- il y a 3 ans
Mettez vous d'accord avec Gaëtan Dussausaye, porte-parole du RN, Régis de Castelnau, avocat (blog : « Vu du droit »), auteur de « Une justice politique » (L'artilleur) et membre de la rédaction Front Populaire, Jérôme Ripoull, directeur associé de l'agence ComFluence et co-président d'Opinion Valley et Frédéric Dabi, directeur-général de l'IFOP et auteur de “La fracture’ (Les Arènes).
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NewsTranscription
00:00 (Générique)
00:07 Avec vous sur Sud Radio pour les débats d'actualité.
00:09 Nouvelle horaire, 10h44.
00:12 Vous savez que la grille a un petit peu bougé.
00:14 Désormais, vous retrouvez Jean-Jacques Bourdin pour l'interview politique à 20h30.
00:18 20h30, à 8h30 !
00:21 Une interview sans concession.
00:23 Et puis, évidemment, André Bercoff à midi jusqu'à 14h.
00:27 Et nous, donc, on vous retrouve pour les débats d'actualité à 10h45.
00:32 Avec aujourd'hui pour commenter cette actualité Frédéric Dhabi.
00:35 Bonjour Frédéric.
00:36 Bonjour Frédéric, directeur général de l'IFOP.
00:38 Vous avez publié la fracture aux éditions Les Arènes.
00:40 Vous allez nous parler de l'état de l'opinion en cette rentrée.
00:45 Est-ce que les Français sont optimistes ?
00:47 On a un petit peu la réponse, mais en tout cas, ce qui les préoccupe, c'est ce dont vous allez nous parler.
00:53 Camry Poul, directeur associé de l'agence Comfluence et coprésident d'Opinion Valais.
00:57 Bonjour à vous.
00:58 Régis Castelnau. Bonjour Régis. En forme ?
01:01 Bonjour Valérie, bonjour à tous.
01:03 Avocat, vous êtes avocat.
01:05 Vous avez publié une justice politique aux éditions L'Artilleur.
01:08 Et vous êtes membre de la rédaction de Front Populaire.
01:11 On vous retrouve également sur votre blogue "Vu du droit" et Gaëtan Dussosseb.
01:15 Bonjour.
01:16 Porte-parole du Rassemblement National.
01:19 Abaya et les Filles et les Verts crient au scandale.
01:22 Et si l'uniforme était la solution ?
01:24 Moi, je dois vous avouer que ce matin, j'ai vraiment un dégoût des réactions,
01:30 des différentes réactions de LFI par rapport à l'Abaya.
01:34 Voilà, je donne mon opinion avant même que le débat ne commence.
01:38 Macron, Emmanuel Macron, le président de la République, veut une initiative politique d'ampleur vers un préférendum.
01:45 On va écouter Olivier Véran qui va nous expliquer ce que c'est que le préférendum.
01:49 Et puis les Français, sont-ils optimistes face à l'avenir ?
01:52 On en parlera avec vous Frédéric Dhabi.
01:54 Vos coups de cœur, vos coups de gueule.
01:56 Commençons, je ne sais pas avec qui on peut commencer.
02:00 Avec vous Régis, vous êtes plutôt en forme.
02:02 Ils sont tous en forme.
02:04 Surtout que moi, je suis toujours dans ma grotte provençale.
02:07 Il y en a un peu de Mistral.
02:09 J'ai perdu 20 degrés en trois jours la semaine dernière.
02:12 Le réchauffement climatique, mon pauvre monsieur.
02:15 Le dérèglement.
02:16 Le dérèglement, absolument.
02:19 Je ne pourrais pas avoir l'air d'une...
02:21 Mal nommer les choses, c'est acheter aux valeurs du monde.
02:23 Absolument.
02:25 Alors, moi, ce sera très rapide.
02:28 Hier, Emmanuel Macron a fait une intervention devant les ambassadeurs
02:31 à propos de ce qui se passe au Niger, où l'Afrique bouge.
02:35 La France-Afrique semble-t-elle être démantelée.
02:39 Et il a dit que c'était inadmissible de faire un coup d'État.
02:44 Je rappelle une chose toute simple.
02:47 Il a intronisé, il a accepté le coup d'État du fils d'Ebi Ochad, Edun.
02:53 Double standard.
02:54 Les Africains le savent très bien.
02:56 Ils le ressentent et le disent.
02:58 Et puis là, en ce moment, il y a les élections du fils Bongo.
03:01 Je dis du fils Bongo, ça fait 55 ans que la famille est au pouvoir.
03:04 Les élections, il semble qu'il allait les perdre.
03:07 Donc, il a tout arrêté.
03:08 Il a bloqué Internet.
03:09 Il a interdit Radio France Internationale sur le territoire.
03:13 Là, personne n'a rien dit.
03:14 Et M. Macron, il reste muet sur cette nouvelle pantalonnade
03:19 de ce qui se passe au Gabon.
03:22 Donc, voilà.
03:23 Si vous voulez, ce deux poids deux mesures, ce double standard,
03:27 nous fait beaucoup, beaucoup de mal.
03:29 J'ajoute que les Américains ont compris un certain nombre de choses
03:33 et qu'ils ont envoyé Mme Nuland au Niger avec l'air de dire
03:37 "écoutez, on va se débarrasser de M. Macron
03:41 et on va faire traiter ses affaires par des gens sérieux".
03:45 - Alors, quelqu'un veut réagir ? Frédéric ?
03:47 - Non, je ne suis pas spécialiste du sujet.
03:50 Oui, c'est vrai que ça peut être vu comme un deux poids deux mesures.
03:53 C'est vrai que sur la famille Bongo, le canard enchaîné,
03:55 pour y faire l'obligé, a sorti mercredi l'affaire extravagante
03:59 de cet hôtel particulier à 100 millions d'euros
04:01 qui est laissé à l'abandon, qui a été acheté par l'argent du Gabon.
04:05 Toutes ces choses-là.
04:06 Et puis, c'est vrai que le recul de la France-Afrique,
04:08 c'est une réalité. Mali, Niger, on a entendu Nicolas Sarkozy
04:12 dire qu'on est surpris par un coup d'État, je veux bien,
04:14 mais deux, c'est maintenant le troisième dans différents pays d'Afrique.
04:17 C'est vrai que c'est un vrai changement de paradigme.
04:19 Notons que quand on interroge les Français sur le déclin du pays,
04:24 et ils n'hésitent pas parfois à citer le recul de la France,
04:28 notamment en Afrique, en Asie, l'Aix-Indochine,
04:31 le français a quasiment disparu.
04:33 - Ah oui, hélas !
04:35 - Jérôme, vous c'est un coup de cœur ?
04:37 - Un coup de cœur, allez, on va parler des patrons.
04:40 Depuis hier, une partie d'entre eux sont réunis sur la pelouse de Longchamp,
04:45 puisque c'est les rencontres des entrepreneurs de France.
04:48 Et je voulais parler d'un coup de cœur,
04:51 le sans faute du nouveau président, Patrick Martin.
04:54 Patrick Martin a succédé à Geoffroy Roudbézieux.
04:57 Qu'est-ce qui me plaît chez lui ?
04:59 C'est un provincial, c'est un gars qui vient de la région lyonnaise.
05:04 C'est un pragmatique, il a fait grandir sa boîte,
05:07 qui était familiale de 50 millions d'euros à un milliard de chiffres d'affaires.
05:10 Et puis surtout, c'est un homme déterminé et de dialogue.
05:14 Alors déterminé pourquoi ?
05:15 Parce que hier, il a montré qu'il n'allait pas, face au gouvernement,
05:18 baisser la garde quant aux baisses d'emplois annoncées,
05:21 puisque le gouvernement et Bruno Le Maire avaient annoncé
05:24 que la contribution à la valeur ajoutée d'entreprise devait baisser.
05:27 Et puis en fait, elle n'est pas supprimée, elle est étalée.
05:30 Donc, certes, on peut s'en réjouir, mais enfin c'est étalé.
05:34 Donc, il est déterminé et en même temps, il est cet homme de dialogue.
05:37 Parce qu'il était numéro 2 de Geoffroy Roudbézieux
05:40 et il continue à vouloir tisser un dialogue singulier, régulier
05:45 et fructueux avec les syndicats.
05:47 Aujourd'hui, le macronisme, quand même,
05:50 s'est érigé en parangon de l'alternative au paritarisme.
05:54 Le paritarisme, c'est le dialogue qui doit exister entre les patrons et les salariés
05:57 et les représentants des uns et des autres.
05:59 Et on a prouvé avec un accord sur le partage de la valeur
06:03 que les patrons, les syndicats de patrons et de salariés pouvaient s'entendre
06:07 et que l'État pouvait se tenir à l'écart de ces discussions
06:10 et qu'on savait discuter entre personnes responsables.
06:13 Et je trouve que c'est une bonne façon pour lui de rappeler que ce dialogue
06:16 n'est pas interrompu et qu'il va le continuer.
06:19 Donc voilà, sans faute de Patrick Martin
06:21 et puis pas mal de perspectives qui s'annonçaient quand même mauvaises
06:25 pour le secteur, notamment du BTC.
06:27 Et donc c'est une occasion de se retrouver entre patrons
06:30 donc hier et aujourd'hui sur les pelouses de l'Eauchambre.
06:35 - C'est vrai qu'il va y avoir à suivre l'action de Patrick Martin.
06:41 Hier, Emmanuel Macron a dit au patron "j'ai besoin de vous"
06:44 et Borne a confirmé "pas de hausse d'impôt pour les entreprises".
06:48 Maintenant, ces fameuses hausses d'impôt, je pense qu'elles arriveront d'une manière ou d'une autre.
06:53 - Il y a eu des augmentations sur le tabac, la hausse de la taxe foncière.
06:57 - On a évité les alcools et autant le vin.
06:59 - Il y a des villes, là dans les Hauts-de-Seine,
07:01 je voyais plus de 35% d'augmentation de la taxe foncière.
07:05 - C'est en fait la suppression de la taxe d'habitation qui se retrouve dans la taxe foncière.
07:09 - Oui, absolument. Donc c'est des faux cadeaux qui avaient été faits à l'époque.
07:13 Gaëtan, vous c'est un coup de gueule ?
07:15 - Oui, c'est un coup de gueule et justement, on a une transition parfaite
07:18 avec le sujet qu'on avait jusqu'à présent.
