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Avec Eric Delbecque, auteur de "La trahison des élites", aux éditions Robert Laffont

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##LE_FACE_A_FACE-2026-09-24##

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Transcription
00:003 degrés. Merci Rémi.
00:03Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:10Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h04 et je le disais au début de cette émission, bon appétit
00:14à ceux qui sont à table.
00:16Et on va agrémenter votre repas avec aujourd'hui un échange absolument passionnant avec Eric Delbecq.
00:24Et son ouvrage s'appelle La trahison des élites. Moi j'ai titré cette émission, cette séquence.
00:32Les élites de la France ont trahi le pays, la république, ce que vous voulez.
00:39Ils sont en rupture totale, la déconnexion, on se souvient du thème de la fracture sociale en 1995 qui fut
00:45le thème qui permit à Jacques Chirac de gagner.
00:47Et aujourd'hui on est plus que dans une fracture sociale, on est dans une fracture entre le peuple réel
00:52d'en bas,
00:52celui dont parlent M. Guilly et M. Fourquet.
00:56Et puis cette France d'en haut, cette élite qui semble totalement coupée du peuple et déconnectée.
01:02C'est ce qu'Eric Delbecq démontre.
01:03C'est une thèse, la trahison des élites, les états, l'entreprise, la culture, c'est-à-dire nos hommes
01:08politiques, les intellectuels, les grands patrons.
01:10Voilà, tous les gens qui ont des leviers dans ce pays.
01:13Aujourd'hui si on est dans cette situation calamiteuse, Eric Delbecq, je dis bien, il démontre le processus, le protocole
01:20qui nous a conduits
01:22avec des termes, des faits, j'allais dire, des allusions à des phénomènes qui se sont passés dans l'ail.
01:30C'est une compilation de différents instants de notre vie politique.
01:33Et on voit bien qu'effectivement, c'est bien cette trahison des élites qui est à l'origine de notre
01:38tragédie.
01:39Eric Delbecq, on reste un peu dans l'actualité, deux mots sur cette primaire de la gauche hier soir, sur
01:46lequel André Bercoff est revenu.
01:48Il y avait bien une séance d'élite, là, hier soir. On a bien vu des élites, enfin une forme
01:52d'élite.
01:53Ah oui, oui, c'est vraiment quand même, enfin, chaque fois j'essaie d'avoir un peu un regard, j
01:58'allais dire, neutre, objectif,
02:00voire parfois bienveillant, pour contrarier un tempérament naturel qui, au bout de 25 ans d'expérience, me ferait être un
02:06peu dur.
02:07Mais c'est vraiment des gens qui se parlent à eux-mêmes.
02:09Et effectivement, c'est un microcosme qui se parle à lui-même, dont on voit bien les arrières-pensées pour
02:15les prochaines élections présidentielles.
02:17Donc, comment on va ramasser des voix, comment on va arriver devant son petit camarade, sans jamais aller vraiment sur
02:22le fond.
02:23Et puis, ce qui, moi, quand même, me fait un petit peu peur dans tout ça, avec une absence totale
02:29de mémoire.
02:30Et donc, dans cette question-là, effectivement, le rapport à LFI est absolument central.
02:36Vous êtes un spécialiste de la sécurité intérieure et de l'intelligence, donc vous êtes quelqu'un qui a été
02:41sur le terrain.
02:42Vous vous êtes occupé de la sécurité de Charlie, donc vous avez vécu ces époques tragiques qui ont bouleversé l
02:48'actualité ces dernières années.
02:50Vous vous parlez de désertion. Votre livre, c'est La Trahison des élites.
02:55Vous dites, en fait, qu'il y a une désertion qui fait que des gens qui ont l'autorité, qui
02:59ont le pouvoir,
03:00petit à petit, ont renoncé à leur responsabilité, à ce qu'ils devaient assumer devant les Français.
03:06Exactement. Alors, il y a même une articulation entre les deux mots, c'est-à-dire entre trahison et puis
03:10désertion.
03:12En fait, il y a eu trois grandes séquences, pour moi, en tout cas, au XXe siècle, de trahison des
03:17élites.
03:17La première, dont on ne s'est toujours pas remis, alors je ne veux pas psychologiser la vie politique,
03:23mais l'abandon des élites en 1940 reste quelque chose qui est lourd dans l'inconscient, collectif.
03:30Je vous interromps deux secondes, parce que c'est un instant, un épisode de l'histoire de France fondamentale,
03:35qui a fait dire à Régis Debré, que vous connaissez bien, le discours du maréchal Pétain, le 17 juin, la
03:40veille du 18,
03:41où il dit la célèbre phrase, je fais à la France, je ne le donne à personne.
03:45Et à un moment donné, il dit, c'est le cœur déchiré que je vous demande de cesser le combat.
03:51Il y a un homme politique, j'ai appelé Paul Baudouin, qui a essayé de modifier la phrase en disant,
03:56il faut tenter, et on remet la phrase au président de l'Asie,
03:59voilà, c'est le cœur déchiré que je vous demande de cesser le combat.
04:02Régis Debré et d'autres considèrent que ce jour-là, l'âme française s'est éteinte en partie,
04:06et que nos élites n'ont jamais retrouvé leur légitimité depuis cette défaite de 40,
04:11qui est une rupture historique, il y a eu une France avant et une France après.
04:14Vous partagez un peu ce constat.
04:16Ah oui, totalement. C'est-à-dire que c'est une conscientisation totale, c'est clair, c'est dit, la
04:23phrase est prononcée.
04:24Là, les élites, elles ont, au sens le plus plein du mot, elles ont trahi.
04:28Et elles ont d'abord trahi leur peuple, et en fait, elles ont commencé à le trahir dès les années
04:3220 et les années 30.
04:33On n'était pas capable d'anticiper les périls, et en tout cas d'y apporter des réponses.
04:38Donc ça remonte à plus loin que, d'ailleurs, Anissa remonte encore un petit peu plus loin tout à l
04:41'heure, en nous faisant la démonstration.
04:43Elle a raison, mais je verrai ça pour le tome 2.
04:45Donc voilà, c'est une constante française ou de l'Europe occidentale des pays développés ?
04:52Alors, où il y a un petit chromosome français qui inciterait les élites à déserter ?
04:58Alors, je ne pense pas que ce soit un chromosome français.
05:00Je pense qu'il y a une résonance, spécialement en France, que nous nous sommes toujours faits les héros de
05:05quelque chose de plus grand que nous.
05:07Et d'ailleurs, c'est quelque chose dont on pourrait discuter à propos de la gauche française.
05:11Mais quand on a de grands idéaux et qu'on chute, c'est encore plus terrible.
05:16Donc ce qui a fait cet effet collectif, et à mon avis ce poids psychologique, c'est que quand on
05:20prétend être la grande nation,
05:22porter les idéaux de la révolution française et qu'on s'affaisse comme ça, enfin que les élites s'affaisse
05:27comme ça,
05:27ça produit un tremblement de terre psychologique.
05:31Mais ça, c'est l'acte 1.
05:32Puisque, alors, on vient de passer ces deux opus magnifiques de la bataille de Gaulle,
05:38où non seulement il y a le général de Gaulle qui est mis en scène, mais le maréchal Leclerc.
05:41Bien sûr, et on a vu l'intérêt de ces 5 millions.
05:45Pour moi, c'est un sursaut.
05:47Ça veut dire qu'il y a dans ce pays, dans ce peuple, encore une capacité de conscience
05:51pour comprendre qu'on a peut-être donné une version officielle de l'histoire,
05:54et que la vérité n'était pas là, en fait.
05:55Mais je vais être très méchant, et ça va vous faire sans doute sourire.
