- il y a 17 heures
"Ici, on se dit tout !" le rendez-vous politique d'Ici Hérault. Notre invité cette semaine est Henri Cabanel, ancien sénateur de l'Hérault.
Toute l'actualité dans vos régions avec ICI ex-France Bleu : https://www.ici.fr/
Toute l'actualité dans vos régions avec ICI ex-France Bleu : https://www.ici.fr/
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Ici Ose dit tout, le rendez-vous politique de Ici Hérault. Nous sommes aujourd'hui avec Henri Cabanel qui vient
00:04de rendre son siège de sénateur.
00:06Il n'était pas candidat au dernier scrutin du 27 septembre dernier après avoir passé 12 ans au sein de
00:12la chambre haute du Parlement.
00:14D'abord avec les socialistes et puis dans les rangs du Rassemblement démocratique social européen.
00:18Bonjour Henri Cabanel.
00:20Bonjour.
00:21Viticulteur toute votre vie, homme politique à la retraite depuis quelques jours.
00:25Aujourd'hui vous êtes un homme libre de tout mandat politique. Vous êtes dans quel état d'esprit ?
00:30Pour vous parler franchement, je suis soulagé.
00:34Soulagé parce que j'avais déjà préparé cet arrêt depuis longtemps puisque je suis contre le non-cumulé de mandat
00:40dans le temps.
00:41Comme on l'exige d'ailleurs au président de la République.
00:44C'est vrai que vous n'étiez pas candidat.
00:46Non, non, je n'étais pas candidat.
00:47Et soulagé parce que je me suis toujours engagé à fond dans la vie politique et notamment au Sénat.
00:59Et soulagé parce que j'avais des difficultés à supporter l'ambiance aujourd'hui qui règne depuis quelques temps.
01:07Où effectivement il n'y a pas trop de clarté, il n'y a pas de visibilité.
01:11Il n'y a plus de projet de loi présenté par le gouvernement.
01:16Ou peu à part le projet de loi de finances.
01:18On ne sait jamais où ça va aller.
01:19Et quelquefois pris par la honte, je n'ai pas peur de le dire.
01:26Donc, pas soulagé mais dégoûté également.
01:28Non, non, soulagé parce que la honte de ne pas pouvoir arriver à s'entendre pour voter un projet de
01:35loi de finances.
01:37On met toujours en avant, effectivement, l'instabilité politique à l'Assemblée nationale.
01:42Mais voilà, notre devoir en tant que parlementaire, c'est de s'adapter à la situation.
01:47Et de trouver donc le bon compromis dans l'intérêt général.
01:52Moi, je suis toujours resté dans la nuance.
01:54Voilà.
01:55Et ça, c'est...
01:55Mais bon, voilà.
01:56Les positions avec nuance, c'est peut-être un petit peu compliqué maintenant.
01:59Bon, en politique.
02:01Politique, vous avez démarré très jeune, à 23 ans.
02:0424 ans.
02:0524 ans.
02:06Vous êtes élu conseiller municipal à Servian.
02:09À 30 ans, vous arrêtez parce que le maire de Servian de l'époque vous dit
02:13« Tu n'es pas fait pour la politique, tu as une trop grande bouche ».
02:16Oui, parce que j'ai fait une expérience de 6 années où, quand on est venu me chercher,
02:20on m'a dit « Tu vas faire partie d'une équipe ».
02:24Et rapidement, j'ai vu que l'équipe, elle n'existait pas.
02:27Que c'était le maire avec ses adjoints qui dirigeaient.
02:30Et que nous, on était, voilà, une sorte des marionnettes.
02:35Donc, à la fin de mon engagement, puisque je suis allé au bout,
02:39je leur ai dit ce que je pensais.
02:41Et ça, ils n'étaient peut-être pas habitués.
02:43Et on m'a dit « Tu es trop franc, tu n'arrieras jamais à faire de la politique ».
02:46D'accord.
02:47Bon, c'est étrange quand même.
