00:16Votre attention, s'il vous plaît.
00:31Votre attention, s'il vous plaît.
00:48Sous-titrage Société Radio-Canada
01:18Mille fois, merci beaucoup.
02:00Sous-titrage Société Radio-Canada
02:18Mille fois, c'est la mise en place par le gouvernement Juppé en 1997 d'un plan de traitement pour
02:27des foyers de travail émigrés.
02:29Alors ce plan de traitement impose une transformation des anciens foyers de travail émigrés dans ce qui est appelé les
02:39résidences sociales.
02:40Les résidences sociales, ça fait partie des logements foyers et des logements accompagnés.
02:47Ce n'est pas le logement de droit commun.
02:49Et les droits des gens qui habitent les résidences sociales ne sont pas les droits liés au logement de droit
02:57commun.
03:00Alors, pendant la période des foyers de travailleurs émigrés, les travailleurs émigrés, qu'ils soient maghrébins ou qu'ils soient
03:07originaires de l'Afrique de l'Ouest,
03:11arrivaient plus ou moins à se débrouiller, à faire une vie, construire une vie, construire un mode d'être qui
03:20leur permettait de vivre,
03:24on peut dire, en équilibre mental, en équilibre culturel, en équilibre familial, en équilibre financier aussi,
03:33puisque les logements étaient peu chers, les gens dégageaient un maximum de leur salaire pour envoyer en Afrique de l
03:46'Ouest et soutenir la famille.
03:48Et parce que les foyers, avec leurs salles collectives, avec leurs restaurants sociaux, soutenaient un mode de vie collectif et
03:55solidaire
03:56qui était le mode de vie des travailleurs au moment où ils sont arrivés.
04:01Avec la résidence sociale, nous avons un autre projet, on veut dire, architectural, mais aussi un autre projet politique qui
04:11s'impose.
04:13Et ce projet architectural et politique impose le fait, d'une part, que tout le monde vit dans un studio
04:21autonome,
04:22il n'y a plus de chambre d'ortoir, il y a des gens qui peuvent le gratter, il y
04:25a d'autres gens qui peuvent le saluer comme une avancée.
04:29Les espaces collectifs sont réduits en nombre et en taille.
04:39Et le rôle des comités de résidents, le rôle des délégués élus par les résidents, devient de plus en plus
04:48restreint.
04:50Je rappelle, on se rappelle, je pense un peu tous, qu'à l'époque, les foyers de travail émigrés, si
04:56vous vouliez organiser une réunion,
04:58si vous vouliez organiser une rencontre, si vous vouliez organiser une condoléance, ce n'était pas très compliqué.
05:05On discutait avec un délégué, on discutait avec le comité de résidents, on réservait la salle, on avait la salle
05:11et on pouvait organiser sa fête.
05:13Dans les résidents sociales, de plus en plus, c'est les gestionnaires qui prennent le pouvoir des salles,
05:21gestionnaires qui imposent le retour des clés après leur prêt aux résidents demandeurs.
05:28Et le comité de résidents, peu à peu, est vidé de son substance, vidé de son pouvoir, devient de moins
05:36en moins actif et de moins en moins intéressant.
05:38Et on a de plus en plus d'établissements où, au moment où on appelle à des élections, il n
05:44'y a pas de candidature,
05:46le gestionnaire déclare carence.
05:48Et du coup, il est tranquille pendant trois ans, avec personne face à lui, pour faire écho des donnances,
05:54pour faire écho des griefs, pour faire écho des problèmes que souffrent les résidents dans les foyers.
06:03Alors, la mobilisation pour contester cet effet est un peu handicapée par deux choses.
06:13Les travailleurs immigrés venus dans les années 60, 70, même début 80, aujourd'hui, vieillissent, pensent à la retraite,
06:25envoient de l'argent pour faire finir la construction de leur maison ou soutenir la famille.
06:31Et l'avenir du logement, l'avenir de leur existence en France, deviennent plus abstraits.
06:38Les jeunes qui arrivent, parce qu'il y a des jeunes qui arrivent et qui hébergent chez leurs parents
06:45et dans les chambres de résidence sociale, eux, sont surtout soucieux de leur régularisation,
06:52du fait d'avoir une carte de séjour, de pouvoir accéder au marché du travail.
06:58Et là aussi, la question du logement est une question qui passe en second plan.
07:02Le résultat, c'est que la mobilisation politique, la mobilisation offensive des résidents dans les situations actuelles est faible.
07:15Et un des problèmes de cette faiblesse, c'est que les résidents des foyers de travail immigrés deviennent invisibles.
07:27Invisibles dans les rapports de la SILPI, la SILPI, c'est la commission interministérielle pour le logement des personnes immigrées.
