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  • il y a 2 jours
Jreida fois deux témoigne des deux fois que Mamadou Youssouf DIAGANA, ancien officier soninké de l'armée mauritanienne, a été arrêté, interrogé, torturé au camp notoirement connu de Jreida, à 30 km au nord de Nouakchott.

Le récit de Mamadou est ponctué de vue prises le 16 octobre 2005, lors d'une manifestation organisée juste deux mois après le coup d'état qui a libéré le pays de l'emprise dictatoriale de Sidi Mohamed Ould Taya.

Cette manifestation était significative par le nombre de personnes qu'elle a réuni, par son appel qui a uni le camp des exilés mauritaniens en France et par son exigence d'une démocratie prenant en compte l'ensemble des composants ethniques et linguistiques du peuple mauritanien.

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Transcription
00:43:32d'insultes la ruse l'imagination la violence donc ils ont tout mélangé il y a quelques ans
00:43:40quelques fois il peut passer par la morale oui michael toi tu étais gentil tu nous dis la vérité
00:43:45on te lâche etc à défaut de de cette méthode ben voilà on va le faire tabasser en ce moment
00:43:54il va
00:43:54parler donc on a eu droit tout en chacun d'entre nous à passer à ses ateliers et à embaver
00:44:04ceux qui
00:44:05n'ont pas eu la chance de de supporter ces séquelles ces tortures par exemple sont morts jusqu'à notre
00:44:20acheminement encore le la veille dit c'est le 6 mars donc jusqu'au 6 mars vous étiez à gerida
00:44:29jusqu'au 6
00:44:30mars on était à gerida et il y avait des morts à gerida beaucoup de morts à gerida le 6
00:44:35mars encore
00:44:36à l'aube ils ont pris les les 11 13 bâchés encore c'est la méthode qui consiste à mener
00:44:45les gens sans
00:44:46que le monde ne voit sans que les gens sans que cela n'attire l'opinion nationale et internationale
00:44:53on nous a mis dans les véhicules bâchés direction mbeika mbeika se situe vers tijikja comme par
00:45:02hasard on avait des cas des cas extrêmement important des gens qui avaient des diarrhées des
00:45:09gens qui complètement faisaient leurs besoins dans pendant qu'on transportait j'ai eu la bonne
00:45:17idée en disant bon voilà c'est mes promotionnaires au moins les gens qui nous escortent je vais essayer
00:45:23d'attirer leur attention j'ai attiré l'attention des deux capitaines en disant ah tiens s'il vous
00:45:29plaît il faut peut-être faire une halte pour permettre à ces gens même dans le désert de faire leurs
00:45:36besoins
00:45:38avec funk mes deux promotionnaires m'ont remis dans l'ordre en me disant de fermer ma gueule
00:45:45et qu'il n'en est pas question s'il y a à chier il faut chier dans les véhicules
00:45:52un il n'y avait pas d'eau à boire vous savez en moulinique comment il fait chaud
00:45:59quand il fait chaud dans ces zones là comment il n'y avait pas d'eau pendant tout le déplacement
00:46:05on n'a eu droit à rien ni les besoins fallait faire les besoins dans ces véhicules arrivé là-bas
00:46:13ben on a trouvé un commandant de base aussi déboussolé qui pour lui il fallait prouver
00:46:18ses preuves comme quoi que lui aussi peut pour bien nous acquérir bon voilà c'est l'excès de zèle
00:46:25dès notre arrivée dès que nous sommes arrivés je crois que quelques heures après il y a eu la mort
00:46:34d'un certain si si
00:46:35Hamadi si Hamadi par déshydratation il avait soif il avait demandé à une sentinelle de lui donner à boire la
00:46:47sentinelle n'a pas voulu il y a eu déjà en premier décès alors là on s'était dit que