05:59Si vous mettez la primaire socialiste en face des messages portés par la bataille de Gaulle,
06:06notamment l'opus 2, là vous voyez ce qui ne va pas, et ça fait très très mal.
06:10Donc, bon, j'ai une grande admiration naturelle pour le maréchal Leclerc autant que pour le général de Gaulle,
06:16mais on voit bien le contraste entre le succès de ce film, la manière dont ce succès s'est propagé,
06:21et ce qui est en train de se passer politiquement, le problème.
06:24La deuxième séquence, c'est la trahison du général de Gaulle par la droite d'argent.
06:32Alors, on parlerait de Pompidou, mais moi je pense que Pompidou n'est pas la vraie bonne césure.
06:36Alors, qu'il y ait eu une part de volonté d'accéder au pouvoir de sa part, probablement,
06:42mais ses fondamentaux restent gaulliens.
06:44Mais la vraie trahison, c'est Giscard d'Estaing.
06:46Le référendum de 1969 sur la réforme du Sénat et de la régionalisation,
06:50où de Gaulle dit bien que s'il le perd, il démissionnera,
06:53et là, on a Pompidou déjà qui dit, je suis en réserve de la République,
06:57au cas où ça se passerait mal, déjà il le lâche.
06:59Et Valéry Giscard d'Estaing, c'est-à-dire cette droite libérale des Républicains indépendants,
07:03dont une partie était, on peut dire qu'il était la continuité d'un certain pétinisme,
07:09et c'est lui qui, ce sont ces voix-là qui vont manquer à De Gaulle,
07:11il perd pour 46%, ce sont ces voix-là de la droite libérale bourgeoise catholique
07:16qui vont manquer au général pour gagner ce référendum.
07:18Et Pompidou est Gaullien, en vrai.
07:20Oui, indéniable.
07:21Valéry Giscard d'Estaing n'a jamais été Gaullien.
07:25Alors le général disait toujours, tout le monde a été ou sera Gaulliste,
07:28il y a juste quelques exceptions,
07:30et un homme comme Valéry Giscard d'Estaing, je pense, n'était pas du tout Gaullien.
07:34Donc pour moi, c'est la deuxième séquence,
07:36puisque le général de Gaulle a essayé de donner un élan,
07:39et on a vu ses élites, parce que là on est vraiment dans la définition pure de l'élite,
07:44casser l'élan gaullien.
07:45Et la troisième séquence, c'est bien évidemment les années mitterrandiennes,
07:50c'est François Mitterrand, avec tout ce qu'on sait de sa basse rancune envers le général de Gaulle,
07:54qui pour plein de raisons va en fait mettre une troisième couche,
08:00et la plus importante pour moi, sur la trahison des élites.
08:03Saint-Francisque remise en personne par le maréchal Pétain,
08:06mais on sait ensuite que François Mitterrand est rentré dans un réseau de résistance,
08:10selon le nom de Morland, un peu à la dernière minute,
08:12et puis il continue à recevoir quand même René Bousquet chez lui,
08:16et lorsqu'il répond à Elkabach, la collaboration,
08:19et il dit Elkabach, mais qu'est-ce qu'on en sait ?
08:21Qui a le droit de juger sur ce qui s'est passé à l'époque ?
08:23On voit bien qu'il y a un trouble dans son passé par rapport à ça,
08:26par rapport à son passé pétiniste.
08:29Oui, tout à fait.
08:29Et puis bon, moi je pense que c'était fondamentalement un homme,
08:32de toute façon qui ne pouvait goûter l'esprit de la résistance.
08:36Il y a quelque chose chez François Mitterrand,
08:37c'est pour ça d'ailleurs que c'est,
08:38alors j'allais dire que c'est presque drôle,
08:41mais c'est tellement tragique que c'est plus très drôle.
08:42Il y a quelque chose en lui qui est la quintessence,
08:45qui était quelque chose de la quintessence de la bourgeoisie.
08:47Donc dire que cet homme-là a pu récupérer le Parti Socialiste,
08:50ça laisse quand même là aussi rêveur sur l'inconscient,
08:52ou le conscient, je ne sais pas,
08:54du Parti Socialiste des années 80.
08:55Alors bien évidemment, il y a un tas de phénomènes
08:57qui sont arrivés aujourd'hui à maturité,
08:59qui datent de cette époque.
09:00Alors vous notez bien que tout ça est néanmoins,
09:03enfin il y en a pour tout le monde,
09:04c'est-à-dire il y a eu la droite d'argent,
09:06il y a eu la gauche,
09:07enfin on voit bien que tout le monde a...
09:09Aujourd'hui la trahison elle est partout.
09:10Enfin les élites qui ont déserté,
09:12avant de parler du mot trahison,
09:13c'est la conclusion,
09:14les élites qui sont en train de déserter,
09:16aujourd'hui elles sont partout.
09:17Clémenceau c'était l'élite,
09:18il n'a pas déserté.
09:20Est-ce que De Gaulle et Leclerc étaient l'élite ?
09:22Peut-être pas tout à fait.
09:23Ils étaient militaires,
09:24mais ils n'étaient pas dans les sphères du sommet.
09:25Alors c'est une question très intéressante,
09:27c'est-à-dire qu'il y a des étages au sein de l'élite,
09:30c'est-à-dire qu'il y a des gens
09:31qui font incontestablement partie des élites,
09:33parce qu'elle est vaste,
09:33et d'ailleurs c'est assez intéressant
09:35pour dire aujourd'hui qu'il y a une partie des élites
09:36qui font le boulot.
09:38Il y a un certain nombre de préfets qui font le boulot.
09:40Heureusement, heureusement.
09:41Il y a des militaires de l'État républicain, bien sûr.
09:43Il y a des gendarmes, des policiers qui font le boulot,
09:45mais plus on arrive au sommet de la hiérarchie,
09:49et plus on a le sentiment d'avoir des gens
09:50qui ne sont pas concernés par ce qui arrive au peuple.
09:53D'ailleurs, c'est ça en fait,
09:54c'est à partir de ce moment-là
09:55où les trois trahisons dont j'ai parlé
09:57mutent en désertion.
09:59Et le fait d'être un déserteur,
10:01et vous faites l'analogie avec le mot déserteur,
10:03c'est-à-dire que vous ne vous sentez plus concerné
10:06par tout ce qui arrive à votre armée,
10:08et si on le dit de manière métaphorique,
10:09à votre peuple.
10:10Vous vous sentez délié de votre peuple.
10:12Éric Delbecq, vous êtes en train de m'expliquer
10:14que si aujourd'hui ce pays tient encore la route
10:16et tient encore debout,
10:17ce n'est plus grâce à son sommet,
10:19à ceux qui nous commandent,
10:20mais au contraire à sa base.
10:21À ceux qui font le boulot,
10:23qui sont sur le terrain,
10:24qui sont désespérés,
10:27mais ils s'accrochent
10:28et on en rencontre vous et moi tous les jours,
10:30que ce soit des gendarmes, des fonctionnaires
10:31qui disent heureusement que je suis là.
10:33Je vais chez l'épicier chercher de la photocopie
10:35ou une tromboneuse parce qu'il n'y a plus rien.
10:38Et ce sont eux qui tiennent.
10:39Là, la rupture, elle est réelle,
10:41elle est dans le concret.
10:42Est-ce que l'élite,
10:45certains membres de l'élite savent
10:46que la situation était aussi tragique ?
10:48Alors, les parties de ces élites
10:52qui, justement, ne sont pas totalement au sommet,
10:56mais qui sont déjà, j'allais dire,
10:57à un niveau assez conséquent,
10:59une partie d'entre elles le savent,
11:01le voient, le déplore
11:03ou essaient de survivre
11:06sans se faire balayer par le vent politicien
11:10au sein de ce magma.
