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  • il y a 15 minutes
Samedi 31 octobre 2026, retrouvez Graffi Rathamohan (cofondatrice, PNY), Thomas Breuzard (Co-président, B Lab France) et Mathieu Taugourdeau (Directeur général - Secteur Inclusion & Territoires, GROUPE SOS) dans IMPACT SUR TABLE, une émission présentée par Alix Nguyen.

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Transcription
00:16Bienvenue dans ce tout premier épisode d'Impact sur table.
00:19Une entreprise, ça crée des emplois, de la richesse, des opportunités.
00:23Mais toute activité économique a aussi son revers, notamment sur le plan social ou environnemental.
00:30Alors comment faire mieux ? Qu'est-ce qui bloque ?
00:33Et surtout, qu'est-ce que les dirigeants sont vraiment prêts à changer ?
00:37Voilà, alors Alex, on se retrouve pour une troisième saison ensemble sur un nouveau format avec une conviction renforcée,
00:42celle de donner la parole à des leaders au grand cœur, des dirigeantes et des dirigeants
00:46qui au quotidien essaient de réussir la périlleuse équation de la pérennité économique avec l'impact sociétal.
00:52Ce nouveau format, il va viser à créer davantage d'ancrage sur leur vécu du quotidien,
00:57leurs difficultés, leur fierté, parfois les renoncements qu'il faut assumer ou pas
01:00et comment ils arrivent à embarquer leurs équipes dans tout ça.
01:03C'est pour ça que cette émission s'appelle Impact sur table.
01:06Et aujourd'hui, deux univers assez différents.
01:09D'un côté, Graffi Ratamohan, cofondatrice de P&Y, une enseigne de burger
01:14qui compte désormais 14 restaurants en France.
01:17De l'autre, Mathieu Togourdeau, directeur général du secteur inclusion et territoire du groupe SOS,
01:22un ensemble d'entreprises et d'associations qui interviennent notamment dans la santé,
01:27l'insertion, l'éducation et la solidarité.
01:30Bienvenue à tous les deux.
01:31Merci d'inaugurer ce nouveau format avec nous.
01:33Merci à vous.
01:34Chers invités, vous le voyez, il y a quelques cartes sur cette table
01:36et elles ne sont pas là pour décorer, Thomas.
01:39Tout à fait, puisque ma langue a déjà fourché dès la première prise de parole.
01:42On va la dévoiler, effectivement, puisqu'on a décidé de faire un format
01:45où on joue carte sur table, d'avoir de véritables cartes
01:47pour jouer ensemble, en quelque sorte, à travers les réponses que vous nous donnerez,
01:50avec la minute de vérité qui vous imposera d'être le plus transparent
01:54et sincère possible dans votre réponse,
01:56ou vue d'emphase qui permettra d'adresser la même question à l'autre invité,
02:00ou encore « et toi, à ton échelle », c'est-à-dire en tant que leader,
02:03en tant que dirigeante ou dirigeant, qu'est-ce que ce que tu nous racontes là veut dire ?
02:07Et puis, il y aura donc deux cartes bonus, si je puis dire.
02:10Oui, et tu as oublié le joker.
02:12Chacun a un joker.
02:13Il y aura une carte joker si vous vous souhaitez passer une question, seulement une.
02:17Voilà, vous aurez droit à un joker.
02:18Et pour que ce soit équitable, j'ai aussi deux cartons pour Thomas.
02:22Je vous les donne, un jaune, un rouge.
02:25Un jaune, si ça devient trop long ou jargonnant, quand Thomas prend la parole.
02:30Un rouge, s'il commence à donner des leçons.
02:32Et puis, s'il dit « permet entreprise » plus de trois fois, n'hésitez pas à lui mettre un
02:36jaune.
02:37Le principe est simple, donc parler de choses sérieuses sans trop se prendre au sérieux.
02:43D'ailleurs, Thomas, on va commencer avec toi.
02:44Évidemment.
02:45Histoire de montrer l'exemple.
02:47Ou pas.
02:47Animer cette émission, c'est de l'engagement ou c'est de la com ?
02:50Ah, alors, c'est un gros engagement pour faire de la com,
02:53puisqu'on s'en investit du temps pour organiser cela
02:55et donner la parole à ces personnes, à ces personnalités dont on pense
02:58qu'elles ont des choses très importantes à raconter sur cet équilibre économique impact.
03:03Donc, moi, personnellement, c'est un engagement pour faire de la com,
03:06pour raconter des histoires, pour mettre en lumière ces leaders.
03:09Merci Thomas.
03:10On passe à la séquence carte de visite.
03:11Est-ce que du coup, attends, est-ce que j'ai un carton jaune ou un carton rouge sur cette
03:14réponse ?
03:15Non, ce serait sévère, dis donc.
03:16Ce serait sévère.
