- il y a 4 heures
Ici On se dit Tout !
C’est le rendez-vous politique d’Ici Hérault. Sur l’appli ICI, sur le site ICI.FR et sur nos réseaux sociaux.
Notre invité cette semaine est Joseph Francis, nouveau sénateur de l'Hérault depuis le mois de septembre.
L'occasion de mieux connaître cet ancien chef d'entreprise à succès qui veut redonner à la politique ses lettres de noblesse.
Toute l'actualité dans vos régions avec ICI ex-France Bleu : https://www.ici.fr/
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00:00Ici on se dit tout, le rendez-vous politique d'ici Hérault.
00:03Notre invité cette semaine est plutôt méconnu du grand public
00:07et pas sûr que son élection surprise récemment ait changé des choses.
00:11Ce rendez-vous est donc aussi destiné à mieux vous le faire connaître.
00:14Bonjour Joseph Francis.
00:15Bonjour.
00:16Vous avez donc été récemment élu sénateur de l'Hérault,
00:19un peu à la surprise générale je le disais.
00:22Vous êtes arrivé second derrière la liste socialiste du Seine-Bourgis et Julie Fraîche
00:25et devant la liste du Rassemblement National emmenée par Manon Bouquin
00:29élu ou aussi tous les trois à vos côtés.
00:32Peu de gens pariaient sur votre élection car vous êtes souvent présenté à divers suffrages.
00:38Ça n'a pas toujours été couronné de succès, on va y revenir.
00:41Avant d'évoquer votre parcours personnel et politique, une première question toute simple.
00:45Est-ce que vous vous êtes dit, avant de savoir que vous alliez gagner,
00:48j'y retourne mais si j'échoue, cette fois-ci j'arrête ?
00:51Non, en fait, ça a été une surprise pour certaines personnes
00:57qui n'étaient pas au courant du type d'élection.
01:00Ça faisait six ans que je travaillais avec les maires de l'Hérault.
01:04J'ai été à leurs côtés, j'ai appris à les connaître,
01:07j'ai reçu beaucoup, beaucoup d'eux.
01:10Ils m'ont beaucoup appris et j'ai noué avec eux des liens particulièrement amicaux
01:15et j'ai épousé leur cause et je pense que ça a payé.
01:18Alors, comme je le disais, ce rendez-vous est destiné pour ceux qui l'écoutent
01:22ou qui le regardent à mieux vous connaître.
01:24Joseph Francis, vous avez 70 ans, vous êtes né en 1956 au Liban
01:27et vous avez la nationalité française depuis 1982.
01:31Vos origines libanaises, ça fait un point commun avec l'autre sénateur,
01:34Hissen Bourgi, et très récemment, l'Orient du jour, le grand quotidien libanais,
01:39saluait votre élection et rappelait que c'est à l'âge de 17 ans
01:41et avec 40 kilos de bagages, je crois, vous rectifiez si ce n'est pas vrai,
01:46que vous avez quitté votre pays d'origine pour débarquer à Montpellier.
01:48Est-ce que vous éprouvez une fierté particulière à avoir parcouru tout ce chemin ?
01:53Oui, oui, j'ai quitté mon pays d'origine pour épouser un pays que j'aime,
02:01la France, comme pratiquement tous les Libanais.
02:05Nous sommes nés avec l'esprit français, avec l'amour de la France,
02:12avec cette grandeur de ce pays, et je me suis retrouvé,
02:15et je suis très heureux, et la France m'a beaucoup donné,
02:20et j'espère pouvoir lui donner ce que j'ai reçu par ce mandat.
02:23Vous n'êtes pas à proprement parler ce qu'on pourrait appeler un professionnel de la politique,
02:28dans le sens où vous vous y êtes mis assez tard.
02:30Vous êtes d'abord un chef d'entreprise, Joseph Francis,
02:33vous êtes connu pour être le fondateur de Comica,
02:35une entreprise spécialisée dans la fabrication d'armoires électriques basse tension,
02:39avec qui vous avez rencontré un vrai succès dans votre secteur,
02:42à tel point qu'aujourd'hui vous gérez, je crois, une vingtaine d'entreprises,
02:45à travers une holding baptisée JF Développement,
02:48et vous procédez des intérêts dans plusieurs secteurs,
02:50l'immobilier, la distribution électrique ou la construction.
02:53J'ai envie de vous demander, Joseph Francis, la politique,
02:56qu'est-ce que vous êtes allé faire dans cette galère ?