11:11Après, quand on est en haut
11:13de cette pyramide,
11:15je me pose souvent la question,
11:16parce que moi, je crois à l'intentionnalité.
11:18Je pense qu'au bout d'un moment,
11:18quand même, on sait à peu près ce qu'on fait
11:19et normalement à ce niveau-là.
11:21Mais quand vous prenez totalement compte
11:24de ce qui est ce syndrome de la désertion,
11:26c'est-à-dire vraiment cet abandon des autres,
11:29et puis que vous vivez totalement coupé du monde.
11:31Enfin, le problème aussi de ces élites,
11:32c'est qu'elles déréalisent, mais totalement.
11:35Elles ne vivent plus dans le même monde...
11:36Ils ont pourtant des gens chez eux
11:37qui sont lucides et conscients
11:39et qui leur disent
11:39on va dans le mur.
11:40Ou pas tant que ça.
11:41Si vous voulez, dans des cabinets ministériels,
11:43aujourd'hui, vous avez quand même du mal
11:44à avoir affaire à des gens
11:46dont vous pensez qu'ils ont pleinement conscience
11:48de ce qui...
11:49Il y a un ministère un peu dérogateur.
11:51Alors, ce n'est pas parce que c'est celui
11:52que je connais le mieux,
11:53mais c'est le ministère de l'Intérieur
11:54parce qu'ils sont tellement
11:55dans les affaires courantes
11:56et dans le dur toute la journée
11:58qu'ils ne peuvent pas déréaliser.
12:00Mais dans plein d'autres ministères,
12:01vous savez, moi,
12:01quand je vois les membres des cabinets ministériels,
12:03j'ai le sentiment de vivre dans une fiction,
12:07mais pas dans le monde réel.
12:08Donc, est-ce qu'ils en sont encore conscients ?
12:11Je ne sais pas.
12:12En revanche, ce qui est clair
12:13et que j'affirme,
12:15c'est que leur arrogance n'a plus de limites.
12:17Éric Delbecq,
12:18on va, à partir de maintenant,
12:20les citer,
12:21non pas les dénoncer,
12:22mais vous allez nous donner une définition
12:24de ces catégories d'élites
12:25qui sont dans la trahison
12:26et dans la désertion.
12:27Vous restez avec nous,
12:29bien entendu,
12:29on reprend l'émission, Anissa.
12:30Les élites ont-elles trahi le peuple ?
12:32Vous qui nous écoutez,
12:33quelle est votre réponse à cette question ?
12:36Les élites ont-elles toujours défendu d'abord leurs propres intérêts ?
12:39On en parle avec Éric Delbecq,
12:41auteur de la trahison des élites,
12:43mais dites-nous, vous,
12:43ce que vous en pensez au 0826 300 300.
12:47Midi 14h, Sud Radio,
12:49la France dans tous ses états,
12:51Péricault-Legas.
12:52Vous êtes bien sur Sud Radio,
12:54il est 13h20,
12:55et nous affirmons que les élites ont trahi la France.
12:58Ça, c'est ce que je dis,
12:59mais je suis,
13:00c'est pas que je suis soutenu,
13:02c'est que je vais dans le sens de ce qu'Éric Delbecq
13:04explique dans son excellent ouvrage,
13:07un document historique,
13:08une thèse,
13:09c'est une thèse universitaire,
13:10la trahison des élites,
13:11justement,
13:12est-ce que nos responsables politiques,
13:14nos grands patrons,
13:15nos intellectuels,
13:16sont-ils déconnectés des réalités de ce pays
13:19au point d'être totalement coupés du peuple ?
13:21Éric Delbecq,
13:22avant de continuer notre échange,
13:23je voudrais qu'on écoute un confrère journaliste
13:26qui, lui,
13:26fait plutôt allusion dans cette rupture
13:29avec la notion de parisianisme.
13:31On l'écoute.
13:32À Paris, très naturellement,
13:33on estime concentrer les intelligences,
13:35c'est-à-dire qu'à Paris,
13:37on pense pour le reste de la France
13:38et on décide pour le reste de la France.
13:40Je n'ai aucune détestation de Paris,
13:43c'est un état d'esprit que je combat.
13:44Le parisianisme,
13:45c'est la concentration à Paris
13:47de tous les pouvoirs.
13:49Le pouvoir culturel,
13:50le pouvoir économique,
13:51le pouvoir politique, bien sûr,
13:52mais aussi le pouvoir médiatique.
13:55C'est aussi la concentration à Paris
13:57de l'essentiel des richesses.
13:58Les riches français vivent,
14:00pour la plupart,
14:01à Paris.
14:01Je dis bien à Paris,
14:02pas dans l'île de France,
14:03à l'intérieur du périphérique parisien.
14:05Et cette concentration,
14:07à la fois des pouvoirs et des richesses,
14:09fait qu'à Paris,
14:10très naturellement,
14:11on estime concentrer aussi
14:13les intelligences.
14:14C'est-à-dire qu'à Paris,
14:15on pense pour le reste de la France
14:17et on décide pour le reste de la France.
14:20Éric Delbecq,
14:21est-ce que ce constat
14:22et cette définition du parisianisme
14:24corrobore un petit peu
14:25votre théorie sur la trahison ?
14:27Ah oui, oui, c'est tout à fait juste.
14:28Est-ce que la trahison
14:28est aussi un peu parisienne ?
14:30Oui, oui, oui,
14:31parce que l'état d'esprit
14:32en province
14:33est quand même singulièrement différent.
14:35Ça ne veut pas dire
14:35qu'il n'y a pas à Toulouse,
14:37à Marseille,
14:38à Lille,
14:38à Lyon,
14:38des gens qui sont aussi
14:39dans une élite
14:40qui a été connectée.
14:41Il y a des antennes locales
14:42du pouvoir parisien.
14:43Mais le berceau parisien
14:45est assez solide.
14:46On pourrait même dire,
14:47en tout cas,
14:47sur le pouvoir politique,
14:50il est même concentré
14:51dans quelques arrondissements.
14:53Oui, tout à fait.
14:56Il y a des arrondissements
14:56dans certains quartiers.
14:57Exactement.
14:58Donc, oui,
14:58il y a un parisianisme
15:00qui recoupe
15:01en très large partie
15:03la question des élites
15:04et la question
15:05de la désertion
15:05des élites,
15:06totalement.
15:07Les médias français
15:07sont centrés à Paris.
15:09Autant vu,
15:10jusqu'à preuve de contraire,
15:13oui.
15:14Alors, bien évidemment,
15:15la liaison entre les deux
15:16qui est évidente,
15:17c'est que lorsqu'on vit
15:18dans un environnement
15:19clos, préservé,
15:20du reste,
15:21on déréalise
15:23encore plus
15:24que lorsque ce n'est pas le cas.
15:25Ce que je disais tout à l'heure,
15:26là, il y a vraiment,
15:26on vit dans un vase
15:28entre soi,
15:30endogamie totale.
15:31c'est terrible.
15:34Terrible.
15:35Ce à quoi,
15:36nous,
15:36on est Sud Radio
15:37et on assume
15:37cet aspect territorial,
15:39même si on diffuse
15:40sur toute la France,
15:41voilà,
15:41nous tenons beaucoup
15:43à rester en phase permanente
15:44avec cette société,
15:46avec ce pays.
15:47Vous faites l'inverse,
15:47vous êtes une représentation
15:48de la province
15:49à l'intérieur
15:50du périphérique.
15:50Pourquoi pas ?
15:52C'est ça,
15:52ça pourrait être une hypothèse.
15:54À Nissa,
15:56on en parlait tout à l'heure
15:57avec Aïd Elbeck,
15:58cette rupture
15:59avec les élites,
16:00elle ne serait pas
16:01si récente que ça.
