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  • il y a 17 minutes
Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.

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00:00Et on commence donc par ce terrible accident de car dans l'Ain, au sud de Bourg-en-Bresse.
00:03Un car régional a quitté la route et a fini dans un fossé.
00:07Une petite fille de 7 ans et un jeune homme de 18 ans sont morts.
00:10Cinq personnes sont gravement blessées.
00:13Le procureur de l'Ain doit faire un point à 18h et on le suivra évidemment en direct.
00:18On va tout de suite aller retrouver Jeanne Daudet, notre journaliste qui est sur place.
00:21Bonsoir Jeanne. Vous êtes juste à côté des lieux de l'accident.
00:27Oui, exactement, à proximité de la commune de L'Ain.
00:29Vous voyez sur cette départementale qui est toujours barrée par les forces de l'ordre
00:33plusieurs heures après ce drame qui est survenu aux alentours de 7h30 ce matin.
00:38C'est un car en fait qui circule sur la ligne entre Lyon et Bourg-en-Bresse
00:42qui a fait une sortie de route, qui a atterri sur un arbre sur cette départementale.
00:47Les circonstances de l'accident sont encore floues.
00:49Vous nous l'avez rappelé Julie, mais c'est vrai que les personnes à qui on a parlé
00:52qui étaient recueillies, accueillies ici, notamment sur la commune de L'An
00:56qui a laissé ouverte toute la journée une salle des fêtes pour une prise en charge psychologique.
00:59Des personnes qui n'étaient pas blessées particulièrement physiquement,
01:03mais qui étaient extrêmement choquées, vous vous en doutez bien,
01:05qui ont commencé d'ailleurs à parler, à expliquer le choc qu'ils avaient ressenti
01:08pendant cet accident.
01:10Beaucoup sont sortis d'eux-mêmes de ce cas.
01:12On a vu des images terribles, des images de sang, des images d'enfants blessés.
01:16Ils sont sortis de ce cas, ne réalisaient pas bien ce qui venait de se passer.
01:19Le choc commençait tout juste à redescendre.
01:21Ils prenaient conscience, toutes les personnes que nous avons interrogées
01:24de ce qu'ils venaient de vivre, commençaient à parler.
01:27Pour beaucoup, ils n'ont pas pris conscience de l'accident avant même le moment du choc.
01:31Certains disaient juste, on a juste entendu accrochez-vous et l'accident est survenu.
01:34C'est vous dire à quel point tout a été soudain ce matin lors de cet accident
01:39aux alentours de 7h30.
01:41Les personnes qui ont donc été accueillies pour beaucoup ici, sur cette commune de L'An.
01:44D'autres, évidemment, prises en charge à l'hôpital, notamment les 5 personnes
01:48qui sont blessées grièvement dans ce drame.
01:52Voilà ce que l'on peut vous dire.
01:53La salle des fêtes de L'An ici a fermé.
01:55Pour aujourd'hui, une autre cellule psychologique sera ouverte dès ce soir
01:59dans la commune, à quelques kilomètres d'ici, d'où est originaire la petite fille
02:04qui est décédée dans cet accident.
02:06Merci beaucoup Jeanne, avec Antoine Corvert à la caméra.
02:09Après qu'on revoit les images de ce car et qui dit évidemment à quel point l'accident
02:17a été violent, ça ce sont les images de face.
02:20Ludovic Pingano, que pouvez-vous nous dire sur ce que l'on voit là ?
02:25Ça a été très violent.
02:26Oui, c'est effectivement un choc très violent.
02:29Le car s'est déporté sur la gauche pour une raison inconnue.
02:32Et dans un premier temps, a percuté un poteau, semble-t-il,
02:37qui a arraché une partie de la carrosserie sur le côté gauche du bus
02:42et qui a vraisemblablement été à l'origine du grand nombre de blessés dans cet autocar.
02:47On voit que le poste de pilotage, le poste de conduite du chauffeur a été gravement endommagé.
02:55Ce chauffeur, lui, ça a été annoncé tout à l'heure par le ministre des Transports,
02:59est a priori en urgence relative, donc il est blessé légèrement,
03:03malgré ces images très impressionnantes.
03:05On a vu sur d'autres images que le pare-brise, lui, était resté accroché,
03:09j'allais dire, au niveau du talus, donc ce qui montre bien la violence de choc.
03:12Et ce qu'il faut aussi avoir à l'esprit, c'est que ce bus,
03:16pardon, cet autocar qui circulait à environ 60 ou 80 km heure,
03:20dans le choc s'est arrêté en quelques mètres, ce qui a généré finalement aussi des dégâts.
