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Pour ce nouvel épisode de "Chocs du monde", le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL, Edouard Chanot reçoit l’analyste Finn Andreen, membre du Mises Institute.

Sommes-nous à quelques heures d’un triple séisme ? Aujourd’hui 3 novembre, les Américains se rendent aux urnes. Trump est menacé de perdre la Chambre et le Sénat, selon les agrégats les plus sérieux. Pendant ce temps, le dirigeant américain est mis en cause dans un post explosif de Tucker Carlson, affirmant que Benjamin Netanyahu le presse d'envisager une frappe nucléaire pour enterrer définitivement le programme nucléaire iranien.

En Ukraine, des rumeurs d’arrestations illégales et de “chambre de torture” dans une maison privée ont circulé sur les réseaux sociaux, la situation est encore floue mais pourrait mener à une déflagration à Kiev.

C’est donc l’heure des Chocs du monde.
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#guerreiran #guerreenukraine #midterms2026

Source YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=7LPJLCJZUsY

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Transcription
00:20Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde, le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL.
00:26Nous sommes peut-être à quelques heures d'un triple séisme. Aujourd'hui, 3 novembre, les Américains se rendent aux
00:32urnes.
00:33Trump est menacé de perdre la Chambre et le Sénat, selon les agrégats les plus sérieux.
00:37Pendant ce temps, le dirigeant américain a été mis en cause dans un poste absolument exclusif de Tucker Carlson,
00:44affirmant que Benjamin Netanyahou le presse d'envisager une frappe nucléaire pour enterrer définitivement le programme lui aussi nucléaire iranien.
00:51Bon, à minima, le risque est bien sûr celui d'une reprise du conflit au Moyen-Orient.
00:57Troisième séisme plus incertain et bien sûr plus indirect pour Donald Trump.
01:01Nous avons appris dans la nuit des rumeurs d'arrestations illégales en Ukraine et même d'une, je cite, chambre
01:08de torture dans une maison privée.
01:10Ces rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, des images aussi, mais la situation est encore très floue.
01:16Nous y reviendrons toutefois avec les éléments à notre disposition.
01:20Heureusement, bien sûr, il faut aussi des bonnes nouvelles.
01:22Sous l'entremise de Mélania Trump, la première dame américaine, une rare coopération humanitaire russo-ukrainienne a permis de sauver
01:29des vies non loin du front.
01:31Mais c'est l'heure des chocs du monde et nous allons discuter de tout cela avec Finandrine.
01:35Finandrine, bonjour.
01:36Bonjour.
01:37Merci beaucoup d'avoir répondu présent une nouvelle fois à l'appel de chocs du monde.
01:41Vous êtes analyste, vous êtes économiste, vous êtes membre du Mises Institute.
01:45D'abord, ces élections, si vous le voulez bien, Finandrine, parce qu'on a, comment dire, beaucoup espéré de l
01:51'élection de Donald Trump, d'une certaine manière, en tout cas son non-électorat.
01:54Il nous a beaucoup promis, il nous a promis la paix, il nous a promis en tout cas aux Américains
01:58la prospérité.
02:00Évidemment, il était encore optimiste hier pour le New York Post et je vous propose de l'écouter très brièvement.
02:05On se débrouille mieux qu'on ne l'a jamais fait en tant que pays.
02:08Oh, vous verrez moi.
02:10Verrons-nous de nouveau du pétrole à 2 dollars ?
02:12Alors, quand j'ai commencé, quand j'ai dû y aller, j'ai dit que nous devrions faire un détour.
02:17Je savais ce qui allait se passer.
02:20Le prix allait monter.
02:25Un petit détour par l'Iran, un petit détour qui aura coûté, selon même les chiffres du Pentagone, 50 milliards
02:31du dollar.
02:31Alors, selon Real Clear Politics, qui synthétise les études d'opinion, les démocrates mènent à 51,4 contre 43,2%.
02:39Selon Silver Bulletin aussi, les chances de reprendre le Sénat sont très maigres.
02:4280% et 94% pour la Chambre des représentants.
02:47Alors, bien sûr, Donald Trump a déjà réussi à faire mentir de tels sondages, de telles études.
02:51Mais, Finandrine, comment analysez-vous cette dynamique à quelques heures au jour du vote ?
02:58Est-ce un référendum anti-Trump, lié à la guerre en Iran, lié au pouvoir d'achat ?
03:02Ou est-ce, comment dire, la bonne santé démocrate ?
03:04Oui, alors, Edouard, la première chose, je pense qu'il faut dire, c'est qu'il faut faire un petit
03:08peu attention au sondage.
03:10Parce qu'il faut se rappeler que ce n'est pas un seul vote.