16:02Ah non.
16:03En fait,
16:03la rupture entre les élites
16:04et le peuple
16:05n'a jamais commencé,
16:06elle a toujours existé.
16:08Et on va faire
16:09un petit cours d'histoire
16:11pour se souvenir un peu.
16:12L'histoire nous montre
16:14surtout des groupes
16:14au pouvoir soucieux
16:16de conserver leur place.
16:17sous l'ancien régime,
16:19cela ne se cachait pas.
16:20Il y avait des titres,
16:21il y avait des privilèges,
16:22il y avait des exemptions.
16:23En 1787,
16:25cet exemple,
16:26regardez-le,
16:27alors que les finances
16:28du royaume vacillent,
16:29Calonne,
16:30qui est le contrôleur général
16:31des finances de Louis XVI,
16:33autrement dit,
16:33son ministre des Finances
16:34propose un impôt
16:36qui toucherait aussi
16:37les propriétaires privilégiés.
16:39Eh bien,
16:39il présente son projet
16:40à l'Assemblée dénotable.
16:41Rien que le nom dit
16:43qui est autour de la table.
16:44Des princes,
16:45des évêques,
16:45des hauts magistrats
16:46choisis par le roi.
16:47Le peuple n'y siège pas.
16:49L'Assemblée dénotable
16:50refuse son projet.
16:51Calonne est renvoyée.
16:52Voilà la scène.
16:53On demande aux puissants
16:54d'accepter un impôt
16:55qui les toucherait aussi.
16:56Ceux qu'on a réunis
16:57pour en discuter,
16:58évidemment,
16:58disent non.
16:59Après la révolution,
17:00même logique,
17:01sous une autre forme.
17:02En 1820,
17:03les électeurs les plus riches
17:04obtiennent même le droit
17:05de voter deux fois.
17:07En 1846,
17:08seuls 240 000 électeurs
17:10peuvent choisir
17:11les députés
17:12dans tout le pays.
17:13L'élite ne prétend pas
17:14partager le pouvoir.
17:15Elle organise sa conservation.
17:18Aujourd'hui,
17:18les privilèges
17:19ne sont plus écrits
17:20ainsi dans la loi,
17:21mais l'accès aux grandes écoles
17:22reste socialement très marqué.
17:24Parmi les étudiants français
17:25des écoles normales supérieures,
17:27près de 65%
17:28ont un parent cadre
17:29et moins de 2%,
17:30un parent ouvrier.
17:32Donc,
17:32on voit bien
17:32cette continuité
17:33plus nettement
17:34parce qu'on dispose
17:35des chiffres
17:36et qu'on nous promet
17:37aussi l'égalité des chances.
17:38Alors,
17:39au final,
17:39nous parlons de trahison,
17:40mais pour trahir le peuple,
17:42encore faudrait-il
17:42l'avoir servi un jour.
17:44Ah,
17:44Éric Delbecq,
17:45c'est une conclusion
17:46qui peut vous convenir, ça.
17:47Alors,
17:48moi,
17:48je fais une nette différence
17:49entre l'époque
17:50où il y a des élites,
17:52mais qui,
17:52en fait,
17:53acceptent totalement
17:54le fait d'être
17:54dans une société
17:56hiérarchisée.
17:57Ce sont les trois ordres.
18:00les élites ne prétendent pas
18:02à être des élites.
18:04C'est-à-dire que nous,
18:04on a quand même
18:05une conception moderne
18:05de l'élite
18:06consistant à dire,
18:07en fait,
18:07l'élite,
18:08globalement,
18:08c'est une méritocratie.
18:10C'est ça,
18:10notre impensé.
18:11Voilà.
18:11Depuis la Révolution,
18:12on considère que l'élite
18:13est ouverte à la totalité
18:14de la nation.
18:15Alors,
18:15de surcroît,
18:16dans ce monde d'avant,
18:18cet ancien régime,
18:19enfin,
18:20en tout cas,
18:20pendant une grande partie
18:20de l'histoire de France,
18:21effectivement,
18:22non seulement,
18:23ces différences sont acceptées,
18:25mais il n'est pas question
18:27qu'on soit dans la méritocratie.
18:29Ce n'est pas un sujet.
18:30Et deuxièmement,
18:31il se trouve,
18:31il se trouve quand même
18:33que le noble,
18:34l'aristocrate d'ancien régime,
18:36jusqu'à Louis XIV,
18:38a une vie dans laquelle
18:39il a quand même
18:40une responsabilité,
18:41dans laquelle il se bat,
18:42il meurt.
18:43D'ailleurs,
18:43la grande césure,
18:44pour nous,
18:45c'est la Première Guerre mondiale.
18:46C'est-à-dire que là,
18:47des fils de bourgeois
18:48meurent comme des fils
18:49d'ouvriers ou d'agriculteurs.
18:50Donc,
18:50on sent bien que là,
18:52il y a une rupture
18:53de la vie ensemble,
18:55même si dans cet ancien temps,
18:57on voyait bien
18:58qu'il y avait des hiérarchies.
18:59C'est-à-dire,
18:59il y avait des hiérarchies,
19:00mais on vivait ensemble
19:01et on partageait
19:02quand même des sorts communs.
19:03Alors que là,
19:03et ce processus,
19:05effectivement,
19:05il a pris une autre ampleur
19:07au XXe siècle
19:07et surtout après
19:08la Première Guerre mondiale,
19:09il y a un processus,
19:11mais absolument incroyable,
19:13qui non seulement
19:14est le contraire
19:15de l'idéal affiché
19:16de méritocratie,
19:18mais le contraire
19:19de tout idéal
19:20de responsabilité
19:21vis-à-vis des gens
19:22qui vous ont porté au pouvoir.
19:24Donc il y a un phénomène
19:25d'arrogance
19:26et parce que c'est
19:27la troisième clé manquante
19:28au moment où on est
19:29de notre débat,
19:31on est clairement
19:32dans une oligarchie.
19:33C'est-à-dire que là,
19:34on exerce le pouvoir,
19:35on a les manettes,
19:37c'est comme ça,
19:38on vous emmerde
19:38et puis les idéaux affichés,
19:40c'est les idéaux affichés,
19:41mais la réalité,
19:42c'est ça.
19:42Et avec une totale aisance,
19:46décontraction
19:46et désinhibition
19:47dans le fait
19:48d'accepter totalement
19:50la rupture
19:51par rapport
19:52à des idéaux affichés
19:53et en plus,
19:53une rupture
19:54que tout le monde voit
19:55par l'arrogance,
19:56mais quand même,
19:56vous avez des gens
19:56qui viennent nous dire
19:57si, si,
19:58on vit dans une société,
19:59la preuve.
19:59C'est-à-dire à la fois,
20:00ils vont assurer
20:01la promotion formelle
20:02de cet idéal démocratique,
20:04mais en même temps,
20:05tout leur comportement
20:06dit qu'ils s'assoient dessus
20:07tous les jours.
20:08Donc, on a ce sentiment
20:09très étrange
20:11sur lequel vous avez
20:12incontestablement raison,
20:13d'une arrogance
20:13qui n'a plus de limite,
20:15dans lequel,
20:16vous voyez bien
20:17que le mépris
20:17a même du mal
20:18à se dissimuler.
20:19En fait,
20:20c'est ça le sujet.
20:21Vous voyez que ce mépris
20:22a du mal
20:22à se dissimuler
20:23et qu'ils sont à deux doigts
20:24de dire quand même
20:25que le peuple,
20:26c'est une bande
20:26de crétins malfaisants.
