00:00Il est l'heure du très attendu top 10 de l'année 2025.
00:05Qui va succéder à la zone d'intérêt de Jonathan Glaser ?
00:08Quels sont les films qui ont fait battre le cœur des critiques du cercle ?
00:11C'est maintenant !
00:13Nouvelle vague, le vrai faux tournage d'A bout de souffle de Godard
00:16réenchanté par le plus français des réalisateurs américains, Richard Linklater.
00:22Monteur Raoul, monteur !
00:26Arco, du goût bienvenu de l'animation Made in France, Crystal Dancy,
00:31coproduit par Nathalie Portman, un garçon de l'an 2932,
00:35tombe en 2075 pour nous dire que ça va aller.
00:39Comment tu t'appelles ?
00:41Moi c'est Iris.
00:44Arco, mais tu viens d'où ?
00:46Chut !
00:50The Brutalist, l'envers du rêve américain vu par le jeune Brady Corbett,
00:54une fresque monumentale oscarisée avec Adrienne Brody en architecte visionnaire brutalisé.
01:03Vers milieu de Maora del Perro, lion d'argent à Venise,
01:10une fresque alpine sur trois sœurs en 1944,
01:14plébiscité par Jane Campion.
01:15La petite dernière d'Avzia Erzy, l'émancipation tiraillée entre foi et désir d'une jeune musulmane de banlieue,
01:25d'après le roman de Fatima Das.
01:27Prix d'interprétation à Cannes, Queer Palme et prix Louis Deluc.
01:33Alors on va faire une petite pause à mi-parcours pour savoir ce que vous en avez pensé.
01:38Je vous ai vu très content, Frédéric, avec Vermilio.
01:42Oui, parce que je crois que c'est un des trois films que j'ai le plus aimé cette année.
01:46Elle m'a beaucoup fait penser, racontant cette histoire d'un village pendant la guerre,
01:50perdu dans les montagnes italiennes,
01:53à travers ces personnages qui parlent très très peu, qui nourrissent leur ressentiment.
01:56J'ai beaucoup pensé à une version en féminin de Noury Bilgellan.
01:59Je pense beaucoup quand je vois le film.
02:01C'est porté par le chef opérateur de Zviagin Siev.
02:03La photo est extraordinaire et elle permet de faire palpiter des cœurs
02:08qui se taisent dans le silence de cette montagne.
02:11Simon, qu'est-ce qui t'a mis en joie ?
02:13Ce qui me met en joie, moi j'entends parfois dire que cette année
02:16n'était pas une des plus grandes années de l'histoire du cinéma français.
02:19C'est peut-être pas la plus grande, mais une année où on a un aussi beau grand écart
02:22qu'entre Arco et la petite dernière,
02:24qui nous raconte quand même la variété de ce qui se fabrique dans l'Hexagone,
02:27de ce qui se pense, de ce qui s'imagine,
02:29comment des cultures et des styles très différents communiquent, s'interpénètrent et se nourrissent.
02:33Vous voyez, ça me fait très plaisir de les voir tous les deux dans ce top.
02:36Lucille ?
02:37Moi aussi, ça me fait plaisir de les voir dans ce top.
02:39On a aussi un film qui nous vient des Etats-Unis,
02:42mais sur le cinéma français et qui regarde le cinéma français,
02:45notamment La Nouvelle Vague, c'est le film de Linklater,
02:47avec beaucoup d'affection, quelque chose justement.
02:50On parlait de fétichisme et de mystique qui est complètement anti-mystique sur le cinéma.
02:54On regarde le cinéma tel qu'on le fabrique,
02:56dans une manière très simple de voir les choses.
02:58Et ça, c'est assez réjouissant.
03:00Et toi, Philippe, je sais ce qui t'a fait plaisir dans ces cinq films.
03:03Mais on peut faire le lien avec La Nouvelle Vague, brutaliste.
03:06Et l'architecture et le cinéma, c'est pareil.
03:08Et Brady Corbett, on peut dire qu'il a pris les leçons de Linklater,
03:12qu'il nous donnait envie de prendre une caméra pour faire un film.
03:16Et c'est ça qu'il fait.
03:16Tout d'un coup, il va rechercher la VistaVision,
03:19qui est devenue à la mode cette année.