03:12Ce sont des centaines de votes.
03:14Et donc, c'est un agrégat, en réalité.
03:16Et donc, c'est très difficile de prévoir exactement combien de sièges vont être perdus par les Républicains.
03:23Je pense qu'on peut dire qu'il y a des grandes chances, quand même, que la Chambre des représentants
03:29passe démocrate.
03:31Concernant le Sénat, je pense que c'est un petit peu moins sûr.
03:35Mais il y a des grandes possibilités aussi que le Sénat passe du côté des démocrates.
03:42Évidemment, ça, ça poserait des difficultés pour Trump et pour l'exécutif américain.
03:48Nous pouvons les regarder.
03:49Mais effectivement, comme vous dites, il y a réellement un manque de promesses tenue de la part de Trump.
03:56Et beaucoup d'Américains, aujourd'hui, le reconnaissent.
03:59Et ils voient ces élections de mi-mandat, ils le voient un petit peu comme un vote contre Trump,
04:04même s'évidemment, il s'agit de voter pour des candidats républicains ou ne pas voter pour des Républicains.
04:10Donc, effectivement, les sondages montrent que les Américains sont préoccupés par le coût de la vie.
04:18Ça, c'est... On retrouve d'ailleurs cela en France aussi, en Europe.
04:21Mais c'est quelque chose qui préoccupe le plus les Américains.
04:25Donc là, on voit bien, au niveau du coût de la vie, c'est le prix à la pompe.
04:32Le prix du galon. Il faut se rappeler que les Américains utilisent la voiture quand même beaucoup plus en moyenne
04:38que les Européens.
04:40Et ensuite, vous avez aussi, en numéro 2, à 28% dans ces sondages-là, la corruption gouvernementale.
04:49Et ça, c'est quand même assez nouveau, parce que ça montre aussi quand même une réalisation de la part
04:56des Américains
04:57que le gouvernement américain a une énorme partie de corruption.
05:02Et d'ailleurs, cette corruption a toujours existé.
05:04C'est juste que sous Trump, c'est fait d'une manière tellement ouverte et tellement flagrante, sans gêne en
05:11réalité.
05:11On parle d'enrichissement personnel du coup Jean-Trump.
05:13Oui, enregistrement personnel, utilisation de la politique étrangère pour essayer d'avoir des contrats
05:20qui vont bénéficier à des sociétés liées à l'exécutif américain.
05:24C'est ce que les Américains, en réalité, la politique étrangère américaine a toujours eu cette composante-là.
05:30Non seulement, on peut penser au complexe militaire ou industriel.
05:33C'est en fait une énorme corruption, tout ça.
05:36Mais là, c'est tellement flagrant que beaucoup d'électeurs le notent.
05:43Et ça, ça joue, ça va jouer également dans ces élections.
05:45Surtout que Donald Trump s'est fait, encore une fois, élire sur le nettoyage du Marraquage, comme on dit en
05:52anglais.
05:53Et ce que vous dites est très intéressant, ça veut dire qu'on s'est souvent imaginé les États-Unis
05:57comme le pays du règne du droit, de la loi.
06:03Mais alors là, par contre, en fait, ce qui saute aux yeux de plus en plus, c'est la corruption.
06:07Tout à fait.
06:07Mais je pense qu'il faut distinguer, il y a deux États-Unis, en réalité.
06:10Il y a les États-Unis au niveau municipal, au niveau étatique,
06:14qui très souvent a été vraiment un État de droit à beaucoup d'égards,
06:21plus qu'en Europe pendant des décennies.
06:23Et ensuite, vous avez la partie fédérale, la partie à Washington.
06:27Il faut se rappeler qu'il n'y a pas d'élection directe de l'exécutif aux États-Unis, au
06:32niveau fédéral.
06:33C'est beaucoup moins une démocratie que les pays européens.
06:37Et d'ailleurs, la Constitution américaine ne mentionne jamais le mot démocratie.
06:41C'est une république.
06:43Et à l'origine, le gouvernement fédéral devait être beaucoup plus petit, en réalité,
06:47et devait être soumis aux États.
06:48Et c'est ça qui a changé.
06:50Et c'est ça qui fait qu'aujourd'hui, le gouvernement fédéral est un petit peu en roue libre
06:54et peut faire à peu près ce qu'elle veut.
06:56Sauf donc, peut-être avec ses midterms,
06:59qui permettent un petit peu de contrôler cet exécutif,
07:02mais d'une manière assez indirecte, finalement.
07:04Alors, évidemment, il y a eu cette histoire de post, de tweet,
07:09du journaliste Tucker Carlson, un conservateur, évidemment, ancien proche de Donald Trump.