02:50Du coup, vous arrêtez la politique à 30 ans.
02:52Vous dites « Ok, j'arrête ».
02:53Vous devenez président de la CAF coopérative de Servian.
02:55Puis, vous retrouvez un mandat politique à 40 ans au Conseil Général.
02:59Et 55 ans, le début au Sénat en 2014.
03:02D'abord avec le Parti Socialiste que vous allez quitter en 2019,
03:06sous l'ère François Hollande.
03:08Et puis, vous rejoignez le mouvement politique d'Arnaud Montebourg.
03:11Engagement, ce qui vous positionne sur l'échiquier politique.
03:13Après quasi 40 ans de vie politique,
03:16quelle va être votre vie désormais ?
03:18Oh, j'ai plein de projets.
03:21J'ai un investissement encore dans le milieu associatif.
03:26J'ai quelques travaux qui ne sont pas terminés et qui me tiennent à cœur.
03:31Par exemple, la responsabilité sociétale des élus,
03:34que je suis en train de mettre en place.
03:37Et donc là, en partenariat avec une association nationale,
03:40à l'empreinte citoyenne,
03:42je vais continuer pour arriver à trouver la force et l'énergie
03:46avec d'autres élus,
03:48de créer un label RSE.
03:51C'est-à-dire ?
03:52Parce que j'étais le seul cabinet parlementaire
03:55engagé en responsabilité sociétale des entreprises.
03:58Le RSE.
03:59Le RSE.
03:59Et dès mon engagement,
04:02j'ai réfléchi et travaillé
04:04pour que ce label soit spécifiquement
04:08apporté à des élus.
04:09dans le même cadre que la RSE,
04:11dans l'esprit volontaire,
04:12de volontariat.
04:13Avec une certaine éthique.
04:15Voilà, avec une certaine éthique,
04:16une certaine déontologie,
04:18puisque, voilà, pour moi,
04:20l'exemplarité des élus
04:22est quelque chose d'indispensable.
04:24Et on le voit aujourd'hui,
04:25à travers donc le peu de confiance
04:28que nous font les citoyens,
04:30il faut créer quelque chose.
04:33Et ça, ça me tient à cœur.
04:34Puis j'ai d'autres, effectivement...
04:36Vous êtes viticulteur quand même aussi.
04:38Oui, viticulteur.
04:3867 ans, vous restez dans vos vignes.
04:40Alors, j'ai cédé mes vignes
04:43à un de mes enfants,
04:45à mon fils, mon dernier.
04:47Vigne que vous avez rendue en bio,
04:49entre-temps.
04:50En bio, oui.
04:50Et donc là, il a un gros projet
04:53d'une cave vinaire
04:55au centre de notre exploitation
04:57et un projet agri-voltaïque.
04:59Donc, il est en train de le monter.
05:02Et pour que je puisse continuer
05:05à travailler dans mes vignes,
05:06il a été obligé de me salarier
05:08puisque c'est la loi
05:09pour éviter le travail illicite.
05:12Donc, je suis maintenant
05:13salarié agricole,
05:15depuis ma retraite,
05:17depuis déjà 4 ans,
05:18salarié agricole
05:19sur mon ancienne exploitation.
05:20Je sais que vous avez
05:21un regard particulier,
05:22juste du coup,
05:23sur l'agriculture,
05:24sur ce qui se passe.
05:25On entend beaucoup
05:26la colère des agriculteurs
05:27depuis plusieurs mois.
05:28Est-ce que ça va dans le bon sens ?
05:30Est-ce que l'agriculture française
05:31va dans le bon sens,
05:32notamment dans le contexte
05:33climatique actuel ?
05:35Et c'est pour ça que je vous dis
05:36que je suis soulagé
05:38parce que dans les différents débats
05:42qu'on a eus à faire
05:44au sein du Sénat,
05:46les différents ministres de l'agriculture
05:49qui se sont succédés,
05:50j'ai toujours dénoncé
05:51le fait qu'on n'ait pas
05:54de hauteur de vue.
