- il y a 20 heures
Le 28 janvier 2023 a eu lieu une rencontre dans la salle Miguel Angel, rue Patay, Paris 13ème. Co-organisée par l'association "Paris Sud" regroupant les délégués des différents foyers et résidences sociales du 12ème au 15ème arrondissements, et le Copaf, cette rencontre avait pour but d'attirer l'attention sur les mauvaises conditions de vie dans les logements foyer (foyers de travailleurs et résidences dites "sociales") et les droits très restreints dont disposent leurs habitants. Dans cette captation effectuée par Jacqueline Geering, nous entendons Samba DIAKO, vice-président de Paris Sud, Michael Hoare, président du Copaf, Rodrigo Arenas, député, Vincent Boulet, adjoint au maire et Idrissa Sylla, ex délégué du foyer Péan, aka Danièle Mitterrand, aka Massena.
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00:16Votre attention, s'il vous plaît.
00:31Votre attention, s'il vous plaît.
00:48Sous-titrage Société Radio-Canada
01:18Mille fois, merci beaucoup.
02:00Sous-titrage Société Radio-Canada
02:18Mille fois, c'est la mise en place par le gouvernement Juppé en 1997 d'un plan de traitement pour
02:27des foyers de travail émigrés.
02:29Alors ce plan de traitement impose une transformation des anciens foyers de travail émigrés dans ce qui est appelé les
02:39résidences sociales.
02:40Les résidences sociales, ça fait partie des logements foyers et des logements accompagnés.
02:47Ce n'est pas le logement de droit commun.
02:49Et les droits des gens qui habitent les résidences sociales ne sont pas les droits liés au logement de droit
02:57commun.
03:00Alors, pendant la période des foyers de travailleurs émigrés, les travailleurs émigrés, qu'ils soient maghrébins ou qu'ils soient
03:07originaires de l'Afrique de l'Ouest,
03:11arrivaient plus ou moins à se débrouiller, à faire une vie, construire une vie, construire un mode d'être qui
03:20leur permettait de vivre,
03:24on peut dire, en équilibre mental, en équilibre culturel, en équilibre familial, en équilibre financier aussi,
03:33puisque les logements étaient peu chers, les gens dégageaient un maximum de leur salaire pour envoyer en Afrique de l
03:46'Ouest et soutenir la famille.
03:48Et parce que les foyers, avec leurs salles collectives, avec leurs restaurants sociaux, soutenaient un mode de vie collectif et
03:55solidaire
03:56qui était le mode de vie des travailleurs au moment où ils sont arrivés.
04:01Avec la résidence sociale, nous avons un autre projet, on veut dire, architectural, mais aussi un autre projet politique qui
04:11s'impose.
04:13Et ce projet architectural et politique impose le fait, d'une part, que tout le monde vit dans un studio
04:21autonome,
04:22il n'y a plus de chambre d'ortoir, il y a des gens qui peuvent le gratter, il y
04:25a d'autres gens qui peuvent le saluer comme une avancée.
04:29Les espaces collectifs sont réduits en nombre et en taille.
04:39Et le rôle des comités de résidents, le rôle des délégués élus par les résidents, devient de plus en plus
04:48restreint.
04:50Je rappelle, on se rappelle, je pense un peu tous, qu'à l'époque, les foyers de travail émigrés, si
04:56vous vouliez organiser une réunion,
04:58si vous vouliez organiser une rencontre, si vous vouliez organiser une condoléance, ce n'était pas très compliqué.
05:05On discutait avec un délégué, on discutait avec le comité de résidents, on réservait la salle, on avait la salle
05:11et on pouvait organiser sa fête.
05:13Dans les résidents sociales, de plus en plus, c'est les gestionnaires qui prennent le pouvoir des salles,
05:21gestionnaires qui imposent le retour des clés après leur prêt aux résidents demandeurs.
05:28Et le comité de résidents, peu à peu, est vidé de son substance, vidé de son pouvoir, devient de moins
05:36en moins actif et de moins en moins intéressant.
05:38Et on a de plus en plus d'établissements où, au moment où on appelle à des élections, il n
05:44'y a pas de candidature,
05:46le gestionnaire déclare carence.
05:48Et du coup, il est tranquille pendant trois ans, avec personne face à lui, pour faire écho des donnances,
05:54pour faire écho des griefs, pour faire écho des problèmes que souffrent les résidents dans les foyers.
06:03Alors, la mobilisation pour contester cet effet est un peu handicapée par deux choses.
06:13Les travailleurs immigrés venus dans les années 60, 70, même début 80, aujourd'hui, vieillissent, pensent à la retraite,
06:25envoient de l'argent pour faire finir la construction de leur maison ou soutenir la famille.
06:31Et l'avenir du logement, l'avenir de leur existence en France, deviennent plus abstraits.
06:38Les jeunes qui arrivent, parce qu'il y a des jeunes qui arrivent et qui hébergent chez leurs parents
06:45et dans les chambres de résidence sociale, eux, sont surtout soucieux de leur régularisation,
06:52du fait d'avoir une carte de séjour, de pouvoir accéder au marché du travail.