07:13Voici le post.
07:14Il a, entre guillemets, poignardé dans le dos de Donald Trump.
07:16Il évoque des pressions de Benyamin Netanyahou pour une frappe nucléaire sur le programme iranien.
07:22Netanyahou, rappelons-le, est menacé, lui aussi, d'être chassé du pouvoir.
07:26En Israël, bien sûr, il manque huit sièges à sa coalition,
07:28qui a obtenu 53 des 120 sièges à la Knesset le 27 octobre,
07:32pour bâtir une majorité.
07:34Alors, une frappe, une frappe nucléaire,
07:36est-ce, selon vous, Flynnandrine, une alerte sérieuse ?
07:38La pression israélienne est-elle réelle ?
07:40Ou n'est-ce, comment dire, qu'un instrument de politique intérieure
07:43pour déstabiliser Donald Trump,
07:45pour le rappeler à l'ordre, à quelques heures des midterms ?
07:48Alors, c'est une question très intéressante.
07:50Je pense que, évoquer la possibilité d'une frappe, je pense que oui.
07:57Et ce n'est pas la première fois,
07:58parce qu'on sait que même pendant la guerre de Corée,
08:00et pendant la guerre de Vietnam,
08:01en 72, Nixon avait évoqué, avec Kissinger,
08:05la possibilité de larguer une bombe nucléaire sur le Vietnam
08:09pour faire plier les Vietnamiens du Nord.
08:12Et ça, c'est des choses qui sont totalement publiques aujourd'hui.
08:15On peut même écouter l'enregistrement sur YouTube
08:18de ces conversations-là, qui sont absolument dingues.
08:20Donc, il y a des médias américains qui ont également expliqué
08:24que pendant l'été, Trump a évoqué la possibilité
08:28d'utiliser l'arme nucléaire à plusieurs reprises,
08:31mais que cela a été en permanence rejeté,
08:35et très fortement, par les militaires,
08:38par le commandant, le chef d'état-major.
08:41Donc, je pense que c'est peu probable,
08:44parce que les conséquences pour les États-Unis
08:46seraient désastreuses, en réalité,
08:49au niveau politique, au niveau de l'image,
08:51au niveau de la géopolitique mondiale,
08:53qui changerait instantanément
08:55si les États-Unis réutiliseraient une bombe nucléaire.
08:59Donc, je n'y crois pas trop.
09:00Et je pense que Tucker Carlson,
09:02c'est une personne, évidemment, qui veut faire du buzz,
09:06qui a parfois, et parfois très exagéré,
09:09parce qu'on voit souvent, les journalistes américains
09:11sont souvent assez exagérés.
09:13Et effectivement, son tweet a fait,
09:15je l'ai regardé à l'instant,
09:17il a fait 86 millions de vues.
09:19Donc, effectivement, ça marche de ce point de vue-là.
09:21Mais il y a des choses, également, dans son message,
09:24qui ne semblent pas tout à fait logiques.
09:27Au niveau des sources.
09:28Oui, il n'y a pas de sources même mentionnées,
09:32ou même évoquées.
09:33Il introduit des aspects sur la Russie
09:35qui me semblent pas très crédibles.
09:38Donc, je prends un petit peu avec des pincettes
09:40ce genre de messages.
09:41Je n'y crois pas trop.
09:42Alors, peut-être un peu plus sérieusement.
09:43Le média Axios a révélé hier
09:45qu'il y avait, en réalité, trois tendances
09:47au sein de la Maison Blanche.
09:48J.D. Vance et Steve Whitcoff
09:50sont en faveur d'un accord diplomatique avec l'Iran.
09:53Pete Exet et Benyamin Netanyahou,
09:55inclus, évidemment, dans la Maison Blanche,
09:56avec sans doute un peu d'ironie,
09:58sont en faveur de frappes.
09:59Scott Besson, donc le secrétaire au Trésor,
10:01Marco Rubio, le chef de diplomatie, pardon,
10:04sont en faveur d'une pression économique sur Téhéran
10:06pour contraindre, donc, l'Iran à des concessions.
10:09Pour qui pencherez-vous ?
10:11Alors, je pense que la seule issue, en réalité,
10:15c'est les négociations.
10:16parce que les États-Unis ne sont pas
10:18dans une position, aujourd'hui,
10:20où ils peuvent faire fléchir l'Iran.
10:23Et c'est ça qui, évidemment, embête énormément Trump.
10:25Et c'est ça qui exaspère l'État profond américain.
10:28Donc, je pense que les États-Unis
10:31ont toujours cette volonté,
10:33cette velléité de vouloir frapper
10:35et d'utiliser la force
10:36quand ils n'arrivent pas
10:38à atteindre leur objectif avec des négociations.
