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00:00Bienvenue dans les vraies voix, font parler la France, comme tous les soirs, du lundi au jeudi, de 19h à
00:0520h sur Sud Radio.
00:06Bonsoir François-Louis Bourneau.
00:07Bonsoir Philippe David, comment allez-vous ?
00:09Ça va, ça va, chaudement, mais un peu moins que la semaine dernière, pour reprendre ce qu'a dit Rémi
00:15André, ce qui ne fait pas de mal d'ailleurs.
00:16On en parlait beaucoup de ces fortes chaleurs justement dans la semaine, c'était compliqué pour beaucoup d'entre vous
00:21qui nous écoutez au 0826 300 300.
00:23Ce soir c'est un autre sujet dont on va parler Philippe, c'est la fin de vie.
00:26Eh oui, puisqu'il y a un nouveau pas vers une évolution de cette loi sur la fin de vie.
00:30Les députés ont d'ailleurs approuvé pour la troisième fois la création d'un droit à l'aide à mourir
00:35pour certains patients atteints d'une maladie grave et incurable sous des conditions très strictes, je le rappelle.
00:41D'ailleurs vous, est-ce que cette loi vous inquiète ou peut-être même qu'elle vous rassure, ça dépend.
00:45Venez témoigner au 0826 300 300.
00:48Peut-on vraiment légiférer sur la fin de vie, Philippe David ? Qu'est-ce que vous en pensez vous
00:52?
00:52Moi j'étais partisan, je le dis, je le répète, je suis partisan d'une loi sur la fin de
00:57vie, je l'ai toujours dit à ce micro, mais évidemment avec un nombre important de règles et de limites.
01:04D'accord ?
01:04D'accord.
01:05Et moi j'aurais été partisan d'un référendum, on avait d'ailleurs fait plusieurs émissions, vous aviez beaucoup voulu
01:11réagir sur le référendum, on était sortis un peu de la fin de vie, on en avait parlé avant, et
01:15vous étiez très nombreux à vouloir plus de référendums, vous vous en souvenez ?
01:18Vous vous en souvenez, pardon, on était revenu là-dessus puisque le Conseil constitutionnel s'était opposé à ceux qui
01:25voulaient faire un référendum sur la fin de vie en disant que le référendum ça concernait le social et pas
01:30le sociétal.
01:31Oui absolument Philippe, on peut clairement le dire, certains parlent d'une avancée, d'autres d'une dérive, et bien
01:36vous allez en parler jusqu'à 20h dans les vraies voix font parler la France avec Philippe David, et on
01:40va accueillir Sophie de Béziers.
01:43Bonsoir Sophie.
01:44Oui bonsoir.
01:44Bonsoir Sophie.
01:45Oui.
01:45On vous écoute, vous avez voulu prendre la parole justement, cette question de la fin de vie, on le disait,
01:50un texte bien sûr doit encore poursuivre son parcours parlementaire avant une adoption définitive, qu'est-ce que vous en
01:57pensez vous de cette loi sur la fin de vie ?
02:00Bon, alors moi j'ai déjà parlé, j'ai déjà amené mon témoignage parce que j'ai évidemment accompagné mon
02:07papa, je ne repasse pas là-dessus, parce que les choses peuvent évoluer dans la vie, il n'y a
02:12que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
02:15J'ai encore été confrontée, il y a moins de 10 jours, à accompagner une amie, donc en phase terminale.
02:21Mais je ne vais pas m'étendre là-dessus, je regrette toujours que ce soit des députés qui choisissent de
02:29notre fin.
02:33Enfin, FN, FN aussi, mais bon.
02:36Et sur ce sujet-là, apparemment, il y aurait eu dans ce texte quelque chose d'assez nouveau à qui
02:43on demanderait, c'est-à-dire aux personnes qu'on appelle les protégées,
02:47c'est-à-dire les gens qui sont sous tutelle, curatel, notamment dont j'ai une amie qui travaille dans
02:53un centre d'handicapés,
02:54et là, ils sont amenés, depuis très peu de temps, à poser la question à ces personnes-là,
03:00donc que mes propos ne soient pas déformés, ou c'est des personnes qui sont handicapées,
03:06donc un handicap mental, qui sont en mesure de prendre des décisions pour beaucoup de choses dans leur vie,
03:15donc c'est pour ça qu'ils sont protégés par la société, et à eux, on leur demande comment ils
03:22veulent finir leur vie.
03:23Alors, où il y a un problème, parce que moi, je me sens quand même capable aujourd'hui de dire,
03:30pour ma part,
03:31en voyant les expériences que j'ai eues avec mon ami, qui a eu beaucoup de difficultés à partir,
03:38je me dis, moi, je ne veux pas ça.
03:39Et moi, je pense que, psychologiquement, je suis en mesure de prendre les dispositions qui me sont propres.
03:47Et là, ce texte-là me paraît, alors s'il y a peut-être quelqu'un sur votre plateau qui
03:51peut me répondre
03:52à cette nouvelle mesure qui est prise pour les personnes protégées,
03:58je trouve que ça pose quand même de la réflexion.
04:01Alors, Sophie, je vais vous répondre.
04:03Philippe Juvin, qui est outre député LR, et qui est médecin, en plus,
04:10a fait un discours à la tribune de l'Assemblée nationale,
04:12soulevant ce problème, en disant, je trouve fou que des gens sous curatel, par exemple,
04:16je vous synthétise son propos, hein,
04:18qui n'ont pas le droit de signer un chèque, parce qu'ils sont sous curatel,
04:22auraient le droit de demander leur fin de vie.
04:24Et quand je disais que moi, j'étais partisan de mettre des limites très importantes,
04:28j'ai du mal à comprendre comment quelqu'un qui n'a pas le droit de signer un chèque de
04:3210 euros
04:32pourrait avoir le pouvoir, le droit, de décider de sa fin de vie.
04:36Là, voilà, par exemple, un point que j'ai totalement en accord avec Philippe Juvin.
04:43Ouais. Donc, juste pour terminer ce petit propos,
04:48ce qui est quand même assez paradoxal,
04:52alors, le référendum, ils n'en veulent pas, puisque c'est pas sociétal, c'est machin...
04:56Alors ça, ils n'en veulent pas, c'est le Conseil constitutionnel, hein.
04:59Je pense que si on proposait aux Français un référendum, ils voudraient, hein.
05:02Ouais, déjà, dans la rue, aller demander aux gens,
05:06quelle est la relation entre le constitutionnel, le Sénat, l'Assemblée.
05:12Non, on a des gens qui doivent décider pour nous,
05:14et ça, je trouve que c'est déjà, pour moi, c'est inacceptable.
05:19Et ça, je l'ai déjà dit sur votre antenne,
05:21pour ma part, je souhaiterais...
05:23Alors, c'est peut-être... Parce que les vraies voix, c'est bien,
05:25mais si on pouvait faire vraiment porter notre voix, ce serait encore mieux.
05:29C'est-à-dire, au cours de notre vie, qu'on ait la possibilité d'écrire noir sur blanc
05:35comme les donneurs d'organes.
05:38On a la possibilité de devenir donneur d'organes en notre bonne conscience,
05:43quand on est sain et bien portant.
05:46Bien sûr.
05:46Aujourd'hui, la mort, est-ce que c'est parce que la mort est un tabou ?
05:49Je ne sais pas, mais parce que...
05:52Ça, ce serait primordial pour faire une avancée.
05:56Que les gens qui sont...
05:57Moi, ça fait la quatrième fin de vie,
06:00enfin, la phase terminale,
06:01parce que je fais aussi la différence entre la phase terminale et la fin de vie,
06:05où j'accompagne.
06:06Et je peux vous dire que chaque fois,
06:08c'est une phase terminale différente,
06:11dans un contexte différent,
06:12avec des gens différents,
06:14des âges différents.
06:15Et tout ça, mis bout à bout,
06:18ça fait que chaque cas est un cas.
06:20Et mon cas, moi,
06:21je n'ai pas envie que ce soit des députés
06:24pour qui je respecte leur travail,
06:26mais prennent cette décision pour ce qui me concerne.
06:30Voilà.
06:30Vous pensez que c'est un choix de liberté individuelle ?
06:34La loi doit prévoir que chacun peut décider
06:37de mettre fin à ses jours
06:39ou de demander une euthanasie
06:40s'il n'en a pas la capacité physique.
06:44Mais chacun, on ne l'impose évidemment à personne,
06:47et chacun est libre de sa fin de vie, en fait.
06:50Moi, la semaine dernière, j'ai été juste confrontée à ça,
06:53c'est-à-dire que la personne, pourtant malade,
06:55malheureusement, depuis 19 mois,
06:57avec des traitements,
06:58elle, son seul but, c'était de s'en sortir.
