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Avec Christophe Boutin, Politologue / Arthur Pouliquen, essayiste, Docteur en sciences politiques et spécialiste des radicalités et des mouvements contestataires /
Luc Viehe, ancien président du SPELC

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-11-02##

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News
Transcription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:05Bonjour, vous êtes bien sur Sud Radio.
00:08Nous nous posons la question sur ces gilets jaunes qui tentent une résurrection, une réapparition,
00:13et on cherche à savoir qui ils sont.
00:16Et lorsque l'on interroge les anciens leaders, je pense à M. Rodriguez en particulier,
00:21ou M. Cochy, ils vous disent non, c'est pas exactement la même mouvance.
00:24Alors on va en discuter avec un spécialiste, le politologue Christophe Goutin.
00:28Merci Christophe Goutin d'être en direct à l'antenne avec nous sur Sud Radio.
00:32Vous avez suivi, comme nous, effectivement, cette tentative de résurrection des gilets jaunes.
00:37Christophe Goutin, ça correspond à une humeur sociale qui n'est pas forcément encadrée par une idéologie.
00:43Ou est-ce que là, vous pouvez penser, on peut penser que c'est une tentative de récupération de ce
00:48que fut les gilets jaunes,
00:49qu'on voudrait relancer aujourd'hui à la sauce actuelle ?
00:54Eh bien, écoutez, je serais plutôt partisan de la deuxième solution que vous proposez.
00:59En effet, il y a des éléments communs.
01:01On peut parler d'un déclencheur qui est lié à la question du pouvoir d'achat.
01:05On peut parler de la méthode qui est l'usage des réseaux sociaux.
01:08Mais rappelons qu'en 2017-2018, quand il y a eu véritablement les gilets jaunes,
01:13la gauche, et notamment la gauche radicale, a été très surprise de s'être laissée dépassée.
01:18Et depuis, elle n'a plus du tout l'intention de se laisser dépasser, de cette manière-là,
01:23par des mouvements qu'elle n'arrive pas à contrôler.
01:25Alors, qui sont-ils ? Ce sont quand même des...
01:27J'allais dire que ce sont des salariés, ce sont des gens qui sont dans la vie réelle.
01:31Ils ne sont pas tous déguisés en gilets jaunes.
01:33Ce ne sont pas que des militants politiques.
01:35Il y a quand même une colère et une souffrance sociale qui expliquerait qu'il y a un mouvement social.
01:40Ah, mais de ce côté-là, on est bien d'accord.
01:41Il y a une véritable colère, il y a un véritable sentiment de déclassement très largement partagé par la population
01:49qui, exactement comme avec les premiers gilets jaunes,
01:52conduit des gens qui n'arrivent plus à vivre de manière décente de leur travail,
01:56car c'est bien de cela qu'il s'agit, qui les conduit à les manifester dans la rue.
02:01Maintenant, ce qu'on a constaté aussi, c'est la tentative de récupération.
02:05C'est-à-dire que maintenant, dès qu'il y a une annonce d'un mouvement de type gilet jaune,
02:10la gauche la plus radicale se grève dessus pour essayer de tirer les marrons du feu.
02:16Est-ce que ce n'est pas une tendance française d'essayer de ressusciter des mouvements historiques qui ont existé
02:21?
02:21Moi, j'ai vécu toute mon adolescence avec « on va refaire 68 ».
02:24C'était quasiment à tous les mois de septembre, on disait « on va repartir dans la rue ».
02:28Ça ne s'est jamais produit de cette façon.
02:30Est-ce qu'on peut considérer qu'en France, lorsqu'il y a un mouvement social, il est quelque part
02:35unique ?
02:35C'est un mouvement historique et qu'il ne faut pas chercher à le reproduire.
02:40Lénine disait, les révolutions, ce qu'il y a de bien avec elle, c'est que c'est elle qui
02:43décide, ce n'est pas nous qui décidons.
02:44Est-ce qu'on en est là ?
02:47Oui, effectivement, on est bien d'accord qu'on ne peut pas reproduire les choses à l'identique.
02:51Maintenant, soyons clairs, les mêmes circonstances amènent aux mêmes résistances, aux mêmes angoisses, aux mêmes inquiétudes et aux mêmes révoltes.
03:00Or, les circonstances, c'est-à-dire, encore une fois, des gens qui n'arrivent pas à vivre décemment d
03:08'un problème que l'État,
03:10n'est plus capable de leur assurer le minimum de sécurité auquel ils ont droit,
03:15que les services publics auxquels ils auraient droit ne fonctionnent pas.
03:19Cela n'a pas changé par rapport à la situation initiale des Gilets jaunes.
03:23Et il est logique, donc, de voir ces mêmes revendications amener à nouveau le même type de personnes dans les
03:29rues.
03:30Pour autant, Christophe Boutin ne sommes pas à l'abri d'un mouvement social beaucoup plus ample.
03:33Alors, celui des Gilets jaunes fut massif, c'est indéniable, est partout, réparti sur tout le territoire.
03:38Soutenu très longtemps, vous vous souvenez, par l'opinion publique.