02:59Alors, c'est une galère, parce que les politiciens en ont fait une galère,
03:03mais la politique, c'est le service de la cité.
03:06Et comme je le disais tout à l'heure, la France m'a tout donné.
03:10Et c'est à travers un mandat politique que je voudrais participer
03:14à ce qu'on retrouve le sens propre de la politique,
03:18c'est-à-dire le service de la cité.
03:20Et je souhaite aujourd'hui pouvoir servir le département de l'Hérault,
03:25les communes de l'Hérault.
03:26Alors, pourquoi je suis venu en politique ?
03:29Et non pas dans cette galère.
03:31C'est simplement parce que j'ai apporté beaucoup dans le monde entrepreneurial.
03:38J'ai une expérience.
03:39J'ai vu que malheureusement, la gouvernance de notre pays
03:43est totalement en décalage par rapport à ce qu'il faut.
03:46Les chefs d'entreprise le savent, les salariés le savent,
03:50les Français le savent, les maires le savent,
03:53les élus territoriaux le savent.
03:55Eh bien, il va falloir qu'on change de logiciel
03:58et qu'on commence à faire de la politique pour servir la nation et les Français
04:03et non pas pour en faire une profession.
04:06On va revenir aussi là-dessus un peu plus tard.
04:08Votre parcours en rappelle aussi un peu un autre,
04:10celui d'un autre chef d'entreprise montpellierain,
04:13et pas des moindres, à qui on vous compare souvent d'ailleurs,
04:16Mohed Altra, d'origine syrienne quant à lui,
04:18et qui lui débarque à Montpellier.
04:20C'est marrant, à l'âge de 17 ans, tout comme vous,
04:22mais pas la même année, mais à peu près au même moment,
04:24au milieu des années 70.
04:25Lui, il avait 200 euros en poche.
04:27Est-ce que vous vous ressentez une incoïntance particulière avec lui, voire plus ?
04:32On ne peut pas comparer les gens,
04:34même si, sur le plan entrepreneurial,
04:36on peut dire que j'ai beaucoup d'admiration pour Mohed Altra.
04:39C'est un grand chef d'entreprise.
04:43Pour le reste, chacun a son itinéraire,
04:46chacun a sa culture, ses contingences.
04:52Le respect, il est mutuel d'ailleurs, je crois qu'il dit la même chose de vous.
04:55J'ai beaucoup de respect pour Mohed Altra, je pense que c'est mutuel.
04:58C'est un ami d'ailleurs.
04:59Et je voudrais vraiment rendre un hommage au parcours professionnel de Mohed Altra.
05:06J'espère que nous aurons beaucoup de Mohed Altra dans notre territoire.
05:11Même s'il a eu moins de chance que vous en politique,
05:13parce que jusqu'à présent, à part de siéger comme conseiller municipal,
05:17qui ne siège pas d'ailleurs,
05:19il n'a pas été élu comme vous venez de l'être au Sénat.
05:22Il n'a pas sollicité un mandat national, Mohed.
05:25Je suis sûr qu'il aurait rendu les mêmes services en tout état de cause.
05:30Les choses sont ce qu'elles sont.
05:32Mohed n'a pas été élu maire de Montpellier.
05:35Je suis éditionnateur.
05:36Et en tout état de cause, Mohed servira encore notre territoire là où il est.
05:41Dans votre autobiographie parue en 2012,
05:44Joseph Francis est intitulé
05:46« Itinéraire d'un Libanais devenu patron, responsable et citoyen français ».
05:50Vous invitez chaque citoyen de ce pays à être davantage responsable.
05:55Vous prenez une économie efficiente, humaine,
05:59n'hésitant même pas à remettre en cause parfois les discours dominants.
06:04Ce qui vous a valu une étiquette de patron un peu iconoclaste.
06:08C'est un peu vrai.
06:10On a tendance à donner une connotation au patron
06:13comme étant, il y a à peu près 100 ans,
06:17c'est-à-dire des exploiteurs, des salariés.
06:21C'est fini tout ça.
06:23Aujourd'hui, le patron, le chef d'entreprise,
06:26c'est un accompagnateur.
06:28Il y en a encore.
06:29Il y en a encore.
06:30Mais ça existera toujours.
06:32L'humanité ne changera pas comme ça.