07:00Et on n'a jamais abordé le problème de la mort
07:03et de la fin de vie,
07:04même dans ce contexte-là.
07:05Ça veut dire qu'à un moment donné,
07:07quand la personne n'a pu plus être apte à parler,
07:12il a fallu que ce soit ses proches.
07:14Vous imaginez un peu la décision
07:16où il faut augmenter le bolux
07:19pour dire un milligramme de plus,
07:22et puis si elle souffre taureau,
07:23ce sera trois milligrammes.
07:25Et moi, ces enfants m'ont dit,
07:27on a l'impression que c'est nous qui la tuons.
07:29C'est terrible.
07:31Donc, il faut parler de ça librement.
07:34Et j'ai été aussi confrontée
07:36à une dame qui a perdu son mari
07:37il n'y a pas très longtemps,
07:38d'un cancer des os
07:40qui a souffert terriblement.
07:41Maladie extrêmement douloureuse.
07:44Extrêmement douloureuse.
07:45Et cette dame m'a dit,
07:46oh, ben, tu sais,
07:47moi, je suis très croyante.
07:49Et c'est comme ça,
07:51cette souffrance,
07:52elle devait faire partie de sa vie.
07:53Et là, je me suis tue.
07:55Et je me suis dit,
07:56mais tout le monde ne pense pas comme toi.
07:58Chacun a le droit.
08:00S'il y en a qui sont croyants
08:01et qui pensent que le bon Dieu
08:03leur a infligé ça
08:04et qu'ils l'acceptent,
08:06t'as mieux pour eux.
08:06Peut-être qu'ils vivront,
08:08ils feront leur deuil
08:08plus facilement que moi pour d'autres.
08:11Et c'est trop personnel.
08:13On n'a pas...
08:14On doit nous mettre à disposition
08:16pour les gens.
08:17Pourquoi ils le mettent aujourd'hui
08:19pour des personnes protégées ?
08:20Ça, c'est une vraie question.
08:22comme vous venez de dire.
08:23Donc, on est dans un paradoxe total,
08:26mais fou.
08:27On est bien d'accord.
08:29Restez avec nous, Sophie,
08:31parce qu'on a beaucoup d'appels
08:32au 0826 300 300.
08:34Et notamment Frédéric
08:35qui nous appelle de Bordeaux
08:36qui est ancien infirminier.
08:38Bonsoir Frédéric.
08:40Bonsoir Frédéric.
08:41Bonsoir.
08:41Bonsoir à tout le monde.
08:43J'en profite un court instant
08:44pour dire que vous voulez parler
08:46plutôt de Philippe Juvin.
08:47On le rappelle,
08:48Philippe Juvin est député des Hauts-de-Seine
08:50et il est professeur de médecine également
08:52et chef des urgences
08:53à l'hôpital Pompidou.
08:54Absolument.
08:55Et si on veut un peu plus de précision,
08:57depuis le début,
08:58sur la question de la proposition de loi,
09:00il tente d'alerter ses collègues
09:02sur cette portée du texte sur la fin de vie.
09:05Frédéric, justement,
09:06vous allez plutôt dans le sens de Philippe Juvin
09:08sur la question de l'euthanasie.
09:10Alors moi, je trouve que cette loi sur l'euthanasie est...
09:14Et à mon niveau, je trouve qu'elle est complètement inutile.
09:16Elle est d'une bêtise intersidérale.
09:19Absolument.
09:20Parce qu'il existe...
09:22Si on avait des services de soins palliatifs,
09:26ça existerait déjà.
09:28Ça existe déjà.
09:30Nous avons une dame qui s'appelle Claire Fourcade,
09:32qui est médecin en soins palliatifs depuis toute sa carrière,
09:34une trentaine, trentaine d'années,
09:35qui est à Narbonne.
09:36Il y a Axel Kahn qui est décédé.
09:39Et avant son décès, au milieu des années 90,
09:41je l'ai entendu expliquer que, justement,
09:42il avait été une période de sa vie en contact
09:44avec des patients qui étaient en fin de vie.
09:46Des gens qui avaient dit, lorsqu'ils avaient 40 ans, 50 ans,
09:48« Ah oui, moi, si j'ai un problème,
09:50il faut absolument qu'on me fasse mourir.
09:52Je ne veux pas rester dans tel état, dans tel état. »
09:53Mais quand ces personnes arrivaient justement au dernier moment,
09:57là, ce n'était plus du tout pareil.
09:59Devant la situation, le discours changeait systématiquement.
10:02Ce qui les aidait,
10:03et ce qui leur permettait d'avoir l'assurance,
10:08d'avoir quelqu'un à côté, médecin, infirmière, aide-soignante,
10:11avec des traitements anti-douleurs, anti-anxiété,
10:15qui permettaient d'être apaisés.
10:16Moi, mes années d'exercice en dermatologie,
10:18où il y a des pathologies véritablement terribles,
10:21et ensuite en gériatrie...
10:22Grand brûlé, etc., c'est ça ?
10:24Non, non, non, non, non, c'est autre chose, ça, les brûlés.
10:26Et ensuite, en gériatrie,
10:30ils m'ont mis aux côtés de personnes qui étaient terriblement inquiètes
10:32et paniquées, parce qu'elles savaient qu'elles arrivaient au bout du chemin,
10:35elles avaient peur de souffrir, peur d'être toutes seules,
10:37peur d'être abandonnées.
10:39Et là, dès qu'elles voient qu'il y a des personnes autour,
10:43qu'elles voient qu'on leur administre des traitements qui les calment,
10:46et l'anxiété, et qui calment les douleurs,
10:49un petit peu comme le disait Mme de Béziers juste avant,
10:52bon, tout de suite, ça change l'idée de ça.
10:56Mais à cette époque-là, moi, quand j'ai commencé à être infirmier,
10:59que j'ai fait mes études en 1998,
11:00il y avait le ridicule porteur de riz, la Kouchner,
11:02qui disait qu'on allait construire des centres de soins palliatifs,
11:07comme d'habitude, on n'a évidemment jamais rien fait.
11:09Alors, il y a des services de soins palliatifs.
11:11J'ai accompagné mon père, un peu comme disait Mme de Béziers, il y a deux ans.
11:15Il y a un service de soins palliatifs à Bagatelle,
11:17qui est un hôpital très connu autour de Bordeaux,
11:19qui est un super hôpital.
11:21Le service de soins palliatifs, quand j'allais le voir,
11:23je voyais bien les seringues électriques qu'il y avait,
11:24je voyais bien ce qu'il y avait dedans,
11:26et je voyais bien que ça lui permettait d'être tranquille,
11:30d'arrêter de se tortiller dans tous les sens, etc.
11:33Et je savais qu'ils allaient augmenter les doses petit à petit, voilà.
11:36Mais ça se faisait, et ça fait partie,
11:38comme l'a répété déjà Mme Fourcade,
11:40et d'autres médecins qui travaillent dans les soins palliatifs,
11:44et des infirmières, que j'ai entendu en parler,
11:46qui travaillent dans les soins palliatifs,
11:49ils savent expliquer aux gens, justement,
11:52on sait expliquer aux gens,
11:53on va vous aider, et dès que la personne se sent...
11:57Le confort est important,
12:00mais ce qu'il y a, c'est que,
12:02donc, nos politiques sont immondes,
12:04des gens comme M. Falorni, etc.
12:06C'est des gens qui ne comprennent rien à rien.
12:09Alors c'est la liberté de conscience, hein ?
12:11Non, non, non, non, la liberté de conscience, je veux une bien.
12:13Mais quand on veut traiter un problème de façon intelligente,
12:17il faut s'adresser aux gens qui connaissent,
12:19c'est-à-dire des gens comme M. Juvin,
12:21comme Mme Fourcade,
12:22comme M. Axel Kahn, comme etc.
12:24Mais pas simplement sur le bout d'un comptoir,
12:27comme si on était au bar et qu'on allait partir de rue.
12:30Par contre, quand on ne veut pas construire
12:32de centre de soins palliatifs,
12:36évidemment, on est coincé.
12:38Et donc, évidemment, nos politiques rats,
12:40parce que, moi, je ne dis pas comme de Gaulle,
12:43politiciens, parce que les chiens sont des bêtes super,
12:46nos politiques sont des rats.
12:47Non, ça, on ne peut pas dire que les politiques sont des rats.
12:50Les politiques sont des êtres humains élus démocratiquement.
12:53Quand on les voit faire ce qu'ils font
12:56dans à peu près tous les domaines,
12:57et pas simplement le domaine de la médecine,
12:59que ce soit le domaine de l'insécurité,
13:01que ce soit le domaine de l'industrie,
13:02que ce soit le domaine, etc., etc.,
13:03il n'y a pas un domaine où ils ne font pas bêtises sur...