03:41Mais est-ce que là, vu la fracture sociale qui est un peu plus béante et douloureuse que 2018,
03:46est-ce qu'on pourrait insister à un mouvement de masse encore plus important que ne fût les Gilets jaunes
03:50?
03:50Si le gouvernement ne fait rien ?
03:51Non.
03:53On pourrait surtout assister à un mouvement un peu différent.
03:55En 2018, si vous voulez, avec les Gilets jaunes, le gouvernement a tout fait pourri.
04:01C'est-à-dire qu'il a effectivement laissé des éléments un peu violents pénétrer les manifestations.
04:06Rappelons que les premières manifestations des Gilets jaunes, y compris parisiennes, étaient essentiellement pacifiques.
04:12Il n'y avait pas de violence.
04:13Ici, les choses sont différentes.
04:15La violence est invitée dès le début des manifestations et n'est pas du tout causée par ces Français en...
04:23Le noyau, le point central de ce qu'on appelle globalement les Gilets jaunes.
04:29Christophe Boutin, je vous remercie.
04:30Je sais que vous êtes en cours.
04:32Bon, et on aura certainement l'occasion de faire appel à vos connaissances
04:36parce qu'il est très probable que ce mouvement social ne va faire que de prendre de l'enflure.
04:40Merci d'avoir été en direct sur Sud Radio.
04:43Arthur Pouliken, bonjour.
04:45Bonjour.
04:45Voilà, vous venez d'entendre l'avis de Christophe Boutin
04:49qui pense qu'effectivement il y a une souffrance sociale, il y a une fracture sociale.
04:52Pour l'instant, elle essaie de s'exprimer à travers la formule des Gilets jaunes
04:56mais elle pourrait s'exprimer différemment.
04:58Vous pensez que ça pourrait partir plutôt d'une catégorie professionnelle ?
05:03On se souvient que les Gilets jaunes au départ, c'est un problème de tarification des carburants.
05:07Est-ce que là, ça pourrait être une catégorie professionnelle plus frappée que d'autres ?
05:10Je ne sais pas, peut-être des agriculteurs ou peut-être des artisans
05:13qui engendreraient un mouvement qui ensuite serait repris par les masses
05:17ou ça peut être un mouvement vraiment général, une espèce d'indignation générale
05:21qui soulèverait, qui ferait un mouvement national.
05:25Je crois plus dans l'hypothèse d'un mouvement général
05:28dans la mesure où les mobilisations des agriculteurs ou des artisans
05:30ont souvent de la peine à entraîner d'autres secteurs, la population derrière elle.
05:34En tout cas, du moins dans la rue, dans les modes d'action.
05:36Par contre, il est possible effectivement que l'augmentation du coût de la vie
05:39qui va aller en s'accélérant notamment du fait de la situation internationale
05:42provoque des soulèvements assez massifs
05:44et je pense qu'on est seulement au début de la séquence de ce côté-là.
05:47C'est assez possible qu'effectivement on assiste à un embrassement plus généralisé dans les prochains temps.
05:52Ce que l'on voit aujourd'hui s'identifier à des gilets jaunes,
05:55est-ce que ce peut être des militants politiques précis ?
05:58Est-ce que ça peut être des gauchistes par exemple ?
06:00Ou des marginaux qui voudraient exister en revendiquant cette identification aux gilets jaunes ?
06:07Ça peut être une tentative très sectorielle qui voudrait s'élargir.
06:11Ce qui est intéressant, c'est que la revendication du gilet jaune
06:14et le fait de l'avoir mise en avant sur les réseaux sociaux, notamment avant le 17 octobre,
06:17a été partagée très largement par des personnes qui n'avaient pas d'expérience manifestante
06:22ni dans des partis politiques, ni dans des organisations,
06:25et encore moins dans le mouvement des gilets jaunes
06:26qui relèvent presque de l'antiquité pour des personnes qui sont assez jeunes aujourd'hui.
06:30Et donc quelque part, il s'agit de la récupération d'un symbole,
06:33d'un symbole qui est vu comme celui d'une génération
06:35qui avait su obtenir quelque chose à ce moment-là.
06:37Et avec évidemment une sociologie et des revendications qui sont un peu différentes,
06:41mais je pense que ça dépasse très largement le cadre des organisations ou mouvements politiques
06:45qui peuvent se greffer à postériori sur la mobilisation.
06:48Pour autant, on pourrait penser que la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon
06:51seraient tentés d'avoir, j'allais dire sous forme de soutien supplétif,
06:55un mouvement qui ne serait pas assimilé directement à la France insoumise,
06:59mais qui focaliserait la colère et l'indignation populaire.
07:03D'une partie, on peut l'imaginer,
07:05mais les mobilisations d'ailleurs organisées par la France insoumise
07:07ou par les syndicats ont été justement plutôt parallèles
07:09à celles qui ont pu déborder sous plein de formes le 17 et les jours suivants,
07:14avec des mobilisations beaucoup plus classiques,
07:16des parcours balisés, des interventions de représentants politiques.