05:56Et je l'ai dit encore
05:57le 21 juillet dernier
05:58à la ministre qui est en place.
06:01J'ai dit,
06:01Madame la ministre,
06:02ça fait 20 mois
06:03que vous êtes ministre de l'agriculture.
06:05Annie Gennevard.
06:05Annie Gennevard,
06:06ça fait 5 lois qu'on vote.
06:08Quand est-ce,
06:09on va prendre un peu de hauteur
06:12pour effectivement
06:13avoir une agriculture
06:14digne de ce nom ?
06:16Parce que, voilà,
06:17moi je suis persuadé
06:18qu'on perd du terrain
06:19et qu'on doit effectivement
06:22avoir une réflexion globale,
06:26s'inscrire dans le temps
06:27avec des enjeux fondamentaux.
06:29Alors justement,
06:30assez rapidement,
06:31c'est quoi ces enjeux selon vous
06:32pour l'agriculture aujourd'hui ?
06:33Pour moi, il y en a 3.
06:343 principaux.
06:36La souveraineté alimentaire,
06:37qu'on soit totalement indépendant
06:40en termes donc de production agricole.
06:43L'adaptation au changement climatique,
06:45et on l'a vu cet été
06:45avec ces canicules
06:47qui se sont succédées,
06:48et le revenu des agriculteurs.
06:50Voilà.
06:51Et là, on peut effectivement discuter,
06:53faire une grande loi.
06:54Mais là, bon, voilà,
06:55comme dans les partis politiques,
06:56il n'y a pas de carter,
06:57il n'y a plus de carter,
06:58on fait des petites lois,
07:00les unes après les autres,
07:01mais on répond à l'urgence.
07:03Et donc, là, de nouveau,
07:05la ministre qui était présente
07:07dans l'Hérault a répondu à l'urgence.
07:09On va débloquer des fonds,
07:11mais sans avoir une vision
07:13à moyen et long terme.
07:15Donc, je pense que c'est une erreur.
07:16Alors, on va revenir
07:17à la politique pure et dure,
07:19j'ai envie de dire,
07:20sur ces dernières élections sénatoriales,
07:22le dernier scrutin,
07:23le 27 septembre,
07:24la gauche perd un siège
07:26au Sénat dans l'Hérault,
07:27passant de trois élus à deux,
07:29au profit du RN,
07:31du Rassemblement National,
07:32avec l'élection de Manon Bouquin.
07:34Ça vous étonne ?
07:35La faute à qui ?
07:36Ah non, moi,
07:38ça ne m'étonne pas du tout,
07:39dans le sens où, d'abord,
07:41il faut laisser la démocratie
07:43s'exprimer, elle s'est exprimée,
07:45et donc, on n'a pas les uns les autres
07:48à chercher des boucs émissaires.
07:50Quand vous dites,
07:51on avait trois sièges de gauche,
07:54vous avez raison.
07:56Mais, quand je me suis présenté en 2014,
07:58il y en avait deux à droite
07:59et deux à gauche.
08:01Quand je me suis présenté en 2020,
08:04en fait, personne n'aurait parié
08:07un centime d'euros
08:08sur le fait que je sois élu,
08:10puisque je suis parti totalement hors-parti.
08:14avec la ville de Montpellier
08:15contre moi,
08:16avec toutes les grandes villes
08:17du département contre moi,
08:18tous les partis politiques contre moi.
08:20Donc, le parti socialiste contre vous ?
08:22Et le parti socialiste,
08:22puisqu'il a mis un candidat en face.
08:27Et donc, si vous voulez,
08:28ils n'ont pas suffisamment réfléchi
08:31sur le fait que, pendant six ans,
08:33j'avais travaillé,
08:33je suis allé dans toutes les communes
08:35de ce département,
08:36et que certains grands électeurs
08:39m'ont fait confiance,
08:40en me renouvelant,
08:41donc, ce siège-là.
