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  • 24/05/2023
Avec Frédéric Fanget, psychiatre et psychothérapeute, auteur de plusieurs ouvrages, de « Affirmez-vous face aux manipulateurs » avec Odile DARBON – Éditions Odile Jacob et de la BD « Le club des anxieux qui se soignent » avec Catherine MEYER et Pauline AUBRY – Éditions Les Arènes.

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##BRIGITTE_LAHAIE-2023-05-24##
Transcription
00:00:00 CAM4.fr, le plus grand site de webcam live réservé aux adultes.
00:00:05 14h-16h, Brigitte Lae, Sud Radio.
00:00:10 Bonjour à tous, nous sommes ensemble durant ces deux heures sur Sud Radio.
00:00:14 L'heure est à l'anxiété, tout le monde devient anxieux.
00:00:17 Alors il y a évidemment beaucoup de causes à tout ça.
00:00:20 Il y a les retraites, il y a le climat, il y a l'insécurité.
00:00:24 En tout cas on est avec Frédéric Fanger, il est psychiatre.
00:00:28 Mais au lieu de tirer la sonnette d'alarme, il nous guide pour nous aider à canaliser notre anxiété.
00:00:33 Alors je dis notre anxiété, moi personnellement je ne me sens pas vraiment anxieuse.
00:00:37 Peut-être parce que je sais profiter de chaque moment agréable.
00:00:40 En tout cas avec Frédéric Fanger, je vous propose qu'on aborde la question de l'anxiété,
00:00:44 plutôt dans le domaine affectif, évidemment.
00:00:47 Alors quelles sont par exemple les difficultés à vivre avec quelqu'un qui est particulièrement anxieux ?
00:00:53 Est-ce qu'il faut le rassurer ? Est-ce qu'il faut le laisser chouard ?
00:00:57 Je ne sais pas, il va nous répondre dans un instant.
00:00:59 Et puis en quoi l'anxiété peut devenir un frein ?
00:01:02 Vous savez, dans l'engagement amoureux, on a peur de s'engager parfois peut-être parce qu'on est anxieux.
00:01:07 Voilà aussi la deuxième réponse à laquelle Frédéric Fanger va répondre dans un instant.
00:01:11 Puis bien sûr, on se doute bien que l'anxiété c'est également négatif lorsqu'il s'agit de relations sexuelles.
00:01:18 Alors on verra aussi comment on peut gérer cette anxiété.
00:01:22 On a vu d'ailleurs hier, puisqu'on parlait des problèmes d'érection, à quel point l'anxiété pouvait provoquer justement des pannes.
00:01:29 Bref, vous n'hésitez pas à venir nous rejoindre pour témoigner.
00:01:32 Et puis bien sûr, on vous aide.
00:01:34 Et pour ça, vous nous appelez au 0826 300 300.
00:01:38 Bonjour Frédéric Fanger, merci d'être avec nous durant ces deux heures.
00:01:41 Pas trop anxieux ?
00:01:42 Bonjour Brigitte.
00:01:43 Pas trop anxieux, ça va ?
00:01:49 Pour parler avec vous, vous savez, on se connaît depuis un certain temps.
00:01:52 Finalement, je me suis habitué maintenant.
00:01:54 Ça va, bon, très bien, parfait.
00:01:56 Alors, on parle de l'anxiété aujourd'hui à l'occasion de la sortie de cette bande dessinée.
00:02:01 J'en ai déjà dit le plus grand bien la dernière fois que vous étiez venu en parler.
00:02:05 Ça s'appelle "Le club des anxieux qui se soignent".
00:02:08 Et c'est important, "Qui se soignent" dans le titre.
00:02:10 C'est aux éditions Les Arènes, vous l'avez co-écrit avec Catherine Meyère et Pauline Aubry.
00:02:15 On vous voit d'ailleurs dans cette bande dessinée, un petit peu caricatureuse,
00:02:19 avec une petite caricature, mais c'est rigolo.
00:02:21 Et alors, oui, "Qui se soignent".
00:02:23 Donc ça se soigne l'anxiété ?
00:02:25 Ça se soigne quand elle est trop importante et qu'elle déborde.
00:02:29 Parce qu'il faut tout de suite qu'on dise, pour assurer nos auditeurs,
00:02:32 que l'anxiété est d'abord un phénomène normal.
00:02:35 Nous nous sommes tous anxieux.
00:02:37 L'anxiété nous sert d'ailleurs à être vigilants, à éviter les dangers de la vie quotidienne, etc.
00:02:43 Alors simplement, chez un certain nombre d'entre nous,
00:02:46 elle prend des proportions extrêmement importantes.
00:02:49 Entre avant, on va en parler longuement aujourd'hui, la sexualité, la vie amoureuse, etc.
00:02:54 Mais entre avant, la vie globale des gens.
00:02:56 Les gens ne peuvent plus aller travailler, les gens sont gênés parfois par des attaques de panique.
00:02:59 Enfin, on va bien discuter aujourd'hui de la différence entre une anxiété normale
00:03:04 et une anxiété envahissante, gênante, qui devient une vraie maladie.
00:03:07 Et à quoi on repère qu'elle devient envahissante, Frédéric Fangé ?
00:03:12 Alors, il y a plusieurs paramètres, Brigitte.
00:03:14 Tout d'abord, dans l'anxiété, il faut bien comprendre que ça se manifeste dans le corps et dans le mental.
00:03:19 Donc déjà, vous avez des signes physiques d'anxiété.
00:03:21 C'est-à-dire que les anxieux sont des gens qui, lorsqu'ils vont atteindre le stade du trouble,
00:03:26 ils vont souvent avoir, par exemple, des troubles du sommeil.
00:03:28 J'ai eu en consultation, ça fait quand même 40 ans que je consulte déjà,
00:03:32 des patients adressés par des cardiologues.
00:03:35 Parce que les gens croyaient qu'ils faisaient un infarctus, alors qu'en fait, ils faisaient une crise d'angoisse.
00:03:39 J'ai eu des gens adressés par des gastroenterologues.
00:03:41 Parce qu'ils avaient les estomacs qui se nouaient.
00:03:43 Donc, vous voyez, vous avez des manifestations physiques.
00:03:45 Alors, souvent, les médecins somaticiens disent, ce sont des fonctionnels.
00:03:49 On appelle ça des fonctionnels, c'est-à-dire qu'en gros,
00:03:51 leurs patients qui viennent les voir, les généralistes avec des douleurs à droite, à gauche,
00:03:55 ils ne trouvent rien en bilan.
00:03:56 Donc, ils disent, il n'y a rien, allez voir le psy.
00:03:58 Mais en fait…
00:03:59 Remarquez, ce n'est pas faux.
00:04:00 Ce n'est pas toujours faux.
00:04:02 Et on se rend compte que l'anxiété, ce n'est pas purement mental.
00:04:05 C'est aussi dans le corps.
00:04:06 Ça, c'est le deuxième, premier critère.
00:04:07 Lorsque l'anxiété déborde et vous gêne vraiment dans votre corps,
00:04:11 vous n'êtes plus tranquille avec votre corps,
00:04:13 là, vous commencez à avoir un problème.
00:04:14 En même temps, vous allez être gêné dans votre vie mentale,
00:04:17 dans ce qu'on appelle la radio mentale dans la bande dessinée.
00:04:19 C'est-à-dire que vous allez vivre dans l'anticipation permanente
00:04:23 et une anticipation qui sera a priori négative.
00:04:27 On va en reparler avec la vie amoureuse, la rencontre, tout ça.
00:04:30 Mais les anxieux sont des gens qui vont toujours anticiper négativement les choses,
00:04:33 pour ne pas y arriver, etc.
00:04:34 Donc, vous avez des signes physiques.
00:04:36 Vous avez des signes mentaux.
00:04:38 La troisième grande catégorie de manifestation,
00:04:41 c'est ce qu'on appelle les manifestations comportementales.
00:04:43 C'est-à-dire que les anxieux, à cause d'une anxiété excessive,
00:04:46 n'arrivent plus à faire ce qu'ils devraient faire.
00:04:49 Ils n'arrivent plus, pour certains, à prendre des transports en commun.
00:04:52 Dans l'agoraphobie, dans l'anxiété sociale,
00:04:55 on va définir assez mort, si vous voulez, tout à l'heure,
00:04:57 ils n'arrivent plus à aller vers les autres.
00:04:59 On va en parler longuement parce que ça a un lien très important avec la rencontre amoureuse.
00:05:03 Moi, j'ai traité beaucoup de patients souffrant d'anxiété sociale
00:05:05 qui sont restés célibataires parce qu'ils n'osaient pas aborder l'autre.
00:05:09 Vous voyez, vous avez des conséquences sur toute la vie.
00:05:13 C'est pas... voilà.
00:05:15 Justement, je posais deux questions dans l'introduction.
00:05:17 La première, c'est comment on fait avec quelqu'un qui est très anxieux ?
00:05:20 Est-ce qu'on le laisse se débrouiller tout seul ?
00:05:24 Est-ce qu'on le rassure ? Est-ce qu'on lui dit d'aller se soigner ?
00:05:26 Quels conseils comme ça, déjà, vous pouvez donner généralement ?
00:05:30 Oui.
00:05:31 Parce qu'évidemment...
00:05:33 Oui, alors dans vos questions au début, j'aime bien qu'on parte sur cette idée-là.
00:05:36 On va faire la différence entre la rencontre amoureuse,
00:05:39 le début d'une relation,
00:05:41 et la relation installée des gens qui vivent ensemble.
00:05:43 Donc j'ai l'impression, si j'ai bien compris,
00:05:45 que votre question porte sur les gens qui vivent en couple.
00:05:48 Comment vivre avec un anxieux ? C'est bien ça.
00:05:51 C'est bien ça, oui.
00:05:52 Alors, ça c'est extrêmement important d'en parler
00:05:57 parce que nous, nos anxieux ou nos anxieuses,
00:06:00 on les consulte en cachette sur le psychiatre,
00:06:03 heureusement un peu moins maintenant,
00:06:05 en cachette de tout le monde,
00:06:06 et y compris souvent en cachette de leurs conjoints.
00:06:09 Quand on vit depuis 10 ou 20 ans avec un anxieux,
00:06:12 croyez-moi, ça a des conséquences importantes sur un conjoint.
00:06:15 Donc nous, les thérapeutes cognitivo-comportementalistes,
00:06:19 on a décidé d'associer les conjoints
00:06:21 dans le traitement des troubles anxieux sévères.
00:06:24 D'accord.
00:06:25 Oui, c'est intéressant parce qu'en effet,
00:06:27 ça a été discrètement consulté,
00:06:30 on n'est même pas au courant.
00:06:32 Oui.
00:06:33 Pourquoi on les associe ?
00:06:34 Parce que la personne qui vit avec l'anxieux,
00:06:37 dans les meilleurs cas,
00:06:38 on va le transformer en ce qu'on appelle un co-thérapeute,
00:06:41 c'est-à-dire qu'il va nous aider.
00:06:43 À l'inverse, les gens qui restent à distance
00:06:46 parce qu'ils ne veulent pas venir consulter avec leur conjoint
00:06:48 ou parce que le conjoint n'en parle pas,
00:06:50 peuvent avoir des attitudes négatives
00:06:52 qui vont être contre-thérapeutiques au contraire.
00:06:54 Alors les attitudes négatives,
00:06:56 pour les décrire simplement,
00:06:58 je dirais qu'il y a deux excès à éviter avec l'anxieux.
00:07:01 Le premier, c'est de nier le trouble ou de le banaliser.
00:07:04 "C'est rien, ça va passer"
00:07:06 ou "c'est un problème de volonté, t'as qu'à te bouger".
00:07:09 Ça, ça ne marche pas
00:07:11 parce que ça ne rassure pas du tout l'anxieux évidemment,
00:07:13 voire il se sent rejeté,
00:07:14 et donc il ne va pas sentir de soutien autour de lui.
00:07:17 La deuxième attitude, elle est peut-être moins connue
00:07:19 et j'en parle ici parce que c'est un peu l'inverse.
00:07:22 C'est-à-dire que ce sont des conjoints ou des conjointes
00:07:25 qui vont excessivement rassurer la personne anxieuse.
00:07:29 J'ai en mémoire un exemple de ma consultation
00:07:32 où j'ai vu débarquer une dame de la cinquantaine
00:07:35 qui était totalement agoraphobe.
00:07:37 Ça veut dire en clair qu'elle ne pouvait plus se déplacer.
00:07:39 D'ailleurs, elle venait de la banlieue de Lyon,
00:07:41 au moins j'étais installé au centre de Lyon,
00:07:43 accompagnée par son conjoint
00:07:45 parce qu'il était hors de question pour elle
00:07:46 de prendre le moins de transport en commun, etc.
00:07:49 Et donc elle m'a demandé à la première consultation
00:07:52 de bien voir faire rentrer son conjoint
00:07:53 qui s'est assis sur une chaise en la regardant
00:07:56 alors avec un air amoureux.
00:07:58 C'était un couple de 50 ans
00:07:59 mais qui venait de se rencontrer depuis pas très longtemps.
00:08:00 Visiblement, c'était très intense pour l'émotion,
00:08:03 c'était sympa comme tout.
00:08:05 Mais quand à la fin de la consultation,
00:08:07 j'ai expliqué à cette dame qui se plaignait
00:08:08 de ne plus être autonome,
00:08:09 parce que l'anxieux agoraphobe, il perd son autonomie,
00:08:12 il ne se déplace plus, il ne fait plus ce qu'il veut,
00:08:13 il ne va plus où il veut.
00:08:15 Je lui ai dit "moi je peux vous faire une thérapie comportementale
00:08:17 mais pour vous redonner de l'autonomie.
00:08:19 Mais on est bien d'accord que faire une thérapie,
00:08:21 ça veut dire qu'il va falloir apprendre à conduire,
00:08:24 à venir seul au cabinet et tout.
00:08:26 Alors là, elle se tourne vers le conjoint
00:08:28 et comme ça, à son côté, elle lui dit
00:08:30 "Qu'est-ce que tu en penses chérie ?
00:08:32 Est-ce que ça te dérange de m'accompagner ?
00:08:35 Ah non ma chérie, moi je suis tout content de t'accompagner.
00:08:38 Alors, moi j'ai dit à ce couple "écoutez, franchement,
00:08:41 ça me gêne parce que je ne voudrais pas quand même
00:08:43 séparer cette belle fusion de couple
00:08:45 en faisant une thérapie, en rendant madame plus autonome.
00:08:48 Ça m'a beaucoup marqué parce que
00:08:51 c'est rigolo comme histoire, c'est rare,
00:08:53 d'habitude les gens veulent l'autonomie,
00:08:55 ils sont à la recherche d'autonomie.
00:08:57 Mais moi bien, les répercussions de l'entourage
00:08:59 et elle a réfléchi, je lui ai dit
00:09:01 "écoutez, revenez me voir seul dans quelques temps
00:09:03 ou appelez-moi pour me dire ce que vous avez décidé."
00:09:05 Alors elle m'a rappelé très gentiment,
00:09:07 "écoutez, c'était vraiment bien la consultation,
00:09:09 je vous remercie docteur, mais j'ai bien compris,
00:09:11 je préfère rester, j'aime tellement quand il m'accompagne,
00:09:13 et lui, il aime tellement faire ça pour moi."
00:09:15 Donc vous n'avez pas détruit le couple en soignant cette dame,
00:09:20 vous l'avez laissée avec sa béquille,
00:09:22 avec cet homme donc ravi,
00:09:24 ravi d'avoir une femme qu'il pouvait avoir à 100%.
00:09:27 Alors l'engagement, un frein à l'engagement amoureux,
00:09:30 ça vous avait répondu, en effet les anxieux vont éviter
00:09:34 d'aller vers l'autre et donc forcément ça peut provoquer
00:09:37 un frein à un engagement amoureux,
00:09:39 ça vous y avez répondu.
00:09:41 Et bien évidemment l'anxiété lors d'une rencontre
00:09:44 par rapport à la sexualité,
00:09:46 on imagine bien à quel point ça peut provoquer
00:09:48 des troubles érectiles ou carrément une incapacité
00:09:52 à avoir un rapport sexuel.
00:09:54 Alors on va passer au cas par cas maintenant,
00:09:56 Frédéric Fangé, je vous propose qu'on fasse une petite pause
00:09:59 et puis dans un instant on va donner la parole
00:10:01 à ceux qui ont envie d'évoquer leur anxiété
00:10:03 ou l'anxiété de leur partenaire,
00:10:05 0 826 300 300, vous pouvez nous rejoindre.
00:10:08 14h16, Brigitte Laé, Sud Radio.
00:10:12 Et si vous êtes anxieux, je vous conseille vraiment
00:10:15 la bande dessinée de Frédéric Fangé,
00:10:17 le club des anxieux qui se soigne,
00:10:19 c'est aux éditions Les Arènes, vous aurez des conseils
00:10:21 très pratiques, c'est l'avantage d'une bande dessinée,
00:10:24 on peut vraiment tout de suite avoir le problème
00:10:28 et la solution. La solution, on va peut-être
00:10:31 la donner à Caroline. Bonjour Caroline.
00:10:33 Bonjour.
00:10:35 Merci d'être avec nous.
00:10:37 Vous êtes de plus en plus anxieuse, hein Caroline ?
00:10:39 Alors, pour tout vous dire, oui, oui, oui,
00:10:45 je suis anxieuse dans mes relations à venir.
