- il y a 3 ans
Ministre du Travail, Olivier Dussopt, était l’invité de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS.
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00:00 8h16, Laurence Ferrari, vous recevez Olivier Dussopt.
00:03 Bonjour Monsieur le Ministre, bienvenue dans la matinale de CNews.
00:05 Jour de mobilisation aujourd'hui, c'est le cinquième rendez-vous des Français
00:08 pour protester contre le texte que vous portez sur les retraites.
00:11 L'hostilité des Français ne se dément pas.
00:13 65% d'entre eux, selon un sondage CSA pour CNews,
00:16 souhaitent le retrait de la réforme. 67% sont contre.
00:19 Est-ce que vous êtes sourds au message que vous envoient pacifiquement,
00:22 dignement, régulièrement les Français ?
00:24 Il n'y a aucune surdité et depuis le début, nous le disons, nous le savons,
00:27 cette réforme c'est un effort qui est demandé aux Français.
00:29 Un effort parce que travailler deux ans de plus, même si c'est progressif,
00:32 même si c'est adapté aux carrières longues, aux carrières pénibles,
00:35 c'est malgré tout un effort.
00:36 C'est un effort pour garantir un système de solidarité
00:39 entre les générations d'abord,
00:40 mais aussi un système de solidarité par répartition.
00:43 Faire en sorte que dans un contexte où nous sommes de moins en moins nombreux à cotiser
00:47 par rapport au nombre de retraités, nous puissions trouver les recettes
00:50 pour garantir ce système de retraite.
00:51 Alors vous dites qu'on n'est pas sourds, en même temps,
00:54 vous ajustez certaines mesures, on va y revenir dans un instant,
00:57 mais là, les syndicats disent "vous ne comprenez pas ce qu'on dit,
01:01 on vous demande de retirer la réforme".
01:03 Il va y avoir des blocages, vous envisagez une France bloquée à partir du 7 mars ?
01:06 Quelles sont vos options ?
01:08 Nous avons toujours dit, tout le gouvernement, la première ministre, moi-même,
01:12 que l'expression des désaccords est naturelle, elle est démocratique,
01:14 mais qu'il ne faut pas aller jusqu'au blocage.
01:16 Aujourd'hui, les syndicats disent "le 7 mars, nous voulons mettre le pays à l'arrêt".
01:20 Ils ne parlent pas de blocage, ils parlent de mise à l'arrêt.
01:22 Certaines fédérations parlent de grève reconductible.
01:24 Nous ne sommes pas encore le 7 mars, donc chaque chose en son temps,
01:27 nous sommes dans un débat à l'Assemblée,
01:29 un débat à l'Assemblée dont j'aimerais qu'il soit plus productif.
01:31 Il y a plus de 10 000 amendements qui sont encore déposés,
01:33 des amendements d'obstruction, où on peut passer des heures et des heures
01:37 pour savoir s'il faudra enlever une virgule à un endroit ou en rajouter une à un autre,
01:40 sans qu'il y ait de lien avec la réforme des retraites.
01:43 Je pense par exemple aux Français, qui peuvent être opposés,
01:46 qui peuvent être d'accord, qui peuvent être interrogatifs,
01:48 et s'ils assistent au débat à l'Assemblée,
01:51 ils ont des députés d'opposition qui parlent de tout sauf des retraites.
01:53 Absolument, mais effectivement, vous avez été particulièrement malmené
01:58 dans ces débats à l'Assemblée.
02:00 On vous a traité d'assassin, que vous n'avez pas digéré, évidemment.
02:04 Vous en avez perdu votre voix.
02:05 Pas tout à fait ça qui m'a fait perdre la voix, c'est plutôt...
02:08 - Un mauvais coup de froid. - Ça a peut-être contribué.
02:11 On a appris aussi que votre protection au quotidien a été renforcée.
02:13 Vous avez peur pour votre sécurité ?
02:15 La question pour moi ne se pose pas comme ça.
02:16 Tout ce qui relève de ma sécurité relève de mes officiers de sécurité
02:20 en lien avec le service du ministère de l'Intérieur,
02:22 et je n'ai pas de commentaire à faire.
02:23 - Mais vous ne confirmez pas que votre sécurité a été renforcée ?
