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  • il y a 3 ans
Les Vraies Voix avec Philippe Bilger, Madi Seydi et Catherine Euvrard et Jean Christophe Gallien, politologue et conseiller en communication.

Retrouvez Les Vraies Voix avec Cécile de Ménibus et Philippe David du lundi au vendredi de 17h à 20h sur #SudRadio.
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##LE_COUP_DE_PROJECTEUR_DES_VRAIES_VOIX-2023-04-17##

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Transcription
00:00 Les vraies voix Sud Radio, le code projecteur des vraies voix.
00:04 Et après la promulgation, l'allocution. Emmanuel Macron va s'adresser ce soir aux Français avec
00:09 trois objectifs identifiés, apaiser les tensions, aller de l'avant, donner le cap pour la suite.
00:15 Une prise de parole qui semble relancer de l'huile sur le feu.
00:19 Philippe, vous allez vous étouffer, qu'est-ce qui se passe ?
00:21 Vous avez un œuf de Pâques qui ne passe pas ?
00:24 Tout à fait, toujours selon un sondage LAPOR BFM TV,
00:27 9 Français sur 10 estiment que l'allocution de ce soir ne va pas permettre d'apaiser les tensions.
00:33 Alors vous, qu'est-ce que vous en pensez ?
00:34 Et bien pour le moment sur Twitter, vous êtes 58% à penser que cette allocution est provocatrice,
00:39 36% inutile, 4% risqué et 2% nécessaire.
00:43 Vous voulez réagir ? Un seul numéro, le 0 826 300 300.
00:47 Qu'est-ce que vous le dites bien !
00:49 Nous sommes également avec Jean-Christophe Gallien, politologue et conseiller en communication
00:57 qui nous a apporté son avis.
01:01 Jean-Christophe Gallien, vous êtes déjà avec nous, bonsoir.
01:04 Bonsoir.
01:05 On débattra dans quelques instants et on commence le tour de table avec vous, Philippe Bilger.
01:10 Alors, provocation comme semble penser la majorité de nos auditeurs ?
01:14 Non, alors j'aimerais le contraire, mais je crois que l'allocution,
01:19 quelle qu'elle soit ce soir, ne parviendra pas à apaiser les tensions.
01:24 En revanche, les adjectifs qu'a choisi Sud Radio me paraissent, pour la plupart d'entre eux,
01:32 discutables, mais forcément, je dirais que l'allocution de ce soir est nécessaire.
01:38 On ne peut pas reprocher au président, compte tenu d'un contexte dont j'entends bien
01:44 qu'il a été en partie le grand responsable, de décider de parler au français ce soir.
01:50 J'espère que, comme selon son habitude, malheureusement il ne sera pas trop long,
01:56 mais je vois mal comment il pourra retisser des liens à partir d'une simple allocution solennelle,
02:06 alors que l'image est très dégradée dans le pays et qu'à l'évidence, il y a des oppositions
02:12 qui ont tous, sauf envie, de lui permettre de renouer le lien avec elle.
02:17 Catherine Neufrard.
02:18 - Je suis joueuse, je trouve qu'il ne risque rien.
02:22 Il est tellement bas dans les sondages, il a tellement tout le monde contre lui,
02:26 qu'à sa place, je parlerais.
02:27 S'il peut faire une communication courte et positive, et redonner le moral aux gens,
02:32 ce serait déjà pas mal.
02:33 - De toute façon, son silence lui aurait été reproché, quoi qu'il arrive, Madi.
02:38 - Je ne vois pas en quoi c'est provocateur, excusez-moi.
02:40 Il y a un premier ministre qui doit parler, c'est l'opérationnel,
02:44 et Macron il parle pour expliquer une stratégie, ou je ne sais pas quoi.
02:47 - Madi.
02:48 - Après l'épisode de la rue, je pense que sa prise de parole est nécessaire.
02:53 Mais encore faut-il qu'il trouve les mots pour apaiser la situation.