20:27Éric Delbecq,
20:28vous êtes en train
20:29de nous expliquer
20:30que le système aristocratique
20:33s'est reconstitué
20:34sur une base différente
20:35de l'ancien régime,
20:36mais qu'il y a une forme
20:37d'aristocratie
20:38qui est cette élite.
20:38C'est plus grave que ça.
20:40On en parle dans quelques secondes,
20:41vous restez avec nous.
20:42Vous nous appelez
20:44au 0826-300-300,
20:46la trahison des élites,
20:47c'est le titre d'Éric Delbecq,
20:48vous avez compris,
20:49on parle de cette élite
20:50qui n'est plus en face,
20:51qui est en rupture
20:52avec la réalité de ce pays
20:53qui est coupé du peuple
20:54et qui a peut-être
20:54engendré des phénomènes
20:55comme les gilets jaunes.
20:57Vous-même,
20:57qu'est-ce que vous en pensez ?
20:58Est-ce que vous êtes
20:59en rupture avec l'élite ?
21:00Est-ce que vous considérez
21:01que ceux qui nous gouvernent
21:02et ceux qui nous dirigent
21:03ne nous représentent plus ?
21:05Et est-ce que vous considérez
21:06qu'il y a une vraie fracture,
21:07pas seulement sociale,
21:09mais culturelle, morale,
21:10intellectuelle et politique
21:11entre le gouvernement,
21:12entre ceux qui nous gouvernent,
21:13ceux qui sont en haut
21:14et puis ceux qui sont en bas
21:15qui aujourd'hui sont confrontés
21:16à une situation
21:16plutôt inquiétante ?
21:18Réponse au 0826-300-300.
21:20A tout de suite sur Sud Radio.
21:21Sud Radio,
21:23Sud Radio,
21:24la France dans tous ses états,
21:26Péricault-Légas.
21:27Nous sommes avec Eric Delbec
21:29et nous parlons
21:29de la trahison des élites.
21:31Est-ce que nos responsables politiques,
21:33nos grands patrons,
21:34nos intellectuels
21:34et autres sommités
21:36sont en totale rupture
21:37avec ce pays,
21:38coupés du réel
21:39parce qu'une forme
21:40d'aristocratisation
21:42se serait constituée ?
21:43Eric Delbec,
21:44qui a une phrase
21:44que vous citez
21:45de Montecristo,
21:46vous voudriez que vous nous la redonnez.
21:47Alors peut-être
21:48parce qu'elle résume bien
21:49la situation.
21:49Je suis un fan d'Alexandre Dumas
21:50et encore plus du comte
21:52de Montecristo
21:52et cette phrase-là
21:54devrait servir
21:54à l'apprentissage
21:55de toutes les élites.
21:57Au milieu du roman,
21:58on lit qu'il vaut mieux
22:00remplir une mission
22:01qu'occuper des places.
22:03Et effectivement,
22:04nos élites font tout le contraire.
22:05Elles veulent occuper
22:06des places,
22:07des postes,
22:08remplir la mission,
22:09c'est plus discutable.
22:10Alors que ça devrait être
22:11l'obsession de toute élite.
22:12On est là pour accomplir
22:13une mission.
22:14Pour remplir une mission,
22:14on n'est pas là
22:15pour occuper des postes.
22:16Et même si on accomplit
22:17sa mission en étant
22:18quelque part
22:19qui n'est pas un poste,
22:20c'est-à-dire en fait,
22:21en vrai,
22:22qui n'est pas forcément
22:23prestigieux,
22:24visible,
22:26narcissique,
22:26égoscentré, etc.,
22:27ça n'est pas grave.
22:28Ce qui compte,
22:29c'est la mission.
22:30Et c'est exactement
22:31ce que font le Gérald de Gaulle
22:32et le Maréchal Leclerc en 1940.
22:33Ils renouent avec ça.
22:34Ils remplissent la mission
22:35jusqu'au bout.
22:36Ce sont des comptes
22:37de Montecristo.
22:37Au risque de leur vie d'ailleurs.
22:40Avant de prendre Jean-Pierre
22:41qui nous appelle
22:41de Clermont-Ferrand,
22:42Éric Delmey,
22:43je voudrais des noms.
22:44Donnez-moi des noms.
22:45Alors, pas des noms,
22:46on va tout de suite les comprendre.
22:47Des noms de fonction.
22:48C'est la classe politique.
22:50Ce sont beaucoup
22:51de gouvernants.
22:52Des grands patrons,
22:53bien sûr, aussi,
22:54qui sont dans une élite
22:55un peu médiatique.
22:56Là, on en a un qui signale.
22:57Voilà.
22:58Et puis des intellectuels aussi
22:59qui prennent des positions.
23:00Et ils sont l'élite.
23:01Et on voit bien
23:02que ces gens-là
23:03ne connaissent pas
23:04la réalité de la France
23:05d'en bas,
23:06comme disait,
23:07c'était la phrase de Raffarin.
23:10La France d'en bas,
23:10la France d'en haut.
23:11Très forte aussi conception.
23:12Là, vous êtes en train de dire
23:13il y a bien une France d'en bas,
23:14il y a bien une France d'en haut.
23:15Et la France d'en haut,
23:16c'est des gens
23:17qui sont déconnectés
23:17de la France d'en bas.
23:18Là, c'est même du très haut.
23:21On est vraiment
23:22sur les cercles d'irigeants
23:23parce que, comme je le disais,
23:24il y a une couche des élites
23:26qui essaie de faire
23:27pas mal son travail.
23:28En revanche,
23:29il y a une responsabilité
23:31qui est éminente
23:32du Sénacle politique,
23:34d'un certain nombre de gens
23:35qui sont des leaders d'opinion,
23:37des intellectuels,
23:38des universitaires,
23:39des artistes.
23:41Voilà.
23:41Toute une couche
23:42qui prétend expliquer aux autres,
23:43c'est objectivé.
23:44Je veux dire,
23:45il suffit d'ouvrir les journaux
23:46pour le voir,
23:48apprendre au peuple
23:49ce qu'il doit penser.
23:51Récemment,
23:51on a beaucoup parlé
23:53d'une très vieille interview...
23:53On a eu quelques exemples magnifiques.
23:55Oui, on a eu quelques exemples magnifiques
23:56dans l'histoire.
23:57Oui, oui, mais cette très vieille interview...
23:59Vous vous souvenez,
24:00après le référendum de 2005,
24:01les éditorialistes d'olibé
24:03qui insultent ce peuple
24:05parce qu'ils ont perdu le référendum
24:06sous le traité constitutionnel
24:07en mai 2005.
24:08Bien sûr.
24:09Analphabètes,
24:09xénophobes,
24:10fascistes,
24:10racistes,
24:11tarés, dégénérés.
24:12Ce peuple ne nous convient pas,
24:14changeons-en.
24:15Mais oui,
24:16je parlais de cet extrait
24:17qui a beaucoup circulé
24:18ces derniers temps
24:18et qui est exceptionnel.
24:19C'est Jean-Paul Belmondo
24:21expliquant à Anne Sinclair
24:23de manière très pédagogique
24:25que ses choix politiques
24:27ne regardent que lui,
24:29qu'il n'a aucune leçon
24:30à donner aux Français
24:31qui sont très grands
24:32pour savoir ce qu'ils ont à penser,
24:33que lui est là pour les dévertir,
24:34les amener dans un autre monde,
24:35les faire rever
24:36et les soulager de leur quotidien.
24:37Jean-Paul Belmondo,
24:38pas l'acteur de série B,
24:40de Xème classe
24:42et le type qui a vécu.
24:43Après,
24:43on se demande pourquoi
24:44il y a des légendes
24:45de Jean Gabin
24:46à Belmondo
24:47en passant par Lino Ventura
24:48parce que c'était des gens
24:48qui avaient compris leur mission.
