00:00 Bonjour Céline Baillercourt, votre invité média vient de lancer un magazine jeunesse
00:04 dédié au sport, c'est un bimestriel dont le troisième numéro est en vente actuellement,
00:09 ça s'appelle « À fond ». Bonjour Myriam Alizon, un magazine sportif
00:13 pour les enfants, les 7-11 ans, ça n'existait pas.
00:16 Ça paraît dingue alors qu'il y a des magazines jeunesse à peu près sur tout, sur les sciences,
00:20 sur l'art, sur la cuisine, mais pas sur le sport.
00:22 Comment vous l'expliquez ? Comment je l'explique ? Alors, il faudrait
00:26 demander au patron de groupe de presse pourquoi ils n'en ont pas lancé, mais je pense que
00:31 jusqu'il n'y a pas très longtemps, le sport n'était pas très bien considéré,
00:34 le sport était un peu mal considéré et je pense que les groupes jeunesse n'ont pas
00:38 investi ce domaine parce que c'était peut-être pas assez prestigieux.
00:43 Et cette image est un peu en train de changer, ça fait des années que j'ai cette idée
00:47 de magazine, quand j'ai présenté à un éditeur il y a 6-7 ans, l'éditeur m'a
00:51 dit « Mais qui achèterait un magazine de sport à son enfant ? Les parents veulent
00:56 que leur enfant soit polytechnicien et pas footballeur ». C'est à ce moment-là
01:00 que j'ai compris qu'il faudrait peut-être le faire moi-même.
01:02 Mais pourtant le sport, il fait partie du quotidien des enfants, beaucoup plus que celui
01:07 des adultes, j'ai envie de dire.
01:08 Ils en font à l'école, ils sont inscrits dans des clubs.
01:10 Évidemment, les enfants sont vraiment des passionnés de sport.
01:14 Je ne sais pas si vous avez déjà regardé un match de foot avec un enfant, en plus ils
01:16 sont curieux, ils ont plein de questions.
01:18 Le sport fait vraiment partie de leur quotidien et en fait, ça me paraissait évident qu'il
01:23 y avait la place pour un magazine de sport aujourd'hui.
01:25 Je crois que l'équipe avait tenté à un moment de s'adresser aux enfants.
01:28 Alors, il y a eu l'équipe junior, c'est d'ailleurs là que je suis entrée à l'équipe.
01:31 En 2008, il y a eu un site internet qui a duré quelques mois, qui était en effet un
01:35 site internet peut-être un peu trop en avance de sport pour les enfants, mais pas de magazine
01:41 papier qui est pourtant un secteur qui marche bien.
01:44 La presse jeunesse, c'est un secteur qui s'en sort le mieux.
01:47 Il y a 250 titres et c'est un secteur qui marche bien.
01:51 Donc voilà, je me suis lancée.
01:53 Là, l'idée c'est à la fois d'inciter les enfants à faire du sport, de les faire lire
01:59 aussi, de les faire bouger.
02:01 C'est un peu tout ça en même temps.
02:03 L'idée c'est de leur parler de sport, de leur donner envie de lire, de leur proposer
02:06 aussi un contenu qu'ils ne trouvent pas ailleurs et de leur donner envie de bouger si possible.
02:12 Mais voilà, c'est vraiment leur donner envie de lire, de leur proposer une grande histoire,
02:18 un dossier.
02:19 J'essaie vraiment de m'adresser.
02:21 Je m'adresse aux 7-11 ans, donc il y a des apprentis lecteurs, des bons lecteurs et il
02:24 y a des formats variés dans le magazine.
02:25 L'idée c'est vraiment que les enfants prennent du plaisir à lire du sport.
02:28 Et si ça peut les amener après à la lecture pour lire autre chose, tant mieux.
02:31 Mais j'ai envie qu'ils s'approprient ce magazine et vraiment qu'ils attendent tous les deux
02:37 mois devant leur boîte aux lettres de recevoir un fond.
02:39 Vous l'avez dit, vous avez travaillé longtemps à l'équipe, pendant 12 ans je crois, jusqu'en
02:43 2021, un peu plus.
02:44 Ce n'est pas la même écriture quand on s'adresse aux adultes ou aux enfants ?
02:49 Alors non, ce n'est pas tout à fait la même écriture.
02:51 Pour les enfants, il faut être simple, direct, assez imagé.
02:54 L'idée c'est vraiment de prendre le lecteur par la main et de ne pas le lâcher.
02:57 Donc pas de fioriture.
02:58 Après il faut faire attention à son vocabulaire.
03:02 Il y a des termes techniques dans le sport, on ne peut pas s'en passer.
03:05 Dans le magazine, il y a deux petits personnages qui s'appellent Mo et Joe qui interviennent
03:09 au fil des pages pour expliquer des termes techniques aux enfants.
03:11 Donc il faut vraiment, j'essaie de me mettre à leur place et de leur proposer un contenu
03:18 qu'ils comprennent, mais pas trop simpliste non plus.
03:20 Vous dites "je" parce que vous êtes la seule à écrire dans le magazine ?
03:23 Vous faites tout toute seule ?
03:24 Ah oui, presque tout.
03:26 J'écris la totalité du magazine, tout à fait.
03:30 Je travaille avec une illustratrice qui s'appelle Juliette Mariage et une graphiste maquettiste
03:35 qui met en page qui s'appelle Alison Chinon.
03:36 C'est une équipe très féminine.
03:37 Et en effet, j'écris tout.
03:40 Dans l'équipe, très souvent, la plupart du temps, je dirais 9 fois sur 10, c'est
03:45 du foot qui fait la une.