07:20 En ce qui concerne le futur budget sur lequel est en train de travailler le gouvernement macronien actuellement.
07:25 Évidemment, on a eu toute une politique de chèques et de chéquier,
07:29 le chèque alimentation, le chèque énergie, etc.
07:31 qui a beaucoup coûté aux contribuables et qui a évidemment creusé le déficit.
07:36 Je crois que c'est la Direction Générale du Trésor Public qui nous informe qu'on serait,
07:40 dans les estimations pluriannuelles, à des déficits entre 4,5% et 5%
07:45 pour l'année 2023 et 2024.
07:48 Alors forcément, quand on est dans cette situation-là, il faut faire des économies.
07:52 On pourrait se dire, par exemple, un certain Gabriel Attal, à l'époque,
07:56 quand il était ministre des Comptes publics, nous proposait de faire des économies
07:59 sur la fraude sociale, qu'il estimait au bas mot à 10 milliards d'euros.
08:03 On préfère des économies sur l'immigration.
08:05 Je rappelle qu'il y a 15 milliards d'euros de prestations sociales
08:09 qui sont données aux immigrés sans aucune cotisation en parallèle.
08:14 On préfère des économies sur la contribution nette de la France au budget de l'Union européenne.
08:18 Mais force est de constater, ce ne sont pas les pistes qui ont été retenues par le gouvernement,
08:22 puisque sur les premières réflexions que l'on a, les premiers échos que l'on a,
08:26 il se trouve que c'est plutôt à nouveau le matraquage fiscal,
08:29 ou du moins, plutôt le fait de ne pas respecter les promesses faites par le Président de la République
08:34 de baisse massive des impôts.
08:36 Par exemple, il y avait 2 milliards d'euros qui devaient être baissés,
08:39 2 milliards d'impôts baissés sur les classes moyennes.
08:41 Ceci est reporté, c'était normalement prévu pour 2024, c'est reporté plus tard.
08:45 On a parlé, M. Rippoul, on a parlé tout à l'heure de la CVAE, l'impôt sur les sociétés,
08:51 qui pareil, devait être totalement supprimé pour 2024.
08:55 C'est à nouveau, cette fois-ci, étalé, réchelonné jusqu'en 2027.
08:59 Et pire que dans tout ça, c'est en ce qui va se concerner,
09:02 notamment un certain nombre d'entreprises, notamment dans le secteur du BTP,
09:06 mais aussi un certain nombre d'agriculteurs,
09:08 qui se retrouvent avec notamment la disparition d'une niche
09:12 qui leur permettait d'économiser des impôts,
09:14 notamment sur ce qu'on appelle le gazole non routier,
09:17 c'est-à-dire celui que l'on utilise pour faire fonctionner les machines, tout simplement.
09:20 On sait qu'aujourd'hui, il y a un grand nombre d'entreprises
09:22 qui ont des grandes difficultés,
09:24 notamment à cause de l'explosion du prix de matières premières,
09:27 les énergies, etc.
09:29 Et voir que là-dessus, le gouvernement recule,
09:31 évidemment, ça n'annonce rien de bon pour les mois et les années à venir.
09:34 - Frédéric ? - Non, tout à fait,
09:36 la question de la pression fiscale reste très forte chez les Français.
09:40 On en parlera dans les sujets de préoccupation.
09:43 Jamais la question de la hausse des prix, de l'inflation, du pouvoir d'achat a été aussi forte.
09:46 Jamais l'écart, chômage, pouvoir d'achat, on en parlera dans ce qui est des voyants.
09:49 Mais on a vraiment un changement de paradigme dans ce qui préoccupe les Français.
09:53 C'est vrai que tout signe de renchérissement de la pression fiscale sera tout à fait mal vu.
09:59 Alors, le gouvernement a finalement, si je ne me trompe pas, démenti
10:02 le fait d'augmenter notamment l'impôt sur le revenu.
10:05 Mais ça serait vu comme un signe assez dévastateur,
10:08 notamment pour ces classes moyennes qui se considèrent "trop riches" pour être aidées
10:12 et pas assez pour être autonomes.
10:14 La part des Français qui parviennent à épargner chaque mois s'est absolument effondrée,
10:19 notamment dans ces fameuses classes moyennes où, dans la perspective 2027,
10:22 il va y avoir une vraie compétition entre le bloc RN et le bloc central.
10:28 À l'élection présidentielle d'il y a un an, Marine Le Pen et Emmanuel Macron
10:32 ont fait quasiment jeu égal dans cette classe moyenne, notamment dans le petit salariat.
10:37 Un commentaire, Régis, de Castelnau sur ça ?
10:42 Je ne sais pas, parce que si vous voulez...
10:47 On débat d'un certain nombre de choses et je pense que c'est très important.
10:52 Mais on parle effectivement, Frédéric, c'est normal, c'est son métier.
10:57 Il analyse la sociologie, l'impact de ses décisions,
11:04 alors qu'on est dans une situation qui est une situation,
11:08 et les sondages dont on va parler le démontrent,
11:12 une situation qui est relativement dramatique.
11:16 Le pessimisme est un symptôme, c'est un thermomètre, mais de la réalité.
11:23 On va en parler au moment de la bagueille aussi, de la réalité.
11:26 Et ces débats, finalement, moi j'ai un peu du mal à m'y impliquer,
11:31 parce que j'ai un peu l'impression qu'on fonce vers le mur
11:36 et qu'on fait encore semblant.
11:40 Les marges de manœuvre sont faibles, on va avoir un hiver difficile,
11:45 parce que l'impact de l'énergie va être très fort,
11:49 on va avoir une inflation.
11:51 On ne parle pas très peu dans ce pays de ce qui s'est passé à Johannesburg la semaine dernière,
11:57 mais c'est considérable, c'est un événement considérable qui s'est produit.
12:01 C'est le sommet des BRICS, avec l'élargissement.
12:05 Qu'est-ce qu'ils ont fait les BRICS la semaine dernière ?
12:08 Ils ont intégré les principaux producteurs d'énergie, de pétrole et de gaz,
12:14 et ils ont intégré les principaux consommateurs.
12:17 Donc ils vont faire tranquillement leurs affaires avec leur monnaie nationale,
12:21 et nous on va être dans une situation particulièrement difficile,
12:26 et en particulier en ce qui concerne l'inflation.
12:28 Bon voilà, je suis oiseau de mauvaise augure, mais bon.
12:33 On va redébattre de tout ça, du pouvoir d'achat,
12:37 également dans un instant avec vous sur Sud Radio, à tout de suite.
12:41 Sud Radio, le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Exper.
12:45 - Mettons-nous d'accord aujourd'hui autour de Gaëtan Dussosset,
12:49 porte-parole du Rassemblement National, régisse de Castelnau,
12:52 avocat, membre de la rédaction de France Populaire,
12:56 vous avez également un blog "Vu du droit", et puis un livre,
12:58 "Une justice politique" paru aux éditions "L'artilleur".
13:01 Jérôme Ripoux, le directeur associé de l'agence Comfluence,
13:04 et coprésident d'Opinion Valley, et Frédéric Daby, directeur général de l'IFOP.
13:08 Et je rappelle votre dernier livre, "La fracture", qui est paru aux éditions "Les Arènes".
13:13 On va commencer au tome 2, parce que "La fracture",
13:16 on va reparler de l'Abaïa, de la réaction des Verts et de la France Insoumise,
13:22 qui crie au scandale, qui parle d'une police du vêtement.
13:26 Beaucoup de questions, on en a abondamment parlé hier,
13:29 mais les réactions politiques continues sont, me semble-t-il,
13:32 de plus en plus indécentes par rapport aux femmes,
13:35 quand on parle de liberté, et qu'on imagine que ce voile
13:41 peut être une liberté pour les femmes.
13:43 Je trouve ça assez choquant, Emmanuel Macron,
13:45 qui veut une initiative politique d'ampleur, avec un préférendum,
13:49 et puis l'état d'esprit des Français,
13:52 leurs préoccupations avec vous Frédéric Daby, dans un instant.
13:55 Frédéric, vous aviez un coup de gueule.
13:57 - Oui, c'est un coup de gueule vis-à-vis des médias qui ont traité ce matin
14:01 l'étude UNAPI, l'association de personnes en situation de handicap,
14:05 sur le fait que trop d'enfants en situation de handicap sont privés d'école.
14:09 Ce n'est pas un sondage qu'a fait l'UNAPI, mais c'est une étude,
14:11 ils ont fait des remontées de leurs antennes locales dans 6 régions,
14:15 et c'est vrai que les chiffres sont absolument sidérants,
14:18 il y a 23% d'enfants en situation de handicap,
14:21 beaucoup d'handicapés intellectuels qui ont 0h de scolarisation,
14:25 28% entre 0 et 6h, les classes ne sont pas adaptées à leurs besoins,
14:32 le projet d'instituts médicaux éducatifs au sein des écoles,
14:35 il y en a très peu, mais là où je fais un coup de gueule,
14:37 c'est que je connais un petit peu ce sujet,
14:39 tous les papiers ont fini, pour autant, les choses vont mieux,
14:43 puisqu'il y a 430 000 enfants maintenant scolarisés,
14:47 plutôt des enfants avec des handicaps moteurs,
14:50 les choses vont mieux.
14:52 Bien sûr, il y a plus d'enfants en situation de handicap scolarisés,
14:55 mais on ne parle pas du cœur du sujet, c'est-à-dire les fameux AESH,
14:59 les personnes qui sont chargées d'accompagner, d'aider, d'être en classe avec leurs enfants,
15:05 je salue amicalement mon amie Pascale qui fait ça maintenant depuis 8 ans,
15:09 elle était professeure de mathématiques, elle a changé de vie pour ça,
15:12 1) on est payé à peine le SMIC horaire,
15:15 2) on a un contrat de 24h par semaine,
15:18 qu'est-ce qu'on fait pour le reste des heures pour ces enfants ?
