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  • il y a 3 ans
La Team Vitality fête aujourd'hui ses 10 ans d'existence !
À cette occasion, Nicolas Maurer et Fabien « Neo » Devide, les cofondateurs de la team Vitality nous racontent tout : Leur rencontre, leurs ambitions, l'explosion de Vitality dans le milieu et beaucoup plus...
Transcription
00:00 c'est ce V en forme d'abeille, et là j'ouvre le truc,
00:02 je le montre à tout le monde et on le regarde tous, un grand blanc,
00:05 et je dis "Oh, c'est de la merde !"
00:06 Salut Konbini, c'est Néo et Nico,
00:08 et on va vous raconter la folle histoire de Vitality.
00:10 On s'est rencontrés dans une précédente vie,
00:13 alors on était tous les deux monteurs M6, scène de ménage en famille.
00:17 J'ai commencé l'eSport, je devais avoir 12 ou 13 ans.
00:19 J'allume ma Xbox 360, je la connecte sur Internet,
00:22 et là en fait, découverte majeure, c'est-à-dire qu'il y a des mecs de l'autre côté de la planète
00:26 avec qui je peux parler.
00:27 Quand j'ai commencé à jouer, je voyais que j'étais un petit peu meilleur que les autres,
00:31 mais vraiment un tout petit peu.
00:32 C'est-à-dire que les mecs de mon collège qui jouaient au jeu,
00:35 les gens que je regardais sur Internet,
00:36 et en fait à ce moment-là, je me dis "Il faut que je monte une équipe, il faut que je trouve des gars."
00:39 Et du coup, ma première équipe compétitive, c'était un truc qui s'appelait la Team Snol.
00:42 Il y en a un qui bossait dans le BTP, l'autre était prof de maths,
00:45 et moi j'étais un gamin de 13 ans qui m'y tenais sur son âge,
00:47 juste pour jouer avec des gens un peu plus matures.
00:48 Et j'en fais des années, des années, des années, des années,
00:50 vraiment plutôt dire qu'on survive, qu'on vivre.
00:52 Dernier moment finalement, je postule sur un site,
00:54 et je me retrouve stagiaire par accident sur scène de ménage.
00:57 C'est là où je découvre finalement mon chef monteur.
00:59 J'ai un jour vu ce jeune énergumène débarquer,
01:02 puis un jour j'ai découvert un peu son monde secret,
01:05 au-delà du quotidien de monteur.
01:08 En gros là, j'ai une double vie.
01:09 Le soir finalement, j'entraîne et je coach une équipe
01:12 qui va à mon approvirissement, parce qu'il n'y a pas d'argent, rien que ses darts,
01:14 c'est-à-dire tout ce que je gagne un petit peu la journée,
01:15 on le remet un petit peu dans cette équipe,
01:17 et cette association que j'avais montée avec ma maman qui était trésorière.
01:20 Et un jour, Nico se déplace à un événement.
01:22 Avec un regard de nouveau venu comme le mien,
01:24 c'était assez marrant parce que c'était
01:26 inconnu hors de son cercle et de sa niche.
01:29 Je ne savais pas trop que ça existait,
01:30 j'en entendais parler mais de loin.
01:32 Et en fait pour moi, c'est vraiment un tapis que tu soulèves
01:34 ou un couvercle de marmite que tu soulèves,
01:36 et quand tu vois ce qui se passe,
01:37 et typiquement quand je suis allé à la première LAN avec Néo,
01:40 en fait tu découvres une horde de fans sur-excités
01:43 qui voulaient prendre Gotaga et Néo en photo.
01:45 Plus Gotaga quand même.
01:46 Non, attends, oui mais t'étais quand même très populaire.
01:49 C'était marrant.
01:50 Surtout pour un gars au boulot qui était tout à fait anonyme.
01:54 Voilà, personne ne t'arrêtait dans les couloirs du bureau,
01:56 que je sache.
01:57 Et donc aussi c'est en même temps,
01:58 il y a le gaming qui arrive sur YouTube,
02:00 Twitch qui arrive.
02:01 Donc c'est pile poil à ce moment-là
02:02 que ça commence à se développer fortement en Europe.