00:46:55bon voilà le pire va nous arriver encore ici
00:46:59le pire va nous arriver donc on a continué c'est là là là ils ont mis les tous les
00:47:07soldats et sous-officiers dans un grand hangar ils étaient environ 80 et nous autres j'ai la liste avec
00:47:17moi je pense qu'on était 15 ou 16 officiers ensemble dans un autre hangar
00:47:24bon plus les jours passaient plus la situation s'adoucissait un peu un tout petit peu ça veut dire que
00:47:34on arrivait à laisser le soldat il faisait extrêmement chaud à Mbeika on laissait le soldat devant la porte on
00:47:41arrivait quand même à ouvrir la porte mais on laissait le soldat armé devant la porte
00:47:47bon tout en sachant qu'en allant de toilette escorté par un homme armé et puis tu fais tes besoins
00:47:56et te ramène etc
00:47:58la situation a commencé donc à s'améliorer un tout petit peu bon jusqu'à au mois d'avril quel
00:48:12jour l'amnistie en tout cas
00:48:16jusqu'en avril à 91
00:48:19où il y a eu la loi d'amnistie je ne sais plus si c'est entre le 10 le
00:48:2311 le 12
00:48:24ce qui est certain nous avons reçu la visite du chef d'état-major adjoint au nom de sidiya ou
00:48:30liaya que le colonel sidiya ou liaya avec tout son staff c'est à dire le service administratif
00:48:38ils sont passés à nous voir ce qui est curieux on nous rassemble en tant qu'officier de l'armée
00:48:47où on aura fait un rassemblement où on nous fait un garde à vous on nous présente au colonel chef
00:48:53d'état-major adjoint et que nous
00:48:55nous disent bon voilà ce que vous est arrivé il faudrait savoir que bon voilà il y a l'amnistie
00:49:00vous allez être libérés
00:49:03mais il faut oublier c'est le passé surtout faut pas en parler
00:49:09ce rappel des faits s'adresse aux nouvelles autorités qui veulent faire le tablerage de la tragédie négo-africaine
00:49:16si cette tragédie est une question nationale
00:49:18il est où l'amnistie compagnons doivent changer leur attitude de silence s'ils sont animés du sens de la
00:49:23justice et de la démocratie comme ils le proclament
00:49:25car il n'y a pas de préalable à cette question elle est urgente et prioritaire
00:49:36les nouvelles autorités justifient leurs coups de force en mettant en avant le souci de la justice et de la
00:49:42démocratie comme l'évoque l'application de leur comité
00:49:45or comment proclamer la justice et la démocratie sans procéder à un retour organisé rapide et déporté
00:49:54aujourd'hui nous exigeons sans délit le retour de ces milliers de Mauritaniens injustement privés de leur droit le plus
00:50:01élémentaire
00:50:01celui de vivre dans leur propre pays
00:50:03nous exigeons une commission d'enquête indépendante afin que la lumière soit faite sur tous les crimes commis sous le
00:50:09régime de Thaya
00:50:09afin que ce soit rendu pour chacun
00:50:12il n'y aura aucun sens à donner à ce coup de force du 3 août 2005 sans ce geste
00:50:19fondamental
00:50:19nous appelons tous les Mauritaniens soucieux de l'avenir de notre pays
00:50:23à exiger le retour rapide et organisé de déportés et de rétablissement dans tous leurs droits
00:50:31il faut oublier ceci cela on va vous donner une pécule
00:50:36donc on va vous donner une pécule pour pouvoir rentrer
00:50:39bon voilà on a eu un peu le moral
00:50:42vous allez être un peu libre sur quelle base sur quels critères on n'en sait pas
00:50:48bon voilà libre
00:50:50qu'est-ce qu'on a fait
00:50:51ça n'a pas été rencontré
00:50:53il y a eu des erreurs