02:25 - Je suis mobilisé pour cette réforme.
02:27 La seule chose qui compte pour moi, c'est que cette réforme puisse aller au bout.
02:30 Nous la portons, nous la défendons dans l'hémicycle,
02:32 et je le répète, nous avons encore 48 heures de débat.
02:35 48 heures pendant lesquelles nous pouvons...
02:37 Non, 48 heures, ça n'est pas ridicule, ça vient après 10 jours de débat.
02:41 Les oppositions qui aujourd'hui vont nous dire qu'ils n'ont pas assez de temps,
02:44 sont les mêmes qui depuis 10 jours nous parlent de tout sauf des retraites.
02:47 De tout.
02:47 Hier, nous avons eu 4 heures sur les développements à propos de la CSG et de l'ISF.
02:53 Ce n'est pas le sujet.
02:54 Les Français, je pense, souhaiteraient qu'on parle des retraites.
02:56 Ce n'est pas ce que fait l'opposition.
02:58 Pire que ça, avant-hier, l'opposition s'est réunie toute entière
03:02 pour supprimer l'index senior.
03:04 Les mêmes qui pendant une semaine nous ont dit
03:06 "le travail des seniors est important", ont supprimé l'article.
03:08 - Oui mais ce n'était pas la meilleure solution pour favoriser l'index senior.
03:12 - Tous les outils doivent être créés et mobilisés.
03:15 Et après nous avoir dit pendant des jours et des jours
03:17 "vous ne faites pas assez sur les seniors",
03:19 première décision, ils suppriment l'article sur les seniors.
03:21 - Mais les LR sont des alliés encombrants,
03:23 vous n'allez pas le couvrir.
03:24 - Non, je pense que le groupe LR et le parti
03:27 ont un certain nombre d'attentes qui aujourd'hui sont satisfaites dans le texte.
03:31 Et ils se sont exprimés, je crois, il y a deux jours
03:34 d'après un bureau national pour dire qu'ils soutenaient la réforme.
03:36 - On verra ça dans un instant.
03:37 Encore un mot, un député Modem, donc de votre majorité,
03:40 a comparé votre sort à celui de Samuel Paty.
03:43 Vous cautionnez ça ?
03:44 - Non, vous savez, moi, parfois on me reproche d'être un peu terne,
03:48 un peu triste et un peu techno.
03:50 Ça a le mérite d'éviter tout écart de langage.
03:52 Et c'est très bien comme ça.
03:53 - D'accord, donc vous cautionnez pas ce type de comparaison.
03:55 - Je ne cautionne jamais aucun écart de langage, jamais.
03:57 - Emmanuel, vous l'appliquez à vous-même, j'imagine.
04:00 - J'essaye en tout cas.
04:02 Il faut toujours faire attention quand on dit qu'on n'a pas d'écart de langage
04:04 parce qu'il suffit d'un moment d'énervement.
04:06 Mais je fais partie de ceux qui considèrent qu'en politique, on peut s'opposer.
04:09 J'adore l'argumentation, j'adore le débat.
04:11 Mais je considère que, moralement, physiquement encore plus,
04:14 la violence n'a jamais de place dans le débat.
04:16 - Dans l'esprit républicain de la Ve.
04:18 Emmanuel Macron était très agacé hier en Conseil des ministres.
04:21 Il dit "les oppositions n'ont plus de boussole, elles sont totalement perdues".
04:24 Visiblement, il n'y a pas qu'elles.
04:26 - Non, nous savons où nous allons.
04:27 C'est un premier point.
04:29 Et c'est vrai que c'est un peu particulier.
04:31 Nous avons une partie, je dis bien une partie, du groupe LR
04:34 qui, après avoir fait campagne pendant toute la présidentielle
04:36 pour la retraite à 65 ans sans condition,
04:39 nous explique que 64 ans, c'est trop
04:41 et que les mesures d'accompagnement ne vont pas assez long.
04:43 Et puis, nous avons une partie de l'opposition,
04:44 je pense notamment aux députés socialistes,
04:47 qui en 2013, j'en étais, ont voté l'allongement de la durée de cotisation.
04:51 Mais moi, je me souviens que j'ai voté l'allongement de la durée de cotisation
04:53 de 42 à 43 ans et qui aujourd'hui font mine de découvrir qu'on passe à 43 ans.
