00:01Tech&Co, la quotidienne, l'invité.
00:05Elie Dan Mimouni nous a rejoint sur ce plateau.
00:07Bonsoir Elie Dan.
00:08Bonsoir.
00:09Vous êtes le PDG de Medadom.
00:12Medadom, on rappelle, plus de 11 millions de téléconsultations.
00:16Vous allez accélérer sur l'intelligence artificielle médicale.
00:20On va en parler dans un instant.
00:21Vous êtes devenue l'une des principales plateformes françaises de téléconsultation
00:25grâce à des applications, des bornes aussi dans les pharmacies
00:28et les fameuses cabines médicales.
00:30Rappelez-nous, présentez-nous rapidement Medadom.
00:33Medadom, c'est une plateforme de téléconsultation en soins non programmés.
00:37C'est-à-dire que c'est la possibilité pour un patient d'avoir accès à un médecin en téléconsultation.
00:41Sans rendez-vous particulier, un peu comme un photomaton.
00:45Je rentre.
00:46C'est pour éviter l'engorgement des urgences.
00:49En fait, vous avez deux modèles.
00:51Le premier modèle, c'est une application mobile ou web
00:54où le patient peut téléconsulter depuis son domicile.
00:58Ça, c'est simple.
00:58Et ensuite, vous avez des bornes et des cabines de téléconsultation
01:01qui, elles, sont disposées partout sur le territoire.
01:03Aujourd'hui, on équipe 6 000 pharmacies en France,
01:06c'est-à-dire une pharmacie sur quatre qui est équipée d'un dispositif Medadom.
01:102 000 médecins partenaires, c'est ça ?
01:12Exactement.
01:12Ça fait quand même... Et vous-même, vous êtes médecin.
01:14Exactement.
01:16Donc, ça marche.
01:17On voit qu'il y a une véritable attente là-dessus.
01:22Ce qui est intéressant, c'est que maintenant, vous rajoutez de l'intelligence artificielle
01:25puisque depuis le 27 octobre dernier, je crois bien,
01:28vous avez un assistant IA qui permet aux patients de décrire ces symptômes.
01:33C'est ça ? Comment ça marche ?
01:34Alors, on va d'abord commencer côté médecin,
01:37parce qu'on l'a démarré côté médecin et ça fonctionne super bien.
01:41C'est ce qu'on appelle un copilote.
01:42Un copilote côté médecin, c'est-à-dire c'est une intelligence artificielle
01:45qui est en mesure de générer un compte-rendu médical directement pour le médecin.
01:52Comment ça fonctionne ?
01:53Pendant l'échange entre le patient et le médecin en téléconsultation,
01:57cet échange est transcrit et ensuite...
01:59Donc, il y a un micro, c'est ça, qui enregistre l'échange entre le médecin et le patient.
02:03Oui, il y a une transcription qui se fait et ensuite, il y a une synthèse
02:06qui se fait de l'échange pendant la téléconsultation.
02:10Et à l'issue de cette synthèse, le médecin va pouvoir modifier,
02:13changer certains paramètres ou certains éléments qui pourraient être incorrects
02:18et donc ensuite, envoyer ce compte-rendu médical au patient.
02:22Et donc finalement, cette intelligence artificielle, ce copilote,
02:25ça va permettre de recentrer le médecin directement dans l'échange avec le patient.
02:30et il va plus ou moins se concentrer vers son ordinateur,
02:33comme parfois on a l'habitude de voir en cabinet,
02:35mais vraiment d'avoir du temps médical dédié à la prise en charge pour le patient.
02:40D'ailleurs, tout le monde se positionne là-dessus.
02:42Je crois que même Doctolib a une solution équivalente, non ?
02:46Exactement. Nous, aujourd'hui, on a plus de 95% des téléconsultations
02:50qui passent par ce copilote.
02:53Et donc, c'est un vrai effet sur la qualité de la prise en charge médicale,
02:56à la fois côté patient, parce qu'on a une meilleure empathie
02:59lorsqu'on échange avec le patient,
03:01et surtout une meilleure qualité du compte-rendu médical qui est...
03:04Est-ce que, quand vous dites compte-rendu médical,
03:07est-ce que l'IA pose un diagnostic ?
03:10Oui, ce que je veux dire, c'est que, finalement,
03:12de cet échange qu'il y aura entre le médecin et le patient,
03:15est-ce que l'IA peut se permettre de challenger un peu le diagnostic du médecin
03:20en lui disant, voilà, moi, je pense que ce patient a ça ?
03:23Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
03:25Sur la plateforme Medadom, ce n'est pas possible.
03:28Donc, elle est bridée pour faire quoi ?
03:30Pour faire simplement du factuel, c'est-à-dire ?
03:33Transcription, synthèse.
03:34Ok.
03:35Mais on va parler du diagnostic, parce que c'est une question qui se pose.
03:38Et on voit qu'il y a pas mal d'articles scientifiques, notamment,
03:41qui mettent un point d'ordre dessus.
03:44Donc, l'intelligence artificielle peut poser un diagnostic, c'est possible,
03:48et parfois, le diagnostic peut être meilleur que certains médecins.
03:52Et ça, on le voit, la science peut le démontrer.
03:54Maintenant, poser un diagnostic, ça ne veut pas dire soigner le patient.
03:58Soigner le patient, c'est l'accompagner, échange avec lui,
04:01avoir aussi un accompagnement précis,
04:06et surtout, l'annonce d'un diagnostic, c'est différent de seulement poser un diagnostic.
