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00:0023 nouvelles alertes à la bombe ce matin dans toute l'Europe, dont 4 sur des avions qui survolaient le
00:05territoire.
00:06Les locaux de plusieurs médias irlandais ont été évacués ce matin, là encore à cause de fausses alertes.
00:12Il y a bien sûr une enquête en cours pour déterminer l'origine de ces alertes qui touchent toute l
00:15'Europe.
00:16On va en parler avec nos invités. On est avec Ulysse Gosset. Ravi de vous retrouver Ulysse.
00:21Bonsoir Julie.
00:22Avec Raphaël Grabli, grand reporter numérique à BFM TV.
00:26Avec Gérald Feldzer, consultant aéronautique. Bonsoir à vous.
00:29Et Sergei Jernoff, ancien officier du renseignement du KGB, puisqu'on se posera la question.
00:33Est-ce que la Russie est derrière ? Oui ou non ?
00:36Mais d'abord, on va faire le point avec vous, Marguerite Dumont.
00:38Bonsoir Marguerite. Plus de 40 vols ciblés depuis le début de la semaine.
00:43Aujourd'hui, tout d'abord, 23 alertes à la bombe ont été signalées en Europe.
00:49Voici ce que l'on sait très précisément.
00:514 ont été émises sur des avions qui ont survolé le territoire français.
00:5611 sur des vols au départ ou à destination de Prague en Tchéquie et de Sofia en Bulgarie.
01:02Au Portugal, un vol Ryanair qui devait relier Lisbonne à Rome a lui ôter si était la cible d'une
01:09menace à la bombe.
01:11Et ce n'est que le bilan de ce vendredi.
01:13Au moins, 27 vols ont été visés par des menaces similaires hier.
01:18Un Airbus Derlingus, c'est une compagnie irlandaise.
01:22Celui que vous voyez ici, reliant Dublin à Rome, a même dû être dérouté en urgence vers la base militaire
01:28d'Evreux en Normandie.
01:29Et à chaque fois, le protocole est lourd.
01:31Dans certains cas, des avions de chasse décollent pour escorter les vols civils.
01:36Au sol, les passagers sont évacués.
01:38Et les démineurs, évidemment, inspectent les appareils.
01:41Et heureusement, aucun explosif, dans tous ces cas, n'a été découvert.
01:44Alors, qui se cache derrière ces attaques ?
01:46Pour l'instant, pas d'informations précises.
01:49Pour les autorités européennes, il est impossible d'affirmer avec certitude que toutes ces alertes sont liées.
01:57Certaines, toutefois, ont été revendiquées dans des messages adressés aux aéroports de Rome en Italie et de Sofia en Bulgarie.
02:04Des messages signés par les combattants de l'état masculin.
02:08Un nom faisant référence à un groupuscule ultra-nationaliste russe, qui est d'ailleurs interdit en Russie.
02:14Mais les auteurs de ces messages n'ont à ce stade pas été identifiés.
02:18Merci beaucoup, Marguerite.
02:19Et j'ajoute, selon une information d'Ulysse Gosset, on en parlait à l'instant,
02:23que ce groupe de combattants de l'état masculin, son fondateur, a démenti avoir mené ces alertes à la bombe.
02:32Bon, on va y revenir. Mais d'abord, un élément, ce qui frappe, c'est le nombre, Ulysse,
02:38une quarantaine d'alertes à la bombe depuis le début de la semaine,
02:40et qui touche non seulement les avions, mais aussi les médias.
02:43Oui, on peut parler d'une véritable épidémie de menaces d'alertes à la bombe visant les compagnies aériennes européennes.
02:51On est maintenant à près d'une cinquantaine d'alertes à la bombe,
02:54qui sont envoyées par des messages, par des mails, aux aéroports, aux compagnies.