03:24On le voit là, le fameux pare-brise, on vous parle bien.
03:25On voit le pare-brise effectivement sur le côté, entouré,
03:28et on voit que c'est entre le lieu de l'impact, là où est le pare-brise,
03:32et là où l'autocar est arrêté, il y a une dizaine de mètres.
03:36Et ça signifie donc que les passagers qui étaient à bord de cet autocar
03:40ont été projetés vers l'avant avec beaucoup de force.
03:42Ils ont pris deux ou trois G, c'est la force qu'ils ont dû supporter à ce moment-là.
03:48Donc on imagine bien que ceux qui n'étaient pas attachés,
03:50effectivement, ont été projetés vers l'avant,
03:51au même titre que les bagages qui pouvaient se trouver à l'intérieur de l'autocar.
03:54Alors, je voulais qu'on écoute un témoignage, celui de Sarah.
03:57Elle se trouvait dans le quart au moment de l'accident.
04:00Elle a accepté de témoigner à notre micro.
04:03On a entendu le « attention, tenez-vous, faites attention ».
04:07Et après, les images dans le fossé, il y avait de la fumée,
04:13il y avait les vitres cassées, il y avait des gens avec plein de sang
04:16qui essaient de passer par les fenêtres.
04:19Enfin, c'est assez choquant.
04:21Je n'ai pas réagi sur le moment, en fait.
04:25J'étais sur mon siège pendant 5-10 minutes.
04:28Je regardais les gens s'affoler autour de moi, crier, essayer de sortir.
04:32Et je cherchais surtout le regard de ma copine, du coup, qui était là avec moi,
04:36pour voir si elle allait bien.
04:38On est sortis par l'arrière du bus.
04:41Et donc, tout de suite, je ne comprenais pas trop.
04:45J'ai regardé autour de moi, je voyais les gens pleurer avec du sang, des gens par terre.
04:49Et à un moment donné, j'ai été prise par un ami à moi
04:55et qui m'a dit de garder une petite fille, du coup, qui l'a fait descendre du bus.
05:00Du coup, j'ai dû garder la petite fille.
05:01Et je devais l'éloigner, du coup, de sa soeur qui est décédée.
05:08Et j'ai dû la faire rire, lui dire ce qu'elle veut faire plus tard.
05:11Tout ça, pour pas qu'elle voit sa soeur en train de se faire réanimer.
05:15Je lui dis que, parce que moi-même, je ne comprenais pas,
05:19je lui dis que c'est rien, que ça arrive, que c'est pas grave.
05:24Alors que ça l'était, mais je ne voulais pas la faire paniquer.
05:27J'ai essayé de lui parler de ce qu'elle voulait faire plus tard.
05:31Ce qu'elle allait faire là, pourquoi elle avait pris le bus, etc.
05:36Elle était sous état de choc.
05:37Elle arrivait à parler.
05:40Elle demandait où était sa soeur, où était sa mère.
05:44Donc moi, je ne lui répondais pas trop.
05:47Je disais qu'elles étaient là, juste à côté.
05:49Mais je ne voulais pas dire qu'elles étaient en train de la réanimer.
05:54J'ai été prise en charge après.
05:56Et je me suis occupée de la maman.
05:58Donc j'ai commencé à lui parler.
06:01Même si elle ne comprenait pas trop, j'ai essayé de la rassurer.
06:03Je l'ai éloignée aussi du groupe.
06:05Je l'ai assise sur mon sac à dos.
06:07J'ai enlevé mon sac à dos, je l'ai mise par terre.
06:08Je lui ai fait boire de l'eau.
06:10J'ai essayé de la rassurer.
06:11Après, elle a été prise en charge par le SAMU.
06:14Voilà, témoignage très fort recueilli par Jeanne Daudet.
06:16Un autre témoin raconte un coup de volant très fort
06:19et suivi de la chute dans ce fossé.
06:21Dominique Rizet, pour l'instant, on ne connaît pas vraiment les circonstances de cet accident.
06:26Quelles sont les différentes hypothèses ?
06:28Écoutez, un coup de volant très fort.
06:29Ça peut vouloir dire que le conducteur a voulu ramener le véhicule dans sa trajectoire
06:33parce qu'il a eu un moment d'inattention et qu'il a voulu redresser la direction.
06:39C'est un autobus.
06:40Ce n'est pas une voiture.
06:41C'est beaucoup plus long, plus difficile à ramener dans sa trajectoire.