08:43Mais, si j'ai pu m'exprimer ici,
08:45c'est un hold-up qu'on a pu faire,
08:47parce qu'en 2014,
08:49il y avait deux sièges à droite
08:50et deux sièges à gauche.
08:50Aujourd'hui, il y a deux sièges
08:52pour le parti socialiste
08:53et deux sièges à droite.
08:55Alors, effectivement,
08:56un siège du Rassemblement national.
08:58Mais bon, quand on voit
09:00la division qu'il y a pu y avoir,
09:02et le fait que,
09:04que ce soit dans ce département...
09:06Ou à gauche ?
09:06À gauche et à droite.
09:09Toutes les listes,
09:10chacun se sent indispensable
09:11pour être candidat.
09:13Mais, ça, ça montre bien
09:15que les partis politiques,
09:16à mon sens,
09:17ça, c'est mon analyse personnelle,
09:19mais il y a bien longtemps
09:20qu'ils ont perdu,
09:22si vous voulez,
09:23ce pour quoi ils ont été fondés,
09:25c'est-à-dire de réfléchir
09:26entre militants
09:27à un idéal de société,
09:30de faire des propositions.
09:31Là, aujourd'hui,
09:31on veut gagner des élections,
09:33donc chacun part avec sa bannière,
09:34mais on se divise, forcément.
09:36Est-ce que c'est précurseur
09:37de ce qui va se passer
09:38pour la campagne présidentielle ?
09:40Moi, j'ai toujours dit,
09:42quand on est élu,
09:43on n'a pas le droit
09:45de ne pas avoir espoir.
09:47Voilà.
09:48Mais, au fil des scrutins,
09:51on s'aperçoit que,
09:53si on reste sur cette année,
09:55les municipales,
09:56en 2026,
09:57où il y a une grande ville
09:58du département
10:00qui bascule RN,
10:02les sénatoriales,
10:04ça peut présager,
10:05effectivement,
10:06que sur les présidentielles
10:08qui s'annoncent,
10:09voilà,
10:09on risque de connaître
10:10le même sort.
10:11Et ça ne sera pas
10:12une surprise,
10:13puisqu'il y a bien longtemps
10:15qu'on voit que ça progresse.
10:17Moi, vous savez,
10:17la dernière élection
10:20départementale
10:21que j'ai eu l'honneur
10:22de mener,
10:23je crois que c'était
10:23en 2011,
10:25il me semble,
10:28sur tout le Mitterrois,
10:29on n'avait jamais vu ça.
10:31Les candidats socialistes
10:32du Mitterrois
10:34ont été confrontés,
10:35en 2011,
10:37à que des candidats
10:39Rassemblement National,
10:40à l'époque.
10:42Et ils ont fait 40%
10:44étant méconnus
10:45de tout le monde.
10:47Derrière,
10:48il y a eu 2014,
10:50l'arrivée de Ménard,
10:52portée par le Rassemblement National
10:54à Béziers,
10:55son épouse
10:56qui prend
10:57la circonscription,
10:59la seule
10:59de la sixième circonscription,
11:01les départementales
11:02qui suivent
11:04six conseillers
11:06départementaux
11:07RN qui rentrent,
11:07etc.
11:09Donc,
11:09voilà,
11:10on a laissé faire.
11:10ce ne serait pas
11:11une surprise
11:13que...
11:14Ce n'est pas une surprise
11:15que la candidate
11:16Rassemblement National
11:17soit en tête
11:19de fondage.
11:19Certains vont être surpris,
11:21moi je ne le saurais pas.
11:22Certains ont été surpris
11:24sur ces élections
11:25sénatoriales.
11:26Mais bon,
11:26ce n'est que la continuité
11:28de ce qui se passe
11:28depuis un moment.
11:29Vous soutiendrez
11:31un candidat,
11:31vous,
11:32à la présidentielle ?
11:33Ou une candidate ?
