00:00Europe 1, 11h-13h, Christine Kelly et vous.
00:07Nous sommes en train d'aborder les journalistes qui sont ciblés, peut-on encore, formés librement,
00:14quand les journalistes deviennent des cibles, on a parlé des policiers qui deviennent des cibles
00:20depuis quelque temps, d'un pompier de Marseille qui s'est fait tirer dessus
00:24alors qu'il intervenait avec ses collègues sur un incendie
00:27et on va aborder effectivement ces journalistes attaqués.
00:32Je ne veux quand même juste lire le message d'une femme de policier
00:37juste avant d'aborder cette dernière partie.
00:40Et vous pouvez réagir bien sûr au 01-80-20-39-21 au standard d'Europe 1
00:45pour appeler Christine Kelly, le numéro est non surtaxé.
00:48Vous envoyez aussi vos messages sur WhatsApp, nombreux et nombreuses de nous contacter
00:51au 01-80-20-39-21-midi-5 sur Europe 1.
01:00Le samedi, je n'ose plus rien prévoir.
01:04Mon mari est systématiquement rappelé pour maintenir les forces face à ces violences.
01:10On en a marre de cette vie suspendue.
01:13Chaque fois, je me demande s'il rentrera à Demne.
01:15Ce n'est pas une existence.
01:17Les commerçants ferment, les rues se vident, on ne vit plus.
01:21Il faut arrêter de se voiler la face.
01:23Nous sommes en guerre et l'État nous a lâchement abandonnés.
01:27Voilà le message d'une femme de policier en Ile-de-France.
01:33Abordons maintenant à la fois les pompiers mais aussi les journalistes,
01:36je le disais, qui sont devenus des cibles.
01:39Samedi, une équipe de CNews a été agressée à Paris,
01:42selon le témoignage de Régène Delfour.
01:44Dimanche, Jean-Luc Mélenchon a attaqué Anne-Claire Coudray
01:46de relayer des propos qu'il juge racistes.
01:48Après son entretien avec Édouard Philippe,
01:50ses faits sont différents.
01:52Mais il nous oblige à réfléchir au poids des mots,
01:55critiquer une interview illégitime,
01:57transformer une journaliste en ennemi,
01:59pose une autre question.
02:00Que devient notre liberté ?
02:02Notre liberté d'informer.
02:04Voilà la question que nous vous posons,
02:07vous, auditeurs d'Europe 1.
02:08Écoutez Régine Delfour,
02:10journaliste de CNews agressée samedi au marteau.
02:13On est journaliste de terrain.
02:15Nous, en tant que journaliste de terrain,
02:16on est là pour relater ce qui se passe sur le terrain,
02:18ce qu'on entend, ce qu'on voit.
02:20Nous ne sommes pas des éditorialistes,
02:22nous ne prenons pas position.
02:24Depuis une semaine,
02:25je sors un peu de mon cadre de journaliste
02:26parce que là, en fait,
02:27ce qui s'est passé, c'est extrêmement grave.
02:29Et je vais parler à titre personnel aussi.
02:32Nous, depuis une semaine, en fait,
02:33on est visé.
02:34On est clairement visé
02:35parce qu'on serait responsable,
02:36soit disant notre chaîne serait responsable,
02:38responsable d'un attentat raciste.
02:40Sur les réseaux sociaux, en fait,
02:41il n'y a pas que notre chaîne qui est visée.
02:43Il y a aussi d'autres chaînes.
02:44Donc, en fait, il y a vraiment
02:45une haine vis-à-vis des journalistes.
02:47Cette haine, elle a été,
02:48c'est une parole qui a été adoubée
02:50par des politiques,
02:51par des syndicats aussi,
02:52que ce soit des syndicats lycéens
02:53qui nous aident des cibles, en fait.
02:55On est venu des cibles mouvantes.
02:56Et c'est d'une extrême gravité
02:59puisque la population
03:00se sent maintenant autorisée
03:01à venir nous frapper.
03:04Autorisée à venir nous frapper.
03:07Écoutez la polémique,
03:08ce qui a déclenché la polémique aussi,
03:11un propos d'Anne-Claire Coudray,
03:12après des propos tenus par Édouard Philippe.
03:15Jean-Luc Mélenchon,
03:16cible directement Anne-Claire Coudray,
03:19critique Édouard Philippe,
03:20le jugeant de raciste,
03:22et paré coucher Anne-Claire Coudray également.
03:23Écoutez Édouard Philippe sur TF1.
03:26Dans les images que nous avons vues,
03:28des pillages,
03:30je ne parle pas des pillages,
03:31il y avait de fait un certain nombre,
03:34un nombre important,
03:37de jeunes Français, sans doute,
03:40que je considère comme des Français,
03:41issus de l'immigration,
03:43ce qui traduit,
03:44ce qui traduit un sujet
03:45qu'on doit regarder les yeux dans les yeux.