00:10:48 Alors bon, moi j'ai la cinquantaine,
00:10:50 en fait au début, quand j'avais une vingtaine d'années,
00:10:54 je ne ressentais absolument pas ce sentiment
00:10:57 et puis j'ai eu une histoire longue
00:11:00 avec le père de mes cinq enfants,
00:11:02 qui a été une relation extrêmement toxique,
00:11:04 qui m'a détruite et il s'avère qu'après,
00:11:10 bon maintenant les enfants sont quasi tous élevés,
00:11:14 mais pour re-rencontrer une personne,
00:11:17 j'ai beaucoup de mal à faire confiance
00:11:19 et je suis anxieuse.
00:11:21 Alors là, ça fait quatre ans que je connais quelqu'un
00:11:24 qui par contre est extrêmement serein et rassurant,
00:11:29 mais pour moi l'engagement,
00:11:32 c'est quasi impossible, quoi,
00:11:34 parce que je suis trop, trop, trop marquée
00:11:36 par cette précédente relation.
00:11:38 Alors là, la question qu'on peut se poser, Frédéric Fanger,
00:11:40 est-ce que c'est de l'anxiété qui empêche Caroline
00:11:42 de s'engager ou est-ce que c'est tout simplement
00:11:44 le traumatisme de son expérience précédente ?
00:11:49 Bien vu, Brigitte, c'est exactement ça.
00:11:52 C'est exactement ça, c'est d'ailleurs mon livre précédent
00:11:55 pour lequel vous m'avez fait venir l'an dernier
00:11:57 qui s'appelait "Affirmez-vous face aux manipulateurs"
00:11:59 où on a beaucoup travaillé et on s'est rendu
00:12:01 sur ces problèmes avec ma collègue
00:12:03 avec qui j'écris ce bouquin,
00:12:05 sur ces problèmes de manipulation,
00:12:07 y compris dans le couple, et on s'est rendu compte
00:12:09 que les gens qui avaient vécu ce que semble décrire Caroline
00:12:12 étaient des gens effectivement traumatisés.
00:12:14 Donc la prise en charge des personnes traumatisées
00:12:18 par les problèmes de harcèlement dans le couple
00:12:20 est assez différente de la prise en charge de l'anxieux.
00:12:23 C'est-à-dire qu'effectivement, pour éviter
00:12:25 ce qu'on entend très souvent, ce que dit Caroline,
00:12:27 c'est-à-dire cette espèce de méfiance généralisée
00:12:29 et qui du coup devient inadaptée
00:12:31 puisque la personne qu'elle vient de rencontrer
00:12:33 apparemment n'a pas le lien d'un taux toxique,
00:12:35 mais la crainte des gens qui ont été harcelés dans le couple,
00:12:39 elle est dirigée envers la personne du passé
00:12:42 et non pas envers la personne du présent.
00:12:44 Donc on a tout un travail à faire en thérapie.
00:12:46 On peut être amené à traiter avec des thérapies
00:12:49 plutôt émotionnelles, type EMDR
00:12:52 ou thérapie cognitive d'exposition,
00:12:54 ces traumatismes, c'est-à-dire qu'on ramène
00:12:56 à la mémoire du sujet les images traumatiques
00:12:58 du passé, les moments où il s'est senti mal
00:13:00 au cours du harcèlement, etc.,
00:13:02 pour faire une espèce d'épuration
00:13:04 de ces émotions du passé.
00:13:05 Parce que c'est vrai que tant qu'on ne fait pas ça,
00:13:07 souvent ça va faire un espèce de frein à main,
00:13:09 un espèce de blocage pour que les gens continuent à avancer.
00:13:12 L'autre idée, c'est de faire une approche
00:13:14 un peu qu'on appelle cognitive,
00:13:16 c'est-à-dire se dire, mais finalement,
00:13:18 quelle est la différence entre les comportements
00:13:20 de ce nouveau conjoint et les comportements
00:13:22 de l'ancien conjoint, pour sortir de ce phénomène
00:13:24 de généralisation. Parce que c'est ça qui se passe,
00:13:26 il y a une généralisation, je ne redonne plus jamais
00:13:29 ma confiance parce qu'il y a une peur terrible
00:13:31 d'un nouveau être, de subir un traumatisme.
00:13:34 Le traumatisme, c'est un événement violent,
00:13:36 c'est vraiment, par exemple, le viol est un traumatisme,
00:13:40 les viols, on ne les traite pas avec des techniques,
00:13:43 on les traite avec des techniques centrées
00:13:45 sur le traumatisme, avec des techniques émotionnelles,
00:13:47 parce que sinon, il y a évidemment une peur terrible
00:13:49 que ça se reproduise à nouveau,
00:13:51 et une difficulté d'engagement.
00:13:52 Donc je pense que là, je pense que ça vaut le coup
00:13:56 de se faire aider dans ces cas-là, quand même,
00:13:58 par des professionnels, parce que ce n'est pas évident
00:14:00 tout seul de sortir du traumatisme,
00:14:02 parce que notre cerveau fonctionne de manière
00:14:04 un peu automatique, il va nous ramener des flashs,
00:14:06 il va nous ramener des images, il suffit que la personne
00:14:08 dise un mot commun avec celui d'avant,
00:14:10 ou un regard qui ressemble avec l'homme
00:14:12 qui nous a harcelé, pour que immédiatement,
00:14:14 notre cerveau émotionnel, qui est un cerveau
00:14:16 très réflexe, va réagir, il va nous donner
00:14:18 une bouffée émotionnelle sans qu'on puisse du tout
00:14:20 le faire. Donc c'est là où je dis
00:14:22 que quand les gens sont dans ce genre
00:14:24 de phénomène, ça vaut le coup de voir un professionnel.
00:14:26 Oui, alors je l'ai consulté,
00:14:28 donc ce que vous dites me parle parfaitement,
00:14:32 ce qui m'embête, c'est que finalement,
00:14:34 la personne avec laquelle je suis maintenant,
00:14:36 et avec laquelle je n'arrive pas vraiment
00:14:38 à m'engager,
00:14:40 très honnêtement, en 4 ans,
00:14:42 puisque j'ai eu le temps maintenant
00:14:44 d'avancer, de progresser, de travailler sur moi,
00:14:46 de consulter, ne présente aucun signe
00:14:49 du père de mes enfants.
00:14:53 Et pourtant,
00:14:55 alors peut-être que le travail que vous avez mis
00:14:57 n'a pas été suffisant,
00:14:59 mais pour autant,
00:15:01 j'ai quand même du mal à avancer,
00:15:03 alors qu'il n'y a vraiment aucun signe.
00:15:05 Maintenant je suis capable, mais vraiment,
00:15:07 je le sens énormément, quelque part,
00:15:09 après tant d'expérience.
00:15:11 Et bien voyez, malgré ça,
00:15:13 du coup, c'est un peu un cercle vicieux,
00:15:15 parce que parfois il me dit que je suis distante,
00:15:17 parfois je suis affective,
00:15:19 même pour lui c'est pas rassurant,
00:15:21 du coup j'ai déjà fait le maire de l'anxiété chez lui,
00:15:23 alors que la relation,
00:15:25 finalement, elle est sereine, voyez.
00:15:27 Oui, mais Carole,
00:15:29 excusez-moi Frédéric,
00:15:31 Frédéric vous disait bien
00:15:33 qu'il faut faire une thérapie particulière,
00:15:35 c'est-à-dire que vous avez peut-être fait une thérapie
00:15:37 qui vous a aidé à vous sentir mieux,
00:15:39 mais qui n'a peut-être pas...
00:15:41 Oui, ça n'a pas marché ?
00:15:43 Non.
00:15:45 Ce que j'ai envie de proposer à Caroline,
00:15:47 c'est une approche pas à pas
00:15:49 dans l'engagement, négociée sous forme contractuelle
00:15:51 avec son nouveau conjoint.
00:15:53 C'est-à-dire, je pense que le conjoint est au courant,
00:15:55 voilà ce que j'ai vécu, ça n'a rien à voir avec toi,
00:15:57 mais ma difficulté d'engagement est liée à un traumatisme passé.
00:15:59 Ce que je te propose,
00:16:01 je ne dis pas non à l'engagement,
00:16:03 parce qu'il ne faut sortir du tout ou rien, Caroline,
00:16:05 il ne faut pas être je m'engage ou je ne m'engage pas.
00:16:07 Moi j'ai besoin de temps et de progressivité,
00:16:09 donc une technique qu'on appelle "step by step"
00:16:11 en thérapie grandement mentale, pas à pas,
00:16:13 c'est de faire ça ensemble, et puis après on fera un petit peu plus.
00:16:15 J'analyse à chaque fois comment ça se passe avec ce conjoint-là,
00:16:17 puis je fais encore un pas de plus.
00:16:19 Je vais vous dire, moi je trouve normal
00:16:21 d'être prudente avant de vous re-engager,
00:16:23 c'est normal,
00:16:25 c'est ça même.
00:16:27 Après, votre conjoint, il faut qu'il comprenne votre prudence,
00:16:29 mais il ne faut pas rester à l'arrêt non plus.
00:16:31 Voilà, vous montrez, vous faites un programme
00:16:33 ensemble en disant, voilà, on va commencer
00:16:35 par passer le temps de vacances ensemble,
00:16:37 puis après on va essayer peut-être de vivre
00:16:39 une nuit chacun ensemble, ou une journée,
00:16:41 et c'est vous qui fixez le rythme,
00:16:43 et vous allez voir, votre anxiété, elle va s'habituer,
00:16:45 elle va tomber petit à petit.
00:16:47 - Hum hum, ok.
00:16:49 - Mais là aussi, l'aide d'un thérapeute
00:16:51 comportementaliste peut beaucoup vous aider
00:16:53 à faire ce pas à pas.
00:16:55 - Oui, parce que vous voyez, je me dis,
00:16:57 ça fait quand même très long
00:16:59 que cette histoire-là ait passé,
00:17:01 donc ça a été très violent,
00:17:03 mais ça dure, ça dure, ça dure,
00:17:05 malgré des thérapies,
00:17:07 c'est ça qui me peine,
00:17:09 d'où mon appel.
00:17:11 - Oui, oui, mais je crois que ce que vous dit Frédéric,
00:17:13 c'est tout à fait la seule solution,
00:17:15 parce que vous allez bien vous rendre compte,
00:17:17 si vous osez faire un pas, remiez pas,
00:17:19 qu'il ne vous arrive rien, vous voyez ?
00:17:21 - Oui. - Et à ce moment-là,
00:17:23 vous savez, c'est comme quand on fait un mauvais geste,
00:17:25 il faut se rééduquer pour faire le bon geste,
00:17:27 mais ça prend du temps,
00:17:29 mais on ne peut pas du jour au lendemain faire le bon geste.
00:17:31 - Hum hum, hum hum.
00:17:33 - C'est comme quand on va chez le kiné
00:17:35 pour remettre quelque chose en place,
00:17:37 c'est petit à petit qu'on y arrive,
00:17:39 mais il faut vraiment que vous y teniez,
00:17:41 c'est-à-dire qu'il faut vraiment que vous acceptiez
00:17:43 de faire ces pas à pas,
00:17:45 et pas dire "oui, oui, je vais y faire,
00:17:47 je vais y penser".
00:17:49 - Oui, oui, tout à fait.
00:17:51 - Ce qui est important dans ce que vous dit Brigitte,
00:17:53 c'est de vous rendre compte qu'il ne vous arrive rien,
00:17:55 parce que votre cerveau, lui, il vous allume sans arrêt,
00:17:57 il dit "attention, il va t'arriver quelque chose,
00:17:59 attention, tu vas te retomber sur le manipulateur".
00:18:01 Donc si vous faites des petits pas,
00:18:03 et comme vient de vous dire Brigitte Fort justement,
00:18:05 la réalité actuelle en 2023 à l'heure d'aujourd'hui
00:18:07 avec cet homme-là,
00:18:09 il n'est pas la réalité il y a 10 ans avec un autre homme,
00:18:11 il ne m'arrive rien quand je m'engage.
00:18:13 - Oui, c'est vrai, c'est d'ailleurs ce que je réalise,
00:18:17 mais vous voyez, j'arrive pas encore à pencher le pas,
00:18:19 donc je sais pas, il y a sûrement une étape supplémentaire.
00:18:21 - Parce que vous voulez peut-être faire un pas trop grand,
00:18:25 faites des petits pas.
00:18:27 - D'accord.
00:18:29 - C'est comme on avance les pieds tout doucement,
00:18:31 l'un devant l'autre.
00:18:33 - Vous le laissez déjà mettre sa brosse à dents,
00:18:35 ou vous mettez votre brosse à dents dans la salle de bain,
00:18:37 et puis vous voyez, c'est vraiment des choses concrètes.
00:18:41 - Oui, ça on l'a quand même fait,
00:18:43 mais bon, ça m'a été beaucoup plus loin.
00:18:45 Donc vous voyez, la résistance malgré 4 ans,
00:18:49 et 4 ans quelque part de sérénité.
00:18:51 - Alors peut-être que moi je peux vous dire aussi une chose,
00:18:53 depuis 4 ans,
00:18:55 s'il était manipulateur,
00:18:57 vous auriez eu des preuves.
00:18:59 - Alors ça Brigitte, j'en suis complètement convaincue.
00:19:01 - Bon, et bien tous les soirs,
00:19:03 avant de vous endormir,
00:19:05 vous vous faites une visualisation positive,
00:19:07 et vous essayez de vous répéter sans cesse
00:19:11 les choses de manière positive,
00:19:15 pour qu'à un moment donné,
00:19:17 ce positif chasse ce négatif.
00:19:19 - Il me vient une autre idée.
00:19:21 - Allez-y.
00:19:23 - Il me vient une autre idée Brigitte, si tu permets.
00:19:25 Pour Caroline, il faut qu'elle réalise bien
00:19:27 que la Caroline de 2023
00:19:29 avec ce nouvel homme,
00:19:31 est une Caroline prévenue des phénomènes de manipulation,
00:19:33 qui sait les dépister.
00:19:35 Alors que la Caroline d'avant,
00:19:37 ne savait pas ce que c'était.
00:19:39 Et ce qu'on entend tout le temps dans nos cabinets,
00:19:41 c'est des gens qui sortent de phénomènes de harcèlement,
00:19:43 ça se produit parfois au travail aussi,
00:19:45 ou dans les courses,
00:19:47 depuis 10 ans ou 20 ans,
00:19:49 et qui ne s'en sont pas rendus compte.
00:19:51 Ben croyez-moi, quand ils ont un peu travaillé sur le problème,
00:19:53 ils ne se font plus jamais remanipuler,
00:19:55 parce que maintenant ils savent ce que c'est.
00:19:57 Donc je pense que vous êtes complètement en sécurité maintenant.
00:19:59 - Et dernier conseil,
00:20:01 vous achetez le livre de Frédéric Fangé
00:20:03 de l'année dernière,
00:20:05 "Affirmez-vous", "Face aux manipulateurs".
00:20:07 Bon voilà, franchement Caroline, si vous n'arrivez pas à vous engager,
00:20:09 on ne peut plus rien faire pour vous.
00:20:11 Merci.
00:20:13 - Merci à tous les deux.
00:20:15 - Vous avez eu plein de conseils Caroline, vous en avez eu un.
00:20:17 - Quand même.
00:20:19 - Allez, on fait une petite pause Frédéric,
00:20:21 et on retrouve Philippe Hoffmann dans un instant,
00:20:23 notre sexy news, qui va nous parler de l'ambivalence,
00:20:25 qui est un peu la même chose chez les ados,
00:20:27 mais il n'y a pas que chez les ados visiblement.
00:20:29 - Et Sud Radio, c'est l'instant sexy news.
00:20:31 - Frédéric Fangé est avec nous,
00:20:33 et c'est le moment de retrouver notre sexy news,
00:20:35 Philippe Hoffmann.
00:20:37 Bonjour Philippe.
00:20:39 - Bonjour Brigitte,
00:20:41 et bonjour Frédéric.
00:20:43 - Bonjour Philippe.
00:20:45 - Oui, alors aujourd'hui,
00:20:47 je vais vous parler de quelque chose d'un peu particulier,
00:20:49 qu'on a repéré chez tous les ados,
00:20:51 quand on a des ados,
00:20:53 c'est l'ambivalence,
00:20:55 ou les contradictions,
00:20:57 chez les ados, qui sont moins décourantes.
00:20:59 Alors, vous le disez souvent,
00:21:01 l'ado doit faire face
00:21:03 à nombreux bouleversements,
00:21:05 et il ne contrôle pas tout.
00:21:07 Son corps, son esprit,
00:21:09 sa sexualité, tout change perpétuellement.
00:21:11 Et il ne comprend pas vraiment
00:21:13 comment, ni pourquoi,
00:21:15 ça arrive. Face à ça,
00:21:17 il est perdu, paumé, débordé
00:21:19 d'émotions.
00:21:21 Il fait ce qu'il peut,
00:21:23 et parfois il a des réactions contradictoires.
00:21:25 Alors, par exemple, il peut être
00:21:27 adorable, mais aussi insupportable.
00:21:29 Elle est caline
00:21:31 comme un bébé, mais sans
00:21:33 aucune raison apparente,
00:21:35 tout bascule, et elle se braque et se ferme.