13:06Frédéric...
13:07Oui, mais ça ne vaut pas l'insulte de rat.
13:10Soyons en toute franchise.
13:11Frédéric, on va continuer de vous donner la parole au 0826 300 300.
13:14Restez bien avec nous.
13:15On parle jusqu'à 20h de la fin de vie.
13:17Et oui, c'est un nouveau pas vers une évolution de la loi
13:20sur cette fin de vie, Philippe.
13:22Les députés ont approuvé pour la troisième fois
13:24la création d'un droit à l'aide à mourir pour certains patients,
13:26il faut bien le préciser,
13:28qui sont atteints d'une maladie grave et incurable.
13:30Peut-être que vous avez déjà accompagné un proche à un fin de vie.
13:33Les familles, selon vous, sont-elles suffisamment accompagnées ?
13:36Venez en parler, tiens, au 0826 300 300.
13:38C'est jusqu'à 20h, on se retrouve tout de suite.
13:4119h20, les vrais voix font...
13:43La France, un sujet qui vous fait beaucoup, beaucoup appeler au 0826 300 300,
13:48puisque, malheureusement, nous risquons tous, ou si on ne l'a pas déjà été,
13:52d'être concernés un jour pour soi-même ou pour un de nos proches,
13:56c'est-à-dire la fin de vie.
13:58Le vote final est prévu d'ailleurs le 15 juillet au Palais Bourbon,
14:01après un probable nouveau rejet par le Sénat.
14:04C'est un sujet qui vous fait énormément réagir au 0826 300 300.
14:08Vous êtes parfois divisé, mais quand même assez souvent d'accord sur le sujet.
14:11C'est un sujet lourd.
14:13Est-ce que d'ailleurs cette loi est une avancée ou une dérive ?
14:16C'est aussi cette question qu'on vous pose au 0826 300 300.
14:19La souffrance justifie-t-elle le choix, et ce choix surtout, de l'euthanasie ?
14:24Eh bien, on va en parler, et vous allez en parler avec nous.
14:26On était avec Frédéric, qui était un ancien infirmier.
14:28On va lui redonner la parole, parce qu'il avait beaucoup à dire.
14:30On va prendre un autre auditeur, Philippe.
14:32Qui est Sandra. Bonsoir, Sandra.
14:34Bonsoir, Sandra de Bayonne.
14:36Oui, bonsoir à tous.
14:37Alors moi, je voudrais parler personnellement, parce que je suis aide-soignante.
14:43Donc j'ai travaillé en USP.
14:44Oui, en unité de soins palliatifs, oui.
14:46Voilà.
14:47Donc moi, je...
14:48Alors, pour ou contre, je pense que je ne peux pas débattre comme ça.
14:52Mais moi, j'aimerais qu'on parle des directives anticipées.
14:54Parce qu'on n'en parle pas assez.
14:56Il existe des directives anticipées.
14:58Aujourd'hui, tout le monde y a droit.
15:00Donc on peut remplir ce papier-là.
15:02Si je ne m'abuse, c'était la loi Claes-Néonetti qui permettait de le faire.
15:06Oui, voilà.
15:06Donc c'est vrai qu'à aujourd'hui, du moment qu'on est atteint d'une maladie, c'est-à
15:10-dire en oncologie ou d'un cancer ou autre maladie,
15:13on peut remplir les directives anticipées.
15:15Mais moi, j'estime que le problème qu'on a aujourd'hui, c'est qu'on n'en parle pas.
15:19C'est un peu tabou.
15:20Oui.
15:21Alors que, voilà, si on le mettait sur le tapis dès le départ en annonce de maladie,
15:26on pourrait commencer à discuter de, éventuellement, s'il y a un problème,
15:30si la maladie évolue dans le mauvais sens, on pourrait commencer déjà à ouvrir le débat.
15:34Mais ça, on n'en parle pas.
15:35Donc c'est vrai qu'on se retrouve avec des gens qui arrivent en USP où des directives anticipées ne
15:39sont pas remplies.
15:41Donc, si ça se complique, c'est compliqué.
15:45Oui, c'est le cas de le dire, oui.
15:47Et du coup, je pense que c'est un faux problème.
15:50L'euthanasie, oui, mais la sédation profonde et continue, elle existe, elle est mise en place.
15:55Je veux dire, c'est tout à fait cadré aujourd'hui.
15:58Donc, il n'y a pas de dérive à ce sujet.
15:59On ne pique pas les gens.
16:00Je veux dire, c'est quelque chose qui est fait en pluridisciplinaire, c'est posé.
16:05Mais ça, on n'en parle pas non plus.
16:06Les gens ne sont pas au courant que ça existe.
16:09Ils sont quand même acteurs de ça aussi.
16:12Mais moi, je trouve qu'aujourd'hui, on n'en parle pas.
16:15Donc, le problème qui se pose, c'est que vous avez des gens qui ont des pathologies lourdes,
16:17qui sont suivis sur des chimios, des grosses pathologies.
16:20Et à aucun moment, on ne parle des directives anticipées ou de la sédation profonde et continue.
16:26On leur annonce ça quand ils arrivent en USP.
16:29Et il y a des gens qui passent par l'USP et qui rentrent à la maison.
16:32Parce qu'on stabilise la douleur.
16:34Et ils rentrent passer quelques temps à la maison avant de revenir après en USP pour finir leur vie.
16:40Mais du coup, il y a quand même un non-sens dans cette loi, je trouve.
16:44Parce qu'on veut dire, bon, allez, on tranche, on accepte l'euthanasie, on définit les choses comme ça.
16:50Mais finalement, on n'en parle pas.
16:53Moi, c'est mon avis.
16:54Et je trouve dommage.
16:56Parce que du coup, si on avait plus un peu plus de discussions autour du sujet de la fin de
17:01vie,
17:01de la prise en charge de la douleur,
17:03parce que je rejoins les collègues infirmiers qui ont appelé avant.
17:07Quand la douleur est prise en charge, Frédéric,
17:09ben oui, quand la douleur est prise en charge,
17:11il est clair que les gens, ils n'ont pas envie de partir.
17:15C'est clair.
17:15Donc, ils veulent profiter encore de leur famille, des leurs.
17:19Et là, nous, on peut faire notre travail d'accompagnant, justement.
17:22Mais parfois, il n'y a pas que la douleur, il y a l'incapacité.
17:24Je pense à une pathologie terrible qui est la maladie de Charcot.
17:27Il y a des gens qui n'ont pas envie de rester.
17:29Je pense à un journaliste mythique et dirigeant de club de foot,
17:32Charles Biétry, qui dit, moi, si on ne fait pas une loi en France,
17:34je vais devoir aller faire un suicide assisté en Suisse.
17:37Et ça, c'est terrible, parce qu'on se retrouve avec des gens
17:39qui doivent avoir la sédation profonde et continue.
17:44Et je veux dire, mais c'est quand médicaments,
17:47voilà, c'est qu'ils ne peuvent plus avoir le respirateur.
17:49C'est rien.
17:50Ça veut dire qu'ils choisissent d'arrêter, de rentrer en sédation,
17:54alors qu'ils ont des douleurs en amont.
17:56Et ça, ce n'est pas normal.
17:57Je suis d'accord avec vous.
17:58Là, l'euthanasie, elle serait justifiée de les aider, justement,
18:02à partir quand ils ne sont encore pas dans de la souffrance.
18:05Parce qu'en arriver à se dire, ben là, je ne peux plus respirer,
18:08donc je vais dans la sédation, c'est pas rien.
18:10C'est de la douleur.
18:11C'est clair.
18:12Restez avec nous, Sandra, parce qu'on avait eu Frédéric un peu plus brièvement.
18:14On va reprendre Frédéric.
18:15Vous êtes très, très nombreux à appeler.
18:17Un ancien infirmier.
18:18Et si vous voulez prendre la parole comme Frédéric,
18:20vous avez deux possibilités, le 08-526-300-300 et puis le 7-28 par SMS
18:24avec le mot VV, si vous voulez nous écrire un petit témoignage
18:27pour qu'on le lise à l'antenne.
18:28Ce sera avec grand plaisir.
18:29Voilà.
18:30Rebonsoir, Frédéric, pardon.
18:31Qu'est-ce que vous voulez répondre à Sandra, alors ?
18:33Ah, mais non, Sandra, franchement, elle a très, très bien parlé,
18:36mieux que moi, parce qu'elle était moins énervée.
18:37Et donc, elle a parlé de façon plus claire que moi.
18:41Et franchement, c'est exactement ce qu'elle a dit.