02:57 Et je ne suis pas sûre, qu'en l'état actuel des choses,
03:01 que cette interlocution de ce soir apaise vraiment les choses,
03:05 quand on sait que les syndicats sont déjà prêts pour repartir.
03:08 - Surtout qu'il est mal entouré.
03:10 - Oui, mal entouré, c'est-à-dire ?
03:12 - C'est-à-dire qu'on ne va pas lui expliquer ce qu'il faut qu'il dise.
03:16 - Il va encore dire je ne sais pas quoi.
03:18 - Il n'a pas le Raymond Soubi dont on nous rebat les oreilles.
03:21 - Non, non.
03:22 - Il n'a pas Raymond Soubi, mais nous avons Jean-Christophe Gallien.
03:25 - Voilà.
03:26 - Politologue, conseiller en communication.
03:28 - Voilà.
03:29 - Jean-Christophe Gallien, votre réaction.
03:31 - Moi je pense que, si vous voulez, la question de la...
03:34 C'est dans la ligne de ce dernier, du rythme qu'il a voulu impulser depuis quelques semaines.
03:39 C'est-à-dire qu'on est dans quelque chose de très rapide.
03:43 Le fameux véhicule législatif, les 50 jours, puis ça ne suffisait pas, on a fait le 49-3,
03:48 puis ensuite le Conseil constitutionnel et puis on promulgue très vite.
03:51 Et là, dans la foulée, on attendait quelque chose plutôt mercredi ou jeudi
03:54 et on se retrouve avec une intervention le lundi soir.
03:57 Je pense qu'il y a, bien sûr que c'est potentiellement nécessaire.
04:01 La réalité, c'est que c'est aussi un problème d'efficacité potentielle.
04:05 C'est-à-dire que, est-ce que sa parole aujourd'hui est audible ?
04:10 - Je ne crois pas un seul instant qu'il y aura une performance potentielle
04:15 parce que sa parole est tout à fait inaudible.
04:18 Il s'est mis dans cette situation d'être un peu dans un corner,
04:22 comme dans un camp retranché politique, institutionnel,
04:26 qui est lui-même finalement son oeuvre.
04:30 Et donc, je ne crois pas un seul instant, si vous voulez, que quoi qu'il puisse raconter,
04:35 on ne peut pas estimer évidemment qu'il dise "maintenant on va reprendre tout à zéro".
04:39 - Vous, il n'a aucune marge de manœuvre Emmanuel Macron, Jean-Christophe Gallien ?
04:42 - Pardon ?
04:43 - Il n'a aucune marge de manœuvre aujourd'hui ?
04:45 - Si, il a la marge de manœuvre de dire "on continue".
04:48 C'est-à-dire que finalement, il va continuer de cette manière-là.
04:50 La marge de manœuvre, c'est dire "on continue, on passe à autre chose".
04:53 Vous savez, moi j'avais raison, la main en tournacelle, c'est la meilleure manière.
04:57 Finalement, il n'y a pas comme Mélisabeth Borne, encore que lui, il a dit l'inverse,
05:00 il n'y a pas de vainqueur, il n'y a pas de vaincu.
05:02 Tout ça, c'est pour vous.
05:04 Moi, je sais où je veux aller, mais au moins...
05:06 La seule possibilité d'ouverture positive, ce serait de créer une brèche d'éclaircie
05:14 dans un contexte qui aujourd'hui, au-delà de la réforme des retraites,
05:17 est caractérisé par un amoncellement de nuages économiques pour chacun d'entre nous.
05:23 Je ne parle pas des chiffres macroéconomiques.
05:25 Les Français s'en foutent de la macroéconomie.
05:27 Ils s'intéressent à ce qui se passe pour eux, et c'est normal.
05:30 Et puis, ils regardent un peu au-delà des frontières,
05:33 et je vois que finalement, la parole de la France, elle est compliquée,
05:36 que les résultats et les performances de leurs présidents
05:39 qui embarquent leur réputation, ainsi de suite, proposent des difficultés aussi.