03:17Bon, alors, on peut continuer.
03:18On passe à la séquence carte de visite.
03:20Maintenant que Thomas s'est prêté au jeu, c'est à vous, chers invités.
03:24Vous avez chacun une minute pour nous convaincre.
03:26Pas de grand discours.
03:27On veut savoir ce qui rend votre entreprise vraiment différente des autres.
03:31Graphy, on commence avec vous.
03:33Qu'est-ce que P&Y fait de mieux que les autres ?
03:35Non, on s'est lancé avec l'idée d'essayer de faire les meilleurs burgers possibles.
03:40Donc, on consacre des heures par jour à juste s'améliorer sur cette proposition de valeur.
03:47Et ça, pour faire ça, ça passe par essayer de trouver les meilleurs ingrédients possibles,
03:52ce qui coûte cher.
03:53Je rejoins la question de la pérennité économique et faire les choses bien.
03:57C'est vraiment un vrai sujet.
03:59Et nous, on a choisi de faire les choses bien.
04:03Et donc, ça a un prix.
04:07Et donc, on a choisi d'être sur le secteur du burger premium.
04:11On va pouvoir y revenir plus en détail.
04:13Mathieu, même exercice.
04:14Qu'est-ce que le groupe SOS fait de mieux que les autres ?
04:17La fête.
04:20C'est une bonne réponse.
04:21Je dirais peut-être le vivre ensemble.
04:23On est 26 000 salariés.
04:25On fait des journées des équipes.
04:26On a fêté nos 40 ans l'année dernière.
04:28Il y avait 6 000 personnes au Zenith sur Magic System.
04:32Et en fait, ce qui est assez fascinant pour moi, je dirais même assez émouvant.
04:36Masterclass sur ce qu'il y a à présent.
04:39Mais c'est que tu as des médecins qui sont avec des jardiniers, avec des éducateurs,
04:44avec des consultants, Bac plus 8.
04:47Et en fait, tout ce monde, toute cette France qui se rassemble, qui bosse ensemble,
04:52pour moi, est une preuve qu'on peut vivre ensemble.
04:54Merci. Bien respecté l'enjeu.
04:57Il est temps d'approfondir un peu.
04:59On passe tout de suite à la séquence A Découvert.
05:02Bon, maintenant qu'on connaît un peu mieux vos entreprises,
05:05on va s'intéresser à vous, à la façon dont vous fonctionnez.
05:09Pas trop de réflexions.
05:10On joue le jeu de la spontanéité.
05:12Graphy, vous avez fait HEC, alors que depuis toute petite,
05:15vous rêviez de travailler dans la restauration.
05:18Vous avez toujours été la bonne élève qui faisait ce qu'on attendait d'elle
05:21ou vous aviez déjà un petit côté rebelle ?
05:23Ah non, moi, j'ai été très, très, très bonne élève.
05:25J'avais sur mes épaules le poids de rendre mes parents fiers.
05:30Donc, il y avait quelque chose de cet ordre d'être première de la classe,
05:35pas faire de vagues.
05:37Non, non, ouais.
05:38Mathieu, vous avez commencé votre carrière chez KPMG
05:40avant de rejoindre le groupe SOS en 2005.
05:43Cette envie de changer le monde, elle a toujours fait partie de vous.
05:45Vous avez eu votre période où faire carrière passée avant le reste ?
05:50J'ai aussi fait une école de commerce beaucoup moins prestigieuse que Graphy.
05:55Et en fait, c'est à la fois une période magique de sa vie parce qu'on a 20 ans,
05:59on a plein de copains, c'est génial.
06:00Mais j'étais très embêté de ce qu'on apprenait et de ce pour quoi on nous préparait.
06:07Et donc, j'étais un peu le rebelle de l'école pendant quelques années.
06:12Et j'ai eu la chance d'être tombé dans une école qui, longtemps avant d'autres écoles,
06:18travaillait sur le sujet de l'économie sociale et solidaire.
06:20Et quand j'ai découvert un matin, tu sais, on te dit quel SPÉ tu peux choisir pour ta dernière
06:26année, etc.
06:27Je suis tombé sur cette SPÉ ESS et là, ça a été une révélation.
06:32Et d'un coup d'un seul, je savais ce que j'allais faire.
06:34Donc, APMG a été pour moi un très, très bon outil de formation, d'apprentissage,
06:39de connaissance notamment du secteur associatif pour ensuite réellement avoir une finalité
06:45qui me convenait au sein du groupe SOS.
06:46Je vais activer la minute de vérité parce qu'il se trouve que j'ai fait une école de commerce
06:49aussi
06:50et que je suis toujours curieux de savoir ce qui, à un moment donné, fait que dans ton cursus,
06:54avec ces cours qu'on te donne de finance, de marketing, de compta, etc.,
06:59je dis en fait tout ce bagage-là, j'ai envie de le mettre au service d'une finalité de
07:03justice sociale,
07:04de soutenabilité écologique et en trouvant un modèle économique qui tienne la route.
