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  • il y a 9 heures
«Les professeurs deviennent des gardiens de la paix», a déploré Miriam Djabali Larak, professeur d'économie et présidente de l'association Regard lycéen, en réaction à l'agression d'un professeur à Montpellier.

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Transcription
00:00Je crois qu'il faut... Enfin, on ne peut pas analyser cette situation. Pour moi, il y a deux niveaux
00:03de lecture. L'école n'évolue pas en vase clos. C'est le miroir et un peu aussi l'antichambre
00:09de notre société.
00:11Je veux juste rappeler qu'hier, on parlait de ce jeune poignardé à Nantes, dans un lycée. Et là, en
00:19fait, on voit que la violence n'est plus seulement horizontale, mais elle est également verticale.
00:22Il faut rappeler que la violence chez les jeunes a diminué, mais le niveau de violence, lui, a doublé. Et
00:30donc, l'école, maintenant, est obligatoire.
00:32Depuis 2019, de 3 ans à 16 ans, il y a une obligation de formation jusqu'à 18 ans. Ce
00:37que l'on voit là, par contre, rappelle les faits aujourd'hui, comment un professeur évolue et vit.
00:43Alors, on n'a pas toutes les informations, mais ce qui est certain, c'est que notre métier, aujourd'hui,
00:48reprend les codes de la carcéralisation.
00:50C'est-à-dire qu'aujourd'hui, un professeur a un devoir de surveillance, mais il a aussi un devoir
00:55de sécurité dans sa classe.
00:56Je vous donne un exemple. Si j'ai une classe, si j'ai un élève qui sort, alors, si je
01:00ne lui ai pas autorisé, alors, pour le coup, ce n'est pas de ma faute.
01:03Mais si je l'autorise à aller aux toilettes et qu'il se passe quelque chose pendant qu'il est
01:05aux toilettes, dans les couloirs, je suis responsable pénalement.
01:08Donc, on a aujourd'hui des professeurs qui sont davantage occupés à faire de l'animation, à faire de la
01:13sécurité et à avoir peur, finalement, à prévaloir le principe de précaution,
01:18plutôt que le principe d'enseignement. Et donc, finalement, on devient des gardiens de la paix.
01:23Et c'est ce qui explique également le nivellement par le bas, parce qu'on est moins préoccupés, alors que
01:27c'est un métier de dévouement,
01:29c'est un métier de passion, c'est un métier, au contraire, on veut faire élever les élèves.
01:33Et parce que, justement, on est occupés par ces problématiques qui sont réelles, il ne faut pas le nier aujourd
01:36'hui.
01:37Cette violence qui est à la fois verticale, horizontale, est désinhibée parce qu'elle est mise en scène, elle est
01:43spectaculaire,
01:44et puis parce qu'elle est également galvaudée par cet effet de groupe, eh bien, on est obligés de changer
01:50nos codes,
01:51notre manière de faire, également notre méthode d'enseignement, ça passe derrière, c'est également ce qui est compliqué.
01:57Et on a des professeurs qui sont en souffrance, il faut le rappeler.
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