00:50:54il y a eu ceci
00:50:55on n'en sait pas
00:50:56on n'a pas posé assez de questions
00:50:58bon
00:51:00plus exactement le 16
00:51:03je crois que j'ai sauté une phase
00:51:05le pécule nous a été donné effectivement
00:51:07je pense que si j'ai bonne mémoire
00:51:09chacun d'entre nous a eu 12 000 ouguis à l'époque des pieds
00:51:12je ne peux plus le convertir en euros parce que les époques ne sont pas les mêmes
00:51:17le moment et le taux je veux le fausser
00:51:22donc à l'époque des pieds je pense qu'on a eu 12 000 ouguis à l'époque des pieds
00:51:42on est parti
00:51:44arrivé à Nouakchott
00:51:47moi, ma maman
00:51:49elle était là depuis une belle durée
00:51:50elle m'attendait chez mon frère
00:51:53il ne sait pas si nous sommes en vie, si nous sommes en mort
00:51:56parce que depuis que nous sommes partis à Mbeika
00:51:58ils n'ont pas eu de nouvelles
00:51:59ils ne savent pas là où nous sommes etc
00:52:02bon voilà
00:52:03il fallait d'abord en premier lieu
00:52:05voir les parents
00:52:07avant de
00:52:09de faire quoi que ce soit
00:52:11vers les parents
00:52:12voir les parents
00:52:14les rassurer qu'on est en vie
00:52:16et de revoir après
00:52:19l'avenir en face
00:52:21donc
00:52:22je suis allé à la
00:52:24la famille du grand frère
00:52:26pour essayer de voir l'amour
00:52:29de là je ne peux pas vous dire
00:52:32les oncles qui se sont déplacés
00:52:35des frères qui se sont déplacés
00:52:37qui étaient tous à Nouakchott
00:52:38qui attendaient de savoir qu'est-ce qu'on était devenu
00:52:41tout le monde était là
00:52:43c'était
00:52:44c'était extraordinaire
00:52:47je crois que c'est une phase à laquelle on va sauter
00:52:49parce que on ne pourra pas le décrire
00:52:53on ne pourra pas le décrire
00:52:54il y avait l'émotion
00:52:56il y avait tout
00:52:57il y avait tout
00:52:58mais surtout pour la vieille
00:52:59pour ma maman
00:53:00c'était dur pour moi
00:53:02ce qu'elle a enduré
00:53:03ce dont elle avait souffert
00:53:05c'était dur
00:53:06c'est dur
00:53:07bon
00:53:09une fois qu'on a fini avec cela
00:53:12ce qui est sûr c'est que
00:53:14comme les gens nous ont mis en permission libérable
00:53:17en quittant
00:53:20Mbeika
00:53:20c'est ce qu'on appelle dans l'armée permission libérable
00:53:23c'est à dire que vous partez
00:53:24après vous revenez dans l'armée
00:53:26on verra ce qu'on a
00:53:27on fera de vous
00:53:29bon
00:53:29deuxième fois
00:53:30permission libérable
00:53:31voilà
00:53:32on avait une permission libérable
00:53:34de 45 jours
00:53:35de là
00:53:37une fois que
00:53:38je suis sorti
00:53:39remise à nouveau
00:53:40bon
00:53:41on s'est dit
00:53:42bon voilà
00:53:42faut-il retourner à tard
00:53:44pour chercher les bagages
00:53:45qui nous restent
00:53:45parce que habillement
00:53:46tout ce qui nous est cher
00:53:48les cassettes
00:53:51même de l'argent
00:53:52même de l'argent
00:53:52que moi
00:53:53mes hommes m'ont confié
00:53:54par confiance
00:53:57parce qu'on est de la même région
00:53:58quand tu vois quelqu'un partir
00:53:59d'un associé cela
00:54:01ben j'ai dit ben voilà
00:54:02j'ai laissé plein de matériel avec moi
00:54:04et d'autant plus que
00:54:05en tant que jeune
00:54:06je me préparais quand même à me marier
00:54:08donc il y a des choses qui m'étaient chères
00:54:11même des photos
00:54:12des albums de promotion
00:54:14des trucs très sentimentales
00:54:16des choses très sentimentales
00:54:18que j'avais
00:54:19ben je me suis dit
00:54:20on s'est dit