04:58 C'est un peu particulier comme moment.
05:00 C'est peut-être le mérite de ce débat, de remettre l'église au milieu de visage.
05:03 - Vous confirmez qu'Emmanuel Macron est agacé.
05:04 Pourquoi ne prend-il pas la parole ?
05:06 - Agacé, je ne sais pas, mais en tout cas,
05:08 il considère qu'un certain nombre de nos interlocuteurs
05:12 devraient avoir un peu plus de constance.
05:14 C'est vrai que ça nous faciliterait la vie.
05:15 - D'accord, oui, si il prenait la parole, ça vous faciliterait ?
05:17 - Si nos interlocuteurs avaient plus de constance.
05:19 - Alors, on va revenir sur les points clés de la réforme
05:21 parce que les Français n'y comprennent plus rien, Monsieur le ministre.
05:23 Donc, vous allez nous éclaircir.
05:24 Carrière longue.
05:26 Pas plus de 43 années de cotisation, a annoncé la première ministre.
05:29 Ah, mais finalement, non, on ne s'aperçoit pas du tout.
05:32 Ce n'est pas du tout vrai pour tout le monde.
05:34 Tous les travailleurs qui ont commencé tôt ne pourront pas partir après 43 ans.
05:37 En fait, ça dépend de bornes d'âge.
05:39 Expliquez-moi si je me trompe.
05:40 Si vous avez commencé à 15 ans, 17 ans et 20 ans, vous cotiserez un an de moins.
05:44 Mais si vous avez commencé à 14 ans, 16 ans, 18 ans, rien ne change.
05:48 Monsieur le ministre, on n'y comprend plus rien.
05:50 - Alors, je vais vous dire, c'est normal.
05:52 - Non, mais ce n'est pas normal.
05:53 - Non, mais c'est normal parce que ce que vous décrivez là
05:56 et la difficulté de ce que vous décrivez, la complexité de ce que vous décrivez,
05:59 ce n'est pas nous qui l'avons inventé, c'est le système carrière long tel qu'il existe.
06:02 - Mais les Français sont intelligents.
06:02 Il suffit qu'on leur dise les choses de façon intelligente.
06:05 - Mais est-ce que j'ai dit l'inverse ?
06:06 Je dis simplement que nous sommes dans un système de retraite
06:08 qui a une complexité sans nom, qui l'a toujours été.
06:11 - Alors, expliquez-moi.
06:11 - Deux points, et pour essayer d'être aussi direct que possible.
06:15 D'abord, la question de la durée de cotisation.
06:17 Tout le monde réagit depuis maintenant 15 jours
06:19 en faisant comme si la durée de cotisation, c'était un plafond.
06:22 Ça n'a jamais été un plafond.
06:24 Quand vous parlez aux Français, justement, quand les Français parlent,
06:26 quand nous-mêmes, nous parlons de notre retraite,
06:28 nous disons, il me faut cotiser actuellement 42 ans,
06:32 demain, 43 ans, au minimum, pour avoir droit à une retraite à taux plein.
06:36 C'est un plancher.
06:37 Et puis, il y a un système de carrière longue qui a été créé en 2003.
06:41 Et effectivement, quand vous êtes carrière longue,
06:43 si vous commencez à travailler tôt,
06:45 si vous cotisez cinq trimestres avant tel ou tel âge,
06:47 vous pouvez partir plus tôt.
06:49 Qu'est-ce qui se passe ?
06:50 Si vous avez commencé à travailler avant 16 ans,
06:52 si vous avez cotisé cinq trimestres avant 16 ans,
06:54 c'est de plus en plus rare.
06:56 - Qui est rare, mais ça existe.
06:57 - Ça existe encore, mais c'est tant mieux que ce soit rare,
06:59 parce que ça signifie qu'on va plus longtemps à l'école,
07:01 et c'est très bien comme ça.
07:02 Vous pouvez partir à 58 ans, on ne le touche pas.
07:04 Si vous avez commencé à travailler avant 18 ans,
07:07 donc entre 16 et 18 ans,
07:08 vous pouvez partir à 60 ans.