06:35Mais de plus en plus, on a aujourd'hui des chefs d'entreprise
06:38qui ont envie de gérer avec leurs salariés,
06:42dans l'intérêt de leurs salariés,
06:44avant de gérer dans l'intérêt de leurs actionnaires.
06:47Il faut savoir qu'on confond souvent
06:50les chefs d'entreprise avec ceux des multinationales
06:53qui, eux, sont cotés en bourse
06:54et qui ont l'obligation de distribuer des dividendes
06:57pour leur cotation en bourse, etc.,
06:59pour que des investisseurs viennent.
07:01Ce n'est pas le cas des TPE, PME
07:02et des entreprises de taille intermédiaire.
07:04C'est pour cela qu'il faut quand même qu'on distingue
07:06la force vive de notre pays.
07:09Ce sont les TPE, PME.
07:10Ce ne sont pas les multinationales,
07:12même si nous avons besoin des multinationales.
07:14Justement, quel regard et analyse vous portez
07:17sur ce qui se passe en France aujourd'hui ?
07:19La colère de la rue.
07:20Un quart des Français qui disent
07:21ne plus avoir les moyens de vivre correctement.
07:25Des riches, enfin certains d'entre eux,
07:26toujours plus riches.
07:27Le rejet des élites aussi.
07:29Il faut bien le constater.
07:30Il y a quelque chose qui ne fonctionne plus
07:31dans notre pays aujourd'hui ?
07:33Oui.
07:35Le problème, il est d'abord culturel.
07:38Nous avons perdu la culture de l'effort.
07:41Et ça, c'est quelque chose
07:42qui est très difficile à inverser.
07:45Nous avons refusé la mondialisation
07:47et nous la subissons.
07:49Nous ne sommes pas musclés
07:50pour que nous soyons forts.
07:52La France a sa place à prendre dans le monde.
07:54Quand vous parlez de culture de l'effort,
07:56c'est à tous les niveaux ?
07:57Ah oui, c'est un problème culturel.
08:00C'est-à-dire...
08:00C'est pas seulement le monde du travail ?
08:02Partout.
08:03Partout.
08:04La culture de l'effort.
08:05Les 35 heures ont donné beaucoup de mal
08:08sur le plan culturel.
08:09Je ne dis pas qu'il faut que les gens
08:11travaillent plus ou moins.
08:12Je dis simplement qu'il faut que les gens
08:14aiment le travail.
08:15Le travail, c'est la vie.
08:16À partir du moment où on passe
08:17beaucoup plus de temps dans son travail
08:19que dans son foyer,
08:20si on le fait
08:23contre son gré,
08:24on finit toujours par ne pas l'aimer.
08:26Mais Joseph-Francis,
08:27le travail à condition
08:27qu'il y en ait pour tout le monde
08:29et qu'on soit rémunéré aussi
08:31en fonction des efforts
08:32que l'on fait,
08:34c'est aussi ce que la rue dit aujourd'hui.
08:36On travaille,
08:37mais on n'a plus les moyens de se loger,
08:38on n'a plus les moyens
08:39de mettre du carburant dans notre voiture,
08:41on a encore moins les moyens
08:42de partir en vacances.
08:43Est-ce que c'est que le problème
08:45du goût à l'effort ?
08:46Est-ce qu'il n'y a pas le problème
08:47de redistribution des échecs aujourd'hui ?
08:49Ce que vous venez d'évoquer
08:49est une réalité,
08:50mais c'est une conséquence.
08:52Ce n'est pas la cause.
08:54La cause,
08:55c'est que nous avons,
08:55depuis la fin des années 90,
08:57promu la paresse
08:58et non pas l'effort.
09:00Or, il n'y a pas de nation
09:01qui se relève sans effort.
09:02Il faut qu'on redonne au travail
09:04sa valeur.
09:05Il faut que les salariés,
09:06depuis 2012,
09:08si vous avez lu mon livre,
09:10puisque vous avez évoqué,
09:12j'ai déjà à l'époque dit
09:13qu'il faut que le SMIC
09:14soit à plus de 1 400 euros à l'époque.
09:16à l'époque.
09:18Je pense que les salariés
09:19ne sont pas assez.
09:19On débat toujours autour de ça,
09:20aujourd'hui d'ailleurs.
09:21Aujourd'hui,
09:22c'est-à-dire à 14 ans après.
09:24Donc,
09:25je pense sincèrement
09:26que le travail
09:28ne paye pas.
09:29Ne paye pas assez.
09:30Aujourd'hui,
09:31le pouvoir d'achat des Français
09:32est au plus bas.
