderait de la retirer
00:29:20 à l'entrée de l'école. Ça ne voudrait pas
00:29:22 dire qu'on est antisémite,
00:29:24 ça voudrait dire qu'on estime
00:29:26 qu'il n'y a pas de place dans l'école de la République.
00:29:28 - Oui, on a envie de réagir.
00:29:30 - Les vraies voix
00:29:32 veulent vous interpeller. Philippe Légère.
00:29:34 - Pardonnez-moi
00:29:36 l'interrogation un peu brutale.
00:29:38 Vous avez écrit un dictionnaire
00:29:40 amoureux de la laïcité. D'abord
00:29:42 amoureux, ça veut dire que la
00:29:44 laïcité peut avoir
00:29:46 une définition
00:29:48 positive, libératrice
00:29:50 et pas seulement donc d'interdiction.
00:29:52 Et deuxième élément,
00:29:54 vous avez évoqué
00:29:56 la Kipa, le voile et la croix.
00:29:58 Est-ce que ça n'est
00:30:00 tout de même pas une forme d'hypocrisie
00:30:02 de mettre sur le même
00:30:04 plan la Kipa
00:30:06 et la croix par rapport
00:30:08 au voile, que je sache
00:30:10 ces deux religions-là ne posent
00:30:12 pas de problème aujourd'hui alors
00:30:14 que l'islamisme en pose ?
00:30:16 - Mais vous savez monsieur,
00:30:18 une loi en République ne doit pas
00:30:20 viser un objet particulier.
00:30:22 Comme disait déjà Jean-Jacques Rousseau
00:30:24 qui est l'inspirateur de la Révolution française,
00:30:26 une loi est faite pour
00:30:28 tout le monde. Et ce n'est
00:30:30 pas du tout de l'hypocriser comme vous
00:30:32 le dire, c'est d'ailleurs pas l'invectif
00:30:34 qui peut servir d'argument.
00:30:36 C'est réellement,
00:30:38 sincèrement,
00:30:40 la volonté de faire une loi générale.
00:30:42 La Kipa,
00:30:44 Ernest Chenière l'avait interdit
00:30:46 dans son collège.
00:30:48 - Je rappelle qu'il était
00:30:50 Ernest Chenière alors.
00:30:52 - Je veux finir s'il vous plaît.
00:30:54 Ernest Chenière, le proviseur
00:30:56 du collège l'avait interdite
00:30:58 parce que
00:31:00 il considérait que l'école
00:31:02 n'était pas un lieu de manifestation.
00:31:04 Après a surgi la question du voile,
00:31:06 il l'a interdite aussi.
00:31:08 C'est dans le sillage de ce
00:31:10 problème qu'a été
00:31:12 décidée la loi de
00:31:14 2004 qui ne vise pas
00:31:16 qu'une religion, j'y insiste,
00:31:18 mais qui est
00:31:20 libératrice. Libératrice par rapport
00:31:22 à la pression familiale,
00:31:24 à la pression des préjugés,
00:31:26 à la pression du machisme
00:31:28 qui voudrait assigner
00:31:30 la femme au statut d'objet
00:31:32 désiré. - A la neutralité.
00:31:34 Si vous permettez, on va faire parler nos
00:31:36 éditorialistes, Michael Sadoun,
00:31:38 sur ce sujet là,
00:31:40 l'importance de
00:31:42 rappeler. - Oui, bonjour M. Pénarruz.
00:31:44 Moi j'écoute ce que vous dites et
00:31:46 je suis tout à fait d'accord avec vous.
00:31:48 J'aime beaucoup cette conception
00:31:50 de l'école émancipatrice, d'une laïcité
00:31:52 qui
00:31:54 protège l'école comme le temple
00:31:56 d'un savoir qui se voudrait universel
00:31:58 et qui protège l'enfant
00:32:00 de ses particularismes,
00:32:02 qui lui permet d'accéder à
00:32:04 d'autres cultures et de construire
00:32:06 ainsi un terreau républicain commun.
00:32:08 Ceci dit, j'aimerais quand même qu'on
00:32:10 puisse s'interroger sur la raison
00:32:12 pour laquelle des jeunes
00:32:14 femmes qui sont nées
00:32:16 et qui ont grandi en France se tournent
00:32:18 vers la religion. Ce que j'essaie de vous
00:32:20 dire c'est que j'ai l'impression que la France
00:32:22 elle-même s'est détournée
00:32:24 d'un certain nombre de valeurs,
00:32:26 de structures sociales, qu'elle s'est débarrassée
00:32:28 de son sacré,
00:32:30 il peut être républicain évidemment ce sacré,
00:32:32 et que du coup des jeunes gens qui aujourd'hui
00:32:34 cherchent une communauté, une autorité,
00:32:36 une transcendance, des structures
00:32:38 sociales un peu solides, sont obligés
00:32:40 de se tourner vers la religion. Donc parfois
00:32:42 je vois la laïcité qui se contente
00:32:44 de censurer et d'interdire, mais je ne
00:32:46 perçois pas la France qui derrière
00:32:48 essaye de proposer un produit de substitution
00:32:50 à cette religion. - Mais Michael, là on ne fait pas un débat
00:32:52 sur la laïcité, on fait un débat sur justement
00:32:54 cette gauche qui se divise, c'est ça qui m'intéresse moi aussi.
00:32:56 Pourquoi effectivement aujourd'hui
00:32:58 cette gauche
00:33:00 se divise sur ce sujet-là ?
00:33:02 - Oui, mais c'est un sujet important.
00:33:04 - Je voudrais répondre à monsieur Sadoun.
00:33:06 Je crois
00:33:08 que nous sommes
00:33:10 en accord tous les deux sur la
00:33:12 dimension émancipatrice de la laïcité,
00:33:14 mais la dimension émancipatrice
00:33:16 de la laïcité c'est aussi sa capacité
00:33:18 de dire voilà, il y a des lieux
00:33:20 où l'on affirme son particularisme.
00:33:22 Par exemple la rue.
00:33:24 Je me souviens avoir polémiqué
00:33:26 vivement avec monsieur
00:33:28 Zemmour quand il demandait
00:33:30 à une femme de retirer son
00:33:32 voile dans la rue, elle faisait des courses à Bobigny.
00:33:34 C'est pas ça la laïcité.
00:33:36 Dans la rue, on a
00:33:38 parfaitement le droit d'arborer
00:33:40 un signe religieux. A l'école
00:33:42 c'est pas pareil. On a des enfants
00:33:44 qui sont déjà
00:33:46 dans un cadre, l'école
00:33:48 est obligatoire, où ils doivent
00:33:50 aller. On a à organiser
00:33:52 la coexistence de
00:33:54 familles de pensée très différentes.
00:33:56 Le choix de la neutralité
00:33:58 est une crise essentielle.
00:34:00 - Je comprends.
00:34:02 - Je comprends.
00:34:04 - On revient sur cette division à gauche.
00:34:06 - Il me semble qu'en réalité il n'y a pas de problème
00:34:08 sur la loi de 2004. J'ai pas vu
00:34:10 qui que ce soit, y compris de la NUPES
00:34:12 qui semblait, même à l'EFI,
00:34:14 opposé à cela. En tout cas il ne me semble pas.
00:34:16 Donc c'est pas ça le sujet.
00:34:18 Le sujet c'est de remettre le couvert
00:34:20 sur un type de vêtements spécifique
00:34:22 et de remettre,
00:34:24 de rouvrir la boîte de Pandore
00:34:26 d'un sujet qui est extrêmement électrique
00:34:28 en France particulièrement en tout cas.
00:34:30 Ce qui me semble parfaitement inutile.
00:34:32 Encore une fois, je vois pas en quoi
00:34:34 ce problème n'aurait pas pu, qui est quand même un problème super technique.
00:34:36 On parle quand même d'un type de vêtements particulier.
00:34:38 - Oui mais... - Non mais attendez quand même.
00:34:40 - Allez, on avance. - Est-ce que vraiment ça nécessitait
00:34:42 de vraiment prendre la parole cette année-là
00:34:44 et d'engager tout le gouvernement ? - Vous l'avez déjà dit tout à l'heure.
00:34:46 - Mais Cécile l'a rappelé tout à l'heure,
00:34:48 en 2002 il y a une augmentation
00:34:50 considérable des atteintes à la laïcité
00:34:52 et la baïa peut être
00:34:54 perçue comme une manière
00:34:56 de nous tester à nouveau.
00:34:58 C'est-à-dire, me semble-t-il,
00:35:00 on a eu le Hurtini,
00:35:02 on a la baïa. C'est une question que je pose.
00:35:04 - Allez, on part au standard. 0826,
00:35:06 300, 300, Corentin est avec nous.
00:35:08 Corentin, quelle est votre vision ?
00:35:10 Est-ce que vous comprenez que finalement ça divise
00:35:12 la gauche ce sujet ?
00:35:14 Alors que tout le monde semble d'accord sur la laïcité.
00:35:16 - Au point de l'amener peut-être à l'implosion.
00:35:18 - Alors, je pense que
00:35:20 la baïa en elle-même ne va pas faire
00:35:22 imposer la gauche.
00:35:24 Mais je pense que si ça continue comme ça
00:35:26 autant de divisions, ça peut
00:35:28 amener à l'imposition
00:35:30 de la gauche, effectivement.
00:35:32 On voit la LFI
00:35:34 et Ecologie Les Verts qui sont
00:35:36 en désaccord avec
00:35:38 le texte de loi,
00:35:40 avec l'interdiction de la baïa.
00:35:42 Et les autres parties,
00:35:44 comme l'EPF, sont pour. Donc je pense que
00:35:46 oui, ça peut, petit à petit,
00:35:48 en force d'avoir des désaccords, ça va finir par
00:35:50 possiblement amener à l'implosion de la gauche.
00:35:52 - Michael Sadoune. Merci Corentin
00:35:54 d'être avec nous. 0826-300-300
00:35:56 si vous voulez commenter.
00:35:58 C'est quoi le problème ?
00:36:00 Puisqu'on voit Jérôme Gage aussi
00:36:02 qui s'émancipe de son côté. On voit que
00:36:04 finalement, sous le monde, il va sa petite phrase.
00:36:06 - Michael de Lafosse, le maire de Montpellier,
00:36:08 s'émancipe aussi. Carole Delga,
00:36:10 on se demande si en plus de la... - Jusqu'à Sophie Binet,
00:36:12 de la CGT. - On se demande si en plus de la NUPES,
00:36:14 c'est pas carrément le PS qui va faire la double
00:36:16 implosion. - Le problème, c'est qu'il y a une
00:36:18 gauche, je dirais, entre guillemets "old school",
00:36:20 qui est attachée, je dirais, à ce qu'on
00:36:22 appelle très largement les principes de la République,
00:36:24 mais globalement à une certaine idée
00:36:26 de l'individu
00:36:28 émancipé de la religion, qui accède
00:36:30 à la science par un savoir universel,
00:36:32 qui construit une communauté de citoyens par une
00:36:34 culture commune, par des valeurs
00:36:36 partagées. Et puis, il y a une autre gauche
00:36:38 qui a cédé peut-être, je n'en sais rien,
00:36:40 peut-être à une américanisation de la société,
00:36:42 peut-être à une immigration de masse qui
00:36:44 constitue son terreau maintenant pour le vote,
00:36:46 et qui du coup a une vision
00:36:48 extrêmement communautariste de la société.
00:36:50 Donc, elle n'a pas envie de froisser les
00:36:52 musulmans en parlant de ce sujet-là
00:36:54 et en le mettant sur la table comme un sujet essentiel.