07:07Moi, par exemple, c'est 2008, crise des subprimes, je suis en cours de finance,
07:10on me vend les théories des marchés financiers.
07:12Je me dis putain, mais ça ne tient pas la route ce truc.
07:15Il n'y a pas de monde à l'avenir où ça peut continuer à exister sous cette forme-là.
07:18Il faut absolument qu'on crée d'autres conditions parce que là,
07:20il y a des centaines de milliers de gens qui se retrouvent dehors.
07:22C'est un des exemples, mais vous, c'était quoi ?
07:24Si à un moment, il y a un point de bascule ou un truc, vous dites,
07:26tout ce qu'on m'apprend là, ça n'a de sens que si je le mets au service d
07:29'une finalité sociétale.
07:33Moi, je me souviens d'un cours très précis qui était en fait un cours d'éthique,
07:38mais qui ne disait pas son nom.
07:40De business des affaires ?
07:41Un peu, oui.
07:43On avait un cas concret qui disait, tu es le patron d'une boîte
07:47et en fait, tu as plein de produits qui sont périmés.
07:49Qu'est-ce que tu fais ?
07:50Est-ce que tu jettes tout ?
07:52Ou est-ce que tu trouves une solution pour ne pas trop perdre de...
07:55Tu mets ça entre deux tranches de pain et tu trouves des clients pour les vendre ?
07:58En fait, tu ne crois pas si bien dire, Thomas.
08:00C'est qu'autour de moi, les deux tiers de la classe disaient,
08:02non, non, mais attends, on va vendre ça sur des marchés populaires,
08:05à des gens qui n'ont pas de thunes.
08:07Et je me suis dit, mais what the fuck ?
08:09C'est quoi cet état d'esprit ?
08:10Et quelle est cette inversion des valeurs ?
08:13Et comment on peut, à ce point-là, mettre des enjeux économiques au-delà d'enjeux humains ?
08:18Et toi, Graffy, du coup, parce que faire mieux, meilleure qualité, meilleur goût, j'espère,
08:23mais je peux en témoigner, qu'est-ce qui, toi, à un moment donné, te fait dire,
08:27ce bagage HEC, je veux le mettre au service de...
08:29Alors là, ou même d'une finalité, en l'occurrence culinaire,
08:31mais qui n'est peut-être pas la voie royale toute tracée quand on sort d'HEC ?
08:34Je pense que ce n'était pas aussi conscient que chez Mathieu.
08:38Il faut savoir que dans la restauration parisienne, en cuisine,
08:41c'est souvent des Sri Lankais, des Bangladais, des Pakistanais.
08:45Et donc, moi, j'ai vu toute ma jeunesse, mes oncles, travailler dans la restauration
08:50et j'ai vu leurs conditions de travail.
08:52Et en fait, quand on monte Piennois avec Rudy, on se dit qu'un des objectifs de la boîte,
09:00ça allait être de réussir à monter une boîte qui respecte le code du travail.
09:05C'était déjà de respecter le standard.
09:07Et en fait, quand on racontait ça à l'époque,
09:10qu'on allait monter un resto où les gens pouvaient prendre des week-ends,
09:15partir en vacances, être payés les heures qu'ils faisaient,
09:18on passait pour des révolutionnaires.
09:21C'est fou quand même.
09:22Je vous propose qu'on passe à une flopée de réponses courtes.
09:27Parce que là, elles étaient trop longues.
09:28Non, mais du tac au tac.
09:30OK, tac au tac.
09:31Tôt du genre à décider trop vite ou à réfléchir pendant des heures.
09:34C'est la minute coup de chaud.
09:35Là, c'est le coup de chaud.
09:36Il faut vraiment être très cash.
09:38Vous avez entendu ?
09:38Tôt du genre à décider trop vite ou à réfléchir pendant des heures.
09:41Décider trop vite.
09:43Décider trop vite.
09:44Vous préférez perdre votre plus gros client ou votre meilleur salarié ?
09:49Ah, le client.
09:50Je préfère perdre le client sans hésiter.
09:52Le défaut que vos équipes vous reprochent le plus ?
09:55Mon côté bisounours.
09:58Bisounours.
09:59Impatience.
10:00Vous êtes plutôt du genre à reconnaître vos erreurs
10:02ou avoir du mal à lâcher le morceau ?
10:09Lâcher le morceau.
10:10J'ai un peu les deux.
10:11Ça dépend du contexte.
10:13Avant, on va voir comment vous réagissez quand ça se complique.
10:15Graphy, en 14 ans à la tête de P&Y,
10:18quel a été le moment où vous avez vraiment eu peur pour votre entreprise ?