05:43 Donc, je ne vois pas comment aujourd'hui, si le président de la République,
05:46 dans ce contexte-là, je ne vous dis pas dans 15 jours, dans 3 semaines, ainsi de suite,
05:49 il puisse véritablement avancer, parce qu'il s'est mis lui-même dans un contexte
05:54 qui, médiatiquement aussi, il y a les 4 rues.
05:57 Il y a la rue physique, il y a la rue syndicale, la rue parlementaire, et puis il y a la rue médiatique.
06:02 - Et la rue silencieuse. - Il est dans un coin.
06:05 - Philippe Bilger veut réagir.
06:07 - Jean-Christophe, est-ce que le problème de la parole d'Emmanuel Macron,
06:13 mais j'aurais pu le dire, d'autres paroles présidentielles,
06:17 elles créent un désintérêt, beaucoup de gens probablement ne seront pas devant leur poste de télévision.
06:23 Est-ce que ça ne vient pas du fait que techniquement et politiquement,
06:27 la parole présidentielle n'annonce plus rien dans tous les sens du terme ?
06:33 - Il a été performant, lui, par moments, en termes d'audience.
06:37 Il a eu des moments, notamment en période de sortie de Covid,
06:41 à la faveur de la crise malheureuse en Ukraine,
06:44 il y a des moments où sa parole était attendue.
06:48 Là, ce qui est caractéristique finalement de ces 3 mois, c'est que tout le monde a perdu.
06:53 Lui, il a gagné sur le plan législatif, mais il a perdu politiquement.
06:56 Il a perdu socialement.
06:58 Ses amis, les Républicains, pour certains d'entre eux qui ont joué le jeu au Sénat et à l'Assemblée nationale,
07:02 ont perdu puisque les apports qu'ils avaient pu réaliser ont été censurés par le Conseil constitutionnel.
07:08 Les oppositions parlementaires, qu'est-ce que vous voulez, elles ont perdu elles aussi.
07:12 Elles ont été vaincues par le 49-3.
07:15 La rue a été vaincue malgré une mobilisation de 3 mois de grève, d'activation, ainsi de suite.
07:20 C'est donc un moment où tout le monde a la gueule de bois.
07:23 Vous savez, la déclaration quand les oppositions ont pris la parole,
07:26 les syndicats aussi vendredi dernier après le Conseil constitutionnel,
07:29 ils ne savaient pas, c'était très mou.
07:32 On avait du mal à repartir et on le comprend.
07:34 Donc lui, il veut saisir ce moment un peu particulier où tout le monde est un peu tombé,
07:38 où tout le monde a été tapé.
07:40 Et il veut saisir un moment où peut-être sa parole pourrait créer une éclaircie.
07:44 Mais quelle éclaircie ? Je vous dis, ils ne sont pas internationaux, c'est compliqué.
07:46 Ils ne sont pas européens.
07:47 Il y a de l'attente sur le pouvoir d'achat, Jean-Christophe Gagnon, énormément.
07:50 Exactement. C'est peut-être la seule voie de sortie.
07:52 La réalité concrète, et ce qu'on peut entendre ça et là,
07:55 c'est le seul point, si vous voulez.
07:58 Mais on sait très bien que c'est difficile de ressortir de l'argent,
08:01 de créer des conditions de dépense publique pour continuer à subventionner quelque chose qui ne l'est pas.
08:06 Possible parce qu'on nous a dit d'ailleurs que la réforme était nécessaire pour plaire à ceux qui gèrent notre dette,
08:12 très concrètement, une dette française qui est internationalisée.
08:15 Donc certains donneurs d'ordres commencent à dire qu'il faudrait faire des efforts.
08:18 C'est compliqué, il est dans un coin et je ne vois pas comment, malgré son talent,
08:23 et ces dernières déclarations ne donnent pas le signe, s'il vous plaît, d'une volonté d'apaisement,
08:28 comme le demandent même ses opposants.
08:30 Et vous, sur quoi vous avez envie d'entendre Emmanuel Macron ce soir ?