03:47Et on doit s'interroger sur
03:49comment est-ce qu'on fait nation,
03:51comment est-ce qu'on fait nation
03:51pour ceux qui sont arrivés
03:53il y a une, deux ou trois générations,
03:55et pour les autres ?
03:56Or, nous voyons bien
03:57que ce lien national,
03:59cette union nationale,
04:00les Français,
04:00ils ont envie d'être unis.
04:01On voit bien qu'il y a des moments de fête
04:03que la nation,
04:04elle se rassemble.
04:05Mais on voit bien aussi
04:06qu'il y a des fractures sociales
04:07considérables dans notre pays
04:08et qu'on doit pouvoir faire en sorte
04:11par l'école,
04:13par la croissance,
04:14par des institutions nouvelles.
04:16J'ai longuement parlé
04:16d'un service national obligatoire
04:18qui s'adressait aux jeunes.
04:19On doit faire revenir
04:20ce sentiment d'appartenance nationale
04:22sans quoi rien de grand ne se fera.
04:23À cause de ces propos,
04:25Edouard Philippe a été taxé de raciste.
04:28Écoutez le tweet de Jean-Luc Mélenchon.
04:31Je cite Anne-Claire Coudray,
04:32reprend à son compte
04:33les calomnies racistes d'Edouard Philippe,
04:36lequel déroule son discours dégoûtant
04:38sans être interrompu.
04:40Lundi, je n'irai pas aux 20 heures de TF1,
04:44aux 20 heures de cette chaîne.
04:46Et comme je le disais tout à l'heure,
04:47TF1 a riposté
04:49en déclarant qu'il dément,
04:53la chaîne dément les propos
04:55de Jean-Luc Mélenchon.
04:57Je cite,
04:57sa venue avait été annulée dès jeudi
04:59et cela n'a donc aucun lien
05:01avec l'interview
05:02d'Edouard Philippe-Pierre Soir.
05:04Gabriel Pruzel,
05:05je vous donne la parole
05:05avant d'avoir Michel et Benoît
05:06qui nous ont appelés au Stonard d'Europe.
05:08Il faut se rendre compte
05:09de ce qui est en train de se passer.
05:11Déjà, c'est absolument scandaleux
05:13dans un pays comme la France.
05:15Les journalistes n'aient pas
05:16la liberté d'informer.
05:17Je me souviens de cette association,
05:21de cette fondation,
05:22je ne sais pas quel c'est son statut,
05:24reporter sans frontières,
05:25qui était censé défendre
05:27la liberté de la presse
05:28à l'extérieur de nos frontières.
05:29Là, on ne l'entend plus
05:30alors que la liberté de la presse
05:32est menacée à l'intérieur
05:33de nos frontières.
05:34C'est vraiment gravissime.
05:36Et je peux en témoigner.
05:37Moi, je m'occupe d'une rédaction,
05:38Boulevard Voltaire,
05:38quand on fait partir quelqu'un
05:40sur le terrain,
05:41on lui dit,
05:41tu enlèves la bonnette,
05:43surtout tu y vas un peu
05:44avec une casquette
05:47pour que le col relevé
05:48si jamais on t'avait vu
05:50sur d'autres vidéos.
05:52Vous imaginez ?
05:52Voilà, ils y vont un peu
05:54avec la peur au ventre.
05:54Moi, je leur dis, fais gaffe.
05:55Moi, j'ai la peur au ventre
05:56quand je les envoie.
05:57Donc, si vous voulez,
05:58ce n'est quand même pas
05:59des reporters de guerre.
06:00Ou alors, on dit que c'est la guerre.
06:01Voilà.
06:02On dit que c'est la guerre civile
06:03et à ce moment-là,
06:05nos journalistes sont tous
06:06des reporters de guerre.
06:08Ça, c'est le premier point.
06:08Mais s'agissant
06:10de Mme Coudray,
06:11je trouve que c'est intéressant,
06:13il faut la défendre.
06:13Moi, je suis solidaire
06:14parce que je sais évidemment
06:16ce qui s'est passé ensuite,
06:17c'est que dès que vous avez
06:17une attaque de ce genre-là,
06:19après, vous avez
06:20une rafale d'attaques numériques.
06:24Vous vous faites traiter
06:26de racisme dans tous les sens,
06:27il y a des menaces de mort.
06:28Et quand vous sortez de chez vous,
06:30vous allez faire vos courses,
06:31vous êtes assez inquiets.
06:32Pour l'avoir vécu,
06:33je sais de quoi il s'agit.
06:35Quand on a une menace
06:36de LFI de ce genre,
06:37c'est très grave.
06:38Mais il faut aussi voir
06:40ce qui se passe aussi
06:41à l'aune de CNews.