00:54:21bon voilà
00:54:21chacun retourne dans sa région
00:54:22avant d'aller
00:54:23voir son habillement
00:54:24voir des choses qui nous sont chères
00:54:26avant de retourner
00:54:27bon
00:54:28en attendant
00:54:29mon maman est parti
00:54:30à Kayedi
00:54:32déjà la peur encore au ventre
00:54:34parce que c'est pas possible
00:54:35vous avez encore le courage
00:54:36de retourner là-bas
00:54:38ben
00:54:39il faudrait bien que
00:54:40je crois que c'était fini
00:54:41maintenant on va aller chercher
00:54:43tout ce que Dieu fera c'est bon
00:54:46on repart
00:54:46on trouve que tout a été pillé
00:54:48on essaie de voir
00:54:50est-ce qu'on peut voir le commandant
00:54:52de l'EMIA
00:54:54pour savoir le justifier
00:54:55non
00:54:55vous n'avez pas le droit de rentrer
00:54:57à l'école militaire
00:54:58l'école
00:54:59dans laquelle
00:55:00tu t'es donné
00:55:01corps et âme
00:55:01l'école où tu as instruit
00:55:05l'école
00:55:07là où toi-même
00:55:08tu as fait tes études
00:55:10et encore
00:55:11on te dit
00:55:12bon
00:55:12oublions
00:55:12voilà
00:55:14vous êtes amnistié
00:55:15voilà c'est ceci
00:55:17voilà
00:55:17le calvaire commence
00:55:18on n'a pas eu d'interlocuteur
00:55:21non
00:55:22on est militari
00:55:23on reprend la voiture
00:55:25on revient
00:55:25à notre chef
00:55:27donc de là
00:55:28il fallait partir
00:55:29à Kayedi
00:55:29revoir encore
00:55:31l'ensemble
00:55:31de la famille
00:55:33parce que c'est la source
00:55:34c'est là où tu es né
00:55:35c'est encore encore
00:55:37très cher
00:55:39donc
00:55:39et même faire
00:55:40le village à côté
00:55:42tous les gens
00:55:43qui ont eu à souffrir
00:55:44de votre arrestation
00:55:45et même des gens
00:55:46qui viennent
00:55:47pour savoir
00:55:49qui pleuraient
00:55:50on n'a pas osé leur dire
00:55:53je me rappelle
00:55:54d'un cas
00:55:54c'est le cas
00:55:56de
00:55:56Dja
00:55:57Abdoulaye
00:55:58de Djingé
00:56:00dès qu'ils ont appris
00:56:01que nous sommes arrivés
00:56:02à Kayedi
00:56:03ils se sont pressés
00:56:04pour venir
00:56:04pour demander
00:56:05pour dire
00:56:07lieutenant Diagana
00:56:08on a appris que vous étiez
00:56:09avec tel
00:56:11ben
00:56:11on veut savoir
00:56:12qu'est-ce qu'il est devenu
00:56:13je n'ai pas osé leur dire
00:56:15qu'il est mort
00:56:16je savais qu'il était mort
00:56:19parce qu'ils l'ont sorti
00:56:20pendant qu'on m'ont torturé
00:56:21qu'il était à côté
00:56:21il est arrivé
00:56:23avec des cotes cassées
00:56:26je ne pouvais pas leur dire
00:56:28que tel
00:56:28est mort
00:56:29c'est pas possible
00:56:30c'est trop brutal
00:56:31c'est trop
00:56:32je ne pouvais pas
00:56:35je ne pouvais pas
00:56:37je les ai laissés partir
00:56:39mais tout en ayant leur mort
00:56:42quelque part
00:56:43tout en pleurant moi-même
00:56:44après leur départ
00:56:45en disant
00:56:45qu'est-ce qu'il faut faire
00:56:47face à telle situation
00:56:48il y a des situations
00:56:50où l'homme
00:56:51où l'homme
00:56:52est ambigu
00:56:52où l'homme ne se comprend pas
00:56:54je ne sais pas
00:56:55si je vais devenir philosophe
00:56:56à travers
00:56:57ce que
00:56:57ce que je suis en train de dire
00:56:59mais je vous jure
00:57:00que
00:57:01il y a des situations
00:57:02où moi-même
00:57:03je ne me comprends pas
00:57:04où je me demande
00:57:05est-ce que c'est vraiment
00:57:06mes idées
00:57:07où je me demande
00:57:08si c'est vraiment moi-même
00:57:11parce que face à une situation
00:57:12pareille
00:57:13j'étais désemparé