07:10 Si vous avez commencé à travailler entre 18 et 20 ans,
07:12 vous pourrez partir à 62 ans, à condition
07:14 d'avoir vos 43 années de cotisation
07:16 au moment de votre date anniversaire.
07:18 C'est une vraie simplification, et nous faisons,
07:21 c'était d'ailleurs une demande du groupe républicain,
07:23 nous faisons une quatrième marche
07:25 pour dire que dans un moment de notre histoire,
07:27 où l'âge légal va être un peu plus élevé,
07:30 ceux qui ont cotisé cinq trimestres avant 21 ans
07:32 doivent pouvoir partir à 63 ans s'ils ont leurs 43 années de cotisation.
07:36 C'est une vraie protection que nous mettons en œuvre.
07:38 Ok, mais est-ce qu'il y a une différence
07:40 entre ceux qui commencent à 14 ans et 15 ans, monsieur le ministre ?
07:42 Il peut y en avoir une de quelques mois.
07:44 Donc celui de 14 ans, qui a commencé à 14 ans,
07:46 va être pénalisé par celui qui a commencé à 15 ans ?
07:47 Ce n'est pas une question de pénalisation.
07:49 Si, c'est des cotisations en plus, monsieur le ministre.
07:51 Non, mais je vais un grand plus loin.
07:53 Aujourd'hui, on part, on dit,
07:55 d'abord, on l'a dit, moins de 16 ans, très franchement,
07:58 c'est tellement rare.
07:59 Non, mais enfin, ça existe.
08:00 Ça existe de moins en moins, et tant mieux, je le répète.
08:02 Mais on pourrait faire le même raisonnement un peu après.
08:06 On parle à chaque fois d'années de cotisation.
08:09 Si vous commencez à travailler à 16 ans et demi,
08:11 donc avant 18 ans,
08:13 dans le système que l'on crée, vous pouvez partir à 60 ans.
08:16 Sauf que si, une fois que vous avez 20 ans, 21 ans,
08:18 vous décidez, c'est votre droit le plus absolu,
08:20 de faire un break, de partir,
08:22 faire du surf pendant un an, de faire un tour du monde,
08:24 et que vous ne cotisez pas pendant 3, 4 mois,
08:26 ça peut être un projet de vie, c'est votre droit.
08:28 Pendant ce temps-là, vous ne cotisez pas.
08:30 Le jour où vous arrivez à 60 ans,
08:32 vous n'aurez pas vos 43 années de cotisation.
08:34 - Mais il y en a combien des gens qui font ce que vous dites ?
08:36 Quand on commence à travailler tôt, c'est qu'on doit travailler tôt.
08:39 C'est qu'on n'a pas le choix, donc on ne va pas faire du surf.
08:42 - Il n'y en a pas beaucoup, mais j'ai pris un exemple positif.
08:45 Je pourrais prendre un exemple négatif.
08:47 Il y a quelqu'un qui connaît des périodes de précarité
08:49 très longtemps dans sa vie.
08:50 Donc, ce que je dis, et ce que je répète,
08:52 c'est que le système que nous mettons en place
08:54 est le plus protecteur qu'il soit.
08:56 - Mais il y a des différences qui sont incompréhensibles.
08:58 Moi, je ne comprends pas pourquoi quelqu'un qui part à 14 ans
09:00 est défavorisé par rapport à quelqu'un qui part à 15,
09:02 et par rapport à 16 et 17. Je ne comprends rien.
09:04 - Prenons un tout petit peu de recul.
09:06 20 ans, ce n'est pas beaucoup 20 ans.
09:08 C'est beaucoup à l'échelle d'une vie,
09:09 mais ce n'est pas beaucoup à l'échelle de l'histoire économique.
09:12 Il y a, en 2003, avant 2003, la retraite était à 60 ans.
09:16 Il fallait 37 années de cotisation.
09:19 Si vous faisiez des études, vous commenciez votre carrière
09:21 vers 22 ans, 22 ans et demi.
09:23 60 ans, vous avez vos 37 ans et demi, vous partiez.
09:25 Si vous avez commencé à l'usine à 15 ans,
09:27 vous bossiez 45 ans pour avoir le droit à la retraite à 65 ans.
09:31 En 20 ans, on n'a fait que réduire les écarts, et c'est tant mieux.