02:59C'est sans précédent. Depuis lundi, on assiste à cette multiplication
03:04qui, évidemment, désorganise le trafic aérien, même si à chaque fois,
03:08il s'est avéré que c'était de fausses menaces,
03:11et qu'il n'y avait pas véritablement ni d'explosifs, ni de dangers réels.
03:15Ce que l'on peut dire, donc, c'est que toute l'Europe est touchée,
03:17que ce sont d'abord des compagnies low-cost qui sont visées,
03:21et pas les grandes compagnies aériennes, en tout cas, pas pour l'instant,
03:23à l'exception de la Lotte, la compagnie polonaise.
03:25Ce que l'on peut dire aussi, c'est qu'il y a une réaction extrêmement rapide
03:29et, je dirais, efficace de la part des différentes armées de l'air européennes,
03:33à commencer par l'armée italienne,
03:35mais pour nous, évidemment, l'armée de l'air et de l'espace français,
03:39la police du ciel, qui intervient très rapidement lorsque c'est nécessaire.
03:43Par exemple, hier, l'avion d'Aerlingus, un Airbus A320,
03:47qui reçoit donc une menace, une fausse alerte,
03:49mais à l'époque, on ne sait pas ce que c'est exactement,
03:52eh bien, immédiatement, on contacte le pilote
03:54et on lui demande de se poser sur la base militaire d'Evreux.
03:56Il refuse, et dans ce cas-là, que fait la police du ciel,
04:00qui dépend de l'armée de l'air et de l'espace ?
04:02Eh bien, elle envoie un mirage et surtout un rafale
04:05qui vont aller voir l'appareil en question
04:08et dire au pilote, lui faire comprendre que s'il n'obéit pas aux consignes,
04:12eh bien, ça pourrait mal se passer.
04:13Donc, finalement, le pilote s'est bien posé sur la base d'Evreux,
04:17où les 151 passagers n'ont eu aucun dommage à subir,
04:21mais néanmoins, des retards.
04:23L'avion a été entièrement inspecté
04:25et, visiblement, il n'y avait pas véritablement de bombe.
04:28Donc, ça perturbe, si vous voulez, le trafic aérien.
04:32Et ça sable la panique.
04:33Une alerte à la bombe, ça fait peur, quand même.
04:35Alors, pas la panique, parce que, d'abord,
04:37les choses se font plutôt dans l'ordre et dans le calme.
04:40C'est-à-dire, les appareils, en général, se posent,
04:41ils sont détournés, mais ils se posent sur l'aéroport le plus proche.
04:44Et jusqu'à présent, ça s'est bien passé,
04:46mais il pourrait y avoir, effectivement, des incidents.
04:49Ce qui est important, si vous voulez, c'est la question...
04:52Déroutés, pas détournés.
04:53Déroutés. Ils sont déroutés vers l'aéroport le plus proche.
04:56Ce qui est important, c'est que...
04:58La question, c'est qui a intérêt à lancer toutes ces alertes à la bombe ?
05:03Alors, ça, on va en parler.
05:04Pourquoi ? Et pour l'instant, on ne le sait pas.
05:06En France, c'est Matignon qui gère cette crise,
05:09en l'isant, évidemment, avec l'armée de l'air et de l'espace.
05:14Matignon qui a lancé une enquête, décidé d'ouvrir une enquête
05:16pour essayer de remonter à l'origine de ces alertes.
05:19Mais pour l'instant, personne ne peut attribuer à qui que ce soit d'où elles viennent.
05:23Ah oui, c'était ma question.
05:24Il n'y a pas une enquête commune à toute l'Europe ?
05:27C'est, en l'occurrence, Matignon qui essaye de mener l'enquête ?
05:31Chaque pays intervient dans un premier temps.
05:33On a vu que l'armée de l'air italienne était intervenue
05:35pour escorter des avions, l'armée de l'air française.
05:38Il y a une enquête ouverte à Paris.
05:39Il y a évidemment une coordination qui n'est pas publique
05:43entre les différents services de renseignement
05:45pour voir, évidemment, si on a des informations ou pas.