07:34La SILPI, c'est l'organisme monté par l'État, par le gouvernement, pour superviser l'investissement de l'État
07:42dans la réhabilitation des foyers.
07:44La SILPI, quand elle parle de la construction des résidences sociales, parle systématiquement du nombre de lits créés,
07:54du nombre de studios ouverts, du nombre de places qui existent.
07:58Elle ne parle jamais des travailleurs immigrés qui ont été déplacés, des travailleurs immigrés qui sont forcément relogés dans les
08:09résidences,
08:09mais relogés dans des conditions qui font qu'à terme, avec le temps, leur expulsion est quasiment assurée.
08:19C'est pour ça que nous avons proposé de faire cette réunion publique cet après-midi.
08:26L'association, la coordination Paris-Sud était d'accord sur l'idée que ce serait bien de faire quelque chose
08:33au niveau du 13e, 14e, 15e,
08:36au niveau du sud de Paris, et aussi 12e, parce qu'il ne faut pas oublier, et c'est un
08:40des points que je tiens à ne pas oublier,
08:44il ne faut pas oublier qu'il y a quand même 46 résidents du foyer quai de la gare Bélièvre,
08:49qui sont toujours logés aux 21 routes des fortifications, le logement passerelle construit par la ville de Paris,
08:56à côté de l'entrée de la porte dorée de la foire du trône, et que ce bâtiment doit être
09:02démoli en décembre 2024.
09:06Démoli, sans qu'il n'y ait aucun engagement, aucune promesse, aucun papier écrit sur le devenir de ces 46
09:14personnes
09:15qui restent à reloger du foyer Bélièvre.
09:18Donc, ce qu'on a proposé cet après-midi, c'est de donner la parole tour à tour
09:24à des délégués des foyers qui sont présents.
09:28Il y a un certain nombre de foyers qui sont présents.
09:31On peut même dire une dizaine de foyers qui sont présents.
09:34Que chacun explique un peu la situation de son foyer.
09:39Pendant 4-5 minutes, on va essayer de limiter le temps de prise de parole.
09:44Et ensuite, on ouvre une discussion sur que faire aujourd'hui.
09:48Comment avancer ?
09:50Comment faire en sorte à ce que la situation change, devienne plus humaine dans ces résidences dites sociales ?
09:57Et comment assurer l'avenir pour les travailleurs migrés qui vont continuer à faire partie de la population en France,
10:05qui vont continuer à participer à l'économie en France pendant encore des décennies ?
10:12Voilà. Donc, bienvenue à tout le monde.
10:14Bienvenue aux résidents des foyers, aux délégués des foyers.
10:17Bienvenue aux élus.
10:19Je vois quand même que nous avons M. Arinas, député du 14e, qui est là avec son assistant.
10:29On le remercie beaucoup.
10:30Nous avons aussi M. Boulet, qui est adjoint au maire du 13e, chargé,
10:35et qui s'occupe, entre autres, des fonctions, qui s'occupent des foyers de son arrondissement.
10:42Et nous avons des représentants d'associations comme la Ligue des droits de l'homme
10:47et peut-être encore d'autres que ce n'est pas devant moi.
10:50Donc, alors, comment organiser la prise de parole ?
10:55J'hésite un peu parce que si, messieurs les députés, vous êtes très chargés au niveau de votre calendrier,
11:02et de votre horaire, on peut vous passer la parole tout de suite.
11:05Si vous souhaitez participer plus ou moins après la discussion des délégués.
11:15Vous voulez prendre la parole ?
11:17Oui.
11:35D'abord, merci pour votre invitation, de m'avoir invité à être présent.
11:41On peut dire évidemment que les conditions d'accueil des travailleurs immigrés en France
11:47sont très importantes pour moi parce qu'on vient en politique avec ce qu'on est.
11:51Je ne suis pas né en France et qu'à travers vous, c'est aussi l'histoire de mes parents
11:54que je vois puisque quand mes parents et mon père, notamment, est arrivé en France,
11:59il était en foyer dans un premier temps.
12:03Ma tante aussi a été en foyer.
12:07Mais on ne doit pas, je pense, quand on arrive en politique après,
12:11oublier de là d'où nous venons et de ne pas faire en sorte que ce que nous sommes devenus,
12:16grâce aussi à tout le travail qui a été le nôtre, tourner le dos à ses origines.
12:22Donc moi, je ne vais pas être long parce que je suis venu d'abord écouter,
12:26même si j'ai une expérience en tant qu'enfant,
12:28de ce qu'aujourd'hui je vois en face de moi,
12:31je renoue avec mon histoire d'une certaine façon en étant là ici
12:34et vous dire tout simplement que vos luttes, vos engagements,
12:39la dignité sur laquelle nous essayons de travailler,
12:42vous me retrouverez toujours à vos côtés pour cela.