00:57:13je ne savais pas que faire
00:57:15et ces gens sont partis
00:57:17sans savoir
00:57:19les nouvelles de Diabdoulaye
00:57:21c'était un sous-vietnam
00:57:24donc
00:57:25dans cela
00:57:26les va-et-vient
00:57:27des gens qui viennent
00:57:28qui étaient un tel un tel
00:57:29on avait énormément
00:57:30on n'avait pas commencé les comptes
00:57:32on n'avait pas commencé
00:57:33à travailler
00:57:34on était d'abord
00:57:37nous d'abord
00:57:37voire d'abord les parents
00:57:39et ensuite
00:57:40bon
00:57:41alors
00:57:42la permission libérable finissait
00:57:44on s'approchait à la capitale
00:57:45pour voir
00:57:46qu'est-ce qu'on va devenir
00:57:50c'est avril
00:57:51donc c'est en juin
00:57:52qu'on est revenu à Nouakchott
00:57:52bon
00:57:54donc
00:57:56arrivé à Nouakchott
00:57:57c'est là où
00:57:58nous avons commencé à aller
00:58:00à l'état-major
00:58:01pour essayer de savoir notre sort
00:58:03pour savoir ce qu'on va devenir
00:58:05je pense vers le 8 juin
00:58:06comme ça
00:58:07je sortirai le papier
00:58:09un jour ou l'autre
00:58:10où on aura l'opportunité
00:58:11de
00:58:12de vérifier tout ça
00:58:15donc
00:58:16on commençait à se rencontrer
00:58:19là encore
00:58:21on était face à des murs
00:58:23parce que
00:58:23le mal est fait
00:58:25ces gens
00:58:26qui nous ont fait tout cela
00:58:27ne veulent pas revenir en arrière
00:58:29d'abord
00:58:30en approchant l'état-major
00:58:32même
00:58:33pour rentrer dans l'état-major
00:58:34c'était un problème
00:58:35alors qu'on est
00:58:36en permission libérable
00:58:38juger être encore
00:58:39des gens sur les rangs
00:58:40parce qu'on
00:58:42on a quand même
00:58:43les tenues
00:58:43on pouvait rentrer
00:58:46mais
00:58:46malheureusement
00:58:47l'accueil était
00:58:48ce qu'elle était
00:58:49on était
00:58:51on était accueillis
00:58:52comme des pestiférés
00:58:53comme des gens
00:58:54de seconde zone
00:58:55comme des gens
00:58:57euh
00:58:57euh
00:58:58comme les malades décidés
00:58:59qu'il faut un peu
00:59:00mettre à l'écart
00:59:02bon
00:59:02euh
00:59:04des va-et-vient
00:59:05des va-et-vient
00:59:06des va-et-vient
00:59:08jusqu'au jour
00:59:09où on a décidé encore
00:59:10de nous scinder
00:59:11en deux groupes
00:59:13des gens qu'on a jugés
00:59:15réintégrés
00:59:15et des gens qu'on a jugés
00:59:16qu'il fallait virer
00:59:18moi j'étais
00:59:19parmi des gens
00:59:20qu'il fallait virer
00:59:23pourquoi sommes-nous
00:59:24virés
00:59:25et que les autres
00:59:26euh
00:59:27sont réintégrés
00:59:28ils sont les seuls
00:59:30à pouvoir
00:59:30les autorités
00:59:31militaires
00:59:32étaient les seuls
00:59:33à pouvoir vous donner
00:59:34ils sont les seuls
00:59:35et étaient encore les seuls
00:59:37à pouvoir vous donner
00:59:38la réponse
00:59:38qu'il faut
00:59:39mais en toute sincérité
00:59:43leur logique
00:59:44on ne comprenait rien
00:59:45donc euh
00:59:46nous qui étions célibataires
00:59:49plus légers
00:59:50que
00:59:50que nos amis
00:59:52nous avons estimé
00:59:53tout de suite
00:59:54nous avons émis l'idée
00:59:55de nous revoir
00:59:58de nous revoir
00:59:59entre anciens militaires
01:00:00en tant que
01:00:03anciens militaires
01:00:04qui ont été torturés
01:00:05dans des zones différentes
01:00:07pour qu'on passe le bilan
01:00:10objectivement aussi
01:00:11objectivement
01:00:12sans qu'il y ait moins de chance
01:00:13sans qu'il y ait exagération
01:00:15sans qu'il y ait en tout cas
01:00:18déformation des choses
01:00:19des faits