15:20 Et c'est vrai que là, bien sûr, on joue sur l'émotionnel,
15:24 hier également, j'ai peut-être un peu plus de temps que dans le temps normal,
15:27 j'ai vu la télévision où on a parlé, oui c'est dans un an,
15:30 les Jeux Paralympiques, dans les centres aérés,
15:33 on fait beaucoup de choses avec les enfants là-dessus, c'est formidable,
15:36 mais sur le gros du sujet, sur les enfants en situation de handicap moteur dans les écoles,
15:42 dire que la situation est satisfaisante, je ne dirais pas ça,
15:45 vous connaissez je crois également ce sujet Valérie,
15:48 et on ne parle pas de ces AESH qui n'ont pas de statut,
15:53 qui font ça presque à titre bénévole,
15:55 et qui ne peuvent pas par exemple, c'est très dur d'être avec le même enfant d'une année,
15:59 il faut se battre et faire des pieds et des mains.
16:01 - Oui, mais c'est effectivement, on se donne bonne conscience avec des annonces ici ou là,
16:08 mais quand on regarde l'état aussi de l'aménagement pour les personnes handicapées,
16:11 je pense à Paris en particulier qu'on connaît bien,
16:14 ou l'état des aéroports, je râle à chaque fois parce que je vois des personnes en situation de handicap,
16:20 - Qui sont bloquées dans les avions notamment, aux arrivées bien sûr.
16:23 - Des ascenseurs qui ne fonctionnent pas, mais vous avez raison, l'école, non, tout ne va pas bien,
16:27 oui il y a eu des progrès mais pas suffisamment,
16:29 et il faut le dire et le rappeler.
16:33 Le sujet du jour c'est encore et toujours l'Abaïa,
16:38 avec une multitude de tweets tout plus indignes les uns que les autres,
16:44 celui de Sandrine Rousseau,
16:45 "Tous les psychodrames de la laïcité ne peuvent pas en permanence porter sur le corps des femmes
16:49 et la manière dont il est habillé,
16:51 or pour l'instant il ne porte que là-dessus."
16:53 Marie Cabrette qui est, vous le savez, une proche de Charlie Hebdo,
16:57 sinon tous les "psychodrames" de la laïcité,
17:00 on parle des morts assassinées, Charlie Hebdo pour des dessins représentant Mahomet,
17:05 on parle de Samuel Paty,
17:07 donc voilà il y a ça,
17:09 et puis ce côté d'islamophobie qui est ressorti à chaque fois,
17:13 qui est assez choquant malgré tout,
17:18 écoutez Danielle Obono, écoutez ce qu'elle disait également.
17:23 - Cette annonce est à la fois anti-laïque,
17:25 je pense aussi qu'elle est sexiste,
17:27 encore une fois ce sont les corps des femmes qui sont mis en cause,
17:29 les corps de jeunes femmes.
17:31 - La religion souvent s'occupe du corps de la femme plus que du corps de l'homme.
17:34 - Et oui, il serait temps que ce soit la religion ou que ce soit l'Etat,
17:37 arrête de s'occuper du corps des femmes,
17:39 pas simplement s'occuper mais de décider quelle est la longueur de la jute,
17:41 quelle est la longueur du crop top,
17:43 parce qu'on a eu aussi l'épisode du crop top,
17:45 vous vous rappelez, c'est sexiste et c'est aussi raciste,
17:48 parce que encore une fois c'est la religion musulmane qui est ciblée.
17:52 - Non mais attendez Madame Oubono,
17:54 parce qu'il y a un point que vous avez oublié, Madame Oubono.
17:56 - C'est politique, discriminatoire, sexiste et raciste.
17:58 - Voilà, sexiste et raciste,
18:00 alors il y a une contradiction parce que
18:02 si ce n'est pas un vêtement religieux,
18:04 pourquoi est-il islamophobe ?
18:06 - Oui, c'est pas négligeant.
18:08 - Régis ?
18:10 - C'est horrible de mauvaise foi,
18:12 horrible d'hypocrisie.
18:14 - Mais comment, la question c'est comment la gauche,
18:16 qui devrait défendre la laïcité,
18:18 qui devrait défendre le corps des femmes,
18:21 quand je vois Manon Aubry qui parle d'un bout de tissu,
18:23 tout ça pour un bout de tissu,
18:25 mais on voit les images en Afghanistan,
18:27 on voit les images en Iran,
18:29 d'une femme qui se fait sortir d'un taxi
18:31 parce qu'elle ne porte pas le voile,
18:33 comment peut-on parler de bout de tissu ?
18:35 - Attendez, Valérie,
18:37 l'arrogance de ces personnes,
18:39 qui elles ne sont pas soumises à cette pression,
18:41 et qui donnent des leçons.
18:43 Non, c'est insupportable.
18:45 Alors il y a deux raisons à cela,
18:47 comment la gauche,
18:49 ils ne sont pas de gauche.
18:51 - Non, pas toute la gauche,
18:53 on a eu hier M. Roussel qui l'a dit.
18:55 - Non, mais la gauche montante,
18:57 je ne sais pas ce que c'est que ça.
18:59 - Non, mais au sens électoral,
19:01 c'est-à-dire celle qui aujourd'hui accumule...
19:03 - Oui, alors, et la deuxième raison,
19:05 la deuxième raison,
19:07 c'est une raison purement électoraliste.
19:09 C'est en faisant ça qu'on fait des majorités.
19:11 Regardez M. David Guiraud,
19:13 c'est extraordinaire.
19:15 Alors je ne sais plus qui disait,
19:17 je n'en virais pas la ville de Marchepied qu'il a,
19:21 c'était assez méchant, mais c'était parfaitement exact.
19:23 Cela étant, moi ce que je trouve finalement
19:27 qui me choque le plus dans tout ça,
19:29 c'est que, je veux dire,
19:31 on a traversé un été particulier quand même.
19:33 Il y a eu les émeutes,
19:35 le nombre de villes qui se sont transformées,
19:39 et qui aujourd'hui sont confrontées,
19:41 on a parlé de Nîmes,
19:43 mais dans la Provence où je suis,
19:45 si vous parlez de Tarascon, si vous parlez de Bocquer,
19:47 si vous parlez de Lugnen un peu plus loin,
19:49 etc., c'est la même chose.
19:51 - Petite petite ville, oui.
19:53 - On a un problème d'immigration,
19:55 on a un problème de quartier abandonné
19:57 à la délinquance,
19:59 abandonné à la misère, à la pauvreté
20:01 et aux affrontements.
20:03 Et qu'est-ce qu'on fait à la rentrée ?
20:05 M. Attal, il roule des mécaniques,
20:07 et il allume une mèche.
20:09 Et naturellement...
20:11 - On ne peut pas lui reprocher d'avoir
20:13 pris une décision...
20:15 - Non mais attendez,
20:17 je trouve au bout d'un moment...
20:19 Le piège !
20:21 Le piège est fermé.
20:23 Le piège est fermé.
20:25 De toute façon, le problème de fond
20:27 il est bien celui-là, il est bien
20:29 cette religion qui essaye de s'imposer
20:31 dans l'espace public.
20:33 Le problème, c'est que
20:35 on en vient à une situation politique
20:37 où après les débats
20:39 entre les partis politiques
20:41 les débats entre
20:43 une chanteuse et Michel Sardou,
20:45 après on a eu Médine, maintenant
20:47 on a ça, et on continue,
20:49 le train continue,
20:51 le TGV a toute allure, acculé vers le mur.
20:53 C'est assez épouvantable.
20:55 Mais la responsabilité
20:57 de LFI
20:59 et des verts,
21:01 etc.
21:03 est majeure, majeure
21:05 dans cette dégradation.
21:07 - Frédéric Dabier ?
21:09 - Oui, je suis à Sud Radio. En juin dernier,
21:11 une de notre dernière balise
21:13 avant la trêve estivale avait posé
21:15 la question de l'autorisation, pour pas
21:17 induire les réponses avec le mot "interdire",
21:19 de vêtements comme les abayas,
21:21 comme les camises, comme les
21:23 djellabas. Et ce qui est très intéressant,
21:25 à l'école bien sûr,
21:27 c'est qu'il y a un décalage entre ces clivages
21:29 apparents et une opinion
21:31 unanime. 77%
21:33 des Français sont opposés
21:35 à l'autorisation, 57%,
21:37 c'est-à-dire qu'une majorité sont
21:39 tout à fait opposés, et par rapport
21:41 à la gauche,
21:43 par rapport à la France insoumise,
21:45 une fois de plus,
21:47 le peuple de gauche, pour prendre l'antienne
21:49 mitterrandienne, les sympathisants
21:51 de gauche sont en décalage
21:53 avec les points de vue de
21:55 la plupart des personnalités de gauche LFI,
21:57 sachant que Carole Delga,
21:59 Fabien Roussel, Jérôme Guedj,
22:01 se sont opposés, ou plutôt ont soutenu
22:03 les législatives. - Le maire de Montpellier ?
22:05 - Le maire de Lafosse, qui est impeccable sur ses questions,
22:07 se sont opposés,
22:09 sont plutôt soutenus qu'après la taille,
22:11 et ce qui est très intéressant, c'est qu'on a
22:13 64% des sympathisants de gauche qui sont
22:15 opposés, 60%
22:17 des électeurs de Jean-Luc Mélenchon,
22:19 donc voilà, une fois de plus, comme
22:21 le racisme systémique, comme les violences
22:23 policières, il y a sur tous les sujets,
22:25 et je pense qu'il n'y a pas eu de sondage sur
22:27 Médine, parce que là je rejoins notre
22:29 ami Régis, ça n'intéresse personne,
22:31 la semaine prochaine, je suis un peu publicité,
22:33 mais notre baromètre, notre fiduciel pour
22:35 Match et Sud Radio, notre question sur les conversations
22:37 des Français, on va voir
22:39 la place dans la hiérarchie de l'affaire
22:41 "C'est pathétique" de Médine,
22:43 on va voir dans la place, dans la hiérarchie
22:45 sur cette opposition
22:47 ancien-moderne, Armanet-Sardou,
22:49 mais en tout cas,
22:51 sur ce sujet, les sympathisants de gauche
22:53 et l'ensemble des Français sont à unisson.
22:55 Là, en revanche, où il y a un clivage,
22:57 c'est un clivage générationnel,
22:59 je vous en avais parlé dans mon livre que vous avez signé,
23:01 sur ces questions, les jeunes sont plutôt
23:03 sur une logique McDo, si je puis dire,
23:05 c'est "Venez comme vous êtes", il n'y a pas de sujet
23:07 pour eux, la laïcité
23:09 c'est pour eux non pas faire reculer
23:11 l'influence des religions,
23:13 garder la religion dans l'espace
23:15 privé, mais c'est assurer
23:17 la visibilité
23:19 et la liberté
23:21 pour chacun, et donc cette liberté passe
23:23 par le port de vêtements
23:25 ostensibles religieux, en contradiction
23:27 avec la loi de 2004, c'est
23:29 là-dessus uniquement qu'il y a
23:31 une différence d'un clivage,
23:33 en revanche, politiquement,
23:35 il n'y a quasiment pas de différence
23:37 entre les différentes familles politiques.