18:44Et alors, ce qu'elle disait à propos du consentement à l'avance,
18:49c'est un petit peu ce que disait M. Axel Kahn
18:51lorsque les gens ont 40 ou 50 ans,
18:54ou également ce qu'a dit Mme de la Dame de Béziers aussi.
18:57Elle a dit qu'on pouvait éventuellement faire un choix
18:59quand on était en forme.
19:00Mais le problème, c'est que quand on arrive à la fin,
19:03on n'a pas tellement envie de partir.
19:06Ça, c'est ce qu'on se dit quand on est encore en bonne santé.
19:09Mais il y a des cas où les gens veulent partir aussi.
19:12Ça existe.
19:12Ça, je suis d'accord.
19:13Et je vous avoue que j'en ai connu.
19:16Oui, bien sûr.
19:18Les personnes...
19:19Madame Fourcade, qui travaille à Narbonne,
19:24elle disait ça.
19:25Elle disait que dans toute sa vie,
19:27dans toute sa vie, justement,
19:28où elle a été confrontée à ces personnes,
19:32comme ma collègue guette-soignante,
19:34la Dame de Béziers,
19:35exactement,
19:35qui ont croisé des gens,
19:37des centaines et des centaines et des centaines
19:39de gens comme ça,
19:40les gens qui étaient d'accord
19:44pour qu'on applique leur consentement
19:46à l'avance,
19:47ou qui, au moment d'arriver au bout,
19:50disaient, je veux qu'on en termine,
19:51je veux qu'on m'aide à en terminer,
19:53elle disait, c'est peanuts,
19:54le nombre de gens qui demandent ça
19:56ou qui s'y tiennent de façon véritable.
19:58C'est peanuts.
19:59Elle a donné un chiffre,
20:01je ne veux pas dire de bêtises,
20:02je ne vais pas répéter,
20:02mais c'était ridicule.
20:04C'était de l'ordre d'une dizaine
20:05ou quelque chose comme ça
20:05sur toute sa carrière.
20:07Oui, mais un cas,
20:09et chaque cas est individuel.
20:11Tout à fait.
20:12Donc, si une personne,
20:13tout à fait fait,
20:14si une personne...
20:14Je vous prends un exemple.
20:16...veux quand même y aller,
20:17veut quand même le faire,
20:18veut quand même qu'on lui offre
20:19cette possibilité,
20:20OK.
20:21Mais qu'on n'en fasse pas une loi
20:23avec des règlements
20:24où des personnes vont, au contraire,
20:26se retrouver coincées par ce règlement,
20:29alors qu'elles ne le veulent pas.
20:30Parce que nos politéras
20:31sont tellement abominables
20:33qu'ils vont automatiquement,
20:35automatiquement,
20:36chercher des procédures.
20:37La France est le pays
20:38des règlements et des procédures
20:40qui sont abominables.
20:41Le problème, c'est qu'il faut faire une loi
20:43parce qu'il y a un juvite juridique.
20:46S'il n'y a pas de loi
20:47et que quelqu'un veut être euthanasié,
20:49vous l'avez dit vous-même,
20:50si c'est son choix, c'est son choix,
20:52il faut faire une loi.
20:53Parce que sinon,
20:54ça s'appelle un meurtre.
20:55Et là, la personne qui fait
20:56l'injection létale
20:57ou qui fournit la substance létale
21:00peut être poursuivie pour meurtre.
21:02Donc, il fallait faire une loi.
21:03Parfait.
21:04Alors, très bien,
21:05qu'on fasse une loi.
21:06Mais que ce soit une loi,
21:07comme vous l'avez expliqué,
21:09juste pour ce cas
21:10et pour le seul moment
21:13où ça arrivera,
21:14qu'on ne laisse pas
21:15quelqu'un d'autre décider,
21:17qu'on ne mette pas là-dedans un juge,
21:19qu'on ne mette pas là-dedans un préfet,
21:22qu'on ne mette pas là-dedans un politicard.
21:24Non, non, surtout pas
21:26qu'on fasse quelque chose,
21:27mais vraiment du plus simple possible.
21:30Une loi, mais à la limite,
21:33je ne sais pas si on peut dire
21:34une permission aussi.
21:35Moi, plus qu'une loi,
21:36je pense qu'il y a une permission.
21:38Parce que nous,
21:39toutes nos lois
21:40sont des monstres de complications
21:42qui, chacun...
21:43Je suis en train d'essayer
21:44d'adopter mon beau-fils, etc.
21:47Si vous saviez
21:48le nombre de fois
21:49que je suis allé au tribunal
21:49et les imbécilités
21:51qu'on m'a sorties,
21:52mais c'est vraiment abominable.
21:53Donc, non, surtout pas.
21:55Le truc le plus simple possible.
21:56Restez avec nous.
21:57On a beaucoup d'appels
21:58au 0826 300 300,
22:00mais on doit faire
22:00une courte pause, François Louis.
22:01Absolument.
22:02Philippe, je pose cette question
22:03à vous, chers auditeurs.
22:04Est-ce que vous imagineriez
22:05un référendum
22:06sur la fin de vie ?
22:07On va vous faire réagir
22:08sur ce sujet.
22:090826 300 300.
22:10On se retrouve tout de suite.
22:13Sud Radio.
22:15Parlons vrai.
22:16France.
22:17Philippe David.
22:18Retour des vraies voix
22:19sans parler à la France
22:20avec ce sujet douloureux,
22:21mais dont on doit parler
22:23la fin de vie, François Louis.
22:24Et oui, on va accueillir
22:25Pierrette Delaule
22:26juste avant de faire la pub.
22:27J'ai posé cette question
22:28à un auditeur.
22:28Faut-il imaginer
22:30un référendum
22:31sur la fin de vie ?
22:32Pierrette,
22:33vous nous appelez
22:33de l'Aude.
22:34Bonsoir.
22:35Bonsoir, Pierrette.
22:36Bonsoir.
22:37Est-ce que vous,
22:38en tant que bénévole
22:39accompagnante
22:40pour les personnes
22:40en fin de vie,
22:42imagineriez-vous
22:43un référendum
22:43sur cette question
22:44de la fin de vie ?
22:47Je suis partagée.
22:49Partagée.
22:51Pourquoi ?
22:52Parce que,
22:54voilà,
22:55c'est quelque chose
22:55qui me préoccupe.
22:56Alors, Pierrette,
22:57est-ce que vous avez
22:57mis le haut-parleur ?
22:59Non.
23:00Alors, mettez bien
23:01le téléphone
23:02près du visage.
23:04Allez-y.
23:05D'accord.
23:08Voilà.
23:10C'est bon ?
23:11Là, c'est meilleur.
23:11Allez-y, parfait.
23:12C'est bon ?
23:13Oui, oui, allez-y.
23:16Pierrette ?
23:18Allô, Pierrette ?
23:20Alors, on va prendre
23:20Marie-Christine en attendant
23:22qui nous vient
23:22de l'heure et l'heure.
23:23Bonsoir, Marie-Christine.
23:24Bonsoir, Marie-Christine.
23:26Bonsoir, bonsoir.
23:27Bienvenue.
23:28On vous écoute
23:28sur cette question
23:29de la fin de vie
23:29alors qu'on posait
23:30la question
23:30d'un référendum
23:32sur la fin de vie
23:32à Pierrette de l'Aude.
23:34On vous écoute
23:35également,
23:36Marie-Christine.
23:37Oui.
23:37Oui.
23:38Alors, bonjour Philippe.
23:39Bonjour à tous ceux
23:41qui sont dans le studio.
23:43Au préalable,
23:44je dois dire
23:45que j'ai écouté
23:46tout à l'heure, Sophie.
23:48Je suis absolument
23:49atterrée.
23:50La loi
23:52n'est pas encore votée.
23:53On commence
23:54à interroger
23:56des gens protégés.
23:57Et après,
23:58on nous dit
23:58qu'il n'y aura pas
23:58de dérive,
23:59il n'y aura pas de...
24:01C'est monstrueux,
24:02c'est criminel.
24:03Cette loi
24:04est scandaleuse
24:06et parfaitement inutile
24:08puisque la loi
24:09Leonetti
24:12prévoit
24:13tous les cas
24:15et ça suffit
24:17très rarement
24:18parce que là,
24:19ça va aller très mal.
24:20Alors,
24:21un référendum,
24:22oui, bien sûr,
24:23et vous savez pourquoi
24:23ils ne veulent pas
24:24d'un référendum.
24:25C'est parce qu'ils savent
24:26que le référendum
24:27serait en faveur
24:32de l'abrogation
24:33de cette loi.
24:34Ce n'est pas certain.
24:36Moi, j'en suis persuadée.
24:38En tout état de cause,
24:39ils ne veulent pas
24:40de référendum,
24:40on va leur en faire un.