24:49Là,
24:50on est dans l'exact inverse
24:50et des gens qui souvent
24:51n'ont pas les compétences
24:54pour en plus éclairer les gens
24:55parce que je veux dire,
24:57ça demande quand même...
24:58des grands sportifs par exemple
24:59ou des chanteurs
25:00ou des artistes
25:01qui donnent des consignes électorales.
25:02Oui,
25:03tous ces gens
25:04dont ces palmitistes
25:04sont très bons sans doute
25:05dans leur domaine
25:06mais le reste n'est pas le leur.
25:08Est-ce que des experts
25:09de la sécurité
25:09donnent des leçons
25:11de positionnement
25:11de la voix
25:12à des chanteurs ?
25:13Enfin,
25:13je veux dire,
25:13chacun son boulot
25:14au bout d'un moment.
25:14Ou des suggestions alimentaires
25:16pour faire son menu
25:18diététique.
25:18Nous sommes d'accord.
25:19J'ai Jean-Pierre
25:20qui est appelé
25:21Clermont-Ferrand.
25:21Bonjour,
25:22bonjour Jean-Pierre.
25:23Oui,
25:24bonjour.
25:24Jean-Pierre,
25:25est-ce que vous représentez
25:26l'élite
25:26ou au contraire
25:27vous ne vous sentez pas
25:28dans l'élite ?
25:29Non,
25:30moi je ne me sens pas
25:30du tout dans l'élite
25:31et je suis votre conversation
25:33là depuis un moment
25:34et effectivement
25:35les élites
25:36sont complètement déconnectées
25:37du pays
25:38et même
25:40se prêtent
25:40à des complicités
25:41qui peuvent nous amener
25:43dans de graves conflits.
25:45C'est pour ça
25:46que je parlais
25:46d'un exemple
25:48que nous avons eu
25:48en Auvergne
25:49qui a été
25:50un peu étouffé
25:51et bien sûr
25:51c'est l'avis
25:52de Philippe Herbesson
25:53député de la Haute-Loire
25:55qui a été élu
25:58pendant 4 mandats
25:59comme député
26:00qui a fait la guerre de 14
26:01et qui était
26:03en fin de compte
26:04parce qu'il avait compris
26:05que nous étions trahis
26:06et donc avait écrit
26:08depuis 1935
26:09un avertissement
26:10aux Français
26:11comme quoi
26:12nous étions trahis
26:13et nous allions avoir
26:14la guerre
26:14en 1935.
26:15D'ailleurs
26:16il a sorti un livre
26:17que j'ai eu
26:18de la peine
26:18à retrouver
26:19que je cherchais
26:20depuis 40 ans
26:21qui s'appelle
26:22Le Peuple Tu es Trahi
26:24et qui est sorti
26:25hélas
26:26à très très peu
26:26d'exemplaires
26:27parce qu'il était
26:28poursuivi
26:28par la marée-chaussée
26:30sur Orbe du Pouvoir
26:31et donc
26:33quand ils ont trouvé
26:34son imprimerie
26:35il avait heureusement
26:36à quelques amis
26:37autour de chez lui
26:38distribué
26:39quelques bouquins
26:40mais il s'en précipitait
26:42pour détruire
26:43de fond en comble
26:44tout son stock
26:46de livres
26:47et donc
26:49Philippe Berbesan
26:50est mort
26:51à la prison d'Orient
26:52à côté de Clermont
26:54malade
26:55mal nourri
26:56etc
26:56alors qu'il avait été
26:58quand même
26:58décoré
26:59pour fait de guerre
27:00et blessure
27:01à la guerre de 14
27:02quatre mandats
27:03qui avaient servi
27:04la France toute sa vie
27:05vous voyez ce que je veux dire
27:06Jean-Pierre
27:06vous voulez nous dire
27:07en fait que le phénomène
27:08n'est pas récent
27:09qu'il est ancien
27:11et qu'il y avait déjà
27:11des gens
27:12qui dénonçaient
27:13cette dérive
27:14qui est la désertion
27:16Eric Delbec
27:17c'est un témoignage
27:18qui vous parle
27:19bien entendu
27:20oui
27:20et moi je pense
27:21encore une fois
27:21qu'on est sur
27:22l'acmé d'un phénomène
27:24mais qui s'est
27:24très longuement construit
27:26et en revanche
27:27on est en phase
27:27d'accélération
27:29depuis un certain
27:30nombre d'années
27:30et c'est vrai
27:30que de ce point de vue là
27:31les années Macron
27:32ont marqué
27:33une accélération
27:34dans ces processus
27:35mais ces processus
27:36étaient agissants
27:37bien avant
27:38moi j'ai même
27:38des exemples
27:39de livres
27:40d'auteurs
27:41qui ont posé
27:41des choses
27:42par exemple
27:43dès le début
27:44des années 80
27:45quand on pense
27:46quand on pense
27:48à certaines personnalités
27:49qui ont pesé
27:50sur la façon
27:51de raisonner
27:52je fais allusion
27:53à des cas très différents
27:55c'est là
27:56Jacques Attali
27:57Alain Mec
27:58ça c'est une élite
27:59qui insuffle
28:00une façon de penser
28:01une façon d'analyser
28:02ils sont
28:03ils sont pas forcément
28:03gouvernants
28:04ils ont pu l'être
28:04à un moment donné
28:05mais c'est de ce niveau là
28:07que ça part
28:07cette désertion
28:09Bernard-Henri Lévy
28:10par exemple aussi
28:12le cas de Bernard-Henri Lévy
28:13est intéressant
28:14mais tous ceux
28:14que vous avez cités avant
28:15qui sont en plus
28:16incontestablement
28:16des gens intelligents
28:18très intelligents
28:19et cultivés
28:20c'est ça le paradoxe
28:20il n'avait pas
28:22la légitimité
28:23à faire passer vite
28:24mais
28:25c'est très compliqué
28:27peut-être
28:28d'expliquer
28:28à des personnalités
28:29comme ça
28:29ce qu'ils auraient
28:30sans doute compris
28:31s'ils avaient connu
28:31quelques compagnons
28:32de la libération
28:33ce qui a été mon cas
28:34c'est qu'il y a un moment donné
28:35l'intelligence
28:36ne vous dispense pas
28:37de l'humilité
28:38et de la proximité
28:39avec autrui
28:40alors que
28:41certains peuvent penser
28:42qu'au bout d'un moment
28:43le cercle de la raison
28:45on est dans le cercle
28:46de la raison
28:46non
28:47si on pense qu'on a raison
28:48il faut essayer de le démontrer
28:49alors c'est très rigolo
28:50parce qu'aujourd'hui
28:51on va panthéoniser
28:52un certain nombre de gens
28:54comme Marc Bloch
28:55qui sont l'exact inverse
28:57de tout ça
28:58l'antithèse
28:59c'est vraiment
28:59l'inconscient
29:01de l'époque
29:01nous avons les Grecs
29:03alors les Grecs
29:03c'est le club
29:04qui consacre absolument
29:06ce que vous expliquez
29:07cette trahison des élites
29:08et vous parliez
29:08de Bernard-Henri Lévy
29:09on ne se rappelle plus
29:10aujourd'hui
29:10alors Dieu sait
29:11qu'aujourd'hui
29:11c'est vrai
29:12qu'il est sérieusement
29:13contrarié par ce qu'il voit
29:14mais il écrit
29:15l'idéologie française
29:16au début des années 80
29:17qui est un pré-walkisme
29:19il explique que nous sommes
29:20un peuple de traîtres
29:21je crois
29:21et de fachos
29:22et de collabos
29:23par nature
29:24en relisant des auteurs
29:25qui n'ont jamais été fascistes
29:27et en nous expliquant
29:27qu'ils l'étaient
29:28donc je veux dire
29:29au bout d'un moment
29:29c'est sûr que
29:30vous voyez
29:31quand vous faites pipi
29:32contre le vent
29:33comme dit une célèbre expression
29:34voilà
29:35ça finit par vous revenir
29:36en pleine phase
29:37donc effectivement
29:38on a posé des choses
29:40dans notre passé
29:40des gens ont posé
29:41des choses dans le passé
29:42quitte à revenir après
29:43en disant
29:44ah oui finalement