05:47Mais à ce stade, il y a un seul pays
05:49qui a dénoncé ce qu'il appelle une campagne coordonnée
05:52destinée à susciter des perturbations dans le trafic aérien.
05:57C'est l'Irlande, l'Irlande qui a été, effectivement, visée.
06:00J'ajoute une dernière chose, c'est qu'on parle beaucoup
06:02des alertes à la bombe menaçant des avions.
06:05Mais il y a aussi, maintenant, des médias,
06:07notamment en Irlande, mais aussi en Grande-Bretagne,
06:09la chaîne Sky News, et aussi en France,
06:12où, selon l'AFP, TF1 a également reçu une alerte à la bombe.
06:15Donc, est-ce qu'il y a une coordination ?
06:17Et est-ce que c'est le même opérateur
06:19qui a lancé toutes ces alertes ?
06:21C'est vraiment l'une des questions aujourd'hui.
06:22Gérald Ferzer, vous êtes aussi ancien pilote de ligne.
06:24Ça vous est déjà arrivé ?
06:25Oui, pratiquement à tous les pilotes.
06:28En fait, ce n'est pas nouveau.
06:29Des annonces par les individus, individuels,
06:33ce qui change tout, d'ailleurs,
06:34c'est l'avion, le mettre en retard,
06:37avoir une chance d'attraper l'avion qu'on a loupé.
06:40Un autre, un retour de Santiago que j'avais fait,
06:44c'était un personnel, un bagagiste
06:46qui s'est fait renvoyer dans l'escale.
06:48Il voulait se venger, tout simplement.
06:49La seule différence, c'est qu'aujourd'hui,
06:51c'est la multiplication et la coordination
06:54de ces messages qui sont reçus.
06:56Alors, les organismes internationaux
06:59sont saisis de l'affaire.
07:00Il y a l'EASA, l'Agence de sécurité aérienne européenne.
07:04Il y a l'OTAN.
07:06Il y a l'IATA.
07:08Moi, j'aimerais savoir, comment ça se passe ?
07:11Alors, vous qui l'avez vécu,
07:13qui vous prévient ?
07:14Attention, il y a possiblement une bombe sur votre avion.
07:17Alors, je vous donne deux exemples.
07:19Un qui me suis...
07:20Ça m'est arrivé en allant sur un Tel Aviv.
07:23Le contrôle aérien grec me dit
07:25il faut contacter votre compagnie,
07:26ce que j'ai fait.
07:28La compagnie me dit
07:29t'as une bombe à bord, c'est pas terrible.
07:31Et elle explose quand ?
07:33Il me donne suffisamment de précision
07:35pour dire on vous alerte
07:36parce que là, ça paraît sérieux
07:38alors que d'habitude,
07:39il y a des dizaines de menaces
07:41qui n'ont jamais lieu.
07:43On informe les passagers
07:44ou non ?
07:45On évite de dire pas que ce soit ?
07:47Non, alors, on prend les décisions
07:48comme un accord.
07:49On n'est pas des mermoses non plus.
07:50Donc, on discute avec le copilote.
07:54Est-ce que c'est la meilleure solution ?
07:56La bombe devait exploser à 17h.
07:58Il était 16h30.
08:00Et on était à trois quarts d'heure
08:01de l'arrivée de Tel Aviv.
08:03On serait tenté d'aller dérouter
08:04pour gagner un petit quart d'heure.
08:05Donc, finalement,
08:07j'ai fini par obtenir
08:08les services secrets israéliens
08:10et également français
08:13qui m'ont dit
08:14écoutez, on a peut-être exagéré,
08:16le risque est moindre.
08:18Donc, on est descendu
08:19à un niveau respirable
08:20à moins de 3000 mètres.
08:22Et puis, on a dépressurisé l'avion
08:24parce que si la bombe explose
08:25avec un avion pressurisé,
08:27ça se termine en confetti.