23:39 - On va y revenir Gaëtan Dussosier,
23:41 je vous donne la parole au retour
23:43 de cette courte page de publicité,
23:45 à tout de suite.
23:47 Sud Radio, le 10h midi,
23:49 mettez-vous d'accord, Valérie Experts.
23:51 - Et on continue notre débat,
23:53 on parle de la baïa,
23:55 c'est l'un des sujets les plus commentés,
23:57 que ce soit sur les réseaux
23:59 et par les politiques eux-mêmes.
24:01 Gaëtan Dussosier, vous vouliez
24:03 réagir à ce que nous disions précédemment.
24:05 Mettez-vous d'accord, je trouve que sur ce plateau
24:07 tout le monde est à peu près d'accord.
24:09 - Oui, comme la population française, c'est vrai que
24:11 Frédéric Dhabi, pour compléter un peu les chiffres que vous aviez donnés,
24:13 il y a 77% de Français qui en effet
24:15 sont pour l'interdiction de la baïa à l'école,
24:17 60% parmi les électeurs de Mélenchon,
24:19 c'est quand même assez ironique,
24:21 étant donné les positions du leader de la France Insoumise,
24:23 mais il y a aussi, quand on regarde
24:25 les premiers concernés, à savoir le corps enseignant et professoral,
24:27 c'est une large majorité, c'est 80%.
24:29 C'est 80% du corps enseignant
24:31 qui en fait sont toujours en première ligne
24:33 à subir les atteintes à la laïcité
24:35 qui ont explosé de plus de 120%
24:37 sur l'année scolaire 2022-2023,
24:39 qui eux, dans un cri
24:41 unanime, nous disent "oui, on veut à 80%
24:43 interdire le port de la baïa".
24:45 Alors il est vrai que la responsabilité
24:47 de la France Insoumise est une partie
24:49 des cadres de la gauche du PES,
24:51 elle est immense.
24:53 Elle parle de guerre de religion,
24:55 de décisions racistes,
24:57 sexistes,
24:59 cruelles. J'ai entendu M. Bonpart
25:01 de la France Insoumise nous expliquer
25:03 ce matin qu'ils allaient même faire un recours
25:05 au près du Conseil d'État pour faire invalider
25:07 la décision de Gabriel Attal
25:09 et de l'interdiction du port de la baïa.
25:11 Donc là, il y a vraiment quelque chose.
25:13 Non seulement, déjà, ils sont complètement déconnectés
25:15 de ce que veulent la majorité
25:17 du peuple français, mais ils portent aussi
25:19 une lourde responsabilité parce que,
25:21 d'une manière, ça se traduit quand même par des actes
25:23 et des conséquences qui sont difficiles.
25:25 Les enseignants ont aujourd'hui énormément de mal
25:27 à aborder un certain nombre de sujets
25:29 d'histoire, par exemple, à aborder
25:31 les questions civiques, les questions liées à la laïcité,
25:33 à l'enseignement de la République et des valeurs.
25:35 Et, en effet, quand on se souvient
25:37 de ce qui s'est passé cet été,
25:39 on parle de quelque chose il y a quelques semaines,
25:41 quelques mois. On ne parle pas d'un événement,
25:43 on ne parle pas des émeutes de 2005, on parle de celle de 2023.
25:45 Et bien, quand on voit qu'il y a un problème
25:47 de désunion, de désaccord
25:49 total de personnes
25:51 qui, en réalité, ne se sentent peut-être
25:53 même plus français
25:55 et vivent dans un pays qui leur est
25:57 étranger, dont les valeurs, les justes et les coutumes
25:59 leur sont étrangères, et bien,
26:01 avoir des députés, des représentants parlementaires
26:03 qui prennent partie pour le
26:05 communautarisme et pour l'intégrisme
26:07 islamiste et son antrisme au sein de l'école
26:09 est quelque chose, évidemment, de gravissime.
26:11 - Oui. Jérôme ?
26:13 - Moi, j'ai envie de servir un petit peu tout le monde.
26:15 Premièrement, Gabriel Etal,
26:17 un grand politique,
26:19 il lance le sujet, alors qui existe
26:21 depuis un an, son prédécesseur l'avait identifié,
26:23 mais qu'est-ce qu'il fait ? On va masquer les problématiques
26:25 d'intégration des personnes handicapées
26:27 à l'école, on va masquer les problématiques
26:29 de recrutement des professeurs, de qualité des professeurs,
26:31 donc, en fait, le sujet
26:33 va masquer complètement tous les autres problèmes.
26:35 Il le traite
26:37 d'une façon qui est un peu étrange.
26:39 Est-ce que les directeurs d'établissement ont été prévenus
26:41 ou ont reçu une circulaire ? Non, ils vont apprendre ça par la presse.
26:43 - Et aujourd'hui, il y a une...
26:45 - Et aujourd'hui, c'est-à-dire
26:47 que donc, on annonce le fait
26:49 avant de réunir
26:51 les principaux décideurs de l'application
26:53 de cette mesure. On ne sait pas comment ça va se passer
26:55 parce que la mise en ordre va être très compliqué.
26:57 On se retrouve aussi face à des professeurs
26:59 et des proviseurs, des directeurs d'établissement
27:01 qui ont la trouille, il faut le dire.
27:03 Il y a aussi un... - Bien sûr.
27:05 - Donc, si on ne donne pas la méthode,
27:07 c'est une insolite. Donc, Gabriel Etal,
27:09 je trouve qu'il a mis la chambre dans les bœufs.
27:11 Deuxièmement, du côté, Frédéric Dabil disait,
27:13 de la France insoumise, il faut être très clair,
27:15 c'est une position électoraliste
27:17 qu'ils ont et démagogique.
27:19 Ils considèrent que le vote, aujourd'hui,
27:21 communautaire, est partie prenante
27:23 de leur réussite électorale. Et donc,
27:25 ils le captent. Et au passage,
27:27 j'ajoute quelque chose, quand même, qui n'est pas anodin.
27:29 C'est que, ce faisant, si on est cynique,
27:31 on peut se dire qu'ils évitent quand même
27:33 la montée en puissance
27:35 d'une expression politique communautaire.
27:37 Parce que... - C'est-à-dire ?
27:39 - C'est-à-dire, en clair, si personne ne tient
27:41 cette position sur l'échec électoral,
27:43 cette position sera tenue par des franges
27:45 communautaires. Et le livre
27:47 de Houellebecq deviendra un jour
27:49 réalité. Donc, il n'est peut-être
27:51 pas aussi scandaleux que ça
27:53 qu'une opposition s'exprime
27:55 sur ce sujet. Je ne la partage pas.
27:57 Mais je dis que ça s'exprime dans le
27:59 champ électoral qui est reconnu
28:01 et qui est à peu près républicain.
28:03 Même si Mélenchon, on l'a vu, est passé
28:05 de républicanisme et d'une laïcité
28:07 vraiment... - C'est un mérego.
28:09 - ... de rétitude totale à une ouverture.
28:11 Mais je veux dire, attention, il y a ce sujet.
28:13 Après, moi je considère
28:15 qu'aujourd'hui, il n'y a qu'un
28:17 sujet sur le pourquoi c'est
28:19 le vêtement féminin qui est visé
28:21 uniquement, alors qu'on sait qu'il y en a
28:23 d'autres qui sont masculins.
28:25 Moi j'aimerais savoir. - Dans le sondage, on parle. Il y a des djellabas,
28:27 des camis... - Des camis. - Et on sait
28:29 effectivement que ça concerne tant les filles que les garçons.
28:31 Alors moi je ne vois pas pourquoi, effectivement.
28:33 Et donc là, il donne prise,
28:35 là aussi Gabriel Ettaille sur la vêtement, il donne prise finalement à des sujets
28:37 sur "c'est la femme etc.", ce qu'on voit
28:39 avec Madame Rousseau. Là aussi, c'est un délire
28:41 absolu. Bon, mais voilà, mais ça me paraît normal.
28:43 On va finir par trouver ça normal.
28:45 Et je trouve que tout ça, c'est mal
28:47 enmanché. Après, électoralement, il faut
28:49 être aussi clair, M. Ettaille est en train de répondre
28:51 à des problématiques qui fait que
28:53 la gauche est larguée,
28:55 la droite est larguée,
28:57 et que le Rassemblement National
28:59 n'a pas grand-chose à dire, il a à engranger
29:01 les bénéfices de cette situation.
29:03 Et je trouve qu'il le fait plutôt
29:05 habilement. Donc, à partir de là,
29:07 il essaie de donner une réponse, mais je pense que
29:09 la réponse ne sera pas à la hauteur, et en tout cas
29:11 en capacité de ramener un flux
29:13 d'électeurs sur les positions de Macron.
29:15 - Ce qui est certain d'autant plus,
29:17 c'est qu'il faut aller plus loin. Quand je rappelais les chiffres
29:19 tout à l'heure, on parle de l'explosion de 120%
29:21 des atteintes à la laïcité relevées par
29:23 le corps professoral et l'ensemble des enseignants
29:25 français, c'est-à-dire qu'il reste encore beaucoup de choses
29:27 à faire. Beaucoup de choses à faire sur le rétablissement
29:29 de l'autorité des professeurs au sein des
29:31 établissements scolaires, sur l'instauration, c'était
29:33 d'ailleurs une proposition des députés du
29:35 Rassemblement national lors de leur niche parlementaire,
29:37 l'instauration d'un uniforme au sein de l'école.
29:39 - Est-ce que ce serait la solution ?
29:41 - C'est un sujet qui est largement inconsensuel,
29:43 qui est partagé au-delà des dits de la politique.
29:45 - Il est vrai que c'est un sujet qui fait consensus,
29:49 qui dépasse un peu les clivages politiques et les étiquettes
29:51 politiques, et c'est tant mieux. Donc, il faut
29:53 aller dans ce sens-là. Il se trouve que lorsqu'on
29:55 l'a proposé dans notre niche parlementaire, et bien même
29:57 ceux qui étaient favorables et qui ne faisaient pas partie de
29:59 notre famille politique n'ont pas osé
30:01 la voter et encourager cette mesure.