24:42Il suffit simplement
24:45qu'on dise aux députés
24:47que ceux qui voteront
24:50pour cette loi
24:51ou qui s'abstiendront,
24:54la liste sera publique
24:56et diffusée.
24:58Oui, oui.
24:59mais diffusée largement
25:01et qu'aux prochaines législatives,
25:06les Français ont de la mémoire
25:08et ne voteront pas
25:09pour ceux qui ont osé
25:12voter pour cette loi.
25:14C'est immonde.
25:15Mais est-ce que ce n'est pas
25:16un problème de conscience personnelle ?
25:18On peut être pour l'avortement
25:20et contre l'avortement.
25:21On peut être pour l'euthanasie
25:22contre l'euthanasie.
25:24On peut être pour la peine de mort
25:25contre la peine de mort.
25:26C'est des sujets de société.
25:28C'est un problème de conscience.
25:29Ça ne fait pas de vous
25:30quelqu'un de bien ou de pas bien
25:31qu'on soit pour une chose ou pas.
25:34Mais vous savez très bien,
25:35d'ailleurs ça a été rappelé tout à l'heure,
25:37la loi Leonetti
25:38permet
25:40de prendre une décision
25:42quand on est encore
25:43en pleine
25:45en pleine force de l'âge,
25:47quand on a tous nos moyens.
25:48Mais cette loi
25:49elle va finir
25:52comme avec les nazis,
25:54c'est-à-dire qu'on tuera
25:55tous les inutiles.
25:57Non, ça je crois que
25:58on ne peut pas faire
26:00ce procès d'intention.
26:01Mais vous verrez,
26:02vous verrez,
26:03vous verrez.
26:05Ça sera ça.
26:07Il y a trop de risques.
26:09Comme on dit,
26:11très très très peu de gens
26:12qui au bout du compte
26:13ont envie qu'on les aide.
26:15Pour cela,
26:16il faut pouvoir le faire.
26:17Mais c'est très bien.
26:18Ils peuvent
26:23faire une déclaration d'intention
26:26et c'est très bien.
26:27Mais la déclaration d'intention
26:29avant la loi
26:29ne marchait pas.
26:32Oui, si, si, si.
26:34C'est prévu dans la loi
26:36Si quelqu'un vous faisait
26:38une piqûre
26:39pour faire le tasier,
26:40moi je peux vous dire un cas.
26:42J'ai quelqu'un
26:43de ma propre famille
26:44qui a été euthanasiée
26:45il y a plus de 40 ans.
26:46D'accord ?
26:47Qui avait un cancer terrible
26:49en stade terminal.
26:50C'était quelqu'un
26:51dont j'étais très proche.
26:52Alors il y a largement
26:53prescription depuis.
26:56Elle était à la dose maximale
26:58de morphine
26:59et elle se tenait
26:59au barreau du lit de l'hôpital
27:01en hurlant tellement
27:01elle souffrait.
27:03Et ses fils ont pris
27:04le médecin au col
27:05en disant
27:06docteur ne laissez pas
27:07notre mère souffrir comme ça.
27:08Et le médecin a dit
27:09à la dose maximale de morphine
27:10si je lui en mets plus
27:11elle meurt.
27:12ils l'ont dit
27:13ne la laissez pas souffrir
27:14comme ça.
27:14Elle hurlait
27:15en se tenant au barreau du lit.
27:17Je peux vous dire une chose.
27:18Attendez,
27:18je termine Marie-Christine.
27:20Moi je remercie le médecin
27:22qui lui a fait
27:23la dose létale de morphine
27:24pour partir.
27:25Je remercie ce médecin.
27:26Mais bien sûr !
27:26Il n'a pas besoin
27:28de cette loi.
27:30Il n'a pas besoin
27:31de cette loi.
27:32Je peux vous dire une chose
27:32parce que le médecin leur a dit
27:34vous vous engagez
27:35à ne pas porter plainte.
27:37Ils ont dit
27:37ses fils
27:37on ne portera pas plainte.
27:39Le médecin a dit
27:40vous vous engagez
27:40à ne pas porter plainte.
27:41parce que le médecin
27:42avait une crainte
27:43si après les fils
27:43avaient changé d'avis
27:44qu'ils aillent porter plainte
27:45parce qu'il pouvait
27:46se retrouver lui
27:47devant les tribunaux.
27:49Oui,
27:49je suis persuadée
27:51que les Français
27:52ont des dizaines,
27:54des centaines
27:54d'exemples
27:56où les médecins
27:58ont fait
27:58ce qu'il fallait
27:59quand il fallait.
28:00Oui mais en étant la loi.
28:02Voilà.
28:03Mais en étant la loi.
28:04Oui mais personne
28:07ça fait des dizaines
28:09d'années
28:10que ça se passe
28:10comme ça
28:10et ça se passe très bien.
28:12Alors il y en a un
28:13qui a fait du zèle
28:14mais celui-là aussi
28:15il dira
28:16moi j'ai
28:19prêté le serment
28:20d'Hippocrate
28:21je ne peux rien faire.
28:22Il y en aura.
28:23Donc il y aura
28:24toujours des cas
28:25mais là
28:26cette loi
28:28va ouvrir
28:29la porte.
28:30D'ailleurs
28:30c'est déjà le cas
28:31dans les autres pays
28:32qui ont
28:35promulgué
28:35ce genre de loi.
28:36Il y a des dérives
28:38épouvantables
28:38à la sortie.
28:39Alors dans certains pays
28:40j'avoue qu'il y a eu
28:40des dérives
28:41je pense en particulier
28:42à nos voisins belges.
28:45Exactement
28:45mais il y aura
28:46les mêmes ici.
28:47Alors Marie-Christine
28:48restez avec nous
28:49parce que je crois
28:50qu'on a retrouvé
28:50Pierrette.
28:51Oui,
28:51Pierrette de Lode.
28:53Pierrette ?
28:53Oui, allô ?
28:54Ah là
28:55le son est parfait.
28:56Comme dirait Philippe
28:57son éclair.
28:58Fort éclair.
28:58C'est le terme militaire
28:59cher ami.
29:00Voilà, fort éclair.
29:01Allez-y Pierre.
29:01On vous écoute.
29:02Bon ben moi écoutez
29:04vous m'avez parlé
29:04de référendum
29:05tout à l'heure
29:06et faut-il arriver
29:08au référendum ?
29:09Parce que quand même
29:10les soins palliatifs
29:12la dame l'a bien expliqué
29:13Sandra
29:13Oui, de Bayonne.
29:16Les directives anticipées
29:18c'est quand même
29:19au début de la maladie
29:20qu'il faut infirmer
29:22le patient
29:22dès qu'on commence
29:23une chimiothérapie
29:24une radiothérapie
29:25de toutes les conséquences
29:27qui peuvent
29:28voilà
29:29qui peuvent évoluer
29:30mais on prépare
29:31le malade
29:31il faut un véritable
29:33accompagnement
29:33de l'équipe soignante
29:35et de la famille.
29:37C'est un chemin
29:38partagé
29:39entre tout le monde.
29:40Alors
29:41on n'a peut-être
29:41pas besoin
29:43d'aller jusqu'à
29:45cette loi
29:46que l'on va voter
29:47qu'on va faire voter
29:49à des députés
29:49moi je rejoigne
29:51tout le monde
29:51là qui vient
29:52d'intervenir
29:54faire voter
29:55une loi
29:55par des députés
29:56je veux bien
29:57entendre
29:58que tout le monde
29:58travaille le dossier
29:59mais combien d'heures
30:01ou de journées
30:03ces élus
30:04ont passé
30:05dans des unités
30:07de soins palliatifs ?
