00:00Les policiers m'ont insulté de sale nez.
00:02J'ai été frappé de longues minutes.
00:03Aujourd'hui, on attend une date de jugement.
00:06Ça fait cinq ans, donc c'est extrêmement long.
00:08Je pense que le temps joue en faveur de mes agresseurs.
00:13Le 21 novembre 2020, je me rendais dans mes studios d'enregistrement.
00:17On était en période de Covid.
00:18Je ne portais pas de masque.
00:20Les policiers sont venus dans l'enceinte de mes studios
00:23pour effectuer visiblement un contrôle d'identité.
00:26Ce contrôle a été très, très violent.
00:28Les policiers m'ont insulté de sale nez.
00:30Entre coupés, d'autres insultes, on va te tuer.
00:33J'ai été frappé de longues minutes.
00:35J'ai eu le tendon arraché au niveau du biceps,
00:38une ouverture au niveau du crâne assez profonde,
00:40plusieurs hématomes.
00:41Je crois que le plus difficile, c'est psychologiquement ce que ça renvoie.
00:44Au quotidien, il y a des jours où ça se passe comme n'importe quel jour.
00:49Et puis il y a des jours où je repense à cette agression,
00:51ça tourne en boucle.
00:52Si je n'avais pas les images de mes caméras pour mine en santé,
00:55je pense qu'aujourd'hui, je serais en prison.
00:57Parce que les policiers ont menti sur l'intégralité de leur premier rapport.
01:01Ils ont dit, sans savoir qu'ils étaient filmés,
01:03que je les avais entraînés de force dans mes locaux,
01:06que je leur avais mis des coups,
01:07que j'avais tenté de prendre leur arme.
01:09Je suis surpris parce que j'ai trouvé les policiers très à l'aise
01:14avec cette violence.
01:16Ils ont été suspendus de leur fonction.
01:17Après cinq ans de procédure,
01:19les juges ont décidé de renvoyer trois des quatre policiers
01:22devant la cour criminelle pour fond en écriture
01:25et pour les volants, ce qu'ils ont fait à mon égard.
01:27Aujourd'hui, on attend une date de jugement.
01:30Et je ne vous cache pas que ça fait cinq ans,
01:33donc c'est extrêmement long.
01:34Dans cette affaire-là, on a des vidéos
01:36pour prouver l'intégralité de ce qui s'est produit.
01:38On a quand même des policiers
01:40qui reconnaissent une bonne partie des faits.
01:43Donc c'est vrai que j'ai toujours du mal
01:45à comprendre pourquoi cette lenteur,
01:48pourquoi c'est si long.
01:49Moi, je crois que le temps qui passe,
01:51c'est aussi un temps qui sert aux gens
01:53qui n'ont pas envie de croire
01:54que les policiers sont capables
01:56de commettre ce genre d'actes.
01:59C'est aussi un temps, le temps de l'oubli,
02:01l'oubli des émotions qu'on a pu ressentir
02:03au moment où cette violence est arrivée.
02:05C'est pour ça que moi, je pense que le temps
02:07joue en faveur de mes agresseurs.
02:09C'est ça qui me dérange le plus.
02:10Parce que si ce dossier avait été jugé
02:13comme ça arrive parfois en comparution immédiate,
02:16je pense que ça aurait été plus compliqué
02:18de plaider une clémence pour ces personnes-là.
02:21En tant que victime, effectivement,
02:23les conséquences psychologiques
02:24auraient peut-être été moindres.
02:26Peut-être que la reconstruction psychologique
02:29qu'on attend après avoir subi
02:31quelque chose qui choque une vie,
02:33ça m'aurait peut-être aidé
02:34d'avoir un jugement plus rapide.
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