30:03 Mais je pense que là, désormais,
30:05 c'est quelque chose qui est inévitable et qui est indispensable.
30:07 - Frédéric ?
30:09 - Oui, de mémoire, on avait posé cette question dans une enquête
30:11 IFOP-JDD, et on avait, oui,
30:13 une partie majoritaire
30:15 de l'opinion qui était favorable, avec là, un clivage
30:17 bien rationnel encore plus fort.
30:19 - Et ça se passe comment si on décrète que l'uniforme
30:21 est obligatoire ?
30:23 - Je ne sais pas comment ça se fera.
30:25 - C'est un sujet qui a été réalisé il y a 5 ans.
30:27 - Oui, mais là, aujourd'hui, c'est quoi ? C'est un décret ?
30:29 C'est une circulaire ?
30:31 - Oui, je pense.
30:33 - Ça peut être aussi un projet de loi
30:35 avec un seul article.
30:37 - Absolument.
30:39 - En tant que oui du public et du privé, il y aura toute une série
30:41 d'implications à mettre en oeuvre.
30:43 En tout cas, l'opinion est plutôt favorable,
30:45 même si, voilà, là, je pense que
30:47 la stratégie dilatoire
30:49 dont on régiste à parler, c'est-à-dire
30:51 est-ce que c'est le sujet principal
30:53 sur l'école, ça sera
30:55 un véritable carburant.
30:57 - Oui.
30:59 - Pour les opposants
31:01 aux vêtements, à la tenue
31:03 obligatoire. Et également, il y aura
31:05 aussi un argument pour, qui est
31:07 l'égalité, c'est-à-dire
31:09 on pourra peut-être de l'égalitarisme,
31:11 l'effacement
31:13 des différences sociales visibles à travers
31:15 les vêtements. - Parfaitement.
31:17 - Un petit dernier point sur la question et le sujet de la
31:19 baïa. Moi, il y a quand même quelque chose
31:21 qui me pose un petit peu de problème, c'est la cohérence
31:23 de la gauche nupèce dans tout ça.
31:25 Parce qu'on voit quand même qu'il y a des voix
31:27 discordantes, qui ne sont pas tout à fait d'accord
31:29 sur ce sujet-là. Et contrairement
31:31 à ce que l'on pourrait croire, c'est pas un sujet
31:33 anecdotique ou anodin. C'est pas seulement
31:35 un sujet de société, c'est un véritable sujet de civilisation
31:37 et il en va même de la sécurité, on l'a rappelé,
31:39 d'un certain nombre de professeurs.
31:41 Et quand on voit que, par exemple,
31:43 on nous a souvent parlé lors des amphis de la France
31:45 insoumise, Ségolène Royal, comme une potentielle
31:47 tête de liste aux élections européennes.
31:49 Il se trouve que Ségolène Royal,
31:51 lorsque une ancienne présidente de l'UNEF,
31:53 syndicat étudiant, s'est présentée à l'Assemblée nationale
31:55 voilée, a dit sur un plateau
31:57 qu'elle serait
31:59 sortie de l'hémicycle pour protester
32:01 contre cette provocation communautaire de la part
32:03 d'une représentation syndicale. Est-ce que du coup,
32:05 juste par enjeu
32:07 électoraliste, juste par intérêt de faire
32:09 des voix et d'éviter les dispersions,
32:11 ils vont être capables de mettre de côté
32:13 des convictions qui sont profondes, qui parlent quand même
32:15 de l'image que l'on a du pays et de l'évolution
32:17 de la société, pour finalement
32:19 n'obtenir que des voix ? Est-ce qu'ils vont accepter
32:21 de travailler ensemble comme ils l'ont fait
32:23 et de faire des listes uniques comme ils l'ont fait
32:25 aux élections législatives, alors qu'ils sont quand même
32:27 en désaccord sur des sujets qui, encore une fois, ne sont
32:29 pas du tout anecdotiques ?
32:31 - Oui, absolument.
32:33 - Je pense
32:35 qu'une liste d'union de la gauche
32:37 aux européennes, qui est quand même
32:39 le scrutin qui n'intéresse absolument
32:41 pas les Français,
32:43 donc je suis assez pessimiste.
32:45 Mais Frédéric...
32:47 Frédéric va peut-être nous dire
32:49 qu'il va y avoir
32:51 un grand mouvement unitaire autour
32:53 de cette élection, mais personnellement, je
32:55 n'y crois pas. Donc Ségolène Royal,
32:57 elle fait son tour de piste, elle continue
32:59 à exister, elle vient d'ailleurs, je trouve
33:01 qu'elle est toujours
33:03 énergique et finalement c'est quelqu'un d'assez
33:05 courageux, même si je l'ai toujours combattue
33:07 politiquement. Mais
33:09 ce qui est quand même
33:11 intéressant, c'est qu'effectivement
33:13 au travers des questions liées à l'immigration,
33:15 au travers des questions liées
33:17 à l'islam politique, parce qu'il s'agit bien de ça,
33:19 donc je
33:21 pense qu'il y a
33:23 des réminiscences
33:25 d'un
33:27 monde disparu, c'est-à-dire
33:29 après la catastrophe éducative
33:31 qui est largement trentenaire,
33:33 on rêve d'un retour,
33:35 je vais parler de l'uniforme.
33:37 Je rappelle quand même que moi,
33:39 privilège de l'âge, j'ai
33:41 connu les études secondaires
33:43 où il y avait un uniforme
33:45 dans le domaine public. Et ma chère
33:47 Valérie, il n'y avait que les filles
33:49 qui avaient des blouses. Nous,
33:51 on avait le droit de venir en jeans.
33:53 - Alors moi j'ai porté des
33:55 blouses. - Ah oui, vous avez porté des blouses ?
33:57 Et au secondaire aussi ? - Personnellement ?
33:59 - Non, pas au secondaire. - Non, c'est ça.
34:01 - Non, non, effectivement,
34:03 pas au secondaire. - C'est ça, moi j'ai eu un
34:05 uniforme, mais pas au secondaire.
34:07 - J'invite à regarder ce
34:09 qui se passe dans le monde, quels sont
34:11 dans tous les classements. Alors j'ai vu
34:13 que le Vietnam était très haut
34:15 dans les classements sur l'éducation,
34:17 etc.
34:19 Tous ces pays qui ont été souvent des pays
34:21 colonisés pratiquent
34:23 l'uniforme.
34:25 Ce sont des
34:27 uniformes très saillants d'ailleurs.
34:29 - C'est joli de voir les enfants.
34:31 - Tout le monde est en uniforme.
34:33 Vous allez en Inde, tout le monde est en uniforme.
34:35 Vous allez à Malte, tout le monde est en uniforme.
34:37 Et je pense que ça, ce serait une
34:39 solution qui pourrait être intéressante.
34:41 - C'est que...
34:43 - C'est non discriminant. - Ça fait du monde à
34:45 habiller.
34:47 - Ça relancera l'industrie textile.
34:49 - Pantalon bleu marine au blanc,
34:51 je vois pas ce que ça
34:53 coûterait
34:55 aux familles.
34:57 Ça ne coûterait pas très cher.
34:59 On se retrouve dans un instant avec vous sur Sud Radio.
35:01 Restez avec nous.
35:03 - Sud Radio, le 10h midi.
35:05 Mettez-vous d'accord.
35:07 Valérie Experts. - Et nous sommes
35:09 quasiment d'accord aujourd'hui avec Gaëtan Duchossey,
35:11 Régis de Castelnau et Jérôme Ripoul.
35:13 Ainsi que Frédéric Dhabi.
35:15 On va parler dans un instant de votre sondage.
35:17 Frédéric, vous vouliez juste rajouter
35:19 quelque chose Jérôme ? - Oui, il y a quelque chose...
35:21 - Sur la baïa et la politique en particulier.
35:23 - Il y a quelque chose qui m'a choqué de la part de
35:25 Manuel Bompard, qui a annoncé qu'ils allaient saisir
35:27 le Conseil d'État. Il a dit "la laïcité doit être un facteur
35:29 de paix, pas de division". Il faut rappeler
35:31 à M. Bompard un petit peu d'histoire. La laïcité
35:33 s'est imposée dans la douleur.
35:35 Elle a été un élément d'unification
35:37 mais au départ elle a divisé.
35:39 Et là c'est pareil. Il faut être clair,
35:41 la République c'est la laïcité
35:43 et la laïcité c'est un des fondements
35:45 de ce qu'il fait la République française.
35:47 Donc aujourd'hui, soit on adhère à la laïcité
35:49 et à ce moment-là on est dans le moule
35:51 national, soit on n'y adhère pas et c'est
35:53 un facteur de dissociation.
35:55 Et c'est ça qu'il doit dire. C'est pas vrai, ça n'apporte pas forcément
35:57 la paix la laïcité. Ça peut être un moment
35:59 difficile où on se dit "bon ben voilà, il faut
36:01 reprendre les choses au clair, refixer des règles
36:03 et ça va pas forcément
36:05 mener à la paix de prime abord.
36:07 Donc les divisions, il faut les affronter.
36:09 - Manuel Pompin sera demain
36:11 l'invité à 8h30
36:13 de Jean-Jacques Bourdin dans l'interview politique.
36:15 Je vous conseille d'aller sur les réseaux voir
36:17 la participation de
36:19 Jean-Luc Mélenchon à l'émission de Laurent Ruquier
36:21 en 2010 où il parlait du voile
36:23 en disant qu'il fallait
36:25 l'interdire et que c'était une offensive
36:27 de l'islam politique.
36:29 - Et un instrument d'oppression.
36:31 Donc comment expliquer ce basculement ?
36:33 Je ne vais pas me lancer
36:35 dans les explications psychiatriques mais
36:37 et puis rappeler à chaque fois qu'il était
36:39 l'ami de Charbes, qu'il a fait l'éloge funèbre
36:41 de Charbes qui doit
36:43 enfin qui regarderait ça avec
36:45 énormément de tristesse
36:47 énormément de tristesse.
36:49 - Je fais une petite considération juridique
36:55 par rapport à ce qui vient d'être dit.