00:36:56 Ceci dit, je peux comprendre, parce que c'est vrai
00:36:58 qu'à force de ne pas vouloir mettre l'uniforme dans l'école,
00:37:00 on remet ce sujet sur la table tous les deux mois,
00:37:02 ce qui peut être crispant pour les compatriotes
00:37:04 musulmans. Je suis d'accord. - Philippe Bilger, est-ce qu'on voit pas
00:37:06 d'un côté ceux qui ont
00:37:08 des vraies convictions et ceux qui vont
00:37:10 véritablement chercher des électeurs ? - Sûrement, mais j'ai
00:37:12 l'impression que les filles et tous
00:37:14 ceux qui soutiennent
00:37:16 le port de la baïa, d'une
00:37:18 certaine manière, sont mûs par
00:37:20 un dogmatisme au lieu d'être
00:37:22 inspirés par une conception
00:37:24 normale de la
00:37:26 laïcité. - Henri Péniarwis,
00:37:28 vous êtes un homme de gauche, c'est une réalité.
00:37:30 Est-ce que pour vous, la gauche a déjà
00:37:32 dans son histoire été autant divisée
00:37:34 sur la laïcité ? - Je ne le
00:37:36 pense pas. Je suis
00:37:38 un homme tout à fait de gauche,
00:37:40 évidemment. Il fut un temps
00:37:42 où j'étais d'accord avec Jean-Luc Mélenchon,
00:37:44 en 2015, lorsque, après
00:37:46 l'assassinat de l'ensemble de la
00:37:48 rédaction de Charlie,
00:37:50 Jean-Luc Mélenchon
00:37:52 prononça un discours absolument sublime,
00:37:54 bouleversant,
00:37:56 devant le cercueil de Stéphane Charbonnier,
00:37:58 mon avis, mon ami Stéphane
00:38:00 Charbonnier, assassiné.
00:38:02 Eh bien, à l'époque,
00:38:04 Jean-Luc Mélenchon était profondément
00:38:06 laïque. Je ne sais pas pourquoi,
00:38:08 et pour moi, ça a été un vrai malaise
00:38:10 de constater cela.
00:38:12 Il y a eu un virement
00:38:14 total de la France insoumise.
00:38:16 En 2019, quand la France
00:38:18 insoumise décide de défiler
00:38:20 avec le
00:38:22 CCIF, Comité de lutte
00:38:24 contre l'islamophobie, c'est un
00:38:26 revirement total.
00:38:28 Et moi, en tant qu'homme de gauche,
00:38:30 je continue à penser que la
00:38:32 laïcité, non pas comme
00:38:34 théorie
00:38:36 anti-religieuse, elle n'est pas
00:38:38 anti-religieuse. Rappelons que
00:38:40 Victor Hugo, qui était profondément
00:38:42 croyant, qui disait "Je crois en
00:38:44 Dieu, mais je refuse l'oraison de toutes
00:38:46 les églises", Victor Hugo, c'est lui
00:38:48 qui lança la formule
00:38:50 de "l'État chez lui, l'Église
00:38:52 chez elle". "Je veux l'État chez lui
00:38:54 et l'Église chez elle". Voilà ce que disait
00:38:56 Victor Hugo. C'était 50 ans avant
00:38:58 la formule
00:39:00 stricte de la séparation de 1905.
00:39:02 Eh bien, cette séparation, elle est
00:39:04 saine. Elle permet de distinguer
00:39:06 la religion
00:39:08 comme démarche spirituelle,
00:39:10 du
00:39:12 cléricalisme comme volonté de pouvoir.
00:39:14 Et ne disons pas les musulmans
00:39:16 en général, il y a beaucoup
00:39:18 de musulmans qui sont hostiles
00:39:20 à l'islamisme et qui
00:39:22 ne réclament rien à l'école de la République,
00:39:24 qui comprennent pourquoi
00:39:26 la neutralité
00:39:28 est une condition de protection,
00:39:30 y compris pour eux-mêmes.
00:39:32 - Merci, merci.
00:39:34 Henri Peignarouis,
00:39:36 malheureusement, on est déjà très en retard.
00:39:38 Merci mille fois de votre expertise,
00:39:40 philosophe, écrivain, auteur du dictionnaire "Amoureux
00:39:42 de la laïcité" de Marx. Quand même,
00:39:44 Cheplon, vous restez avec nous dans un instant.
00:39:46 Le quiz de l'actu, plus communément appelé
00:39:48 "Qui c'est qui qui l'a dit". A tout de suite.
00:39:50 Les amis, ravis de vous retrouver
00:39:52 pour ce deuxième jour, cette rentrée magnifique
00:39:54 avec notre ami Philippe Bilger.
00:39:56 Ça va mon Philippe ? - De mieux en mieux.
00:39:58 - Il est heureux, il est pas... Il est rajeuni.
00:40:00 - Il se fréte en impotence.
00:40:02 - Autant au bout
00:40:04 de nous deux, on prend des coups, mais lui,
00:40:06 je sais pas, il se trompe. - Non, pas trop.
00:40:08 - Vous prenez de l'expérience, ma chère fille.
00:40:10 - C'est beau, c'est joliment dit.
00:40:12 Michael Zadoun est avec nous, consultant
00:40:14 et spécialiste des entreprises
00:40:16 aussi, de politique, de plein de choses.
00:40:18 - Je suis "toutologue", comme dirait
00:40:20 Alain Bauer.
00:40:22 - Excellent. - Et lui, il est
00:40:24 tout au livre, c'est Tom Connade qui est avec nous.
00:40:26 Auteur, essayiste.
00:40:28 Vous essayez quoi ? - Bah moi, j'essaye pas
00:40:30 beaucoup, surtout les romans en réalité.
00:40:32 J'aime bien faire des petits essais, mais j'ai pas trop le temps.
00:40:34 - Bah il faut vous y mettre. Allez tout de suite,
00:40:36 le "Qui c'est qui qui l'a dit ?"
00:40:38 - Les vraies voix Sud Radio, le quiz
00:40:40 de l'actu. - Allez Philippe.
00:40:42 - Le "Qui c'est qui qui l'a dit ?" Allez.
00:40:44 Vous avez donc notre ami Corentin qui répond
00:40:46 en premier, et après, s'il a pas de réponse,
00:40:48 c'est la foire d'empoigne.
00:40:50 "Qui c'est qui qui l'a dit ?" Les dates des
00:40:52 JO, je peux pas vous les donner tout de suite comme ça.
00:40:54 - C'est quelqu'un
00:40:56 qui devrait le savoir.
00:40:58 - Normalement.
00:41:00 - Euh, c'est à moi de jouer ?
00:41:02 - Bah oui oui. - Ah oui, excusez-moi.
00:41:04 Les dates des JO, qui c'est que ça ?
00:41:06 - Je peux pas vous les donner tout de suite comme ça.
00:41:08 - Euh...
00:41:10 - Anitalco ? - Presque.
00:41:12 - Caftera ? - Non.
00:41:14 - Un maire adjoint. - C'est un maire adjoint.
00:41:16 - Grégoire, il y a du Grégoire.
00:41:18 - Non. - Non, euh...
00:41:20 - Ah oui, oui, oui.
00:41:22 - Ça rime avec Grégoire.
00:41:24 - Oui, oui, oui. Et ça rime avec...
00:41:26 - Euh... - Héloire.
00:41:28 - Emmanuel Grégoire ?
00:41:30 - Non. - Emmanuel Grégoire ?
00:41:32 - Non, pas du tout. - David Béliard.
00:41:34 - David Béliard.
00:41:36 - David Béliard, donc le maire adjoint
00:41:38 de l'écologie des verts de Paris,
00:41:40 nous dit qu'il ne peut pas donner les dates
00:41:42 des JO. - Le point est pour moi, du coup ?
00:41:44 - Non, le point est pour personne. - Le point est pour personne,
00:41:46 escroc. Ça va bien, oui.
00:41:48 "Qui c'est qui qui l'a dit ?" L'arrivée des
00:41:50 mineurs clandestins dans les Alpes maritimes
00:41:52 constitue une forme de
00:41:54 submersion. C'est à vous,
00:41:56 Corentin, de répondre.
00:41:58 - Euh... Éric Ciotty ? - Bonne réponse !
00:42:00 - Bravo ! - Excellente réponse.
00:42:02 - Bravo ! - Troisième question.
00:42:04 "Qui c'est qui qui l'a dit au sujet de
00:42:06 l'interdiction de la baïa à l'école ? C'est une décision
00:42:08 ignoble, antilaïque, sexiste
00:42:10 et raciste."
00:42:12 - C'est une femme qui va fort, généralement.
00:42:14 - Oui. - Fabienne Rousseau ? - Non.
00:42:16 - Clémentine Autain ? - Non.
00:42:18 - Pas loin. - Thore de Lié ? - Non.
00:42:20 - Pas loin d'Autain.
00:42:22 - Mathilde Pannot ? - Non.
00:42:24 - Gaëté ? - Non.
00:42:26 - Quelqu'un de très virulent,
00:42:28 la France insoumise.
00:42:30 - C'est un conseiller.
00:42:32 - C'est vrai.
00:42:34 - Daniel Bonneau.
00:42:36 - Oh, Bonneau !
00:42:38 "Qui c'est qui qui l'a dit ?"
00:42:40 À l'extrême-gauche, on souffle
00:42:42 sur les braises en disant qu'aujourd'hui, tout est possible.
00:42:44 Ces gens veulent foutre en l'air
00:42:46 la République.
00:42:48 - Et voilà.
00:42:50 - À l'extrême-gauche ?
00:42:52 - À l'extrême-gauche, on souffle sur les braises en disant
00:42:54 qu'aujourd'hui, tout est possible. Ces gens veulent faire
00:42:56 foutre en l'air la République.
00:42:58 - J'en ai aucune idée.
00:43:00 - Il est ministre. - Il est ministre.
00:43:02 - Darmanin ? - Non. - Non.
00:43:04 - Akkal ? - Non.
00:43:06 - Véran ? - Non.
00:43:08 - Avocat de son État. - Ah bah, Dupont !
00:43:10 - Bravo !
00:43:12 - Eric Dupont-Moretti.
00:43:14 - La vraie réponse était "Dupont-Moretti,
00:43:16 tu ne m'as dit que le nom."
00:43:18 - Tu n'auras donc que la moitié des points.
00:43:20 - Une autre question.
00:43:22 Qui c'est qui qui l'a dit ?
00:43:24 Le préférendum, c'est un concept qui nous
00:43:26 permettrait de tester plusieurs sujets
00:43:28 à la fois au cours d'un même vote.
00:43:30 - Ah oui, j'étais avec Jean-Jacques ce matin.
00:43:32 - Non, c'est pas lui qui a dit ça.
00:43:34 - Il est ministre.
00:43:36 - Vous l'avez répondu ?
00:43:38 - Non, il n'a pas répondu.
00:43:40 - Corentin, allez !
00:43:42 - Il est ministre.
00:43:44 - Olivier Véran.
00:43:46 - Très fort.
00:43:48 - Qui c'est qui qui l'a dit ?
00:43:50 Gérald Darmanin peut être ministre
00:43:52 et préparer sa candidature pour 2027.
00:43:54 Ce sont deux choses différentes.
00:43:56 - Corentin, je suis sûr que vous l'aviez vu,
00:43:58 votre réponse précédente.
00:44:00 - On a la même.
00:44:02 - C'était ce matin, sur Sud Radio.
00:44:04 - C'était ce matin sur Sud Radio, oui.
00:44:06 - Ah, j'ai un trou de mémoire.
00:44:08 - Renaud, on peut le dire ?
00:44:10 - Muselier.
00:44:12 - Les questions étaient excellentes.
00:44:14 - Fin à tard.
00:44:16 - J'ai écouté un parti de Jean-Jacques.
00:44:18 - Non, c'est à vous, Philippe.
00:44:20 - Ah, c'est à moi. Qui c'est qui qui l'a tweeté ?
00:44:22 L'année dernière, c'était l'interdiction
00:44:24 du crop-top qui était annoncé le 12 septembre
00:44:26 2022. Cette année, c'est l'ABAIA,
00:44:28 le contrôle social sur le corps des femmes
00:44:30 et des jeunes filles. Toujours.