29:44voilà
29:45mais oui
29:46vous les avez posés
29:47donc maintenant
29:47nous suivons une loi
29:49c'est logique
29:49il ne s'agit pas
29:50de condamner les uns les autres
29:52regardez
29:52ce qui se passe
29:54est totalement logique
29:55et donc ça n'est pas né
29:56hier matin
29:57mais cette idée
29:58qui ne doit pas y avoir
30:00d'arrogance
30:01de l'intelligence
30:02elle est fondamentale
30:03sur quoi nous ne sommes jamais sortis
30:04du dialogue
30:05ou du conflit
30:05entre Camus et Sartre
30:06on est d'accord
30:07et d'un côté
30:07il y a un homme
30:09humble
30:10rayonnant
30:11talentueux
30:11puis de l'autre
30:12il y a Sartre
30:13l'homme à la plume
30:14entre les dents
30:15qui a toujours été
30:16dans la fascination
30:16de la violence
30:17cette saisir existe toujours
30:18de façon extrêmement précise
30:20est-ce que
30:20Eric Delbec
30:21il n'y a pas le risque
30:22qui est souvent
30:22c'est un phénomène
30:23qui se produit
30:24lorsqu'il y a une révolution
30:25une contre-révolution
30:26et une réaction
30:27est-ce qu'il n'y a pas
30:28aujourd'hui
30:29un anti-élitisme
30:30qui va créer une élite
30:32à son tour
30:33c'est-à-dire que
30:33pour dénoncer l'élite
30:34je fais allusion
30:35à certains médias
30:36qui du coup
30:36par nécessité
30:38ont dit
30:38il faut répondre
30:39à cette élite
30:40qui nous domine
30:41et sans le savoir
30:42elle constitue elle-même
30:43une forme d'élite
30:44qui dit comment penser
30:44et comment il faut voter
30:47c'est une sacrée bonne question
30:48c'est-à-dire qu'encore une fois
30:49moi je pense qu'on commence
30:50à dériver
30:52lorsqu'on veut
30:53être absolument
30:55détenteur
30:55d'une vérité
30:57qui n'admet pas
30:57de contestation
30:58et que
30:59la clé
31:01c'est toujours
31:02de se rapporter
31:02au réel
31:03moi je suis dans l'obsession
31:04d'aller voir
31:05le réel
31:06et d'essayer
31:06de tenir le moins
31:07de discours
31:08possible
31:08sur des choses
31:09que je n'ai pas pu
31:10toucher du doigt
31:11alors expérimenter
31:11si possible
31:12au moins toucher du doigt
31:14en revenant
31:14en disant
31:15je crois que je n'ai pas
31:16trop mal compris
31:16ce que les gens
31:18pouvaient éprouver
31:18alors bien évidemment
31:19quand les gens
31:19éprouvent des choses
31:20ce n'est pas forcément
31:21bien rangé
31:22ce n'est pas lisse
31:23ce n'est pas net
31:24mais c'est la matière humaine
31:25si des élites
31:26ne sont plus capables
31:26de comprendre
31:27la matière humaine
31:29que font-elles là ?
31:31Alors est-ce que
31:32je prends un exemple
31:33parmi d'autres
31:34est-ce que Vincent Bolloré
31:35n'est pas en train
31:36de prendre le risque
31:36de créer une contre-élite
31:38qui elle-même
31:39pourrait devenir
31:40une élite
31:41qui donne aussi
31:43vous allez me dire
31:43ils sont peut-être
31:44en contact avec le PRL
31:45ils ont matière
31:46c'est ce qu'ils disent
31:47nous on est près du terrain
31:49moi si vous voulez
31:49je n'ai pas d'avis tranché
31:51sur tout ça
31:52déjà un
31:52parce que je ne connais pas
31:53spécialement Vincent Bolloré
31:54et que moi j'aime bien
31:54connaître les gens
31:55dont je parle
31:56et la plupart
31:57dont je parle
31:59soit je les connais
32:00soit je les ai approchés
32:01soit j'ai été
32:03indirectement
32:03mais assez proche
32:05en contact
32:05je ne le connais pas
32:06moi en revanche
32:07ce qui m'intéresse
32:08quand on parle de Vincent Bolloré
32:09aujourd'hui
32:09c'est le rapport
32:11qu'on fait
32:11dans les médias
32:12et quand on dit
32:13il y a la télévision publique
32:15la radio publique
32:15et il y a Bolloré
32:16il y a quand même
32:17un truc qui est incontestable
32:18c'est que d'un côté
32:19il y a un homme
32:20qui a fait fortune
32:21c'est son argent
32:22c'est privé
32:23après tout
32:24c'est bien ce qu'il veut
32:25c'est son droit
32:26et il y en a d'autres
32:27qui sont censés
32:28être là
32:29pour le peuple français
32:31et qui en revanche
32:32estiment
32:33qu'il y a une partie
32:33de la population
32:34qui n'est pas légitime
32:35et qui a ce comportement
32:36élitaire détestable
32:37consistant à dire
32:38c'est une bande de crétins
32:38et là dans le service public
32:39on voit bien
32:40qu'on touche du doigt
32:41cette dérive
32:42et là il y a un petit sujet
32:44et moi
32:44c'est en tant que citoyen
32:46je souhaite
32:47que le service public
32:48soit justement
32:49le plus représentatif
32:50d'une nation
32:52oui mais c'est bien
32:52ce que je voulais vous dire
32:53est-ce qu'à cause
32:54de cet élitisme
32:55du service public
32:55on risque pas d'avoir
32:56un anti-élitisme
32:57qui peut en devenir
32:58un autre
32:59sauf que là où effectivement
33:00j'ai un petit problème
33:01sémantique
33:01c'est que j'estime
33:02que là on n'est plus
33:03dans l'élitisme
33:03on est dans l'oligarchisme
33:05on est dans l'entre-soi
33:06et qu'on est dans le domaine
33:08en fait des fausses élites
33:09la question c'est
33:10qu'est-ce que c'est
33:10qu'une vraie élite
33:11une vraie élite
33:12elle souffre avec son peuple
33:13on continue à la définir
33:15dans quelques instants
33:16vous nous appelez
33:16au 0826-300-300
33:18à l'État
33:18ceux qui dirigent le pays
33:20vous défendent-ils encore
33:21un peu
33:21défendent-ils encore
33:22un petit peu
33:23vos intérêts
33:24ou uniquement
33:25les leurs
33:25réagissaient
33:26au 0826-300-300
33:36vous êtes bien sur Sud Radio
33:38il est 13h48
33:40l'élite s'est-elle coupée du peuple
33:43non seulement
33:44mais elle est peut-être
33:45en train de commettre
33:45une trahison
33:46et de laisser ce pays
33:47à l'abandon
33:48et il suffit
33:49d'observer
33:50cette société
33:52l'actualité
33:53pour comprendre
33:54qu'en tout cas
33:55il y a
33:55au-delà de la fracture sociale
33:57qui n'a jamais été résorbée
33:58depuis 1995
33:59il y a une saisure aujourd'hui
34:00qui fait que ce pays
34:01est coupé en deux
34:02et que ceux qui sont à la tête
34:04sont en train de nous envoyer
34:05dans le mur
34:05et que si on ne va pas
34:06dans le mur
34:06nous explique Eric Delbec
34:07c'est peut-être parce qu'en bas
34:08il y a encore
34:10des fonctionnaires
34:11des citoyens
34:12des républicains
34:13des gendarmes
34:13des pompiers
34:14mais peut-être aussi
34:15des plombiers
34:16et des artisans
34:17qui sont là
34:17qui font leur métier
34:18avec la conscience professionnelle
34:20une conscience patriotique
34:21qui fait que l'édifice
34:22tient encore
34:23même si le poisson
34:24a pourri par la tête
34:24et bien le socle
34:26est encore
34:26tenace
34:27nous avons
34:28Loïc
34:29qui nous appelle
34:30de Toulouse
34:32pour vous
34:33l'élite
34:33c'est coupé du peuple
34:35ou pas totalement ?