10:22Waouh.
10:23Nous, en 14 ans, tu as le temps de vivre tous les hauts et les bas.
10:26Et donc, on a frôlé la clé sous la porte.
10:30Ça se dit, ça ?
10:31Oui.
10:31C'est français, ça ?
10:32On a compris.
10:33Vous avez compris.
10:35Vraiment, c'était au début.
10:38On a monté un autre concept qui s'appelle Paris-Texas,
10:42qui ne marchait pas du tout, mais vraiment pas du tout,
10:45et qui siphonnait tout notre réseau.
10:47C'était une adresse dans Paris ?
10:49Oui.
10:50Une adresse dans Paris qui siphonnait tout notre réseau.
10:52Et on a heureusement réussi à le vendre à temps.
10:56Mais j'aurais pu passer un mois où je ne pouvais pas payer les salaires.
11:00Mathieu, vous êtes au groupe ASOS depuis plus de 20 ans.
11:04C'est quoi votre plus gros sueur froide professionnel ?
11:08Il y en a eu des centaines, mais peut-être pour rebondir sur ce que dit Graphy.
11:13Graphy, c'est une vraie entrepreneur.
11:14Moi, je suis un entrepreneur en pantoufle,
11:16dans un groupe de 26 000 salariés, avec des gens autour de nous.
11:22Donc, je pense que les sueurs froides, si on est humble et honnête,
11:25ce n'est pas du tout la même chanson pour Graphy,
11:27qui est à la tête de sa boîte, et moi qui fais partie d'un groupe.
11:31Après, on en a eu des centaines.
11:32Et on en a eu des centaines.
11:33Mais en exemple, il faut être concret.
11:35Alors, moi, ce qui m'a beaucoup marqué, c'est plutôt des sujets humains.
11:40C'est des moments avec des salariés, des moments difficiles.
11:44Peut-être, je ne sais pas si ça correspond à ta question,
11:46mais ça va être ma réponse, comme disait l'autre.
11:49Nous, on a un salarié qui était en salarié en insertion,
11:52qui était un peu compliqué, qui avait des gros problèmes d'alcool,
11:54qui avait un passé militaire, qui avait fait de la prison.
11:57Il fallait s'en séparer.
11:59Et le directeur sur place n'était pas super à l'aise.
12:02Les équipes n'étaient pas super à l'aise.
12:03Et donc, je débarque un matin à Abil pour faire son entretien de licenciement.
12:08Il était déjà fortement alcoolisé, fortement agité.
12:13Et il était venu à 9h30 avec son fils de 8 ans.
12:17Ça, c'était un moment fort pour moi.
12:21Et tu vois beaucoup, beaucoup de choses de notre société, de l'humain,
12:26dans les yeux de ce gosse de 8 ans, avec la situation de son père.
12:31Merci pour ces deux témoignages.
12:33On passe tout de suite à la séquence double face.
12:36On entre maintenant dans le cœur de l'émission.
12:39D'abord, ce qui fonctionne, les décisions dont vous êtes fiers,
12:41les choses que vous avez réussi à faire bouger.
12:44Et ensuite, on retournera la carte.
12:46C'est la séquence à double face pour parler de ce qui coince encore.
12:50Je m'aperçois que depuis le début de l'émission,
12:52je vous vois, on avait convenu de se tutoyer.
12:54Oui, c'était un scandale.
12:55Et maintenant, qu'on se connaît un peu mieux, je me permets, je vous tutoie.
12:58Graphy, chez PNY, tu as fait plusieurs choix assez forts,
13:03notamment sur les conditions de travail.
13:05Pas de coupures dans la journée, des heures supplémentaires payées
13:08et beaucoup d'autonomie laissée aux directeurs de restaurant
13:11dans un secteur où les conditions de travail sont souvent difficiles.
13:15Quel est le choix dont tu es la plus fière ?
13:19Il y en a beaucoup.
13:21Et je pense que c'est plutôt une histoire de philosophie.
13:25Chez PNY, on considère que c'est à la boîte de s'adapter aux employés
13:30et non pas l'inverse.
13:31Et en fait, tout le fonctionnement répond à ça
13:36parce qu'on estime qu'on ne peut pas mettre des gens dans des cases
13:43et donc on va plutôt dessiner la case autour des personnes.
13:49Ça, c'est très dur à faire parce qu'en plus,
13:51le produit qui est vendu ne restitue pas finalement les conditions de travail
13:55qu'il y a derrière.
13:56Le client qui a le burger dans son assiette,
13:57à la limite, qu'il y a des heures supplémentaires payées ou pas,
14:00lui, il ne le voit absolument pas.