02:06 Et moi je commence à voir ces premiers signes-là
02:08 et je découvre cet univers.
02:09 Et en fait une fois que tu as commencé à regarder ce truc-là,
02:11 ça ne te sort plus de la tête parce que tu te rends compte
02:12 qu'il y a énormément de gens passionnés à fond derrière,
02:15 qu'il y a des communautés de fous.
02:16 Mais il faut le découvrir, il faut aller voir.
02:17 C'est déjà gros, mais c'est plutôt gros sur PC.
02:19 Vitality ou même moi, c'est-à-dire qu'on est vraiment,
02:21 ou même Gotaga, on est vraiment cette génération console
02:23 qui arrive dans l'eSport et qui insuffle quelque chose de nouveau.
02:26 Mais pour moi par exemple,
02:27 j'en ai entendu parler de Counter-Strike pendant très longtemps.
02:30 Game One a vraiment été aussi un des précurseurs
02:32 et un vrai tremplin pour notre génération pour dire
02:34 en fait c'est possible.
02:35 On peut faire des choses dans le jeu vidéo,
02:36 on peut créer du contenu,
02:37 on peut faire de la compétition de jeu vidéo
02:39 et d'un coup des gens en parlent.
02:41 C'est plus un truc de cours de récréation,
02:43 c'est pas un épiphénomène,
02:44 ça commence à prendre de l'ampleur.
02:46 Comme les autres faisaient du tennis, du judo, du karaté,
02:48 moi je faisais de la compétition de jeu vidéo.
02:49 Ce qui crée un petit peu un déclic,
02:51 enfin il y a plusieurs aspects.
02:52 Il y a d'abord ce que toi tu me racontes,
02:54 à savoir finalement tu passes d'une équipe à l'autre
02:58 et c'est pas terrible quoi.
02:59 Et ton message c'est en fait ces mecs sont pas géniaux
03:03 ou ils nous prennent pour les mauvaises raisons
03:05 parce que je pense qu'à l'époque les structures étaient surtout PC.
03:07 Donc il y avait un peu un truc dans l'air de
03:09 "attends on pourrait faire beaucoup mieux quoi".
03:10 Et à la fois de mon côté personnellement,
03:12 j'ai un peu envie d'autre chose dans ma vie
03:15 parce que j'ai l'impression de tourner un peu en rond dans le boulot.
03:17 Je découvre cet univers, je le trouve excellent.
03:19 Néo il est à fond dedans, il est crédible,
03:21 il a une super position là-dedans,
03:23 il partage hyper bien sa passion.
03:25 Dans ma tête doucement les points se connectent
03:26 et puis à un moment je dis "attends,
03:28 t'arrêtes pas de dire qu'il peut faire mieux,
03:29 moi je vais t'aider à le faire quoi, faisons-le".
03:31 C'est un SMS à la journée.
03:33 Du matin t'es sûr à la chaise ?
03:34 Deux heures du matin,
03:34 je me suis entraîné, je m'étais levé,
03:36 j'avais lu le SMS en me disant "ouais ok".
03:37 Ça a été ma réponse.
03:39 Il m'avait fait un lampavis, j'avais fait "ok"
03:40 et je m'étais rendormi je crois.
03:41 Rétrospectivement c'est sûr que c'est une bonne idée
03:43 mais à l'époque c'est un petit peu fou
03:45 parce qu'il n'y a pas de business quoi.
03:46 Soyons clairs, on se met d'accord pour lancer Vitality,
03:49 bon le nom n'est pas venu de suite mais très vite.
03:51 Toi tu convainc les joueurs
03:52 et donc du coup on se débrouille, on dit "ok on y va".
03:54 Et du coup à l'époque, fallait faire un stream de lancement.
03:56 Twitch existe mais il n'y a pas vraiment de régie pub
03:58 et ceux qui tiennent la corde c'est Dailymotion qu'on va voir
04:00 et on leur dit "voilà il y a ce projet etc."
04:03 et ils accrofent.
04:04 On va savoir pourquoi.
04:05 On se retrouve chez moi, tous les fans qui attendent etc.
04:07 C'était très hypé.
04:08 16 000 viewers à l'époque c'était énorme.
