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  • il y a 6 semaines
Il y a cinq ans, en pleine période de Covid, Michel Zecler, producteur de musique, se rend dans ses studios d’enregistrement. Un contrôle de police dégénère alors en une violente agression raciste, filmée par des caméras de surveillance. Insultes à caractère racial, coups : après avoir été suspendus de leurs fonctions et à l’issue de longues procédures, trois des quatre policiers mis en cause sont renvoyés devant la cour criminelle. À ce jour, la date du jugement n’est toujours pas fixée. Un délai révélateur de l’effacement progressif de cette affaire et d’une prise en compte tardive du traumatisme subi par la victime. | Speech

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Transcription
00:00Les policiers m'ont insulté de sale nez.
00:02J'ai été frappé de longues minutes.
00:03Aujourd'hui, on attend une date de jugement.
00:06Ça fait cinq ans, donc c'est extrêmement long.
00:08Je pense que le temps joue en faveur de mes agresseurs.
00:13Le 21 novembre 2020, je me rendais dans mes studios d'enregistrement.
00:17On était en période de Covid.
00:18Je ne portais pas de masque.
00:20Les policiers sont venus dans l'enceinte de mes studios
00:23pour effectuer visiblement un contrôle d'identité.
00:26Ce contrôle a été très, très violent.
00:28Les policiers m'ont insulté de sale nez.
00:30Entre coupés, d'autres insultes, on va te tuer.
00:33J'ai été frappé de longues minutes.
00:35J'ai eu le tendon arraché au niveau du biceps,
00:38une ouverture au niveau du crâne assez profonde,
00:40plusieurs hématomes.
00:41Je crois que le plus difficile, c'est psychologiquement ce que ça renvoie.
00:44Au quotidien, il y a des jours où ça se passe comme n'importe quel jour.
00:49Et puis il y a des jours où je repense à cette agression,
00:51ça tourne en boucle.
00:52Si je n'avais pas les images de mes caméras pour mine en santé,
00:55je pense qu'aujourd'hui, je serais en prison.
00:57Parce que les policiers ont menti sur l'intégralité de leur premier rapport.
01:01Ils ont dit, sans savoir qu'ils étaient filmés,
01:03que je les avais entraînés de force dans mes locaux,
01:06que je leur avais mis des coups,
01:07que j'avais tenté de prendre leur arme.
01:09Je suis surpris parce que j'ai trouvé les policiers très à l'aise
01:14avec cette violence.
01:16Ils ont été suspendus de leur fonction.
01:17Après cinq ans de procédure,
01:19les juges ont décidé de renvoyer trois des quatre policiers
01:22devant la cour criminelle pour fond en écriture
01:25et pour les volants, ce qu'ils ont fait à mon égard.
01:27Aujourd'hui, on attend une date de jugement.
01:30Et je ne vous cache pas que ça fait cinq ans,
01:33donc c'est extrêmement long.
01:34Dans cette affaire-là, on a des vidéos
01:36pour prouver l'intégralité de ce qui s'est produit.
01:38On a quand même des policiers
01:40qui reconnaissent une bonne partie des faits.
01:43Donc c'est vrai que j'ai toujours du mal
01:45à comprendre pourquoi cette lenteur,
01:48pourquoi c'est si long.
01:49Moi, je crois que le temps qui passe,
01:51c'est aussi un temps qui sert aux gens
01:53qui n'ont pas envie de croire
01:54que les policiers sont capables
01:56de commettre ce genre d'actes.
01:59C'est aussi un temps, le temps de l'oubli,
02:01l'oubli des émotions qu'on a pu ressentir
02:03au moment où cette violence est arrivée.
02:05C'est pour ça que moi, je pense que le temps
02:07joue en faveur de mes agresseurs.
02:09C'est ça qui me dérange le plus.
02:10Parce que si ce dossier avait été jugé
02:13comme ça arrive parfois en comparution immédiate,
02:16je pense que ça aurait été plus compliqué
02:18de plaider une clémence pour ces personnes-là.
02:21En tant que victime, effectivement,
02:23les conséquences psychologiques
02:24auraient peut-être été moindres.
02:26Peut-être que la reconstruction psychologique
02:29qu'on attend après avoir subi
02:31quelque chose qui choque une vie,
02:33ça m'aurait peut-être aidé
02:34d'avoir un jugement plus rapide.
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