00:44:32 - Déjà culte.
00:44:34 - Bonne réponse de Corentin.
00:44:36 - Mais c'est Corentin qui a gagné ?
00:44:38 - Non, il y a trois, deux... Mais Philippe Bilger,
00:44:40 je lui ai donné, donc ça fait deux-deux.
00:44:42 - Deux-deux. Bravo, Corentin.
00:44:44 - Merci.
00:44:46 - Allez, vous restez avec nous
00:44:48 dans quelques instants. La suite
00:44:50 de notre émission, le top click
00:44:52 de Félix Mathieu, puis on fera le tour de table
00:44:54 de l'actu avec nos invités, avec nos
00:44:56 éditorialistes. Philippe, on parle de quoi ?
00:44:58 - On parle de l'annonce
00:45:00 qui substitue à l'action.
00:45:02 - Et quelle ça donne ? - On parle des élections européennes
00:45:04 qui seront déterminantes pour l'avenir de ce pays.
00:45:06 - Et le bazar à Hollywood avec les acteurs
00:45:08 qui ne veulent plus travailler. - Et bien voilà, restez avec nous,
00:45:10 on revient dans un instant. 0800 26 300 300,
00:45:12 c'est notre numéro. Bienvenue, c'est les Vraies Voix
00:45:14 de Sud Radio, avec jusqu'à 19h.
00:45:16 - Les Vraies Voix
00:45:18 Sud Radio, 17h20,
00:45:20 Philippe David, Cécile de Ménibus.
00:45:22 - Des Vraies Voix
00:45:24 jusqu'à 19h, mais aussi de vraies personnalités
00:45:26 avec Philippe Bilger
00:45:28 ce soir qui est avec nous. Philippe,
00:45:30 très beau, très saillant.
00:45:32 J'allais dire saillant, il n'est pas du tout saillant.
00:45:34 - Disons que
00:45:36 je rêverais de faire une saillie.
00:45:38 - Verbalement,
00:45:40 il fait "Pardon, je suis trop chiant".
00:45:42 - J'ouvre mon agenda, si vous permettez,
00:45:44 Philippe, ça ne vous embête pas.
00:45:46 Enfin, ça va venir, non, vous pouvez prendre des photos,
00:45:48 vous allez apprendre des trucs.
00:45:50 - On n'arrête pas les double sens.
00:45:52 - Mickaël Sadoun est avec nous,
00:45:54 consultant, et puis aussi
00:45:56 Tom Connan qui est avec nous, auteur.
00:45:58 - Voilà, qui regarde tout ça d'un air un peu
00:46:00 ébahi. - Et jaloux,
00:46:02 vous pouvez dire jaloux. - Bien sûr.
00:46:04 - C'est un talent, tu vois.
00:46:06 Et tout de suite, le top click.
00:46:08 - Les vraies voix sud radio,
00:46:12 c'est le top click. - Avec Félix
00:46:14 Mathieu et en football un nouvel
00:46:16 entraîneur des Bleuets vient de
00:46:18 prendre la parole un certain Thierry Henry.
00:46:20 - Oui, ça vous dit quelque chose,
00:46:22 le champion de 98 qui va épauler les jeunes
00:46:24 espoirs du foot tricolore, c'est l'une des
00:46:26 surprises de la fin de l'été.
00:46:28 Au-delà de cette conférence de presse dont
00:46:30 vous parlait Mathieu Bellissario, à l'instant Thierry Henry
00:46:32 n'a pas parlé que de Kylian Mbappé,
00:46:34 il a aussi expliqué ce qui l'avait
00:46:36 convaincu, pourquoi il avait accepté de franchir
00:46:38 le pas, de se lancer dans cette nouvelle aventure.
00:46:40 - Pouvoir
00:46:42 chanter, rechanter la
00:46:44 Marseillaise avec fierté, pour moi
00:46:46 c'est quand même important, je le faisais à la maison
00:46:48 vous le voyez pas, heureux
00:46:50 de revenir et
00:46:52 porter le coq, ça sera pas un maillot
00:46:54 cette fois, ça sera un survêt. L'équipe de France
00:46:56 ça se refuse pas, tout simplement.
00:46:58 Quel que soit
00:47:00 le niveau.
00:47:02 - Thierry Henry, 46 ans, qui était
00:47:04 consultant pour Amazon Prime, diffuseur
00:47:06 de la Ligue 1 en France, ça lui
00:47:08 ne déplaisait pas, certes, mais bon, le terrain
00:47:10 lui manquait. - J'étais pas vraiment épanoui.
00:47:12 J'avais besoin de retourner,
00:47:14 de coacher,
00:47:16 donc j'ai attendu patiemment. - En tout cas,
00:47:18 le président de la Fédération Française de Foot
00:47:20 Philippe Diallo a fixé comme objectif au bleuet
00:47:22 de monter sur le podium
00:47:24 pour les JO de 2024 pour l'année prochaine.
00:47:26 Et attention les petits jeunes, en marge de cette
00:47:28 conférence de presse, Thierry Henry a aussi averti
00:47:30 qu'il ne rigolerait pas, notamment sur
00:47:32 la ponctualité. Comme nous le rapporte
00:47:34 le journal l'Équipe, je cite
00:47:36 "Je n'ai pas grandi avec les réseaux sociaux,
00:47:38 si j'arrivais en retard, je ne jouais pas.
00:47:40 Maintenant, il faut leur expliquer pourquoi."
00:47:42 Alors voilà, les bleuets sont avertis, hein.
00:47:44 Tu lâches ce smartphone et tu me fais deux tours de terrain.
00:47:46 - Philippe Billiger, une réaction ?
00:47:48 - C'est typique de la France,
00:47:50 je vais dire quelque chose qui ne plaira pas,
00:47:52 mais la célébrité
00:47:54 remplace la compétence.
00:47:56 On sait que Thierry Henry n'a jamais
00:47:58 été un bon entraîneur, il n'a pas eu
00:48:00 de grands résultats, et pourtant
00:48:02 on l'a choisi alors qu'il avait des rivaux
00:48:04 qui me semblaient très valables.
00:48:06 - Mais sur la ponctualité, est-ce qu'il n'a pas
00:48:08 raison ? - Il a raison sur la ponctualité.
00:48:10 - Je me souviens d'un très grand entraîneur et d'un très
00:48:12 grand joueur, qui était donc devenu entraîneur,
00:48:14 Trapattoni, il y a 25 ans il entraînait
00:48:16 le Bayern Munich, et il avait réglé
00:48:18 ses comptes avec la presse allemande, en disant
00:48:20 "Vous, vous la ramenez,
00:48:22 mais moi, les joueurs, j'en vois qui arrivent en retard,
00:48:24 j'ai entraîné Michel Platini, qui était
00:48:26 meilleur joueur du monde à la Juventus, il était
00:48:28 tous les jours, à l'heure, et même en avance
00:48:30 à l'entraînement. Est-ce qu'en 25 ans,
00:48:32 ça n'a pas changé ? Parce que quand on regarde
00:48:34 le salaire que gagnait Platini à la Juve,
00:48:36 aujourd'hui c'est pratiquement un semi-quart par rapport
00:48:38 au star du foot. - Ah oui, il y a certainement plus
00:48:40 d'argent et moins de politesse, mais je ne suis pas tellement d'accord
00:48:42 avec ce qu'a dit Philippe Milger, moi je trouve qu'en plus
00:48:44 d'être un grand joueur, Thierry Henry, alors en effet,
00:48:46 ce n'est pas particulièrement illustré par ses qualités
00:48:48 d'entraîneur, mais c'est une forte personnalité,
00:48:50 les enjeux sont un peu différents, puisqu'on parle
00:48:52 des Jeux Olympiques, c'est autre chose que d'entraîner
00:48:54 dans un club, je pense qu'il sera
00:48:56 capable de faire de bonnes choses, surtout s'il est en tandem
00:48:58 avec Zidane Deschamps, qui a déjà prouvé sa compétence
00:49:00 sur le sujet. - Et surtout, en fait, dans tous les domaines,
00:49:02 c'est le cas, dans tous les domaines, que ça soit,
00:49:04 je ne sais pas, le journalisme, l'entrepreneuriat,
00:49:06 la musique, ce que vous voulez, la notoriété
00:49:08 effectivement amène, généralement,
00:49:10 non pas la compétence en effet, mais souvent
00:49:12 le projet, l'argent, l'équipe,
00:49:14 etc., c'est peut-être triste, mais c'est assez
00:49:16 général, c'est pas du tout spécifique au foot, il me semble.
00:49:18 - Ben regardez-nous, Philippe David et nous.
00:49:20 - Voilà, je ne sais pas,
00:49:22 je ne commenterai pas.
00:49:24 Non mais, par exemple, prenez Pharell Williams
00:49:26 chez Vitton, il y a eu la même attaque.
00:49:28 Il n'était pas designer, il dirige maintenant Vitton
00:49:30 Homme, c'est quand même pareil. - Il y a une chose,
00:49:32 Mickaël est un intellectuel
00:49:34 comme notre ami...
00:49:36 - Tant de fois, vous faites trop d'honneur.
00:49:38 - Moi, il oublie que je regarde
00:49:40 les dimanches quand je suis libre, au moins
00:49:42 3-4 matchs sur
00:49:44 Prime Vidéo et que le commentateur
00:49:46 Thierry Henry, avec sa
00:49:48 condescendance fatiguée,
00:49:50 n'est plus là.
00:49:52 - Ça, c'est fait.
00:49:54 Autre sujet,
00:49:56 le groupe Liott est furieux de ne pas avoir été
00:49:58 invité à l'initiative trans-partisane d'Emmanuel
00:50:00 Macron. - Ben oui, les autres parties d'opposition
00:50:02 ont été conviées à l'Elysée pour parler, vous le savez,
00:50:04 d'hypothétiques projets rassembleurs
00:50:06 au-delà des clivages, mais pas Liott,
00:50:08 liberté indépendante, outre-mer et territoire, ce groupe
00:50:10 éclectique de l'Assemblée, qu'on qualifie parfois
00:50:12 de centriste, et qui s'était illustré en
00:50:14 rassemblant les oppositions dans le vote de sa motion
00:50:16 de censure au moment de la réforme des retraites.
00:50:18 Alors que cette réunion doit évoquer des textes
00:50:20 législatifs bâtis ensemble au Parlement
00:50:22 ou par voie référendaire, le fait de ne pas
00:50:24 convier les groupes parlementaires est un mauvais
00:50:26 signal. Il affaiblit une fois encore
00:50:28 le rôle du Parlement. Il va à l'encontre
00:50:30 des objectifs fixés par le président lui-même
00:50:32 de dépassement des clivages et des blocages.
00:50:34 Ça, c'est ce qu'a écrit ce groupe Liott dans un
00:50:36 communiqué. Il ajoute "Nous regrettons
00:50:38 cet ostracisme
00:50:40 qui apparaît comme une mesure de rétorsion
00:50:42 après l'épisode des retraites". - Oui, et je dois dire
00:50:44 que je suis totalement d'accord avec les gens
00:50:46 du groupe Liott qui sont furieux de ne pas être
00:50:48 invités aux rencontres de Saint-Denis.
00:50:50 Alors, le groupe Liott, c'est un groupe
00:50:52 de 21 membres, venus de tous horizons
00:50:54 et même lointains horizons, puisque
00:50:56 Liott signifie liberté, indépendance,
00:50:58 outre-mer et territoire, des élus
00:51:00 comme les autres, mais qui n'auront pas leur rond
00:51:02 de serviette pour développer leurs
00:51:04 idées au chef de l'État. Alors moi, je comprends
00:51:06 leur irritation, un des proches de Bertrand Pancher,
00:51:08 qui est le président du groupe Liott,
00:51:10 a déclaré que le président
00:51:12 de la République, je cite "c'est amusant", les prend
00:51:14 pour des "ploucs". Alors, après l'arc
00:51:16 républicain, dont je ne sais pas ce que ça veut dire
00:51:18 parce que, à ce que je sache, personne en France
00:51:20 ne veut rétablir la monarchie ou l'empire,
00:51:22 on a déplacé le cordon sanitaire
00:51:24 vers les "ploucs" pour reprendre la formule.