14:01Donc, c'est d'autant plus remarquable dans le cas de PNY
14:03que tu ne peux pas le valoriser directement dans l'offre,
14:06ou très peu, parce que tu n'as peut-être même pas le temps
14:08d'expliquer aux gens qui viennent manger un burger
14:10en coup de vent à midi,
14:12qu'en fait, tu as mis en place tout un dispositif social
14:14qui est bien plus au-dessus de la moyenne
14:16que ce que fait le marché.
14:18Mathieu, le groupe SOS, c'est 26 000 salariés,
14:20je ne me trompe pas ?
14:21Absolument.
14:22Des activités dans la santé, l'insertion, l'éducation,
14:24mais derrière cette diversité,
14:26j'aimerais qu'on s'arrête sur ton secteur,
14:29quelle décision a eu le plus d'impact sur le terrain ?
14:32Carton jaune, évidemment.
14:33Carton jaune, évidemment.
14:35Non, ce n'était pas le but, je ne vais pas être ciblée, moi.
14:38Quelle décision a eu le plus d'impact sur le terrain ?
14:44C'est une bonne question.
14:49Je pense que c'est des choix.
14:52Je dirais qu'il y a deux types de décisions
14:54qui peuvent avoir de l'impact.
14:56Il y a les bonnes décisions,
14:57c'est-à-dire notamment chez nous, sentir le marché.
14:59On ouvre un bar sur les berges de Sey,
15:01qui s'appelle le Silicet.
15:03Et on fait le choix de faire uniquement service au bar.
15:05Et en fait, je pense que c'est un truc
15:06qui correspondait aux attentes des clients.
15:09Le bar marche super bien.
15:11C'est une entreprise d'insertion par activité économique.
15:12On a fait des choix, on a banni le bœuf.
15:15Désolé, Graphy.
15:16Mais en se disant que ce n'est pas un lieu gastronomique,
15:18c'est un lieu de fête, on boit,
15:21il y a de la convivialité.
15:22Donc là, on a senti le marché,
15:24c'était vachement pertinent.
15:25Et c'est un carton économique, social, environnemental,
15:27même si on peut faire bien mieux sur plein de sujets.
15:29Et puis, il y a un deuxième sujet
15:31où paradoxalement, il y a de l'impact,
15:33c'est quand on fait le choix d'arrêter des activités
15:37qui n'ont pas de modèle économique
15:38ou qui n'ont pas suffisamment d'impact
15:40pour justement se concentrer sur les structures
15:43qui ont de l'avenir, qui ont de la pérennité
15:45et qui vont maximiser l'impact.
15:47On passe à la phase B, justement,
15:49ce qui reste à relever.
15:51Jusque-là, on a parlé de ce qui marche.
15:54Maintenant, on retourne la carte
15:55parce qu'on imagine bien que tout n'est pas parfait.
15:57Graffi, tu défends une restauration plus responsable
16:00avec des produits soigneusement sélectionnés,
16:02des burgers végétariens à la carte depuis le premier jour.
16:05Mais ton produit phare, ça reste quand même le burger au bœuf.
16:09Et on sait que la viande bovine a un impact environnemental important.
16:14Alors, est-ce qu'un burger au bœuf peut vraiment être responsable ?
16:17Alors, c'est une très bonne question.
16:20Nous, quand on s'est lancé,
16:22on n'avait pas du tout une conscience écologique.
16:27On n'a pas du tout lancé Pied-n-Ouil avec cette perspective-là.
16:32Sauf que quelque part, la nature, elle est bien faite.
16:35Et pour que ce soit bon, il faut que ça soit bien élevé.
16:38Et donc, en cherchant un éleveur qui fait les choses bien,
16:44on a fini par rencontrer notre éleveur actuel
16:48qui a un élevage très, très, très extensif.
16:56Ce qui permet d'être, comment on dit, labellisé low carbone.
17:02Donc, en fait, une bête qui ne fait que manger de l'herbe pour grandir,
17:07c'est la façon la plus low carbone qui puisse exister pour avoir du bœuf.
17:13Et en fait, ce qui va faire du mal au niveau environnemental,
17:18c'est ces bêtes qui vont être nourries aux céréales,
17:23gavées pour qu'elles grandissent hyper vite.
17:26Mais quand on laisse le temps au temps,
17:29en vrai, c'est bien fait.
17:30Il faut dédiaboliser le truc.
17:31Le sujet, ce n'est pas tant de manger du bœuf,
17:33c'est d'en manger six fois par semaine, huit fois, dix fois par semaine.
17:36Mais est-ce que, néanmoins, à terme, il ne faudra pas réduire la viande ?
17:39Une ou deux fois par semaine, personne ne te dira que ce n'est pas tenable.
17:42Ce qu'il faut, c'est moins.
17:44Et puis, il faut des alternatives.
17:45Donc, si tu as un restaurant qui fait de la qualité sur le bœuf,
17:47qui ne te pousse pas à en manger tous les jours,
17:48et qu'il y a une alternative, et j'ai en l'occurrence,
17:51pour le coup, ça tient très bien la route.