09:35 Mais imaginez un système où tout le monde cotise
09:40 exactement le même nombre de jours, le même nombre de mois,
09:42 le même nombre de trimestres dans sa vie, c'est mentir aux gens.
09:45 Et pour le coup, je préfère être précis,
09:47 parfois un peu rébarbatif, plutôt que de mentir.
09:49 - Mais la première ministre n'a donc pas dit la vérité.
09:51 - Si.
09:52 - 43 années de cotisation pour les carrés à long, c'est faux.
09:55 Il y en a qui vont faire 44 ans.
09:57 - Je viens de vous expliquer l'inverse.
09:59 Elle a dit, nous avons un système de carrière longue
10:02 avec trois bornes d'âge, nous avons créé une quatrième.
10:04 Ceux qui ont leurs 43 années au moment où ils atteignent
10:08 l'âge de leurs bornes d'âge, peuvent partir.
10:10 - J'espère que les téléspectateurs de CNews comprendront ce que vous dites.
10:13 Pension minimum à 1200 euros brut pour tout le monde.
10:15 Ah ben non.
10:16 - Carrière complète.
10:17 - Ah ben oui, mais ça, il fallait le dire.
10:19 Et temps plein et pas temps partiel.
10:22 - Deux choses.
10:23 C'est bien parce qu'au moins, on a tous les sujets qui fâchent.
10:27 Le président de la République a fait campagne.
10:29 Et pendant toute sa campagne, il a dit l'objectif,
10:31 c'est 85% du SMIC pour une carrière complète au SMIC.
10:35 Carrière complète.
10:36 - Donc, on est à 1150 euros, 85% du SMIC, on est d'accord ?
10:40 - Aujourd'hui, fin d'année, avec l'inflation,
10:42 on sera à peu près à 1200 euros, comme on le dit et comme c'est écrit.
10:44 - Combien il y aura de personnes à 1200 euros minimum brut ?
10:48 - Il y a deux sujets à avoir en tête.
10:50 Parmi les nouveaux retraités.
10:52 Sur les nouveaux retraités, on a 800 000 retraités par an.
10:56 On en a 200 000 qui, grâce à cette réforme, auront une meilleure retraite.
10:59 Certains auront une retraite meilleure de quelques dizaines d'euros.
11:02 - Donc, à 200 euros par an.
11:03 - De 100 euros.
11:04 Et en 2030, parce que tout ça se met en place toujours avec un peu de temps,
11:08 nous aurons 40 000 personnes de plus qui franchiront le cap
11:10 des 1200 euros brut par an.
11:12 Ça peut paraître peu, mais 40 000 personnes qui franchissent le cap
11:15 quand on sait qu'on a 800 000 départs à la retraite.
11:17 Et qu'aujourd'hui, on a 200 000 personnes au total
11:20 qui vont voir leur retraite progresser, c'est plutôt pas mal.
11:22 Et puis, il y a les retraités actuels.
11:23 Parce que vous savez qu'on va appliquer cette réforme aux retraités actuels.
11:27 Aujourd'hui, on a 17 millions de retraités.
11:29 On a 1 800 000 retraités qui vont avoir une augmentation de leur pension
11:33 au mois de septembre grâce à cette réforme.
11:36 Sur ce 1 800 000, on en a la moitié, 900 000,
11:39 qui auront une augmentation entre 70 et 100 euros par mois.
11:42 125 000 pile 100.
11:44 Et puis, 850 000, un peu plus, entre 70 et 99 euros.
11:48 - Donc, combien avec 200 euros bruts, M. le ministre ?
11:51 - 225 000 de plus.
11:52 - 225 000 de plus ? - Ils vont franchir ce cadre.
11:53 - 5 millions de retraités qui sont en dessous du SMIC ?
11:56 Sur 5 millions ? C'est le ratio.
11:58 - Les 5 millions de retraités, c'est pire que le SMIC.
12:00 C'est 5 millions de retraités qui sont en dessous de 1 000 euros.
12:03 On est très loin du SMIC, en dessous de 1 000 euros.