11:33À la présidentielle,
11:35oui,
11:35je vais soutenir
11:36une candidate
11:36qui n'est pas encore déclarée
11:38mais qui,
11:38je l'espère,
11:39va le faire
11:40dans les jours qui viennent.
11:42C'est la journaliste
11:44Natacha Polony
11:45qui,
11:46depuis quelque temps,
11:47depuis qu'elle est partie
11:48de Marianne,
11:49a créé
11:50un journal
11:51qui s'appelle
11:51L'Audace
11:52et sur lequel,
11:53effectivement,
11:55elle rentre
11:56sur des idées
11:57de fonds,
11:58que ce soit au niveau
11:59européen
11:59ou que ce soit
12:00au niveau national,
12:01qui,
12:02me semble-t-il,
12:03vont un petit peu
12:05bousculer le débat
12:06et en tout cas
12:06l'enrichir,
12:07ça je suis convaincu.
12:08En tout cas,
12:08elle dit aujourd'hui
12:09j'en ai assez
12:10de commenter le désastre.
12:12Voilà,
12:13effectivement,
12:13ce n'est pas un suspense.
12:15Elle ne s'est pas encore
12:17déclarée
12:17mais ça devrait être fait
12:18dans les prochains jours
12:19voire les prochaines heures.
12:20Henri Cabanel,
12:21on va faire ensemble
12:21votre bilan
12:23au sein du Sénat.
12:24Deux mandats,
12:24douze ans,
12:25de quelle action politique
12:26êtes-vous le plus fier ?
12:28Alors,
12:29à ce qui me concerne,
12:31forcément,
12:32c'est la mission
12:35que j'ai pu mener
12:37sur le mal-être
12:38des agriculteurs.
12:39Mon devoir
12:40en tant qu'agriculteur
12:41était de mener
12:42cette mission.
12:43Très modestement,
12:45j'ai permis
12:46avec cette mission
12:48de provoquer
12:49le premier débat
12:51parlementaire
12:51sur le mal-être
12:52des agriculteurs
12:54et ça a débouché
12:55sur des actions
12:56à l'époque
12:56avec le ministre
12:57Julien Denormandie
12:58qui sont concrètes
13:00dans tous les départements
13:01même si on n'a pas arrêté
13:02effectivement
13:03ce mal-être-là.
13:05Mais pour le soutien
13:07et la prévention,
13:08il y a beaucoup d'actions
13:09qui ont été menées.
13:10Donc ça,
13:10c'est vrai que c'est une fierté.
13:11La seconde,
13:13c'est la mission
13:14sur la démocratie
13:17et les valeurs citoyennes
13:20que j'ai faites
13:21auprès des jeunes.
13:22Donc ça,
13:23c'est vrai que ça m'a
13:24beaucoup apporté,
13:25ça m'a touche
13:26et j'en suis assez fier.
13:28A l'inverse,
13:28quel regret avez-vous ?
13:30Le regret que déjà
13:32depuis quelques années
13:34et depuis notamment
13:36la dissolution
13:36de l'Assemblée nationale,
13:37il n'y a plus de cap.
13:40Et quand il n'y a plus
13:41de cap,
13:43forcément on s'enlise
13:44et c'est ce qui se passe
13:46en ce moment
13:48où effectivement
13:49on fait de la politique
13:50à la petite semaine.
13:51C'est grave ça.
13:52Un de vos chevaux de bataille,
13:53c'est tout au long
13:54de votre mandat,
13:55ça a été la probité,
13:56l'exemplarité des élus.
13:58Vous avez milité
13:58pour que tout candidat
13:59ait une élection nationale
14:00et un casier judiciaire vierge.
14:02D'ailleurs,
14:02on se dit,
14:03ah bon,
14:03ce n'est pas obligatoire.
14:05Vous avez déposé
14:06une proposition de loi
14:07en ce sens,
14:07un texte qui n'a pas
14:09abouti à un vote.
14:10Vous n'êtes pas parvenu
14:11visiblement à convaincre
14:12vos collègues,
14:13sénateurs et députés
14:14sur une condition
14:15qui semble pourtant
14:16être de bon sens.