09:34Nous ne pouvons plus
09:35continuer ainsi.
09:36Il va falloir inverser les choses.
09:38Il faut que l'État dépense
09:39moins,
09:40mais mieux.
09:41Et il faut qu'on
09:42mette de l'effort
09:43dans la recherche,
09:45le développement,
09:45dans les investissements,
09:46dans la création de la valeur,
09:48de façon à ce que
09:49tout un chacun
09:49puisse trouver un travail.
09:51Il y a du travail.
09:52Sauf que malheureusement,
09:54aujourd'hui,
09:54nous n'investissons pas assez.
09:56Notre pays
09:57ne donne pas
09:58plus
09:58d'argent
09:59là où il faut.
10:01Alors,
10:01votre parcours politique
10:02à présent,
10:03je le disais en introduction,
10:04vous avez tout souvent été
10:04candidat des élections,
10:05les sénatoriales déjà en 2020,
10:07les municipales à Montpellier
10:08en 2014,
10:10législatives aussi
10:10du 1017-2022.
10:12Seul mandat que vous avez occupé
10:13jusqu'à présent,
10:14c'est celui de conseiller régional
10:15de 2015 à 2021
10:16dans l'opposition.
10:17Au moins,
10:18on ne peut pas vous reprocher
10:18un manque de persévérance.
10:20Depuis le 2021,
10:21vous rongiez votre frein ?
10:23Pas du tout.
10:24Comme je vous disais tout à l'heure,
10:25d'abord,
10:25je reviens sur les élections
10:26précédentes,
10:27les candidatures précédentes.
10:28Comme vous le savez,
10:29j'ai toujours été
10:30à contre le vent.
10:32Et une élection
10:33ne se fait jamais
10:33contre le vent.
10:35Sauf cette fois,
10:36depuis 2020,
10:37j'ai continué le travail
10:39auprès des maires,
10:40principalement
10:41des collectivités territoriales.
10:43Et comme je disais
10:45tout à l'heure,
10:45je me répète,
10:46j'ai tissé avec eux
10:47un lien,
10:48ils me l'ont rendu.
10:49Cette élection,
10:50vous disiez tout à l'heure,
10:51personne ne l'attendait.
10:52Mais eux,
10:53ils savaient,
10:53ils m'ont toujours dit
10:54cette fois c'est la bonne.
10:55Et ça a été la réalité.
10:57Je n'ai été soutenu
10:58par aucun parti politique.
11:00Je n'ai été soutenu
11:01que par ces maires,
11:02que par ces conseillers
11:04municipaux,
11:04que par ces gens
11:05qui ont vu
11:07un autre profil,
11:08le profil de celui
11:09qui n'a pas
11:10le langage politicien,
11:11qui a le langage
11:12des réalités,
11:13qui a épousé leur cause
11:15et qui va travailler
11:16pendant tout son mandat
11:17afin de les servir.
11:19Alors vous avez aussi
11:19exercé des responsabilités
11:22économiques,
11:23puisqu'en tant que chef
11:23d'entreprise,
11:24vous avez au sein
11:25de la CCI de l'Hérault,
11:26par exemple,
11:26été président
11:27de la commission
11:27de formation
11:28et vous étiez aussi
11:29membre de la commission
11:29des finances
11:30de la chambre de commerce
11:31et d'industrie
11:32de l'Hérault.
11:33Pardon de vous rappeler
11:34cet épisode,
11:34mais vous n'y avez pas
11:35forcément laissé
11:36que des bons souvenirs
11:36puisque vous aviez
11:37accusé la gestion
11:38de son ancien président,
11:39Gérard Boras,
11:40et dénoncé
11:41des faits de corruption.
11:42La justice vous a donné
11:43tort au bout
11:44de très longtemps,
11:45dix ans de procédure
11:46et même condamnée
11:47pour dénonciation
11:48téméraire.
11:49Est-ce que vous regrettez
11:50cet épisode aujourd'hui ?
11:51Pardonnez-moi
11:51de vous rappeler
11:52quand même
11:52que vous n'avez pas lu
11:54l'ordonnance.
11:55Elle dit que la justice
11:56m'a donné raison,
11:58mais que cela ne constituait
11:59pas un pacte de corruption.
12:01Alors si vous le souhaitez,
12:03je peux vous rappeler
12:03cette ordonnance.