12:05 Mais dans tous ces retraités qui sont en dessous de 1 000 euros,
12:08 qui sont en dessous de 1 200 euros,
12:10 dans l'immense majorité des cas,
12:11 et ce n'est pas un plaisir de le dire, c'est le constat d'une vie de difficulté,
12:15 ce sont des difficultés, ce sont des retraités qui ont eu des carrières incomplètes,
12:19 avec parfois très peu d'années de cotisation.
12:21 Par contre... - Et ils ont cru qu'ils auraient 1 200 euros.
12:23 - Tout le monde le savait. - Et parce que vos collègues l'ont dit,
12:26 parce qu'Olivier Véran l'a dit.
12:27 - Vous savez, on a fait campagne... - Et c'est pour ça que les Français sont vraiment déçus.
12:30 - Le président de la République a fait campagne en disant pour une carrière complète.
12:33 Et une carrière complète à temps plein.
12:35 J'apporte une précision.
12:37 Lorsque vous avez fait toute votre vie à mi-temps,
12:40 au SMIC à mi-temps, vous n'aurez pas 1 200 euros.
12:42 Je l'ai dit à une dame qui m'interrogeait sur un plateau,
12:45 qui avait travaillé toute sa vie à mi-temps comme hôtesse de caisse,
12:48 700 euros par mois.
12:49 Elle a très bien compris pourquoi il n'y aurait pas 1 200 euros.
12:51 Par contre, le fait d'avoir été à temps partiel
12:54 n'empêche pas d'avoir la revalorisation de 70 à 100 euros,
12:57 parce que c'est un mécanisme très technique autour du minimum contributif.
13:00 Mais les temps partiels bénéficieront aussi de la revalorisation
13:03 sans nécessairement aller jusqu'à 1 200 euros.
13:04 - Il ne fallait pas laisser comprendre que tout le monde aurait...
13:07 - Vous savez... - Vous ne l'avez pas fait.
13:09 - Et le président de la République a fait campagne
13:11 en disant que c'était pour une carrière complète.
13:12 - Combien vont coûter les petits arrangements que vous êtes en train de faire ?
13:17 Est-ce qu'on n'est pas finalement sur une réforme pour rien,
13:20 qui ne va rien remporter, et qu'en 2030, nous sommes en régime déficitaire ?
13:24 Et la deuxième question, c'est est-ce qu'au fond,
13:25 la réforme n'était pas calibrée pour 65 ans de départ légal et pas 64 ?
13:30 Et en diminuant cet âge, vous avez déséquilibré l'ensemble de la réforme.
13:33 - On peut faire une comparaison si vous le souhaitez,
13:35 mais entre 65 ans en 2031 et 64 ans en 2030,
13:39 avec une accélération de la réforme de Marisol Touraine...
13:41 - Ça déséquilibre... - Non, parce qu'en termes de recettes
13:44 pour le système, on est sur à peu près 18 milliards d'euros par an en 2030.
13:48 Les mesures que nous avons prévues sont des mesures qui sont financées.
13:51 Sur les recettes de cette réforme, les 18 milliards par an,
13:54 deux tiers vont permettre d'éponger le déficit
13:57 et un tiers de payer les mesures sociales.
13:59 Les nouvelles mesures, notamment sur les carrières longues,
14:01 vont coûter entre 600 et 700 millions d'euros d'ici 2030,
14:05 et avec une montée en puissance très progressive.
14:07 Et donc, nous ferons en sorte que tout ça soit équilibré.
14:10 Il est hors de question de faire une réforme
14:11 qui ne revienne pas à l'équilibre, c'est la priorité.
14:13 - Si vous rajoutez le déficit prévisible,
14:15 il ne reste plus rien sur les 18 milliards d'euros que vous comptez économiser ?
14:20 - L'objectif, c'est l'équilibre.
14:21 - Oui, mais il n'y aura pas d'équilibre en 2030.
14:23 - Ah si, je vous assure qu'il y a l'équilibre en 2030.
14:25 Les tableaux de la réforme, les tableaux financiers
14:27 qui accompagnent la réforme le montrent.
14:29 Et je l'ai dit et répété pendant toute cette réforme,
14:31 et je continuerai à le faire.
14:33 Deux objectifs.
14:34 Équilibrer le système, parce que si on ne l'équilibre pas, il va dans le mur.