00:51:26 Alors, total soutien au groupe Liott.
00:51:28 - Oui, Philippe Béjeure.
00:51:30 - C'est vrai, le paradoxe, c'est qu'on
00:51:32 réintroduit le rassemblement
00:51:34 national et les filles,
00:51:36 mais on laisse Liott dehors.
00:51:38 - Petit tour de tabraque. - Oui, mais c'est sûr que
00:51:40 l'exécutif ne cesse de clamer sa volonté
00:51:42 d'unir les Français, mais ils passent leur temps à
00:51:44 stigmatiser d'autres parties, donc ça devient un peu fatigant.
00:51:46 - Oui. - Honnêtement, je ne connaissais pas
00:51:48 l'existence de ce groupe, je suis désolé, mais c'est
00:51:50 à cause de moi, je ne me renseigne pas assez.
00:51:52 Le nom est joli, ceci dit. - Oui.
00:51:54 - Ça me faisait penser à un type de poisson.
00:51:56 Mais non, non, je ferais que je me renseigne davantage.
00:51:58 - C'est peut-être pas de la méchanceté,
00:52:00 c'est peut-être de l'oubli.
00:52:02 - C'est sans doute de l'oubli, oui.
00:52:04 - C'est pire. - Peut-être qu'Emmanuel Macron non plus ne reconnaît pas.
00:52:06 - Allez, puisque vous avez la parole, on parle de quoi
00:52:08 dans un instant avec vous,
00:52:10 Michael Sadoun, sur le tour de table de l'actu ?
00:52:12 - On parle du fait qu'il ne faut absolument pas
00:52:14 rater les élections européennes. - Oui, vous avez raison,
00:52:16 Tom Connan. - On parle de Hollywood et des acteurs
00:52:18 qui n'ont plus de blé. - Ah oui, c'est ça,
00:52:20 Philippe Bilger. - Et les annonces remplacent la cliente.
00:52:22 - Et bien voilà, vous êtes servi dans quelques
00:52:24 instants, 0826-303,
00:52:26 vous avez le droit de commenter, bien entendu. On vous attend au standard
00:52:28 jusqu'à 19h. - Yes.
00:52:30 - Vous nous avez manqué depuis
00:52:32 le mois de juillet, on vous retrouve, on est ravis,
00:52:34 avec Philippe David
00:52:36 jusqu'à 19h tous les soirs.
00:52:38 Entre 19h et 20h,
00:52:40 ce soir, on parlera à Emploi, on fera une
00:52:42 petite rétrospective de ce qui s'est passé cet été,
00:52:44 le tourisme, du côté des hôtels,
00:52:46 du côté des grands parcs,
00:52:48 par exemple, et on en parlera
00:52:50 avec notre expert, Jérôme Lavernis.
00:52:52 Ce sera l'occasion pour vous de nous
00:52:54 raconter vos vacances et de nous dire si oui ou non
00:52:56 vous avez passé de jolies vacances.
00:52:58 En attendant, tout de suite, c'est le tour de table
00:53:00 de l'actu.
00:53:02 - C'est pas vrai con comme tête, demande ton avis.
00:53:04 - Quand on veut conjurer le diable, on l'invite à sa table.
00:53:06 - Moi je veux du féroce actualité. - C'est l'instant
00:53:08 de cette table avec vous. - Pardon ?
00:53:10 - Ah non, c'est intelligent. - C'est à mon tour maintenant.
00:53:12 - Le tour de table. - De l'actualité.
00:53:14 - C'est intelligent, oui, ils sont intelligents.
00:53:16 Philippe Bilger, Tom Connam,
00:53:18 Mickaël Sadoun, Philippe Bilger,
00:53:20 Emmanuel Macron a annoncé une forte initiative
00:53:22 politique durant les vacances,
00:53:24 peu importe qu'elle accouche d'une souris.
00:53:26 - Absolument, j'ai pu m'agacer
00:53:28 parfois lorsque le gouvernement
00:53:30 en quelques circonstances
00:53:32 a pu faire quelque chose de bien.
00:53:34 Souvent les contradicteurs
00:53:36 disaient "oui mais c'est de la com".
00:53:38 Et au fond,
00:53:40 ça réduisait à rien des projets
00:53:42 sincères. Mais là on est obligés
00:53:44 de dire, de mon point de vue,
00:53:46 que Emmanuel Macron, depuis quelques
00:53:48 mois, nous a annoncé cette grande
00:53:50 rentrée politique, ce coup
00:53:52 extraordinaire, qui probablement
00:53:54 va se résumer à une rencontre
00:53:56 avec des partis qui
00:53:58 viendront, mais qui ne céderont pas
00:54:00 aux injonctions ou à l'influence
00:54:02 présidentielle, et par conséquence
00:54:04 qui va compter, c'est uniquement
00:54:06 l'annonce de l'événement.
00:54:08 Et il y a d'autres exemples
00:54:10 qui montrent qu'Emmanuel Macron
00:54:12 et des ministres sont très doués
00:54:14 pour l'annonce. L'annonce devient
00:54:16 un événement, devient un fait,
00:54:18 et le fait inutile.
00:54:20 - La montagne va accoucher
00:54:22 d'une souris, Michael Sadoun, à votre avis ?
00:54:24 - Ah oui, oui, non mais je suis tout à fait
00:54:26 d'accord avec ce qui a été dit par
00:54:28 Philippe Bilger, vous savez, moi je suis passé un petit
00:54:30 peu en cabinet ministériel, j'ai fait un petit peu
00:54:32 d'Assemblée Nationale, j'ai fait pas mal de communications
00:54:34 aussi auprès des entreprises et
00:54:36 de personnages publics aussi.
00:54:38 On ne se rend pas compte de l'importance
00:54:40 de la communication. A chaque fois qu'un homme politique
00:54:42 va faire un discours devant une fédération,
00:54:44 devant un public, la question
00:54:46 c'est "quelles sont les annonces à faire ?"
00:54:48 Il faut absolument avoir des annonces.
00:54:50 Après, la mise en oeuvre par l'administration n'est pas
00:54:52 l'essentiel, c'est un peu dommage parce qu'on est dans un pays où
00:54:54 on considère que l'intendance suivra, mais
00:54:56 l'effet d'annonce prend une part importante.
00:54:58 Alors après, il ne faut pas accabler le politique
00:55:00 parce qu'il ne fait que suivre une demande du public
00:55:02 qui est de plus en plus avide
00:55:04 de communication.
00:55:06 - C'est ça, je pense que c'est l'élément
00:55:08 le plus important, il y a vraiment une captation
00:55:10 du temps de cerveau disponible et en fait il y a une lutte
00:55:12 permanente en effet, à la fois
00:55:14 des médias, des politiques, des réseaux
00:55:16 de façon à pouvoir capter l'intérêt.
00:55:18 Et quel que soit l'objectif derrière, que vous soyez
00:55:20 un vendeur de casseroles, une plateforme
00:55:22 de streaming, un média ou un homme politique,
00:55:24 c'est en fait exactement
00:55:26 le même combat d'une certaine façon
00:55:28 puisque c'est les mêmes plateformes qui sont utilisées.
00:55:30 Et vraiment, on est tous plusieurs heures par jour
00:55:32 sur nos écrans, pour capter notre attention
00:55:34 il faut des mots très forts, des annonces, etc.
00:55:36 Et en effet, je ne leur jette pas la pierre
00:55:38 parce que je pense que n'importe quel président aujourd'hui,
00:55:40 n'importe quel gouvernement serait obligé de faire pareil.
00:55:42 - Oui, mais ce qui veut dire que derrière,
00:55:44 c'est la déception, donc à force d'avoir des grands gens
00:55:46 et rien derrière, à un moment donné,
00:55:48 ça ne fonctionnera plus, Philippe.
00:55:50 - Oui, mais absolument, Cécile,
00:55:52 et de la même manière que je pense que
00:55:54 la loi, chez nous, est
00:55:56 une surabondance et veut passer
00:55:58 pour une action. On pourrait trouver
00:56:00 mille exemples de l'inaction
00:56:02 profonde d'un gouvernement.
00:56:04 Et comme le dit Tom, c'est vrai à droite comme à gauche.
00:56:06 - Et il y a aussi peut-être un point, c'est que
00:56:08 parfois l'inaction, c'est très bien.
00:56:10 On oublie toujours cette chose, parce qu'en France,
00:56:12 on n'a absolument aucune culture libérale
00:56:14 ou libertaire, ou tout ce qui dérive d'ailleurs de la liberté
00:56:16 de près ou de loin, sauf
00:56:18 dans les grands penseurs, bien entendu, mais pas dans la pratique politique,
00:56:20 pas dans la pratique du pouvoir.
00:56:22 Et c'est un gros souci. Il y a plein de domaines
00:56:24 dans lesquels, effectivement, le gouvernement,
00:56:26 en ne faisant rien, agit mieux qu'en agissant.
00:56:28 - Et il y a des ministres dont
00:56:30 on espère l'inaction.
00:56:32 - C'est possible.
00:56:34 - On prend la direction de la Californie avec,
00:56:36 comme Tom, les acteurs de Hollywood contraints à vendre des vidéos
00:56:38 pour arrondir leur fin de mois.
00:56:40 - Effectivement, c'est un vrai problème. Il y a une grève depuis plus
00:56:42 de 100 jours. C'est vraiment un gros
00:56:44 souci. Tous les studios sont
00:56:46 concernés, notamment Disney, les plateformes
00:56:48 de streaming, etc. Parce qu'en fait,
00:56:50 qu'est-ce qui se passe ? Depuis plusieurs années,
00:56:52 la domination désormais de très
00:56:54 grandes plateformes ont modifié
00:56:56 les modes de rémunération. Il y a
00:56:58 les scénaristes et les acteurs,
00:57:00 pas forcément les très grands stars, mais les acteurs qui jouent
00:57:02 au quotidien, qui sont figurants, qui sont second rôle, etc.
00:57:04 Mais donc, c'est la profession,
00:57:06 qui sont de moins en moins rémunérés. En fait, avant,
00:57:08 ça dépendait essentiellement, notamment, des diffusions
00:57:10 télé. En fonction de la publicité
00:57:12 qui était récoltée par les chaînes, c'était reversé
00:57:14 à ces personnes-là. Maintenant, avec le streaming,
00:57:16 ça devient très compliqué. C'est un forfait.
00:57:18 Et donc, ça devient, pour certains,
00:57:20 très dur d'en vivre. Et en fait,
00:57:22 ce qu'explique le syndicat majoritaire des acteurs
00:57:24 qui s'appelle SAG-AFTRA
00:57:26 à Hollywood, qui est extrêmement puissant, qui représente
00:57:28 quand même 160 000 acteurs
00:57:30 aujourd'hui, donc, ils bloquent
00:57:32 totalement les tournages, l'avancée des projets
00:57:34 parce qu'il y a un énorme problème
00:57:36 de répartition de la richesse, on pourrait dire,
00:57:38 alors que dans le même temps, il y a beaucoup d'argent, évidemment,
00:57:40 qui est récolté à travers les films
00:57:42 et les abonnements aux plateformes.
00:57:44 - Ils ont un pouvoir considérable. J'avais été frappé
00:57:46 par les scénaristes qui, contrairement
00:57:48 à ce qu'on croit, sont mal payés aux Etats-Unis,
00:57:50 alors qu'ils sont très bons.
00:57:52 Chez nous, ils sont très bons.
00:57:54 Vous voyez la fin de ma parole.