03:46 Vous, pour rafon, vos trois premières couvertures ont été consacrées au cyclisme, Julien
03:51 Alaphilippe, au tennis, Serena Williams et au ski, là en ce moment avec Tessa Worley.
03:55 C'est tout sauf le football ?
03:56 Ah non, c'est pas tout sauf le football parce que le numéro 2 était une couvre partagée
04:00 entre un dossier spécial Coupe du Monde et Serena Williams.
04:03 Puisque, évidemment, avant la Coupe du Monde, je n'allais pas parler de foot.
04:06 Mais l'idée c'est de faire vraiment un magazine multisport.
04:08 Il y a un journal de foot pour enfants, mais il n'y a aucun support qui parle de tous
04:14 les sports.
04:15 Il faut vraiment parler de tous les sports, de sportifs autant que de sportifs.
04:18 Et pas que de foot parce que si l'histoire est bonne, si c'est intéressant, les enfants
04:24 sont curieux surtout à cet âge-là.
04:26 Les 7-11 ans sont très curieux.
04:27 Ils pratiquent eux aussi tous les sports à l'école.
04:29 Donc on peut leur parler de tout.
04:30 On peut les amener.
04:31 Dans le premier numéro, il y avait un dossier sur le basket 3-3 qui explique les règles
04:35 du basket 3-3.
04:36 Je pense que si c'est fait intelligemment, si c'est bien illustré, on peut parler de
04:41 tous les sports et les intéresser à tous les sports.
04:43 Pour les interviews, Myriam et Alizon, les sportifs sont-ils parfois surpris par vos
04:47 questions et est-ce qu'ils arrivent facilement à adapter leurs réponses aux enfants ?
04:51 Alors oui, ils sont surpris parce qu'ils ne s'adressent pas souvent à cette tranche
04:57 d'âge-là.
04:58 Ils adaptent leurs réponses ou alors je les aide à les adapter.
05:01 Mais surtout, ils sont super contents de parler aux enfants et tous me disent "ah,
05:07 qu'est-ce que j'aurais aimé avoir ce magazine-là quand j'étais enfant".
05:09 Parce que les sportifs d'aujourd'hui étaient des enfants passionnés de sport et n'avaient
05:14 rien à lire.
05:15 Donc ils sont tous toujours partants pour répondre et finalement, à part le foot qui
05:22 est plus difficile d'accès, c'est assez facile d'avoir des champions en interview.
05:28 A fond, c'est lancé en septembre 2022, si je ne dis pas de bêtises.
05:33 Quel retour en avez-vous et est-ce que ça marche bien ? On en est où au niveau des
05:37 ventes ?
05:38 Au niveau des ventes, il faut savoir que je me suis lancée seule, j'ai monté une
05:42 maison d'édition pour le faire, c'est aussi des fonds propres.
05:46 Je suis partie à petite échelle, j'ai tiré le premier numéro à 500, là j'ai
05:51 doublé, le troisième numéro est tiré à 1 000 exemplaires, il y a 500 abonnés.
05:54 Les retours sont très bons, les enfants sont très contents, il y a des enfants qui l'emmènent
05:59 avec eux en classe verte pour le montrer aux copains.
06:03 Il y a vraiment, je reçois des messages, les enfants participent aussi au magazine.
06:08 Les enfants sont contents, les parents les abonnent.
06:11 Tant de filles que de garçons ?
06:13 C'est souvent le nom des parents que j'ai, mais j'ai des lettres aussi de filles et
06:19 oui, je pense qu'il y a peut-être un peu plus de garçons, mais les filles le lisent
06:23 aussi et j'ai surtout des super retours des professeurs des écoles.
06:26 Je vais vous demander si des écoles se sont abonnées ?
06:28 Oui, des écoles se sont abonnées, certaines parce que les enseignants l'ont connue et
06:32 d'autres avec le comité national olympique qui a abonné ces classes olympiques.
06:35 Donc ça, ça m'a permis aussi d'être dans pas mal de classes et j'ai des retours d'enseignants
06:41 qui me disent "c'est génial" parce que dans la classe, il est à disposition, il y a les
06:45 passionnés de sport qui y vont et puis il y a juste des enfants curieux.
06:48 Là, j'ai eu un mail la semaine dernière, il y a un article sur Victor Vambayama avec
06:53 sa taille et voilà, ils ont matérialisé en classe, ils ont pris leur maître et puis
06:57 ils ont fait de mettre 21.
06:59 Et elle m'a dit même des petites filles, des petits garçons qui sont juste curieux
07:02 et en fait, ils apprennent plein de choses dedans et ils découvrent plein de choses
07:06 donc ça leur plaît.
07:07 Alors vous démarrez non seulement une nouvelle carrière de journaliste sportive mais aussi
07:10 une carrière d'entrepreneuse parce que vous avez monté comme vous l'avez dit votre société
07:14 d'édition.
07:15 Pour ceux que ça intéresse de se lancer dans la création d'entreprise, c'est compliqué
07:19 ou pas ?
07:20 Alors c'est compliqué mais on a de la chance, il y a plein d'organismes qui aident.
07:24 Donc moi, je suis suivie par la BGESO qui m'a aidée à structurer ma boîte, trouver
07:29 un plan de financement, faire un business plan.
07:31 Donc il y a des solutions, il faut un petit peu d'audace, ça peut paraître vertigineux
07:36 mais au fur et à mesure, on s'en sort pas si mal.
07:39 Merci beaucoup d'être venue Myriam Alizon et bonne chance à Affon.
07:42 Merci à vous.
07:43 Et c'est en librairie et sur abonnement ce bimestriel Affon que vous avez créé Myriam
07:48 Alizon.
07:49 Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
07:50 Merci Céline Baïdharcourt, l'invité média sur franceinfo.fr
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