03:20On a vu plusieurs films à la VistaVision.
03:21– La VistaVision est très à la mode cette année.
03:23– Voilà. Et pour redonner de l'ampleur à un cinéma américain
03:26où on avait l'impression que dès l'instant que c'était un peu un film à sujet,
03:29ça basculait sur les plateformes.
03:31Et c'est à la fois du spectacle et un sujet,
03:33avec cette statue de la liberté à l'envers,
03:37qui nous montre que le rêve américain va être à l'envers au début.
03:39Et alors qu'on croit que, effectivement, cet émigré hongrois qui revient des camps
03:44va pouvoir… Mais non, mais non, le rêve va s'écraser.
03:49– Il faut que tu gardes un peu de sa ligne, parce qu'il en reste 5 de films en top.
03:51– Et ça, c'est assez extraordinaire.
03:52Non, mais je suis très heureux d'avoir ce brutalisme.
03:55J'aurais peut-être mis un peu plus haut, mais très heureux qu'il soit dans le top.
03:57– Et maintenant, les 5 films préférés du cercle.
04:00– Je suis toujours là, le grand retour de Walter Salès
04:05avec un film qui mêle chronique familiale et fresque historique
04:08sur la dictature militaire brésilienne.
04:10Golden Globe pour l'actrice Fernanda Torres
04:12et Oscar du meilleur film en langue étrangère.
04:15– Oh là là là !
04:17– Sentimental Value, le réalisateur de Julie, en 12 chapitres,
04:26retrouve Renate Renzwey, cette fois plongée dans les tourments d'une relation père-fille,
04:31un mélodrame familial cruel dans le monde du spectacle,
04:34grand prix du dernier festival de Cannes.
04:36– Il faudrait avoir eu le meilleur moment demain.
04:38– Le meilleur moment demain ?
04:40– Hum.
04:41– Si vous allez voir le moment là.
04:44– Ha ha ha !
04:45– Sirat d'Oliver Latchez, l'odyssée mystique jusqu'au bout de l'enfer,
04:51portée par une techno enragée,
04:53pris du jury à Cannes, le film phénomène de la rentrée.
04:56– Vous allez faire cette fiesta ?
04:58– Oui, peut-être, je ne sais pas, je ne sais pas.
05:01– C'est le meilleur moment.
05:03– En deuxième place, l'agence secret de Kleber Mendoza Filho,
05:10derrière ses airs de thriller 70s,
05:13vrai grand film sur la mémoire de la dictature brésilienne
05:15et sur l'amour du cinéma.
05:17Prix de la mise en scène et prix d'interprétation masculine
05:19pour Wagner Moura à Cannes.
05:21– Est-ce que vous êtes policial ?
05:23– Je ne suis pas policial.
05:24– Et notre grand gagnant,
05:31une bataille après l'autre de Paul Thomas Anderson
05:34avec Leonardo DiCaprio et Benicio Del Toro,
05:37la comédie politique de l'année,
05:39un blockbuster d'auteurs trépidants
05:41et la meilleure riposte face à une époque bête,
05:44dangereuse et polarisée,
05:45grand favori des Golden Globes et des Oscars.
05:48– Alors, qu'est-ce qu'on en dit ?
05:53– On est contents.
05:55– Vos réactions ?
05:55– Je suis très contents.
05:56– C'est de très grands films,
05:57alors pour le coup, qui font la défense de la salle,
05:59parce que c'est des expériences, je trouve,
06:01ces cinq films qui méritent d'être collectives
06:04et dans une salle.
06:05Frédéric, qu'est-ce qui vous met en joie là-dedans ?
06:07– Je suis content du numéro un, là, surtout.
06:10C'est un film, je suis allé le voir.
06:11– On l'a dit en sortant.
06:12– Je suis allé le revoir tout de suite.
06:13Je suis encore allé le revoir avec des copains.
06:16Non mais il y a un plaisir.
06:18Non mais on vient tous un peu du cinéma américain.
06:20On vient de ce cinéma américain des années 70.
06:22Il y a quelque chose qui nous porte,
06:23qui porte dans nos cinéphilies,
06:24qui porte dans le fait qu'on fasse ce boulot,
06:26qu'on en parle ensemble.