00:57:56 (rires)
00:57:58 - Ah !
00:58:00 - Michael Sadoun.
00:58:02 - Oui, il y a
00:58:04 beaucoup de corps de métier qui ont déjà été remplacés
00:58:06 par cet air numérique.
00:58:08 - Mais il faut réfléchir à l'après, non ?
00:58:10 - Oui, dois-je vous avouer que quand ça touche
00:58:12 plutôt les CSP+, ou les
00:58:14 professions artistiques, etc.,
00:58:16 je le regarde
00:58:18 avec un peu d'ironie, parce que c'est des gens
00:58:20 qui n'ont pas beaucoup considéré ça au moment où
00:58:22 le numérique ou la mécanisation ont remplacé les ouvriers
00:58:24 ou les artisans. - Eh bien, vous faites bien de la ramener,
00:58:26 puisque c'est à votre tour. - Il faut qu'elle
00:58:28 rappele que, encore une fois, chez ces personnes-là,
00:58:30 il y a énormément de gens qui sont des classes
00:58:32 moyennes, qui sont même des classes populaires,
00:58:34 qui gagnent moins de 15 000 ou 10 000 dollars par an.
00:58:36 Donc, c'est absolument pas uniquement des CSP+,
00:58:38 très loin de là. - Vous qui connaissez
00:58:40 bien le cinéma, Tom Collin, est-ce que, quelque part,
00:58:42 on n'est pas en train de vivre avec l'IA, une révolution
00:58:44 comme il y a un siècle, comme le cinéma
00:58:46 parlant a remplacé le cinéma
00:58:48 muet, et où tous les acteurs
00:58:50 qui avaient des voix très laides ont perdu
00:58:52 leur job ? - Oui, et en fait, ce qui se passe
00:58:54 effectivement maintenant, c'est que de plus en plus, les contrats
00:58:56 vont prévoir que les acteurs soient payés
00:58:58 forfaits. Donc, par exemple, vous êtes, à un moment donné, filmé
00:59:00 avec un fond vert, et après, Ad vitam
00:59:02 aeternam, on pourra utiliser ce qu'on
00:59:04 avait filmé fut un temps, 10 ou 15 ans
00:59:06 plus tard, avec vraiment des petites redevances
00:59:08 dans d'autres projets. - Même la voir, vous la voir ?
00:59:10 - Exactement, donc ça, en fait, ça peut vraiment faire fondre totalement
00:59:12 la rémunération de ces gens. Et encore une fois, tout le monde n'est pas
00:59:14 Tom Hanks, Marion Cotillard ou
00:59:16 qui vous voulez. Et donc, derrière, il y a des gros
00:59:18 enjeux d'inégalité salariale, d'inégalité
00:59:20 de salaire. - Vous imaginez qu'on pourra faire
00:59:22 une émission de radio sans nous, Philippe ?
00:59:24 - Non, non, non, non.
00:59:26 - On prendra nos voix. - Aucune personne n'aura
00:59:28 la créativité pour les blagues de Philippe David.
00:59:30 Ça, je n'y crois pas. - Tout pourra être remplacé.
00:59:32 - Non, je vois que
00:59:34 Cécile fait l'amour, donc j'en ferai pas.
00:59:36 - On a bien vu aussi ce que c'était dans les médias, la numérisation,
00:59:38 Twitter, les grandes plateformes,
00:59:40 ont fait que la profession de journaliste
00:59:42 s'est paupérisée, ça risque
00:59:44 de se poursuivre à l'avenir. Je pense que
00:59:46 les gens vont devoir retrouver le sens
00:59:48 de payer, je pense, pour avoir
00:59:50 une information, payer pour avoir des
00:59:52 contenus créatifs, parce que sinon, les hommes
00:59:54 vont déserter cette profession. - Et le problème, c'est toujours
00:59:56 le même phénomène, et là, ça dépasse largement
00:59:58 les acteurs au Hollywood, en effet, c'est la captation
01:00:00 des richesses, des rémunérations, par
01:00:02 les grandes plateformes, on pourrait dire par le grand capital,
01:00:04 même si c'est un terme un peu générique, mais par
01:00:06 les très grandes plateformes, les GAFA, on pourrait dire aujourd'hui,
01:00:08 au détriment des travailleurs, des créateurs,
01:00:10 quels que soient leurs contrats, qu'ils soient freelance,
01:00:12 auteurs, compositeurs, etc. - Philippe Bilger,
01:00:14 ça vous dérange, ces grandes plateformes,
01:00:16 qui, finalement, sont "up"
01:00:18 un peu tout, là ? - Moi, ne me
01:00:20 dérange rien, Cécile,
01:00:22 je suis si c'est très bon, ce qu'elles proposent.
01:00:24 Et donc, je suis,
01:00:26 par exemple,
01:00:28 Netflix, je trouve ça fabuleux.
01:00:30 - Même si, derrière, l'industrie
01:00:32 n'est pas toujours très bienveillante.
01:00:34 - J'ai l'indignation
01:00:36 plus économe que chez
01:00:38 Tom. - Là, ce qui se passe actuellement, dans
01:00:40 mes acteurs au Hollywood, si j'ose dire, je me les
01:00:42 approprie, en fait, maintenant, on utilise des plateformes
01:00:44 comme Cameo, pour pouvoir vendre
01:00:46 des vidéos un peu à la con, vous m'excuserez l'expression,
01:00:48 d'anniversaires, de choses comme ça,
01:00:50 qui sont prises à 15 dollars,
01:00:52 notamment un des acteurs de la série "Walking Dead",
01:00:54 donc c'est quand même assez impressionnant, parce qu'effectivement,
01:00:56 ils n'ont pas assez d'argent, puis derrière eux, ils ont
01:00:58 leurs impôts, leurs factures à payer,
01:01:00 etc. - C'est ce que je fais avec
01:01:02 les chemises de Philippe Zanuck.
01:01:04 - C'est impressionnant, comme phénomène !
01:01:06 - Je les vends sur place, je les vends comme ça,
01:01:08 vous restez avec nous dans un instant. - Et plus il y a de tueurs, plus elles
01:01:10 se vendent cher, exactement.
01:01:12 - Le tour de l'actu de notre
01:01:14 ami Mickaël Issadoun, qui est,
01:01:16 dans un instant, ne ratons pas.
01:01:18 - Elles ne ratont pas les élections européennes, elles sont cruciales
01:01:20 pour l'avenir du pays. - Eh bien, vous nous direz pourquoi
01:01:22 dans quelques instants. Allez, à tout de suite, on vous souhaite
01:01:24 la bienvenue, si vous venez de nous rejoindre.
01:01:26 C'est pas très bien, mais bon, demain, vous ferez mieux.
01:01:28 Allez, à tout de suite.
01:01:30 Les vraies voix sur le radio, 17h20,
01:01:32 Philippe David, Cécile de Ménibus.
01:01:34 - Les vraies voix, parce qu'il
01:01:36 existe des fausses voix, et bien nous,
01:01:38 tout est vrai, 100% vrai.
01:01:40 - C'est très vrai.
01:01:42 - Il y a des fausses voix, il y a des gens qui disent n'importe quoi,
01:01:44 ce qui n'est pas le cas. - C'est pas notre genre.
01:01:46 - Les vraies voix avec des vraies convictions, et on vous accueille
01:01:48 avec vos convictions, on est en ravi
01:01:50 de les partager, en tout cas, avec vous.
01:01:52 Dans quelques instants, on reviendra
01:01:54 sur un sujet important, le coup de projecteur
01:01:56 des vraies voix sur le pessimisme
01:01:58 des Français. 74% des Français
01:02:00 se disent pessimistes face à l'avenir.
01:02:02 Qu'en pensez-vous ? 0,826,
01:02:04 300, 300, ce sera
01:02:06 le coup de projecteur des vraies voix
01:02:08 aux alentours de 18h40, mais en attendant,
01:02:10 la suite du tour de table
01:02:12 de l'actu, avec l'actu de notre
01:02:14 amie Michael Sadoun, sur ces
01:02:16 européennes à venir, qu'il ne
01:02:18 faut absolument pas rater. - Mais exactement.
01:02:20 Françaises, Français, auditeurs de
01:02:22 Sud Radio, écoutez-moi. - Ça sent le présidentiel.
01:02:24 - Le 9 juin
01:02:26 2024 auront lieu
01:02:28 les élections européennes. Ce sont
01:02:30 des élections qui sont déterminantes
01:02:32 pour l'avenir de notre pays. Il y a beaucoup de choses
01:02:34 qui se décident au niveau européen.
01:02:36 On le dit souvent, la part de la
01:02:38 législation française qui émane de la
01:02:40 législation européenne est importante,
01:02:42 on l'a vu dans les débats, Jordan Bardella a déjà évoqué
01:02:44 le chiffre de 80%, la commission européenne
01:02:46 a démenti,
01:02:48 il y a eu Libération qui a fait aussi
01:02:50 du fact-checking derrière ça, bon, on évalue
01:02:52 ça entre 30
01:02:54 et 75%. Désolé pour la fourchette
01:02:56 très large, mais c'est une part importante de la législation
01:02:58 qui émane donc de l'Europe.
01:03:00 À titre d'exemple, dans l'actualité politique,
01:03:02 qu'est-ce qu'il y a eu qui émanait de l'Europe ?
01:03:04 Le tarif arène, qui a détruit EDF et qui a fait
01:03:06 payer l'électricité plus chère aux Français cet hiver.
01:03:08 Les fusions d'entreprises,
01:03:10 on le voit souvent, des contrôles de concentration,
01:03:12 etc., qui parfois
01:03:14 rendent nos entreprises dépendantes de
01:03:16 l'étranger et affaiblissent notre économie nationale.
01:03:18 La TVA, dont on a
01:03:20 parlé tout à l'heure et qui est encadrée au niveau européen,
01:03:22 la politique Covid, qui en a énervé
01:03:24 aussi beaucoup, qui a été totalement
01:03:26 trustée par l'Union européenne, puisqu'à la base, ça ne faisait
01:03:28 pas partie de son scope de compétences.
01:03:30 Donc c'est un sujet qui est très important.
01:03:32 Il y a aussi évidemment des bonnes choses qui émanent de l'Union
01:03:34 européenne, et je ne vais pas les énumérer,
01:03:36 Erasmus ou des réglementations sur les banques
01:03:38 qui ne peuvent se faire qu'à des niveaux internationaux.
01:03:40 Mais simplement dire aux gens
01:03:42 "intéressez-vous à l'Union européenne",
01:03:44 c'est un sujet compliqué, mais il faut absolument
01:03:46 le comprendre un minimum.
01:03:48 Il y a des institutions, c'est très simple, il y a le Parlement européen,
01:03:50 la Commission européenne et le Conseil
01:03:52 européen, les trois se coordonnent entre eux.
01:03:54 - C'est un peu flou d'ailleurs,
01:03:56 c'est bien de le rappeler pour ceux qui
01:03:58 nous écoutent, parce que c'est un peu flou quand même.
01:04:00 - En fait, le Parlement européen, c'est le législatif
01:04:02 à l'échelle européenne, mais en fait
01:04:04 il a peu de pouvoir d'initiative, donc il est plutôt faible.
01:04:06 La Commission européenne, c'est une émanation
01:04:08 des États membres et c'est l'exécutif
01:04:10 et c'est la Commission européenne qui prend toute l'initiative
01:04:12 en général législative, c'est un
01:04:14 exécutif très fort.
01:04:16 Le Conseil européen, il se décline
01:04:18 de plusieurs manières, c'est
01:04:20 les ministres des États membres qui se réunissent
01:04:22 sur des sujets thématiques pour décliner
01:04:24 ce que la Commission a décidé.
01:04:26 Donc la présidente de la Commission actuelle, Ursula
01:04:28 von der Leyen, n'est pas élue, c'est quelqu'un qui a
01:04:30 énormément, énormément de pouvoir.