14:17Alors comment vous analysez
14:18ce refus ?
14:18Est-ce que c'est un refus ?
14:20Enfin,
14:20comment vous l'analysez ?
14:21Est-ce que ce n'est pas
14:22un tel refus
14:23qui donne du grain
14:24à moudre finalement
14:24à la méfiance
14:26vis-à-vis des citoyens,
14:28vis-à-vis des politiques ?
14:29Ce que je peux dire
14:30maintenant avec le recul
14:32qui est le mien,
14:32c'est que le monde politique
14:35est vraiment dans l'entre-soi.
14:38On a du mal,
14:38effectivement,
14:39à lever la tête
14:40et à regarder autour de nous.
14:43Et ce combat
14:44que j'ai mené depuis 2016,
14:45puisque la première proposition
14:46de loi que j'ai déposée,
14:47c'était en 2016,
14:49je l'ai mené
14:50avec toute la sincérité,
14:52la force qui a été la mienne.
14:53Et en même temps,
14:53j'ai montré l'exemple,
14:55puisque je me suis engagé,
14:56mon cabinet s'est engagé
14:57en responsabilité sociétale
14:59des entreprises,
15:00avec donc l'Avnor
15:02qui venait contrôler
15:04la façon dont je dépensais
15:05l'argent public
15:06dans l'avance
15:06des frais de mandat,
15:07comment les rapports
15:09que j'avais avec les élus.
15:10Donc, pour moi,
15:12c'était une évidence.
15:13Et malheureusement,
15:14je dis bien malheureusement,
15:15je n'ai pas pu convaincre.
15:16Mais la graine
15:17avait été semée.
15:19Et avant que le drame
15:23de monsieur le député Marlex
15:27arrive,
15:2915 jours avant,
15:31il avait déposé
15:32la même loi que moi
15:33à l'Assemblée nationale.
15:34Et c'était un LR.
15:37Donc,
15:37ça commençait
15:38à effectivement
15:40évoluer.
15:41Après, c'est vrai
15:41qu'on peut se demander,
15:42en tant que citoyen,
15:43on peut se dire
15:45comment un responsable politique
15:46n'est pas obligé
15:47d'avoir un casier judiciaire vierge
15:49aujourd'hui
15:49et ça ne fait pas l'unanimité.
15:50Honnêtement,
15:51c'est questionnant quand même.
15:52Oui,
15:52parce que je vous dis,
15:54c'est ce monde de vie
15:55dans l'entre-soi.
15:56D'accord.
15:57autre question,
15:58enfin,
15:59autre problème
16:00qui pose question.
16:01Début septembre,
16:02Marine Tondelier,
16:03candidate écologiste
16:04qui demande une loi
16:04pour que les responsables politiques
16:06soient sanctionnés
16:06s'ils mentent.
16:07Une position
16:08qui avait fait suite
16:09au témoignage
16:10du sénateur
16:11Horizon Vincent Louau
16:13qui assume
16:14chez nos confrères
16:14de complément d'enquête
16:15avoir diffusé
16:16une fake news
16:18sur l'acétamipride.
16:20Il disait
16:21extrêmement rapidement
16:23qu'elle était présente
16:23dans les colis antipuces
16:24pour chiens
16:25ce qui n'était pas vrai.
16:26Vous aviez déposé
16:28une proposition de loi
16:29pour interdire
16:29le mensonge en politique ?
16:31Voilà,
16:32et dans l'anonymat,
16:33enfin,
16:33dans l'anonymat,
16:35le fait que personne
16:37ne veuille regarder
16:38effectivement
16:39ce que j'avais déposé,
16:41et c'est,
16:43le Royaume-Uni
16:44qui m'a guidé là-dessus,
16:45puisque c'est au Royaume-Uni
16:47que cet amendement
16:50ait passé dans une loi
16:53et beaucoup de travaux
16:54avaient été menés
16:55d'ailleurs
16:55par des journalistes
16:56canadiens
16:57qui appelaient ça
16:58le syndrome de Pinocchio
16:59et qui,
17:01à mon sens,
17:02est très favorable
17:04pour augmenter
17:06la défiance des citoyens
17:07envers les élus.