07:19Et dans le cadre d'une campagne électorale qui se rapproche,
07:22je pense que ce n'est pas non plus dans l'intérêt d'un parti,
07:25quel qu'il soit d'ailleurs,
07:26que justement d'être assimilé à une mobilisation
07:29qui dépasse très largement les partis dans ses modes d'action,
07:31et qui peut même justement les mettre dans une position difficile
07:34de devoir se positionner par rapport à tel ou tel mode d'action.
07:38Paradoxalement, alors que la colère lycéenne et étudiante est évidente,
07:43on a vu la mobilisation de masse,
07:46comment expliquez-vous, puisqu'il y a une fracture sociale
07:49et puisqu'il y a une attente très forte
07:50et une colère populaire très très massive,
07:53qu'on n'arrive pas à coordonner cette colère ?
07:58Les Gilets jaunes, ils n'avaient pas vraiment de réponse à ça,
08:00mais on sentait qu'il y avait une organisation territoriale.
08:02Comment se fait-il que là, ce sont des coups de gueule spontanés,
08:05mais qu'on n'arrive pas à avoir un mouvement sur la longueur et sur la durée ?
08:09Oui, tout à fait, je pense que c'est le symptôme d'une tendance à l'œuvre
08:12qui est beaucoup plus lourde dans notre société,
08:14qui est la disparition des intermédiaires.
08:16On pourrait parler de désintermédiation,
08:17c'est-à-dire que les formes traditionnelles du dialogue social
08:20avec leurs syndicats, leurs partis,
08:22qui peuvent représenter massivement la société
08:24et être écoutés par les gouvernants,
08:26sont en déclin de manière tendancielle en France.
08:30Et donc, quelque part, il n'y a moins d'intermédiaires
08:32entre les gouvernés et les gouvernants.
08:35Donc, les mobilisations sont plus sporadiques,
08:37plus spontanées,
08:38et prennent des formes qui peuvent plus facilement sortir du cadre légal,
08:41mais c'est quelque part l'aboutissement de 20 ans de politiques
08:44qui vont plus ou moins dans ce sens-là.
08:46Et quelque part, cette fin de la Macronie,
08:48elle représente une tendance lourde de la société.
08:50Ce n'est pas quelque chose qui est complètement nouveau.
08:52Les Gilets jaunes étaient un premier indicateur assez fort de cette tendance-là.
08:55Et là, sous d'autres formes, on la retrouve encore à l'œuvre.
08:58Arthur Poliquel, est-ce que vous pensez que des Françaises et des Français mécontents,
09:01qui seraient prêts à en découdre, à sortir dans la rue,
09:04pour manifester leur colère, leur indignation,
09:06sont un petit peu freinés,
09:07par les scènes de violence qu'ils voient,
09:09ne voulant pas être assimilées à ce chaos, à ces saccages,
09:12ou, justement, ce que nous évoquions à l'instant,
09:15on n'a pas non plus envie d'être récupérés par un parti politique.
09:18Les Gilets jaunes étaient bien arrivés à faire la séparation,
09:20en disant qu'on n'est pas récupérés par des syndicats,
09:22on n'est pas récupérés par un parti.
09:24Est-ce que là, il n'y aurait pas une méfiance
09:26de la part de ceux qui sont presque mobilisés
09:27par rapport à ce risque de récupération d'un côté ou de l'autre ?
09:31Assez difficile à dire, mais cependant, il est vrai que les Gilets jaunes
09:34avaient comme particularité d'être une mobilisation
09:35qui se faisait en dehors, et même contre les syndicats,
09:38partis traditionnels, et contre, de manière générale,
09:40la politique représentative.
09:42Aujourd'hui, c'est un peu plus difficile à dire.
09:45Je pense que les militants politiques sont, effectivement, aussi,
09:48ont tiré la leçon des Gilets jaunes
09:50et sont plus directement impliqués dans les mobilisations actuelles,
09:52selon leur parti ou l'affiliation.
09:55Pour autant, je pense que la peur de la récupération,
09:58si elle peut exister, elle m'a l'air assez limitée.
10:01Elle n'a pas l'air d'être quelque chose de déterminant
10:04dans la mobilisation générale, qui est quand même assez massive.
10:07On le voit au bout de plus d'un mois, finalement, de mobilisation.
10:10Arthur Poliken, je rappelle que vous êtes docteur en sciences politiques
10:13et spécialiste des radicalités et des mouvements contestataires.
10:15Si le gouvernement continue à ne pas apporter de réponse,
10:19soit à jouer la sourde oreille, soit à constater
10:21qu'il n'y a pas les moyens de répondre,
10:22est-ce que ce mouvement, pour l'instant,
10:24qui est constitué par des grosses colères épisodiques,
10:27c'est la fin de semaine,
10:28pourrait prendre une tournure, j'allais dire,
10:30de mouvements de masse plus général ?
10:33On peut le penser, oui.
10:34Je ne sais pas si ça arrivera dans une temporalité assez courte.
10:36Il est possible que ça retombe, simplement,
10:37avec le calendrier ou avec la fatigue,
10:41la répression et d'autres facteurs
10:42qui contribuent, justement, au déclin des mouvements sociaux.