00:21:37 Il dit sans cesse
00:21:39 "Lâche-moi, je fais ce que je veux",
00:21:41 mais aussi, il veut toujours
00:21:43 qu'on s'occupe de lui.
00:21:45 Elle ne veut plus qu'on l'appelle "ma chute",
00:21:47 mais elle râle si elle n'a pas son chocolat préféré
00:21:49 au goûter.
00:21:51 C'est ce que nous appelons l'ambivalence,
00:21:53 un terme qui caractérise bien
00:21:55 les ados, mais également, malheureusement,
00:21:57 l'ensemble des humains
00:21:59 est plein de paradoxes,
00:22:01 avec la même passion,
00:22:03 on aime souvent détruire
00:22:05 ce que l'on a construit.
00:22:07 L'ambivalence, ça reflète bien
00:22:09 le conflit psychique que tous les ados
00:22:11 ont avec leurs parents.
00:22:13 En grandissant,
00:22:15 ils doivent faire une sorte de deuil
00:22:17 de l'ambivalence pour échapper à tout ça.
00:22:19 Mais c'est impossible de tuer
00:22:21 l'enfant en soi et de rejeter
00:22:23 ceux qui nous aiment et qui nous protègent
00:22:25 depuis toujours.
00:22:27 Les ados en rajoutent,
00:22:29 ils prétendent les détester,
00:22:31 "Vous êtes vieux, vous ne comprenez rien,
00:22:33 et puis vous êtes injustes
00:22:35 tout le temps." Pour s'affirmer,
00:22:37 ils font un peu comme les enfants
00:22:39 de 3 ans, en disant "non" à tout.
00:22:41 "J'en veux pas", alors qu'ils adorent ça.
00:22:43 Ils deviennent parfois
00:22:45 agressifs.
00:22:47 Parce qu'à l'adolescence, ils sont plus
00:22:49 forts, plus durs
00:22:51 et moins maléables qu'un enfant de 3 ans.
00:22:53 Et parfois, ça peut aller bien loin.
00:22:55 Il y a des insultes, des coups.
00:22:57 Dans ce cas,
00:22:59 ils risquent vraiment de perdre leur tuteur d'amour.
00:23:01 Donc,
00:23:03 il y a un double mouvement, si vous voulez,
00:23:05 entre haine et amour
00:23:07 des autres et même de soi.
00:23:09 Et ça crée
00:23:11 une tension intérieure qu'on appelle
00:23:13 "conflit psychique", nous les psys.
00:23:15 Et ça peut se retourner contre
00:23:17 les jeunes, dans une forme
00:23:19 d'auto-accusation, de masochisme.
00:23:21 On retrouve ça beaucoup dans...
00:23:23 J'en ai souvent parlé dans beaucoup de "Conduites à risque",
00:23:25 mais aussi, on retrouve ça dans
00:23:27 les troubles de l'humeur, des dépressions, dont je parlerai
00:23:29 plus tard.
00:23:31 Leur pensée, elle est, comme je disais,
00:23:33 elle est aussi ambivalente. Par exemple,
00:23:35 leurs idées sur le monde
00:23:37 et sur eux-mêmes,
00:23:39 ça évolue sans arrêt.
00:23:41 Ils font, par exemple, complètement obsolète
00:23:43 ce qu'ils pensaient il y a encore
00:23:45 quelques mois. "Oh, j'étais trop petit,
00:23:47 je comprenais rien." Pourtant,
00:23:49 à l'époque, ils étaient sûrs
00:23:51 de leurs propos.
00:23:53 Avec le travail scolaire, c'est la même chose.
00:23:55 Ils se sentent
00:23:57 parfois aussi puissants que nuls.
00:23:59 Ce qu'ils ne saisissent pas, sur le coup,
00:24:01 ça y est, c'est
00:24:03 que ça les dévalorise.
00:24:05 Alors, il y a d'autres cas
00:24:07 qui sont des ambivalences carrément
00:24:09 extrêmes, où la tendresse
00:24:11 peut côtoyer la violence.
00:24:13 Par exemple, on peut découvrir
00:24:15 qu'un jeune a été adorable avec sa mamie,
00:24:17 avec une belle
00:24:19 régression chaleureuse,
00:24:21 mais que le soir même, il a fait brûler
00:24:23 une voiture avec des copains.
00:24:25 En fait, on peut rester un enfant
00:24:27 mimi dans l'intimité familiale,
00:24:29 mais on est aussi un jeune con,
00:24:31 fier, en présence du groupe d'ados.
00:24:33 Enfin,
00:24:35 et ça, c'est le sujet de
00:24:37 les "sexy news", leur sexualité,
00:24:39 elle est aussi ambivalente, j'en ai souvent parlé aussi,
00:24:41 avec la puberté, leurs amphis,
00:24:43 leurs attirances sexuelles sont fluctuantes.
00:24:45 Un jour, ils sont homos, l'autre hétéro,
00:24:47 pourquoi pas trans, bi ?
00:24:49 Et quand ils rencontrent leur premier amour,
00:24:51 ils l'aiment à la folie.
00:24:53 Ils pourraient se sacrifier pour lui,
00:24:55 mais ils peuvent s'en séparer tout autant brutalement
00:24:57 et le haïr jusqu'à l'exhiber
00:24:59 sur les réseaux sociaux
00:25:01 avec toutes les conséquences
00:25:03 néfastes et dangereuses qu'on connaît.
00:25:05 Donc, l'ambivalence,
00:25:07 ça souligne bien
00:25:09 qu'il est difficile de se représenter
00:25:11 une évolution linéaire, harmonieuse
00:25:13 pour les ados.
00:25:15 Donc, c'est très long,
00:25:17 c'est plutôt fait de sursauts,
00:25:19 d'incompréhension, de colère.
00:25:21 En tant que parent,
00:25:23 c'est impératif de comprendre
00:25:25 que c'est un passage, parfois un peu long,
00:25:27 mais qui est souvent incompréhensible.
00:25:29 C'est inutile de chercher
00:25:31 des analyses douteuses
00:25:33 pour tous ces contradictions.
00:25:35 C'est plutôt une forme de dynamique vitale,
00:25:37 en tension, qui permet de se construire.
00:25:39 Au fil du temps, de toute façon, tout sera plus clair
00:25:41 et apaisé.
00:25:43 Donc, tâchez de garder le lien affectif essentiel.
00:25:45 Vous serez tous les deux
00:25:47 heureux de vous retrouver
00:25:49 lorsque tout ça, ça sera passé.
00:25:51 Oui, donc, ce qui est intéressant,
00:25:53 Philippe Hoffmann, c'est que finalement, il ne faut pas s'en inquiéter
00:25:55 et là, vous êtes en train de rassurer
00:25:57 les parents, même si leur enfant
00:25:59 parfois fait le grand écart.
00:26:01 Exactement.
00:26:03 Vous voulez réagir, Frédéric ?
00:26:05 Oui, on travaille
00:26:07 pas mal sur la psychologie des contradictions.
00:26:09 On emploie ce mot-là, nous, en TCC,
00:26:11 mais ça revient au même que l'ambivalence.
00:26:13 Moi, je pense qu'elle reste chez l'adulte,
00:26:15 très clairement.
00:26:17 Il y a deux solutions.
00:26:19 Soit on les accepte,
00:26:21 nos contradictions,
00:26:23 soit on les rejette.
00:26:25 C'est ce qu'il décrit bien, là,
00:26:27 chez Ado, ces mouvements de fusion, puis de contre-attaque.
00:26:29 Soit on soumet à nos schémas cognitifs,
00:26:31 soit on les contre-attaque.
00:26:33 Mais moi, je trouve que c'est bien, les contradictions,
00:26:35 parce que ça évite les excès.
00:26:37 Parce que si on n'a pas trop de contradictions,
00:26:39 on risque d'être faux sur nous,
00:26:41 on a l'impression d'avoir raison sur tout.
00:26:43 Et du coup, comme il dit très bien,
00:26:45 on ne va plus se construire, parce que c'est la contradiction
00:26:47 qui nous permet de nous construire et d'avancer.
00:26:49 Le jour où il n'y a plus de contradictions du tout,
00:26:51 en nous, à mon avis, on n'a plus de vitalité.
00:26:53 Donc, oui,
00:26:55 il est bien, bien, bien, habilité,
00:26:57 mais avec nos contradictions, il n'y a personne à inquiéter.
00:26:59 - Tout va bien. Merci beaucoup, Philippe Hoffmann.
00:27:01 Merci, en tout cas, comme toujours.
00:27:03 - Merci.
00:27:05 - On continue avec Bruno, qui va répondre à trois questions intimes.
00:27:07 Bonjour, Bruno.
00:27:09 - Bonjour. Enchanté de vous avoir.
00:27:11 - Alors, première question,
00:27:13 est-ce que vous seriez d'un naturel
00:27:15 plutôt anxieux, ou pas vraiment ?
00:27:17 - C'est très bizarre.
00:27:19 Je suis quelqu'un de très calme
00:27:21 et de très, très, très anxieux,
00:27:23 amoureusement.
00:27:25 - Ah, d'accord. Donc, ça se manifeste
00:27:27 surtout dans le domaine affectif, votre anxiété.
00:27:29 - Oui, oui, oui. Pour le reste, tout va bien.
00:27:31 - Donc, la peur
00:27:33 de... la peur qu'on vous aime plus,
00:27:35 la peur de perdre votre partenaire,
00:27:37 enfin, des choses comme ça, j'imagine.
00:27:39 - La peur de rencontrer quelqu'un de très bien
00:27:41 et de trop bien, qui correspond
00:27:43 idéalement à ma recherche
00:27:45 d'amour et de partage.
00:27:47 - Bon, eh bien, vous mettez la barre un peu moins haut.
00:27:49 Bruno essaiera déjà mieux.
00:27:51 - Oui, c'est vrai.
00:27:53 - Je crois que...
00:27:55 parce que si vous cherchez la princesse idéale,
00:27:57 vous la trouverez pas.
00:27:59 Bon, deuxième question.
00:28:01 Deuxième question.
00:28:03 Est-ce que...
00:28:05 est-ce que vous avez un endroit
00:28:07 où vous aimeriez faire l'amour, où vous fantasmeriez
00:28:09 de faire l'amour, et qui serait...
00:28:11 que vous n'avez jamais pu faire ?
00:28:13 - Oh !
00:28:15 Alors là, justement, les fantasmes
00:28:17 ne font pas partie,
00:28:19 alors, ni de mon éducation, ni de ma culture,
00:28:21 ni de ma réalité de vie.
00:28:23 - L'éducation n'a rien à voir
00:28:25 avec les fantasmes, Bruno.
00:28:27 - Il y a des blocages, quand même.
00:28:29 - D'accord, ça veut dire que votre éducation
00:28:31 vous a un peu bridé dans votre sexualité,
00:28:33 dans votre imaginaire.
00:28:35 - Au début. Ensuite,
00:28:37 vers l'âge de 25-30 ans,
00:28:39 je me suis totalement libéré,
00:28:41 et après 50 ans, je me suis...
00:28:43 j'ai enlevé toutes mes chaînes.
00:28:45 Mais j'ai réalisé
00:28:47 tellement de...
00:28:49 de parcours amoureux
00:28:51 que...
00:28:53 maintenant, je suis un peu dans la...
00:28:55 dans la recherche d'une certaine régression
00:28:57 et d'un amour un peu trop parfait,
00:28:59 peut-être. C'est vrai que je mets la barre
00:29:01 un peu haute. Et,
00:29:03 pour répondre directement à votre question,
00:29:05 il est certain que...
00:29:07 je suis
00:29:09 en équilibre avec moi-même
00:29:11 et dans la mesure du possible avec mes partenaires,
00:29:13 où il n'y a pas d'endroit
00:29:17 plus particulièrement recherché
00:29:19 par rapport à un manque de quelque chose.
00:29:21 Au contraire, c'est pour sublimer
00:29:23 en fait la rencontre
00:29:25 et l'amour, et l'acte d'amour
00:29:27 qui fait que
00:29:29 je suis disponible
00:29:31 n'importe où.
00:29:33 - Bon. C'est une manière de ne pas répondre à ma question.
00:29:35 Merci, Bruno.
00:29:37 Dernière question...
00:29:39 Non, mais bon, c'est pas grave.
00:29:41 Je fais avec.
00:29:43 Dernière question.
00:29:45 Est-ce que vous seriez
00:29:47 un peu pour...
00:29:49 en cas d'infidélité, justement,
00:29:51 compte tenu de votre idéal, vous seriez
00:29:53 capable de pardonner ? C'est le sujet de demain
00:29:55 d'ailleurs, sur le paro. - Oui, tout à fait.
00:29:57 - Ah bah alors, tout va bien !
00:29:59 - Et franchement, oui.
00:30:01 Parce que je peux pas dire
00:30:03 que je sois extrêmement fidèle
00:30:05 dans ma recherche de perfection.
00:30:07 - Il faut aller voir
00:30:09 un psy, hein, Bruno ? - Peut-être.
00:30:11 - Allez, je vous laisse
00:30:13 poser une question à Frédéric Fanger.
00:30:15 - Oui.
00:30:17 Quand j'ai
00:30:19 appris le sujet
00:30:21 d'aujourd'hui, j'y suis très
00:30:23 intéressé parce que, à la fois,
00:30:25 je me sens très anxieux
00:30:27 dans la recherche
00:30:29 de l'amour parfait, un peu,
00:30:31 et à la fois, je suis très détendu
00:30:33 dans le sens où
00:30:37 les expériences se passent très bien.
00:30:39 Mais cette anxiété,
00:30:41 elle me fait un petit peu me perdre.
00:30:43 Alors je sais pas si vous pouvez
00:30:47 m'aider ou me répondre à cela.
00:30:49 - Bon.
00:30:51 - Tout d'abord, j'espère bien que vous ne trouverez pas
00:30:53 la femme idéale, comme ça, vous risquerez pas
00:30:55 d'avoir une peur terrible qui serait qu'elle vous abandonne.
00:30:57 - D'accord. - Parce que, je crois,
00:30:59 dans ces recherches d'amour idéale, il y a souvent...
00:31:01 s'il y a de l'angoisse, c'est peut-être
00:31:03 parce qu'on a peur, au fond, si on la trouve,
00:31:05 qu'elle parte.
00:31:07 Donc finalement, trouvez-vous quelqu'un de moyen, puis si elle part,
00:31:09 vous serez moins déçus.
00:31:11 - D'accord.
00:31:13 - Vous voyez, c'est très exigeant
00:31:15 dans votre discours.
00:31:17 Donc moi, j'ai beaucoup de gens, perfectionnistes,
00:31:19 qui ont des exigences très élevées. Souvent, je leur dis, écoutez,
00:31:21 entre le génial et le nul, il y a tout un tas
00:31:23 d'intermédiaires. Il y a des choses qui vont vous plaire
00:31:25 chez la personne, d'autres choses qui vont moins vous plaire.
00:31:27 Vous allez faire un bilan entre les plus et les moindres
00:31:29 de l'autre personne. Et le couple, vous savez, c'est souvent ça.
00:31:31 Et du coup...
00:31:33 Et puis ça permet aussi d'être différent.
00:31:35 Parce que le risque du couple parfait, c'est le couple fusionnel.
00:31:37 C'est pour ça qu'on risque de ne pas supporter
00:31:39 le départ de l'autre.
00:31:41 Et puis c'est le risque de s'y perdre.
00:31:43 La troisième chose que j'entends souvent chez mes patients,
00:31:45 parce que j'ai une grosse consultation de personnes
00:31:47 qui manquent d'estime d'elles-mêmes,
00:31:49 c'est que si je tombe amoureuse,
00:31:51 ou si je tombe amoureux pour un homme,
00:31:53 je vais être obligé de me dévoiler.
00:31:55 L'autre va voir qui je suis au fond,
00:31:57 vraiment. Et les gens qui manquent d'estime d'eux-mêmes,
00:31:59 je ne dis pas que c'est vous, je réponds de manière générale,
00:32:01 vont à ce moment-là avoir peur
00:32:03 qu'on découvre qui ils sont vraiment,
00:32:05 puisque eux-mêmes se jugent mal.
00:32:07 D'accord.
00:32:09 Donc,
00:32:11 mettez la barre moins haut,
00:32:13 comme je vous l'ai dit dès le départ, Bruno.
00:32:15 Merci.
00:32:17 Ou éventuellement, peut-être,
00:32:19 redéfinir avec précision mes recherches.
00:32:21 Non, non, non,
00:32:23 vous allez retomber dans une sorte de perfection.
00:32:25 Non, non, non, non.
00:32:27 Vous mettez la barre moins haut,
00:32:29 et puis ça, je suis convaincu.
00:32:31 Et trouver la belle rencontre, tout simplement.
00:32:33 La jolie rencontre,
00:32:35 voilà.
00:32:37 On est d'accord. Merci Bruno.
00:32:39 Merci beaucoup. Allez, on fait une petite pause,
00:32:41 Frédéric Fanger, et puis on continue à évoquer
00:32:43 l'anxiété, mais on peut aussi
00:32:45 reconnaître qu'il était un peu anxieux, notre Bruno.
00:32:47 A tout de suite.
00:32:49 Le plus grand site de webcam live,
00:32:51 réservé aux adultes.
00:32:53 14h16h, Brigitta et Sud Radio.