12:04La justice a dit
12:05tout ce qu'a dit
12:06Joseph Francis
12:07a été confirmé
12:08par l'enquête.
12:10Alors pourquoi vous a-t-elle
12:10condamné du coup ?
12:12Elle ne m'a pas
12:12du tout condamné,
12:13au contraire,
12:14j'ai gagné sept procès.
12:15Sept fois,
12:16j'ai gagné les procès
12:18au contraire.
12:19Je crois que malheureusement
12:20ça n'a pas été assez dit.
12:23J'ai gagné sept fois
12:24le procès en pénal
12:27contre M. Boras.
12:28Vous ne regrettez pas
12:29en tout cas cet épisode
12:30un peu douloureux
12:31de votre parcours ?
12:32Pas du tout.
12:33Ce n'est pas un épisode douloureux.
12:34A chaque fois qu'il y a
12:35un argent qui est dépensé
12:37autrement que pour
12:38l'intérêt général,
12:39je le dénoncerai.
12:40On ne peut plus
12:41se permettre dans ce pays
12:42de dépenser l'argent
12:43à tort et à travers
12:44sans que ça soit utile.
12:45Il faut que ça soit utile
12:47et efficace.
12:47Ce que j'ai dénoncé,
12:49c'était l'utilisation
12:49de l'argent de Subdeco
12:51à des fins qui n'étaient pas
12:52dans la pédagogie
12:53et la recherche.
12:54Eh bien,
12:55je suis content
12:56parce que les choses
12:58ont été rendues
12:59à leur place.
13:00Et depuis,
13:01maintenant,
13:01je suis ravi
13:02que ce que je souhaitais,
13:04c'est-à-dire
13:04le campus Subdeco
13:05a vu le jour
13:06grâce au fait
13:08que j'ai dénoncé
13:10ne pas utiliser
13:11l'argent
13:11à tort et à travers.
13:13Voilà ce qui s'est passé.
13:14Ça, c'est...
13:15Merci de m'avoir posé
13:16cette question.
13:17Au contraire,
13:18vous me rendez service
13:19parce qu'il faut
13:20que vérité soit rendue.
13:22Que M. Borras
13:23n'ait pas été condamné,
13:24ça ne me dérange pas
13:25du tout.
13:25Au contraire,
13:26je ne souhaite pas
13:27faire condamner les gens.
13:28Ce que je souhaite,
13:29c'est rendre
13:29la gestion utile.
13:31Alors,
13:32revenons à la politique,
13:33Joseph Francis.
13:34Vous avez longtemps
13:34appartenu à l'UDI,
13:35dont vous étiez d'ailleurs
13:36le responsable départemental
13:38dans l'Hérault,
13:39mais parti que vous avez créé
13:40aussi aux côtés
13:41de Jean-Louis Borloo
13:41et que vous avez quitté
13:42en 2019.
13:43Emmanuel Macron
13:44était alors élu
13:45depuis deux ans.
13:46Aujourd'hui,
13:47ce parti,
13:47l'UDI,
13:48n'a plus vraiment
13:48de visibilité
13:49dans le paysage
13:50politique français.
13:51Est-ce que vous aviez
13:52senti les choses
13:53avant tout le monde
13:53du coup,
13:54en le quittant ?
13:55D'abord,
13:56je voudrais vous dire
13:56que j'ai été ébloui.
13:59Le mot n'est faible
14:01par les visions,
14:03par l'intelligence
14:04de Jean-Louis Borloo.
14:05Je l'ai accompagné
14:06dans la création
14:08de l'UDI.
14:09J'ai été un des membres
14:09fondateurs
14:11et comme vous le savez,
14:12Jean-Louis Borloo
14:12a dû quitter
14:14l'UDI
14:15et la politique.
14:16Je suis resté
14:18de façon à pouvoir
14:19continuer l'œuvre
14:20et j'ai quitté
14:21quand j'ai vu
14:21que l'œuvre
14:22n'était plus la même.
14:23Alors maintenant,
14:24je suis sans parti politique.
14:26Je m'en réjouis.
14:28Mais apparenté,
14:29je vais revenir,
14:29mais apparenté
14:30les Républicains au Sénat
14:31puisque vous avez siégé...
14:32Ça, c'est le groupe politique.
14:33Ça n'est pas
14:34l'appartenance
14:35à l'appartenance.
14:35Mais vous n'êtes pas de carte.
14:37Je n'ai pas de carte.
14:38Un parti politique.