08:29Donc, voilà.
08:30Et on est arrivé à peu près normalement.
08:32Mais c'est vrai que pour les passagers,
08:35on veut dire la vérité,
08:37mais pas trop pour ne pas les angoisser.
08:38Pareil pour mon équipage.
08:40Je préviens la chef de cabine.
08:41À l'époque, c'est une chef de cabine.
08:43Mais en disant,
08:44si tu trouves quelque chose d'anormal,
08:46préviens-moi, fais attention, etc.
08:48Donc, la deuxième expérience...
08:50On est obligé de toutes les prendre au sérieux, de fait.
08:54C'est aussi le souci.
08:54Ce qui me fait peur aujourd'hui,
08:56ce qui me fait peur,
08:57c'est qu'il y a un afflux de ces informations,
09:00de ces fausses informations,
09:01et qu'on ne peut pas toutes les traiter.
09:04On va être à saturation,
09:05et c'est peut-être ce qu'ils visent, d'ailleurs,
09:07pour faire le plus de mal possible
09:09et pour un coup dérisoire.
09:12Bon, interception,
09:13c'est aussi des avions de chasse.
09:15C'est assez impressionnant.
09:16Et là, ça m'est arrivé au-dessus de la Sibérie.
09:19Eh bien, il y avait deux Sukhoïs,
09:21un à gauche et un à droite,
09:22et qui m'ont intimé l'ordre de les suivre.
09:25Et donc, ils battent des ailes.
09:27C'est le langage international
09:28quand on n'a pas les mêmes fréquences.
09:30Ça veut dire, suivez-moi.
09:31On sort le train des chasseurs.
09:34Ça veut dire, vous allez atterrir
09:35là où on aurait décidé d'atterrir.
09:37Et je ne comprends pas que le pilote,
09:39dernièrement, a refusé d'aller suivre les militaires.
09:42Les militaires, pourquoi on les a envoyés ?
09:44Pour parler du vol du blanc.
09:45Simplement pour savoir, regardez dans le cockpit,
09:47s'il n'y avait pas un troisième individu
09:49qui pouvait éventuellement perturber le vol
09:53et l'amener à une destination funeste.
09:56Justement, dans certains cas,
09:58notamment dans le cas du vol du blanc-Rome,
10:01il y a eu ce qu'on croyait des revendications.
10:04Donc, on l'évoquait,
10:05des revendications qui émanaient
10:06des combattants de l'État masculin.
10:09Son fondateur vient de démentir.
10:11Mais c'est quoi ce groupe dont on parle,
10:13Sergei Gironov ?
10:14C'est un groupe ultra-nationaliste russe,
10:16c'est bien ça ?
10:16Ultra-nationaliste, c'est un euphémisme
10:19pour ne pas dire néo-nazi.
10:20Franchement, c'est un groupe néo-nazi russe,
10:23radical, extrêmement radical.
10:25Pour que Poutine le condamne,
10:27il y a cinq ans, par une décision de justice,
10:29vous avez compris que c'est...
10:32Parce que les nationalistes,
10:33il y en a...
10:34Le patriarche Keryl, c'est un nationaliste.
10:37Poutine, c'est un nationaliste.
10:38Donc, ce n'est pas un simple nationaliste.
10:40Donc, c'est quelqu'un qui est anti-tout, en fait.
10:44Il est anti-couleur,
10:46il est homophobe,
10:48il est anti-femme,
10:49il est anti-l'État.
10:51D'ailleurs, le groupe a été considéré
10:53comme une menace pour l'État russe.
10:55Et d'ailleurs, Pozniakoff a été condamné
10:59en 2018, en décembre,
11:01mais pour une attaque contre une femme.
11:04Le problème, c'est que Poutine,
11:06en mars 2019,
11:07il a dépénalisé les attaques de femmes.
11:12En Russie, on peut battre les femmes
11:13et ne pas se retrouver en prison.