00:32:55 Nous évoquons l'anxiété avec
00:32:59 Frédéric Fanger, psychiatre,
00:33:01 à l'occasion de la sortie de cette bande dessinée
00:33:03 "Le club des anxieux qui se
00:33:05 soignent", c'est aux éditions "Les
00:33:07 Arènes", dans lequel vous avez
00:33:09 vraiment un mode d'emploi pour
00:33:11 arriver à mieux, déjà bien
00:33:13 comprendre ce qu'est l'anxiété, et ensuite
00:33:15 arriver à la gérer. On va
00:33:17 reprendre avec David, qui nous a rejoint.
00:33:19 Bonjour David. Bonjour Brigitte.
00:33:21 Bonjour Frédéric. Bonjour David.
00:33:23 Oh bah, vous avez l'air
00:33:25 bien anxieux, David.
00:33:27 Oui, du tout. Tout va bien.
00:33:29 Tout va bien.
00:33:31 Donc c'est lors de
00:33:35 vos rencontres amoureuses,
00:33:37 c'est ça ? Oui, alors
00:33:39 il y a un moment où l'anxiété apparaît
00:33:41 le plus
00:33:43 dans une rencontre amoureuse, c'est
00:33:45 justement quand on bascule vers la rencontre amoureuse.
00:33:47 Dans la séduction et vers
00:33:49 une relation plus
00:33:51 intime. Et là, passer le pas
00:33:53 me coûte beaucoup, et
00:33:57 je suis assez inquiet
00:33:59 à ce moment-là. Pas quelque chose
00:34:01 de confortable,
00:34:03 ni de vraiment
00:34:05 joyeux, ce moment-là, dans le sens où
00:34:09 il y a vraiment une anxiété qui prend le pas sur le reste,
00:34:11 sur comment on va passer le pas,
00:34:13 de
00:34:15 j'ai une personne en face
00:34:17 de moi qui me plaît, et
00:34:19 on va passer
00:34:21 de se plaire à vraiment se désirer.
00:34:23 Et ça, c'est quelque chose
00:34:25 qui est assez récurrent chez moi, et qui n'a pas
00:34:27 trop évolué au fil des années,
00:34:29 puisque par rapport à ma relation
00:34:31 dans le couple, où j'avais
00:34:33 d'autres anxiétés qui pouvaient me parasiter,
00:34:35 je les constate moins
00:34:37 sur les dernières années.
00:34:39 Ça veut dire,
00:34:41 attendez, que je comprenne bien, ça veut dire que quand
00:34:43 vous rencontrez quelqu'un et que ça vous semble un peu
00:34:45 plus sérieux, vous êtes anxieux, ou est-ce que ça veut dire
00:34:47 lorsqu'il faut passer
00:34:49 à la relation affective,
00:34:51 sexuelle, vous êtes anxieux ?
00:34:53 C'est quand je rencontre la personne,
00:34:55 et qu'on va dire, on va faire du désir,
00:34:57 qu'il faudrait passer le pas, prendre la main,
00:34:59 enclencher quelque chose qui dit que
00:35:01 officiellement, on n'est plus simplement en train d'être
00:35:03 entre amis
00:35:05 ou personnes qui se connaissent,
00:35:07 je déclare que j'ai du désir.
00:35:09 Donc c'est l'intimité qui vous rend
00:35:11 anxieux, c'est bien ça ?
00:35:13 Le passage à l'intimité, c'est une fois que
00:35:15 ce cap-là est passé,
00:35:17 derrière, tout va très bien.
00:35:19 Tout va jusqu'à présent.
00:35:21 Oui, d'accord, mais donc c'est vraiment
00:35:23 un sujet, c'est ce dont je parlais dans
00:35:25 l'intro, Frédéric Fanger.
00:35:27 Qu'est-ce que vous pouvez dire à David ?
00:35:29 Oui, ce qu'il dit, David, c'est passer de la
00:35:31 rencontre à la relation.
00:35:33 Ça change tout.
00:35:35 Parce que la relation, il y a une notion d'engagement,
00:35:37 il y a une notion de durée, il y a une notion de risque.
00:35:39 Alors moi, ce que je lui réponds d'abord,
00:35:41 je ne sais pas quelle est l'intensité de son anxiété, mais
00:35:43 une dose d'anxiété dans ce cas-là
00:35:45 est normale, parce que
00:35:47 encore une fois, on va s'inquiéter
00:35:49 des choses qui en vaillent la peine. Or, la rencontre
00:35:51 amoureuse, c'est quand même quelque chose de très important
00:35:53 dans une vie. Et quand vous passez, quand on est au stade
00:35:55 de la rencontre, ça va, mais quand on décide de passer
00:35:57 au stade de la relation, qu'on dit "Tiens, il y a peut-être du désir,
00:35:59 ça peut déboucher sur quelque chose
00:36:01 qui va se construire, qui va aller plus loin",
00:36:03 eh bien, l'anxiété est normale.
00:36:05 Si vous achetez une maison ou un appartement,
00:36:07 vous allez être anxieux, vous n'allez pas décider ça en
00:36:09 deux minutes. Si vous achetez une quartière,
00:36:11 vous pouvez décider en deux minutes.
00:36:13 Donc, tolérer une certaine
00:36:15 anxiété, parce que l'anxiété va aussi
00:36:17 vous éviter de faire des erreurs.
00:36:19 La deuxième chose que je voudrais dire à David,
00:36:21 c'est qu'il y a un combat
00:36:23 entre notre cerveau émotionnel
00:36:25 désirant et notre cerveau
00:36:27 cortical intelligent
00:36:29 qui est névrotique, qui nous freine.
00:36:31 On a tous deux cerveaux, on a
00:36:33 des pulsions, on a du désir, on a des
00:36:35 attirances qui ne se maîtrisent pas tant que ça
00:36:37 intellectuellement, mais comme
00:36:39 on est des humains, l'intellect va
00:36:41 venir se greffer dessus en disant "Attention,
00:36:43 t'as du désir, c'est dangereux, ça peut aboutir,
00:36:45 ça peut être un échec, etc." Et c'est toutes ces pensées-là
00:36:47 qui, si elles se mettent
00:36:49 à tourner en boucle,
00:36:51 faire ce qu'on appelle
00:36:53 des pensées analytiques
00:36:55 abstraites. Une pensée analytique abstraite,
00:36:57 c'est une pensée qui va augmenter notre
00:36:59 anxiété.
00:37:01 Est-ce que ça va réussir, par exemple ?
00:37:03 Pourquoi
00:37:05 ça marche ? Pourquoi ça marche pas ?
00:37:07 Tout ça, c'est des pensées analytiques abstraites qui débrouchent
00:37:09 sur rien du tout, à part générer
00:37:11 de l'émotion anxieuse ou dépressive.
00:37:13 Il faut passer à des pensées
00:37:15 concrètes expérientielles.
00:37:17 Qu'est-ce que c'est qu'une PCE ? Une pensée concrète
00:37:19 expérientielle, c'est comment je vais
00:37:21 m'y prendre
00:37:23 pour passer ce cap ? Quelles sont
00:37:25 les étapes à franchir ? Parce que
00:37:27 quand on a du désir pour quelqu'un,
00:37:29 il s'agit pas de tout de suite passer
00:37:31 une vie commune de 20 ans. Il s'agit
00:37:33 peut-être dans un premier temps d'envoyer
00:37:35 des signes de désir, qu'ils soient par le
00:37:37 verbe ou par d'autres moyens.
00:37:39 Ensuite, d'observer la réaction de l'autre
00:37:41 personne. Et puis on va faire des
00:37:43 petits allers-retours entre les deux
00:37:45 progressifs. C'est comme ça que ça se construit la relation.
00:37:47 Si vous voulez, c'est comme quand vous construisez
00:37:49 une maison, ça se fait pas en un jour.
00:37:51 Il faut creuser le terrain, faire des fondations.
00:37:53 De passer de la rencontre à la
00:37:55 relation, ça se fait pas en un jour.
00:37:57 Ce qui compte, c'est que cette anxiété, elle soit
00:37:59 là pour
00:38:01 nous mobiliser, nous éviter les grandes erreurs,
00:38:03 mais qu'elle soit pas trop intense et
00:38:05 uniquement tournée vers des pensées d'échec.
00:38:07 Faut pas non plus qu'elle soit tournée
00:38:09 uniquement vers des pensées de réussite.
00:38:11 Parce que l'air de rien, je suis désolé,
00:38:13 mais passer de la rencontre à la relation,
00:38:15 ça marche pas toujours, quelles que soient
00:38:17 les personnes. On peut pas le savoir à l'avance,
00:38:19 si ça va marcher ou pas.
00:38:21 Donc c'est une série de petits signaux
00:38:23 comme ça, envoyés à l'autre, il y a des retours
00:38:25 et on regarde à chaque fois ce qui se passe.
00:38:27 Et puis, ça peut se construire,
00:38:29 et puis à un moment donné, ça peut s'arrêter de se construire,
00:38:31 et puis à un moment donné, ça va se continuer. Et la troisième
00:38:33 chose, David, c'est que ça dépend pas que de vous.
00:38:35 Vous avez l'air de penser
00:38:37 que "comment je fais pour passer le cap ?"
00:38:39 Ben oui, mais il faut que l'autre, elle le passe aussi,
00:38:41 en face.
00:38:43 C'est pour ça qu'il faut vraiment vous mettre dans une optique
00:38:45 qu'on appelle systémique, c'est-à-dire d'interaction,
00:38:47 lancer, et il faut l'exprimer,
00:38:49 votre désir, ça serait trop dommage de pas le faire,
00:38:51 mais regarder la réaction de l'autre, puis faites encore
00:38:53 un autre petit pas, puis un autre petit pas,
00:38:55 et vous verrez bien à deux comment les choses se construisent,
00:38:57 parce que c'est à deux que vous les construirez.
00:38:59 - Très bien, David.
00:39:01 J'ai quand même une chance,
00:39:03 c'est que la dernière fois où ça a pris
00:39:05 beaucoup de temps, c'était avec ma femme,
00:39:07 et maintenant ça fait six ans qu'on est mariés,
00:39:09 mais ça a pratiquement mis
00:39:11 un an et demi, et sur la dernière partie,
00:39:13 six mois où on se voyait régulièrement,
00:39:15 et pour moi,
00:39:17 c'était parfait,
00:39:19 parce qu'en fait, on passait des moments
00:39:21 formidables, mais
00:39:23 voilà, il n'y avait pas de...
00:39:25 je passais pas le cap.
00:39:27 Et après, ça me travaillait en me disant "est-ce que je fais bien,
00:39:29 est-ce qu'elle va pas se lasser, etc."
00:39:31 L'histoire se termine bien pour moi,
00:39:33 c'est merveilleusement bien, parce que maintenant on a des enfants,
00:39:35 ensemble, donc
00:39:37 je suis très heureux.
00:39:39 Mais ce que je me dis,
00:39:41 c'était potentiellement
00:39:43 cette façon de faire, ça a bien marché
00:39:45 là, ou ça a fonctionné...
00:39:47 - Oui mais David...
00:39:49 - ... quelque part, et de passer à côté.
00:39:51 - Non, parce que sans doute que c'était très important
00:39:53 pour vous, et sûrement très important pour elle.
00:39:55 Et curieusement, plus c'est important,
00:39:57 plus on y va à petits pas, parce que
00:39:59 justement, on a peur de faire
00:40:01 une gourde, et de perdre la personne
00:40:03 qui nous intéresse. Donc vous avez été très
00:40:05 doucement, parce que justement,
00:40:07 vous étiez anxieux, à juste
00:40:09 titre, comme vient de vous l'expliquer Frédéric.
00:40:11 Donc je pense que
00:40:13 ça explique certainement le
00:40:15 temps qu'il a fallu pour que vous puissiez réellement
00:40:17 vous engager. Enfin, il me semble, hein.
00:40:19 - Alors, l'exemple
00:40:21 que je prends là, en fait, avec ma
00:40:23 femme,
00:40:25 c'est un exemple, mais je sais bien que
00:40:27 pour moi, c'est systématiquement.
00:40:29 Si j'étais avec une autre
00:40:31 personne, j'aurais aussi eu ce
00:40:33 problème que je reformule là-bas.
00:40:35 - Mais là, vous êtes avec votre femme, vous voulez
00:40:37 pas aller avec quelqu'un d'autre.
00:40:39 - Ah non, non, mais bon. - Bon, alors tout va bien.
00:40:41 Non, mais je pense que...
00:40:43 C'était de l'humour. Non, mais
00:40:45 ce que je pense, David, c'est qu'il faut analyser
00:40:47 si c'est un manque de
00:40:49 confiance en vous, ou une incapacité
00:40:51 à repérer les signes chez l'autre.
00:40:53 Je schématise un peu.
00:40:55 - Un peu des deux, mais c'est bien ce côté-là
00:40:57 de prendre le pas de recul.
00:40:59 Je ne suis pas le seul acteur.
00:41:01 Et surtout, je dirais, comme je suis
00:41:03 stressé à ce moment-là, dans cette période-là,
00:41:05 ou dans ces moments-là,
00:41:07 justement, je suis uniquement
00:41:09 dans la réaction et dans
00:41:11 l'émotionnel, le côté
00:41:13 instinctif.
00:41:15 Et donc je n'ai pas du tout d'analyse de ce qui se passe
00:41:17 chez l'autre, en fait. - Vous savez pas être réceptif
00:41:19 aux... - Je suis pas du tout dans
00:41:21 de l'interaction avec...
00:41:23 J'analyse, j'observe ce qu'elle dit.
00:41:25 J'ai une sorte de vision qui se rétrécit,
00:41:27 mais incroyablement. - Mais je pense que
00:41:29 là, c'est votre anxiété, il me semble,
00:41:31 Frédéric Fanger, qui empêche David d'être
00:41:33 réceptif aux signaux pour un envoyer l'autre.
00:41:35 - D'être dans l'empathie, d'être dans l'écoute
00:41:37 active, de s'intéresser à l'autre, parce que
00:41:39 si vous rencontrez plusieurs femmes, elles n'auront pas toutes
00:41:41 la même temporalité. Tout à l'heure,
00:41:43 on a une personne qui nous tourne en y-est, avoir été
00:41:45 harcelée dans un coup précédent, et du coup avoir
00:41:47 des grandes difficultés d'engagement.
00:41:49 Si vous tombez sur une personne comme ça,
00:41:51 elle aussi, il va lui falloir du temps. Après, vous allez rencontrer
00:41:53 peut-être une autre femme qui, elle, n'aura pas de problème
00:41:55 d'engagement, elle vaudra aller plus vite. Donc, encore
00:41:57 une fois, effectivement, ce qui compte,
00:41:59 c'est moins de vous inquiéter sur
00:42:01 vous-même. Parce qu'effectivement, l'anxiété pose
00:42:03 ce problème qu'on est centrifuge,
00:42:05 on est centré sur soi, et on voit plus
00:42:07 ce qui se passe autour.
00:42:09 Je pense qu'effectivement, apprenez
00:42:11 des techniques qu'on appelle des techniques d'enquête
00:42:13 active, c'est comme les journalistes, qu'est-ce que, qu'est-ce qui,
00:42:15 comment interroger l'autre, faites-la parler,
00:42:17 intéressez-vous à sa vie, intéressez-vous
00:42:19 à elle, comment elle fait pour passer
00:42:21 de la rencontre à la relation, son passé,
00:42:23 quels sont ses envies, ses
00:42:25 besoins, et tout naturellement,
00:42:27 vous serez dans la réalité, et
00:42:29 quand on est dans la réalité d'un vécu, on est moins
00:42:31 dans l'anxiété. L'anxiété, c'est l'incertitude.
00:42:33 On est anxieux quand on ne sait pas ce qui va
00:42:35 se passer, mais quand on fait quelque chose, quand on construit
00:42:37 quelque chose, l'anxiété, elle s'en va.
00:42:39 Et puis, je pense qu'il y a un conseil
00:42:41 que je peux vous donner, David, et qui peut
00:42:43 aider les autres aussi, les
00:42:45 signaux, on a tendance à
00:42:47 pas toujours vouloir, enfin, pas toujours pouvoir
00:42:49 voir des signaux positifs
00:42:51 de la part d'une femme, en revanche, on peut
00:42:53 voir des signaux négatifs. Vous lui envoyez
00:42:55 un SMS, elle met trois jours à vous répondre,
00:42:57 c'est pas très
00:42:59 bon, voyez ?
00:43:01 Si elle met une semaine, c'est pire.
00:43:03 Il y a des signes,
00:43:05 quand une femme est intéressée,
00:43:07 en général, les réponses
00:43:09 sont assez rapides.
00:43:11 Voyez ?
00:43:13 Ça dépend des femmes, on est d'accord.
00:43:15 Mais c'est parfois plus facile de voir des
00:43:17 signaux négatifs, même
00:43:19 d'ailleurs dans des relations amicales
00:43:21 ou professionnelles.
00:43:23 - Complètement. Bon, alors après, maintenant, l'avantage
00:43:25 que j'ai, c'est que comme, en effet, je suis marié,
00:43:27 fidèle, je n'ai plus ce problème-là,
00:43:29 mais je sais que si je redevenais
00:43:31 célibataire un jour, je reviendrai de nouveau
00:43:33 - Je vous ai...