06:58Et là aussi, la question du logement est une question qui passe en second plan.
07:02Le résultat, c'est que la mobilisation politique, la mobilisation offensive des résidents dans les situations actuelles est faible.
07:15Et un des problèmes de cette faiblesse, c'est que les résidents des foyers de travail immigrés deviennent invisibles.
07:27Invisibles dans les rapports de la SILPI, la SILPI, c'est la commission interministérielle pour le logement des personnes immigrées.
07:34La SILPI, c'est l'organisme monté par l'État, par le gouvernement, pour superviser l'investissement de l'État
07:42dans la réhabilitation des foyers.
07:44La SILPI, quand elle parle de la construction des résidences sociales, parle systématiquement du nombre de lits créés,
07:54du nombre de studios ouverts, du nombre de places qui existent.
07:58Elle ne parle jamais des travailleurs immigrés qui ont été déplacés, des travailleurs immigrés qui sont forcément relogés dans les
08:09résidences,
08:09mais relogés dans des conditions qui font qu'à terme, avec le temps, leur expulsion est quasiment assurée.
08:19C'est pour ça que nous avons proposé de faire cette réunion publique cet après-midi.
08:26L'association, la coordination Paris-Sud était d'accord sur l'idée que ce serait bien de faire quelque chose
08:33au niveau du 13e, 14e, 15e,
08:36au niveau du sud de Paris, et aussi 12e, parce qu'il ne faut pas oublier, et c'est un
08:40des points que je tiens à ne pas oublier,
08:44il ne faut pas oublier qu'il y a quand même 46 résidents du foyer quai de la gare Bélièvre,
08:49qui sont toujours logés aux 21 routes des fortifications, le logement passerelle construit par la ville de Paris,
08:56à côté de l'entrée de la porte dorée de la foire du trône, et que ce bâtiment doit être
09:02démoli en décembre 2024.
09:06Démoli, sans qu'il n'y ait aucun engagement, aucune promesse, aucun papier écrit sur le devenir de ces 46
09:14personnes
09:15qui restent à reloger du foyer Bélièvre.
09:18Donc, ce qu'on a proposé cet après-midi, c'est de donner la parole tour à tour
09:24à des délégués des foyers qui sont présents.
09:28Il y a un certain nombre de foyers qui sont présents.
09:31On peut même dire une dizaine de foyers qui sont présents.
09:34Que chacun explique un peu la situation de son foyer.
09:39Pendant 4-5 minutes, on va essayer de limiter le temps de prise de parole.
09:44Et ensuite, on ouvre une discussion sur que faire aujourd'hui.
09:48Comment avancer ?
09:50Comment faire en sorte à ce que la situation change, devienne plus humaine dans ces résidences dites sociales ?
09:57Et comment assurer l'avenir pour les travailleurs migrés qui vont continuer à faire partie de la population en France,
10:05qui vont continuer à participer à l'économie en France pendant encore des décennies ?
10:12Voilà. Donc, bienvenue à tout le monde.
10:14Bienvenue aux résidents des foyers, aux délégués des foyers.
10:17Bienvenue aux élus.
10:19Je vois quand même que nous avons M. Arinas, député du 14e, qui est là avec son assistant.
10:29On le remercie beaucoup.
10:30Nous avons aussi M. Boulet, qui est adjoint au maire du 13e, chargé,
10:35et qui s'occupe, entre autres, des fonctions, qui s'occupent des foyers de son arrondissement.
10:42Et nous avons des représentants d'associations comme la Ligue des droits de l'homme
10:47et peut-être encore d'autres que ce n'est pas devant moi.
10:50Donc, alors, comment organiser la prise de parole ?
10:55J'hésite un peu parce que si, messieurs les députés, vous êtes très chargés au niveau de votre calendrier,
11:02et de votre horaire, on peut vous passer la parole tout de suite.
11:05Si vous souhaitez participer plus ou moins après la discussion des délégués.
11:15Vous voulez prendre la parole ?
11:17Oui.
11:35D'abord, merci pour votre invitation, de m'avoir invité à être présent.
11:41On peut dire évidemment que les conditions d'accueil des travailleurs immigrés en France
11:47sont très importantes pour moi parce qu'on vient en politique avec ce qu'on est.
11:51Je ne suis pas né en France et qu'à travers vous, c'est aussi l'histoire de mes parents
11:54que je vois puisque quand mes parents et mon père, notamment, est arrivé en France,
11:59il était en foyer dans un premier temps.
12:03Ma tante aussi a été en foyer.
12:07Mais on ne doit pas, je pense, quand on arrive en politique après,
12:11oublier de là d'où nous venons et de ne pas faire en sorte que ce que nous sommes devenus,
12:16grâce aussi à tout le travail qui a été le nôtre, tourner le dos à ses origines.