10:40Il faut voir aussi qu'il n'y a pas eu
10:42de réelles négociations jusqu'à présent.
10:44On a envoyé Whitcoff,
10:46on a envoyé J.D. Vance, le vice-président,
10:49mais qui n'a pas de réel pouvoir, en réalité.
10:52Mais il n'y a pas eu de vraies négociations
10:54et pas de négociations directes.
10:56Donc, il faut faire très attention.
10:58Je pense que les États-Unis,
11:00aujourd'hui,
11:01ils sont encore sur une phase d'escalade.
11:05Donc, je pense qu'on a toujours
11:07un risque très élevé de frappe,
11:09même s'il y a aussi une partie de Washington
11:15qui comprend que ce serait aussi
11:17potentiellement catastrophique
11:18parce que l'Iran riposterait fortement.
11:22Il y a même eu une déclaration hier
11:24d'une nouvelle Ayatollah Khomeini,
11:27donc fils,
11:28qui a dit
11:28nous frapperons indistinctement
11:31au niveau géographique
11:33et indistinctement également
11:35en ce qui concerne les cibles.
11:36C'est-à-dire qu'il inclurait également
11:38des cibles non seulement militaires,
11:40mais également non militaires.
11:42C'est-à-dire, potentiellement,
11:43des câbles sous-marins
11:44qui portent l'Internet
11:45dans le détroit de Hormut,
11:47potentiellement des data centers américains
11:49installés à Dubaï,
11:50ce qui a été en partie le cas, déjà.
11:53Donc, c'est-à-dire que là,
11:55les Américains jouent très gros.
11:56Et la question est de savoir
11:58sur quel côté va pencher Trump.
12:01Et non, c'est très difficile de le dire.
12:02Une fois les midterms passés,
12:03c'est ça, évidemment,
12:05le grand point d'interrogation.
12:06Il faut se rappeler que le nouveau Sénat
12:10et la nouvelle Chambre des représentants
12:12ne se conviendront pas
12:14avant le 3 janvier 2027.
12:17Ça veut dire que Trump a encore
12:18deux mois où il a une majorité
12:20qui le soutient.
12:22Et même après, d'ailleurs.
12:23Il faut se rappeler que
12:26Trump, c'est le chef des armées,
12:28c'est celui qui mène
12:28la politique internationale
12:30en tant que président des États-Unis.
12:32Donc, il a potentiellement aussi encore
12:34des possibilités de créer un chaos
12:38même après janvier 2027.
12:41Bien sûr.
12:42Alors, le chaos.
12:42Nous allons évoquer d'ailleurs
12:43le chaos à Kiev aussi.
12:44Mais avant cela,
12:45j'aimerais en finir avec la question
12:47iranienne,
12:48parce que, qui est liée évidemment
12:50au midterms,
12:50parce que Donald Trump,
12:51comme nous l'avons entendu,
12:52il nous dit que c'est un détour,
12:54que ce n'est pas une guerre,
12:55qu'il n'a pas été en guerre,
12:56que ce qu'il a commandé,
12:59évidemment,
13:00n'avait rien à voir
13:01avec la Première
13:01et la Deuxième Guerre mondiale.
13:03Quand on a les yeux braqués
13:04sur les États-Unis,
13:05Finandrine,
13:06on tend,
13:06nous autres occidentaux,
13:07à, d'une certaine manière,
13:09quand même,
13:09choisir un camp.
13:10D'autres pays, par contre,
13:11ont un regard
13:12complètement différent.
13:13J'aurais pu trouver
13:14des citations
13:15de la diplomatie russe
13:16ou autre,
13:17chinoise peut-être,
13:18mais je vous propose
13:19d'écouter le porte-parole
13:20de la diplomatie iranienne,
13:22Ismail Baray.
13:30Nous savons qu'une nouvelle
13:31élection américaine
13:32ne fera pas naître
13:33une confrontation nouvelle
13:34entre l'Amérique et l'Iran,
13:36ou, disons plutôt,
13:37la malveillance américaine
13:39envers l'Iran
13:39remonte à plus de 70 ans,
13:41au coup d'État de 1953.
13:44C'est pourquoi nous avons vu
13:45ces évolutions à maintes reprises,
13:47nous avons vu les allées et venues.
13:49De ce fait,
13:50nous préférons nous concentrer
13:52sur nous-mêmes
13:53et sur le renforcement
13:53de nos capacités
13:54dans tous les domaines.
14:04En fait,
14:05je voulais passer cet extrait
14:07parce que tout cela
14:09amène à une question essentielle,
14:10pas seulement l'Iran,
14:11bien sûr.