00:43:35 Vous suivrez les conseils quand vous
00:43:37 en avez. Et puis, de toute façon, ces conseils-là,
00:43:39 ça peut aider aussi dans des relations
00:43:41 sociales,
00:43:43 parce que c'est pareil, dans les relations sociales,
00:43:45 parfois, il faut
00:43:47 peut-être s'engager dans un projet
00:43:49 avec quelqu'un, il vaut mieux savoir si c'est réciproque,
00:43:51 l'envie, ou pas.
00:43:53 Et donc ça peut également être
00:43:55 utile. Merci David.
00:43:57 On va continuer après les infos.
00:43:59 Bien sûr, Frédéric Fanger a donné des conseils
00:44:01 et je crois que
00:44:03 l'anxiété, elle est là.
00:44:05 Il n'y a pas de doute, on est tous un peu anxieux, vous l'avez dit au début.
00:44:07 Et puis peut-être qu'elle est encore
00:44:09 plus là en ce moment. Donc on peut
00:44:11 vous répondre 0801 6300 300.
00:44:13 N'hésitez pas à nous rejoindre tout de suite après les infos.
00:44:15 Oui, ce soir,
00:44:17 ce soir, mon téléfilm que j'avais
00:44:19 tourné il y a plus d'un an,
00:44:21 repasse sur France 2.
00:44:23 Donc si vous avez envie de me voir,
00:44:25 c'est ce soir. Et j'en profite
00:44:27 justement pour donner une devinette
00:44:29 par rapport à la télévision.
00:44:31 Frédéric Fanger, pourquoi la télévision
00:44:33 ne peut pas être libre ?
00:44:35 Ce sera après les infos
00:44:37 que vous pourrez me donner la réponse.
00:44:39 14h16,
00:44:41 Brigitte Laé, Sud Radio.
00:44:43 Et nous continuons durant cette
00:44:45 deuxième heure à évoquer l'anxiété.
00:44:47 Vous êtes anxieux, vous avez envie de conseils
00:44:49 concrets de Frédéric Fanger.
00:44:51 Vous pouvez nous appeler au 0826
00:44:53 300 300, ou vous procurez
00:44:55 cette bande dessinée "Le Club des anxieux
00:44:57 qui se soignent". C'est aux éditions Les Arènes.
00:44:59 Vous l'avez co-écrit, Frédéric,
00:45:01 avec Catherine Meyère,
00:45:03 et les dessins, évidemment, de
00:45:05 Pauline Aubry. C'est bien cela ?
00:45:07 Oui, c'est bien cela.
00:45:09 Alors, vous avez eu le temps de réfléchir à ma devinette. Pourquoi la télévision
00:45:11 ne peut pas être libre, Frédéric Fanger ?
00:45:13 Alors réfléchir...
00:45:15 J'ai une réponse, elle est banale et sûrement fausse.
00:45:17 C'est l'audimat ?
00:45:19 Mais non, c'est parce qu'il y a plusieurs chaînes.
00:45:21 Ah !
00:45:23 Quand il y a plusieurs chaînes, on ne peut pas être libre.
00:45:25 Chaîne des chaînes, oui. Elle est enchaînée.
00:45:27 Elle est enchaînée.
00:45:29 Bon, on continue avec Arnaud,
00:45:31 qui est avec nous.
00:45:33 Finalement, j'aurais eu
00:45:35 tendance à penser que les femmes étaient plus
00:45:37 anxieuses. Ce n'est pas sûr,
00:45:39 puisque nous avons des hommes également
00:45:41 anxieux.
00:45:43 Oui, tout à fait.
00:45:45 Bonjour Arnaud. Bonjour.
00:45:47 Alors, du coup,
00:45:49 effectivement, alors,
00:45:51 je ne sais pas si, en tout cas, moi,
00:45:53 j'ai été vraiment anxieux, mais
00:45:55 je pense qu'il y a un sujet,
00:45:57 en tout cas, qui touche majoritairement
00:45:59 les hommes, je pense que c'est sur les sites de rencontres,
00:46:01 par exemple. Oui.
00:46:03 C'est-à-dire ?
00:46:05 C'est-à-dire que,
00:46:07 par exemple, pour les sites de rencontres,
00:46:09 nous, les hommes, on a
00:46:11 tendance à être plus nombreux.
00:46:13 Du coup, je pense qu'il y a une anxiété,
00:46:15 donc, du coup, c'est une anxiété qu'on retrouve dans l'amour
00:46:17 ou du moins dans la recherche de l'amour.
00:46:19 Et je pense que
00:46:21 on a une appréhension, on a une crainte
00:46:23 face
00:46:25 au jugement de l'autre,
00:46:27 face, par exemple, dans le désir
00:46:29 de la recherche de trouver quelqu'un,
00:46:31 on va se
00:46:33 livrer, on va se mettre
00:46:35 en place sur...
00:46:37 On va...
00:46:39 Je ne sais pas, on a cette impression d'arriver
00:46:41 dans un espace public
00:46:43 où les gens vont nous juger et ils vont
00:46:45 nous dire si oui ou non, ils sont intéressés,
00:46:47 etc. Et je pense que quand on a des
00:46:49 attentes, ça peut révéler une part
00:46:51 assez anxieuse, au final.
00:46:53 Et je pense
00:46:55 en plus que c'est quelque chose de nouveau,
00:46:57 on n'a pas été...
00:46:59 Élevés comme ça, oui.
00:47:01 - Vous avez raison, c'est pareil
00:47:03 quand on va chercher les résultats d'un examen,
00:47:05 finalement, il y a quelque chose de... On va être noté
00:47:07 et c'est...
00:47:09 Il a raison, Arnaud, Frédéric Fangé ?
00:47:11 - Oui, alors il y a
00:47:13 deux choses. Il y a l'anxiété de performance
00:47:15 de l'examen, mais il décrit bien quelque chose en plus,
00:47:17 qu'est-ce qu'on appelle l'anxiété sociale.
00:47:19 Alors au passage, Brigitte,
00:47:21 l'anxiété sociale, il y a plusieurs troubles anxieux.
00:47:23 L'anxiété en général est plus
00:47:25 fréquente chez les femmes que chez les hommes,
00:47:27 mais ce n'est pas énorme, c'est 60-40.
00:47:29 Par contre, l'anxiété sociale
00:47:31 est plus fréquente chez les hommes,
00:47:33 c'est le trouble anxieux le plus masculin.
00:47:35 Et cette anxiété sociale, moi j'aime beaucoup
00:47:37 la description qu'il fait en disant
00:47:39 "cette impression d'arriver dans un espace
00:47:41 public comme si on était seul au milieu
00:47:43 d'une foule et on va être jugé".
00:47:45 C'est exactement ça. On parlait tout à l'heure
00:47:47 de dévoilement de soi dans la relation amoureuse
00:47:49 et les gens qui... Alors on a
00:47:51 tous de l'anxiété sociale, encore une fois,
00:47:53 c'est pareil, un peu d'anxiété sociale,
00:47:55 des exécutions, c'est normal.
00:47:57 Par contre, moi j'ai été amené à traiter
00:47:59 en thérapie des gens qui souffrent
00:48:01 de vraies phobies sociales, où ils ont une peur
00:48:03 terrible du jugement des autres, et du coup
00:48:05 ils sont dans l'évitement, ils restent célibataires,
00:48:07 ils abordent pas l'autre, etc.
00:48:09 Et en fait,
00:48:11 souvent,
00:48:13 ce qu'on constate chez ces personnes qui consulent
00:48:15 pour ça, c'est qu'eux-mêmes
00:48:17 ont un jugement négatif d'eux-mêmes.
00:48:19 Donc l'idée, c'est si moi je me juge
00:48:21 négativement,
00:48:23 dans une relation intime, je dois avoir
00:48:25 peur que l'autre me juge lui aussi négativement.
00:48:27 - Alors,
00:48:31 oui, je pense qu'effectivement,
00:48:33 alors après je savais pas que
00:48:35 ça touchait plus les garçons,
00:48:37 cette phobie sociale,
00:48:39 mais je pense qu'en tout cas,
00:48:41 moi, c'est
00:48:43 ce qui m'a semblé sentir
00:48:45 dans cette inscription, dans le fait
00:48:47 de se mettre à nu,
00:48:49 et effectivement, vous en avez parlé tout à l'heure,
00:48:51 le fait du regard, la peur du regard de l'autre.
00:48:53 Et je pense qu'il y a aussi
00:48:55 la peur de se sentir exclure.
00:48:57 Ou par exemple, on s'inscrit,
00:48:59 etc., et au final, on rencontre
00:49:01 pas la personne qu'on
00:49:03 désirait. Je pense que ça, ça peut être dur
00:49:05 et je pense qu'on peut arriver
00:49:07 à avoir une forme d'anxiété
00:49:09 et d'appréhension, justement,
00:49:11 d'avoir
00:49:13 ce sentiment de non-désir, en fait,
00:49:15 de pas se sentir désiré en face.
00:49:17 Je pense que ça, ça peut être quelque chose de
00:49:19 assez dur, en fait,
00:49:21 à recevoir.
00:49:23 Donc je pense qu'il est
00:49:25 intéressant, non seulement de
00:49:27 savoir que c'est chez tout le monde,
00:49:29 entre guillemets, que fille comme
00:49:31 garçon, on a toujours un peu cette crainte
00:49:33 du jugement et de la non-reconnaissance.
00:49:35 Et
00:49:37 je pense qu'en plus,
00:49:39 le fait de dire qu'on est beaucoup de garçons,
00:49:41 peut-être,
00:49:43 j'ai pas exactement les chiffres, mais...
00:49:45 - Alors, je vais vous donner une expérience personnelle,
00:49:47 Arnaud, qui va peut-être vous faire sourire,
00:49:49 quand j'étais encore très jeune,
00:49:51 je devais même pas avoir 16 ans,
00:49:53 j'ai souvenir d'un bal,
00:49:55 ça n'existe plus beaucoup,
00:49:57 ce genre de bal, et j'étais assise
00:49:59 sur ma chaise, et puis personne
00:50:01 venait m'inviter. Et
00:50:03 je crois que, oui,
00:50:05 je crois que ça a développé de l'anxiété
00:50:07 chez moi. Vous souriez, Frédéric Fonger,
00:50:09 mais c'est vrai. C'était...
00:50:11 Et je crois que c'est...
00:50:13 Enfin, beaucoup de femmes ont pu
00:50:15 ressentir ça, on est assises, et puis
00:50:17 il y a des femmes qu'on vient chercher pour danser,
00:50:19 puis nous, on reste sur notre chaise,
00:50:21 et là, quelque part, c'est exactement ce que vous
00:50:23 dites, Arnaud.
00:50:25 - Je pense qu'il y a un peu de ça,
00:50:27 je pense qu'il y a aussi, c'est
00:50:29 cette peur de s'en sentir
00:50:31 rejeté, et ça... - Personne veut de nous,
00:50:33 c'est terrible. - Oui, bien sûr,
00:50:35 le fait de ne pas être
00:50:37 invité dans la...
00:50:39 Le fait d'être rejeté, c'est une peur profonde
00:50:41 en psychologie,
00:50:43 et c'est extrêmement intéressant
00:50:45 d'avoir... De ressentir ça,
00:50:47 de l'analyser, de le comprendre, et de se dire que
00:50:49 au final, c'est OK, parce que tout le monde
00:50:51 ressent ça, et qu'il faut juste
00:50:53 au final aller au-delà
00:50:55 de cette crainte-là,
00:50:57 et je pense qu'après, bah oui, on peut rencontrer
00:50:59 des gens extraordinaires,
00:51:01 malgré le site de rencontre, mais il faut passer
00:51:03 entre guillemets cette crainte-là,
00:51:05 mais je pense
00:51:07 qu'il y a quelque chose
00:51:09 d'assez fort là-dedans,
00:51:11 et puis c'est quelque chose qu'on
00:51:13 rencontre de plus en plus, mais je pense
00:51:15 que le site de rencontre, il y en a...
00:51:17 - Oui, et je pense que
00:51:19 les jeunes sont peut-être
00:51:21 plus durs encore qu'aujourd'hui,
00:51:23 non ? Qu'est-ce que vous en pensez, Frédéric Fangé ?
00:51:25 - Je pense
00:51:27 deux choses, et il me fait penser...
00:51:29 J'ai eu en consultation parfois des dons jurants,
00:51:31 et ils m'expliquent qu'ils tombent toutes les femmes
00:51:33 qui veulent, pour une raison très simple,
00:51:35 c'est qu'ils n'ont aucune angoisse d'exclusion, ils n'ont aucune
00:51:37 angoisse du rejet, c'est-à-dire que si on leur dit non, ils s'en foutent
00:51:39 complètement, ils passent à une autre.
00:51:41 C'est ce qu'on dit souvent aux gens qui souffrent de phobie sociale,
00:51:43 qui en général ont fait zéro tentative amoureuse
00:51:45 ou une seule, et s'ils en font
00:51:47 une seule et c'est un échec, ils sont
00:51:49 dans un état épouvantable, et ils pensent qu'ils
00:51:51 seront jamais acceptés par une femme.
00:51:53 Je leur dis, si vous faites 100 essais,
00:51:55 si vous êtes rejetés une fois, vous en restez 99.
00:51:57 - D'ailleurs, c'est ce qu'écrit
00:51:59 Alain Soral dans son livre sur
00:52:01 le dragueur,
00:52:03 je ne sais plus comment ça s'appelle, "Sociologie d'un dragueur",
00:52:05 je crois. Il dit bien,
00:52:07 "on drague 10 et il y en a toujours une sur les 10
00:52:09 et il est d'accord."
00:52:11 - La deuxième chose que j'ai à dire,
00:52:13 c'est qu'on est à la même génération,
00:52:15 à peu près, je me souviens très bien
00:52:17 de ce que vous dites, la fille qui n'a pas resté seule,
00:52:19 elle me disait, pour mes copines, "j'ai peur de faire tapisserie."
00:52:21 - Oui, c'est ça.
00:52:23 - Je voudrais ajouter quelque chose, peut-être,
00:52:25 pour Arnaud, je ne sais pas si ça le concerne,
00:52:27 mais par rapport aux gens que je vois
00:52:29 qui souffrent d'anxiété sociale,
00:52:31 il y a très, très, très
00:52:33 souvent, pour ne pas dire presque
00:52:35 toujours,
00:52:37 on a vécu de rejets sociaux
00:52:39 dans l'enfance et l'adolescence,
00:52:41 dans les cours d'école, par exemple,
00:52:43 ce qu'on appelle les traumatismes de cours d'école.
00:52:45 Ces rejets ne sont pas toujours liés à la relation amoureuse,
00:52:47 mais on voit des enfants un peu timides,
00:52:49 introvertis, qui ont été rejetés
00:52:51 parce qu'ils bégayaient,
00:52:53 parce qu'ils rougissaient, parce qu'ils étaient trop gros, etc.
00:52:55 Et en fait, il faut savoir que
00:52:57 ces petits traumatismes qui paraissent bannaux,
00:52:59 les gens vont de m'en parler en me disant,
00:53:01 "ce n'est pas grand-chose, docteur."
00:53:03 Oui, mais ça peut rester marqué dans un cerveau,
00:53:05 comme une marque au fer rouge, vous savez,
00:53:07 on marque les taureaux au fer rouge,
00:53:09 dans votre cerveau émotionnel,
00:53:11 vous l'oubliez, les gens ont oublié
00:53:13 ces traumatismes d'enfance,
00:53:15 et quand ils arrivent à l'âge adulte, par exemple,
00:53:17 dans une rencontre importante pour eux, comme une rencontre amoureuse,
00:53:19 cette angoisse de revivre
00:53:21 le malaise qu'ils ont vécu
00:53:23 alors va ressurgir,
00:53:25 mais sans qu'ils fassent le lien, bien évidemment.
00:53:27 Donc ça vaut parfois le coup.
00:53:29 Oui, je vous laisse répondre, Arnaud.
00:53:31 Oui, bien sûr,
00:53:33 ça fait écho, et je pense que forcément
00:53:35 il doit y avoir de ça.
00:53:37 Je pense aussi que
00:53:39 la personne qui vous a appelé
00:53:41 précédemment, avant moi,
00:53:43 qui parlait de lui,
00:53:45 qui avait l'air assez anxieux,
00:53:47 et qui mettait beaucoup d'importance à la rencontre,
00:53:49 je pense qu'il y a aussi de ça,
00:53:51 dans cette pathologie du "dragueur",
00:53:53 je vais vous appeler ça une pathologie,
00:53:55 il doit y avoir aussi
00:53:57 le taux d'estime sur la rencontre de l'autre,
00:53:59 je pense qu'il est plus facile,
00:54:01 je dirais, de lâcher prise
00:54:03 si on met moins d'importance à la rencontre
00:54:05 que si ça doit...
00:54:07 Je pense qu'il y a de ça aussi,
00:54:09 enfin, qu'il y a de ça dans la crainte.
00:54:13 Absolument.
00:54:15 Eh bien merci, Arnaud, parce que votre témoignage,
00:54:17 il va en rassurer plus d'un, je crois.
00:54:19 Juste un truc, du coup, Arnaud,
00:54:21 apprenez à enlever de leur piédestal
00:54:23 les femmes que vous rencontrez,
00:54:25 parce que du coup,
00:54:27 si vous voyez qu'elles ont aussi des défauts,
00:54:29 ça diminuera votre pression à vous.
00:54:31 Bien sûr.