14:38Et je m'en réjouis
14:39parce que je veux
14:41conserver ma liberté
14:42comme je l'ai toujours dit
14:43lors de la campagne électorale.
14:45Alors,
14:45j'aimerais qu'on parle.
14:46Il nous reste peu de temps
14:47et j'ai encore
14:48plusieurs questions
14:48à vous poser.
14:49D'abord,
14:49ce mandat de sénateur
14:50que vous entamez.
14:51Beaucoup s'interrogent
14:52sur la façon
14:52dont vous y êtes pris
14:53pour convaincre
14:54les 427, je crois,
14:55grands électeurs
14:56qui vous ont permis
14:56d'être élus.
14:57Qu'est-ce qu'a pesé
14:58selon vous,
14:58à votre faveur ?
14:59Ce dialogue
15:00que vous aviez avec eux
15:00depuis des années
15:01ou autre chose ?
15:02C'est d'abord
15:03ce dialogue-là
15:04et mon profil.
15:05Ils ne veulent plus
15:06entendre parler
15:07des politiques politiciens.
15:09Je leur ai parlé
15:10des réalités des choses,
15:11des réalités des problèmes.
15:12En tout cas,
15:12ceux qui ont voté pour vous.
15:13Est-ce que d'autres
15:14ont voté pour le Rassemblement National
15:15ou le Parti Socialiste ?
15:16Évidemment.
15:17Je n'ai pas pu rencontrer
15:19les 2739 grands électeurs.
15:22Au Sénat,
15:22vous allez siéger
15:23au sein de la Commission
15:24des Affaires Économiques.
15:25Ce qui n'est pas vraiment
15:25une surprise
15:26quand on connaît votre profil.
15:27Mais c'est assez vaste
15:28les affaires économiques.
15:29Et le mandat de sénateur,
15:31c'est un mandat au service
15:31des territoires
15:32et des collectivités.
15:33Comment, selon vous,
15:34on peut allier l'économie
15:35et toutes ses contraintes
15:36et notamment budgétaires,
15:37on voit dans quel état
15:38est la France aujourd'hui,
15:39avec ce dont ont cruellement
15:41besoin les territoires aujourd'hui ?
15:42Alors d'abord,
15:44il faut avoir
15:45beaucoup d'humilité.
15:46Mais,
15:47beaucoup d'engagement
15:48et de volontarisme.
15:50je n'abandonne rien.
15:52Je me suis engagé
15:53avec un certain nombre
15:54de projets de loi.
15:55On a pu le comprendre
15:56que vous n'étiez pas
15:56du genre à abandonner.
15:57Non, non.
15:59Eh bien,
16:00j'irai jusqu'au bout.
16:01Je vais bientôt
16:01m'occuper de la loi SRU.
16:03Je vais m'occuper
16:04d'un certain nombre
16:05de projets de loi
16:06pour lesquels
16:07je me suis engagé.
16:08Et puis,
16:09je souhaite,
16:10je souhaite
16:11m'occuper à terme
16:12pendant ce mandat
16:12de la réindustrialisation
16:14de notre pays.
16:15Mais comme vous le savez,
16:16cela dépendra
16:17de l'élection présidentielle.
16:18Et de l'Hérault aussi ?
16:19Ce n'est pas
16:21un département industriel,
16:22l'Hérault.
16:23Il n'a jamais
16:23véritablement été.
16:25Mais vous pensez
16:26qu'il y a aussi
16:26des choses à faire
16:27dans ce département,
16:28dans ce domaine ?
16:28Alors,
16:29quand vous dites
16:29qu'il n'est pas industriel,
16:30c'est-à-dire qu'il n'y a pas
16:31beaucoup de cheminées.
16:32Ce n'est pas l'étang de Berre.
16:33Mais désormais,
16:34l'industrie n'est pas
16:34la même qu'avant.
16:35On va créer
16:36de l'industrie
16:38intermédiaire
16:38dans ce pays.
16:39Je le disais,
16:40vous siégerez donc
16:40comme apparenté
16:41les Républicains,
16:42dont vous avez battu
16:43la liste officielle
16:44au sénatorial,
16:45visiblement,
16:46ils ne vous en veulent pas trop.
16:47C'est moi
16:48qui ne leur en veux pas trop.
16:50C'est eux
16:50qui sont venus vous chercher ?
16:51Non, non, non.
16:52J'ai rencontré
16:53le président Larcher
16:54dès mon arrivée
16:55le premier jour.