14:12C'est évidemment
14:12ce que vous avez déjà esquissé,
14:14d'ailleurs, Finandrine,
14:14c'est la continuité stratégique
14:16américaine
14:16en dépit des élections.
14:18Si les démocrates reprennent
14:19la Chambre
14:20et éventuellement le Sénat,
14:21mais vous en doutez,
14:22cela changera-t-il,
14:23à votre avis,
14:23la marge de manœuvre
14:24de Trump sur l'Iran,
14:25sur le soutien à Israël,
14:27sur les négociations
14:27avec l'Ukraine
14:28durant les deux dernières années
14:30de son mandat ?
14:31Alors, je pense que ça pourrait
14:32changer dans le sens
14:33où le nouveau Congrès
14:36pourrait, disons,
14:37arrêter certains fonds
14:39qui sont nécessaires
14:40pour des opérations
14:41militaires futures.
14:42Mais c'est à peu près tout.
14:43Parce qu'il faut se rappeler,
14:45comme dit ce monsieur iranien,
14:46mais les Russes
14:47sont de la même position.
14:48Et d'ailleurs,
14:48beaucoup d'analystes européens
14:49ou occidentaux aussi.
14:51C'est-à-dire que
14:51les États-Unis
14:52ont une politique étrangère
14:54bipartisan.
14:55Et ça,
14:56c'est fondamental à comprendre.
14:57C'est-à-dire que,
14:57comme vous avez dit
14:58tout à fait correctement,
14:59il n'y a pas
15:00de très grande différence
15:02entre les démocrates
15:04ou les républicains
15:06quand ils sont au pouvoir
15:07en ce qui concerne
15:08la politique étrangère.
15:09Parce que la stratégie américaine,
15:11elle est faite
15:12à beaucoup plus long terme.
15:13Elle ne dépend pas
15:14d'élections qui ont lieu
15:15tous les quatre ans,
15:17que ce soit pour le législatif
15:19ou que ce soit pour l'exécutif.
15:21Et donc,
15:22il faut comprendre,
15:23par exemple,
15:23dans le cas de l'Iran,
15:24la volonté américaine
15:25de frapper l'Iran,
15:26elle date de très longtemps.
15:28Elle date même
15:29de l'air de Bush.
15:31Parce que l'objectif,
15:32c'était d'abord
15:33de s'attaquer à l'Irak,
15:34de faire tomber la Syrie
15:36le plus vite possible.
15:37Et après,
15:38une fois de la Syrie tombée,
15:39de s'attaquer à l'Iran.
15:41Ensuite,
15:41ce qui s'est passé...
15:42C'était le grand plan
15:42néoconservateur.
15:43C'était le grand plan
15:44néoconservateur.
15:45Ce qui s'est passé,
15:46c'est que les Russes
15:46sont intervenus en Syrie.
15:48Donc la Syrie
15:48n'est pas tombée tout de suite.
15:49Elle n'est tombée que
15:50l'été 2019.
15:55Et donc,
15:55c'est ça en fait
15:58qui a permis...
15:59Non, la Syrie est tombée
16:00en décembre 2021.
16:01Donc c'était juste
16:02à quelques mois,
16:04je ne rappelle plus
16:04la date exacte,
16:05mais à quelques mois
16:06en fait,
16:07de cette attaque
16:09de Trump
16:09sur l'Iran.
16:10Parce qu'en fait,
16:11la chute de la Syrie
16:12a pu
16:14donner accès
16:15à l'espace aérien syrien
16:18et donc
16:18à donner
16:19une possibilité
16:20aux Américains
16:21et aux Israéliens
16:22d'attaquer
16:23plus facilement
16:25l'Iran.
16:25Donc effectivement,
16:26Trump y est pour quelque chose
16:28parce qu'à la fin,
16:28c'est lui
16:28qui a pris
16:29la décision fatidique
16:30d'attaquer l'Iran
16:31le 28 février
16:32de cette année.
16:33Mais néanmoins,
16:34il faut comprendre
16:34qu'il y a une continuité
16:35stratégique
16:36où la volonté
16:37de s'attaquer à l'Iran,
16:39elle a toujours été là.
16:40Depuis cette nuit,
16:41il y a des nouvelles
16:42beaucoup plus incertaines
16:44et dramatiques.
16:46Bien sûr,
16:46nous avons évoqué
16:46ces images
16:47sur les réseaux sociaux
16:48qui circulent en Ukraine,
16:49qui sont vues désormais
16:51par le monde entier,
16:53celles d'arrestations illégales
16:54menées par des troupes,
16:55enfin par des militaires
16:56ukrainiens
16:57et d'une chambre de torture
16:58qui, selon les premiers éléments,
17:00se trouverait
17:00dans une maison privée.