06:44Ça peut être parce qu'un automobiliste roulant en face s'était déporté
06:49et a obligé le bus ou le conducteur du bus à donner un coup de volant.
06:53Ça peut être ce que disait Ludovic tout à l'heure, un animal sauvage, un gibier qui a traversé la
07:00route.
07:00Il y a mille hypothèses.
07:01Le conducteur peut s'être assoupi, avoir repris connaissance et donner un coup de volant.
07:06Est-ce que quelqu'un dans le bus saura témoigner ou dire « moi j'ai vu ça ? »
07:12Est-ce que les gens ou ceux qui étaient dans le bus regardaient la route ?
07:16Il n'y a que les premiers passagers qui pourront le dire.
07:20Ensuite, si on n'a pas de témoignage ou si on n'a pas d'éléments,
07:23évidemment il y a le témoignage du conducteur du bus qui sera recueilli quand il pourra être entendu par les
07:30enquêteurs.
07:31Il est lui-même victime.
07:32Il a dû être désincarcéré.
07:34Quand on voit l'état de la cabine du conducteur, c'est-à-dire de l'avant du bus,
07:38regardez, le siège du conducteur est totalement apparent.
07:42Il a été désincarcéré.
07:44On voit que les pompiers ont dû couper, mais Ludovic le dirait bien mieux que moi,
07:47le montant du pare-brise pour sortir, pour avoir accès au conducteur
07:53et le sortir de cet amas de ferraille qui est devenu l'avant de l'autocar.
07:58Ensuite, il y a toute l'enquête en accidentologie qui va être menée.
08:05Il y a des experts dans ce domaine, des experts qui sont souvent des personnes
08:10qui ont travaillé dans le milieu de la mécanique ou des ingénieurs
08:15qui pourront vérifier et l'état des pneus, et l'état des véhicules, et l'entretien, et son âge,
08:22et les expertises techniques qui sont menées sur des véhicules, sur un autobus comme sur une voiture,
08:30et encore plus d'ailleurs sur un autobus ou un autocar.
08:32Ce qu'on sait pour l'instant, d'ailleurs, du véhicule, c'est qu'il était visiblement en très bon
08:37état
08:38et que l'entreprise de transport avait été contrôlée 106 fois depuis 2024.
08:44On sait aussi que la météo, il n'y avait pas de surveillance météo particulière,
08:49les températures étaient positives, 4-5 degrés, il n'y avait pas de glace possible sur la route.
08:57Sur le chauffeur, on sait qu'une enquête a été ouverte pour homicide routier.
09:02Le préfet a fait le point, on va l'écouter, sur les tests salivaires qui ont été entrepris sur le
09:09chauffeur.
09:11Pour l'instant, les premiers examens ne vont pas apparaître ni d'alcool ni de stupéfiants,
09:17mais toutes les autres hypothèses sont ouvertes, et ce seront les auditions
09:21et le travail d'enquête qui permettra de le déterminer.
09:24Que sait-on plus précisément de ce chauffeur ? On sait qu'il était jeune, plutôt nouveau.
09:30Dans cette entreprise de transport ?
09:32Oui, a priori, c'est un chauffeur qui était en service depuis 18 mois, si j'ai bien compris.
09:35On n'a pas beaucoup plus d'infos.
09:37Le préfet a levé le doute sur le fait qu'il ait pu consommer des stupéfiants ou de l'alcool.
09:41Donc c'est vraiment une hypothèse qui est écartée.
09:43Donc à partir de là, les entreprises de transport doivent respecter un certain nombre de règles de sécurité,
09:51parce que la réglementation a beaucoup évolué ces dernières années,
09:54justement pour sécuriser ces transports de personnes,
09:59notamment en installant des éthylotests dans les bus, dans les autocars,
10:04qui oblige le conducteur de souffler dedans et le dispositif vérifie qu'il n'y a pas d'alcool dans
10:10le sang
10:10et donc autorise le conducteur à démarrer son bus.
10:13Donc voilà, il y a beaucoup de choses qui ont été mises en place.
10:17Pour autant, tout est encore possible.
10:20Vous savez, Julie, je rappelais tout à l'heure l'accident de Millas en 2017.
10:27Je vais y arriver.
10:28Je suis un peu perdu dans mes années.
10:30En 2017, où cette conductrice, vous savez, qui s'était retrouvée bloquée sur les rails
10:35au niveau d'un passage à niveau avait été percutée par un TER.
10:39Eh bien, cette conductrice, l'enquête avait montré qu'elle était sous traitement médicamenteux
10:44et que ce traitement était un traitement limité dans la durée à un mois.