30:09Ah non mais ça c'est un vrai sujet
30:10C'est un sujet
30:12de fond
30:13parce que
30:14moi il y a une chose
30:15qui m'interpelle
30:15maintenant
30:16en écoutant tout le monde
30:17il y a eu
30:18le congrès
30:20des soins palliatifs
30:21à Lyon
30:21il y a
30:22au mois de
30:25on n'a pas eu
30:26des vues
30:26qui sont venus
30:27s'impliquer
30:28voir un petit peu
30:29ce qu'en pensent
30:29les professionnels
30:30ce qu'en pensent
30:31les soignants
30:32on n'a pas vu
30:33tous ces gens
30:34et aujourd'hui
30:35ils vont nous voter
30:36une loi
30:37qui n'est peut-être
30:38pas adaptée
30:39parce qu'aujourd'hui
30:40comme l'a très bien
30:41expliqué
30:43Sandra
30:44la sédation
30:46elle existe
30:48et on l'accompagne
30:49jusqu'au bout
30:50le malade
30:51Mais Pianette
30:52je voudrais vous poser
30:53une question
30:53vous êtes compagné
30:54des gens
30:54au début de la chimio
30:56on peut faire ces
30:57mais moi je prends
30:58un livre
30:58qui m'a bouleversé
30:59que j'ai lu
30:59ça fera 30 ans
31:01l'an prochain
31:02qui s'appelait
31:03Le scaphandre et le papillon
31:04qui a été adapté au cinéma
31:05un film magnifique
31:06c'est l'histoire
31:07de Jean-Dominique Boby
31:08qui était rédacteur
31:09en chef de Elle
31:10je crois
31:11qui a fait un AVC massif
31:13et qui s'est retrouvé
31:14en locked-in syndrome
31:15c'est-à-dire
31:15enfermé dans son corps
31:17il a dicté son livre
31:19en clignant de l'œil
31:20c'est-à-dire
31:21que la personne disait
31:21E, A
31:22il clignait de l'œil
31:23et comme ça
31:23le livre a été écrit
31:24moi je l'avais lu
31:26j'avais dit à mon ex-femme
31:28qui était la mère de mes enfants
31:29et qui en était en couple
31:30à l'époque
31:30je lui ai dit
31:31s'il m'arrive ça
31:32il faut surtout
31:33surtout
31:34que tu trouves un moyen
31:35de me faire partir
31:35je ne veux pas être un légume
31:37avec juste
31:38l'œil qui cligne
31:39est-ce que vous comprenez
31:42que là
31:42on ne peut pas faire
31:43de directives anticipées
31:44il a fait un AVC massif
31:46d'un coup
31:46enfin si
31:47on peut faire
31:47des directives anticipées
31:48est-ce que cette personne
31:49une personne
31:50qui n'a pas envie
31:50de vivre ça
31:51et je dois dire
31:52que j'en fais partie
31:53j'ai le droit
31:54de demander
31:55à ce qu'on fasse partir
31:55parce qu'on ne peut plus
31:57que cligner un œil
31:57on ne peut pas prendre
31:58une boisson
31:59qui est un poison
32:00est-ce qu'on doit avoir
32:02le droit de dire
32:02s'il m'arrive ça
32:03je veux qu'on me fasse partir
32:05ça vous paraît
32:06normal ou pas ?
32:08Oui
32:08mais ça
32:09quand on vous trouve
32:10un syndrome
32:11comme vous venez
32:11de l'expliquer très bien
32:13au moment où
32:14on vous le décèle
32:15et on vous explique
32:17la finalité
32:18de votre maladie
32:19à ce moment-là
32:20on peut vous préparer
32:22à faire
32:23une directive anticipée
32:24qui doit être
32:28respectée
32:29mais quand vous êtes
32:30en fin de vie
32:31comme vous venez
32:32de l'expliquer
32:32très bien
32:33de ce monsieur
32:33que j'adhère totalement
32:34à vos propos
32:35mais on déforme
32:38dans la souffrance
32:40cette famille
32:41qui n'est pas préparée
32:42l'accompagnement
32:43de fin de vie
32:43Claire Fouca
32:45l'a très bien expliqué
32:46pendant le congrès
32:47et le pratique
32:48tous les jours
32:49c'est être présente
32:51au pied du lit du malade
32:52et de lui expliquer
32:53parce qu'elle explique
32:54très bien
32:55ce soir
32:56il souffre
32:57c'est plus possible
32:58il veut mourir
32:59voilà
33:00ils font les accompagnements
33:02nécessaires
33:03mais le lendemain
33:04quand il ne souffle plus
33:05ou qu'il est bien
33:06sédat
33:07il voit autrement
33:09il est avec sa famille
33:10il vient l'accompagner
33:11c'est de l'humanisme
33:14c'est de l'humanisme
33:15et c'est au cas par cas
33:17selon monsieur X
33:18madame Y
33:19ou monsieur Z
33:20et c'est au cas par cas
33:22pour moi
33:22pour moi c'est au cas par cas
33:23restez avec nous
33:25Pierrette
33:25on a beaucoup d'appels
33:27au 0826 300 300
33:28on prend la direction
33:30de la Vendée
33:30avec Sandra
33:31qui nous appelle
33:32bonsoir Sandra
33:33bonsoir Sandra
33:34bonsoir à tous
33:34merci de m'accueillir
33:36vous nous avez contacté
33:38évidemment
33:39on vous donne la parole
33:40je vous le dis tout de suite
33:42je fais une aparté
33:42vous êtes très très très nombreux
33:45à vous nous appeler
33:46on n'aura probablement
33:47pas le temps
33:48de prendre tout le monde
33:48ce soir
33:49mais continuez à appeler
33:51on continuera le débat
33:52demain
33:53pour la dernière
33:54des vraies voix
33:54pour parler de la France
33:55de la saison
33:55avant de passer en saison d'été
33:56allez absolument
33:57on vous écoute Sandra
33:58alors moi je vais faire court
34:00je vais juste donner un exemple
34:01mon papa a eu un cancer
34:02de la gorge
34:03il y a une quinzaine d'années
34:05et mon papa est chasseur
34:06et avant d'avoir ce cancer
34:08il me disait toujours
34:08toute façon un jour
34:09si j'ai un cancer
34:11je partirai avec mon fusil
34:12et je réglerai le problème
34:14et quand il a eu son cancer
34:15je vais vous dire
34:16ce qu'il nous a dit
34:17le cancer est arrivé
34:18par la porte
34:18et moi je m'empresse
34:20de sauter par la fenêtre
34:22parce que je pense
34:23qu'à un moment
34:23on a
34:24voilà
34:24il y a l'humanité
34:25c'est qu'on n'a pas envie
34:27de mourir
34:28dans notre quotidien
34:29on se bat
34:30il y a des difficultés
34:31par contre
34:32là où je vous rejoins
34:33dans ce que vous disiez
34:33tout à l'heure
34:34c'est qu'à un moment
34:35on peut mettre une limite
34:36c'est à dire que
34:37quand on est dans
34:37une situation
34:39où il n'y aura pas de retour
34:41où la personne
34:42est sur un lit
34:42où elle souffre
34:43et qu'elle ne peut même pas
34:44émettre sa douleur
34:45donc on peut même
34:46parfois la mesurer
34:47la question se pose
34:48moi je trouve en fait
34:50que le débat
34:50il est bâclé là
34:52il y a des choses
34:53les limites
34:54les deux jours
34:55ou quinze jours
34:56qui accompagnent
34:57les malades
34:57là je suis d'accord
34:58que le délai à deux jours
34:59je le trouve
35:00mais même à quinze jours
35:01je le trouve
35:02surréaliste
35:03franchement
35:04c'est ça
35:04désolé mais
35:05excusez-moi
35:06je vais faire un trait
35:07c'est assez caustique
35:08ce que je vais dire
35:09vous prenez un crédit
35:10pour acheter une voiture
35:11vous avez un délai de dix jours
35:13c'est la loi Scrivener
35:14pour un crédit bagnole
35:15ou un crédit même
35:16un crédit revolving
35:18j'ai du mal à croire
35:19qu'on ait besoin
35:20de cinq fois moins de temps
35:21pour décider de cette fin de vie
35:22que pour prendre un crédit
35:24pour changer de voiture
35:25franchement là j'avoue
35:26que je ne comprends pas
35:28moi j'ai beaucoup aimé
35:29ce qu'a dit monsieur Juvin
35:30je pense qu'il est
35:32assez bien placé
35:33je ne pense pas qu'il soit contre
35:34je pense qu'il est contre
35:36la manière dont les choses se font
35:37alors je pense que lui
35:38il est contre
35:38enfin je le connais
35:39un tout petit peu
35:40enfin je le connais un petit peu
35:40oui Philippe Juvin
35:41je pense qu'il est contre
35:42l'euthanasie
35:43je pense que pour lui
35:44la loi Claes-Leonetti
35:46est suffisante
35:46mais voilà
35:49et Sandra
35:49je peux vous poser
35:50une question indiscrète
35:51oui
35:53votre papa
35:54a succombé
35:55à son cancer
35:56ou il en a guéri ?