17:02Kirill Boudanov,
17:02qui est désormais membre
17:03du cabinet Zelensky,
17:05s'est aussi rendu sur place.
17:06Pour l'instant,
17:06semble-t-il,
17:07les autorités ukrainiennes
17:08tentent de jouer
17:09la transparence,
17:10de dire que
17:11peut-être ce serait
17:12des débordements
17:13de la part d'éléments isolés.
17:15Pensez-vous
17:15que ce serait crédible,
17:17que ce ne serait
17:18qu'un débordement
17:18de milices isolées
17:20ou cela révèle-t-il
17:21quelque chose
17:21de potentiellement
17:22beaucoup plus profond
17:23au sein de l'appareil
17:24d'État ukrainien ?
17:25Je pense que ça traduit
17:26quelque chose
17:27de beaucoup plus profond
17:28et nous qui analysons
17:29d'une manière indépendante
17:30l'Ukraine depuis plusieurs années,
17:32nous savons
17:33qu'il y a un énorme
17:34problème de corruption
17:35et ce problème de corruption,
17:37il affecte
17:39les vies ukrainiennes,
17:41la société ukrainienne
17:42toute entière.
17:42D'ailleurs,
17:43tous les médias occidentaux
17:45en parlaient
17:46entre 2015
17:47et 2021,
17:49c'était absolument
17:50ouvert
17:51cet énorme
17:53problème de corruption
17:53parce qu'il faut
17:54comprendre que
17:55l'armée ukrainienne
17:57utilise
17:58des jeunes
17:59pour faire
18:01chanter
18:01les parents,
18:02pour faire
18:03payer les parents,
18:04pour que
18:05leur fils
18:06évite
18:06d'aller au front,
18:07donc c'est
18:08absolument sordide
18:09et d'ailleurs
18:10Boudanov,
18:10que vous mentionnez,
18:12il a dit aussi
18:12à la télévision
18:14hier devant ce bâtiment,
18:15il a dit
18:15il y a plein de bâtiments
18:19de ce style
18:20partout en Ukraine,
18:21donc est-ce qu'il sous-entend
18:23par là
18:23que c'est une pratique ?
18:24C'est un peu ambiguë
18:25mais il a confirmé ça
18:27et je ne sais pas
18:28si c'est ce qu'il voulait
18:30réellement dire,
18:31donc moi je ne serais pas étonné
18:32évidemment
18:33si ce genre de pratique
18:34était
18:36systématisé
18:36en Ukraine,
18:38malheureusement.
18:39On a évoqué
18:3940 victimes,
18:41des chiffres évidemment
18:41bien tendus
18:42à confirmer,
18:43à prendre avec des pincettes,
18:45je voulais évoquer
18:45donc la bonne nouvelle
18:47parce que
18:48évidemment
18:48cette affaire
18:50de chambre
18:50entre guillemets
18:51de torture
18:51en Ukraine
18:52pourrait être
18:54une véritable déflagration,
18:55pourrait donner
18:56au pouvoir
18:56à Washington
18:58la légitimité
18:59pour lâcher totalement
19:00Kiev,
19:01ce qui semble être
19:02inéluctable
19:03depuis plusieurs semaines
19:04et puis il y a
19:05du côté
19:05encore une fois
19:06des bonnes nouvelles
19:07ce cessez-le-feu ponctuel
19:08dans la région de Kerson
19:09où vous avez la carte
19:10qui s'affiche ici à l'écran
19:11qui a eu lieu
19:12la semaine passée
19:12à partir du 27 octobre
19:13mais qui a pris fin
19:15le 1er novembre
19:16tout cela aurait eu lieu
19:17sous l'entremise
19:17de Mélania Trump
19:19je vous propose
19:20d'écouter
19:21Dmitro Lubinets
19:22qui est le représentant
19:24ukrainien
19:24il était aux côtés
19:25de la représentante
19:27russe
19:28pour gérer
19:29ce cessez-le-feu
19:30et surtout
19:30mettre sous protection
19:32les civils
19:33de la ville
19:33nous sommes actuellement
19:35à Oleschki
19:36sous le contrôle
19:37de l'anal Antratova
19:39voici comment se déroule
19:40le processus d'aide
19:41nous avons contrôlé
19:43une très grande cargaison
19:44d'aide humanitaire
19:45a été livrée
19:45elle a déjà été déchargée
19:48une partie des citoyens
19:49l'a déjà reçu
19:50une autre partie
19:51la recevra
19:52un peu plus tard
19:53et en ce moment
19:54de l'aide est fournie
19:55à ceux qui souhaitent partir
19:57il y a des bus séparés
19:58pour ceux qui veulent partir
19:59sur le territoire