04:11 Mon PC qui est en bout de course,
04:13 que je fous à l'horizontale avec un gros ventilo dessus,
04:16 ça menace de lâcher 5 fois.
04:18 Complètement maudit ce live parce que ça marchait pas.
04:20 La chose de Dailymotion c'est aussi
04:22 on a eu un énorme accélérateur de particules avec Gotaga,
04:24 c'est-à-dire qu'on avait déjà un top streamer et un top youtuber
04:27 donc forcément ça a été aussi un gros raccourci.
04:31 À partir d'aujourd'hui,
04:33 écoutez bien, nous avons décidé de nous lancer dans une aventure
04:35 100% indépendante,
04:36 de nous émanciper des différentes structures déjà existantes
04:39 pour créer notre propre équipe à nous, à notre image,
04:43 Vitality.
04:44 Cette première génération de Vitality,
04:46 on gravitait les uns autour des autres depuis des années,
04:48 c'est-à-dire qu'on se croisait dans des événements.
04:49 La première équipe Call of Duty,
04:51 c'est-à-dire l'équipe qu'on a appelée les fondateurs,
04:53 donc c'est Azox, Agony, Broken, Gotaga
04:55 et moi qui suis un coach qui est complètement un emploi fictif,
04:58 moi je suis un "hype man" comme ils appellent ça,
05:00 c'est-à-dire un "yes man".
05:01 Je suis derrière, je suis un chauffeur de salle,
05:03 je fais semblant de déchirer mon maillot,
05:05 donc finalement je suis un cinquième joueur qui fait de la communication.
05:08 Et là on arrive dans le live, on fait révélation du site internet.
05:11 Nous allons mettre en ligne un site internet
05:12 www.team-du-six-vitality.fr
05:16 Ce que je disais à Nico, c'est que moi j'ai toujours un adage,
05:18 c'est "un magicien ne montre jamais les trucs".
05:20 Genre vraiment il ne faut jamais révéler ça,
05:22 il faut arriver en disant "bam bam bam".
05:24 Et voilà, genre en mode "regardez les gars,
05:26 on a bossé, tout est prêt, c'est flambant neuf, c'est carré".
05:30 Ouais, bon voilà, tu ne veux pas voir tout ce qu'il y a derrière
05:32 avec, en train de ventiler l'ordi en surchauffe,
05:35 toute la galère, hop, dans le live on ne voit que des bonnes choses.
05:37 Exactement, il fallait que ça soit ça, que ça ressemble à du pro.
05:39 Parce que, est-ce que c'était pro ?
05:42 - T'as rien bouti gratte secrète ? - Non, c'était catastrophe.
05:44 Le nom c'est qu'en gros on se dit "en vain d'anglicisme".
05:46 Et en même temps on veut faire une sorte de référence à des private jokes
05:50 ou à des choses passées, nostalgiques etc.
05:52 Et en fait la première équipe de Godaga s'appelait Vital,
05:54 c'était une équipe allemande.
05:55 Et on se dit "bah, c'est mort, elle n'existe plus, mais on ne va pas reprendre ça".
05:58 Et en gros c'est un brainstorm où c'est la petite amie d'un joueur
06:01 qui nous dit "Vitality".
06:02 Et moi on se dit "Vitality, ah ouais c'est cool, c'est positif".
06:05 Et moi c'est ce que j'aurais dit, j'aurais dit "les gars,
06:06 toutes les équipes c'était des gros logos avec des ours, avec des monstres,
06:09 ça s'appelait Death, genre Lethality, genre que des trucs un peu masculots, toxiques".
06:15 Et donc du coup je dis "non, moi je veux un truc vraiment positif avec un anglicisme".
06:18 Et du coup quand Vitality sonne, on a dit "ok, let's go".
06:22 Après le deuxième truc c'est qu'on se dit "bah, toutes les équipes sont vertes, bleues, rouges,
06:26 nous on veut un autre truc qui soit un peu plus dynamique, le jaune ça pète quoi".
06:30 Genre c'est tu le vois, tu le reconnais de loin.
06:32 Et donc on a dit "ok, on veut s'appeler Vitality, on veut du jaune".