01:00:20donc on l'a fait à plusieurs reprises
01:00:23toutes les victimes
01:00:24toutes les victimes
01:00:25qui étaient là-bas
01:00:26à
01:00:37un peu partout à l'intérieur du pays
01:00:41chaque néoro-africain
01:00:43en tout cas
01:00:45qui est susceptible de venir à cette rencontre
01:00:49que l'on se voit
01:00:51en tout cas qu'on fasse un bilan
01:00:54d'abord
01:00:56écrire le nom de tous ceux qui ont
01:00:58y assassiné
01:00:59
01:00:59et par qui
01:01:02d'où
01:01:02l'identification
01:01:03un peu
01:01:04de tortionnaire
01:01:05parce que moi qui suis
01:01:06à Jireida
01:01:07je peux bien décrire
01:01:08en
01:01:09Edi Hulda
01:01:10en Samori
01:01:11Ouli Yumbaba
01:01:12en Hassan Oumnaget
01:01:14qui étaient présents
01:01:14au moment
01:01:15de ces tueries extrajudiciaires
01:01:17dans les camps
01:01:18parce qu'ils étaient les officiers de renseignement
01:01:20mais je ne peux pas décrire
01:01:21par exemple
01:01:22ce qui se passait
01:01:24à Inal
01:01:25pendant que mes autres amis
01:01:27ont pu vous le dire
01:01:27donc
01:01:28ou décrire
01:01:30ce qui était à Nema
01:01:32ou
01:01:34quand ils disent
01:01:35qu'ils ont brûlé les gens
01:01:36ils ont mis les gens
01:01:37ils ont mis du feu
01:01:38ils ont un truc
01:01:39il faut qu'ils viennent nous décrire
01:01:40comment ils ont fait
01:01:42pour brûler ces gens
01:01:43vifs
01:01:45donc
01:01:46il fallait ce travail
01:01:48parce que c'est un travail de mémoire
01:01:50si on veut que ça ne se recommence pas
01:01:52en Mauritanie
01:01:53faudrait bien que l'on prépare les esprits
01:01:55à ce que ça ne se refasse plus jamais
01:01:58donc c'est seulement dans cet esprit
01:02:00et que demain ça serve des leçons
01:02:03parce que vous voyez
01:02:05c'est pourquoi nous disons
01:02:07toujours à nos autorités
01:02:08c'est bien nous les nationaux
01:02:10parce que tout simplement
01:02:11nous nous faisons un travail
01:02:12qui consiste
01:02:13à ne pas revenir
01:02:14sur des choses
01:02:15qui ont ensanglanté ce pays
01:02:18qui peuvent demain ou demain
01:02:20générer des haines
01:02:21des haines raciales
01:02:23et d'autres problèmes
01:02:24beaucoup plus complexes
01:02:25bon
01:02:26ça c'est un
01:02:27un peu
01:02:28un résumé de
01:02:29ce que je voulais dire
01:02:31donc une fois qu'on a fait ça
01:02:34on a eu bon nombre de trucs
01:02:37par mon initiative
01:02:39et l'initiative de
01:02:41d'un ami
01:02:43un lieutenant
01:02:44un promotionnel
01:02:45mais arabisans
01:02:47kanmansour
01:02:48nous avons demandé
01:02:49à quelques ans
01:02:49parce que ces témoignages-là
01:02:51me parvenaient de
01:02:52Nouakchott
01:02:52alors que c'est mes écritures
01:02:53d'ailleurs nous avons eu
01:02:54à chapoter
01:02:56un peu
01:02:56les sous-officiers
01:02:57et quelques soldats
01:02:58en leur demandant
01:03:01leur témoignage
01:03:02en leur demandant
01:03:03d'écrire leur témoignage
01:03:04parce que la mémoire
01:03:05elle peut fuir
01:03:07on peut oublier
01:03:08on peut même mourir
01:03:09mais pour l'histoire
01:03:10c'est important
01:03:11quelques ans ont accepté
01:03:13de temps en temps
01:03:14on a fait ces témoignages
01:03:16finalement
01:03:17on a été
01:03:19tout simplement
01:03:20écoutés
01:03:21par un collectif
01:03:22d'avocats
01:03:23vous avez dû comprendre
01:03:24d'ailleurs
01:03:25que ces avocats
01:03:26se sont agités
01:03:28les Maroufa Diabira
01:03:30les maîtres Ebethi
01:03:31si vous avez suivi
01:03:32le procès
01:03:33Eli Hulda
01:03:34vous en avez