08:34 Sur le pouvoir d'achat, comme le disait Stéphanie ?
08:36 Sur autre chose ? Venez nous le dire au 0826 300 300,
08:40 le 0826 300 300, notre auditeur du jour, Olivier, et là, rebonsoir Olivier.
08:45 Olivier, est-ce que vous en attendez ? On a bien compris tout à l'heure que vous n'étiez pas plein d'espoir ce soir,
08:51 mais tout de même, notamment sur la question du pouvoir d'achat, est-ce qu'il peut y avoir une éclaircie ?
08:56 Non. D'abord, la seule chose qu'on pourrait attendre, au stade dans la séquence politique où on est, à mon avis,
09:03 c'est un retrait pour pouvoir apaiser le climat social en France.
09:07 Encore une fois, je pense qu'on ne mesure pas ce qui est en train de se passer,
09:11 mais qu'il y a une colère profonde et il y a des réelles difficultés chez les Français qui n'ont plus d'autre choix.
09:17 Vous savez, les gens qui ont fait un mois de grève, ils ne vont pas s'arrêter comme ça, ça ne va pas être si simple.
09:21 Je crois que cet homme vit dans un déni cynique, certes, mais pathologique.
09:27 Je crois qu'il y a une telle déconnexion, il est tellement sûr de son fait, je pense qu'il ne mesure pas cette colère, justement.
09:33 Et là, on subit une paupérisation qui est inédite.
09:37 Ce n'est pas avec "il va nous filer 100 balles comme il a fait pour... il va dire je donne 100 balles à tous les Français".
09:43 - Le chèque énergie ou etc. - Non, ce n'est pas sérieux.
09:47 Vous-même, on a le débat de savoir s'il est audible. On n'a jamais eu ces débats-là pour un autre président, je suis désolé.
09:53 Mais jamais auparavant, on a eu cette crise démocratique dans la 5e.
09:57 Moi, jamais j'ai vu une apparition de Mitterrand qui suscitait de telles réactions.
10:03 - C'est un peu une mauvaise foi, non ? - Non, non, non.
10:07 - De boycott, de trucs non dans les faits. - Ça fait de la satan.
10:11 - On était tous petits. - Oui, je dis Mitterrand, j'aurais pu dire...
10:15 C'est vrai même pour Sarko qui était assez polémique. Sarko n'était pas boycotté.
10:19 Moi, de mémoire, je ne me souviens pas d'un appel de boycott.
10:23 - Mais regardez, il a passé sa réforme des retraites en 2010 et voilà, il a continué à gouverner.
10:29 - Oui, mais il n'y avait pas autant de monde dans la rue, il n'y avait pas eu telle colère,
10:33 il n'y a pas eu tout ce qui s'est passé avant.
10:35 - On les a déjà chauffés. - On n'est pas dans la 50.
10:39 - Oui, allez-y. - Je trouve qu'Olivier a raison,
10:43 parce qu'il cible tout de même l'hostilité très particulière, très singulière,
10:49 qu'une majorité du peuple français éprouve à l'égard d'Emmanuel Macron.
10:54 Ça n'a rien à voir avec les hostilités politiques d'avant, je crois.
10:59 - En quoi est-ce différent, Philippe Biger ?
11:03 - Il me semble que ça relève presque plus d'une hostilité humaine que d'une opposition politique.
11:10 - Personnelle. - Absolument.
11:12 Comme si en réalité on reprochait à Emmanuel Macron de ne pas pouvoir se débarrasser de ce qu'il est.
11:18 Il a beau faire, il s'emporte toujours avec lui.
11:22 - Vous avez raison, Philippe, Macron dirige la France comme s'il dirigeait une société privée.
11:28 C'est ça son problème. Il n'a aucun sens politique, excusez-moi de vous le dire, je pense,
11:32 parce que sinon il ne ferait pas tout ce qu'il raconte.
11:35 Lui, il a des objectifs et il veut les atteindre.
11:38 Il avait un objectif, c'est la retraite, bien ou pas bien.