36:57 Il va y avoir probablement un recours
36:59 devant le Conseil d'Etat. Alors contre quoi ?
37:01 Je ne sais pas, je n'ai pas regardé quel était le support
37:03 juridique de cette interdiction.
37:05 Décret,
37:07 règlement, je ne sais pas.
37:09 Mais ce sera une décision faisant grève
37:11 donc elle sera susceptible d'un recours
37:13 d'un référé de liberté
37:15 devant le Conseil d'Etat
37:17 comme ça a été le cas pour les
37:19 soulèvements de la terre. Donc ça va être assez
37:21 amusant de voir ce que nos amis
37:23 conseillers d'Etat...
37:25 - Même si c'est un décret, il peut y avoir recours au Conseil d'Etat.
37:27 - Même une circulaire.
37:29 - Tu nous confirmes qu'une circulaire.
37:31 - Alors une circulaire n'a pas de valeur normative
37:33 sauf si c'est une décision faisant grève
37:35 et là je pense que la circulaire serait attaquable.
37:37 Donc voilà.
37:39 Non mais ça va être rigolo
37:41 de voir ce que nos amis conseillers d'Etat vont dire
37:43 parce que
37:45 ça va être...
37:47 l'idée elle sera est-ce que ça porte
37:49 atteinte à une liberté celle de se vêtir ?
37:51 Qu'on se rappelle les burkinis sur les plages.
37:53 - Absolument.
37:55 - On va passer à l'opinion
37:57 des français et leur
37:59 état d'esprit. Frédéric Dhabi, c'est un sondage
38:01 IFOP fiducial pour Sud Radio.
38:03 - Notre sondage de rentrée traditionnel.
38:05 - Alors ils sont optimistes ou pessimistes
38:07 les français ? - A votre avis, plutôt pessimistes ?
38:09 Non, ce qui est...
38:11 Ne vous étouffez pas.
38:13 "Tonton, pourquoi tu tousses ?"
38:15 Comme faisait l'autre.
38:17 Référence moderne.
38:19 En tout cas, c'est vrai qu'on pose
38:21 cette question maintenant depuis 1995.
38:23 Est-ce qu'on est optimiste pour soi et pour l'avenir
38:25 de ses enfants ? C'est un optimisme
38:27 ou un pessimisme de projection.
38:29 Et déjà, l'année dernière, Valérie, on avait eu
38:31 un tournant puisque c'était la première fois
38:33 qu'après une élection présidentielle
38:35 et où traditionnellement
38:37 dans notre imaginaire républicain,
38:39 les français écoutent des débats,
38:41 se font une idée, élisent ou réalisent
38:43 un président et repartent de l'avant.
38:45 On avait un niveau
38:47 de pessimisme jamais atteint, 75%.
38:49 Là on est à 74%, donc c'est vraiment
38:51 l'épaisseur du trait. Moi, ce qui me frappe,
38:53 c'est que rien n'a bougé
38:55 en un an. Ce qui me frappe,
38:57 c'est que c'est minoritaire d'optimisme dans toutes
38:59 les catégories de population,
39:01 sauf dans l'électorat d'Emmanuel Macron du premier
39:03 tour, on dit que c'est cette France-Sibérienne,
39:05 mais quand même, qu'à 58%.
39:07 Et puis, voilà, traditionnellement,
39:09 les jeunes sont la catégorie
39:11 la plus optimiste. Ce n'est pas
39:13 le cas. Alors on avait posé des questions
39:15 pour essayer de savoir les motivations.
39:17 Il y a toujours l'inflation, il y a toujours
39:19 cette guerre, cette guerre au cœur de l'Europe
39:21 qui empêche notamment pour ces enfants
39:23 une projection positive.
39:25 Il y a notamment chez les plus jeunes
39:27 la question du réchauffement,
39:29 du dérèglement climatique.
39:31 Dans les premières enquêtes IFOP
39:33 auprès des jeunes, menées par Françoise Giroud,
39:35 les enquêtes Nouvelle Vague en 1957,
39:37 on avait un tiers des jeunes qui étaient
39:39 prêts à mourir pour la France. Maintenant, dans l'enquête
39:41 de 2021 pour mon bouquin, on en a un quart
39:43 prêts à mourir pour l'Okima. Bien sûr, ne prenons
39:45 pas cette réponse,
39:47 Gaëtan n'ayez pas peur, au pied de la lettre,
39:49 la fenêtre est bien fermée.
39:51 Mais
39:53 ça en dit long sur l'état d'esprit
39:55 et cette difficulté à se projeter
39:57 vers l'avenir. Alors ce n'est qu'une question
39:59 de sondage, elle est fermée.
40:01 Mais moi ce qui me frappe c'est cette récurrence, cet enracinement
40:03 du pessimisme.
40:05 - Le pessimisme, oui, on l'entend.
40:07 Et juste les thèmes principaux ?
40:09 - Oui, alors,
40:11 les thèmes aussi, c'est une question qu'on pose depuis de nombreuses années.
40:13 Je ne vais pas détailler tout, mais il y a
40:15 trois choses qui me frappent. Premièrement,
40:17 la santé reste la première préoccupation
40:19 de la société depuis maintenant 4 ans, et c'était en
40:21 2019, avant le Covid.
40:23 Ce n'est pas lié au Covid. Deuxièmement,
40:25 cette focalisation, pouvoir d'achat, inflation
40:27 qui relègue le chômage
40:29 à 30 points. Cette question,
40:31 je le disais, on l'a posée depuis une trentaine d'années,
40:33 traditionnellement c'était très clair, c'était
40:35 systématiquement le chômage comme première préoccupation.
40:37 Il y avait eu le tournant de 2002
40:39 au moment de Jean-Marie Le Pen, où c'était l'insécurité
40:41 pendant la carrière présidentielle. En 2007, le pouvoir
40:43 d'achat pendant peu de temps. Là, on est vraiment sur
40:45 un renversement du paradigme. L'injustice,
40:47 c'est ne plus être au chômage, c'est avoir un travail
40:49 qui paye mal. Troisièmement, est-ce que
40:51 c'est ce parasitage autour
40:53 de l'Europe écologique et vert, le sentiment
40:55 qu'on en fait trop sur le climat ?
40:57 La question du réchauffement climatique reste centrale,
40:59 mais elle est en recul. Et elle recule
41:01 assez fortement par rapport à
41:03 l'année dernière. C'est peut-être que dans ce contexte
41:05 si tendu, ce pouvoir d'achat,
41:07 les fins du mois comptent
41:09 peut-être plus que la fin du monde.
41:11 - Un commentaire, Jérôme ?
41:13 - J'avais deux questions qui portent sur
41:15 deux thématiques qui me
41:17 semblaient plus prégnantes,
41:19 plus importantes,
41:21 et qui sont assez éloignées
41:23 dans les résultats du sondage. C'est la lutte contre
41:25 l'immigration clandestine. Elle est
41:27 à un niveau qui est effectivement élevé
41:29 du même niveau que l'année dernière à la même période.
41:31 Et celle qui est en baisse,
41:33 c'est l'amélioration de la situation dans les banlieues.
41:35 Alors qu'on a eu quand même,
41:37 ce résultat
41:39 contre intuitif.
41:41 - Attention, on n'est pas en concurrence.
41:43 On a testé tous les thèmes. Dire qu'il y a
41:45 une majorité de Français qui trouve la lutte contre
41:47 l'immigration clandestine, il n'y en a que
41:49 je vais vous dire 14%
41:51 qui trouve ça secondaire. Là, on est sur
41:53 les thèmes les plus forts.
41:55 Et puis, c'est vrai que
41:57 ça compte beaucoup dans l'absolu.
41:59 Comparativement, ça compte moins que ces questions de santé.
42:01 Le chiffre de la santé, 83%,
42:03 c'est la réponse tout à fait prioritaire.
42:05 Sur ça, pas le moindre
42:07 clivage. Et pas seulement
42:09 les publics santé, plutôt les femmes,
42:11 les personnes âgées. Sur
42:13 la situation dans les banlieues, je pense que les Français ne font pas
42:15 la connexion avec les émeutes.
42:17 Les émeutes n'étaient pas des émeutes de banlieue.
42:19 Ce n'était pas le contexte de 2005.
42:21 Vous voyez ce qui arrivait à Nantes, ce qui arrivait à Bordeaux,
42:23 ce qui arrivait dans des villes moyennes. Mais c'est vrai que
42:25 j'aurais pu aussi imaginer
42:27 une progression sur la lutte contre la délinquance
42:29 après un été quand même extrêmement
42:31 compliqué. L'affaire de Cherbourg,
42:33 le jeune Enzo, etc. Mais ça reste quand même
42:35 à un niveau tellement élevé que ça ne progresse pas
42:37 de manière encore spectaculaire.
42:39 - Sur la santé, moi je ne suis pas étonné
42:41 du résultat de la priorité,
42:43 de la préoccupation première
42:45 des Français. Pourquoi ?
42:47 Je vous l'expliquais, je change de
42:49 ville, donc je change de médecin référent.
42:51 - Oui, oui, oui.
42:53 - Vous cherchez un médecin référent, vous faites
42:55 six cabinets et on vous dit "on ne prend
42:57 pas de nouveaux clients".
42:59 - Non mais c'est...
43:01 - C'est un insistant que...
43:03 Moi j'imagine les gens qui n'ont pas
43:05 de relation, qui n'ont pas de capacité.
43:07 Vous regardez
43:09 l'hôpital, on voit
43:11 les urgences sont en crise
43:13 depuis... ça fait quoi ?
43:15 Avant la Covid !
43:17 - Le chiffre de 2019
43:19 c'était lié à la grève dans les urgences,
43:21 pendant les interromptes. - Parfaitement, Frédéric.
43:23 Et donc moi, qu'aujourd'hui la dégradation
43:25 du système sanitaire,
43:27 elle est perceptible par tout un
43:29 chacun. Donc je ne suis pas étonné que
43:31 ce soit très élevé. - Là vous avez parfaitement
43:33 raison, c'est que en réalité
43:35 la crise du Covid-19
43:37 a montré les manquements
43:39 et le fait que l'hôpital,
43:41 la situation de l'hôpital, la capacité
43:43 de l'État à apporter des soins
43:45 et l'accessibilité à ces soins
43:47 n'était pas
43:49 en bonne santé, si je puis dire.