12:22Donc moi, je ne vais pas être long parce que je suis venu d'abord écouter,
12:26même si j'ai une expérience en tant qu'enfant,
12:28de ce qu'aujourd'hui je vois en face de moi,
12:31je renoue avec mon histoire d'une certaine façon en étant là ici
12:34et vous dire tout simplement que vos luttes, vos engagements,
12:39la dignité sur laquelle nous essayons de travailler,
12:42vous me retrouverez toujours à vos côtés pour cela.
12:45Donc je ne vais pas faire comme les politiques qui viennent expliquer la vie,
12:48je ne vais pas faire comme les politiques qui viennent expliquer ce qu'il faut faire.
12:50Moi, juste vous dire que je suis à vos côtés,
12:52je vous soutiendrai dans vos démarches pour faire en sorte
12:55qu'aucun foyer en France, qu'il soit à Paris ou ailleurs,
12:58ne porte atteinte à la dignité des gens
12:59et surtout qu'on n'oublie pas qu'on est en train de parler d'êtres humains
13:02et pas seulement de travailleurs.
13:04C'est vrai que quand on vient en France pour travailler,
13:06on bosse quoi, on contribue à la richesse nationale,
13:10à construire ce pays,
13:10mais tout le monde vient aussi avec son histoire, avec son aventure
13:14et qu'on ne fait pas venir de la matière première.
13:16On ne fait pas venir des personnes qui après ont juste vocation à repartir.
13:20On fait venir des personnes et parfois elles viennent volontairement
13:23avec ce qu'elles sont, avec leurs histoires, avec leurs familles,
13:25avec leurs cultures, leurs traditions
13:26et ça on a tendance à l'oublier en France.
13:29Quand on parle dans les foyers, on a face à nous des êtres humains,
13:34on n'a pas des personnes qui viennent juste pour bosser
13:36et que c'est riche pour notre pays d'avoir cela.
13:39Et comme je vous le disais, parfois des enfants,
13:42de celles et ceux qui viennent pour travailler,
13:44qu'on considère et qu'on appelle les travailleurs immigrés,
13:46des fois ça fait des députés.
13:47Et donc le député que je suis, qui a cette histoire-là aussi dans ses bagages,
13:52sera à vos côtés, quelle que soit la lutte que vous menerez,
13:56évidemment pour faire en sorte qu'on vive entre êtres humains simplement.
14:00Voilà, donc merci de votre invitation et je ne vais pas être plus long
14:02parce que je pense qu'il y a beaucoup de choses à dire.
14:04Merci à vous.
14:32Oui, bonjour à toutes, à tous.
14:34Tout ça, merci pour l'invitation.
14:38Je suis très heureux de pouvoir vous rencontrer et continuer à dialoguer aussi
14:42avec les représentants élus des foyers, des comités de résidents.
14:48On a énormément de sujets à discuter,
14:52de l'application du plan de traitement du foyer des travailleurs migrants
14:56qui a quand même contribué à améliorer la vie en principe dans les foyers,
15:01mais on voit dans les nouveaux foyers aussi toutes les questions qui se posent,
15:05de nouveaux bâtiments, de choses qui restent à faire et qui sont importantes
15:09et sur lesquelles il faut continuer à dialoguer et à essayer d'avancer avec les gestionnaires très rapidement.
15:19Je pense qu'il est très important et c'est ce qu'on a fait à la mairie du 13e
15:24avec le soutien du cabinet de Yann Brossat qui suit ces questions
15:27de faire en sorte que l'ensemble des foyers du 13e soit doté d'un comité de résidents.
15:33On a fait en sorte d'organiser plusieurs élections lors de la période qui vient de s'écouler.
15:39C'est quelque chose qui est très important, effectivement, le rôle des comités de résidents
15:43pour pouvoir avancer sur l'ensemble des questions qui s'opposent aux résidents dans les foyers
15:50parce que comme l'a dit Rodrigo Arenas,
15:53ce sont, vous êtes d'abord des gens qui, pas seulement des travailleurs,
15:58mais des résidents du 13e de Paris en France
16:03qui ont des droits, j'allais dire, au même titre que l'ensemble des citoyens français.
16:09Donc, c'est très important pour nous d'avancer avec vous dans cette direction-là.
16:13Donc, merci beaucoup. Je ne serai pas plus long.
16:15Je suis surtout venu ici pour vous écouter, tous représentants des différents foyers.
16:20Merci beaucoup.
16:23Bien. Alors, on va écouter les représentants des foyers.
16:28On va commencer avec...
16:31Michael, je suis vraiment de passer la parole au premier de la résidente.
16:44C'est juste pour vous dire que les personnes âgées qui sont plus nombreux par rapport aux jeunes.
16:50Moi, ça me déçoit par rapport aux jeunes qui ne sont pas venus,
16:53qui sont au chaud et qui sont en train de boire leur thé
16:55et que les parents, les vieux personnes, ont l'âme.
17:00Merci.
17:03Ben, ce n'est pas grave.
17:04Les vieux, ils ont encore un peu d'énergie, etc.
17:07Merci.
17:07Merci.
17:09Merci.
17:09Merci.
17:09Merci.
17:09Merci.
17:10Merci.
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