11:41 Il a dit "les autres ont tous annoncé la retraite, ils ne l'ont pas faite, moi je vais la faire".
11:46 - C'est sûr que j'ai bien l'impression que le peuple a un problème personnel avec Emmanuel Macron.
11:51 Même sous Sarkozy, où la gauche a adoré détester Nicolas Sarkozy,
11:56 il n'a jamais eu un tel rapport avec le peuple. Là c'est vraiment personnel.
12:00 - Jean-Christophe Gagnon, Olivier, restez avec nous.
12:03 Est-ce que quelque part, ce soir pour casser la baraque, j'utilisais une formule syndicale,
12:09 Emmanuel Macron devrait pas dire une chose, écoutez, faire une grande annonce.
12:14 Je vous propose, on va faire un référendum, peut-être pas sur les retraites mais sur autre chose.
12:18 - Heureusement que vous n'êtes pas le conseiller politique, parce que je crois que vous ne seriez pas voté.
12:21 - Ecoutez, je change de Premier ministre.
12:23 Quelque chose, ce serait beaucoup plus plausible à mon avis, un changement de gouvernement.
12:27 Est-ce que là, ce serait parce que s'il parle 10 minutes ou un quart d'heure pour ne rien dire,
12:31 ça va faire un bis repetita de la catastrophe du dernier 13 heures.
12:35 - Moi je pense qu'il va tenter d'embarquer les français dont vous considérez qu'ils sont tous hostiles,
12:41 et c'est vrai en grande partie, sur ce qui est la suite,
12:45 ou qui aurait dû être même l'avant projet de loi sur la réforme des retraites,
12:49 c'est en gros le travail.
12:51 C'était logiquement finalement quelque chose que moi je n'ai pas compris dans la séquence,
12:54 que si il était vraiment un chef d'entreprise, ce qu'il n'a jamais été, il faut quand même se rappeler,
12:58 il aurait des clients et un marché.
13:01 - Mais il y a un marché.
13:03 - C'est le marché des électeurs, c'est le marché des français,
13:07 éventuellement après des parties prenantes étrangères, et ainsi de suite.
13:10 Mais là, il n'aborde pas du tout la question, si il est chef d'entreprise, son entreprise va dans le mur.
13:14 Il ne l'a jamais été, il a fait des déjeuners de valorisation de son réseau à l'intérieur d'une banque d'affaires,
13:19 c'est uniquement ça.
13:21 Il ne s'est pas fait un chef d'entreprise.
13:23 Donc un chef d'entreprise, il fait face à une réalité, et une réalité elle s'impose à lui.
13:26 Il ne peut pas décider de changer la réalité, ça n'existe pas,
13:29 même quand on est à la tête d'une grande entreprise du type GAFAM,
13:32 on ne crée pas son contexte.
13:34 Et donc ça veut dire que pour le coup, il va tenter de reprendre la logique du travail,
13:40 certainement l'amener sur le terrain du pouvoir d'achat,
13:43 parce que ça c'est peut-être le seul endroit, même si Olivier a raison,
13:48 où personne ne veut faire la main, personne ne veut faire la manche.
13:51 Et pourquoi ça va être difficile ?
13:53 C'est parce qu'on est dans la suite de quelque chose qui avait été oublié en 2018,
13:57 les vides et jeunes, on a eu du mal, il s'en est sorti parce qu'il a inventé le grand débat,
14:01 et surtout parce qu'il a fait des chèques.
14:03 Ensuite, on a refait une autre réforme des retraites, ça a duré trois mois,
14:06 c'est le 49-3, celle d'Edouard Philippe, qui a été soldée ensuite par la Covid,
14:11 c'est possible, mais on est passé par la Covid, puis la guerre.
14:13 Donc on est dans un contexte qui n'a pas soldé la colère ou les mécontentements des Français,
14:19 qui datent maintenant de loin.
14:21 Et donc il ne peut pas, même s'il n'est pas un magicien,
14:24 et on saurait s'il est un magicien politique, il a su saisir des vrais moments politiques.