43:51 Et malheureusement, en réalité
43:53 ce qui s'est passé, c'est que depuis la crise sanitaire,
43:55 rien n'a véritablement changé.
43:57 En termes de... sur la revalorisation
43:59 du salaire des soignants,
44:01 c'est quand même très... - Si, et si,
44:03 il y a eu une revalorisation, mais qui est très minime,
44:05 et qui ne permet pas de rattraper notre retard
44:07 parmi les membres de l'OCDE. - Mais ça ne suffit pas par rapport au chaos
44:09 dans lequel on est. - Et puis surtout sur...
44:11 - Et puis s'il y a permis de remonter les salaires, il ne faut pas...
44:13 - Mais là aussi, il y a un grand problème,
44:15 c'est sur la question des déserts médicaux. Et vous avez raison
44:17 d'en parler. Je peux prendre un cas que je connais
44:19 bien dans les Vosges, où pour le coup, sur toute la
44:21 seconde circonscription, donc vous allez de Saint-Denis-des-Vosges
44:23 à la sous-préfecture en remontant jusqu'à Rhin-en-L'Etat,
44:25 et bien, pour les... plus on parle quand même
44:27 d'un territoire, avec 115 communes,
44:29 très rural, etc., vous avez un
44:31 neuf Talmots. - C'est incroyable. - Un neuf Talmots.
44:33 Vous avez des endroits où vous êtes obligé, c'est 15
44:35 ou 20 minutes de voiture obligatoire
44:37 pour pouvoir accéder, ne serait-ce qu'à une pharmacie.
44:39 Je ne parle même pas d'un médecin, ne serait-ce qu'à une pharmacie.
44:41 Donc il y a un véritable problème, et ça ne m'étonne pas
44:43 du tout que ça fasse partie des
44:45 priorités. Enfin, un dernier mot sur la question
44:47 du pouvoir d'achat et de l'inflation.
44:49 Que ça soit encore très haut, c'est évident.
44:51 On a vu notamment à l'occasion
44:53 de la rentrée des classes que toutes les fournitures
44:55 scolaires ont subi, elles aussi, une augmentation
44:57 de moyenne, je crois que c'est 11%,
44:59 14% en ce qui concerne la papeterie.
45:01 Mais moi, ce qui me pose
45:03 évidemment problème, et ce qui nous choque au Rassemblement
45:05 National, c'est que dans cet entretien
45:07 fleuve qu'a fait le président de la République,
45:09 Emmanuel Macron, au point,
45:11 on parle quand même de 18 pages,
45:13 pas un seul mot du président
45:15 de la République sur ce qui est l'une des premières préoccupations
45:17 depuis plus de 12 mois de l'intégralité
45:19 du peuple français, à savoir l'inflation et le pouvoir d'achat.
45:21 Et le fait d'avoir un président qui
45:23 finalement ne sait pas où il va, navigue à vue
45:25 et ne répond pas parce qu'il n'est
45:27 pas en prise et en phase
45:29 avec les préoccupations des Français et qu'il est
45:31 incroyablement déconnecté, et bien
45:33 évidemment, ça ne rassure pas et ça ne m'étonne pas
45:35 que ça encourage le pessimisme dans notre pays.
45:37 - Bernard Hanauditeur dit "on a l'impression que vous tombez
45:39 des nues, faudrait vous réveiller, le pays est en train
45:41 de se dégrader", et c'est un très fort sentiment
45:43 chez les Français. Et on a
45:45 le sentiment que les politiques
45:47 sont très très loin du quotidien des
45:49 Français. Alors, on ne va pas
45:51 faire du poujadisme ou du
45:53 populisme, mais ils ne sont pas confrontés
45:55 à la difficulté
45:57 de trouver un ophtalmo, un kiné...
45:59 C'est
46:01 terrifiant les gens qui restent sans soins.
46:03 Révis de Castelnau.
46:05 - Moi, ce qui m'a frappé,
46:07 c'est le décalage entre
46:09 ce qui relève de la perception
46:13 par les gens, dégradation
46:15 sur les questions du système de santé,
46:17 c'est évident, l'inflation,
46:19 non parlons pas, on pousse son
46:21 caddie, puis on sait très bien à quoi s'en tenir
46:23 à ce moment-là.
46:25 C'est cette expérience
46:27 sensible, finalement,
46:29 qui est importante.
46:31 C'est comme pour l'insécurité.
46:33 Quand on nous dit,
46:35 M. Dupond-Moretti, "ah, il n'y a pas
46:37 d'insécurité, il y a un sentiment d'insécurité",
46:39 c'est idiot. La réalité de
46:41 l'insécurité, c'est le sentiment qu'on en a,
46:43 c'est la perception du réel.
46:45 Et donc, là, moi,
46:47 ce qui m'a frappé, c'était justement
46:49 l'expérience sociale qui conduisait
46:51 à ce pessimisme.
46:53 Et puis, la deuxième chose
46:55 que je vois, c'est dans la jeunesse.
46:57 C'est assez impressionnant, quand même.
46:59 C'est assez impressionnant. Alors, moi, je vois
47:01 avec mes propres enfants,
47:03 leurs amis, etc.,
47:05 c'est assez terrible.
47:07 C'est assez terrible de voir
47:09 les perspectives qu'ils ont.
47:11 Pour beaucoup, il y a la résignation
47:13 et alors il y a un phénomène. Alors, je me tourne
47:15 vers Frédéric, il y en a beaucoup
47:17 qui veulent partir.
47:19 - Oui, ça fait un petit moment.
47:21 - Encore, faut-il
47:23 pouvoir. - Faut-il pouvoir, mais
47:25 effectivement, beaucoup de jeunes
47:27 partent et ferent leurs études
47:29 à l'étranger quand ils en ont les moyens
47:31 ou partent travailler
47:33 dans d'autres pays. On se retrouve, nous,
47:35 dans un tout petit instant. A tout de suite sur
47:37 Sud Radio.
47:39 - Sud Radio, le 10h midi,
47:41 mettez-vous d'accord, Valérie
47:43 Expert. - Alors,
47:45 chaque rentrée, il y a des nouveautés. La nouveauté,
47:47 c'est le préférendum.
47:49 Préférendum, donc,
47:51 écoutez, c'est
47:53 Olivier Véran qui en a parlé hier.
47:55 - Eh bien, il le dit lui-même,
47:57 le président. Il est ouvert à faire un référendum
47:59 et pourquoi pas même un préférendum.
48:01 Un préférendum, c'est un concept
48:03 qui nous permettrait de tester
48:05 plusieurs sujets à la fois
48:07 au cours d'un même vote. Par exemple, vous pouvez poser
48:09 des questions multiples aux Français.
48:11 - Alors, moi,
48:13 je veux bien poser des questions multiples aux Français, mais sauf
48:15 qu'on leur en a... - C'est notre métier, Yves Favre, de poser des questions multiples.
48:17 - Vous essayez de vous placer.
48:19 - Il ne veut pas se faire foutre.
48:21 - C'était sur
48:23 BFM hier. Mais
48:25 poser des questions, pourquoi pas,
48:27 mais on leur en a jamais posé vraiment de questions.
48:29 Alors, quand on leur a posé la question
48:31 sur l'Europe, on n'a pas respecté
48:33 leur volonté.
48:35 Donc, poser plusieurs questions, pourquoi pas, Frédéric ?
48:37 - Oui, pourquoi pas.
48:39 Il n'y a pas eu de référendum national
48:41 depuis 2005.
48:43 On se souvient du référendum du 29 mai
48:45 sur le traité européen.
48:47 - Et avant, il y avait eu quoi comme référendum ?
48:49 - Il y a eu Maastricht en 92,
48:51 il y a eu le quinquennat en 2000.
48:53 - Pas des trucs très concernants.
48:55 - Ce n'est pas des choses très concernantes pour les Français,
48:57 globalement. - Les référendums, il y a toujours eu
48:59 deux mouvements. D'une part, des référendums qui,
49:01 loin des préoccupations des Français,
49:03 ont suscité une abstention
49:05 massive. Nouvel-Calédonie de Michel Arouca
49:07 en 88, quinquennat, septennat
49:09 en 2000, ou bien des référendums
49:11 instrumentalisés pour "sanctionner"
49:13 un exécutif, et donc
49:15 c'est le cas du référendum européen.
49:17 Maintenant, c'est vrai que le Président,
49:19 qui va faire demain sa rencontre avec tous les
49:21 chefs de parti, a besoin d'un
49:23 élément pour créer une sorte
49:25 de choc,
49:27 dans le sens où,
49:29 ça fait des années
49:31 qu'on parle d'un éventuel référendum.
49:33 Il n'y en a jamais eu,
49:35 et comme vous le disiez, depuis 2005.
49:37 Et puis, il y a l'idée aussi de montrer que,
49:39 sur des sujets,
49:41 il peut être en adéquation avec ce qu'attendent
49:43 les Français. Maintenant, un référendum, voilà comment...
49:45 - Vous êtes le spécialiste quand même des questions.
49:47 - Voilà ! Sur une réponse "oui/non", avoir
49:49 des résultats
49:51 intéressants.
49:53 Je vais finir, mon cher Régis.
49:55 - Attendez, laissez terminer Frédéric.
49:57 Un référendum, vous avez raison, celui de Corse, par exemple.
49:59 - Oui, vous avez oublié, un référendum
50:01 partiel, sur...
50:03 - Le référendum des normes.
50:05 - Oui. - Je parlais du référendum
50:07 national, mais celui de la République. - Ça c'est le jury qui se réveille.
50:09 - Très intéressant. En tout cas,
50:11 en termes d'intérêt pour les Français, je pense...
50:13 - Il n'a pas été respecté. - Tout à fait.
50:15 Et donc voilà, ça plombe, si je peux
50:17 dire, la légitimité. - Non mais ça...
50:19 En fait, Emmanuel Macron
50:21 doit éviter l'écueil que le référendum
50:23 se transforme en
50:25 sanction pour lui.
50:27 Donc à partir de là, il ne peut pas poser
50:29 une question binaire.
50:31 Même si cette question
50:33 pourrait être très concernante pour les Français, type
50:35 immigration, éducation, etc.
50:37 Donc qu'est-ce qu'il fait ? Il invente
50:39 ce référendum en disant
50:41 "bon, je vais poser une question sur l'éducation,
50:43 la laïcité,
50:45 l'immigration..." - C'est quoi ?