10:45Ça fait déjà plusieurs semaines
10:46que, de toute manière, elle se maintient à un niveau assez élevé.
10:48Mais on peut imaginer que, sur ces braises-là,
10:50la colère reparte, que ce soit plus tard dans l'automne
10:53ou même au moment de l'élection présidentielle
10:55ou après, même si, en général,
10:56les périodes d'élections sont plutôt
10:57peu propices aux mouvements sociaux
10:59puisque la colère s'exprime dans les urnes
11:01plutôt que dans les rues.
11:02Là, je m'intéresse au docteur en sciences politiques.
11:04Quel est l'arsenal dont dispose le gouvernement ?
11:06Je parle d'arsenal institutionnel.
11:08Est-ce qu'un 49-3
11:10qui aboutirait à une motion de censure
11:13pourrait provoquer un changement
11:14avec un changement de premier ministre,
11:16soit une dissolution de l'Assemblée nationale
11:18qui perturberait totalement le jeu
11:21de jeux démocratiques,
11:22soit, comme certains l'évoquent,
11:24une démission du président de la République
11:26qui dirait, puisque c'est comme ça,
11:28je suis un démocrate,
11:29face à la colère publique,
11:30je m'incline, je m'en vais,
11:32je vous laisse la possibilité de décider tout de suite
11:34du nom de mon successeur.
11:35Vous croyez à ce genre de scénario
11:37ou c'est très peu probable ?
11:39Alors, je vais essayer de faire un peu de prédictif.
11:41J'y crois assez peu,
11:42mais l'hypothèse d'une dissolution
11:43me semble un peu plus possible,
11:45enfin probable,
11:46puisque le pays en a déjà connu une,
11:49il y a de cela deux ans,
11:50et donc,
11:50il ne me semble pas complètement exclu
11:52qu'Emmanuel Macron procède
11:53à un tel mouvement stratégique,
11:56on pourrait dire.
11:57Pour autant,
11:58je pense que les résultats
11:59feraient entrer le pays
12:00dans l'inconnu,
12:01et qu'en plus de cela,
12:03à l'approche de l'élection présidentielle,
12:04il me semble que la fenêtre
12:06va peut-être se refermer,
12:07donc je serai assez prudent
12:08par rapport à ces mesures-là,
12:09mais la situation est très volatile,
12:10peut évoler extrêmement rapidement.
12:11Et pour le moment,
12:12il semble que le gouvernement,
12:14et en tout cas depuis le 17 octobre,
12:16fait preuve d'une réponse,
12:18on va dire,
12:19assez attendue,
12:19avec quelques mesures
12:21en faveur des lycées immobilisés,
12:23et en même temps,
12:24un discours,
12:25on va dire,
12:26de fermeté régalienne,
12:27et assez répressif.
12:29Donc finalement,
12:30on va dire,
12:30la carotte et le bâton
12:31constituent quand même
12:32les deux outils les plus mobilisés.
12:36Toutefois,
12:37si le président de la République
12:38voulait jouer les troubles faites
12:39ou un prelap anti-sorcier,
12:41ce qui lui est arrivé en juillet 2024,
12:43en dissolvant actuellement,
12:45il priverait son successeur
12:46d'une capacité de dissolution,
12:48puisqu'il y a un an sans dissolution.
12:49Ça veut dire qu'il compliquerait
12:51encore plus la donne.
12:52C'est une solution
12:53qu'on pourrait envisager
12:55pour qu'Emmanuel Macron
12:56puisse y revoyer,
12:56parce que quand je ne suis pas là,
12:57c'est le cas où ?
12:59Tout à fait.
13:00Il est d'ailleurs tout à fait possible
13:01et imaginable,
13:02au regard de ces déclarations,
13:03qu'Emmanuel Macron prépare
13:05cinq années, on va dire,
13:07de quinquennats relativement tenus,
13:09au vu de la manière
13:10dont il a pu positionner
13:10un certain nombre de fidèles
13:11dans des institutions clés
13:12de la République.
13:13Donc, il est tout à fait imaginable
13:15qu'il prépare, en tout cas,
13:17une situation qui soit
13:18un peu plus difficile
13:19pour la personne
13:20qui le remplace à l'Elysée
13:21et qui lui permette d'apparaître
13:22comme un recours possible,
13:23notamment en vue de 2032.
13:25Après, ce sont des calculs politiques
13:26de très long terme,
13:27et je pense qu'en tout cas,
13:27à court terme,
13:28pour ce qui est de l'horizon visible
13:29de la politique française,
13:30nous allions vers une situation
13:32qui soit extrêmement chargée
13:34au niveau de la campagne électorale.
13:35Et si une dissolution
13:36se rajoute à celle-ci,
13:38je ne sais pas, justement,
13:39quelle force pourrait en profiter demain.
13:41Reste la possibilité
13:42que Sébastien Lecornu
13:44reprenne la main
13:45et autour d'une table
13:47de négociations
13:47fassent des offres
13:48très concrètes
13:48et très sérieuses,
13:50même s'il n'y a pas les moyens
13:51pour apaiser la situation.