12:45Donc je ne vais pas faire comme les politiques qui viennent expliquer la vie,
12:48je ne vais pas faire comme les politiques qui viennent expliquer ce qu'il faut faire.
12:50Moi, juste vous dire que je suis à vos côtés,
12:52je vous soutiendrai dans vos démarches pour faire en sorte
12:55qu'aucun foyer en France, qu'il soit à Paris ou ailleurs,
12:58ne porte atteinte à la dignité des gens
12:59et surtout qu'on n'oublie pas qu'on est en train de parler d'êtres humains
13:02et pas seulement de travailleurs.
13:04C'est vrai que quand on vient en France pour travailler,
13:06on bosse quoi, on contribue à la richesse nationale,
13:10à construire ce pays,
13:10mais tout le monde vient aussi avec son histoire, avec son aventure
13:14et qu'on ne fait pas venir de la matière première.
13:16On ne fait pas venir des personnes qui après ont juste vocation à repartir.
13:20On fait venir des personnes et parfois elles viennent volontairement
13:23avec ce qu'elles sont, avec leurs histoires, avec leurs familles,
13:25avec leurs cultures, leurs traditions
13:26et ça on a tendance à l'oublier en France.
13:29Quand on parle dans les foyers, on a face à nous des êtres humains,
13:34on n'a pas des personnes qui viennent juste pour bosser
13:36et que c'est riche pour notre pays d'avoir cela.
13:39Et comme je vous le disais, parfois des enfants,
13:42de celles et ceux qui viennent pour travailler,
13:44qu'on considère et qu'on appelle les travailleurs immigrés,
13:46des fois ça fait des députés.
13:47Et donc le député que je suis, qui a cette histoire-là aussi dans ses bagages,
13:52sera à vos côtés, quelle que soit la lutte que vous menerez,
13:56évidemment pour faire en sorte qu'on vive entre êtres humains simplement.
14:00Voilà, donc merci de votre invitation et je ne vais pas être plus long
14:02parce que je pense qu'il y a beaucoup de choses à dire.
14:04Merci à vous.
14:32Oui, bonjour à toutes, à tous.
14:34Tout ça, merci pour l'invitation.
14:38Je suis très heureux de pouvoir vous rencontrer et continuer à dialoguer aussi
14:42avec les représentants élus des foyers, des comités de résidents.
14:48On a énormément de sujets à discuter,
14:52de l'application du plan de traitement du foyer des travailleurs migrants
14:56qui a quand même contribué à améliorer la vie en principe dans les foyers,
15:01mais on voit dans les nouveaux foyers aussi toutes les questions qui se posent,
15:05de nouveaux bâtiments, de choses qui restent à faire et qui sont importantes
15:09et sur lesquelles il faut continuer à dialoguer et à essayer d'avancer avec les gestionnaires très rapidement.
15:19Je pense qu'il est très important et c'est ce qu'on a fait à la mairie du 13e
15:24avec le soutien du cabinet de Yann Brossat qui suit ces questions
15:27de faire en sorte que l'ensemble des foyers du 13e soit doté d'un comité de résidents.
15:33On a fait en sorte d'organiser plusieurs élections lors de la période qui vient de s'écouler.
15:39C'est quelque chose qui est très important, effectivement, le rôle des comités de résidents
15:43pour pouvoir avancer sur l'ensemble des questions qui s'opposent aux résidents dans les foyers
15:50parce que comme l'a dit Rodrigo Arenas,
15:53ce sont, vous êtes d'abord des gens qui, pas seulement des travailleurs,
15:58mais des résidents du 13e de Paris en France
16:03qui ont des droits, j'allais dire, au même titre que l'ensemble des citoyens français.
16:09Donc, c'est très important pour nous d'avancer avec vous dans cette direction-là.
16:13Donc, merci beaucoup. Je ne serai pas plus long.
16:15Je suis surtout venu ici pour vous écouter, tous représentants des différents foyers.
16:20Merci beaucoup.
16:23Bien. Alors, on va écouter les représentants des foyers.
16:28On va commencer avec...
16:31Michael, je suis vraiment de passer la parole au premier de la résidente.
16:44C'est juste pour vous dire que les personnes âgées qui sont plus nombreux par rapport aux jeunes.
16:50Moi, ça me déçoit par rapport aux jeunes qui ne sont pas venus,
16:53qui sont au chaud et qui sont en train de boire leur thé
16:55et que les parents, les vieux personnes, ont l'âme.
17:00Merci.
17:03Ben, ce n'est pas grave.
17:04Les vieux, ils ont encore un peu d'énergie, etc.
17:07Merci.
17:07Merci.
17:09Merci.
17:09Merci.
17:09Merci.
17:09Merci.
17:10Merci.
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