16:56Et je lui ai dit
16:57que je suis un gaulliste social.
16:59Et il m'a dit
17:00qu'il serait ravi
17:03que je puisse appartenir
17:04à son groupe majoritaire.
17:06Et d'ailleurs,
17:06je ne regrette pas du tout
17:07parce que depuis
17:08que je suis dans ce groupe,
17:09j'obtiens tout ce que je veux
17:10au niveau du Sénat.
17:11Trois questions pour terminer.
17:13Et ça nous amène
17:14à évoquer la présidentielle.
17:16Quel grand rendez-vous
17:16électoral des prochains mois.
17:18Qui allez-vous soutenir,
17:19Joseph Francis ?
17:20Pardon ?
17:21Qui allez-vous soutenir
17:22pour la présidentielle ?
17:22Le candidat unique
17:23du Bloc central.
17:24Ah, ça m'amène
17:25à vous poser la question suivante.
17:26Il y en a bien un
17:27qui a votre préférence
17:28pour le moment, non ?
17:28Non, aucun.
17:29Parmi les prétendants ?
17:30Aucun.
17:31Strictement aucun ?
17:31Aucun.
17:32La seule qui a ma préférence
17:33c'est la France.
17:34Oui.
17:34Mais est-ce que vous faites partie
17:35de ceux qui pensent
17:37qu'une primaire à droite,
17:38justement,
17:38parce que vous parlez
17:39de candidat unique ?
17:40Donc pour ça,
17:41il faudra une primaire
17:41pour le désigner
17:42et pour départager
17:43les quatre principaux prétendants.
17:45Est-ce que vous pensez
17:46que cette primaire
17:47est indispensable
17:48et même inéluctable ?
17:49Non, je pense
17:50qu'il ne faut pas de primaire.
17:52Je pense qu'il faut
17:53que ces candidats
17:54se mettent dans une pièce
17:55comme ont fait
17:57les responsables
17:58des partis politiques
17:59de gauche
18:00en 2024
18:01après la dissolution.
18:02Oui.
18:03Ils ne sont sortis
18:04qu'avec un accord.
18:05Mais vous croyez
18:05que c'est possible ça ?
18:06Je ne sais rien.
18:07Mais la bataille des égaux,
18:08elle est terrible.
18:09Oui, justement.
18:10Il faudrait qu'ils mettent
18:11leurs égaux
18:11à l'extérieur de la pièce
18:12comme les curés
18:13quand ils rentrent
18:13dans l'église.
18:14Ils mettent leur saut
18:15de péché à l'intérieur.
18:16Mais en fonction de quoi
18:16ils décident ?
18:17En fonction de la position
18:18des uns et des autres
18:18dans les sondages ?
18:19C'est-à-dire que par exemple,
18:20à priori, pour l'instant,
18:21ce serait plutôt
18:21Édouard Philippe
18:22qui serait le favori,
18:23Gabriel Attal
18:24un peu dans les choux,
18:25David Lissnard
18:25en train de faire
18:26une montée spectaculaire
18:27et Bruno Rotaillot
18:28se maintient.
18:28Méfions-nous
18:29de tous les sondages
18:30à six mois
18:30des élections.
18:31Il faut qu'ils se mettent
18:32d'accord sur un projet
18:34et il y a de la place
18:35pour tout le monde
18:36mais qu'il y ait
18:36un seul candidat.
18:37La seule chose
18:38que je demande,
18:39c'est cela.
18:40Parce que sinon,
18:41c'est la catastrophe.
18:42Sinon, c'est la catastrophe.
18:44Parce que le projet
18:47économique du RN
18:47est une catastrophe
18:48pour le pays.
18:50Donc je souhaite
18:50que le bloc...
18:51Pas LFI ?
18:51Pas la France Insoumise ?
18:53Ah non, mais excusez-moi.
18:55Il y a plusieurs gradations
18:56de diable.
18:58La LFI n'en parlons pas.
18:59Pour moi,
19:00ce n'est pas la peine.
19:01J'espère qu'ils n'auront
19:02aucune chance
19:02de gagner dans ce pays
19:03parce que je n'ai pas
19:04envie de revenir
19:05à une dictature prolétaire.
19:07Donc quel que soit
19:08celui qui sera
19:08éventuellement désigné
19:09soit de manière informelle
19:11soit de manière officielle
19:12via une primaire,
19:13vous le soutiendrez
19:13de toute façon
19:14le candidat de la France ?