01:04:32 Donc il faut que
01:04:34 les peuples arrivent à s'immiscer
01:04:36 enfin dans ces mécanismes européens pour
01:04:38 retrouver un peu de souveraineté, je suis sûr
01:04:40 que c'est quelque chose qui peut unir tous les Français.
01:04:42 Donc faites attention, le 9 juin
01:04:44 2024, il faut aller
01:04:46 voter, renseignez-vous avant, il va y avoir
01:04:48 une campagne qui va se mener, renseignez-vous
01:04:50 sur les programmes, le débat démocratique est
01:04:52 essentiel pour décider de l'avenir de votre
01:04:54 pays et aussi du vôtre. - Philippe Béliger,
01:04:56 d'habitude on ne vote pas pour les élections
01:04:58 européennes, là il y aura deux
01:05:00 années complètes sans scrutin,
01:05:02 avec peut-être des envies de se défouler, est-ce que
01:05:04 vous pensez que ça peut inciter les Français ?
01:05:06 Plus évidemment les arguments de Michael
01:05:08 Sadoun qui sont excellents pour aller voter.
01:05:10 - C'est dans l'agenda de tout le monde là.
01:05:12 - Les arguments de Michael sont
01:05:14 très pertinents, ils sont de fond,
01:05:16 mais ce que vous venez de dire, Philippe,
01:05:18 rajoutera, c'est évident, on a
01:05:20 une fringale
01:05:22 d'élections, on veut donner notre
01:05:24 avis, mais je suis
01:05:26 frappé de voir, vous l'avez très bien dit
01:05:28 Michael, à quel point l'esprit
01:05:30 européen des origines
01:05:32 qui était empli d'espérance
01:05:34 est devenu infimement pessimiste.
01:05:36 - Grisâtre, je suis d'accord, d'ailleurs
01:05:38 je ne l'ai pas évoqué pour ne pas faire trop long,
01:05:40 mais évidemment les Français ont été frustrés
01:05:42 par une élection présidentielle qui ne s'est
01:05:44 pas passée parce qu'on a rejoué le théâtre
01:05:46 antifasciste habituel et les gens ont fini
01:05:48 par voter pour Macron,
01:05:50 à contre-cœur à mon avis, avec derrière
01:05:52 des mouvements sociaux qui ont traduit aussi
01:05:54 à mon avis cette frustration. On n'a pas eu
01:05:56 d'élection municipale parce qu'il y avait le Covid, donc là
01:05:58 c'est le moment, il y a une élection qui arrive, on va voter.
01:06:00 - Qu'est-ce qu'il se passe Michael, vous parlez plus que Tom.
01:06:02 - Désolé, je m'excuse, j'ai pris...
01:06:04 - Vous avez un déficit de parole.
01:06:06 - Moi c'est très intéressant de rappeler
01:06:08 ça, il faut que les gens aillent voter bien sûr, mais
01:06:10 moi je trouve quand même, Michael, beaucoup incité sur
01:06:12 les aspects négatifs, il y a quand même des aspects positifs
01:06:14 en effet qu'il a vaguement rappelé sur la fin aussi.
01:06:16 - Par exemple ? - Par exemple, la question
01:06:18 de la laïcité, la question
01:06:20 des droits de l'homme.
01:06:22 - Quoi ? L'Europe ? Sur la laïcité ?
01:06:24 - La protection, non mais justement sur l'équilibre
01:06:26 sur l'équilibre qui est fait entre
01:06:28 souveraineté, protection des intérêts nationaux
01:06:30 et des libertés fondamentales
01:06:32 et en même temps un certain niveau
01:06:34 de droit commun
01:06:36 entre les différents états, notamment pour ceux
01:06:38 qui sont membres de la...
01:06:40 qui ont adhéré à la convention européenne des droits de l'homme.
01:06:42 Voilà, il y a des éléments
01:06:44 intéressants, il y a quand même des garanties. - Avec la Turquie et la Russie dedans.
01:06:46 - Oui mais il y a quand même des garanties de droit.
01:06:48 - C'est pas l'Union Européenne. - Il y a des garanties de droit
01:06:50 qui sont quand même liées, il y a aussi la charte fondamentale
01:06:52 de l'Union Européenne, on va pas revenir sur l'ensemble des textes
01:06:54 mais l'espace européen est aussi
01:06:56 un espace de droit et de garantie.
01:06:58 Il y a aussi la libre circulation, il n'y a pas uniquement
01:07:00 la question de l'implantation et de
01:07:02 libre-échange, il y a également la libre-circulation
01:07:04 des hommes, et après il y a l'espace Schengen
01:07:06 il y a ceux qui sont pas dans l'espace Schengen, etc.
01:07:08 Mais il y a quand même cet espace de liberté, si demain on veut
01:07:10 aller en voyage en Italie,
01:07:12 si on veut aller en Hongrie,
01:07:14 je sais pas, rester quelques jours et ça, on peut le faire de manière
01:07:16 facilitée, c'est quand même un espace ouvert
01:07:18 et libre, donc il y a quand même une idée derrière
01:07:20 qui est intéressante, néanmoins c'est vrai que c'est un
01:07:22 espace incomplet, à plein de niveaux
01:07:24 notamment il n'y a pas de politique économique commune, etc.
01:07:26 et c'est ça qui est dommage.
01:07:28 - Philippe Biger, est-ce que vous êtes plutôt optimiste
01:07:30 ou pessimiste pour l'avenir ?
01:07:32 - Moi je suis, à titre
01:07:34 personnel, je suis très optimiste
01:07:36 mais je comprends
01:07:38 qu'on soit pessimiste pour la France.
01:07:40 - Optimiste pour les deux, même pour la France
01:07:42 on en parlera.
01:07:44 - Moi je suis optimiste, oui bien sûr
01:07:46 mais il faut toujours être optimiste, parce que sinon le pire
01:07:48 arrivera forcément, donc moi je pense vraiment
01:07:50 à la stratégie intellectuelle
01:07:52 par rapport à ça, les prophéties autoréalisatrices.
01:07:54 - Appelez-nous au 0826.
01:07:56 300, 374%
01:07:58 des français sont pessimistes
01:08:00 face à l'avenir, qu'en pensez-vous ?
01:08:02 Est-ce qu'aujourd'hui vous trouvez
01:08:04 ça justifié, exagéré, compréhensible,
01:08:06 incohérent ? Pour l'instant vous dites
01:08:08 justifié à 79% et compréhensible
01:08:10 à 16%. 0826
01:08:12 300, 300, c'est la belle
01:08:14 Aude qui vous attend derrière
01:08:16 ce numéro de téléphone et on serait ravis
01:08:18 de vous accueillir jusqu'à 19h.
01:08:20 On n'en a pas fini avec nos
01:08:22 vrais voix de Sud Radio, avec
01:08:24 Philippe Bilger qui est toujours avec nous. Ça va Philippe, c'est bon
01:08:26 ce petit gâteau que vient nous offrir Jean-Claude Lavergne ?
01:08:28 - C'est trop, mais on espère
01:08:30 garder notre profondeur.
01:08:32 - C'est le creusois.
01:08:34 - C'est délicieux, avec des noix, c'est excellent.
01:08:36 - C'est délicieux et puis
01:08:38 c'est bon pour le régime surtout. - Oui, je suis sûr,
01:08:40 c'est pour ça qu'on en prend. - Tom Conan est avec nous
01:08:42 artiste et essayiste et surtout
01:08:44 auteur de "Pollution" publié chez
01:08:46 Michel et Michael Sadoun, chroniqueur
01:08:48 et consultant. Et vous, 0826 300 300
01:08:50 avec notre auditeur
01:08:52 du jour Corentin qui est avec nous,
01:08:54 qui nous appelle de "Mouinx"
01:08:56 dans les Pyrénées Atlantiques.
01:08:58 Et vous, 0826 300 3S
01:09:00 et tout de suite le coup de projecteur des vraies voix.
01:09:02 Les vraies voix Sud Radio
01:09:04 Le coup de projecteur des vraies voix
01:09:06 - Et sommes-nous les champions du monde du pessimisme
01:09:08 d'après un sondage
01:09:10 IFOP fiducial pour réaliser
01:09:12 pour Sud Radio, réalisé en août.
01:09:14 74% des Français
01:09:16 se disent pessimistes face à l'avenir.
01:09:18 La France qui reste un des
01:09:20 pays les plus prospères au monde est le plus
01:09:22 pessimiste visiblement Philippe.
01:09:24 - Oui et même plus que des pays en guerre comme
01:09:26 le Niger, l'Irak ou des pays
01:09:28 où il y a beaucoup de pauvreté comme le Bain et la Vêche.
01:09:30 - Avaler le gâteau Philippe. - Non mais j'ai l'avalé mais c'est...
01:09:32 (rires)
01:09:34 - T'as encore un petit goût là.
01:09:36 - Alors est-ce que pour vous les Français
01:09:38 sont des enfants gâtés qui ne sont pas
01:09:40 conscients de leur bonheur ou est-ce qu'ils
01:09:42 ont vraiment raison
01:09:44 d'être aussi pessimistes avec
01:09:46 les émeutes, avec l'inflation,
01:09:48 avec le système de santé,
01:09:50 avec l'éducation, dans tous les cas de figure
01:09:52 on attend vos appels. Que vous soyez
01:09:54 hyper optimiste ou hyper pessimiste
01:09:56 au 0826 300 300.
01:09:58 - Justement est-ce que vous
01:10:00 trouvez ça justifié ces 74% des
01:10:02 Français qui sont pessimistes ? Vous dites
01:10:04 justifié à 79%,
01:10:06 exagéré, vous pensez qu'ils
01:10:08 exagèrent à 4-3%, compréhensible
01:10:10 à 16% et incohérent
01:10:12 à 1% 0826 300 300.
01:10:14 Catherine Testa est avec nous.
01:10:16 Bonsoir. - Bonsoir.
01:10:18 - Bonsoir. - Bienvenue
01:10:20 sur Sud Radio, vous êtes autrice de "Osez
01:10:22 l'optimisme" publié chez
01:10:24 Michel Laffont. On va revenir
01:10:26 avec vous dans quelques instants. Rien que le titre
01:10:28 nous donne envie. Philippe Ligère, ce côté
01:10:30 pessimiste des Français, on a l'impression qu'à chaque
01:10:32 rentrée, ça y est, on remet
01:10:34 le couvercle du pessimisme. - Ma chère
01:10:36 Cécile, je dois être très français alors.
01:10:38 Et sûrement.
01:10:40 D'abord, j'indiquais tout à l'heure
01:10:42 que dans ma vie personnelle,
01:10:44 enfin, j'espère être
01:10:46 optimiste. Je veux dire, dès l'instant
01:10:48 où on a la possibilité d'une action,
01:10:50 à titre personnel,
01:10:52 on ne peut pas être pessimiste. En revanche,
01:10:54 je comprends les Français,
01:10:56 quel que soit leur âge,
01:10:58 qui constèrent que
01:11:00 le sort de leur pays leur inspire
01:11:02 de l'inquiétude, parce que si
01:11:04 on veut regarder le temps long,
01:11:06 on ne peut pas soutenir tout de même
01:11:08 que ce qui structurait de manière
01:11:10 remarquable la France,
01:11:12 il y a des années, sur le plan institutionnel,
01:11:14 des services publics,
01:11:16 de la qualité de vie, du vivre
01:11:18 ensemble, de la sociabilité,
01:11:20 se soit amélioré.
01:11:22 Et je doute, et malgré
01:11:24 mon tempérament réactionnaire,
01:11:26 que, en réalité,
01:11:28 on puisse revenir le dessus,
01:11:30 ou alors il faudrait un pouvoir politique
01:11:32 d'un infini courage.
01:11:34 Et ça, on a le droit de rêver,
01:11:36 mais tout de même pas au point de devenir un imbécile.