06:34 Et là c'est notre graphiste de génie qui s'appelle David Grousset à l'époque,
06:37 qui me propose des trucs et je vois ça, je vois ce V en forme d'abeille,
06:41 et là j'ouvre le truc, je le montre à tout le monde,
06:43 et on le regarde tous, un grand blanc, et je dis "oh, c'est de la merde".
06:47 Mais genre vraiment, littéralement, en deux secondes je dis "c'est de la merde, c'est horrible".
06:50 Et une heure se passe, je le re-regarde, je me dis "ouais, je m'y suis déjà habitué, j'aime bien en fait".
06:54 Et tout le monde dit "ouais, moi aussi". Et du coup au final on a gardé le logo.
06:56 Disons que pendant les premières années, on n'a pas d'argent, on n'en dépense pas trop,
07:01 nous on continue notre vie à bosser, donc on n'a pas besoin de se payer,
07:05 c'est du bricolage de l'extrême, à chaque fois, on ne sait pas quand on s'en sort, mais on s'en sort.
07:09 Disons qu'il y a 2015-2017 où là c'est vraiment tendu parce qu'on grandit de dingue dans les ambitions,
07:14 on va notamment sur League of Legends, en levant un tout petit peu d'argent,
07:17 mais ça ne suffit pas du tout, c'est un pari de dingue où en réalité on se met dans le rouge
07:22 et on se met en danger de mort.
07:23 League of Legends ça part vraiment d'un tweet à un coach joueur,
07:28 qui est chez Shunz, qui est un grand streamer aujourd'hui, qui est propriétaire d'une équipe qui s'appelle Aegis,
07:32 qui à l'époque coach de Gambit, et je lui envoie un DM un jour en déconnant en disant
07:36 "quand est-ce qu'on vous rachète ?" alors qu'on a vraiment 10 000 balles pour faire l'année,
07:40 donc c'est-à-dire que vraiment c'est genre du bluff absolu.
07:42 Il me dit "ah bah ça tent bien parce que mon propriétaire vend"
07:44 et là je montre ça à Nico et d'un coup je me dis, ça devient une obsession quoi,
07:48 c'est-à-dire qu'au lieu d'une blague je me dis "mais en fait c'est ça".
07:50 À cette époque-là j'étais très capricieux, ça n'a pas changé,
07:53 mais je me dis "mais en fait il faut y aller putain".
07:55 Et en fait on a trois semaines pour trouver des fonds quoi,
07:57 on se démerde par je ne sais comment rapport en appelant des sponsors etc,
08:01 en faisant une petite levée avec un business angel,
08:04 c'est vraiment du bricolage de chez bricolage en trois semaines.
08:06 Et quand on arrive sur League of Legends, bien sûr on veut avoir une équipe compétitive,
08:09 donc là on dit aux joueurs "vous voulez ça ? Pas de souci on les a".
08:11 Mais on est vraiment dans une merde absolue quoi.
08:13 Et en fait on a eu un Deus Ex Machina qui est tombé,
08:15 c'est-à-dire un jour un mail de HP qui nous dit "salut les gars,
08:18 vous êtes troisième actuellement en LCS Europe"
08:20 mais du coup il dit "on est hyper fan de vos trucs,
08:22 est-ce que ça vous dirait de venir à Genève quand on vous parle d'un nouveau produit ?"
08:26 Bien sûr on voit ça, on est dans le premier Thalys ou TGV ou je ne sais quoi
08:30 en direction de Genève, on y va etc.
08:32 Il nous présente une nouvelle gamme de PC qui va sortir, gamer etc.
08:35 On adorerait travailler avec Vitality mais on n'a que x centaines de milliers d'euros.
08:40 Et nous on se regarde mais vraiment en deux secondes,
08:43 mais genre vraiment on laisse rien transparaître.
08:44 Mais à l'intérieur c'est genre un feu d'artifice.
08:47 On est en mode "ouais, on va trouver quelque chose etc."
08:53 On sort, on est dans le train et je vous jure à ce moment-là je me dis "mais merci Dieu".
08:57 Et après derrière par contre cette pression qu'on s'est mise,
08:59 on s'est dit en fait plus jamais.