11:15Donc, dans cet État extrêmement...
11:18Il a dépénalisé les attaques contre les femmes.
11:20Voilà, vous pouvez battre votre épouse,
11:22votre fille,
11:24et on ne voit pas vous juger
11:26parce qu'on considère que ce n'est pas un crime,
11:27ce n'est pas un délit.
11:28Voilà, et donc, du coup,
11:29il a été relaxé par rapport à cette condamnation.
11:33Qu'est-ce que vous pensez, vous,
11:35de l'hypothèse russe derrière ces menaces ?
11:38– La Russie, vous savez,
11:40il faut prendre le contexte,
11:41parce que s'il n'y avait que ça,
11:43à la limite, on pourrait dire,
11:44oui, il peut y avoir aussi des gens
11:47qui s'amusent, en fait,
11:49si on peut employer ce mot,
11:52ou plus vulgairement,
11:53foutre le bordel, en fait,
11:55parce que ça ne coûte rien,
11:56je suis d'accord avec vous,
11:57un coup de téléphone.
11:58Ils ne savent pas que les coups de téléphone
11:59sont enregistrés et suivis,
12:00donc il y a quand même une partie
12:02de ces gens-là qui se retrouvent
12:03quand même derrière le marot
12:04ou au moins condamnés.
12:06Sinon, pour la Russie,
12:08le contexte, c'est que
12:09vous avez aussi les attaques cyber
12:10sur les magasins,
12:12vous avez les attaques cyber
12:13sur les médias,
12:15vous avez les attaques cyber
12:16sur les États,
12:17et donc vous avez les élections
12:19américaines cette semaine,
12:20donc vous avez le contexte
12:22géopolitique tel que,
12:24et la Russie, qui depuis 15 ans,
12:25mène une guerre hybride à l'Europe,
12:27en fait, tout le monde le sait,
12:28tous les services secrets,
12:29donc du coup,
12:30il y a une shortlist,
12:32et dans la shortlist,
12:33la Russie est le numéro 1,
12:35en fait,
12:36mais il y a aussi
12:37les Coréens du Nord,
12:38il y a aussi les Iraniens,
12:39il y a aussi les grépuscules terroristes.
12:41Il y a d'autres pistes,
12:42mais la Russie est numéro 1
12:43dans les émis potentiels.
12:47Si vous regardez ce qui se passe
12:48en Europe depuis 6 mois,
12:50vous avez des Russes partout,
12:51vous avez des exclusions,
12:52vous avez des attaques,
12:54vous avez des assassinats,
12:55etc.
12:55Je voulais qu'on lise
12:57le tweet de Dominique Schelcher,
12:59c'est le patron de Systamu.
13:01Vous vous souvenez des frigos
13:02qui avaient été attaqués,
13:06hackés ces derniers jours ?
13:07Lui, clairement,
13:08il pointe du doigt
13:09des hackers pro-russes.
13:11Voilà, des hackers pro-russes
13:12revendiquent des cyberattaques,
13:13des frigos,
13:14des supermarchés.
13:15Raphaël Grabli,
13:16il se base sur quoi,
13:17sur un insuffiable ?
13:18C'est une revendication
13:20qui a été d'ailleurs aussi
13:21un peu éphémère,
13:22un peu comme dans le cas
13:22d'ailleurs des avions,
13:24qui a été diffusée en ligne.
13:26On va dire les choses
13:27telles qu'elles sont,
13:27c'est totalement impossible
13:29à confirmer,
13:30à moins que Dominique Schelcher
13:31ait des informations
13:32qu'on n'a pas.
13:33Ce n'est pas des informations
13:33en tout cas qu'on peut
13:35communiquer.
13:35En tout cas,
13:36ce qui est sûr,
13:37c'est qu'il y a un aspect
13:38extrêmement nébuleux.
13:39Vous parliez d'opérations
13:40à moindre coût.