01:11:38 - Moi, je pense que l'un des problèmes,
01:11:40 justement, c'est que la France est obsédée
01:11:42 par la politique. Tout est politique,
01:11:44 tout est politisé, etc. Moi, depuis que je suis môme,
01:11:46 je ne vois que ça, je ne ressens que ça.
01:11:48 Et après, quand on est dans cette culture-là, en effet,
01:11:50 on le développe, on vit avec. Après, on peut
01:11:52 trouver ça intéressant, éventuellement.
01:11:54 Mais sauf que toute la journée, ça peut être pénible,
01:11:56 notamment, tout simplement, par le fait que ça
01:11:58 met à distance, en fait, les possibilités d'action
01:12:00 que vous pouvez avoir pour vous-même. Si vous considérez,
01:12:02 et c'est quand même un réflexe, je trouve,
01:12:04 effectivement, assez français, même s'il y a d'autres pays
01:12:06 sans doute qui pratiquent la même chose, mais si vous
01:12:08 considérez que, effectivement, chacune de vos actions
01:12:10 est déterminée par l'autre,
01:12:12 on pourrait dire, alors l'État,
01:12:14 tel mécanisme, telle
01:12:16 situation, tel problème, etc.
01:12:18 Effectivement, vous ne pouvez pas avancer, vous vous sentez bloqué
01:12:20 et empêtré,
01:12:22 notamment sur la question, quand même, assez
01:12:24 essentielle de l'échelle sociale, de personnes qui veulent
01:12:26 un peu s'arracher leurs conditions, qui veulent
01:12:28 faire des projets, qui veulent s'améliorer,
01:12:30 qui veulent progresser. Je pense que c'est le souhait
01:12:32 de la plupart des gens. Ça, c'est, à mon avis, le vrai problème.
01:12:34 - Mickaël Sadoune.
01:12:36 - Moi, je trouve ça très intéressant, ce qui a été dit
01:12:38 par Tom, mais je pense au contraire que...
01:12:40 - Ah bon ? - Je pense au contraire que...
01:12:42 - C'est bien entendu. - Les Français, parfois,
01:12:44 souffrent peut-être, au contraire,
01:12:46 d'un manque de politique, non pas au sens où
01:12:48 on ne fait plus de politique, mais au sens où les hommes politiques
01:12:50 ne possèdent plus la capacité
01:12:52 d'action, et donc ils ont l'impression de voter
01:12:54 pour des gens qui n'ont
01:12:56 pas réellement la capacité d'agir
01:12:58 sur leur vie. Après, je pense
01:13:00 qu'il y a un mouvement général,
01:13:02 le vent de la modernité,
01:13:04 je dirais, ne souffle pas dans le sens de la France.
01:13:06 La France est plutôt un pays
01:13:08 républicain, socialiste, or la bonne
01:13:10 aire d'idée, plutôt libérale.
01:13:12 La France est un pays, Tom le disait, passionné
01:13:14 par la politique, or la modernité aime bien
01:13:16 l'économisme, considérer que
01:13:18 l'individu est un portefeuille, ce n'est pas
01:13:20 nos conceptions des choses. Et puis, si
01:13:22 je voulais en ajouter, je dirais que la France aime bien la grandeur
01:13:24 et que la modernité aime bien la petitesse.
01:13:26 Mais, je pense qu'il y a quand même
01:13:28 des raisons d'espérer. Je pense
01:13:30 que la France se redresse sur
01:13:32 plein d'aspects, sur l'aspect économique,
01:13:34 je pense que nous avons une bonne natalité par
01:13:36 rapport à beaucoup d'autres pays européens, même si
01:13:38 les indicateurs sont en train
01:13:40 de passer dans le rouge en ce moment, mais il y a des raisons
01:13:42 d'espérer, et puis surtout,
01:13:44 le vent de la modernité est en train de tourner.
01:13:46 Le politique est en train de retrouver de l'importance.
01:13:48 Les empires reviennent sur la scène
01:13:50 internationale, et je pense que nous
01:13:52 sortons peu à peu du monde
01:13:54 des banquiers, des petits hommes gris,
01:13:56 et que nous revenons dans une ère où il faudra
01:13:58 de la grandeur et du politique, et dans ce monde-là,
01:14:00 la France a toute sa part à jouer.
01:14:02 - On va essayer de reprendre de la couleur avec Catherine
01:14:04 Testa.
01:14:06 Et quand on regarde le sondage,
01:14:08 Catherine Testa, on se rend compte que les plus pessimistes
01:14:10 sont les cinquantenaires, entre 50
01:14:12 et 54 ans,
01:14:14 et les jeunes plutôt optimistes.
01:14:16 Est-ce que, forcément,
01:14:18 c'est ça depuis des décennies,
01:14:20 parce qu'on voit que la fin de la route
01:14:22 est proche, qu'on est pessimiste ?
01:14:24 - Je ne dirais pas ça comme ça,
01:14:28 mais c'est une question aussi de perdre l'enthousiasme.
01:14:30 Peut-être que quand on est plus jeune, on a plus d'enthousiasme,
01:14:32 d'enthousiasme de l'action.
01:14:34 On a peut-être été parfois un peu moins confrontés
01:14:36 à l'échec que quand on a essayé
01:14:38 de mener des projets, et quand finalement,
01:14:40 on a été déçus. Donc, in fine, ça finit
01:14:42 par se dissiper,
01:14:44 mais par contre, l'optimisme, en fait,
01:14:46 sans faire d'injonction à l'optimisme,
01:14:48 parce que le pessimisme est important, justement,
01:14:50 pour envisager les dangers potentiels.
01:14:52 L'optimisme, c'est le prérequis à toute l'action.
01:14:54 C'est-à-dire qu'on a envie d'entreprendre,
01:14:56 qu'on a envie de changer de vie,
01:14:58 qu'on a envie de rentrer
01:15:00 sur un cours de tennis.
01:15:02 On fait le pari de l'optimisme.
01:15:04 Et donc, on a besoin, tout au long de notre vie,
01:15:06 d'optimisme. Et c'est vrai qu'il est
01:15:08 parfois un peu mal mené quand
01:15:10 on regarde l'actualité. Notre cerveau,
01:15:12 aussi, n'est pas câblé pour ça.
01:15:14 Il n'est pas câblé pour nous rappeler
01:15:16 à l'enthousiasme, mais plutôt pour nous permettre
01:15:18 de survivre. Donc, ce n'est pas quelque chose
01:15:20 de naturel, en tout cas, de notre culture française,
01:15:22 d'oser parler d'optimisme.
01:15:24 - Moi, je pense que, concrètement, la France, c'est aussi
01:15:26 un pays très conservateur, mais pas seulement
01:15:28 au sens politique. C'est-à-dire que, par exemple,
01:15:30 le truc qu'on rencontre absolument tout le temps
01:15:32 en France, c'est que vous commencez
01:15:34 à avoir un projet quelconque dans un domaine,
01:15:36 je ne sais pas, la musique, les livres, la cuisine,
01:15:38 n'importe quoi. Immédiatement,
01:15:40 on va vous ramener à votre diplôme, votre expérience,
01:15:42 ce que vous avez fait, est-ce que vous êtes légitime pour le faire,
01:15:44 etc. - Ça, ça change.
01:15:46 - Éventuellement, d'où vous venez,
01:15:48 est-ce que vous avez peut-être l'apparence qui va avec,
01:15:50 le style, est-ce que vous êtes raccord ou pas raccord ?
01:15:52 Il y a même des choses très simples. Par exemple,
01:15:54 vous savez, le concours de l'ENA, l'ENA qui a été supprimé,
01:15:56 mais qui a repris une nouvelle forme,
01:15:58 il y avait même un rapport, je crois,
01:16:00 il n'y a pas très longtemps, d'une présidente du jury
01:16:02 qui disait "oui, tout le monde a les mêmes co-stars,
01:16:04 des co-stars grilles, elle regrettait une forme de conformisme
01:16:06 des candidats". C'est vous dire jusqu'où ça va,
01:16:08 quand même. D'ailleurs, pourtant,
01:16:10 chez des gens qui ont 20 ans ou 25 ans. Donc, en réalité,
01:16:12 c'est quelque chose d'assez général. Et effectivement,
01:16:14 aujourd'hui, vous êtes demain quelqu'un qui vient,
01:16:16 j'en sais rien, du fin fond de la Normandie,
01:16:18 vous dites "voilà, moi je veux devenir rappeur,
01:16:20 je veux devenir, je sais pas, entrepreneur, grand écrivain,
01:16:22 journaliste, ce que vous voulez, on va vous regarder
01:16:24 de haut. On va vous dire "mais attends, d'où tu viens ?
01:16:26 T'as les diplômes ? Est-ce que t'as la légitimité ?
01:16:28 T'as peut-être pas la tenue, l'argent,
01:16:30 les contacts, etc. Et ça,
01:16:32 effectivement, c'est peut-être pas spécifiquement
01:16:34 français, mais c'est très dominant,
01:16:36 très présent en France. Et c'est même
01:16:38 parfois très pesant. - Philippe Bidjerre, élevé le bras
01:16:40 historien et sociologue, disait que
01:16:42 la France va plutôt bien par comparaison
01:16:44 à ce qui se passe autour de nous. Et pourtant,
01:16:46 ben pourtant, on est très pessimiste.
01:16:48 - Ça peut être une forme
01:16:50 de sagesse que de se comparer,
01:16:52 évidemment. Mais si vous le permettez,
01:16:54 Cécile, je rejoins
01:16:56 ce qu'a dit notre invité.
01:16:58 Au fond,
01:17:00 à tort ou à raison, je considère que celui
01:17:02 qui n'est pas pessimiste
01:17:04 n'est pas lucide aujourd'hui
01:17:06 au regard de l'état de la France
01:17:08 et du monde, mais qu'au fond,
01:17:10 le pessimisme ne devient dangereux
01:17:12 que lorsqu'il se sépare
01:17:14 de la possibilité de l'action.
01:17:16 Ça ne veut pas dire qu'on est
01:17:18 désespéré. Et
01:17:20 j'aimerais savoir ce qu'en pense notre
01:17:22 invité. - Catherine Testa.
01:17:24 - Alors, c'est exactement
01:17:26 ça. C'est-à-dire qu'il faut faire le constat
01:17:28 d'une réalité. Mais derrière, soit on accepte
01:17:30 cette réalité sans rien faire, soit on se
01:17:32 dit "Ok, je vais essayer d'agir". Vous évoquiez
01:17:34 tout à l'heure justement la Normandie.
01:17:36 Quand on vient de Normandie, je viens de Normandie.
01:17:38 On a quelques exemples
01:17:40 illustres aussi de rappeurs.
01:17:42 On peut évoquer Orel San.
01:17:44 Et en fait, effectivement, on ne part
01:17:46 pas avec les mêmes métriques, mais
01:17:48 derrière, aujourd'hui, on est dans une société qui est quand même
01:17:50 très différente. On a un accès
01:17:52 à Internet, on a des entrepreneurs qui naissent
01:17:54 aussi un peu partout.
01:17:56 Vous voyez, notre société est en train
01:17:58 de se révolutionner. Aux États-Unis, j'ai vécu
01:18:00 aux États-Unis. Aux États-Unis, vous faites un pauvre machin.
01:18:02 Tout le monde vous crie au génie alors que vous n'avez
01:18:04 quasiment rien fait. Et entre
01:18:06 cette culture américaine de "Allez,
01:18:08 vas-y, tout est possible",
01:18:10 alors que ce n'est pas forcément vrai, comme vous l'évoquez,
01:18:12 et notre culture française
01:18:14 de "Attention, tu ne vas pas réussir",
01:18:16 il faut savoir que les optimistes
01:18:18 en fait osent beaucoup plus. Ils
01:18:20 prennent un constat, ils le transforment.
01:18:22 Enfin, ils se transforment
01:18:24 pour s'adapter aussi, pour être en mouvement.