00:54:33 Mais je pense que c'est encore un souci de perception,
00:54:37 et je pense que malgré le fait
00:54:39 qu'on voie les esprits chez les autres,
00:54:41 on voit toujours les siens beaucoup plus grands.
00:54:43 Donc je pense que c'est un processus
00:54:47 d'un travail, un cheminement, forcément.
00:54:51 Mais oui, je suis d'accord avec vous.
00:54:53 En tout cas, votre témoignage décrit extrêmement bien les choses.
00:54:57 C'est gentil, merci beaucoup.
00:54:59 Merci beaucoup, Arnaud.
00:55:01 Merci à vous, encore une fois, de me recevoir.
00:55:03 Et vraiment, c'est une importance capitale, je pense.
00:55:07 Ce genre d'émission, enfin, voilà, un plaisir en tout cas.
00:55:11 Merci Arnaud, merci, c'est gentil.
00:55:13 Allez, on fait une petite pause, Frédéric Fonger,
00:55:15 puis on continue.
00:55:17 Je crois qu'on va lever au moins 10% d'anxiété
00:55:21 dans tous ceux qui nous écoutent.
00:55:23 Vous aurez fait votre travail, Frédéric Fonger.
00:55:25 Allez, on se retrouve dans un instant.
00:55:27 En compagnie de Frédéric Fonger, nous évoquons l'anxiété.
00:55:31 Je vous rappelle le titre de cette bande dessinée,
00:55:33 "Le club des anxieux qui se soigne".
00:55:35 C'est vrai que c'est aux éditions Les Arènes,
00:55:37 c'est vrai qu'on vous soigne là,
00:55:39 grâce à tous les conseils bien pratiques,
00:55:41 tous les outils pratiques que vous donne Frédéric.
00:55:45 Bonjour, Maëlys.
00:55:47 Bonjour, plaisir, bonjour Frédéric.
00:55:49 Bonjour.
00:55:51 Donc vous êtes encore seul,
00:55:53 et je suppose que le témoignage de David et de Arnaud vous en touchait.
00:55:57 Oui, effectivement.
00:55:59 C'est vrai que ça fait longtemps que je suis célibataire.
00:56:05 J'ai du mal à me remettre dans une relation,
00:56:11 étant donné que j'ai vécu 13 ans avec quelqu'un,
00:56:17 et la fin s'est très mal passée.
00:56:19 Donc depuis, quand je rencontre une personne,
00:56:23 j'ai cent mille questions qui me viennent dans la tête,
00:56:27 et mon angoisse se ressent concrètement.
00:56:31 Et du coup, je dois faire peur.
00:56:33 L'autre sent que vous n'êtes pas prête.
00:56:37 Oui, exactement.
00:56:39 Tout à fait.
00:56:41 Alors que pourtant, je pense que je le suis,
00:56:43 mais je dois faire ressentir de confiance.
00:56:47 Il y a quelque chose qui est important à dire, je pense, Frédéric Fangé,
00:56:51 c'est que quand on est jeune,
00:56:53 on est un peu emporté par notre curiosité, notre pulsion,
00:56:57 et puis on va aller vers l'autre avec un désir assez fort,
00:57:03 sans se poser de questions.
00:57:05 Plus on va grandir et plus on va vieillir, en quelque sorte,
00:57:09 plus on va essayer de trouver la bonne personne.
00:57:11 Et finalement, j'ai envie de dire, la bonne personne,
00:57:15 on le sait après, on ne le sait pas le premier soir où on prend un verre avec elle.
00:57:20 Exactement.
00:57:22 Tout à fait, il faut du temps.
00:57:24 C'est ce qu'on disait tout à l'heure à un autre auditeur,
00:57:26 en écoutant les interactions qu'on a avec l'autre,
00:57:28 petit à petit, les choses vont se construire ou pas.
00:57:30 Et à trop vouloir la bonne personne,
00:57:32 Maëlis, finalement, on passe à côté de tout le monde.
00:57:36 Oui, c'est vrai.
00:57:38 Effectivement, je suis d'accord.
00:57:40 J'ai du mal avec ce concept de se découvrir au fur et à mesure,
00:57:46 mais sans vraiment que ce soit sérieux.
00:57:48 Et moi, c'est quelque chose qui me bloque.
00:57:50 Pourquoi ?
00:57:52 C'est quelque chose qui est dans l'air du temps.
00:57:54 Je ne sais pas, c'est une bonne question.
00:57:56 Je sais qu'aujourd'hui, les gens aiment bien se découvrir.
00:58:00 Maëlis, je tiens vraiment à insister.
00:58:04 Il y a des rencontres qui, au départ, ne partent pas sur les chapeaux de roue,
00:58:08 ne sont pas des rencontres auxquelles on croit,
00:58:11 et qui finissent par de belles histoires.
00:58:13 C'est vrai.
00:58:15 C'est vraiment important de le comprendre, ça.
00:58:19 Parce que si on attend que ce soit sûr dès le départ,
00:58:23 on risque vraiment de passer à côté d'une histoire.
00:58:26 C'est la suite, il faut que je me détende.
00:58:31 Ce qui ne veut pas dire qu'il faut coucher le premier soir.
00:58:33 Oui, bien sûr.
00:58:35 Je veux entendre que vous ne soyez pas prête à avoir une relation sexuelle avec le premier venu.
00:58:39 Mais au moins, accepter de se revoir,
00:58:43 accepter de...
00:58:45 Vous voyez ?
00:58:47 Oui, tout à fait, je vois.
00:58:49 Mais c'est là-dessus que je fais un travail, concrètement.
00:58:51 C'est de prendre mon temps,
00:58:53 d'apprendre à découvrir l'autre,
00:58:55 sans se lancer dans une relation comme on fait quand on est jeune.
00:58:59 Il faut que je m'adapte, au fur et à mesure.
00:59:03 Au fond, finalement, on revient au petit pas que vous proposiez tout à l'heure, Frédéric Fanger, en début d'émission.
00:59:08 La notion de construction.
00:59:11 C'est une construction progressive, un couple.
00:59:15 Mais est-ce que j'ai bien entendu, si vous avez dit que vous avez passé 13 ans avec quelqu'un,
00:59:19 c'est bien ça, avec une fin difficile ?
00:59:22 C'est ça, Maïs ?
00:59:23 Oui, c'est ça.
00:59:24 Alors, ce que je voudrais dire, parce que vous n'êtes pas la première à parler de ça,
00:59:27 à parler, tout à l'heure, on a une dame qui a eu 5 enfants avec un homme, etc.
00:59:30 Attention à ces questions de fin tragique,
00:59:35 qui remettent en cause les couples suivants.
00:59:38 Je m'explique.
00:59:41 Quand, au bout de 13 ans d'une relation,
00:59:45 et la dame, tout à l'heure, ça devait m'émettre encore plus,
00:59:48 ça se termine mal,
00:59:51 alors on appelle ça comme on veut, harcèlement, peu importe, mais ça se termine mal,
00:59:54 on peut avoir un sentiment de confiance trahi.
00:59:59 Parce qu'il n'y a rien à faire pour faire une relation durable,
01:00:02 il faut une notion de confiance.
01:00:04 J'attire votre attention sur un travail qu'on fait souvent en thérapie.
01:00:07 Quand les gens arrivent en nous disant "j'ai eu une relation très longue,
01:00:11 avec une fin très malheureuse, et du coup, je n'ose plus me lancer dans l'engagement",
01:00:16 on leur dit "on va d'abord faire l'analyse de la relation du passé,
01:00:21 parce qu'il ne faut pas que cette fin malheureuse
01:00:24 jette en arrière un voile négatif sur toute la relation".
01:00:28 Et quand on prend le temps, mais sur plusieurs consultations d'une heure,
01:00:32 de bien faire parler les gens sur ce fameux couple,
01:00:35 comment il a démarré, qu'est-ce qu'il a vécu,
01:00:38 les gens se rendent compte que même si la fin était malheureuse,
01:00:40 souvent dans le couple, quand il a duré, c'est parce qu'il avait des raisons de durer,
01:00:43 qu'il y avait des très bonnes choses.
01:00:45 Et du coup, au lieu de rejeter la révolution amoureuse en général,
01:00:50 on va rejeter ce qui s'est passé à la fin,
01:00:53 qu'est-ce qui fait que ça s'est mal fini,
01:00:54 mais on va dire "attendez, on a quand même passé X années ensemble,
01:00:57 c'est quand même une réussite".
01:00:59 Quand vous entendez Ando Christensen,
01:01:01 qui est un des plus grands spécialistes du couple aux Etats-Unis,
01:01:04 vous dire que la durée de la qualité d'un couple,
01:01:08 c'est comme la durée de péremption de divorce,
01:01:10 c'est une durée, elle est de 16 années.
01:01:12 C'est-à-dire 16 années, ce n'est pas la durée moyenne des couples,
01:01:15 c'est la durée, eux, ils ont étudié la satisfaction du couple.
01:01:19 Par les deux, ils font des questionnaires sur les deux conjoints.
01:01:22 16 ans, donc j'allais vous dire, à 13 ans,
01:01:24 vous êtes pratiquement déjà sur un couple complet.
01:01:26 Donc attention de bien refaire une analyse plus objective,
01:01:32 qui ne porte pas uniquement sur la fin négative de vos relations antérieures,
01:01:36 pour bien comprendre que dans un couple, c'est souvent comme ça,
01:01:39 il y a des choses, vous savez, les couples qui vont bien apparemment,
01:01:42 quand on les voit de près, de temps en temps,
01:01:43 on apprend qu'il y a des choses qui se passent mal aussi.
01:01:45 Donc bien comprendre que dans un couple, il y a du bon et du mauvais,
01:01:47 et du coup, ça vous permettra d'avoir moins peur de vous relancer.
01:01:51 D'accord.
01:01:53 Parce que quand on vous dit que ça s'est mal terminé,
01:01:56 ça s'est mal terminé, pourquoi ?
01:01:59 Tromperie. 13 ans.
01:02:02 Et je n'ai pas accepté en fait.
01:02:04 D'accord, mais vous avez découvert qu'il vous trompait
01:02:06 pendant toute la relation, pendant les 13 ans ?
01:02:08 Non, non, pas du tout.
01:02:09 Non, non, ça s'est fait les derniers mois, avant que je m'en aille.
01:02:13 Mais j'ai senti aussi que c'était,
01:02:15 excusez-moi de vous couper, pardon,
01:02:17 c'était la fin.
01:02:18 C'était la fin, j'attendais limite à...
01:02:21 Voilà, mais donc voyez bien.
01:02:23 Mais là, voyez, c'est formidable,
01:02:25 parce que justement, ce que vient de vous dire Frédéric Fangé,
01:02:28 ça correspond exactement, vous avez vécu une très bonne histoire,
01:02:31 et puis, on va dire, les deux dernières années,
01:02:34 c'était fini, lui, il avait peut-être senti plus que vous,
01:02:37 et donc il était déjà parti ailleurs.
01:02:39 Mais vous avez vécu au moins 10 ans, 11 ans, c'est incroyable.
01:02:42 Oui, oui, complètement, oui.
01:02:44 Et oui, donc il faut...
01:02:46 Elle était fidèle pendant 11 ans.
01:02:48 Alors, hein, voyez, ça vaut le coup de retrouver quelqu'un.
01:02:53 On met en perspective l'échec,
01:02:55 en disant que la fin est un échec,
01:02:57 c'est dommage qu'on ne se soit pas quitté bon copain, quoi.
01:03:00 Et c'est dommage qu'il m'ait trompé,
01:03:02 c'est dommage qu'il ne m'ait pas dit, à la limite,
01:03:04 qu'il n'est pas méchant.
01:03:05 Oui, mais c'est ça, c'est exactement ce que je reprends.
01:03:07 Ça ne veut pas dire que tout ce qu'on a vécu ensemble n'est pas bon.
01:03:10 Et ça ne veut pas dire...
01:03:12 Mais il ne vous l'a pas dit, peut-être pour ne pas vous blesser,
01:03:15 peut-être pour ne pas vous perdre,
01:03:17 il y a des circonstances atténuantes.
01:03:20 Écoutez, demain, on parle du pardon.
01:03:22 Restez à l'écoute, Maëlise,
01:03:24 pour que vous puissiez enfin lui pardonner,
01:03:26 pour pouvoir vous libérer.
01:03:27 Parce que tant que vous ne lui pardonnez pas,
01:03:29 vous restez en relation avec lui.
01:03:31 Et donc, vous ne pouvez pas être en relation avec quelqu'un d'autre.
01:03:34 Ah, d'accord. Très bien.
01:03:36 Le coup de pas dire à la femme qu'on ne veut pas la tromper pour la protéger,
01:03:39 j'entends souvent ça chez les hommes,
01:03:41 ça m'irrisse un peu de ma condition masculine,
01:03:43 parce que franchement, c'est un bon prétexte pour aller voir ailleurs.
01:03:45 Oui, je pense que ça vaut mieux être honnête,
01:03:48 et puis quitte à faire une pause.
01:03:50 D'ailleurs, ce que les spécialistes de coupes disent,
01:03:54 c'est qu'il faut être honnête au moment où on a le désir d'aller voir ailleurs,
01:03:57 avant de passer à l'acte.
01:03:59 C'est ça, ce qu'il faudra exiger dans votre prochain couple,
01:04:02 et il faut en parler dès le début du couple.
01:04:04 Si un jour, tu as envie de me tromper, j'aimerais que tu m'en parles.
01:04:07 C'est ça.
01:04:09 Parce qu'à ce moment-là, on peut peut-être gérer le problème.
01:04:12 Oui, anticiper, tout à fait.
01:04:15 En tout cas, oui.
01:04:17 C'est ça, avoir du désir pour notre personne,
01:04:19 mais comprendre pourquoi on désire une autre personne,
01:04:22 et pas sa compagne ou son compagnon actuel.
01:04:24 Qu'est-ce qui fait qu'on a envie d'aller voir ailleurs ?
01:04:27 Et surtout, est-ce qu'on peut encore réparer le couple ?
01:04:30 Si on est préventif, si on en parle avant,
01:04:32 on a peut-être l'occasion d'avoir des discussions en deux,
01:04:34 de dire ce qui se passe, ce qui se mouille bien dans le couple,
01:04:36 et du coup, de corriger le tir.
01:04:38 En tout cas, vous avez vu, il y a du travail,
01:04:41 et je pense que si vous le faites,
01:04:43 le travail vous a un peu libéré,
01:04:45 et vous allez pouvoir rencontrer quelqu'un.
01:04:47 Oui, merci beaucoup, en tout cas.
01:04:50 Merci à vous.
01:04:51 On se quitte un court instant, Frédéric Fangé,
01:04:53 on continue les Love Conseils,
01:04:55 la sexualité normative,
01:04:57 les idées reçues auxquelles il faut tordre le cou,
01:05:00 ce sera le Love Conseil dans un instant,
01:05:02 et puis on continue à évoquer votre anxiété
01:05:04 au 0 826 300 300 à 12.
01:05:06 Déservé aux adultes.
01:05:08 Brigitte Lay, Sud Radio, le Love Conseil.
01:05:12 Alors, on va continuer cette sexualité un peu trop normative,
01:05:16 vous pouvez bien sûr réagir, Frédéric Fangé, si vous voulez.
01:05:19 Alors, c'est vrai qu'il y a des clichés,
01:05:21 comme ça, des croyances,
01:05:23 sur la sexualité,
01:05:25 et alors il y en a un qui existe depuis la nuit des temps,
01:05:28 c'est ce lien entre sexualité et reproduction,
01:05:31 et beaucoup de problèmes sexuels, du coup,
01:05:34 vont peut-être arriver à cause de ça.
01:05:36 Parce que beaucoup de gens, du coup,
01:05:38 n'osent pas considérer la sexualité
01:05:40 comme quelque chose de ludique,
01:05:42 qui serait là juste pour le plaisir,
01:05:44 et à partir du moment où c'est là pour le plaisir,
01:05:47 et puis pour passer un bon moment avec son partenaire,
01:05:50 si de temps en temps on n'a pas de désir,
01:05:52 si de temps en temps il y a une panne,
01:05:54 c'est pas très grave.
01:05:55 Si c'est l'enjeu de tout à fait arriver au coït,
01:05:58 avec pénétration, éjaculation,
01:06:01 pour arriver à avoir éventuellement un enfant,
01:06:05 même si bien sûr, c'est pas le but de ce rapport-là,
01:06:08 et bien ça peut provoquer en effet des ratés,
01:06:12 en quelque sorte.
01:06:13 Et puis nos choix sexuels sont aussi
01:06:15 un peu tributaires de ce concept,
01:06:17 il y a des enquêtes qui ont été faites,
01:06:19 que lorsque une femme arrête la pilule, par exemple,
01:06:22 elle va être attirée par un homme
01:06:25 qui serait plus apte à être le bon géniteur,
01:06:28 donc c'est quand même assez incroyable
01:06:30 de voir que ça va jusque là.
01:06:32 Et puis alors, grand mythe un peu dérivé de ce premier,
01:06:36 c'est qu'il n'y a pas de rapport sexuel sans pénétration,
01:06:39 ce qui est archi faux évidemment,
01:06:41 on peut avoir des orgasmes sans se pénétrer,
01:06:43 et c'est fou d'ailleurs de voir que quand on demande à quelqu'un
01:06:46 quand est-ce que c'était sa première fois,
01:06:49 il va toujours parler de la première pénétration,
01:06:52 alors qu'il y a des gens qui ont eu des orgasmes
01:06:54 bien avant cette première pénétration,
01:06:56 par des flirtes très poussées, etc.
