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Chaque matin dans son édito, Alexis Brezet, directeur des rédactions du Figaro, revient sur l'actualité politique du jour.

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00:007h-9h, Europe 1 Matin.
00:03L'édito politique sur Europe 1 avec le Figaro.
00:06Bonjour Alexis, vous êtes ?
00:07Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:08Dimanche soir sur TF1, Edouard Philippe a donc dit non à une primaire de la droite et du centre.
00:13Est-ce que ça veut dire, Alexis, que les électeurs du bloc central doivent définitivement faire le deuil d'une
00:18dynamique unitaire ?
00:20Pour danser le quadri, Dimitri, il faut être quatre.
00:23Et là, c'est plutôt les quatre cavaliers de l'apocalypse.
00:26Edouard Philippe est à fond contre la primaire, Bruno Retailleau fait mollement mine d'être pour, mais en fait il
00:32n'en veut pas.
00:33Quant aux deux qui sont franchement favorables, Gabriel Attal et David Listard,
00:37ils sont aux antipodes l'un de l'autre, ceux qui laissent mal augurer d'une réconciliation.
00:42Bref, effectivement, la primaire semble assez mal partie.
00:46Cela étant dit, il me semble que le problème central du bloc central n'est pas la primaire
00:53et que c'est une illusion de croire que cette procédure de sélection suffirait à elle seule à créer ex
01:00nihilo,
01:01cette fameuse dynamique qui fait tant défaut à la droite et au centre.
01:06Ce n'est pas avec trois candidats en panne qu'on fabrique un candidat en forme.
01:11Ce n'est pas en mélangeant trois, quatre ou cinq programmes qui ne suscitent aucun enthousiasme
01:16qu'on bâtira un projet mobilisateur.
01:20Bref, ce n'est pas parce que le bloc central ne s'est pas accordé sur un candidat qu'il
01:25est inaudible,
01:26c'est parce qu'il est inaudible qu'aucun des candidats issus de ces rangs ne parvient à s'imposer.
01:32Mais alors par quel sortilège les candidats du bloc central sont-ils à ce point incapables de se faire entendre
01:36et de convaincre les électeurs ?
01:38Ce n'est pas un sortilège, c'est une malédiction.
01:42La malédiction Macron.
01:45On a beaucoup dit que le président du dépassement des clivages avait pour ambition de tuer la gauche et la
01:50droite.
01:50Il y est quasiment parvenu, voyez, l'état du PS et de LR.
01:54Mais ce qu'on a moins dit, enfin certains l'ont dit mais on ne les a pas écoutés,
01:58c'est qu'il allait aussi exterminer le centre.
02:01Et là nous y sommes, l'échec final de ce double quinquennat est tellement éclatant dans tous les domaines
02:08que quiconque y a prêté la main, si peu que ce soit, est jugé co-responsable de cette catastrophe
02:13et, pour ce motif, politiquement discrédité.
02:17Alors c'était évidemment vrai pour Gabriel Attal qui ressemble trop à Emmanuel Macron pour ne pas être mis dans
02:23le même sac.
02:24C'est vrai aussi pour Édouard Philippe qui se donne beaucoup de peine pour mettre en scène sa rupture avec
02:29son mentor
02:29mais qui ne parvient pas à faire oublier qu'il fut le premier ministre des 80 km heure et des
02:35gilets jaunes.
02:36Et c'est vrai aussi, dans une moindre mesure, pour Bruno Retailleau
02:40qui ne fut pourtant ministre qu'une année et tout sauf complaisant
02:44mais qui n'a pas su rompre assez tôt ni pour un motif assez clair.
02:48Il y a aussi dans les rangs du bloc central, Alexis, des candidats potentiels qui n'ont pas été ministres
02:52qui ne sont pas comptables du bilan d'Emmanuel Macron.
02:55Ceux-là devraient avoir un boulevard devant eux.
02:57C'est vrai, François Hollande, Xavier Bertrand, Jean-Luc Borloo ne sauraient passer pour des suppôts du macronisme.
03:04Le problème, c'est que M le maudit ne s'est pas contenté de griller ses partisans.
03:09Il a aussi vitrifié tout l'espace politique central.
03:13Aujourd'hui, les électeurs en ont tellement soupé du en même temps
03:17que même chez ceux, il y en a beaucoup, qui ne se reconnaissent ni dans Marine Le Pen, ni dans
03:23Jean-Luc Mélenchon.
03:24Eh bien, c'est le principe même d'un gouvernement au centre-droit ou au centre-gauche qui est rejeté.
03:29La polarisation, on ne le dira jamais assez, est fille de la macronisation.
03:35Alors, ça peut éventuellement laisser un espace pour un David Lissnard
03:40qui assumerait un positionnement franchement à droite
03:42ou pour un Raphaël Glucksmann qui, ça n'est pas hasard, va chaque jour un peu plus loin à gauche.
03:48Mais entre les deux, au milieu, comme on dit,
03:51planent les imprécations d'un autre M, pas Macron, mais Jacques de Molay,
03:56dernier grand maître de l'ordre du Temple,
03:59brûlé il y a sept siècles par un roi nommé Philippe, tiens donc,
04:02« Maudits, maudits, maudits, tous maudits jusqu'à la treizième génération ».
04:07Espérons cette fois que ce ne soit pas si long.
04:09L'édito politique sur Europe.
04:11Il n'y a qu'ici qu'on va avoir des citations de Jacques de Molay,
04:14grand chef de l'ordre des Templiers.
04:16Incroyable. Merci Alexis Brézé.
04:17À la lune du Figaro ce matin, les mid-terms,
04:19un référendum pour ou contre Donald Trump.

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