13:52C'est aussi une option,
13:53je suppose.
13:54Ça pourrait être une option,
13:55cependant, effectivement,
13:56comme vous le notez,
13:57les ressources sont très limitées,
14:00à la fois du fait
14:01du mur de la dette,
14:02de la situation politique en France
14:04sans majorité
14:05de gouvernement
14:06vraiment solide.
14:07Et donc, quelque part,
14:08je crois assez peu
14:09à cette hypothèse-là
14:09et je pense, au contraire,
14:10qu'on va aller vers
14:11des solutions court-termistes
14:12avant de régler
14:13cette question-là
14:14par les résultats
14:15de l'élection présidentielle
14:16sans pour autant permettre,
14:18d'ailleurs,
14:18au futur gouvernement,
14:19peu importe par qui
14:20il est mené,
14:21d'avoir tous les outils
14:23en main
14:23pour régler
14:24ce genre de problème.
14:25Qui vivra verra,
14:26comme dit la formule.
14:27Merci Arthur Poliken,
14:28docteur en sciences politiques
14:29et spécialiste
14:30des radicalités
14:30et des mouvements contestataires
14:31d'avoir été en direct avec nous
14:32sur Sud Radio.
14:34Jeudi dernier,
14:35des amendements LFI
14:36et écologistes
14:37ont été adoptés
14:38en commission des finances.
14:39Ils prennent des crédits
14:40à l'école privée
14:41sous contrat
14:42pour financer
14:43d'autres dépenses éducatives.
14:45Quand LFI
14:45et les écolos
14:46veulent réveiller
14:47la guerre scolaire,
14:48c'est notre sujet
14:49dans un instant
14:50avec Luc Villiers,
14:51ancien président
14:52du syndicat professionnel
14:53de l'enseignement
14:54libre catholique.
14:55Et vous, d'ailleurs,
14:56vous en pensez quoi ?
14:57Peut-on renforcer
14:58l'école publique
14:59en prenant des crédits
15:00au privé ?
15:00Dites-le-nous
15:00au 0826 303.
15:02Vous êtes bien sur Sud Radio,
15:04il est 2h31.
15:05Après avoir parlé
15:05des tentatives
15:06des gilets jaunes,
15:07nous allons aborder
15:08cette question épineuse
15:09qui revient de temps en temps.
15:10C'est le serpent de mer.
15:11Est-ce que la gauche
15:12aime ou n'aime pas
15:13l'enseignement privé,
15:15l'enseignement libre ?
15:15Nous allons recevoir
15:16Luc Villiers,
15:17ancien président
15:18du syndicat professionnel
15:20des enseignants
15:21de la liberté catholique.
15:23C'est ça ?
15:24De l'enseignement.
15:24Pardon,
15:25de l'enseignement
15:25libre et catholique.
15:26Voilà, le SPELC.
15:27Et nous allons voir
15:28avec lui
15:29si les écolos
15:30et le LFI,
15:32la France insoumise,
15:33veulent réveiller
15:34la guerre scolaire
15:35qui a si souvent
15:35divisé la société française.
15:37Bonjour Luc Villiers.
15:38Bonjour.
15:39Merci d'être
15:40à l'antenne avec nous.
15:41Voilà,
15:41je vous repose la question.
15:42Là, on a vu
15:43que tentative
15:44à l'Assemblée nationale
15:45de la France insoumise
15:46et des écolos
15:46d'une restriction
15:47de 900 millions d'euros
15:50du budget
15:51des écoles
15:52sous assistantes,
15:53sous contrat.
15:55sous contrat.
15:56Voilà.
15:56Vous pensez que c'est
15:57une réinitiation
15:59d'une tentative
16:00de guerre scolaire ?
16:03Écoutez,
16:03je n'irai même pas jusque-là.
16:04Pour moi,
16:05c'est une simple bête
16:07et primaire tentative
16:08de récolter
16:09des résultats électoraux,
16:11tout simplement.
16:12Parce que ces affirmations
16:13sont complètement
16:14irréalistes.
16:15Si on privait
16:16l'enseignement privé
16:17sous contrat
16:18des subventions,
16:19des apports de l'État
16:22pour qu'il puisse
16:22fonctionner sereinement,
16:24ça fait, écoutez-moi bien,
16:26ça fait 2 millions d'élèves
16:27du jour au lendemain
16:28dont on ne sait plus
16:29quoi faire,
16:29ça fait 143 000 professeurs
16:31dont on ne sait plus
16:32quoi faire,
16:33on ne sait plus
16:33comment les payer,
16:35ça fait 90 000 personnels
16:36des services supports
16:37dont on ne sait plus
16:38quoi faire du jour au lendemain,
16:40ça fait 8 500 écoles
16:42qui ne fonctionnent plus,
16:43on ne sait plus
16:43où mettre tous ces élèves.
16:45Donc, pour moi,
16:46ça relève
16:46de la plus haute fantaisie.