20:00de la fédération de Russie
20:01et des bus séparés
20:02pour ceux qui veulent partir
20:03en Ukraine
20:05tout est préparé
20:06au maximum
20:07vous pouvez voir
20:08derrière nous
20:08un grand nombre
20:09de personnes
20:09qui montent en ce moment
20:10dans les bus
20:15tout est organisé
20:22au plus haut niveau
20:23il n'y a aucun obstacle
20:25ceux qui veulent partir
20:26en Russie connaissent
20:27leurs bus
20:27ceux qui veulent partir
20:29en Ukraine
20:29connaissent les leurs
20:30tout se fait
20:31avec les animaux domestiques
20:33des cages sont organisées
20:35des bus spéciaux
20:36de la nourriture
20:38plus de 50 médecins
20:39et infirmiers
20:40travaillent avec nous
20:41la sécurité est assurée
20:42aucun incident
20:43n'a eu lieu pour le moment
20:44tout se passe
20:45en mode normal
20:53le cessez-le-feu
20:54a pris fin
20:54depuis le 1er novembre
20:56semble-t-il
20:57par des tirs russes
20:58en tout cas
20:58selon plusieurs sources
20:59puisque bien sûr
21:00je le rappelle
21:00Moscou estime
21:01que les cessez-le-feu
21:02pour l'heure
21:03ne sont pas
21:04dans son intérêt
21:05ils veulent un véritable
21:06accord de paix
21:07des véritables garanties
21:08de sécurité réciproques
21:09à la fois pour
21:10bien sûr l'Ukraine
21:11mais surtout pour eux
21:12pour la partie russe
21:14croyez-vous
21:15que ce cessez-le-feu
21:17dans la région de Kherson
21:18peut être un précédent
21:19encore une fois
21:20à l'initiative américaine
21:22comment jugez-vous
21:22en fait la diplomatie américaine
21:24sur le terrain ukrainien ?
21:26Je pense qu'il peut y avoir
21:27d'autres cessez-le-feu
21:29ponctuels
21:30de ce style
21:31et d'ailleurs
21:32il y en a eu
21:32un petit peu
21:33par le passé également
21:35mais cela ne change pas
21:36disons la question
21:38principale
21:39c'est-à-dire que
21:39les russes
21:40considèrent que
21:42le cessez-le-feu
21:44un cessez-le-feu
21:45futur
21:45doit être la conséquence
21:47d'accords
21:48et de fin de négociation
21:50et ça c'est
21:51si vous regardez
21:51d'autres guerres
21:52par exemple
21:52la guerre du Vietnam
21:53le cessez-le-feu
21:54a toujours eu lieu
21:55après la fin
21:56des négociations
21:57quand les partis
21:58se sont
21:59disons
22:00accordés
22:00au minimum
22:01sur les grands traits
22:02d'un accord
22:03aujourd'hui
22:04il n'y a vraiment
22:05aucune volonté
22:05ni des américains
22:07et ni des européens
22:08pour justement
22:10aller vers
22:11les russes
22:12et comprendre
22:13quelles sont
22:14les conditions
22:14russes
22:15qui seraient nécessaires
22:17justement
22:17pour avoir cet accord
22:19et vous dites
22:20donc effectivement
22:21que les américains
22:22veulent utiliser
22:22ce cessez-le-feu
22:24très limité
22:24effectivement
22:26ils veulent l'utiliser
22:27pour des raisons
22:27de communication
22:28mais il faut comprendre
22:30que
22:30oui
22:31ils peuvent utiliser
22:32cela pour mettre
22:32aussi de la pression
22:33sur l'Ukraine
22:34mais il ne faut pas
22:35oublier que
22:35les américains
22:36contrôlent l'Ukraine
22:37et c'est ça
22:38qu'on ne dit jamais
22:38assez
22:39dans les médias
22:40occidentaux
22:40les américains
22:42sont réellement
22:43les progéniteurs
22:44de ce gouvernement
22:46ukrainien
22:46qui existe depuis 2014
22:47et donc
22:49ils ont tout à fait
22:49la possibilité
22:50de demander
22:51ce qu'ils veulent
22:52de Zelensky
22:53et du gouvernement
22:54ukrainien
22:54à n'importe quel moment
22:55rappelez-vous
22:56il y a quelques années
22:56quand Biden
22:57s'est vanté
22:59qu'il avait fait
23:01licencier
23:02le procureur général
23:04d'Ukraine
23:04en un seul appel
23:06donc ça
23:07ça démontre bien
23:08le type
23:10ou le niveau
23:10de pouvoir
23:11que les Etats-Unis