04:11Et là, c'est là où on va faire toute la différence d'avoir un médecin
04:14derrière une téléconsultation plutôt qu'une intelligence artificielle.
04:17Alors certes, l'intelligence artificielle va pouvoir augmenter, finalement,
04:22l'expertise du médecin,
04:23mais ce n'est pas l'intelligence artificielle qui va être décidée à la place du médecin.
04:26Ça, c'est important.
04:28Très bien.
04:28Est-ce que ça change quelque chose pour le patient, finalement ?
04:33Non, ça ne change rien ?
04:35Ce n'est pas que ça ne change rien,
04:36c'est que le patient, on lui ouvre d'autres possibilités,
04:39c'est-à-dire qu'il a une meilleure médecine,
04:41une médecine de meilleure qualité,
04:44puisque l'intelligence artificielle augmente l'expertise du médecin,
04:48et le médecin va plus se focaliser sur l'échange avec le patient.
04:53Juste un mot sur cette petite polémique
04:55qui a germé en septembre dernier sur les plateformes de téléconsultation,
05:00où certaines proposaient, en fait, pour passer en priorité des sommes supplémentaires.
05:06Je ne sais pas si vous avez entendu parler de cette histoire,
05:08c'était entre 5 et 20 euros pour passer plus rapidement devant les autres patients.
05:13Un, est-ce que vous avez entendu parler de cette histoire-là ?
05:15Est-ce que Medadom est tombé à utiliser ce type de moyens ?
05:21Bien sûr, nous avons entendu parler de cette histoire et cet épisode.
05:25Pour nous, dès le début et dès la conception de Medadom,
05:28on a été contre cette possibilité de facturer des frais additionnels,
05:34des frais supplémentaires, pour avoir accès à un patient.
05:37C'est un peu comme un fast-pass à Disney,
05:39on paye plus cher pour doubler les gens, c'est ça ?
05:43C'est ça. Nous, notre politique, c'est de se dire, voilà,
05:46c'est l'accès à la téléconsultation, peu importe là où vous trouvez,
05:53et votre moyen de payer, finalement.
05:58Et donc, c'est accessible à tous.
05:59Et on a été contre cette démarche de faire payer les patients.
06:04Et, en fait, finalement, la réglementation encadre bien, maintenant, cette pratique.
06:09Il est interdit pour les plateformes de téléconsultation,
06:12notamment certifiées, parce qu'on a une certification.
06:13D'accord.
06:15D'avoir ce type de dérapage.
06:16Par le ministère de la Santé, oui.
06:18De pouvoir faire payer les patients en téléconsultation.
06:20Ce qui est plutôt bien.
06:21Oui, accessible à tous.
06:23Effectivement.
06:23Dernière petite question, on est de plus en plus nombreux
06:26à s'auto-diagnostiquer sur les IA,
06:30que ce soit Claude, Chagipiti, Gemini ou les autres.
06:34Est-ce que ça ne devient pas, finalement, un peu un concurrent pour vous ?
06:38Parce que, finalement, si je dis « je touche, j'ai le nez qui coule »
06:41et que, voilà, j'ai un peu mal à la gorge,
06:45est-ce que, finalement, le diagnostic que va peut-être me donner Chagipiti
06:48ne va pas m'éviter d'aller en téléconsultation ?
06:51Je pousse un peu le bouchon loin.
06:52Oui, bien sûr.
06:53Encore une fois, c'est le diagnostic.
06:54Est-ce que c'est le bon diagnostic ?
06:55Est-ce que vous avez évoqué les bons symptômes ?
06:58Est-ce qu'on vous a posé les bonnes questions ?
07:01Donc, ça, c'est le premier élément qu'on va devoir, ensemble, démontrer.
07:05Aujourd'hui, ce n'est pas démontré.
07:06Par contre, on est en patient.
07:09Les patients sont de plus en plus sachants
07:12et vont être plus autonomes dans leur santé.
07:14Donc, c'est un plus.
07:16Au contraire, ce n'est pas négatif, c'est vraiment positif
07:18parce qu'on arrive face à des patients qui connaissent déjà certaines maladies.
07:22Ça peut énerver certains médecins, d'ailleurs.
07:24Non, parce que ça va permettre de...
07:26Parce que mon IA m'a dit que c'était ça, il fallait que je prenne ça plutôt que ça,
07:29etc.
07:29C'est au médecin de décider.
07:30Oui, mais on peut défier le médecin.
07:32Et parfois, bon...
07:33C'est bon d'être challengé.
07:34Après, c'est au médecin de décider, c'est au médecin de prendre sa responsabilité.
07:37Et en fait, l'intelligence artificielle va pouvoir apporter des solutions
07:41et proposer d'autres diagnostics.
07:43Maintenant, c'est au médecin de garder sa responsabilité médicale.
07:45On ne pourra jamais la remplacer.
07:46Il faut savoir que 45% des Français déclarent utiliser des outils d'IA
07:50aujourd'hui pour des questions de santé.
07:52Incroyable, quand même.
07:5345%.
07:54Ce sera le mot d'affin.
07:55Merci beaucoup, Elidan Mimouni, PDG de Medadom.
07:58Avec aussi, on ne l'a pas évoqué, mais une volonté d'accélérer à l'Europe.
08:02On aura l'occasion d'en reparler sans doute très bientôt.
08:05Merci beaucoup.