35:57pas du tout
35:57il a 85 ans
35:58aujourd'hui
36:01régulièrement
36:02il me dit il me reste un an
36:03mais ça fait quelques années
36:04donc tout va bien
36:05excusez-moi
36:06comme c'était il y a 20 ans
36:07ça fait 21 ans
36:09qu'il a de plus
36:09c'est ça
36:10c'est ça
36:11et en fait
36:12aujourd'hui
36:13quand on a reparlé de ça
36:14il me disait
36:15moi je n'ai pas envie
36:16d'être sur un lit
36:17je n'ai pas envie de
36:17mais je pense que
36:18aussi il est plus vieux
36:20donc en fait
36:22voilà
36:22je veux dire
36:22l'espoir de vie
36:23elle compte aussi
36:24l'âge à laquelle
36:25on dit ça
36:27je veux dire
36:27un gamin de 17 ans
36:28moi si on me demandait
36:29pour ma fille
36:29si je fasse un choix
36:30ça serait terrible
36:32c'est clair
36:33mais c'est évident
36:33et voilà
36:34et on a toujours l'espoir
36:35c'est ce qui nous tient debout
36:37alors moi je suis croyante en plus
36:38donc j'en ai encore peut-être plus
36:39que ça
36:41mais par contre
36:42la doute de voir souffrir quelqu'un
36:43de l'entendre hurler
36:44accrocher comme vous le décriviez
36:45ça c'est pas possible
36:46et c'était quelqu'un de ma famille
36:48dont j'étais
36:48avec qui on était très proche en plus
36:50donc je peux vous dire
36:51c'est arrivé
36:51j'étais adolescent
36:52et je peux vous dire un truc
36:55ça m'a marqué à vie
36:56voilà
36:57bien sûr
36:57bien sûr
36:58non non mais
36:59mais par contre c'est le délai là
37:01qui me paraît trop court
37:02la réflexion
37:02les intervenants
37:05Sandra je vous le dis
37:06on parle vrai
37:07on est sur Sud Radio
37:08je prends ce délai
37:09de 10 jours pour avoir un crédit
37:11et de 2 jours pour mourir
37:12je trouve ça
37:13je pense qu'on est d'accord
37:14surréaliste
37:15c'est ça
37:16et puis qui aussi
37:17parce que les médecins
37:18en visio
37:19ce genre de choses
37:20c'est pas possible
37:21pour moi de la visio
37:22c'est pas possible
37:23là c'est de l'humain
37:23il faut parler
37:24longuement parler
37:25des psychologues
37:26je sais malheureusement
37:28que je vais toucher
37:29un sujet tabou
37:30ça coûte de l'argent
37:31et peut-être qu'on ne veut pas
37:32mettre les moyens non plus
37:33et parce qu'on n'a peut-être
37:34plus les moyens
37:35pour les mettre non plus
37:36ça c'est une autre question
37:38à quand on va attaquer
37:40tous les gens
37:40qui sont dépendants financièrement
37:43les personnes en situation
37:44de handicap
37:45enfin on n'en finit plus
37:46on est bien d'accord
37:47qu'on n'en finit plus
37:47restez avec nous Sandra
37:49on doit faire une pause
37:50on va reprendre
37:50dans un très court instant
37:51restez bien
37:52au 0826 300 300
37:53on prend en compte
37:54tous vos appels
37:55pour réagir sur ce sujet
37:56de la fin de vie
37:57et on essaye de vous donner
37:58la parole
37:58à tous et à toutes
38:00et c'est dans un instant
38:01qu'on se retrouve
38:01juste après la pub
38:0419h20 heure
38:04les vraies voix font parler
38:06la France
38:06qui nous a tous touchés
38:08qui nous touchera tous
38:09probablement
38:10la fin de vie
38:11et ça déclenche
38:12beaucoup d'appels
38:14de SMS
38:15de mail
38:16où je participe
38:17à dessus de radio.fr
38:18oui vous pouvez aussi
38:19nous écrire effectivement
38:20en fait de nous le dire
38:20Philippe
38:21des témoignages par mail
38:22si vous n'avez pas forcément
38:23envie de passer à l'antenne
38:24ou que vous voulez témoigner
38:25indirectement
38:26vous pouvez nous écrire
38:27par mail et par SMS
38:28le 0826
38:29300 300
38:30lui reste ouvert
38:31pour prendre la parole
38:31directement en direct
38:33et puis on le disait
38:34on en profitait
38:34pour en parler un peu
38:35pendant la pub avec Philippe
38:36on veut vous donner
38:37absolument la parole
38:38le plus longtemps possible
38:39on n'a pas envie
38:40de vous laisser
38:4010 secondes au micro
38:42donc si jamais
38:43vous voulez appeler
38:44et que vous vous rendez compte
38:45qu'on ne vous fait pas passer
38:45ce soir
38:46et bien demain soir
38:47on en reparlera
38:48de cette fin de vie
38:48parce que le débat
38:50n'est pas fini
38:50d'un point de vue politique
38:51et puis non plus
38:52nous on n'a pas terminé
38:54d'en parler Philippe
38:54absolument
38:55on a Chantal
38:56qui nous appelle
38:57de Bastia
38:57on va toujours plus au sud
38:58avec Philippe
38:59vous nous connaissez bien
39:00on commence la semaine
39:01à Bordeaux
39:01on l'a fini à Bastia
39:02parfois on va plus au nord
39:04que Bordeaux quand même
39:05c'est une façon de parler
39:06Chaland avec Sandra
39:07c'est plus au nord que Bordeaux
39:08on s'entend
39:09bonsoir Chantal
39:10bonsoir Chantal
39:11oui bonsoir
39:12aussi à vos auditeurs
39:15alors écoutez
39:15j'entendais Philippe
39:16parler de droit
39:19alors moi je vais parler
39:20aussi de devoir
39:21d'accord
39:23moi je suis
39:25professionnel de santé
39:26moi j'ai eu un parcours
39:27assez particulier
39:28parce que je suis retrouvé
39:30professionnel de santé
39:31parce qu'à l'âge de 19 ans
39:33j'ai perdu la vue
39:34donc j'ai entamé
39:35un parcours
39:37pour être kinésithérapeute
39:40des maladies de charcot
39:41des AVC graves
39:42j'en ai eu dans les bras
39:44oui
39:45moi quand j'ai perdu la vue
39:46vous savez
39:46si on m'avait demandé
39:47qu'est-ce que je voulais faire
39:49j'aurais dit
39:50tuer moi quoi
39:51d'accord
39:52parce que vivre dans
39:55dans
39:56dans l'obscurité
39:58dans l'obscurité
39:59ça peut être terrible
40:00oui
40:00donc je
40:02et je suis toujours là
40:05parce que j'ai été entouré
40:07parce qu'il y a la force
40:08aussi caractère
40:09et comme tout à l'heure
40:10Philippe vous parliez
40:11du loking
40:12du loking syndrome
40:13oui
40:14je voudrais juste dire
40:15que le loking syndrome
40:16vous retrouvez dans un handicap
40:17moi j'ai eu des tétraplégiques
40:19certes qui pouvaient parler
40:21mais qui étaient enfermés
40:22dans leur corps
40:23c'est-à-dire que
40:24demain
40:25quelqu'un qui devient
40:26tétraplégique
40:27on va aussi lui proposer
40:28la tétraplégie
40:30ça devient après
40:30un handicap
40:31et c'est-à-dire que
40:32au moment donné
40:33les dérives
40:35elles y seront
40:36donc moi je voudrais
40:38quand même
40:38plutôt qu'on nous parle
40:40du droit
40:40de mourir
40:41dans la dignité
40:42j'aimerais qu'on nous parle
40:44un peu du droit
40:44de vivre
40:45dans la dignité
40:46nous sommes dans une société
40:47très mortifère
40:49on ne nous parle
40:50que de mort
40:51à un moment donné
40:52soyons
40:54apportons un peu
40:54d'amour
40:56à ces gens
40:56qu'on accompagne
40:58parlons un peu
40:59on nous parle
41:00d'humanité
41:00ça n'a rien
41:01de fraternel
41:02moins de quelqu'un
41:03qui veut se suicider
41:04c'est son problème
41:06mais c'est pas
41:07nous soignants
41:08surtout que les médecins
41:09veulent se dédouaner
41:10par rapport
41:13à Hippocrate
41:14donc ça veut dire
41:15que ce sont les soignants
41:16qui vont le faire
41:18donc à un moment donné
41:19nous on est soignants
41:20on est là pour soigner
41:22on n'est pas là
41:23pour tuer
41:24après il y a la loi
41:25Léonetti
41:26il y a les directives
41:28anticipées
41:28où
41:29alors
41:30contrairement à ce qu'on dit
41:31c'est vrai qu'on n'en parle pas
41:32et que malheureusement
41:33on en parle aux gens
41:35quand ils sont à l'hôpital
41:36nous on l'a vécu
41:39donc à un moment donné
41:40il faut que ce soit
41:40les médecins traitants
41:43quand ils reçoivent
41:44des patients
41:45pour un bilan
41:46lambda
41:46qui leur parle
41:47des directives anticipées
41:49c'est pas au moment
41:50où vous êtes le plus vulnérable
41:52qu'on va vous dire
41:53qu'est-ce que vous voulez faire
41:54moi j'ai eu des personnes âgées
41:55Philippe
41:56qui
41:56de peur de l'hôpital
41:58avec ce qu'on appelle
41:59un syndrome de glissement
42:01qui nous disait
42:02moi
42:03laissez-moi tranquille
42:04je veux pas aller en kiné
42:05je veux pas aller en ergot
42:06moi je demande qu'une chose
42:07c'est de mourir
42:08qu'est-ce que j'aurais dû faire
42:09avertir le médecin
42:10voilà cette personne
42:12elle doit mourir
42:13et elle a 48 heures
42:14pour dire
42:15ben voilà
42:16vous l'avez dit
42:17ben on y va
42:18en Belgique
42:19il y a eu des dérives
42:20au Pays-Bas
42:21là il y a un gamin
42:21de moins de 12 ans
42:22qui a été euthanasié
42:24je veux dire
42:24on n'est pas des animaux
42:26alors moi je vais vous prendre
42:27un exemple
42:28il y a des cas
42:29notamment en Belgique
42:29il y a quelques années
42:30il y avait une jeune femme
42:32qui avait été violée
42:33qui avait été
42:35totalement traumatisée
42:36par son viol
42:36et qui avait choisi
42:37d'être euthanasié
42:39moi je veux dire
42:39pour les pathologies
42:41psychiatriques
42:42je suis franchement
42:43pas pour
42:44je pense qu'il y a plus besoin
42:45vous parliez d'amour
42:46de soins
42:47avec des psychiatres
42:48des psychothérapeutes
42:50des psychologues
42:51des psychanalystes
42:52des psy ce que vous voulez
42:54parce que
42:55je pense que là
42:56il y a vraiment
42:56quelque chose à faire
42:57parce que
42:58la vie de la personne
42:59n'est pas
43:00en danger
43:02même si elle est
43:03hyper dure à vivre
43:04comme dans un
43:05lockdown syndrome
43:05on en parlait
43:06comme dans une maladie de Charcot
43:07par exemple
43:09là vraiment
43:10ça me pose énormément
43:11de questions
43:12en revanche
43:12les professionnels
43:14auront bien
43:14une clause de conscience
43:15qui les autorisera
43:17à ne pas pratiquer
43:19l'euthanasie
43:19s'ils ne le veulent pas
43:21et ça
43:21Dieu merci
43:22pour moi
43:22la clause de conscience
43:23c'est totalement
43:25non négociable
43:26on va redonner
43:27un rapide coup de parole
43:29à Marie-Christine
43:30de l'heure-et-Loire
43:30qui est avec nous
43:31Marie-Christine
43:31vous nous entendez ?