13:42Ça, c'est extrêmement important.
13:43C'est la possibilité
13:44de déstabiliser
13:45avec très peu de moyens.
13:46Et c'est ce qu'on a vu.
13:47On a vu les opérations
13:48de déstabilisation
13:50et notamment les cyberattaques
13:51qui ont visé
13:52des frigos
13:53dans 350 supermarchés,
13:54des millions d'euros
13:55de marchandises
13:56mises à la poubelle.
13:58La banque de sang.
13:59La banque de sang
14:00il y a quelques jours.
14:01Également,
14:02heureusement,
14:02avec des dégâts
14:03beaucoup plus limités.
14:04Mais pour la banque de sang,
14:04je reprécise,
14:05c'était là aussi,
14:06exactement comme
14:07pour les supermarchés,
14:08des frigos
14:09dans lesquels on mettait
14:10des poches de sang
14:11qui ont été attaquées
14:12pour monter en température.
14:13Exactement la même chose
14:14que les supermarchés.
14:15Et il y a une autre information
14:16dont on a moins parlé,
14:17mais ça date
14:18d'il y a quelques jours.
14:19C'est qu'il y a aussi
14:20une autre attaque de supermarchés.
14:21Alors, il y en a eu
14:21d'ailleurs dans tous
14:22les supermarchés européens
14:23il y a 48 heures.
14:24Mais il y a une semaine,
14:25on a quand même appris
14:26que d'autres types de supermarchés,
14:27d'autres types, pardon,
14:28de frigos avaient été touchés.
14:29Des frigos dans les bases américaines
14:31aux Etats-Unis
14:33dans lesquelles
14:34on mettait la nourriture américaine.
14:35Donc, tout ça,
14:37et le problème,
14:38c'est que tout ça
14:38ne coûte pas grand-chose.
14:39Pourquoi ?
14:39Pour les bases américaines,
14:41c'est peut-être plus inquiétant.
14:42C'est que tout ça
14:42est extrêmement mal sécurisé.
14:45On vit dans un monde
14:46avec des millions
14:47d'objets connectés
14:48qui s'empilent
14:49les uns avec les autres,
14:50avec des prestataires
14:51auxquels on délègue
14:52la maintenance.
14:54Je veux dire,
14:54aujourd'hui,
14:54il n'y a aucune raison
14:55de connecter,
14:56et c'est le patron de l'ANSI,
14:57l'Agence nationale de cybersécurité
14:58qui l'a répété
14:59à l'Assemblée nationale,
15:00il n'y a aucune raison
15:01de connecter Internet
15:02des frigos.
15:03Il faut avoir des suivis,
15:04c'est obligatoire
15:05pour les températures,
15:06pour des raisons de sécurité.
15:07Simplement,
15:08il faut faire venir
15:09des gens sur place.
15:09Les connectés Internet,
15:10ça coûte moins cher,
15:11donc on préfère les connecter.
15:12Mais en termes de cybersécurité,
15:14c'est catastrophique.
15:15Donc ça ne coûte pas cher
15:16à hacker,
15:17les dégâts sont très importants,
15:19et c'est là où il y a
15:20quand même un point commun,
15:21c'est que ça ne coûte pas cher,
15:23et on rentre
15:24dans une sorte de spirale
15:26d'instabilité,
15:28sans vraiment
15:28de revendications.
15:30Et sur les cyberattaques,
15:31c'est assez particulier,
15:32pourquoi ?
15:33Parce que quand il y a
15:33une cyberattaque,
15:34le fait de ne pas...
15:35En général, c'est quoi ?
15:36C'est soit pour de l'argent,
15:38à ce moment-là,
15:39soit pour dérober aussi,
15:41alors pour de l'argent,
15:42c'est-à-dire pirater des données,
15:43revendre les données,
15:44faire ce qu'on appelle
15:45un ransomware,
15:45c'est-à-dire encapsuler les données
15:48et demander une rançon,
15:49c'est ce qui s'était passé,
15:50rappelez-vous,
15:50avec l'hôpital de Corbeil-Essen
15:51il y a 2-3 ans,
15:54soit dérober de l'argent
15:55avec des crypto-monnaies.
