00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Alexis Brevet.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:05Pleasure de vous retrouver Alexis.
00:06Jean-Luc Mélenchon, accusé de dérapage antisémite, a dit qu'il était désolé d'avoir déformé par erreur la prononciation
00:12du nom de Raphaël Glucksmann.
00:15Est-ce que ça veut dire, Alexis, qu'il a compris que cette fois il était allé trop loin ?
00:17Vous plaisantez Dimitri, ça veut dire simplement, ça veut simplement dire qu'une fois encore il se moque du monde
00:24qu'il est absolument sans vergogne
00:26et qu'il n'y a plus de limite à ses outrances ni, disons le mot, à ses ignominies.
00:32Depuis l'effroyable pogrom du 7 octobre, qui a vu le leader des Insoumis basculer clairement du côté de l
00:38'antisémitisme, c'est à chaque fois le même scénario.
00:41Jean-Luc Mélenchon, en toute connaissance de cause, prononce des horreurs, qui sont autant de signaux explicites pour un électorat
00:47qui a en haine Israël et les Juifs.
00:49Et puis, quand la polémique enfle, il joue les vierges effarouchés, il n'a pas dit ce qu'il a
00:54dit,
00:55ou alors il ne voulait pas le dire, ou alors on l'a mal compris.
00:57Ce sont ses ennemis, n'est-ce pas, qui voient de l'antisémitisme partout.
01:01Vous l'avez entendu à Lyon, il y a quelques jours ?
01:04Epstein ? Pardon, j'aurais dû dire Epstein ?
01:07Et puis trois jours plus tard à Perpignan ?
01:09Rebelote ? Glucksmann ? Pardon, j'aurais dû dire Glucksmann ?
01:12Mais qui peut croire un instant qu'il aurait commis non pas une, mais deux erreurs ?
01:18D'abord parce que jamais personne n'a dit Glucksmann.
01:20Ensuite, parce qu'il a la manière dont il le dit, ces trucs de vieux cabots qui préparent ses effets,
01:26qui ménagent ses silences, qui laissent à son public le temps de s'esclafer grassement.
01:31Ce ne sont pas, comme on dit, des dérapages, c'est une volonté délibérée.
01:35Alors une volonté qu'on aurait tort de réduire à sa seule dimension psychologique, voire névrotique.
01:41Certes, Jean-Luc Mélenchon, qui est aussi sans cesse entre épisodes de surexcitation colérique
01:46et moments de noire dépression, n'est pas un modèle de stabilité personnelle.
01:51Mais ces embardés répondent aussi à une stratégie très calculée d'hystérisation,
01:56de conflictualisation du débat public, qu'il déroule méthodiquement.
02:00Alors Raphaël Glucksmann a dit de Jean-Luc Mélenchon qu'il est devenu le Jean-Marie Le Pen de notre
02:04époque.
02:05Est-ce que cette comparaison vous paraît justifiée ?
02:07Il y a indubitablement des points communs entre les deux hommes, et ça fait longtemps qu'on l'a constaté.
02:12Deux tribuns venus du peuple, deux hommes politiques à l'ancienne,
02:16deux orateurs de grand talent nourris l'un et l'autre d'une profonde culture historique.
02:20Voilà ce qu'on disait depuis longtemps, et qui était plutôt à l'avantage de Jean-Luc Mélenchon,
02:25crédité entre guillemets des « bons côtés » de Jean-Marie Le Pen.
02:28Seulement voilà, désormais, chacun le constate, c'est le pire de Le Pen que Mélenchon s'ingénie à copier.
02:34Ces outrances, cette violence, cette jubilation dans la provocation pour la provocation,
02:40cette rage de ne jamais reconnaître le moindre tort et au contraire de toujours en rajouter,
02:44et cet antisémitisme de plus en plus dévorant à mesure que le temps passe.
02:49Comment ne pas entendre, derrière les blagues répugnantes de Mélenchon,
02:53l'écho du détail de l'histoire, du durafour crématoire,
02:57ou des attaques de Le Pen contre co-bandit ?
03:00Vous avez reconnu co-bandit.
03:02Oui, cette stratégie, elle n'a pas vraiment d'ailleurs réussi à Jean-Marie Le Pen.
03:05Est-ce qu'elle n'est pas en train d'entraîner le patron des Insoumis vers un échec cinglant similaire
03:09?
03:09Tout dépend, Dimitri, où on place les critères de l'échec et du succès.
03:12C'est vrai, les excès de Jean-Marie Le Pen durant les années 90
03:16ont indubitablement ralenti l'ascension du RN vers le sommet du pouvoir.
03:20Mais enfin, ils ne l'ont pas empêché d'être présent au second tour de la présidentielle de 2002.
03:24Alors, pour faire 18% c'est, mais enfin, il y était.
03:27On a beaucoup dit que Jean-Marie Le Pen, au fond, ne souhaitait pas exercer le pouvoir.
03:32Mais Jean-Luc Mélenchon le veut-il davantage ?
03:35Une victoire du RN, dont objectivement il fait le jeu aujourd'hui,
03:39est-elle vraiment de nature à lui déplaire ?
03:42Pas forcément, si c'est à lui, Mélenchon,
03:45que revient ensuite la responsabilité d'organiser la résistance au fascisme.
03:49C'est ça la dialectique historique.
03:52Il faut parfois consentir à de pénibles détours pour qu'advienne la révolution.
03:57L'édito politique sur Europe 1.
03:59Merci Alexis Brézé.
04:00À la Une du Figaro ce matin, l'Iran frappé au cœur,
04:03mise sur la stratégie du chaos.
04:05Bonne journée Alexis.
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