14:37 Deuxième objectif, l'améliorer.
14:38 Parce que si on se contente de l'équilibrer sans l'améliorer,
14:40 ce n'est pas très juste.
14:41 Et donc, ces deux objectifs seront tenus.
14:43 Et les mesures que nous avons annoncées encore récemment
14:46 sont intégrées dans ce chiffrage.
14:47 - Marine Le Pen a déposé une motion de censure.
14:50 Vous saluez ce coup de maître politique, on va dire ?
14:53 - Je n'ai pas à saluer quoi que ce soit.
14:55 - Elle prend l'anups de le couvre.
14:56 - C'est un choix du Front National.
14:58 Et le Front National souhaite...
14:59 - Rassemblement national, ça peut être.
15:00 - Rassemblement national, j'ai quelques vieilles habitudes.
15:03 Le Rassemblement national souhaite déposer une motion de censure.
15:06 C'est un droit constitutionnel.
15:07 Je n'ai pas à le commenter.
15:09 Je n'ai pas à le juger.
15:11 Je pense que cette motion sera rejetée par l'Assemblée nationale,
15:15 à moins que l'ensemble de la gauche
15:17 souhaite mélanger ses voix avec celles du Front National.
15:20 Mais ça appartient au Parlement.
15:23 C'est une prérogative des groupes politiques,
15:24 dès lors qu'ils ont plus de 58 députés.
15:26 Il faut 58 députés pour signer une motion de censure,
15:28 on en prend rêve.
15:29 - Vous n'avez pas le sentiment d'avoir volé le débat au Parlement ?
15:32 - Ceux qui ont volé le débat, c'est l'opposition.
15:34 Quand on dépose 18 000 amendements, avec des amendements...
15:36 - Quand on donne seulement 20 jours aux députés pour débattre.
15:38 - C'est plus que toutes les mesures,
15:39 c'est toutes les réformes des retraites précédentes.
15:41 Mais 20 000 amendements, quand il s'agit de changer les virgules.
15:44 Vous savez que Mme Roussoy avait déposé un amendement,
15:46 elle l'a retiré,
15:47 qui visait à transformer le titre de l'index senior
15:50 en index feuille à salade.
15:51 Si c'est pour ça qu'on est élu...
15:53 - Index quoi ?
15:53 - Feuille à salade.
15:54 - Feuille à salade, oui.
15:55 - Elle l'a retiré.
15:56 Si c'est pour ça qu'on est élu député, il faut changer de métier.
15:59 - Le rapport au travail, c'est ce qui sous-tend toute cette réforme.
16:01 On n'y a pas pensé, en vérité.
16:02 - Si...
16:03 - Le rapport des Français à leur travail.
16:05 Pourquoi ne pas avoir d'abord parlé de travail
16:07 avant de parler de réforme des retraites ?
16:08 - D'abord, je pense que le rapport au travail est majeur
16:11 et que pendant 40 ans,
16:12 toutes les politiques se sont concentrées sur la lutte contre le chômage
16:15 et l'accès à l'emploi, parfois au détriment du travail.
16:17 Et j'ai ouvert les assises du travail fin novembre
16:19 avec un vrai sujet de fond
16:21 sur les nouveaux rapports au travail,
16:22 sur les nouvelles manières d'organiser le travail
16:24 dans une société de plus en plus numérique.
16:26 Et fin mars, nous aurons des conclusions
16:29 qui, je crois, seront intéressantes.
16:30 - Vous n'allez peut-être pas commencer par ça ?
16:32 - Alors, je vais vous dire pourquoi non.
16:33 Le déficit, il ne fait pas de pause.
16:35 Si on ne fait pas la réforme maintenant,
16:37 il faudra la faire plus tard.
16:39 Et plus vous attendez,
16:40 plus les marges à monter pour la mettre en œuvre
16:43 et atteindre l'équilibre en débit, 30 seront hautes.
16:45 Et donc, si on veut des marges plus hautes, il faut attendre.
16:47 Si on veut une entrée en vigueur plus progressive,
16:50 il faut le faire très vite, c'est ce que nous faisons.
16:51 - Merci Olivier Ducos, d'être venu ce matin dans la matinale de CNews.
16:54 [Musique]
16:58 [SILENCE]
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