01:03:34vous avez vu même
01:03:35un d'entre eux
01:03:36un brillant avocat
01:03:40un monsieur
01:03:41très juste
01:03:43maître Ebethi
01:03:45d'ailleurs
01:03:46vous avez eu
01:03:47à la voir
01:03:48lors de notre conférence
01:03:49à Massy
01:03:50donc
01:03:51qu'ils ont pris
01:03:52un certain nombre
01:03:53ces trucs en compte
01:03:54où nous avons été écoutés
01:03:56où nous avons dit
01:03:57ce qu'il fallait faire
01:03:58et
01:03:59en demandant
01:04:00tout simplement
01:04:01porter plainte
01:04:02c'est pourquoi
01:04:03quand on entend
01:04:04les autorités disent
01:04:05ah le problème
01:04:05se règle sur le plan national
01:04:07ceci cela
01:04:08etc
01:04:09ben s'il y avait
01:04:10une justice nationale
01:04:11on n'aurait pas saisi
01:04:12la justice internationale
01:04:13on n'aurait pas
01:04:14on n'aurait pas pu jouer
01:04:16sur la compétence universelle
01:04:17pour faire
01:04:19cette justice
01:04:20on aurait resté même
01:04:21dans notre pays
01:04:22sans jamais immigrer
01:04:24parce qu'on aime notre pays
01:04:25on aime son développement
01:04:27on aime son épanouissement
01:04:29mais on nous a pas laissé le temps
01:04:31de tout cela
01:04:32bon
01:04:33on nous a pas écoutés
01:04:35il est arrivé en seconde
01:04:37une seconde phase
01:04:38où les gens ont estimé
01:04:40qu'il fallait
01:04:41voir des médecins
01:04:42pour nous faire
01:04:43des certificats médicaux
01:04:44ah
01:04:45quelques médecins
01:04:46rebiffent
01:04:47parce qu'ils ont peur
01:04:48de la répression
01:04:49ils ont peur
01:04:50qu'on ne trie
01:04:51on a trouvé quand même
01:04:53quelques médecins
01:04:54courageux
01:04:56courageux
01:04:57qui parce que
01:04:58les plaies étaient béillantes
01:04:59quand vous regardez
01:05:00les dos
01:05:01quand vous regardez
01:05:01nos testicules
01:05:02où on écrasait les mégots
01:05:04ou quand on regarde
01:05:06nos fesses
01:05:07où on écrasait les mégots
01:05:08où on faisait des trucs
01:05:09où on serrait les menottes
01:05:13c'était visible
01:05:14quelques médecins
01:05:15courageux
01:05:15nous ont observés
01:05:17les plaies
01:05:18il n'y avait pas longtemps
01:05:19quelques-unes
01:05:21ne se sont même pas encore cicatrisées
01:05:22quelques médecins
01:05:24ont eu le courage
01:05:25en tout cas
01:05:27naturellement
01:05:27de nous faire ces
01:05:29ces certificats médicaux
01:05:30pour nous permettre
01:05:31en tout cas
01:05:32de prouver
01:05:34que ce que nous disions
01:05:35c'est pas des blabla
01:05:36que c'est des faits
01:05:37qui ont eu lieu
01:05:38en république islamique
01:05:39de Mauritanie
01:05:41etc
01:05:42et que c'est des officiers
01:05:44et des sous-officiers
01:05:45et des soldats
01:05:45qui ont fait ça
01:05:46à d'autres hommes
01:05:47à d'autres frères d'armes
01:05:49donc ça nous avons tenu
01:05:51quand même
01:05:52quelques-uns d'entre nous
01:05:53à faire ces
01:05:54ces certificats médicaux
01:05:56qu'on a joint d'ailleurs
01:05:58la plupart du temps
01:05:59à ces dossiers
01:06:01qui étaient gérés
01:06:02par le collectif des avocats
01:06:04qui ont fait des démarches
01:06:06dans ce sens
01:06:06mais en vain
01:06:08parce que
01:06:08tout simplement
01:06:09on juge que
01:06:11on ne peut pas porter plainte
01:06:12contre l'armée
01:06:14et que
01:06:14il y a une compétence
01:06:16dans ce sujet
01:06:16donc on était
01:06:19bon
01:06:21juste une question
01:06:22avant qu'on arrête
01:06:23parce que bientôt on va arrêter
01:06:26les gens arrêtés
01:06:27à ta connaissance