14:28 Aujourd'hui, la seule manière, s'il était à la hauteur, il faut qu'il crée un moment politique.
14:34 Et un moment fondateur, un moment refondateur.
14:38 De quelle manière Jean-Christophe ?
14:40 Il ne peut pas revenir en arrière.
14:42 C'est sûr que ce délire en disant "ça y est, on repart en arrière", c'est impossible.
14:47 Donc il faut qu'il invente quelque chose qui soit, à mon avis qui n'est pas assez apporté aujourd'hui,
14:52 quelque chose où il embarque les Français sur un moment de refondation politique.
14:56 Ça ne peut pas être encore un grand débat.
14:58 On l'attend là-dessus, et c'est là où il faut qu'il invente.
15:01 C'est difficile parce qu'on ne sent pas autour de lui de toute manière beaucoup de créativité.
15:05 Il est très isolé, on le dit en écoutant qu'un certain nombre de personnes.
15:09 Et tout ça, on n'est même pas un an après sa victoire à l'élection présidentielle.
15:14 Donc il sait lui-même que ses options institutionnelles, vous disiez,
15:17 changent de Premier ministre.
15:19 Peut-être, mais ça ne changera rien du tout.
15:21 Le gouvernement, la moitié des ministres, les mêmes là, sont Saint-Érose, les uns et les autres,
15:24 sur thématiquement qui sont les ministres, on ne les connaît pas.
15:27 Donc ça change rien.
15:29 Vous vous attendez justement à cette nouvelle impulsion dont parle Jean-Christophe Gallien.
15:33 On a vu Julien Aubert, chez LR, demander un référendum.
15:37 Il y a toujours cette possibilité.
15:39 On rappelle que la gauche a saisi le Conseil constitutionnel pour le deuxième RIP,
15:43 qui a été retoqué la première fois.
15:45 Est-ce que la solution pourrait venir de là ?
15:47 La solution, elle pourrait venir de là, sauf qu'aujourd'hui la défiance est telle
15:51 qu'aujourd'hui, je ne sais pas quelle annonce Emmanuel Macron pourrait faire,
15:55 même on parlait tout à l'heure de remaniement, je pense que ça ne changerait rien finalement.
15:59 Donc je ne sais pas.
16:01 Mais il faut en tout cas qu'il y ait une vraie annonce
16:04 pour créer ce lien avec le peuple qui l'a perdu depuis longtemps.
16:07 Et la gauche elle-même ne croit pas au succès du RIP le 3 mai.
16:11 Et ça mettrait surtout un an à se mettre en place.
16:13 Absolument.
16:15 Quand j'entends tout le monde, je me dis que les 4 années qui restent vont vraiment être très loin.
16:19 Oui, mais vous savez, je crois qu'on ne se rend pas compte de l'état de la France.
16:22 Moi je suis quand même un peu désolé, j'adore ce pays.
16:24 J'ai un moral d'acier, ça ne va pas bien.
16:27 Les gens sont dans la rue, on ne va pas revenir en arrière sur plein de choses.
16:31 Il faut qu'il explique qu'on ne peut pas faire autrement.
16:34 Il l'a déjà expliqué, Catherine.
16:36 Non, il l'a mal expliqué. Les gens n'ont rien compris, c'est une usine à garage.
16:39 Mais qu'est-ce qu'il aurait dû faire autrement ?
16:41 Il devait faire une retraite à la carte.
16:43 Un peu à l'américaine, ceux qui veulent travailler plus gagnent en plus.
16:46 C'était très simple, il y avait 3 trucs.
16:50 Premier truc, tous ceux qui ont des pénibilités, de la pénibilité,
16:54 eux, ils vont partir tôt, ça c'est sûr, on les prend.
16:57 Ensuite, vous voulez travailler plus, vous gagnez plus, vous ne voulez pas travailler plus, vous vous arrêtez.