09:00 Ok, on va lever des fonds, on ne peut pas en fait,
09:02 on ne peut pas jouer avec ce côté très précaire.
09:04 C'est un peu intenable parce qu'on commençait à aller sur pas mal de jeux,
09:08 même en termes de taf, de ressources, on courait partout,
09:11 on faisait un peu tout mal, on n'avait pas de ronds,
09:13 on avait la pression de l'argent tout le temps.
09:15 Et voilà, payer tes joueurs, acquitter un contrat, il n'y a pas de question,
09:17 tu dois les payer, en fait ça passe avant tout.
09:19 Donc ça ne marchait plus, il fallait lever d'art.
09:21 Disons que quand on signe Adidas,
09:23 il y a en effet un petit changement qui s'opère
09:25 parce que c'est la première fois qu'on a une marque
09:27 qui ne vient pas du gaming.
09:28 On savait qu'auprès de nos fans ça allait être un truc de fou.
09:31 Pour nous déjà, tu te sens hyper valorisé,
09:33 "Ah ouais, je suis dans une autre dimension !"
09:34 Et le moment où on signe Adidas,
09:35 on a Rocky qui fait le triplé,
09:37 il fait champion de France, champion d'Europe, champion du monde.
09:39 Counter-Strike, on faisait les yeux de dos, la communauté depuis longtemps.
09:41 Et du coup un jour, Apec se fait mettre sur le banc de son équipe G2,
09:44 puis je lui dis "Est-ce que ça te dirait qu'on prend un café ?"
09:46 Et il me dit "Ok, go, on se voit, on en parle."
09:48 Il me dit "Moi j'adorerais jouer pour une équipe française,
09:51 mais je pense que les Français, j'ai fait le tour de la question,
09:53 je vais aller jouer dans une équipe internationale."
09:55 Et deux semaines après, il me dit "Ok, j'ai bien réfléchi,
09:57 finalement je serais d'accord pour venir, à une seule condition,
10:00 et j'en ai parlé aux autres, il y a un gamin,
10:02 il est vraiment extraordinaire, il mérite le coup,
10:05 il s'appelle ZywO, 18 ans, et si le projet c'est ZywO, on est partant."
10:08 Et du coup forcément, moi j'avais déjà entendu parler de la bête,
10:10 il était chez Wissix, et après il était chez AAA.
10:12 En fait il avait interdiction de signer Pro,
10:15 c'est-à-dire Pro à 24-25 semaines de déplacement par an dans l'avion,
10:18 dans le tour du monde, etc., par sa maman,
10:20 avant qu'il ait obtenu le bac.
10:21 Très bien, bravo maman.
10:22 Et quand on le signe, je me souviens, je l'appelle,
10:24 ils me font tous des négociations de fou furieux,
10:26 parce qu'ils étaient payés par des orgues américaines, internationales,
10:29 donc à ce moment-là je regarde Nico,
10:31 je dis "ça va nous coûter un bras encore cette histoire",
10:33 et je l'appelle ZywO, et je lui dis "et toi, combien tu veux ?"
10:35 Il n'avait pas d'agent à l'époque, et il me dit
10:37 "moi tu me donnes 1000 euros, 1500 euros, je suis content".
10:40 Et alors que les autres, c'était x10,
10:43 et j'étais en mode "je peux, non, je peux pas", j'étais gêné,
10:46 ça serait un peu malhonnête de notre part,
10:47 donc on a fait une négociation, on lui a dit "écoute, on te donne plus",
10:50 je crois qu'on lui avait donné la moitié,
10:52 il lui a dit "par contre, si on voit que tu performes
10:54 et que tu as un élément moteur de l'équipe,
10:56 on t'alignera sur les autres",
10:57 et un mois après il t'alignait sur les autres.
10:58 Donc, dès le premier match, ça a été ZywO,
11:01 je me souviens, le premier match de l'histoire de Vitality,
11:04 on s'est pris le comeback des enfers.
11:05 - Non, sur Nuke !
11:06 - Non, sur Overpass contre OG,
11:08 on menait 14-1, on a perdu 16-14,
11:09 donc on a perdu le truc qui était imperdable,
11:12 qu'est-ce que c'est ?