01:06:58 Voilà, et ça donne beaucoup d'angoisse,
01:07:00 cette idée qu'il faut absolument qu'à chaque rapport
01:07:02 il y ait une pénétration,
01:07:04 angoisse pour les hommes d'avoir des érections,
01:07:06 et puis chez les femmes, l'angoisse de penser
01:07:08 qu'elles doivent obligatoirement se laisser pénétrer,
01:07:10 même si elles ne sont pas tout à fait prêtes,
01:07:12 même si elles n'ont pas tellement envie.
01:07:14 Donc vraiment, non, la sexualité
01:07:16 ce n'est pas obligatoirement fait pour la reproduction,
01:07:19 donc lâchez un petit peu cette notion-là.
01:07:23 Frédéric Fangé, vous êtes évidemment d'accord avec ça, j'imagine.
01:07:26 Oui, et j'en veux pour témoignage
01:07:29 tous ces couples qui n'arrivent pas à avoir d'enfants,
01:07:32 et les dégâts que peut faire la difficulté
01:07:35 à avoir des enfants dans un couple,
01:07:37 parce que justement, ils étaient basés sur l'idée
01:07:39 de "nous sommes en couple pour avoir une famille,
01:07:41 pour faire des enfants",
01:07:43 et si on est basé uniquement là-dessus
01:07:45 et qu'on a une infertilité, ça pose de sacrés problèmes.
01:07:47 On a beaucoup aussi...
01:07:49 Le deuxième truc, c'est que, enfin,
01:07:51 vous êtes mieux placés que moi,
01:07:53 mais c'est que la femme est prise, là encore,
01:07:55 dans certaines contradictions, dans certains enjeux,
01:07:57 celui d'avoir droit au plaisir, enfin,
01:08:00 et vous y participez, les femmes modernes, heureusement,
01:08:03 mais aussi cette vieille notion de "je dois reproduire,
01:08:07 et si je reproduis, en tout cas, je dois protéger l'enfant qui va naître",
01:08:10 donc ce souci de protection qui fait que
01:08:13 c'est sûrement pas si facile que ça d'allier les deux.
01:08:15 Mais c'est pour ça que je pense qu'effectivement,
01:08:18 en tout cas, c'est vrai que ce ne sont pas les mêmes discours...
01:08:21 Moi, j'entends souvent des femmes me dire ce que vous disiez,
01:08:24 c'est-à-dire que j'ai des hommes avec qui j'ai eu du plaisir,
01:08:27 et j'ai choisi un autre homme pour faire des enfants.
01:08:29 C'est quelque chose qu'on entend très fréquemment.
01:08:31 - C'est vraiment fou, et c'est une enquête américaine que j'avais lue,
01:08:35 qui montrait bien qu'on ne choisit pas le même homme pour...
01:08:39 C'était des femmes qui avaient épousé un homme
01:08:42 pour le plaisir, qui étaient tombées amoureuses de lui, etc.,
01:08:45 et au moment où elles veulent un enfant,
01:08:48 elles le quittent et elles en cherchent un autre.
01:08:51 - Ce que j'entends souvent, c'est "je veux un bad boy pour le plaisir,
01:08:55 par contre je veux un homme sécure pour faire un enfant".
01:08:58 - Remarquez, il vaut mieux, parce qu'un bad boy pour faire un enfant,
01:09:01 ce n'est pas terrible.
01:09:03 - Après, ça évolue avec l'âge.
01:09:05 C'est-à-dire qu'à 20 ans, on cherche plus les bad boys,
01:09:07 et puis à 30, 35, quand l'horloge biologique avance,
01:09:10 on change d'état d'esprit.
01:09:12 - Mais est-ce que les hommes n'ont pas aussi ce choix ?
01:09:15 Ils choisissent des femmes qui...
01:09:17 Alors ça, c'est une étude anthropologique.
01:09:20 Les hommes choisissent des femmes qui ont des rondeurs,
01:09:23 parce que justement, comme il faut un peu de graisse
01:09:26 pour nourrir le foetus pendant 9 mois,
01:09:28 on ne choisit pas des femmes trop minces pour faire des enfants.
01:09:32 Donc, vous voyez...
01:09:34 - Après, la rondeur, ça peut être sexy, Brigitte.
01:09:39 - Mais je suis bien d'accord.
01:09:41 - Permettons aux femmes qui accouchent d'être encore sexy.
01:09:46 - Oui, et puis attendez, les rondeurs, ça évite de se faire mal
01:09:50 sur les os pubiens, etc.
01:09:53 Il faut un peu de rondeur.
01:09:55 Allez, on continue sur l'anxiété.
01:09:57 On s'est bien amusés, là, mais on va redevenir sérieux.
01:10:00 Bonjour, Charles.
01:10:01 - Bonjour, Brigitte, et bonjour Frédéric.
01:10:03 - Bonjour, Charles.
01:10:05 - Alors, vous, vous venez de vivre une séparation douloureuse
01:10:09 après 20 ans de vie commune.
01:10:11 - Oui, alors, effectivement, une séparation au bout de 20 ans,
01:10:15 mais on sait que si on arrive à 20 ans, c'est que...
01:10:19 Si on en est arrivé là, c'est parce qu'il y avait quelque chose
01:10:23 qui n'allait plus, clairement, dans le couple.
01:10:26 C'était une annonciateur avant, et voilà.
01:10:30 - Vous avez entendu ce que disait Frédéric Fanger
01:10:33 il y a un instant à Maëlys, que justement, peut-être qu'il y a eu
01:10:36 15 ans de très bien, et puis qu'après, ça s'est délité
01:10:41 au fil des années.
01:10:43 - J'ai écouté le témoignage de Maëlys.
01:10:45 En fait, il m'a fait un peu penser, finalement, à mon destin,
01:10:51 qui est un peu parallèle au sien, dans le sens où,
01:10:54 de la même manière que elle, moi, c'est mon ex-compagne
01:10:58 qui est partie et qui a trouvé quelqu'un.
01:11:01 Donc, effectivement, c'est un déchirement, parce qu'on a
01:11:04 un sentiment d'échec.
01:11:06 On arrive... Parce que si on en est arrivé là, peut-être qu'on n'a pas
01:11:10 réussi à reconstruire, ou peut-être qu'on était au bout,
01:11:13 tout simplement, je ne sais pas.
01:11:15 - Alors, sentiment d'échec, pas forcément...
01:11:19 Oui, allez-y Frédéric, pardon.
01:11:21 - Le point commun que vous avez avec Maëlys, c'est que vous subissez.
01:11:25 C'est l'autre qui part.
01:11:27 Ça, c'est toxique pour le psychisme.
01:11:30 Ça, c'est toxique.
01:11:31 Parce qu'on se dit "Oh là là, mais je n'ai pas la main,
01:11:33 je n'ai rien pu faire, je ne pourrai peut-être rien faire
01:11:35 la prochaine fois."
01:11:36 - Ah, mais l'ego, on prend un coup, je peux vous dire.
01:11:39 - L'ego, oui, mais même plus que ça.
01:11:42 On peut se poser des questions sur "Suis-je vraiment capable
01:11:45 de refaire un coup ?"
01:11:46 Parce que si je ne suis pas capable de tenir une femme,
01:11:49 j'en serais peut-être jamais capable.
01:11:51 Donc oui, il peut y avoir une grosse perte de confiance en soi
01:11:54 après un événement comme celui que vous vivez.
01:11:56 Il ne faut pas s'en étonner d'être mal après ça,
01:11:58 parce qu'en plus, vous subissez.
01:12:00 Donc l'autre a pu peut-être se préparer, a pu préparer les choses.
01:12:03 Mais là encore, oui, comme pour tout à l'heure,
01:12:05 c'est-à-dire peut-être voir tout ce qui s'est bien passé.
01:12:08 L'idée de remettre le départ dans un couple
01:12:11 sur une dysfonction du couple,
01:12:13 c'est quand même une idée qu'on entend presque toujours,
01:12:16 qui est souvent vraie, mais pas toujours.
01:12:18 Je crois quand même qu'il faut se rendre compte
01:12:20 que sur un couple durable, mettons une quinzaine d'années,
01:12:23 chacun des deux évolue.
01:12:24 Vous savez, dans mon livre sur le couple,
01:12:26 je décris bien ce modèle du 1+1=3.
01:12:28 Donc chaque 1 est un des demandes du couple,
01:12:30 et le 3, c'est le couple.
01:12:31 Sur 15 ans, notre 1, l'homme, il va évoluer à sa façon,
01:12:34 la femme, elle va évoluer à sa façon,
01:12:36 et on voit des séparations de couple
01:12:38 qui se passent pas mal,
01:12:41 parce que simplement le couple accepte de se dire
01:12:44 "on a évolué, on n'est plus sur le même chemin".
01:12:47 Ce qui est ennuyeux dans le cas de Maëlys,
01:12:49 alors je sais pas le vôtre, vous l'avez pas dit,
01:12:51 c'est que ça se termine mal.
01:12:53 Mais si on arrive à accepter l'idée
01:12:56 qu'un couple n'est pas nécessairement à vie,
01:12:58 que déjà avoir passé 10-15 ans ensemble, c'est déjà pas mal,
01:13:01 mais que peut-être il y en a un des deux
01:13:02 qui en a marre parce qu'il est sur un autre chemin,
01:13:04 si on en parle, comme ce que je disais tout à l'heure,
01:13:06 peut-être ça va pouvoir réparer le couple
01:13:09 et lui redonner un certain élan,
01:13:10 parce qu'attention, le couple c'est plusieurs étapes.
01:13:13 Moi j'ai rencontré des couples qui avaient 50 ans de vie,
01:13:16 à un salon du livre, il y a un couple qui est venu me voir,
01:13:18 parce que le sous-titre du livre c'est
01:13:19 "Apprendre à vivre un couple heureux et durable".
01:13:21 Bon, on dit "Vosez le couple".
01:13:23 Et ils sont venus me voir en me disant,
01:13:24 au salon du livre à Paris, à la porte de Versailles,
01:13:26 en me disant "bah nous on a 50 ans de couple,
01:13:27 ils étaient tout heureux, ils avaient un grand sourire",
01:13:29 je leur ai dit "donnez-moi la recette, ça m'intéresse beaucoup".
01:13:32 Et en fait ces gens vous expliquent que leur couple
01:13:35 a été en renouvellement permanent,
01:13:37 parce que justement ils évoluaient chacun,
01:13:39 il y en a un qui évoluait professionnellement,
01:13:41 l'autre d'une autre manière,
01:13:42 et sans arrêt tous les 5-10 ans,
01:13:43 ils se remettent en question,
01:13:45 ils reposent les bases d'une nouvelle période de couple.
01:13:48 Il faut bien voir le couple, pas d'un seul tenant,
01:13:50 mais des périodes successives,
01:13:51 et à chaque fois on doit réinvestir.
01:13:53 Donc je crois qu'il n'y a pas de raison,
01:13:55 je ne sais pas, de refaire un couple heureux,
01:13:57 vous en avez fait un, donc vous êtes capable,
01:13:59 simplement si vous aviez l'occasion de revoir
01:14:02 et transformer la fin,
01:14:04 moins malheureuse,
01:14:05 et de passer d'une position de celui qui a subi
01:14:07 à une position de celui qui devient actif
01:14:09 pour votre futur couple,
01:14:10 je pense que vous serez beaucoup mieux.
01:14:12 De toute façon on en arrive toujours au même problème,
01:14:14 Frédéric Fanger,
01:14:15 c'est qu'on ne communique pas dans un couple,
01:14:17 et donc on laisse les choses un petit peu se dégénérer,
01:14:21 et puis tout d'un coup on est surpris,
01:14:23 parce qu'il y en a un des deux qui en peut plus.
01:14:26 Mais je pense, moi j'aime bien rappeler
01:14:29 que la qualité première,
01:14:31 et d'ailleurs aujourd'hui on reconnaît
01:14:32 que c'est l'intelligence principale,
01:14:34 c'est l'intelligence d'adaptation.
01:14:36 Et je crois Charles,
01:14:37 ce qui est difficile pour l'instant,
01:14:39 c'est que vous avez besoin de vous adapter
01:14:41 d'abord à une vie de célibataire,
01:14:44 puisque vous êtes seul alors que vous avez passé
01:14:46 20 ans avec quelqu'un,
01:14:48 et ça c'est pas si simple,
01:14:49 parce qu'il faut apprendre à retrouver des amis
01:14:53 un peu plus pour ne pas se retrouver trop souvent seul,
01:14:57 il faut apprendre à gérer son intérieur différemment,
01:15:02 parce que si vous avez déménagé,
01:15:05 elle est partie avec ses affaires,
01:15:07 donc c'est l'adaptation là,
01:15:09 actuellement, qui va être nécessaire.
01:15:11 Oui, alors pour répondre à la question de Frédéric,
01:15:15 ça s'est mal terminé aussi,
01:15:17 et je ne vous dirai pas dans les circonstances,
01:15:19 mais vraiment très mal.
01:15:21 Après, je ne pouvais pas imaginer que ça se termine comme ça,
01:15:26 après tout ce que j'avais fait pour elle,
01:15:29 d'aller des envers à la main,
01:15:31 et puis vraiment aller jusque là où elle est allée.
01:15:35 Bon bref, peu importe.
01:15:36 Mais Charles, on ne fait pas les choses pour garder l'autre,
01:15:40 on les fait parce qu'on en a envie,
01:15:42 et je suis sûr que vous aviez envie de faire tout ce que vous avez fait.
01:15:44 Et si vous avez fait tout ça pour elle,
01:15:46 vous êtes capable, pareil, de faire tout ça pour une autre.
01:15:49 Après, qu'elle se conduise mal,
01:15:51 peut-être que ce n'est pas mal, parfois,
01:15:54 d'aller en parler avec un thérapeute,
01:15:56 qui va vous donner un autre angle des choses.
01:15:58 Parce qu'on interprète, surtout quand on est malheureux,
01:16:02 et je peux le comprendre, que vous soyez malheureux,
01:16:04 c'est dur de perdre la femme qu'on aime,
01:16:07 avec qui on a tout donné,
01:16:09 et avec qui on a passé 20 ans.
01:16:11 Mais peut-être qu'une vision différente de ce qui s'est passé,
01:16:15 pourra calmer un petit peu votre sentiment d'échec.
01:16:19 Oui, après...
01:16:22 Je comprends que vous n'avez pas envie de nous en parler.
01:16:25 Je ne vous demande pas de nous en parler à nous.
01:16:27 Oui, ça, tout à fait.
01:16:30 Après, même parce qu'on est un peu écoutés,
01:16:32 on n'est pas que tous les trois,
01:16:34 il y a aussi le fait que, non, c'est moi qui reste à la maison,
01:16:39 c'est un petit peu avec ses affaires, pour répondre à vos questions aussi.
01:16:42 Mais c'est difficile aussi, puisqu'il y a aussi beaucoup de souvenirs qui sont là.
01:16:47 Absolument.
01:16:49 J'ai encore une minute, je ne sais pas si on a une minute, Brigitte.
01:16:51 Oui, bien sûr, Frédéric.
01:16:52 Juste un petit truc pour Charles, qui est très important.
01:16:56 Je décris dans "L'Île sur le Coup", les quatre pieds de la chaise,
01:16:59 qui sont les quatre pieds d'une bonne vie équilibrée.
01:17:04 Donc le pied intime et le pied amoureux en est un.
01:17:06 Ce qui compte quand on est dans votre situation, Charles,
01:17:08 c'est de redévelopper le pied professionnel,
01:17:10 c'est-à-dire de se réinvestir dans le travail, c'est le deuxième pied.
01:17:12 Il y a le pied amical qui est le troisième pied.
01:17:14 C'est très important dans ces moments-là de retrouver,
01:17:17 d'être gratifié par des bons amis, des bons moments de plaisir,
01:17:20 de retrouver une valeur dans l'œil des autres.
01:17:23 Et le troisième pied, c'est le pied social.
01:17:25 On voit beaucoup de gens qui se trouvent dans ce cas,
01:17:27 qui vont se mettre à faire de la chorale, qui vont se mettre à faire du théâtre,
01:17:30 qui vont se mettre à faire des choses,
01:17:32 pour d'abord s'occuper le temps de la journée, ressentir moins la solitude,
01:17:35 et bien se rendre compte que tout notre bonheur ne dépend pas que de la vie amoureuse.
01:17:39 Il y a quatre pieds sur la chaise, alors il faudra développer les trois autres.
01:17:42 Quand on en perd un, comme quand quelqu'un tombe au chômage,
01:17:45 on lui dit "investissez dans votre famille, dans votre vie amicale,
01:17:48 puisque le pied professionnel n'est plus là".
01:17:50 - Oui, après, c'est clair qu'on est fait pour être en société,
01:17:56 dans tous les cas, on n'est pas fait pour être seul.
01:17:58 C'est comme ça que je le vois.
01:17:59 Certains aiment bien être seul.
01:18:00 Quand j'étais plus jeune, je préférais être seul.
01:18:02 Mais aujourd'hui, je me rends compte que non,
01:18:04 l'être humain est vraiment fait pour être en société.
01:18:07 - Je crois qu'on n'est pas fait pour être vraiment seul,
01:18:10 qu'on ait besoin plus ou moins de moments de solitude, certes,
01:18:13 mais bien sûr que non, Charles.