19:14Quel qu'il soit,
19:15de Glucksmann
19:16jusqu'à Retailleau.
19:18De Glucksmann ?
19:19Absolument,
19:19c'est le bloc central.
19:21Raphaël Glucksmann
19:21a aussi,
19:23je ne dirais pas
19:23votre préférence
19:24mais votre sympathie politique ?
19:25Pas du tout,
19:27démocrate
19:27et ça va très bien
19:28avec le gaullisme social.
19:30Ça va très bien
19:30avec une droite
19:32qui veut le régalien.
19:34Je pense,
19:35mais non,
19:35il faut qu'il abandonne
19:36un peu de ses idées
19:37de gauche radicale
19:39et de gauche sectaire.
19:40Mais sinon,
19:41oui,
19:42pourquoi pas ?
19:43Allez,
19:43la dernière question
19:44qui est la même
19:45que celle qu'on pose
19:46à tous les invités
19:47de Ici,
19:47on se dit tout.
19:48Je sais que vous ne l'êtes pas.
19:50Je sais que vous n'êtes pas candidat
19:51parce que généralement
19:52on nous répond ça
19:53mais vous avez remarqué
19:53que je ne suis pas candidat.
19:54Mais si demain,
19:55Joseph Francis,
19:56vous étiez président
19:57de la République.
19:58Quelle serait la toute première mesure
20:00que vous prendriez ?
20:01Règle d'or
20:02au niveau de la Constitution
20:03pour que plus jamais
20:04le budget primaire
20:06de l'État
20:07soit déficitaire.
20:09Là,
20:10vous faites référence
20:10à la dette publique ?
20:11Je fais référence
20:13à la dette,
20:14je fais référence
20:15à la gabegie
20:16des dépenses publiques
20:18et qu'on ne met pas l'argent
20:19là où il faut.
20:20Nos hôpitaux,
20:21notre gendarmerie,
20:22notre police,
20:23notre éducation nationale,
20:25notre justice,
20:26il faut absolument
20:27aller vers le régalien.
20:28Et tant que l'État
20:30s'occupe de tout,
20:31il fait mal
20:32quasiment tout.
20:33Donc,
20:34il faut qu'il laisse
20:34aux régions
20:36tout ce qui est
20:37développement économique,
20:38tout ce qui est
20:39industrialisation.
20:40Il faut couper
20:41Bercy en deux
20:42de façon à ce qu'on arrête
20:44un peu les contrôles
20:45qui n'ont aucun sens
20:46et qu'on sanctionne
20:47beaucoup plus lourdement
20:47tous les gens qui votent.
20:48Et pour plus qu'il y ait de difficiles,
20:49il faut déjà régler
20:50le problème de la dette.
20:51C'est compliqué ?
20:52On fait comment ?
20:53Le problème de la dette
20:53en soi n'est pas un problème.
20:55Le problème,
20:56c'est qu'elle est systémique.
20:57C'est-à-dire
20:58qu'on ne l'arrête pas.
20:59Donc,
21:00pour arrêter la dette,
21:01il faut arrêter les déficits.
21:02Aujourd'hui,
21:03ce qu'il faut,
21:03c'est tirer un trait
21:04et dire,
21:05voilà,
21:05on a 4 000 milliards,
21:07on a besoin
21:07de 500 milliards
21:08d'investissements
21:09pour transformer
21:09notre société
21:10et rendre utile
21:11tout l'argent
21:12qu'on dépense.
21:13Mais le pays
21:14peut supporter
21:14même 4 500 milliards.
21:16Ce n'est pas le problème.
21:17Si nos taux d'intérêt
21:18ne baissent pas,
21:19ce n'est pas à cause
21:19de la dette,
21:20c'est à cause du fait
21:21que le gouvernement
21:21ne prend aucune mesure
21:24pour arrêter la gabegie.
21:26Merci,
21:27Joseph Francis,
21:28nouveau sénateur de l'Hérault,
21:30d'avoir participé
21:30à ce rendez-vous
21:31et je pense que
21:32à l'issue de ces 20 minutes,
21:34celles et ceux
21:35qui nous regardent
21:35ou qui nous écoutent,
21:36du coup,
21:37on savent un peu mieux
21:37sur vous
21:38et c'était précisément
21:38l'objectif de ce rendez-vous.
21:40Merci à vous.
21:41Merci de votre invitation.
21:42Merci à vous.
21:42– Sous-titrage FR 2021