16:47Est-ce que vous pensez
16:49que c'est une façon
16:50de détourner l'effondrement
16:52du scolaire public,
16:53de l'école publique,
16:54en montrant du doigt
16:56l'école privée,
16:57en disant,
16:57vous voyez,
16:57eux,
16:57ils ont des avantages
16:58que les autres n'ont pas,
16:59ce n'est pas juste,
17:00il faut répartir.
17:01C'est un prétexte égalitariste
17:03qui, en fait,
17:04dénote peut-être
17:04un complexe d'infériorité.
17:08Ouh, ça c'est...
17:09Écoutez,
17:09c'est une possibilité,
17:10je ne me risquerai pas forcément
17:12dans ce genre de discussion.
17:14Simplement,
17:14si vous voulez,
17:15c'est une espèce
17:15de réponse rigoureusement
17:17premier degré,
17:18et c'est un ancien professeur
17:19qui vous parle,
17:20pour essayer
17:21de récupérer des voix.
17:23Non,
17:23je ne m'inscris pas du tout
17:24dans une logique
17:25de guerre scolaire,
17:26de nous on fait mieux que vous.
17:28Simplement,
17:29la France,
17:30si vous voulez,
17:30la devise de la France,
17:31c'est liberté,
17:32égalité,
17:33fraternité,
17:34et les gens qui promeuvent ça,
17:35c'est-à-dire la fin
17:36de l'enseignement privé,
17:37c'est-à-dire la fin
17:38de la liberté de choix
17:39des familles,
17:40s'opposent à une liberté
17:42à valeur constitutionnelle,
17:44tout simplement.
17:44Alors,
17:45s'ils veulent réveiller
17:46la guerre scolaire,
17:46ok,
17:47mais moi je suis sûr
17:48que l'enseignement privé
17:49sous contrat
17:51aura suffisamment
17:52de carrure
17:52pour répliquer
17:54intelligemment
17:55sans tomber
17:55dans cette espèce
17:57de marigot politicien.
17:59D'autant,
17:59Luc Villiers,
18:00qu'on sait bien
18:01qu'il y a,
18:01j'allais dire,
18:02un engouement
18:02aujourd'hui des parents,
18:04y compris ceux
18:04qui n'avaient pas forcément
18:05des dispositions confessionnelles,
18:07un engouement
18:08pour l'éducation
18:09de leurs enfants
18:10dans l'école privée,
18:11dans l'école libre.
18:12Ils considèrent que
18:13l'ennemi de l'éducation.
18:14Et ça, évidemment,
18:15c'est extrêmement dérangeant
18:16pour la gauche.
18:18Oui, alors,
18:19toute la gauche,
18:19je ne sais pas,
18:20vous savez,
18:20s'il fallait s'amuser
18:21à compter le nombre d'enfants.
18:23Non, non, non,
18:23il y a des gens
18:24qui sont...
18:24La radicale, d'accord.
18:25La gauche radicale, oui.
18:26Qui aujourd'hui
18:28est majoritaire à gauche,
18:29pour l'instant.
18:30Qui aujourd'hui
18:31est majoritaire à gauche,
18:32vous avez raison.
18:32Non, mais moi,
18:33je crois qu'ils essayent
18:34d'agiter à nouveau
18:35un épouvantail,
18:37de créer une espèce
18:38de chaos scolaire
18:39qui est un non-sens absolu,
18:41parce que non seulement
18:43électoralement,
18:43je suis sûr
18:44qu'ils ne vont rien y gagner,
18:45en plus,
18:46ils essaient de réveiller
18:47une guerre scolaire.
18:47Vous savez,
18:48l'enseignement privé
18:48sous contrat,
18:49il sait qui il est.
18:50Il offre une possibilité
18:52de choix aux parents.
18:52Et je voudrais quand même dire
18:53qu'on dit que c'est
18:55un enseignement de riches,
18:56alors peut-être
18:56que c'est réservé
18:57à des familles
18:58qui ont au moins
18:59de petits moyens supplémentaires
19:01pour financer l'éducation
19:02de leurs enfants,
19:03mais c'est justement
19:04parce que déjà,
19:05de nos jours,
19:06l'enseignement privé
19:07est moins subventionné
19:09que l'enseignement public.
19:11On touche beaucoup moins
19:12d'argent que le public
19:13pour s'occuper d'un enfant
19:15ou d'une classe
19:16ou d'un établissement scolaire.
19:17Donc,
19:18on peut encore gratter,
19:19mais comme on est déjà
19:19pratiquement à l'os,
19:20à mon avis,
19:21je répète,
19:22pour moi,
19:22cette proposition
19:23est un non-sens absolu,
19:25strictement politicien.
19:26Alors justement,
19:27Luc Villiers,
19:28je voudrais que Anissa,
19:29enfin oui,
19:30nous dise les crédits
19:31de l'école privée
19:32transférés vers le public.
19:33C'est ce qui vient
19:34d'être voté en commission
19:35et cette bataille
19:36sur l'argent des écoles
19:37a une longue histoire,
19:37Anissa.
19:38Oui,
19:38effectivement,
19:39pour le petit récapitulatif,
19:40c'est près de 9 milliards d'euros.
