00:00Oui, alors moi je le dis très très clairement, pour le Sénat, rien ne justifie à ce qu'on touche
00:09un agent public dépositaire de l'autorité publique.
00:14Je le dis très très clairement, parce que c'est en train de s'enflammer depuis hier.
00:18Il y a les étudiants de tous les lycéens de Montpellier qui veulent se réunir lundi pour en découdre avec
00:28la direction de cet établissement.
00:30Je pense qu'on se trompe complètement de ce sujet.
00:34Là, une fois de plus, je rappelle qu'on est à Montpellier, qui est une ville plutôt bourgeoise.
00:40On est dans le sud de la France.
00:42On a du soleil 320 jours de l'année.
00:45Les gamins sont heureux.
00:46On a la montagne, on a la plage, on a l'Espagne, on a le rugby, on a le foot.
00:54Donc, rien ne peut justifier que les gamins soient en frustration.
00:58Aujourd'hui, cet établissement est pointé du doigt, alors que c'est un de nos meilleurs établissements,
01:04parce qu'on a des faits répétitifs depuis 3-4 ans, où on a les collègues dans l'établissement qui
01:12alertent sur la dégradation des conditions.
01:15L'an dernier, nous avons des élèves de cet établissement qui ont jeté des tables par-dessus l'étage.
01:21On aurait pu avoir des morts.
01:22On a des élèves qui défèquent ou qui urinent dans les couloirs, dans cet établissement.
01:27Donc, on ne peut pas dire qu'on est en banlieue de Montpellier.
01:31On est dans un bon bahut de Montpellier.
01:32On a affaire, depuis la sortie du Covid, à une génération qui est complètement perdue, avec un problème d'autorité.
01:41L'autorité, c'est quoi ?
01:43Moi, je le dis parce qu'hier, j'animais une formation pour les personnels de direction de l'Académie de
01:47Montpellier.
01:48L'autorité, c'est qu'un chef d'établissement doit se présenter le matin, lorsque les élèves et les étudiants
01:55arrivent,
01:55à 8 heures du matin, pour qu'ils sachent qu'il y a un représentant de l'État qui est
02:00là devant l'établissement,
02:02qu'il puisse saluer ses enseignants, qu'on ait un chef d'établissement, une équipe de direction qui dise
02:07à tous les personnels, nous sommes de votre côté.
02:09Oui, nous sommes bienveillants parce que nos jeunes ont besoin de bienveillance, mais nous sommes aussi exigeants.
02:15Je le dis, je le répète avec vigueur, parce que les collègues sont choqués depuis hier.
02:20Je me suis couché à 5 heures du matin parce que des collègues pleurent, etc.
02:24Ils sont choqués, il y a des collègues qui ne veulent plus repartir au BAU.
02:28Lundi matin, je le dis avec force vigueur, rien ne justifie qu'on puisse mettre la main
02:34sur un agent de l'État dépositaire de l'autorité publique.
02:38Je demande au nom du TNALC.
02:40J'aurais dû commencer par là, d'ailleurs, et je m'en excuse.
02:43Comment va votre collègue, justement ?
02:45Non mais monsieur, je suis en colère.
02:47Cette colère, ce n'est pas la mienne puisque je n'enseigne pas dans celui-là.
02:50C'est les collègues qui m'appellent en pleurs, en panique.
02:54Donc, je me fais le relais de cette colère.
02:57J'ai animé un stage syndical il y a 15 jours, 400 personnes étaient là parce qu'ils en ont
03:02ras-le-bol
03:03de la violence à l'école, monsieur.
03:05Je veux que vous l'entendiez.
03:07Je ne veux pas que ce soit un événement.
03:09Je veux que ce soit un débat public, transpartisan, transpolitique,
03:14et qu'on ait des propositions à mettre sur la table, sans moyens forcément supplémentaires.
03:19Il y a des choses qui peuvent être faites pour qu'on respecte l'autorité, un, de celui qui enseigne,
03:25mais aussi l'autorité de celui qui dirige un établissement.
03:29Parce que malheureusement, il y a eu aussi des chefs d'établissement qui ont été frappés par des parents.
03:33On ne responsabilise pas assez les parents.
03:36Il faut sortir du déni, du laxisme dans lequel se trouvent nos élèves.
03:42Je le dis avec force et vigueur, parce que je suis attaché à l'enseignement.
03:46Moi, j'aime mes élèves, ils me respectent, etc.
03:48Mais quand je dois dire non, je dis non, parce que je sais qu'il y a toujours une direction
03:52qui me suit.
03:53Il faut qu'on aille tous dans le même sens et arrêter de chercher des excuses là où il n
03:57'y en a pas.
03:58Il n'y a plus d'excuses à avoir à partir du moment où on touche à un agent dépositaire
04:02de l'autorité publique.
04:04Il faut des sanctions exemplaires.
04:06Il faut que ce soit l'institution qui porte plainte et pas l'enseignant.
04:10Parce que je commence à voir des parents qui commentent en disant oui, ils n'avaient pas à se défendre,
04:14à mettre une gifle.
04:15Il est par terre.
04:16On a des gamins qui sont en train de filmer et qui rigolent.
04:19Il faut que ces élèves aussi soient sanctionnés.
04:21Pour complicité, ils sont en train de filmer alors qu'on est un professeur de l'éducation nationale, représentant de
04:27l'État,
04:27qui est à terre et qui se fait frapper.
04:30On n'a plus à discuter.
04:31Il faut maintenant agir.
04:33Il faut des sanctions exemplaires.
04:35Qu'un élève, quand il rentre dans l'établissement, il comprenne qu'il doit respecter tous les adultes,
04:41les surveillants, les CPE, l'équipe de direction, les personnels administratifs, les agents, etc.
04:47Moi, j'en appelle à une responsabilisation des parents et à un débat public transpartisan, transpolitique.
04:53L'école doit être la priorité de la nation et notre jeunesse.
04:57Et notre jeunesse.
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