17:09Et ça m'est venu
17:11le soir,
17:12donc,
17:12du deuxième tour
17:14des législatives
17:15après la dissolution
17:16de l'Assemblée nationale
17:18où M. Mélenchon,
17:20à 20h10,
17:20je m'en rappelle
17:21comme si c'était hier,
17:23après l'union
17:24du nouveau Front populaire,
17:26avait déclaré
17:27« Nous avons gagné,
17:28nous allons appliquer
17:30le programme,
17:31notre programme,
17:31rien que le programme. »
17:33Comme c'est pas
17:34un perdreau de l'année,
17:35il savait ce qu'il disait
17:36dans la provocation
17:37de ses mots
17:38et il savait que,
17:39de toute façon,
17:39il ne pourrait pas le réaliser.
17:40Et c'est là
17:41qu'est venue l'idée
17:42puisqu'en même temps,
17:43cette loi passée
17:44au Royaume-Uni,
17:45de déposer
17:45une proposition
17:46de loi
17:47qui,
17:48vous l'avez compris,
17:49n'a pas fait
17:50des mules
17:51ni de volonté
17:52pour en débattre.
17:53Mais bon,
17:53elle est dans
17:54des tiroirs
17:54du Sénat.
17:56Peut-être sera-t-elle
17:58retrouvée...
17:58Peut-être,
17:59je l'espère.
17:59Allez,
17:59on termine cette interview,
18:01c'est une tradition
18:01avec une question
18:02que nous posons
18:03à chaque invité,
18:04Henri Cabanel,
18:05si vous êtes élu
18:06président de la République
18:07en mai prochain,
18:09par contre,
18:10quelle première mesure
18:12allez-vous prendre
18:12vous avez une minute
18:13maximum ?
18:15Il y en a beaucoup,
18:16beaucoup de mesures
18:18et...
18:18Il faut en choisir une.
18:20Oui,
18:20alors c'est vrai
18:21qu'on va m'accuser
18:24de partie prime,
18:24mais peu importe.
18:27Dans la mission,
18:28dans les différentes missions
18:29que j'ai pu mener
18:30et la dernière
18:30sur la filière viticole,
18:35j'avais exprimé le souhait
18:37que l'agriculture
18:39devienne cause nationale.
18:41Pourquoi ?
18:42Parce qu'on peut appliquer
18:44toutes les politiques
18:44que l'on veut
18:45si on est comme aujourd'hui,
18:47dans notre pays,
18:49dépendant d'autres pays
18:50pour alimenter notre population.
18:52Pour moi,
18:53c'est un gros problème.
18:55Donc,
18:56si j'avais à choisir,
18:56effectivement,
18:57il y a tellement de choses,
18:58ne serait-ce que la dette,
19:00on pourrait en parler
19:01pendant des heures,
19:03mais rendre notre agriculture
19:05cause nationale
19:06pour pouvoir être
19:08totalement indépendant
19:09et pouvoir fournir
19:11à nos citoyens
19:12une alimentation
19:14de qualité
19:15et pas trop chère.
19:18Donc, oui,
19:19ce serait une de mes premières mesures.
19:21Merci beaucoup,
19:22Henri Cabanel,
19:23viticulteur,
19:24fraîchement retraité du Sénat.
19:26Bonne vie à vous.
19:27Bonne suite de vos engagements,
19:30alors pas politiques,
19:31mais associatifs,
19:31on l'a compris.
19:32Merci beaucoup
19:33d'avoir été l'invité
19:34de ICI On Se Dit Tout,
19:35le rendez-vous politique
19:36de ICI Hérault.
19:37Merci à vous.
19:38Au revoir.
19:38Sous-titrage Société Radio-Canada