01:18:14 C'est pour ça que c'est important de renouer avec des amis,
01:18:17 avec le culture sociale, pour ne pas que vous soyez tout seul
01:18:22 face à tous ces objets qui vous rappellent votre souffrance.
01:18:26 - C'est ça.
01:18:27 Après, tout ce que vous disiez, Frédéric,
01:18:32 c'est ce que je suis en train de faire.
01:18:35 Je n'ai pas imaginé que ça pouvait être sur 4 pieds,
01:18:37 mais effectivement, cette chose de fille est pas mal.
01:18:39 Et oui, me reconstruire dans le travail,
01:18:42 ça, il n'y a pas de problème.
01:18:43 Après, j'imaginais peut-être refaire partie d'une association
01:18:48 ou quelque chose comme ça.
01:18:49 - Très bien.
01:18:50 - Surtout que vous êtes quelqu'un, vous nous l'avez dit,
01:18:53 vous êtes quelqu'un qui est généreux, qui aime donner.
01:18:56 Donc donner, on peut tellement donner.
01:18:59 - Et qui est fiable dans la durée en plus.
01:19:01 - C'est ça.
01:19:03 Et ça permettra de me reconstruire aussi.
01:19:05 - Absolument.
01:19:06 - Merci Charles.
01:19:08 - Merci à vous.
01:19:09 Merci beaucoup.
01:19:10 - Merci de votre manière gémissante, Charles.
01:19:12 Merci.
01:19:13 - Merci beaucoup.
01:19:14 Merci à vous.
01:19:15 - On va conclure avec Catherine, qui nous rejoint dans un instant.
01:19:18 - Info.fr
01:19:19 - CAM4.fr, le plus grand site de webcam live réservé aux adultes.
01:19:24 - 14h-16h, Brigitte Laé, Sud Radio.
01:19:28 - Et si vous voulez en connaître encore plus sur l'anxiété,
01:19:31 je vous conseille cette bande dessinée,
01:19:33 le club des anxieux qui se soignent.
01:19:35 C'est aux éditions Les Arènes, avec bien sûr Frédéric Fangé, Catherine Meyère et Pauline Aubry,
01:19:42 qui sont les trois co-auteurs de cette bande dessinée.
01:19:45 On a donné beaucoup, beaucoup d'infos durant ces deux heures,
01:19:47 mais il y en a encore plus dans cette bande dessinée.
01:19:50 Et c'est très pratique, je précise.
01:19:53 Vous pouvez vraiment avoir des réponses très pratiques.
01:19:57 On va conclure avec Catherine.
01:19:59 Bonjour Catherine.
01:20:00 - Bonjour Brigitte, bonjour Frédéric, bonjour.
01:20:03 - Bonjour Catherine.
01:20:04 - Allez-y, on vous écoute.
01:20:06 - Moi, je voudrais vous parler de ma dernière relation de trois ans,
01:20:12 avec trois notions, enfin, avec trois ressentis.
01:20:17 Vous allez me dire Frédéric, ce que vous en pensez.
01:20:21 Alors, je vais commencer par l'inquiétude.
01:20:26 L'inquiétude de la rencontre, comment ça va se passer,
01:20:29 comment il est, enfin voilà.
01:20:31 Ensuite, les mois passent et vous passez à l'anxiété.
01:20:37 Est-ce que je suis à la hauteur ?
01:20:39 Est-ce qu'il va être bien avec moi ?
01:20:41 Est-ce que ça va durer ?
01:20:43 Enfin voilà, ça c'est l'anxiété.
01:20:45 Et puis les bons copains qui vous disent,
01:20:46 ah ben oui, mais lui, on le connaît, il change de relation,
01:20:50 il est comme ci, il est comme ça, il aime le sexe,
01:20:53 ça va tout ce genre de trucs.
01:20:55 Alors ça, on passe à l'anxiété là.
01:20:58 On guette son regard, qu'il pose sur telle ou telle.
01:21:03 Enfin voilà, ça pour moi, c'est vraiment de l'anxiété.
01:21:06 Ça vous mange la vie un peu, le quotidien,
01:21:11 à vos restaurants, les regards, enfin vous guettez, vous guettez, voilà.
01:21:16 Et puis après, bon ben, ils ne veulent pas s'engager,
01:21:20 quelques années, ils vous trouvent trop, trop, trop, trop,
01:21:24 trop possessifs sûrement.
01:21:26 Et là, tout part en vrille, et là commence le stress.
01:21:30 Le stress, c'est gravissime, le stress.
01:21:33 Plus rien ne marche, la santé, ça va plus,
01:21:36 le matériel, le boulot, tout part en vrille.
01:21:40 Et puis après, la personne vous téléphone qu'elle est malade.
01:21:46 Et vous lui dites, mais moi aussi, j'ai des patologues,
01:21:51 enfin j'ai des marines des choses,
01:21:53 mais moi, je m'occupe de ma santé,
01:21:56 je ne peux pas avoir en ce moment de l'empathie pour toi,
01:22:00 je dois m'occuper de moi, et tout ça.
01:22:03 Et alors là, vous tombez de votre…
01:22:06 Voilà, voilà.
01:22:07 Alors, trois choses, vous voyez,
01:22:09 ces trois sentiments qui vont crescendo quelque part, vous voyez.
01:22:14 De l'inquiétude, vous passez au stress,
01:22:16 et au milieu, il y a l'angoisse.
01:22:18 Et en fait, tout ce qui me motive tout ça,
01:22:21 c'est évidemment le manque, sûrement l'abandon,
01:22:25 le manque de confiance en soi, l'exigence, les attentes,
01:22:30 enfin tout ce mélange.
01:22:32 Mais le stress qui peut résulter de cette anxiété,
01:22:39 je trouve que ça, ça peut emmener très loin.
01:22:42 Qu'est-ce que vous en pensez, Frédéric ?
01:22:44 Oui, alors c'est difficile de répondre aux trois,
01:22:46 surtout que je ne suis pas sûr qu'on ait beaucoup de temps.
01:22:48 Je vais prendre celle du milieu, que vous appelez l'anxiété,
01:22:51 et je vais le remplacer par le mot vigilance.
01:22:54 Parce que c'est bien de se demander si je vais être à la hauteur,
01:22:57 si l'autre va être fidèle, si l'autre va être fière, etc.
01:22:59 Je pense que c'est de la vigilance, et ça, c'est de la bonne anxiété.
01:23:02 La question, c'est, est-ce que ça reste dans votre tête,
01:23:04 sous forme d'interrogation et de rumination anxieuse,
01:23:07 et là, c'est pas bon parce que ça va augmenter l'anxiété pathologique,
01:23:10 ou est-ce que cette vigilance va déboucher sur des actions,
01:23:13 comme par exemple, vous donner les moyens de vérifier
01:23:16 si effectivement cette personne est fiable,
01:23:18 pourquoi les amis vous disent ça, attention, ils sont tout le temps.
01:23:21 Peut-être ne pas hésiter à aller dans la réalité des choses,
01:23:23 de sortir de l'inquiétude mentale.
01:23:25 L'inquiétude, comprenez bien, elle est à la fois utile,
01:23:28 parce qu'elle nous met en vigilance,
01:23:30 elle nous permet d'éviter des dangers et des échecs,
01:23:33 mais il ne faut pas qu'elle reste une inquiétude dans notre tête.
01:23:36 Il faut que cette inquiétude débouche sur une action,
01:23:39 voire des vérifications,
01:23:41 par exemple de la fiabilité d'un éventuel conjoint,
01:23:44 pour l'engagement.
01:23:46 Il vous évite de vous retrouver à la troisième phase,
01:23:48 ce qui effectivement, vous appelez stress,
01:23:50 qui est effectivement un projet de malade.
01:23:52 - Oui, oui, oui.
01:23:54 De l'anxiété, on peut passer au stress.
01:23:58 - Oui, mais en même temps, dans ce que vous racontez Catherine,
01:24:01 c'est que c'était plutôt une relation qu'il fallait quitter.
01:24:04 - De toute façon, elle s'est terminée.
01:24:09 - Oui, j'entends bien, mais quand vous dites
01:24:12 que de toute façon, vous êtes malade, il ne s'occupe pas de vous,
01:24:15 ce n'était pas une relation.
01:24:17 Donc pourquoi ce stress ?
01:24:19 C'est un stress que vous aviez peur de le quitter ?
01:24:23 Vous aviez peur que ça se passe mal ?
01:24:25 - Non, c'est que quand la relation se termine,
01:24:30 moi, c'est ce que j'ai ressenti,
01:24:34 on n'est plus protégé par ces bonnes hormones de l'amour,
01:24:39 on tombe balade, et puis tout part…
01:24:44 Vous voyez ? C'est comme ça que je le ressens.
01:24:47 - Si je reviens, c'est la phase du milieu le problème.
01:24:50 Quand vous avez été anxieuse et que vous posiez des questions sur vous,
01:24:53 suis-je à la hauteur ? J'ai noté ce que vous m'avez dit.
01:24:55 - Oui, oui.
01:24:56 - Écoutez-moi, suis-je à la hauteur ?
01:24:58 Vous posiez des questions sur vous et pas sur lui,
01:25:00 alors qu'en même temps, vous avez dit…
01:25:02 Les amis me disaient qu'il n'était pas fidèle, qu'il courait à droite ou à gauche.
01:25:06 C'est-à-dire que votre skit était une bonne vigilance dans votre tête,
01:25:09 dans votre mental, vous n'êtes pas passé à l'action
01:25:12 de vérifier dans les faits si cet homme était fiable pour vous.
01:25:16 C'est ça le problème.
01:25:18 - En fait, ce que vous dit Frédéric, c'est que vous aviez raison d'être anxieuse, Catherine.
01:25:23 Donc c'était plutôt bien, c'était plutôt bon signe, votre anxiété.
01:25:27 Sauf que vous n'avez pas voulu l'entendre
01:25:29 parce que justement, vous n'aviez pas envie de vous retrouver seule.
01:25:33 Et c'est pour ça qu'il y a du stress ensuite,
01:25:35 quand vous vous rendez compte que de toute façon, il faut quand même partir,
01:25:39 parce qu'il n'est pas viable.
01:25:41 - Oui. Et ça, c'est important.
01:25:43 C'est bien ce que vous dites, parce qu'être vigilant,
01:25:47 comme ça, ça évitera la phase du stress.
01:25:51 - Du stress ?
01:25:52 - Qui est vraiment désagréable.
01:25:54 - Vous vous êtes investie malgré votre anxiété qui était justifiée.
01:26:00 Et donc là, c'est de l'énergie et du temps perdu
01:26:04 qu'il ne faudrait pas reproduire avec un autre.
01:26:08 - Oui, mais on vous dit, tu ne perds jamais de temps.
01:26:12 On vous dit dans une relation, vous ne perdez jamais de temps.
01:26:16 Est-ce qu'on perds toujours ?
01:26:19 - Vous avez été anxieuse au moment de traverser la Trois-Voies.
01:26:22 Vous avez bien regardé à droite si des voitures arrivaient,
01:26:24 mais vous avez traversé quand même.
01:26:26 - Eh oui, c'est vrai. Eh oui.
01:26:28 Parce qu'on veut.
01:26:30 - On veut y croire.
01:26:32 - On veut construire quelque chose. On veut que ça marche.
01:26:36 - Non, mais écoutez votre anxiété.
01:26:38 Parfois, elle va vous envoyer des messages utiles.
01:26:41 - Ça prouve, Catherine, que votre anxiété, elle était juste.
01:26:45 Donc, ça prouve que, intuitivement, si vous préférez,
01:26:48 vous êtes quelqu'un qui sait sentir.
01:26:50 Et puis, en plus, vous avez des amis sur qui vous pouvez compter,
01:26:52 puisqu'ils vous l'ont dit.
01:26:54 - Oui, c'est vrai. C'est vrai.
01:26:56 - Donc, vous êtes bien entouré et vous avez une bonne intuition.
01:26:59 Donc, foncez.
01:27:01 Et puis, dès que vous avez des indices qui sont négatifs,
01:27:04 vous passez à autre chose.
01:27:06 Mais continuez, évidemment, à foncer.
01:27:09 Parce que c'est vrai que c'est bien d'être avec quelqu'un,
01:27:12 mais pas avec n'importe qui.
01:27:14 - C'est vrai. Merci. Merci à vous deux. Merci beaucoup.
01:27:16 - Je vous en prie, Catherine.
01:27:18 - Merci.
01:27:20 - Alors, on est en fin d'émission,
01:27:22 mais il nous reste comme ça un peu de temps,
01:27:24 de trois minutes, Frédéric Fangé.
01:27:26 Donc, je suis sûre qu'il y a beaucoup de gens
01:27:28 qui ont peut-être besoin de quelque chose de très précis.
01:27:31 Je trouve que le témoignage de Catherine est intéressant,
01:27:33 parce que là, on voit bien que son anxiété était positive.
01:27:37 Qu'est-ce qui fait que...
01:27:39 Quels sont les repères qui permettent de savoir
01:27:41 qu'on est dans le vrai ou dans le faux ?
01:27:44 Je sais que c'est un peu vaste, mais...
01:27:47 - C'est une des grandes raisons de cette BD.
01:27:50 C'est beaucoup ça. C'est de dire, attendez,
01:27:52 ne prenez pas l'anxiété systématiquement comme un ennemi,
01:27:54 parce que dans le langage populaire,
01:27:56 être anxieux, c'est pas bien.
01:27:58 Non, encore une fois, son témoignage nous montre bien
01:28:00 qu'être anxieux, parfois, c'est être vigilant
01:28:02 et qu'il ne nous arrive pas des ennuis.
01:28:04 Donc, il y a un truc que je veux dire aujourd'hui.
01:28:07 Enfin, j'aurais pu vous le dire hors antenne,
01:28:09 mais je le dis à l'antenne, si les hommes qui nous ont témoigné
01:28:11 sont encore là. Je suis très ému de voir
01:28:13 à quel point votre émission permet à des hommes
01:28:16 de témoigner, de se livrer.
01:28:18 Vous avez vu, on a eu beaucoup d'hommes.
01:28:20 Au passage, vous remarquerez que dans la BD, sur trois cas,
01:28:22 il y a deux hommes. Donc, c'est vachement bien,
01:28:24 parce que, croyez-moi, c'est pas facile pour les hommes
01:28:26 de se livrer comme ça. Venir chez le psy, c'est pas facile.
01:28:28 Et j'ai été très ému par plusieurs...
01:28:30 Alors, ça veut pas dire que j'ai pas été intéressé
01:28:32 par les témoignages des femmes, bien sûr,
01:28:34 mais c'est rare qu'il y ait autant d'hommes
01:28:36 qui téléphonent, qui se livrent, et ça,
01:28:38 j'ai trouvé ça génial.
01:28:40 - Merci. Mais c'est vrai que nous avons aussi
01:28:42 les hommes qui appellent, peut-être parce qu'ils savent
01:28:44 qu'ils sont entendus dans leur sensibilité.
01:28:46 Et puis, en fait, c'est une émission
01:28:48 où on évoque, bien sûr, les émotions.
01:28:50 On n'est pas là
01:28:52 pour autre chose
01:28:54 que, finalement, on est...
01:28:56 Moi, je le dis toujours, on est des êtres
01:28:58 d'émotions, et c'est ça qu'il faut
01:29:00 vraiment entendre, et que nos émotions,
01:29:02 elles sont jamais négatives.
01:29:04 Elles sont toujours des signes
01:29:06 qui nous permettent de mieux nous comprendre.
01:29:08 Et l'anxiété, finalement,
01:29:10 c'est pas une émotion, c'est un ressenti,
01:29:12 mais elle est là aussi pour
01:29:14 parler de nous, et il faut l'écouter
01:29:16 et l'interpréter, finalement.
01:29:18 C'est peut-être ça le message
01:29:20 de conclusion qu'on pourrait donner à ceux qui nous écoutent.
01:29:22 - Oui, et moi, je trouve que votre écoute,
01:29:24 elle est respectueuse. C'est ça qui est bien.
01:29:26 C'est pour ça qu'ils appellent les gens.
01:29:28 Parce qu'ils se sentent pas jugés, ils se sentent respectés.
01:29:30 - Eh bien, merci,
01:29:32 Frédéric Fanger. Merci.
01:29:34 Merci beaucoup. Et puis,
01:29:36 merci à vous de tous ces
01:29:38 conseils très pratiques que vous donnez
01:29:40 toujours, et ça, c'est
01:29:42 vraiment quelque chose que je voulais saluer,
01:29:44 Frédéric Fanger, parce que vous êtes
01:29:46 particulièrement concret, et
01:29:48 c'est ce dont ont
01:29:50 besoin les gens. Ils ont besoin de
01:29:52 concret, ils ont pas besoin de grands discours
01:29:54 psychos, je ne sais quoi.
01:29:56 Merci. Votre bande dessinée,
01:29:58 ça s'appelle "Le Club des Anxieuses",
01:30:00 qui se soigne, c'est aux 10 éditions, "Les Arènes".
01:30:02 Tout de suite, vous retrouverez "C'est votre avenir",
01:30:04 et demain, on parlera du pardon.
01:30:06 C'est pas si facile, hein, de pardonner vraiment.
01:30:08 avec Anne-Laure Buffet qui sera avec nous.

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