43:33oui
43:33vous voulez réagir
43:34Marie-Christine
43:34on vous donne la parole
43:35encore quelques minutes
43:36sur Sud Radio
43:37ah c'est très gentil
43:38oui
43:39donc moi
43:40j'écoute
43:41avec beaucoup d'attention
43:43tout ce qu'on dit
43:44j'ai beaucoup
43:47j'étais très
43:49très choquée
43:50par l'histoire
43:52que Philippe
43:52a racontée
43:53cette personne
43:54qui a hurlé
43:56de ses souffrances
43:57sur son lit
43:58c'est quelqu'un
43:59de ma propre famille
44:00mais oui
44:01je comprends très bien
44:02et c'est horrible
44:03ça j'en suis
44:04parfaitement consciente
44:05mais on fait pas
44:06moi pour
44:07un cas isolé
44:09pour deux cas
44:10pour dix cas
44:10puisque les soignants
44:12eux-mêmes
44:13disent que si on fait
44:14ce qu'il faut
44:15les gens ne demandent pas
44:17à ce qu'on les euthanasie
44:19ils s'éteignent
44:22tranquillement
44:23dans des
44:24alors bien entendu
44:25il faut absolument
44:27mettre des soins palliatifs
44:29dans tous les départements
44:30bien entendu
44:31oui mais Marie-Christine
44:33permettez-moi de vous répondre
44:34ce que je disais à Sandra
44:35qui est toujours avec nous
44:37d'ailleurs
44:37dont on est très heureuse
44:39très heureux pardon
44:40excusez-moi
44:41que le papa
44:42non ça fait sourire
44:43François-Louis Bordeaux
44:44non je ne suis pas
44:45non-binaire cher ami
44:48permettez-moi de vous dire
44:49une chose
44:49ça fait plaisir
44:49que son papa soit vivant
44:5125 ans plus tard
44:52mais
44:52bien sûr
44:53vous parlez
44:54Marie-Christine
44:55des soins palliatifs
44:56mais il y a aussi peut-être
44:57un problème de moyens
44:58parce que je le rappelle
44:59la France n'a plus
45:00un centime quand même
45:02ah oui
45:03ben si on arrêtait
45:04de dépenser l'argent
45:06mais ça
45:06attendez là je suis bien d'accord
45:09on trouverait l'argent
45:10attendez
45:10j'ai fait un coup de gueule
45:11l'autre jour
45:12sur ce que coûtaient
45:13les agences d'état
45:14etc
45:14ça on est bien d'accord
45:16mais ça après
45:17c'est plus de la morale
45:18c'est plus de la loi
45:19c'est de la volonté politique
45:20oui ou non
45:21ah ben on est bien d'accord
45:22mais
45:23aujourd'hui
45:24la volonté politique
45:25on la cherche
45:26en tous les cas
45:27elle va toujours
45:28dans le mauvais sens
45:30aujourd'hui
45:31on a des irresponsables
45:33qui ne pensent
45:34qu'à une seule chose
45:35garder leur siège
45:36c'est pour ça
45:37que c'est par là
45:38qu'il faut les avoir
45:39en leur disant
45:40si vous votez cette loi
45:41on ne votera plus
45:43pour vous
45:44mais après je dis
45:45c'est une loi
45:46c'est une question
45:47de conscience
45:48je vous ai dit
45:48moi je suis favorable
45:49à une loi sur la fin de vie
45:50mais avec énormément
45:52de règles
45:53et je prends des choses
45:54non négociables
45:54par exemple
45:55je ne suis pas
45:56évidemment
45:56les personnes sous curatelle
45:58etc
45:58c'est hors de question
45:59qu'elles puissent décider
46:00sachant qu'elles n'ont même pas
46:01le droit de signer un chèque
46:02et je reprends ce qu'a dit
46:03l'argument était excellent
46:05Philippe Juvin
46:06je suis contre
46:07notamment pour les cas
46:08de psychiatrie
46:10parce que
46:12l'objectif
46:12ce n'est pas ça
46:13mais il y a des cas extrêmes
46:14j'ai cité le cas
46:15dans ma propre famille
46:16j'en ai vu d'autres
46:17dans ma famille
46:19encore plus proche
46:19où je ne voudrais
46:21mais je n'ai jamais eu
46:22la force de le raconter
46:23parce que
46:23c'était ma propre mère
46:27qui sont vraiment terribles
46:28et qu'on n'a pas envie
46:29de vivre
46:30qu'on ne veut pas vivre
46:31mais je dois l'avouer
46:33j'ai ma faiblesse
46:34quand ma mère
46:34était vraiment
46:35au fond du trou
46:36je l'avoue franchement
46:37je n'aurais jamais eu
46:38jamais eu
46:39le courage
46:40de faire partir ma mère
46:41voyez
46:43et est-ce que la loi
46:44Leonetti
46:45existait
46:45lorsque c'est arrivé
46:47ces horreurs
46:48oui c'était il y a 6 ans
46:50moi je pense malgré tout
46:53qu'il y aura
46:54beaucoup plus d'abus
46:56que de
46:57que de
46:59que de bien-être
47:00avec cette loi
47:01alors merci
47:02Marie-Christine
47:03merci Sandra
47:04merci Chantal
47:05merci pour vos témoignages
47:06vous avez été
47:07très très nombreux
47:08à appeler
47:09on n'a pas pu prendre
47:10tout le monde
47:10et donc on va certainement
47:12prolonger le débat
47:13demain soir
47:14vous pouvez encore
47:15laisser des messages
47:15des SMS ou des mails
47:16on vous l'a dit
47:17vous pouvez nous écrire
47:18au 0826 300 300
47:20mais aussi nous écrire
47:21pour témoigner directement
47:22au 728 par SMS
47:24avec le mot vraie voix
47:25et puis Philippe
47:26il y a aussi le mail
47:27avec je participe
47:28arrobas sudradio.fr
47:29si vous voulez écrire
47:29un témoignage
47:30anonyme ou non
47:31le lire à l'antenne
47:32ou même prendre la parole
47:33ensuite
47:33ce sera avec grand plaisir
47:34qu'on reprendra
47:35le sujet ce soir
47:36avec Philippe
47:37demain soir pardon
47:37avec Philippe
47:38de 19h à 20h