17:53Mathieu, tu l'as déjà évoqué juste avant au groupe SOF, SOS.
17:58L'objectif, c'est justement de développer des activités
18:01qui ont une utilité sociale, mais une activité peut être très utile
18:05et ne pas être viable économiquement.
18:08Vous, au groupe SOF, vous avez dû renoncer à un projet
18:11alors qu'il répondait à un vrai besoin.
18:13Bien sûr.
18:14Est-ce que tu peux nous donner un exemple ?
18:17Il y en a plusieurs.
18:20Ça nous est arrivé de reprendre des structures,
18:23y compris à la barre du tribunal, pour essayer de sauver de l'emploi,
18:26pour pérenniser un projet économique et social
18:29qui, pour nous, avait du sens.
18:31J'en ai deux en tête.
18:32On a repris une chocolaterie.
18:34Donc, c'était un super projet avec des super gars.
18:37Guillaume, Mathieu, que tu connais sûrement, Thomas.
18:40Et on n'a pas trouvé le public, on n'a pas trouvé la clientèle.
18:43Donc, on a dû arrêter.
18:45Dans un autre style, on a ouvert un salon de coiffure.
18:49Tu connais peut-être moins, Thomas.
18:50Un salon ?
18:52Carton rouge.
18:53Elle est bien placée.
18:56Non, non, c'est masterclass.
18:58Tu l'as très bien vu.
19:01Et on a fait des mauvais choix, mauvais timing aussi.
19:03On ouvre au moment du Covid, donc c'était un peu compliqué.
19:06Et là aussi, ça rejoint un peu ce qu'on disait tout à l'heure.
19:08C'est le moment de trouver aussi le courage de dire stop.
19:11On ne va pas y arriver.
19:12Il faut qu'on se concentre sur ce qui marche.
19:13Et au-delà des timings, parfois, effectivement, tu arrives à un moment donné où le marché n'est pas là.
19:18Absolument.
19:19Où la démographie, le territoire dans lequel tu t'implantes est plus forcément réceptif, etc.
19:24Mais il y a un fil conducteur quand même.
19:25Et ça, je pense qu'on le développera pas mal cette saison.
19:28C'est que quand on veut développer une activité qui est mieux disante sur le plan social, c'est ce
19:32que Graphy sait beaucoup faire sur le plan social aussi chez toi, environnemental, on l'a évoqué.
19:36Tu fais face à des marchés, et c'est vrai, dans plein de secteurs d'activité, où il y a,
19:40malgré nous, indirectement, une prime au vice.
19:43En gros, tu as des conditions fiscales, tu as des subventions, etc., qui ne récompensent pas suffisamment les acteurs comme
19:51Graphy qui payent plus cher.
19:52Déjà, qui payent pour le temps travaillé, les gens en cuisine.
19:57Alors toi, tu bénéficies peut-être de cadres réglementaires un peu particuliers pour l'économie sociale, mais en rayon, tu
20:02ne bénéficies pas, par exemple, de TVA particulière pour les produits qui sont plus engagés socialement, écologiquement, alors qu'ils
20:08font du bien à l'emploi, au territoire.
20:10Et ça, c'est le grand combat qu'on doit mener, c'est de réussir à créer les conditions, et
20:14on en parlera sûrement dans les élections 27, qui permettent à ces entreprises-là de maintenir les emplois, de continuer
20:19à se développer pour reprendre des parts de marché sur des entreprises qui dégradent la valeur sociale et environnementale.
20:24Et ça, en plus, c'est un coût pour l'État qui n'arrive plus à boucler son budget. Donc,
20:27on a un énorme challenge et qui peut être hyper intéressant pour le payer à relever à travers ça.
20:32J'aimerais qu'on clôture cette séquence par une même question posée à tous les deux. Quelle est la critique
20:37la plus dure ou la plus injuste, selon vous, quand vous êtes adressé sur vos entreprises respectives ?
20:45Grande respiration.
20:45Ah oui, je...
20:46Pas simple.
20:48Tu veux que je commence ?
20:49T'en as une, si t'en as une sous le coude.
20:51Ouais, moi, je trouve que le groupe SOS peut être critiqué, ici ou là, notamment parfois par certains responsables politiques,
21:01parce que dans le monde associatif, on n'est pas habitué à un groupe associatif de 26 000 salariés,
21:07parce qu'on n'est pas habitué à un groupe qui se développe, qui reprend des structures, etc., etc.
21:12Et moi, ça me blesse, ça me fait beaucoup de mal, parce que je suis au contact au quotidien avec
21:18mes 3 000 salariés,
21:20avec les 26 000 salariés du groupe, qui font un boulot absolument extraordinaire.