19:43C'est ça,
19:43le total des baisses de crédits
19:44votées jeudi dernier,
19:4629 octobre,
19:46en commission des finances
19:47pour l'enseignement privé
19:48sous contrat,
19:49dans le projet de budget 2027.
19:51En additionnant ces amendements,
19:53on dépasse même légèrement
19:54l'enveloppe
19:55qui était initialement prévue
19:56pour le privé.
19:57Le plus gros amendement
19:58porté par LFI
19:59retire 8,3 milliards
20:01au privé
20:01pour financer
20:02une augmentation
20:03de 20%
20:04de la rémunération
20:04des étudiants.
20:05Alors,
20:06il faut,
20:06ceci dit,
20:07dire jusqu'au bout,
20:08c'est que les auteurs précisent
20:09qu'ils ne souhaitent pas
20:11nécessairement
20:12ponctionner ces crédits.
20:13Ils demandent au gouvernement
20:14de supprimer cette baisse
20:15tout en permettant
20:16la dépense supplémentaire.
20:17C'est ce qu'on appelle
20:18dans l'argot
20:19lever le gage.
20:21Une demande
20:21que l'on retrouve aussi
20:22dans un amendement écologiste.
20:24Le budget,
20:25lui,
20:25reste à adopter,
20:26donc ce n'est pas encore
20:27complètement plié.
20:28Cette bataille
20:29sur l'argent public
20:29versée au privé
20:30ne commence pas aujourd'hui.
20:32Ça,
20:32c'est le moins qu'on puisse dire.
20:33Retour à 1959.
20:34Absolument.
20:35Debré,
20:35et surtout,
20:36en 1960 aussi,
20:38et surtout François Mitterrand.
20:39Exactement.
20:40Cette bataille a provoqué
20:40une crise politique en 1984,
20:41vous vous souvenez ?
20:42Absolument.
20:42Déjà,
20:42pour la loi Debré,
20:43elle organise le financement
20:45des établissements privés
20:45sous contrat.
20:46L'État paie notamment
20:47leurs enseignants
20:48avec des obligations
20:48pour les programmes
20:49et la liberté de conscience
20:50des élèves.
20:51Le camp laïque
20:52s'y oppose en 1960
20:54avec une pétition
20:55contre cette loi
20:55qui recueille
20:56près de 11 millions
20:57de signatures
20:58selon les archives
20:59de la Ligue de l'enseignement.
21:00La revendication à l'époque,
21:01réserver l'argent public
21:02à l'école publique.
21:04Et ensuite...
21:05En 1984 ?
21:06Bien sûr,
21:06sous François Mitterrand.
21:06Manifestation massive,
21:07je me souviens,
21:08à Versailles.
21:09Exactement.
21:09Le ministre socialiste
21:10Alain Savary
21:11porte un projet
21:12destiné à rapprocher
21:13public et privé
21:14alors dans la perspective
21:15d'un service public
21:15unifié et laïque.
21:17Les défenseurs
21:18de l'école libre
21:19se mobilisent massivement.
21:20Le 24 juin,
21:21soyons précis,
21:21il manifeste à Paris.
21:23Et le 12 juillet,
21:24Mitterrand annonce
21:25le retrait du projet.
21:26Savary quitte ensuite
21:27le gouvernement.
21:27L'histoire connaît aussi
21:28des compromis
21:29puisqu'en 1992,
21:30souvenez-vous également,
21:31le socialiste Jacques Lang
21:32signe un premier accord
21:34avec l'enseignement catholique
21:35notamment pour régler
21:36un contentieux
21:37de financement.
21:38Et aujourd'hui,
21:39comme on le voit,
21:40ce sont les filles
21:41et les écologistes
21:41qui reprennent cette offensive.
21:43La vieille querelle scolaire
21:44se rejoue,
21:45cette fois à coups
21:45d'amendements budgétaires.
21:46Vous voyez,
21:47Luc Villiers,
21:47ce n'est pas ancien.
21:48Alors, vous êtes le premier
21:49à dire qu'on n'est pas
21:50dans cette configuration-là.
21:52Pour autant,
21:52on sent quand même
21:53qu'il y a une vigilance
21:54permanente
21:55d'une gauche
21:57un petit peu radicale
21:58sur le fait
21:59que cet enseignement
22:00libre leur pose un problème.
22:02Ça ne va jamais finir.
22:04Il n'y aura pas moyen
22:05à un moment donné
22:06de se mettre autour
22:06de la table
22:06et de dire
22:07voilà,
22:07il y a le choix
22:07pour les parents.
22:08Il y a l'école publique
22:09et l'école privée.
22:11Écoutez,
22:12moi je suis absolument...
22:13Je m'inscris totalement
22:14dans votre propos.
22:15Je pense que c'est
22:16une des solutions.
22:17Déjà,
22:18pour expliquer
22:18comment fonctionne
22:19l'enseignement privé
22:20sous contrat.
22:21Ce n'est pas des écoles
22:22de riches.
22:23On a les mêmes programmes
22:24que l'enseignement public.
22:26On a les mêmes professeurs.
22:27Ils sont formés
22:27de la même manière.