06:27Et moi, j'ai retrouvé ça.
06:28J'ai retrouvé ces sensations-là.
06:30C'est-à-dire une virtuosité permanente.
06:32Un personnage inoubliable,
06:33le personnage de Sean Penn dans 30 ans,
06:35ce sera un de mes méchants préférés
06:36de l'histoire du cinéma.
06:37Évidemment, le contexte politique qui est là,
06:40une invention permanente,
06:41une course-poursuite sur les toits
06:42à coups de taser, avec des skates.
06:44Mais je n'oublierai pas,
06:46on me dit le nouvel Hollywood,
06:47c'est parti depuis des années.
06:48– Mais non, arrête !
06:49– Mais oui, mais d'accord.
06:50– Tout revient.
06:51– On dirait une vieille conversation,
06:52c'est au PMU comme ça.
06:53– Quoi ?
06:53– Oui, mais non,
06:54le nouvel Hollywood, c'est pas mort.
06:56– Non, mais ce top est merveilleux.
06:58Enfin, je veux dire, un film comme Syrah…
06:59– Oui, mais de grands films
07:00sur la mélancolie des luttes,
07:02de grands films cinéphiles.
07:04– C'est incroyable,
07:05puisque c'est des films qui nous prennent aux tripes.
07:07C'est des films qu'il faut…
07:08Tu as raison de dire que c'est en salle,
07:09c'est pas à voir sur des téléphones
07:11ou des tablettes.
07:12C'est des films où il faut être dans l'immersion.
07:14Vous vous souvenez de cette ouverture
07:16de Syrah dans le désert
07:18avec ce mur d'enceinte ?
07:21Ben voilà, c'est ça.
07:22Et tout d'un coup,
07:23c'est des projections qu'on vit
07:24et où on est secoué par des émotions.
07:28– C'est que des films sur la disparition.
07:31– Et dans le collectif,
07:32c'est-à-dire qu'on vit ces disparitions
07:33au milieu d'autres.
07:34– Oui, mais c'est des films ludiques.
07:36Enfin, moi, je vois les deux premiers.
07:37Et en fait, en regardant les images,
07:39je trouve qu'on peut faire des rapports
07:41entre l'agent secret dont on parlait tout à l'heure
07:43et le film de Paul Thomas Anderson.
07:45Parce que dans les deux cas,
07:46il y a la promesse d'un genre
07:47et qui est en fait tellement gonflé d'amour
07:50pour le cinéma
07:50que c'est bouffé de l'extérieur
07:51par plein d'autres genres,
07:52par plein d'idées,
07:53par plein de personnages secondaires.
07:55En fait, moi, ce qui me frappe,
07:56c'est que ce sont des films très généreux,
07:57très ludiques et très généreux.
07:58– Et c'est des films, en fait,
07:59qui sont nourris par l'histoire du cinéma
08:01parce qu'on en a même parlé aujourd'hui.
08:02– Mais c'est pas assez soif, ça va quand même.
08:04– Oui, mais qui ont pas ce que le réel
08:06par le réel.
08:06– Et ceux qui connaissent pas
08:09l'histoire du cinéma
08:10peuvent jouir à ces films quand même.
08:11C'est ça qui est important.
08:12– On se calme, Philippe.
08:13– Mais tu as raison,
08:14ils sont pas muséaux,
08:15ce ne sont pas des tracts
08:16et ce ne sont pas non plus
08:17des films d'un optimisme B.A.
08:19C'est trois films,
08:19ces trois premiers qui ont l'air,
08:21qui ont un peu chevillé au plan,
08:22chevillé à la scène,
08:23cette idée qu'il va quand même
08:25y avoir un échec,
08:25il y a un moment où ça va bien,
08:26bien se casser la gueule,
08:27mais qu'il va falloir en passer par là
08:29et qu'il va y avoir quelque chose après
08:30et qu'on va se relever.
08:31Et réussir à mettre ça en film
08:32sans être dans un truc béni,
08:34oui, oui, préchi, précha,
08:35c'est quelque chose que je trouve
08:36incroyablement stimulant
08:38à découvrir, vraiment.
08:39– Alors…
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