17:01 Oui mais Catherine, comme vous l'a dit Benjamin Amart,
17:04 vous avez tendance à refaire un combat qui est réglé maintenant, une fois pour toutes.
17:09 Au fond, ce qu'il y a derrière l'envie majoritaire des français, c'est terrible de dire ça,
17:14 ils voudraient recommencer une élection présidentielle et qu'ils soient battus.
17:19 Ça, et surtout, travailler le moins en...
17:21 Franchement, dans mon métier, où j'ai interviewé 20 000 personnes, même des dirigeants,
17:25 vous ne l'imaginez pas, tout le monde veut le télétravail 3 jours.
17:29 C'est pas du télétravail une journée, c'est 3 jours maintenant.
17:32 On a envie d'être ensemble.
17:34 Pour moi, le télétravail, c'est la mort de s'énerver.
17:37 Moi j'ai besoin d'être en combat, j'ai horreur du télétravail.
17:41 Ça c'est notre génération, je vous garantis que les plus jeunes ne veulent plus, ils veulent rester chez eux.
17:46 Ils ne veulent plus voir personne.
17:48 Jean-Christophe Gallien, il nous reste 40 secondes, votre point de vue d'expert.
17:52 Qu'est-ce qu'il va annoncer ce soir Emmanuel Macron ?
17:54 Sortez la boule de cristal.
17:56 Ou le tarot de Marseille.
17:58 Il va annoncer qu'il a une nouvelle amie.
18:01 Une vraie inquiétude, une vraie inquiétude institutionnelle positive, là où on ne l'attend pas.
18:09 C'est-à-dire ce qu'il avait promis, c'est-à-dire de gouverner autrement,
18:13 et peut-être de jeter un gros caillou dans la mare.
18:15 Si il y a un référendum sur un autre sujet, il faut qu'il s'en parle.
18:18 Il a besoin de désonner, il a besoin de mettre la lumière sur autre chose, ça c'est très clair.
18:23 Il ne faut pas revenir en arrière, et de tenter d'embarquer les gens sur un vrai sujet.
18:27 Mais il a peu de temps, et c'est très rapide s'il voulait.
18:29 Là, tout le monde va le traiter d'opportunisme, et en même temps, rien n'est soldé.
18:33 Le 1er mai arrive, le 3 mai la décision se le rite, on est encore dans le gros A.
18:39 Donc il essaie d'émerger là-dedans, mais le bruit est tellement fort,
18:42 même si aujourd'hui tout le monde a pris des gifles ou ils ont tous perdu.
18:46 C'est compliqué, il n'a plus de majorité de gouvernement possible,
18:50 même s'il avait chargé les ordres de le faire.
18:52 C'est un moment de charnie.
18:54 Donc il doit créer lui une espèce de brèche.
18:56 Et aujourd'hui, je ne sais pas comment, je pense qu'il n'y a qu'une mesure institutionnelle de grande épaisseur,
19:03 c'est-à-dire oui à un référendum sur un sujet qui serait la grande surprise,
19:07 et ça pourrait se transformer en référendum pour ou contre Emmanuel Macron, évidemment, là aussi.
19:12 Il est un peu dans le coin, mais il s'y est mis.
19:15 Alors espérons qu'il ne reste pas dans un bunker pendant 4-5 ans.
19:18 - Merci Jean-Christophe Gagnon.
19:19 Philippe, vous avez...
19:20 - Oui, le sondage, l'allocution de Macron est risquée, nécessaire, inutile ou provocatrice.
19:24 58% provocatrice, 36% inutile, 2% nécessaire, 4% risqué.
19:29 Merci beaucoup à Jean-Christophe Gallien qu'on connaissait,
19:31 politologue, conseillant en communication, et désormais voyante extra-lucide.
19:35 - Absolument, merci, vous avez raison.
19:37 Restez avec nous, en tout cas édition spéciale, ce sera à 20h.
19:41 Philippe Bilger sera d'ailleurs avec nous pour décrypter cette allocution.
19:45 Et on se retrouve dans quelques instants sur les vraies voix.
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