22:29On a les mêmes obligations
22:30en termes de sécurité,
22:31de bâtisse scolaire
22:32et tout ça,
22:33si vous voulez,
22:33c'est identique.
22:34Simplement,
22:34on offre aux familles
22:36le choix.
22:37Familles qui sont quand même
22:38les premières responsables
22:39de l'éducation
22:40de leurs enfants,
22:41on leur offre
22:41un choix de l'établissement.
22:43En France,
22:43on a bien le choix
22:44de son parti politique,
22:45on a le choix
22:46de son syndicat,
22:46on a le choix
22:47de plein de choses
22:48financées par la puissance publique.
22:50Pourquoi n'aurait-on pas
22:51le choix de l'école ?
22:52Enfin,
22:52pour moi,
22:52c'est une question
22:53qui relève
22:54d'une espèce
22:55de moyen âge politique,
22:56icarde de très mauvaises alloies.
22:58Alors,
22:58oui,
22:59ok,
22:59je ne suis plus aux manettes,
23:01bien sûr,
23:01mais pourquoi pas
23:02se mettre à table,
23:04discuter ensemble,
23:05expliquer ce qu'est
23:06et ce que fait
23:07l'enseignement privé
23:08sous contrat,
23:0996% étant
23:10de l'enseignement catholique,
23:12et puis discutons.
23:14Et ça pourra peut-être
23:15permettre de régler
23:17un certain nombre
23:17d'incompréhensions.
23:18mais je tiens à redire
23:20formellement
23:21que faire croire
23:22qu'en piquant
23:22entre guillemets
23:239 milliards d'euros
23:24à l'enseignement privé
23:26et en les versant
23:26dans le public
23:27tout en sachant
23:28que ce sera
23:29complètement impossible,
23:30c'est une supercherie
23:31politicienne,
23:32absolument,
23:33ce n'est pas autre chose.
23:36Ces financements
23:37de l'enseignement privé,
23:38si vous les supprimez,
23:39qu'allez-vous faire
23:40de ces jeunes ?
23:41Qu'allez-vous faire
23:41de ces professeurs ?
23:42Le public n'aurait même pas
23:43les locaux
23:44pour accueillir
23:45tous ces jeunes.
23:47Donc,
23:47si vous voulez,
23:47c'est quelque chose
23:49de complètement aberrant.
23:50Alors oui,
23:50je souscris à votre idée,
23:51asseyez-nous à la table,
23:52expliquons-nous,
23:54discutons,
23:54mais dans la sérénité
23:56et avec de vrais arguments.
23:57J'ai encore en mémoire
23:58le livre de Jean-Paul Brigheli,
23:59La Fabrique du Crétin,
24:01présentant l'école publique
24:02et la situation
24:03est encore pire.
24:05On rappelle que
24:06dans l'école dite privée,
24:07les valeurs de la République
24:09sont tout à fait présentes
24:12et n'hésitons pas
24:13à signaler le cas
24:15où beaucoup de leaders
24:15de gauche,
24:17dans une situation
24:18confortable
24:19et même ultra-férus
24:20de laïcité,
24:20sont les premiers
24:21à mettre leurs enfants
24:23dans des établissements
24:24privés,
24:24voire de les envoyer
24:25à l'étranger,
24:26considérant que
24:26l'insignement en France
24:27n'est pas à la hauteur.
24:29Ces gens-là
24:29devraient peut-être
24:30balayer devant leur porte
24:31avant de donner
24:31des consignes.
24:33Mais exactement,
24:34exactement,
24:35quand on voit
24:36comment certains partis politiques
24:37sont dirigés
24:38par leurs leaders
24:38d'une manière
24:39ultra-autoritaire,
24:40on peut bien
24:41se poser des questions,
24:42mais surtout,
24:43je répète
24:44ce que je voudrais
24:45vraiment,
24:46c'est qu'on arrête
24:47de discuter
24:48sur des fantasmes,
24:49sur des théories,
24:50sur des choses
24:50qui ne reposent
24:51sur aucune vérité.
24:52Voilà.
24:53Tant qu'on continuera
24:54à financer,
24:55à sous-financer
24:55l'enseignement privé,
24:57il y aura effectivement
24:58une soultre
24:58qui restera versée
24:59par les familles.
25:00Donc, en fait,
25:01la situation actuelle
25:02n'est pas forcément
25:03égalitaire.
25:03Elle se fait
25:04au détriment
25:05des familles
25:05qui font choix du privé.
25:06On voit bien
25:07que l'intention
25:08des partis de gauche
25:09de ces partis-là,
25:09c'est de couper
25:10totalement les crédits
25:11de la République
25:12et de l'État
25:12à l'enseignement privé.
25:13Je pense que le débat
25:14n'est pas clos,
25:15Luc Villiers.
25:16Et voilà,
25:17j'aurai le plaisir
25:18à vous réentendre
25:18au fur et à mesure
25:19qu'évoluera ce dossier,
25:21de vous réentendre
25:21sur Sud Radio.
25:22Merci d'avoir accepté
25:23notre invitation
25:23en direct sur Sud Radio.
25:25Pas de problème.

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