50:47 C'est que de la com ? - Mais c'est pas de la...
50:49 Alors, pourquoi ?
50:51 Pourquoi ce référendum ? Qu'est-ce qu'on dit aujourd'hui ?
50:53 On dit qu'Emmanuel Macron
50:55 craint qu'il se retrouve
50:57 dans la nouvelle session parlementaire
50:59 qui va s'ouvrir, avec
51:01 finalement, à nouveau,
51:03 une possibilité
51:05 de voir
51:07 l'opposition déposer une motion de censure
51:09 et que cette fois-ci,
51:11 elle passe. Parce qu'il y a bien un moment
51:13 où la cristallisation des oppositions
51:15 peut se faire. Il ne faut quand même pas l'écarter.
51:17 Parce que je pense qu'il...
51:19 - Vous croyez ? - Ah bah moi, je ne l'écarterai pas.
51:21 Je ne l'écarterai pas.
51:23 Et donc à partir de là, il essaie de rouvrir son espace politique
51:25 en disant... - Demain, demain, il va y avoir
51:27 cette rencontre de chefs de parti.
51:29 - En disant aux oppositions "Vous voyez, j'ai fait un référendum,
51:31 les Français ont décidé, donc à vous de respecter
51:33 l'édition des Français". Mais je pense que c'est un jeu très très
51:35 très compliqué. - C'est d'ailleurs là
51:37 qu'est sujet, si vous me le permettez.
51:39 C'est qu'en réalité, le président de la République,
51:41 il a une prise de conscience
51:43 excessivement tardive du résultat
51:45 des élections législatives de l'année dernière,
51:47 à savoir qu'il n'a pas de majorité absolue.
51:49 Et que donc, en effet, il doit faire avec
51:51 des oppositions. Il doit essayer de trouver des majorités
51:53 de circonstances sur des sujets sur lesquels
51:55 en donnant des gages à telle ou telle opposition,
51:57 il peut obtenir une majorité
51:59 à ce moment-là. Mais chose qu'il ne fait pas.
52:01 Il préfère utiliser le 49-3,
52:03 il préfère y aller au forceps
52:05 en forçant les députés de l'opposition
52:07 à se plier pour ne pas
52:09 faire tomber le gouvernement
52:11 et remettre en cause et en jeu
52:13 leur poste. Donc c'est vraiment une prise
52:15 de conscience tardive. Maintenant, sur le préférendum,
52:17 à titre personnel, je ne sais pas encore
52:19 ce que ça veut dire, ce qui se cache derrière,
52:21 quelles sont les modalités, les critères,
52:23 quels seront les effets des résultats de ces potentiels
52:25 préférendums. Donc là, il faut évidemment
52:27 laisser le gouvernement travailler dessus.
52:29 À titre personnel, je préfère largement
52:31 qu'il y ait des préférendums que pas de référendum du tout.
52:33 Comme on l'a rappelé, le dernier était en 2005,
52:35 il a été trahi par la majorité
52:37 de l'époque.
52:39 Et on attend inévitablement
52:41 le RIC, mais qui ne vient pas.
52:43 Le référendum d'initiative citoyenne.
52:45 C'était l'une des premières préoccupations
52:47 des Gilets jaunes et qui finalement,
52:49 n'a toujours pas vu le jour. - Ce serait pas
52:51 la chose la plus stupide que de questionner
52:53 les Français là-dessus. - Bien sûr, et qu'ils puissent avoir
52:55 l'initiative. Parce qu'en réalité, si ce préférendum,
52:57 c'est à nouveau l'exécutif, le président
52:59 de la République qui pose les questions,
53:01 qui l'arrange, dans les circonstances qu'il arrange,
53:03 avec les modalités qu'il arrange, on aura toujours
53:05 ce sentiment de dépossession du pouvoir
53:07 au sein du peuple français.
53:09 Alors que le peuple français ne demande qu'à une chose,
53:11 à revenir sur la table du débat et à pouvoir avoir
53:13 enfin la possibilité de décider. C'est pour ça que
53:15 nous, au Rassemblement National, par le biais
53:17 de notre président Jordan Bardella,
53:19 lors de la réunion demain qui aura lieu
53:21 avec l'intégralité des chefs des partis
53:23 politiques et Emmanuel Macron,
53:25 on demande un référendum sur une
53:27 sujet précise, un sujet fondamental
53:29 sur lequel les Français n'ont jamais
53:31 été consultés en plus de 40 ans de vie
53:33 politique, à savoir notre politique
53:35 d'immigration. On a toute une proposition
53:37 de loi qui a été faite, qui est prête à être
53:39 appliquée, et nous, notre proposition,
53:41 c'est le jour où nous arrivons aux responsabilités
53:43 et nous arrivons à l'Elysée, nous donnons
53:45 cette proposition de loi aux Français en disant
53:47 "Votez-vous pour ou contre ?"
53:49 et ce qui permettra de leur donner le pouvoir
53:51 sur un sujet pourtant essentiel.
53:53 - Régis, ce référendum, ça vous inspire quoi ?
53:55 - Avant, je fais un petit
53:57 détour par le 49-3.
53:59 Le 49-3, c'est prévu
54:01 par la Constitution depuis le départ.
54:03 Emmanuel Macron
54:05 a misé sur la lâcheté
54:07 de son opposition, il a bien fait,
54:09 c'est un investissement de
54:11 16 oppositions.
54:13 - Sur le Sénégal en particulier.
54:15 - Je veux dire, il y avait le moyen
54:17 de rouvrir
54:19 un espace politique et naturellement
54:21 ça n'a pas été fait.
54:23 C'était le but du 49-3,
54:25 j'y suis favorable, moi.
54:27 C'est de dire aux parlementaires "Ah bon, d'accord, vous
54:29 voulez pas ? Bon, très bien, on fait
54:31 le 49-3, donc vous renversez
54:33 le gouvernement avec le risque de la
54:35 dissolution. Ah non, on n'a pas
54:37 envie. Bon, donc très bien.
54:39 Sur le référendum,
54:41 c'est une manipulation.
54:43 C'est quoi un référendum ?
54:45 Vous avez l'article 11 de la
54:47 Constitution qui prévoit
54:49 sur certains thèmes la possibilité
54:51 de faire des référendums
54:53 et vous avez également
54:55 les modifications constitutionnelles.
54:57 Ce qui veut dire que...
54:59 - Les choses ont marché d'ailleurs.
55:01 - La loi qui va
55:03 être adoptée par
55:05 référendum
55:07 est une loi qui aura en plus
55:09 une valeur supérieure à celle adoptée
55:11 par le Parlement puisque le Conseil constitutionnel
55:13 n'a pas son mot à dire
55:15 a posteriori. Il peut le dire avant.
55:17 Toujours est-il qu'on
55:19 va poser des questions
55:21 comme ça, effectivement, pour essayer de désamorcer
55:23 le rejet, comme en 2005.
55:25 C'était incontestablement un rejet de
55:27 l'exécutif. C'est une blague.
55:29 C'est une blague. C'est-à-dire qu'on va
55:31 occuper la galerie
55:33 et puis c'est tout.
55:35 Tout ça n'a pas grand sens.
55:37 La France est confrontée
55:39 à des problèmes politiques considérables
55:41 dont un est la conséquence
55:43 de la réélection d'Emmanuel Macron
55:45 et de son absence de majorité.
55:47 Bon, on va continuer
55:49 à naviguer à vue.
55:51 - Tu viens de souligner un point important.
55:53 C'est qu'en fait, le référendum
55:55 doit aboutir à
55:57 une loi,
55:59 une modification constitutionnelle ou autre.
56:01 Or là, je me demande
56:03 s'il n'est pas en train d'inventer le référendum
56:05 consultatif. - Exactement.
56:07 - C'est-à-dire que, en clair,
56:09 il va poser une question "Est-ce que vous voulez une loi
56:11 oui/non sur... ?"
56:13 Est-ce que vous voulez qu'on...
56:15 Je me méfierais, si j'étais les partis
56:17 politiques, de la manière dont il veut formuler
56:19 les sujets. Parce que
56:21 de la définition des thématiques
56:23 jusqu'à la formulation
56:25 du référendum, je pense qu'il y a quand même
56:27 un chemin qui n'est pas
56:29 pas du de rose. - Si on est sur une logique
56:31 de définition des thématiques,
56:33 les Français crieront à la tromperie.
56:35 - Bien sûr. - Qu'est-ce que c'est
56:37 que le politique élu, et Emmanuel Macron
56:39 a été légitimement élu, il a eu une majorité
56:41 c'est très relative, mais une majorité à l'Assemblée
56:43 nationale, c'est imposer
56:45 des thèmes, c'est
56:47 appliquer son programme
56:49 et puis sa feuille de route. On n'est pas
56:51 sur une posture délégataire en disant
56:53 "Voilà, c'est pas le restaurant de la France."
56:55 "C'est pas ce que vous allez choisir."
56:57 Quand je dis ça, c'est ce que nous disent à mon avis
56:59 les Français. Il y a une appétence pour
57:01 le référendum malgré toute l'histoire qu'on vient de rappeler
57:03 ensemble et un certain passif,
57:05 mais sur des vrais sujets.
57:07 D'ailleurs, la gauche a essayé après
57:09 le vote de la réforme des retraites
57:11 de lancer un référendum d'initiative
57:13 partagée. Elle recommencera
57:15 en mars 2024, elle aura
57:17 la possibilité de le faire,
57:19 mais on n'est pas sur un référendum, comment dire,
57:21 introduisant...
57:23 On se souvient qu'en 84,
57:25 on pressait François Mitterrand
57:27 d'organiser un référendum sur le référendum
57:29 au moment de la querelle scolaire.
57:31 Il avait naturellement, en bon politique,
57:33 mis ça de côté car ça ne passait
57:35 pas auprès des Français.
57:37 - Mais moi, je serais dans l'opposition, au final,
57:39 je me poserais la question de savoir
57:41 si, compte tenu de ce que disait Frédéric Dhabi sur le
57:43 faible taux de participation des référendums,
57:45 d'imaginer un boycott
57:47 de la démarche.
57:49 - Oui, vous aussi. On verra.
57:51 A suivre. Merci à tous les quatre. Dans un instant,
57:53 Pour l'instant, vous retrouvez André Bercoff.
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