15:57Les Nord-Coréens
15:58sont extrêmement forts là-dessus,
15:59l'économie nord-coréenne,
16:00c'est en grande partie
16:01des hackers nord-coréens
16:02qui ont extrêmement bon
16:02et qui vont pirater
16:03des crypto-monnaies.
16:04Et ce qui frappe quand même ?
16:05Et ce qui n'a aucune raison apparente,
16:07c'est-à-dire
16:08les frigos dans les supermarchés.
16:10Et là, forcément,
16:10on pense soit à des militants,
16:13mais si c'est des militants,
16:14pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas milité ?
16:15Pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas revendiqué ?
16:17Revendiqué leur acte, oui.
16:18Ou alors, une déstabilisation.
16:20Et ce qui est...
16:21Pardon, Gérald Ferdinand, allez-y.
16:22Non, simplement,
16:23on en revient à la bombe
16:24supposée être dans les avions.
16:26Jamais,
16:28quelqu'un qui a fait
16:29ou qui a prétendu
16:31attaquer un avion
16:32avec une bombe à bord
16:33ne s'est déclaré avant.
16:35Ils ont fait péter une bombe.
16:37Alors, je peux vous dire,
16:38en 85, Air India, 747,
16:41le Paname avec l'Ockerby
16:43qui a fait beaucoup de bruit,
16:44l'UTA sur le désert du Ténéré,
16:47et puis Philippine également.
16:50Donc, ce sont des accidents
16:52qui ont eu lieu,
16:52qui ont fait beaucoup de morts,
16:53mais jamais il n'y a eu
16:54d'annonce précédente.
16:56Et est-ce qu'il est encore possible,
16:58pardon,
16:58parce qu'on prend tous l'avion ici,
17:01vu les mesures de sécurité
17:03qui sont désormais imposées,
17:04est-ce qu'à notre époque,
17:05il est encore possible
17:07de mettre une bombe
17:08dans un avion ?
17:09Admettons que les attaquants
17:11aient encore plus besoin.
17:12Oui, alors souvent,
17:13il y a des gens
17:14qui sont infiltrés.
17:15C'est possible.
17:15Oui, des gens
17:16qui sont infiltrés,
17:17des complices.
17:17On l'a vu pour le Alger,
17:18par exemple,
17:19qui s'est posé à Marseille.
17:21Ils avaient l'abstention
17:22de projeter leur avion
17:24sur la capitale.
17:26Donc, il y a des mesures
17:27de sécurité, effectivement,
17:28mais on joue aux gendarmes
17:29et aux voleurs
17:30dans ce cas-là.
17:31Oui, je crois que c'est important,
17:32c'est que face à ce contexte
17:33et cette multiplication
17:35des menaces à la bombe,
17:36il ne faut pas surréagir.
17:38Il faut prendre les mesures
17:38qui s'imposent
17:39pour ne prendre aucun risque
17:41pour la vie des passagers.
17:42C'est ce que font les États.
17:43On l'a vu avec la France,
17:44avec le rafale qui décolle
17:46et qui contraint le pilote
17:47à atterrir là
17:48où on lui a demandé de le faire.
17:50Il faut vivre avec,
17:51il faut s'habituer
17:52à vivre avec.
17:53C'est la continuation
17:54de la guerre hybride
17:54d'une certaine manière.
17:55On ne pourra jamais prouver,
17:56comme le disait Raphaël,
17:57que c'est tel ou tel auteur
17:59qui est à l'origine de ces attaques.
18:01Est-ce que c'est Moscou ?
18:02Est-ce que c'est un groupe
18:02de hackers, etc.
18:03Donc, on doit vivre avec.