21:23Et je suis désespéré, parce qu'à chaque fois, ces critiques ne viennent que de personnes qui n'ont jamais
21:29parlé avec quelqu'un du groupe SOS,
21:31qui n'ont jamais rencontré une personne du groupe SOS.
21:33Et à chaque fois qu'on se fait, moi, je m'amuse parfois quand vraiment la critique est trop forte,
21:38ou que la personne a un peu de followers, tu vois, sur des réseaux sociaux, je lui dis, on va
21:43déjeuner ensemble.
21:44Voilà. En 10 minutes, c'est réglé.
21:45En 10 minutes, c'est réglé. Et il me dit, mais qu'en fait, il ne savait pas que c
21:49'est extraordinaire, que c'est magnifique, que c'est super.
21:51Et c'est ça qui me désole.
21:53Et je pense que c'est aussi peut-être à l'image de la société qui est terriblement clivée aujourd
21:58'hui.
21:59Et donc, c'est simplement, avant de critiquer, avant de faire des grandes envolées lyriques sur les réseaux sociaux,
22:04on se rend compte, on se parle, et après, tu peux dire ce que tu en penses.
22:09Moi, je pense que c'est le, qu'est-ce que c'est bon, mais qu'est-ce que c
22:13'est cher ?
22:14Et en fait, je trouve ça hyper dommage, parce que quelque part, c'est aussi à l'image de la
22:19société,
22:20et de cette fameuse Primovis dont tu parlais à l'instant,
22:22c'est qu'on n'est plus du tout habitué à payer pour la qualité, les gens qui font les
22:31choses bien.
22:33Et oui, on est dans un monde où acheter des œufs bio, ça coûte plus cher que d'acheter des
22:39œufs de batterie, de poules élevées.
22:42Et concrètement, un prix de revient, un burger fried, par exemple, en moyenne chez toi, ça revient à combien ?
22:48Alors, à mes yeux, ce n'est pas cher, on est à 18 euros burger plus frites.
22:53Voilà, donc si tu n'y vas pas tous les jours, ce n'est pas plus cher qu'un autre
22:56restaurant.
22:58Pour moi...
22:59Et aujourd'hui, tu as 14 restaurants, c'est ça ?
23:00C'est ça.
23:01Donc voilà, ça montre qu'il y a quand même une...
23:02Oui, il y a une clientèle pour ça, et comment on réussit à adresser le prix de notre côté,
23:09c'est en proposant une restauration traditionnelle.
23:12Donc c'est une restauration assise, service à table, avec...
23:15Ah, comme au groupe SOS ?
23:17En tout cas, aussi...
23:19Avec...
23:20On met les bougies sur les tables, etc.
23:21Donc ça permet de prémiumiser l'expérience, et c'est ça qui fait que les gens acceptent de payer le
23:26prix,
23:27mais pas du tout, parce qu'on va avoir des œufs bio, quoi.
23:32C'est pas...
23:34La conscience de la valeur, elle est ailleurs.
23:37Il est temps de passer à notre dernière séquence.
23:40On a parlé de ce qui fonctionne, de ce qui coince encore.
23:43Ce qui nous intéresse, c'est aussi ce que vous allez faire pour avancer.
23:46Graphy, quelle est la prochaine décision importante que tu vas prendre pour réduire l'impact environnemental de ton activité ?
23:53Wow !
23:54Très bonne question.
23:56Nous, on est toujours en amélioration incrémentale.
24:00Donc là, le prochain sujet, c'est...
24:02Alors, c'est très terre-à-terre, c'est la poitrine fumée.
24:05J'aimerais qu'elle soit sans nitrite.
24:08On a déjà fait le test par le passé, mais ça n'a pas fonctionné,
24:12parce que les clients nous renvoyaient les assiettes, parce que le bacon était gris.
24:17Donc un déconditionnement...
24:21Et du coup, là, on réfléchit à comment réussir à quand même faire passer...
24:27Et c'est quoi les solutions aujourd'hui ?
24:28Des couleurs naturelles ?
24:30Ça a été évoqué, en réalité, parce que ça existe.
24:34Ça existe.
24:35Donc aujourd'hui, vous avez retiré le produit ?
24:38Oui, et on s'est dit qu'on va plutôt peut-être former le staff mieux
24:42pour répondre à l'intérêt...
24:45Voilà, au questionnement sur la couleur.
24:47Voilà.
24:48Mathieu, au sein du groupe SOS,
24:50quel est le chantier que tu veux absolument faire avancer cette année ?
24:57C'est une très bonne question.
25:00Je pense qu'on a un sujet, nous, d'ancrage territorial.
25:04Donc justement, de continuer à faire preuve de pédagogie,
25:07à rencontrer des élus, des partenaires sur l'ensemble du territoire.
25:12On a des sujets de structuration, d'amélioration de notre gestion, etc.