01:06:28il n'y avait que
01:06:29des
01:06:30ce que vous appelez
01:06:31des négros mauritaniens
01:06:32on se dit des peuls
01:06:33et des solingés
01:06:34il n'y avait que des peuls
01:06:35des solingés
01:06:35et des wolofs
01:06:36et des wolofs
01:06:37non non il n'y avait pas de haratin
01:06:38non non non non
01:06:40à ma connaissance
01:06:41sauf des haratins
01:06:44sauf des haratins
01:06:44polarisés
01:06:44tu sais
01:06:45il y a quelques haratins
01:06:47très proches
01:06:48de la communauté
01:06:49négro africaine
01:06:50qu'on juge
01:06:51qu'ils prennent
01:06:54effet et cause
01:06:55pour les négro africains
01:06:58peut-être qu'on a eu
01:06:59à arrêter
01:06:59mais je pense pas
01:07:00qu'ils soient en bon nombre
01:07:01il doit peut-être
01:07:02il doit se compter au bout
01:07:05sur les cinq doigts
01:07:07j'en ai entendu parler
01:07:10à la première région
01:07:12un ou deux
01:07:13mais ailleurs
01:07:15non
01:07:16il n'y en a pas
01:07:16sinon
01:07:18tous
01:07:18sont soniqués
01:07:19poulard
01:07:21et wolofs
01:07:23les trois communautés
01:07:24qui étaient visés
01:07:25comment
01:07:25les trois communautés
01:07:27oui c'est les trois communautés
01:07:29donc c'est pourquoi
01:07:29quand nous parlons
01:07:31souvent
01:07:31de purification ethnique
01:07:33ce n'est pas un mot
01:07:34grave
01:07:36c'est que c'est une réalité
01:07:38ça aurait été une situation
01:07:39nationale
01:07:40où il y a eu
01:07:41un embrasement de toutes
01:07:42les communautés
01:07:43et qu'on avait arrêté
01:07:44tout le monde
01:07:45peut-être que ça n'aurait
01:07:45pas eu
01:07:47l'ampleur
01:07:48l'écho
01:07:50qu'on en donne
01:07:51aujourd'hui
01:07:52mais si ça se succède
01:07:54pendant toute la période
01:07:55de taille à 86
01:07:57on a fait ça
01:07:5887
01:07:59on a fait ça
01:08:0089
01:08:00on a fait ça
01:08:0190
01:08:02on a fait ça
01:08:02tout cela de la période
01:08:04de taille avec une telle ampleur
01:08:06on ne peut pas ne pas
01:08:08dire ces mots
01:08:09on ne peut pas ne pas
01:08:11penser
01:08:12et dire que c'est un génocide
01:08:13nous appelons
01:08:14les nouvelles autorités
01:08:15à prendre rapidement
01:08:16toutes les mesures
01:08:17permettant l'éradication
01:08:18effective de l'esclavage
01:08:19par son abolition
01:08:20dans les faits
01:08:21oui
01:08:22oui
01:08:23l'examen
01:08:25sereine du passé humanitaire
01:08:26doit nous permettre
01:08:27de revoir les bases
01:08:28de la cohabitation
01:08:28de nos différentes composantes
01:08:29dans un débat national
01:08:31sans exclusif
01:08:31si les nouvelles autorités
01:08:34ne répondent pas à cet appel
01:08:36la déclaration
01:08:37restera en vos pieds
01:08:39et devant nos hésitations
01:08:40nous invitons l'opposition
01:08:41à rester vigilante
01:08:42et déterminée
01:08:43à poursuivre le combat
01:08:44contre l'injustice
01:08:45le racisme
01:08:46l'esclavage
01:08:47et le tribalisme
01:08:47qui n'ont pas encore disparu
01:08:49hélas à notre pays
01:08:53fait à Paris
01:08:54le 16 octobre 2005
01:08:56donc les organisations politiques
01:08:58et les associations
01:08:58de droits de l'homme
01:08:59aujourd'hui nous étions roulées
01:09:00donc c'est l'AJD
01:09:01l'AFMAF
01:09:01l'Alias Patriotique
01:09:02l'APP
01:09:03l'AVON
01:09:04Conscience Résistance
01:09:05CSDM
01:09:05DECALEM
01:09:06LHOR
01:09:06FLAM
01:09:06FMFD
01:09:07MCD
01:09:08OCVIDIA
01:09:08et le PLAGE
01:09:09merci
01:09:28merci
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