18:05On doit se préparer,
18:07savoir que ça existe,
18:09prendre les mesures
18:09qui s'imposent,
18:10mais sans pour autant,
18:11je dirais,
18:12déclencher une panique
18:13dans la population.
18:14Ça provoque des retards,
18:16c'est ça le problème.
18:17C'est-à-dire que ça désorganise
18:18d'une certaine manière,
18:18mais c'est relativement limité.
18:20Si on en reste au retard,
18:22ça va.
18:23Ça coûte beaucoup d'argent quand même.
18:24Mais juste,
18:25une dernière question,
18:26la complexité quand même
18:27de remonter
18:29jusqu'à l'origine ?
18:30Il y a une enquête
18:31qui est donc lancée,
18:32vous le disiez,
18:32Matignon a lancé une enquête.
18:34Difficile de retracer
18:38la piste
18:39et de savoir réellement
18:41qui est derrière.
18:41Ça dépend du degré
18:43de professionnalisme
18:44des hackers.
18:45En fait,
18:45s'ils sont les amateurs,
18:47peut-être ils vont laisser
18:47quelques traces.
18:48Mais le problème,
18:49c'est que dans l'espace cyber,
18:52c'est très facile
18:53de cacher les traces.
18:55Je parle sous votre contrôle.
18:58Mais en fait,
18:59vous savez,
18:59c'est les plaisantins
19:00qui sont les plus faciles
19:02à capter
19:02parce que c'est souvent
19:04les gamins
19:04qui s'embêtent à la maison,
19:07qui ont regardé
19:08la nouvelle
19:09à la télévision,
19:10qui disent
19:11tiens,
19:11on va s'amuser,
19:11on va appeler aussi
19:12une compagnie d'aviation.
19:14Et donc,
19:15eux,
19:15ils sont...
19:15Le piratage des impôts,
19:17par exemple,
19:17on a beaucoup parlé cet été.
19:18On a retrouvé finalement
19:19que c'était deux jeunes
19:20qui ont été piratées.
19:21Et puis après,
19:22comme dans la guerre classique,
19:24il y a ce qu'on appelle
19:24des proxys.
19:25C'est-à-dire que vous demandez
19:26à des hackers,
19:26des groupes de hackers
19:27qui sont passés ailleurs
19:28de faire le boulot pour vous
19:29et vous allez remonter
19:30à des hackers russes
19:31et finalement,
19:31en fait,
19:31ce sera peut-être l'Iran
19:32et inversement.
19:33Et après,
19:34il y a toute la question
19:34de la place à donner
19:35à tout ça
19:36parce que quand il y a
19:37des vraies conséquences,
19:38les frigos,
19:39les vols,
19:39oui.
19:40Par contre,
19:41il n'y a aussi rien
19:41qui ne plaît plus
19:42à la Russie
19:43que de laisser penser
19:44qu'ils peuvent,
19:45qu'ils ont autant de pouvoir
19:46que ça.
19:47Donc ça,
19:47il faut faire aussi attention.
19:48Vous vous rappelez quand même
19:48que la Russie a démenti
19:50être à l'origine
19:50de ces menaces
19:51et c'est un alerte à l'abond.
19:52c'est un démenti
19:53qui vaut ce qu'il vaut,
19:54évidemment.
19:54Vous savez pourquoi
19:56elle a démenti
19:57Pouznikov lui-même ?
19:58Parce qu'en fait,
19:58elle a quitté la Russie
19:59après cette condamnation.
20:00Il est venu en Pologne
20:01et donc,
20:01si jamais ça se découvre,
20:04il va être condamné
20:06chez nous,
20:07en Union européenne.
20:08D'ailleurs,
20:08il y a un problème.
20:09Pourquoi il est sur le sol européen ?
20:11Ça,
20:11c'est un autre sujet
20:13et on en parlera
20:14peut-être une autre fois.
20:15Merci beaucoup
20:16à tous les quatre.