00:007h, 9h, Europe 1 Matin.
00:03L'édito politique sur Europe 1 avec le Figaro. Bonjour Alexis Brazé.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:08Mardi soir, Edouard Philippe a proposé à ses partenaires potentiels du bloc central de se retrouver à la Toussaint
00:13pour avancer ensemble sur la voie de l'unité de la droite et du centre.
00:18Bon, ça n'est pas un franc succès apparemment.
00:20Oui, ça c'est une litote Dimitri, parce que, en fait, de rendez-vous de la Toussaint,
00:24c'est plutôt un enterrement de première classe qui a été réservé à l'idée de l'ancien Premier ministre.
00:29Ce n'est pas un vent qu'a pris Edouard Philippe, mais quatre vents.
00:33D'abord, David Lysnard a commencé par balayer d'un revers de main cet arrangement entre notables
00:40pour continuer la bouillie qu'il y a depuis des années.
00:43Puis, Bruno Retailleau a fait savoir que cette réunion, je cite, de « macronistes » n'était pas pour lui
00:49et qu'il ne rejoindrait évidemment pas ce syndicat d'élus tétanisés à l'idée de perdre leur poste. Merci.
00:56Puis, François Bayrou a répondu qu'Edouard Philippe n'avait aucune légitimité
01:02pour convoquer de son propre chef les autres familles politiques.
01:05Et pour finir, dernier clou dans le cercueil, c'est Gabriel Attal qui a qualifié la proposition
01:11de « tambouille politicienne » et a ajouté que l'enjeu du moment, c'était de parler au français
01:16et pas de se parler en chef de parti.
01:18Bon, merci bien, bonsoir. On pouvait difficilement se faire éreinter davantage.
01:23Question. Pourquoi Edouard Philippe, qui n'est pas un lapin de six semaines, a-t-il lancé cet appel
01:29dont il devait bien se douter qu'il ne serait pas accueilli par des « hourras » ?
01:34Sans doute. Parce que, constatant que cette idée de primaire de la droite et du centre,
01:39dont il ne veut à aucun prix, que cette idée progresse au sein des partis et dans l'opinion,
01:43ce matin encore, un sondage d'Odoxa Backbone dans le Figaro indique que 70%,
01:49c'est pas rien, des sympathisants de la droite et du centre y sont favorables,
01:52eh bien, sans doute s'est-il dit que pour ne pas endosser le costume du mauvais joueur,
01:57qu'il lui fallait apporter la preuve par un geste spectaculaire qu'il était unioniste pour deux, trois ou quatre.
02:03Bon, de ce point de vue, on peut dire que la démonstration est faite.
02:07Mais au fond, était-ce bien le sujet ? Parce que qu'Edouard Philippe veuille faire l'union de la
02:11droite et du centre derrière lui,
02:12ben, en vérité, personne n'en a jamais douté.
02:15La question, et qui n'aurait un sentiment de doute, c'est, est-il capable, a-t-il les qualités
02:20pour réaliser cette union ?
02:21Et là, de cet autre point de vue, ben, c'est raté.
02:23Vous voulez dire, Alexis, qu'Edouard Philippe ne fait plus figure de favori au sein du corps central ?
02:28Non, évidemment, je ne dis pas ça. Ce serait absurde.
02:30Il continue d'avoir une confortable avant sur ses rivaux, Gabriel Attal et Bruno Rotaillot.
02:34Il est le seul qui, sans avoir assurance de l'emporter, peut prétendre, dans les sondages de second tour,
02:40prétendre disputer la victoire à Marine Le Pen.
02:42Donc, il reste favori.
02:44Mais disons que ce statut ne relève plus de l'évidence.
02:48Et ça n'est pas en répétant tous les quatre matins que c'est une évidence, comme le font les
02:52philippistes,
02:52que ça en redeviendra une.
02:55Une évidence, ça se constate, ça ne se décrète pas.
02:59Même ses partisans officiels semblent en douter.
03:02Regardez la discrétion de Violette, avec laquelle Gérald Darmanin, qui s'est fort bien passé aux 20h quand il le
03:08souhaite, s'est engagé à ses côtés.
03:10C'est ce doute qu'Edouard Philippe doit combattre.
03:13Mais alors comment ?
03:14Déjà, en entrant dans la bataille et en la menant vraiment.
03:17Pas du bout des lèvres, pas du bout des gants.
03:20En accouchant enfin de ce programme massif, ce sont ses mots, qu'il nous promet depuis des mois.
03:27Parce que pendant ce temps, les autres avancent.
03:29Bruno Retailleau, par exemple.
03:31Qu'il s'agisse de l'élargissement du champ du référendum, des pouvoirs du Conseil constitutionnel,
03:36ou de la suppression du droit du sol,
03:39il revendique désormais face à lui, face à Edouard Philippe, des différences de fond.
03:43Elles sont bien réelles, ça ne sert à rien de les nier.
03:45Mais au fond, le vrai problème du philippisme, c'est qu'il donne trop souvent le sentiment
03:52d'être le produit d'un choix de pure raison, voire chez certains de résignation.
03:57Mais on ne gagne pas une présidentielle sans un minimum d'élan et de passion.
04:02L'édito politique sur Europe 1, merci Alexis Brézé.
04:05A la une du Figaro ce matin, primaire de la droite et du centre,
04:07Edouard Philippe, sous pression.
04:09Merci beaucoup Alexis.