23:12ont sur l'Ukraine
23:13donc vous dites
23:13que Donald Trump
23:14n'en a pas fait assez
23:15depuis qu'il est élu
23:16sur le dossier ukrainien
23:17non il n'en a pas fait assez
23:18donc ils veulent
23:19se présenter
23:20comme un médiateur
23:20mais en réalité
23:21on sait très bien
23:22les Etats-Unis
23:23contrôlent cette guerre
23:24et dirigent
23:26l'Ukraine
23:27Kiev
23:27politiquement
23:28mais également
23:29au niveau
23:30des avancées militaires
23:32parce que quand même
23:33pour jouer
23:34les avocats du diable
23:35enfin en l'occurrence
23:35de Donald Trump
23:36c'est surtout
23:37les Européens
23:38qui tenant financièrement
23:39à bout de bras
23:40l'Ukraine
23:40ont un peu grippé
23:41peut-être
23:42les intentions
23:42de Donald Trump
23:43oui mais rappelez-vous
23:45je pense qu'effectivement
23:46les Européens
23:47jouent un rôle néfaste
23:49ça c'est sûr
23:50mais je pense aussi
23:51qu'il y a
23:52tout cet aspect
23:53de l'état profond
23:54derrière Trump
23:55qui constamment
23:56chuchote
23:57à l'orée de Trump
23:57lui explique
23:58qu'il faut faire face
24:00à la Russie
24:00on ne peut pas
24:01accepter cette défaite
24:03stratégique
24:03parce qu'évidemment
24:04Trump c'est une personne
24:06extrêmement vaniteuse
24:07donc il n'accepterait pas
24:08non plus
24:09une défaite stratégique
24:10donc là il rejoint
24:11quelque part
24:11l'état profond
24:12l'état profond
24:13aujourd'hui
24:13il est représenté
24:14publiquement
24:15par des personnes
24:16comme Marco Rubio
24:17le ministre
24:18des Affaires étrangères
24:19et donc
24:20Radcliffe
24:20qui est le directeur
24:21de la CIA
24:21il faut se rappeler
24:22que ces deux personnes
24:23rapportent à Trump
24:24donc Trump
24:25pourrait potentiellement
24:26demander à ces personnes
24:28d'agir
24:30dans sa conviction
24:32si réellement
24:33il veut une paix
24:34en Ukraine
24:34ou bien
24:35dans ce cas
24:36il pourrait évidemment
24:36les échanger aussi
24:37il a tout à fait
24:38ce pouvoir là
24:39or il n'a absolument
24:41rien fait dans ce sens
24:42pendant ces deux années
24:43et Marco Rubio
24:45voilà
24:46il n'a jamais fait
24:47un seul effort
24:48pour aller négocier
24:49avec les Russes
24:50il n'a jamais été
24:52vous dites que
24:53lui-même personnellement
24:54à part une ou deux
24:54rencontres avec Lavrov
24:56avec Lavrov
24:57il s'est rencontré
24:58une ou deux fois
24:59je crois que c'était
25:00à Riyad
25:01mais sinon
25:02il n'a jamais mis les pieds
25:03ni à Kiev
25:03ni à Moscou
25:04il n'a jamais accompagné
25:05Wittkov
25:06c'est pour ça d'ailleurs
25:06que Lavrov
25:07le ministre des Affaires étrangères
25:08russe
25:09n'est jamais impliqué
25:10dans ces soi-disant
25:11négociations
25:12parce qu'il n'y a personne
25:13de l'autre côté
25:14de sérieux en réalité
25:15vous avez le gendre
25:17de Trump
25:18donc Jared Kushner
25:19et vous avez son meilleur ami
25:21Wittkov
25:21ce sont des personnes
25:22qui ne sont pas du tout aptes
25:24à mener des négociations
25:25complexes
25:27profondes
25:27longues
25:28probablement
25:28qui seules
25:29pourraient mener
25:30à un cessez-le-feu
25:32et une paix durable
25:33on en revient
25:34à toute la question
25:35du clan Trump
25:36qui s'enrichit potentiellement
25:37sur les crises
25:38c'est exactement ça
25:38et ce sera donc
25:39le mot de la fin
25:40Fianandrine
25:40merci encore
25:41d'avoir répondu
25:42présent à l'appel
25:43de Choc du Monde
25:44merci à tous
25:44d'avoir suivi cet épisode
25:46surtout
25:46n'oubliez pas
25:47de le commenter
25:48de le partager
25:49et bien sûr
25:49de vous abonner
25:50à TVL
25:51merci à tous
25:52et bonne soirée
25:52Sous-titrage Société Radio-Canada

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