10:49C'était un traitement pour lutter notamment contre des troubles du sommeil
10:52et que finalement, cette conductrice s'était vue prescrire ce médicament depuis deux ans
10:58par son médecin traitant.
10:59Donc, on n'est pas sous l'emprise de stupéfiants,
11:02mais sous l'emprise de médicaments qui ne sont pas autorisés dans le cadre de la conduite.
11:07Donc, vous voyez, il y a vraiment beaucoup, beaucoup de scénarios possibles.
11:11Il y en a un dont on n'en a pas parlé non plus.
11:14Je me retourne vers Dominique.
11:15On a vu qu'il y avait des enfants dans ce bus.
11:16Vous savez, on n'est pas à l'abri non plus qu'il y ait des enfants qui aient chahutés,
11:19par exemple,
11:19ou qu'il soit passé quelque chose dans le bus, qui a retenu l'attention du conducteur.
11:23On ne peut pas non plus écarter le fait que ce conducteur ait utilisé son téléphone portable
11:28parce qu'il a reçu un appel, parce qu'il a reçu un SMS,
11:30et que parfois, vous savez, une seconde d'inattention et c'est la catastrophe.
11:33Mais tout cela, c'est l'enquête qui permettra d'en savoir un petit peu plus
11:37sur les éléments aussi qui peuvent être intéressants.
11:40Ce que je rappelais, c'est qu'il y a de plus en plus de conducteurs aujourd'hui
11:43qui équipent leur voiture avec des caméras embarquées.
11:45Je ne me souviens jamais du nom de ces caméras qui permettent de filmer en permanence la route.
11:49Ce n'est pas des dash cams ?
11:50Des dash cams, exactement, Dominique.
11:52Et on voit beaucoup de vidéos...
11:54C'est pour le taquimètre.
11:55Voilà, c'est pour le taquimètre comme ça.
11:57On se taquine, tous les deux.
12:01Et pour le coup, on voit beaucoup de vidéos aujourd'hui de conducteurs
12:04qui filment en direct des accidents, des chutes de moto, des poids lourds qui se renversent, etc.
12:08Eh bien, on n'est pas à l'abri non plus ce matin d'avoir un conducteur qui était à
12:11proximité,
12:12qui passait par là et qui aurait pu filmer la scène.
12:14Enfin, tout est possible.
12:15Mais en l'occurrence, c'est entre les mains des enquêteurs et de la procureure de l'Ain.
12:22On nous a rejoint sur le plateau le commandant Sevidi Kadimala.
12:24Vous êtes porte-parole de la sécurité civile.
12:27Comment enquête-t-on justement sur ce type d'accident ?
12:31On voit, il y a encore beaucoup de points d'interrogation.
12:33La procureure doit parler à 18h.
12:35On aura peut-être un peu plus de réponses, mais l'enquête ne fait que commencer.
12:38En effet, déjà, les équipes de secours dans ce type d'intervention
12:42vont aussi assurer une préservation des traces et indices.
12:45L'idée de manœuvre, c'est qu'on porte assistance aux personnes,
12:47on essaie de les préserver, on essaie de les secourir le plus rapidement possible.
12:51Mais on évite de tout bouger dans le bus de manière à pouvoir laisser aux enquêteurs
12:54la capacité d'analyser, identifier, chercher à comprendre un petit peu les circonstances,
12:59mais surtout sans entraver, évidemment, l'action des secours.
13:02Ça, c'est la première chose.
13:02Après, cette enquête, elle va se faire dans la durée.
13:05Et finalement, les sapeurs-pompiers et les premiers intervenants
13:07vont aussi être interrogés, les occupants de ce bus,
13:09de manière à identifier l'origine probable de cet accident.
13:13Il faut garder à l'esprit que l'accidentologie routière,
13:15c'est une vraie science.
13:17Pour l'identifier, l'origine, vous le voyez dans les images que vous avez devant vous
13:21et qu'on a montrées sur le bus,
13:23on analyse aussi la manière dont le bus a été déformé.
13:26Mais surtout, on essaie de prendre en compte tous les indices à disposition
13:30pour pouvoir ensuite apporter un raisonnement.
13:33Et un très gros dispositif a été déployé sur place.
13:36Une centaine de pompiers, une cinquantaine de gendarmes,
13:38des drones, quatre hélicoptères,
13:40tous mobilisés sur les lieux de l'accident.
13:44La procureure qui doit donc parler à 18h.
13:46On le suivra en direct.
13:47Merci beaucoup à tous les trois pour ces informations.

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