06:43Souvent, on a dit
06:44« Ah oui, mais c'est CNews,
06:46c'est CNews qui est attaqué. »
06:47Ben non, ce n'est pas que CNews.
06:48Ce sont tous les journalistes,
06:50dès qu'ils prétendent dire la vérité
06:52et décrire ce qu'ils voient,
06:54eh bien, ils sont attaqués.
06:56Gabrielle Cluzel,
06:56sur un rappeur,
06:57on a des messages WhatsApp ?
06:59Exactement.
06:59Je pense que les médias,
07:00tant qu'ils font leur métier
07:02de journaliste,
07:02c'est-à-dire rapporter la vérité,
07:03dérangent forcément
07:04les politiques malintentionnées
07:05qui jouent avec la vérité
07:06pour tromper l'opinion
07:08et tout mon soutien
07:09à vos équipes de journalistes.
07:10Je suis scandalisée.
07:12Merci d'appeler
07:13aux standards de repeint
07:14comme Michel.
07:14Bonjour Michel,
07:15qui nous appelle de Pornic.
07:17Oui, bonjour.
07:18Bonjour Christine.
07:19Encore bravo
07:19et bravo à CNews.
07:21Merci, merci infiniment
07:22à vous, c'est adorable.
07:24Vous voulez réagir ?
07:24Non, non, mais attendez-moi.
07:26Oui, dites-moi.
07:26Je vais vous dire,
07:26si jamais on attaquait à CNews,
07:28moi je suis prête
07:28à descendre dans la rue.
07:29Vous voyez ?
07:30Et pourtant, j'ai 63 ans.
07:31Signer la pétition,
07:32il y a quelqu'un
07:33qui a lancé une pétition,
07:34je ne sais pas qui.
07:35Signer la.
07:36On n'est pas, voilà,
07:37descendre dans la rue,
07:38j'entends bien.
07:38C'est gentil à vous,
07:39en tout cas,
07:40pour la rédaction.
07:41Je vais essayer
07:42d'en dire le maximum
07:43dans l'unimum de temps.
07:44Ce que j'ai vu hier
07:45croire d'Edouard Philippe,
07:46ah bon ?
07:47Il découvre ça,
07:48Edouard Philippe ?
07:48Alors moi, je vais vous dire,
07:49j'étais 40 ans à LR,
07:51avant LUMP ou RPR,
07:52il y a 40 ans,
07:53avec Chirac et tout ça,
07:54et je vais vous dire,
07:55je les ai quittés
07:55tellement ils sont malhonnêtes.
07:57Ils sont malhonnêtes.
07:58Et si les gens vont voter Le Pen,
08:00il ne faut pas qu'ils n'auront
08:01qu'à s'en prendre qu'à eux.
08:02Parce que ce qu'on avait
08:03encore hier avec Edouard Philippe
08:04qui découvrait l'immigration,
08:06alors franchement,
08:06ça vous donne envie de partir.
08:08Alors moi,
08:08je voulais vous dire
08:08pour Mélenchon.
08:10Mélenchon,
08:10pourquoi il attend de Horat ?
08:12Mais Mélenchon,
08:13c'est un gourou.
08:14C'est le gourou.
08:15Il a un pouvoir
08:16sur des jeunes esprits
08:17comme tous les gens
08:18qui gravitent autour de lui,
08:19Mathilde Panot,
08:21Clémence Guétier,
08:21toutes ces petites minettes-là.
08:23Eh bien, ces gens-là,
08:24ces jeunes...
08:27Je modère.
08:29Non, mais écoutez,
08:29modérez si vous voulez,
08:30mais c'est le cas.
08:31Il a beaucoup de jeunes
08:32autour de lui.
08:32Vous avez remarqué,
08:33et des femmes.
08:34Mais ces jeunes,
08:34vous comprenez,
08:35il a des pouvoirs
08:35comme un gourou
08:36sur les esprits jeunes
08:37en quête d'idéal.
08:38Et lui, Mélenchon,
08:39il dit les choses.
08:40Et les jeunes...
08:41Alors, Michel,
08:42est-ce que Jean-Luc Mélenchon
08:43n'est pas un simple
08:45homme politique,
08:47un véritable tribun,
08:48ce qu'il manque peut-être à droite ?
08:50On marque une pause,
08:51on revient tout de suite
08:51dans un instant sur Europe 1.
08:53Restez à l'écoute, Michel.
08:54J'ai envie de vous entendre
08:55en suivant cette question.
08:56Qu'est-ce qui représente
08:57précisément Jean-Luc Mélenchon ?
08:59Un gourou ?
09:00Un chef de parti ?
09:01Un leader ?
09:02Comment analyser
09:04avec ses attaques,
09:05effectivement,
09:06contre, notamment,
09:07Anne-Claire Caudray ?
09:08On en parle sur Europe 1
09:08avec vous, Michel,
09:09tout de suite.
09:10Oui, oui.