01:18:26 Et on est, enfin, les
01:18:28 optimistes qui ont des coups de blouse,
01:18:30 qui ont une vie qui n'est pas linéaire,
01:18:32 évidemment, ont une
01:18:34 capacité de rebond, mais on
01:18:36 ne nous apprend pas ça parce qu'on a peur
01:18:38 de l'échec. On a tout ça en France encore,
01:18:40 qui est très ancré, la peur du
01:18:42 regard de l'autre, du statut social.
01:18:44 Et ça, il va falloir le déconstruire très vite.
01:18:46 - Michael Saddoun veut réagir. - Oh la la, la déconstruction !
01:18:48 - Alors, pour la déconstruction,
01:18:50 c'est long, mais par contre,
01:18:52 pour ce qui est du
01:18:54 constat des États-Unis, je suis tout à fait d'accord.
01:18:56 Moi, je ne suis pas un grand fan des États-Unis
01:18:58 d'Amérique, mais s'ils ont bien une qualité, c'est
01:19:00 l'optimisme, la positivité,
01:19:02 le sens de l'action. Vous savez, c'est un peu...
01:19:04 On parlait de "gum" que je cherchais tout à l'heure,
01:19:06 mais en fait, la métaphore des États-Unis, c'est un peu
01:19:08 "Forest Gump". - Les chèques et les chances !
01:19:10 - Même dans la simplicité, on avance,
01:19:12 on avance, on avance, et puis ça s'éclaircira
01:19:14 dans la vallée. Moi, je trouve que c'est peut-être
01:19:16 une pensée qui est pas mal. Après,
01:19:18 je pense qu'il ne faut pas exagérer
01:19:20 avec la France, puisque les sondages montrent qu'à l'échelle
01:19:22 individuelle, les Français sont plutôt
01:19:24 optimistes pour eux-mêmes. - Pour ce qui les concerne.
01:19:26 - Exactement. C'est juste qu'à l'échelle
01:19:28 collective, ils sont plus pessimistes.
01:19:30 - Oui, mais on retient toujours le mauvais du bon.
01:19:32 - Bien sûr, mais parce qu'il y a quand même un déclin
01:19:34 relatif de la France, ça, il faut l'entendre, elle a été
01:19:36 une immense puissance, elle l'est
01:19:38 moins aujourd'hui. Bon, je pense qu'il y a encore
01:19:40 beaucoup de levier d'action. - On part au 0826
01:19:42 300 300 avec notre auditeur
01:19:44 du jour Corentin de Mourinx, et quand
01:19:46 on habite le Béarn, on ne peut être qu'optimiste,
01:19:48 Corentin. - Ah oui, oui.
01:19:50 - C'est donc
01:19:52 que ça gardure bien pour vous.
01:19:54 - Beau jeu de mot.
01:19:56 - Alors, optimiste ?
01:19:58 - Oui,
01:20:00 moi je suis optimiste,
01:20:02 je pense que l'avenir va s'arranger,
01:20:04 après il faut se donner les moyens, et que nos
01:20:06 hommes politiques, comme ça a été dit, aient le courage
01:20:08 de faire ce qu'il faut,
01:20:10 qui écoutent le peuple aussi, parce qu'on a l'impression
01:20:12 que des fois on n'est pas écouté, mais bon, ça c'est
01:20:14 un autre sujet, je pense.
01:20:16 - Non, parce que le fait de ne pas être écouté,
01:20:18 c'est peut-être se dire que
01:20:20 ça ne peut pas avancer, parce que si on ne nous
01:20:22 écoute pas, c'est là que le pessimisme...
01:20:24 - Ça crée de l'aigre, absolument.
01:20:26 - Disons que je ne pense pas qu'ils nous écoutent
01:20:28 pas, je pense qu'ils sont peut-être aussi bloqués
01:20:30 un peu plus haut au niveau de l'Europe,
01:20:32 par exemple, ils ne peuvent pas faire
01:20:34 n'importe quoi, ils ne peuvent pas faire ce que
01:20:36 on demande, il y a des règles, et je pense
01:20:38 que, oui,
01:20:40 il faut revoir tout ça, mais
01:20:42 non, je pense que dans l'ensemble, on peut être
01:20:44 optimiste, et que c'est exagéré, clairement,
01:20:46 le fait que
01:20:48 les Français soient pessimistes,
01:20:50 parce que s'ils étaient pessimistes...
01:20:52 - Alors oui, mais pessimistes, non ?
01:20:54 - Oui, tout à fait, mais s'ils avaient été pessimistes,
01:20:56 je ne pense pas qu'ils seraient partis en vacances
01:20:58 cet été. Certes, ils ont fait des concessions,
01:21:00 mais je ne pense pas qu'ils seraient partis en vacances.
01:21:02 - Et Tom, comment ?
01:21:04 - Moi, je pense que le paradoxe qui est un peu mortifère,
01:21:06 c'est qu'à la fois, on est dans un pays où
01:21:08 l'État est très jacobin, très
01:21:10 vertical, veut tout contrôler,
01:21:12 créer des statuts,
01:21:14 le cinéma sera financé comme ça,
01:21:16 la culture fonctionnera comme ça, l'économie sera
01:21:18 régencée comme ça, etc. Et la décentralisation
01:21:20 avec les deux actes qui ont existé,
01:21:22 n'ont pas vraiment modifié, c'est la culture là,
01:21:24 qui est toujours extrêmement forte,
01:21:26 où le pouvoir, il est toujours à Bercy,
01:21:28 à l'Élysée, etc.
01:21:30 Donc il y a ça d'un côté... - Ou dans les vraies voies.
01:21:32 - Et d'un autre. Et dans le
01:21:34 même temps, en effet, comme disait un peu
01:21:36 Michael tout à l'heure, il y a une forme d'impuissance, parce que
01:21:38 on est un État, en effet, qui est en concurrence avec
01:21:40 des régions beaucoup plus
01:21:42 importantes en taille,
01:21:44 et en influence, et donc il y a une sorte de paradoxe.
01:21:46 On veut tout contrôler,
01:21:48 on pourrait dire comme à l'époque
01:21:50 de l'Ancien Régime, ou même, disons, dans les années
01:21:52 80, où la France était encore beaucoup plus puissante
01:21:54 qu'aujourd'hui, et en même temps on n'a pas les moyens
01:21:56 de le faire. - Catherine Testa,
01:21:58 est-ce que finalement on est plus pessimiste
01:22:00 en urbain,
01:22:02 pire urbain, qu'en ruralité ?
01:22:04 - Alors ça, c'est pas
01:22:06 forcément démontré, ça va parfois dépendre
01:22:08 des sondages, on va pas...
01:22:10 Ceci étant dit,
01:22:12 il y a un sujet qui n'a pas été évoqué,
01:22:14 c'est probablement la notion de confiance.
01:22:16 C'est-à-dire, est-ce qu'on a confiance
01:22:18 à la fois dans notre État, dans nos politiques
01:22:20 aussi, pour savoir s'adapter,
01:22:22 et aussi, quelle
01:22:24 quantité d'informations on va
01:22:26 on va ingurgiter. C'est-à-dire
01:22:28 qu'il y a des informations qui sont vertueuses
01:22:30 dans la mesure où on se dit "on va pouvoir un impact",
01:22:32 et il y a celles où on a un sentiment total
01:22:34 d'impuissance, et c'est là que notre
01:22:36 optimisme s'effrite, parce qu'on a peur
01:22:38 de ne pas être capable d'être acteur.
01:22:40 Et donc, on se sent démuni,
01:22:42 et finalement, il y a une grande corrélation
01:22:44 aussi entre pessimisme
01:22:46 et se sentir
01:22:48 démuni, qu'il ne faut pas
01:22:50 obstruer, et puis ça dépend aussi de nos métiers, qu'est-ce qu'on fait
01:22:52 sur le terrain, et autres. C'est pas seulement...
01:22:54 Il y a deux niveaux d'optimisme.
01:22:56 - Philippe Béger, vous l'avez dit. - A votre avis, est-ce que
01:22:58 l'une des raisons du pessimisme,
01:23:00 ça n'est pas, vous l'évoquez,
01:23:02 je crois, la défiance à l'égard
01:23:04 du politique ?
01:23:08 - Ça serait un réducteur, peut-être,
01:23:10 de ne rapporter ça
01:23:12 que à cette thématique-là,
01:23:14 mais ça en fait partie, effectivement.
01:23:16 Voilà, mais ça en fait partie,
01:23:18 mais il y a aussi, quelles sont nos attentes ?
01:23:20 Tout à l'heure, vous évoquiez le fait que
01:23:22 des pays en guerre semblent plus optimistes
01:23:24 que nous, c'est aussi quel est le niveau
01:23:26 d'attente qu'on va pouvoir espérer.
01:23:28 Donc, finalement, on peut se dire qu'être pessimiste,
01:23:30 c'est aussi vertueux, ça veut dire qu'on
01:23:32 attend quelque chose, mais
01:23:34 l'enjeu, c'est de ne pas rester
01:23:36 inactif en soi. C'est facile
01:23:38 aussi en permanence de se dire
01:23:40 "je ne peux rien faire, je me sens démuni".
01:23:42 Ok, et qu'est-ce que je peux faire juste à mon échelle,
01:23:44 avec mon système familial ?
01:23:46 Vous voyez aussi de se
01:23:48 réapproprier ça. Qu'est-ce que je peux faire dans
01:23:50 ma ville ? Qu'est-ce que je peux faire
01:23:52 dans mon environnement
01:23:54 proche ? - Moi, je pense que c'est toujours un point
01:23:56 qui est difficile aussi, c'est qu'il y a
01:23:58 aussi un manque d'une forme de spiritualité.
01:24:00 Mickaël même l'a évoqué tout à l'heure,
01:24:02 je crois. Et quand on
01:24:04 parle de spiritualité, il ne faut pas penser à religion
01:24:06 forcément. On peut avoir une forme de spiritualité
01:24:08 parfaitement immanente,
01:24:10 horizontale, si j'ose dire. Et ça, c'est
01:24:12 quelque chose qui peut donner justement cette espèce de foi
01:24:14 dans un sens. - La spiritualité et du
01:24:16 politique, je redis aux gens, votez,
01:24:18 engagez-vous, agissez, chacun
01:24:20 peut à son échelle créer du changement,
01:24:22 que ce soit à l'échelle du pays, dans l'échelle
01:24:24 de votre commune, dans votre famille, autour
01:24:26 de chez vous. S'engager, c'est important.
01:24:28 - Ayez foi en la maison
01:24:30 Sud Radio. Merci beaucoup.
01:24:32 - La grande prêtresse s'est exprimée.
01:24:34 - Merci d'avoir été avec nous.
01:24:36 Et profitez-en pour ce
01:24:38 livre chez Albin Michel,
01:24:40 chez Michel Laffont, pardon.
01:24:42 Décidément, oser l'optimisme,
01:24:44 j'adore ce truc. Merci beaucoup,
01:24:46 merci d'avoir été avec nous dans un instant.
01:24:48 Avec Jérôme Lavernie, quand on aura
01:24:50 fini son gâteau, il sera
01:24:52 avec nous, on parlera emploi,
01:24:54 on fera une espèce de petit
01:24:56 bilan de ce qui s'est passé cet été. On ira
01:24:58 chez des commerçants, on ira chez des parcs
01:25:00 de distraction, on ira chez des hôteliers
01:25:02 voir si la saison a été bonne.
01:25:04 Et c'est dans un instant. Et merci beaucoup
01:25:06 Philippe Bilger, merci beaucoup
01:25:08 Thomas Connally, merci beaucoup Michael Sadoun.
01:25:10 Et on vous retrouve avec nos vrais voix à partir de 17h
01:25:12 en attendant, dans un instant, avec
01:25:14 Jérôme Lavernie, notre expert.
Commentaires

Recommandations