11:13 Mais ZywO était déjà ZywO à ce moment-là,
11:14 et première année au top niveau, déjà ballon d'or,
11:17 il est déjà le meilleur joueur du monde,
11:18 l'année d'après, encore joueur du monde.
11:20 - ZywO ! ZywO ! ZywO !
11:23 - ZywO, le gars du pire possible !
11:26 - Le mec, depuis 5 ans,
11:28 son plus mauvais classement individuel
11:30 et reconnaissance de ses pairs
11:31 est deuxième meilleur du monde.
11:33 Et cette année, il va être...
11:34 - Évidemment.
11:34 - Évidemment meilleur joueur du monde,
11:36 après le Paris Major.
11:37 - Ouais, c'est le Zidane.
11:44 - Et il est complètement Zidane depuis la victoire majeure.
11:47 Tu soulèves le trophée à domicile.
11:48 - Le Major, c'est France 98.
11:50 Pour ce que je disais, c'est le tournoi d'une vie.
11:52 On a gagné beaucoup de beaux tournois,
11:53 mais un grand chelem, c'est très très difficile.
11:56 Et donc là...
11:57 - T'en as deux parents.
11:58 Quatre en tennis, deux Majors sur CS.
12:00 - Ouais, et cette année en plus,
12:01 il n'y en avait qu'un seul,
12:02 puisque le deuxième a été supprimé.
12:03 Et en vrai, quand ils annoncent Paris,
12:05 tout le monde me disait ça en me disant
12:06 "Ah, vous allez faire une française."
12:08 Ils me disaient tout le temps ça,
12:09 c'est-à-dire "Vous êtes attendus,
12:10 il faut performer."
12:11 C'était le français à Roland-Garros.
12:12 C'est sûr que ça va mal se passer.
12:14 C'est sûr que ça va mal se passer.
12:15 - C'est largement le plus grand moment
12:16 de l'histoire de Vitality,
12:17 parce que dans l'eSport,
12:18 t'as quelques titres majeurs.
12:20 T'as les Worlds de League of Legends,
12:22 t'as les Majors sur CS,
12:23 t'as The International sur Dota.
12:24 Dota, on n'y est pas.
12:26 LoL, il y a encore du boulot.
12:27 CS, c'est clairement notre plus grande chance
12:29 d'avoir un titre majeur.
12:30 Et on l'a enfin eu à la maison,
12:31 devant tous les fans.
12:32 L'histoire est tellement parfaite.
12:34 C'est le plus beau moment de Vitality, largement.
12:36 La plus grande fierté, c'est d'avoir tenu
12:38 et d'être encore là dix ans après.
12:40 Dix ans, à l'échelle de l'entreprenariat,
12:41 c'est extraordinaire.
12:42 Et à l'échelle de l'eSport, c'est 25 vies.
12:44 Et de le voir qu'il y a encore autant d'engouement,
12:45 de liesse, de chants, d'amour autour du club
12:48 et de gens qui se reconnaissent là-dedans.
12:50 - Même dans les rêves les plus fous d'entrepreneurs,
12:51 tu te racontes plein d'histoires,
12:52 mais là, l'histoire de Vitality,
12:54 ça a dépassé nos rêves, très sincèrement.
12:55 Là, on rentre dans une nouvelle ère,
12:57 avec beaucoup plus d'équipes,
12:58 avec une industrie qui est hyper mature.
13:01 Mais il y a encore énormément de choses à aller chercher.
13:03 Et nous, on veut créer un club
13:04 qui reste dans l'histoire de l'eSport,
13:05 comme un club de sport reste dans l'histoire.
13:07 Et là, ça ne se compte pas en années,
13:08 ça va se compter en décennies.
13:09 Donc, il faut se préparer pour les dizaines d'années à venir
13:12 et créer le club qui est le mieux armé
13:14 pour aller chercher les plus grands titres de l'eSport
13:16 encore et encore.
13:17 - Oui, un club qui survivra à Néo, Nico, Gotaga
13:21 et toutes les personnes qui y ont passé
13:22 et qui ont contribué au succès de cette magnifique aventure.
13:28 - Com-com-com-comi-ni, comi-ni, comi-ni.
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