25:19Et puis, on a des sujets aussi d'un point de vue environnemental.
25:22Moi, je fais un gros sujet de solarisation d'un paquet de toitures
25:25de nos structures chez nous.
25:27On finit de basculer notre parc de véhicules entièrement électriques.
25:30On est sur la fin.
25:32Mais les chantiers sont hyper nombreux.
25:34On a quand même, peut-être pour un petit clin d'œil,
25:35on a un traiteur qui s'appelle le Traiteur T avec le chef Thierry Marx
25:40où je rejoins les problématiques de graphie sur le bœuf
25:44où à la fois, nous, on aimerait travailler là-dessus, on sert du bœuf,
25:46mais parce que les clients ont une demande très, très forte.
25:49Et donc, c'est très, très difficile de leur dire sur des repas
25:52qui sont somptueux, qui sont très haut de gamme,
25:56d'enlever cet aliment qui a aussi une très forte noblesse.
26:01Et donc, tout l'enjeu aussi, c'est de s'améliorer là-dessus
26:03pour voir comment on peut continuer à convaincre les clients
26:07d'avancer sur ces sujets-là.
26:09Alix, j'active mon joker.
26:10Promis, je serai très court.
26:11Vous pouvez dégainer un carton si jamais je suis trop long.
26:13Un chemin de progrès qui, je pense, lie les deux aventures
26:16à des échelles très différentes,
26:17qui peuvent être celles de P&Y et du groupe SOS,
26:19mais que moi, je constate dans le mouvement Bicorp,
26:21au sein d'Impact France aussi.
26:22Je pense qu'au niveau de nos organisations,
26:25et ce sera vrai chez Norcisse, évidemment,
26:27on a besoin de plus intégrer les parties prenantes
26:30dans la gouvernance de l'entreprise.
26:31Les clients dans la conception des produits, par exemple,
26:33peut-être le plus en amont,
26:34pour qu'eux-mêmes puissent être ambassadeurs derrière.
26:36Là, sur le traiteur, les consommateurs, les clients,
26:38les entreprises qui demandent, etc.
26:40Et puis, des parties prenantes peut-être moins directes.
26:42Chez Norcisse, depuis deux ans, c'est la nature qui est représentée.
26:45Ce sera plus de femmes, plus de jeunes
26:46qui ont des attentes différentes
26:48pour que l'entreprise réponde mieux aux attentes
26:50de l'ensemble des personnes qui sont impactées
26:51par son activité.
26:52Ça, c'est un vrai chemin de progrès
26:53qu'on doit développer à l'avenir.
26:55On passe à la toute dernière question de cette émission.
27:00Si on vous retrouve dans un an, tous les deux,
27:03quelle bonne nouvelle vous souhaiteriez nous annoncer ?
27:07Pouah !
27:13Alors, tu peux activer le Joker, si tu veux, ma fille.
27:16Mathieu, est-ce que tu as une réponse qui vient ?
27:17Sinon, moi, je peux en donner une.
27:20Moi, j'ai une bonne nouvelle personnelle,
27:23mais que je ne vais pas partager.
27:25Mais qui sera très, très importante pour moi.
27:29Non, et puis après, un miracle,
27:32une prise de conscience du peuple français
27:35pour mai 2027.
27:37Et qu'on se dirige justement vers beaucoup plus
27:40de vivre ensemble pour les prochaines années
27:44et qu'on réconcilie ce pays.
27:47Le fait est qu'on est dans une période
27:49qui est très difficile à traverser économiquement
27:50et encore plus pour les acteurs engagés
27:52qui supportent des structures de coûts
27:53qui font que les prix affichés sont moins intéressants
27:56à un moment où le pouvoir d'achat baisse
27:58et les capacités d'achat aussi des donneurs d'ordre privés
28:01comme publics baissent aussi.
28:02Donc, on est sur un moment très chaud.
28:03Moi, je pense que si dans un an,
28:04on se retrouve en disant que nos entreprises,
28:06elles sont toujours là,
28:07elles ont la même voilure,
28:08voire elles ont continué à se développer
28:09en trouvant des nouveaux relais,
28:11en ayant des cadres réglementaires
28:12qui sont mieux adaptés à nos offres,
28:14etc.,
28:15c'est qu'on aura franchement fait un beau chemin
28:18déjà en restant sur nos appuis,
28:21voire en continuant à nous développer.
28:22Un petit mot de la fin, Graphine ?
28:23Écoute, je prends.
28:24Tu prends, voilà.
28:26Donc, on se retrouve dans un an
28:27avec ces constats-là.
28:29Merci beaucoup à tous les trois.
28:31Merci d'être venus inaugurer
28:33ce tout premier épisode d'Impact sur table.
28:36Et on vous dit à très bientôt
28:38sur Bismarck Exchange.

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