34:37Alors
34:38c'est toujours le débat
34:39qu'on aura
34:39sur qu'est-ce qu'est l'élite
34:40mais
34:41il est clair
34:43qu'aujourd'hui
34:44et depuis au moins
34:4520 ans
34:46l'élite
34:47qui gouverne
34:48l'élite
34:49qui accompagne
34:50les gouvernements
34:51l'élite
34:52politique
34:52aujourd'hui
34:54a fait un choix
34:56qui n'est plus
34:56le choix
34:57que le peuple
34:58lui a demandé
34:59de faire
35:00et pour lequel
35:00le peuple
35:01n'est pas interrogé
35:02je veux être très très franc
35:04nos grands serviteurs
35:06de l'état
35:06dans les grandes administrations
35:08aujourd'hui
35:09très clairement
35:09les ministres passent
35:11l'administration
35:12reste en place
35:12et c'est aujourd'hui
35:13l'administration
35:14qui décide
35:15de ce qu'elle veut
35:17travaillant avec des politiques
35:18moi je me rends bien compte
35:19que le politique
35:20peut prendre
35:20toutes les décisions
35:21qu'il veut
35:21si son administration
35:23derrière ne souhaite
35:24pas ou ne veut
35:24pas y aller
35:25et bien le politique
35:26aura beau
35:27se battre
35:28tout ce qu'il veut
35:29tout ce qu'il souhaite
35:30l'administration
35:32continuera de faire
35:32ce qu'elle a envie
35:33de faire
35:34Eric Delbecq
35:35c'est un constat
35:36qui correspond
35:37à vos conclusions
35:38c'est assez vrai
35:39mais ça peut être
35:40plus cohérent
35:41qu'on ne le croit
35:42c'est à dire que
35:44ça effectivement
35:45ça vaut
35:45si on dit
35:46il y a l'administration
35:47d'un côté
35:47les politiques de l'autre
35:48mais
35:48ça revient à ce que
35:49nous disions tout à l'heure
35:50il y a des réseaux
35:52non pas des réseaux
35:53fantasmatiques
35:54il y a des réseaux
35:55d'anciens de l'ENA
35:56de gens qui ont fait
35:57leur carrière ensemble
35:58certains patrons
35:59d'administration centrale
36:00sont des camarades
36:01de promo
36:01de l'ENA
36:02de ceux qui sont ministres
36:03donc en fait
36:04il y a quand même
36:05un petit cercle de gens
36:06qui se parlent
36:08et qui agit quand même
36:10en assez grande cohérence
36:12et parfois les oppositions
36:13peuvent être plus ou moins réelles
36:14la question se pose
36:15quand on est
36:16question intéressante
36:17parce que là aussi
36:17on se sombre vite
36:18dans le complotisme
36:19y a-t-il ou pas
36:19un état profond
36:20il y a une masse
36:22bureaucratique
36:22il n'y a pas besoin
36:23de parler d'état profond
36:24parce que ça
36:25ça mobilise
36:26tous les imaginaires
36:27du complot
36:28il y a simplement
36:29un système bureaucratique
36:30qui est tellement
36:33sclérosé
36:34que
36:34la capacité
36:36de ce système
36:36bureaucratique
36:37à se mettre
36:38en ordre de marche
36:39qui lui est engendré
36:40par l'ENA
36:41l'ENA
36:42c'est pas une fabrique
36:43d'élite directe
36:43en tout cas
36:43c'est une fabrique
36:44de bureaucratie
36:45qui peut conduire
36:46à cette élite
36:46moi je vois
36:47la bureaucratie
36:48comme l'espèce de sédimentation
36:50de toutes nos erreurs
36:51et nos lâchetés
36:52depuis 100 ans
36:53c'est un espèce
36:55le système bureaucratique
36:56c'est une espèce
36:57de résultante
36:58de l'ensemble
36:59de nos erreurs
37:01c'est l'épaisseur
37:03de la bureaucratie
37:04ordinaire
37:04ça veut pas dire
37:05que toutes les administrations
37:06sont comme ça
37:06mais quand on constate
37:07qu'une administration
37:08se transforme
37:09en bureaucratie
37:10c'est
37:11voilà
37:11on sédimente
37:13de la bêtise
37:14ordinaire
37:15Eric Delbecq
37:15il y a un symptôme
37:16que vous définissez
37:17dans votre ouvrage
37:19page 193
37:204ème chapitre
37:21les présidents
37:22qui criaient au loup
37:22réponse
37:23aux irresponsables
37:24qui prétendent
37:24que l'insécurité permanente
37:26est un sentiment d'insécurité
37:27autrement dit
37:28une illusion
37:29vous dites
37:29quand un homme politique
37:30vous dit ça
37:31je fais allusion
37:32à Eric Dupond-Moretti
37:33qui a dit
37:33mais non
37:33c'est un sentiment
37:34quand un homme politique
37:35un dirigeant
37:36vous dit ça
37:37ça veut dire
37:37qu'il a basculé
37:38dans un élitisme déconnecté
37:39c'est ça
37:40qu'il faut conclure
37:41alors il a
37:43deux déclarations
37:44François Hollande
37:45nous sommes en guerre
37:46en 95
37:46après le Bataclan
37:47et on l'a dit tout à l'heure
37:49Emmanuel Macron
37:50la guerre avec le Covid
37:51ça
37:52et ensuite
37:53donc
37:53sentiment d'insécurité
37:54oui oui
37:55alors ils vivent dans leur monde
37:56ils n'ont plus aucune idée
37:57de ce que veulent dire les mots
37:59et ensuite
38:00il y a des postures personnelles
38:02de gens qui
38:03on adore
38:04moi c'est une chose
38:04qui me frappe
38:05je suis Emmanuel Macron
38:06qui par ailleurs aussi
38:07est un homme intelligent
38:08il n'y a pas de
38:09mais cette volonté
38:10de prendre une posture
38:12de chef de guerre
38:13elle m'a toujours interrogé
38:15ça va de la combinaison de pilote
38:17à c'est la guerre
38:18là aussi ça dit quelque chose
38:20et ça dit quelque chose
38:21pas simplement d'Emmanuel Macron
38:22parce que ce syndrome
38:23est assez répandu
38:24dans beaucoup de ses élites
38:25on veut être chef
38:27mais si vous voulez
38:28il y a quand même un problème
38:29c'est que le costume
38:29est un peu trop grand
38:30voilà
38:30et donc
38:31on a la main
38:33vous voyez
38:33qui ne sort pas des manches
38:35du costume
38:35et donc quand on dit
38:36c'est un sentiment
38:37mais quand on n'habite pas
38:38à la Cour d'Ouve
38:38et à Vinicieux
38:39bien sûr
38:39là vous touchez du doigt
38:42quelque chose
38:43qui est fondamental
38:43les gens veulent bien
38:44avoir des élites
38:45veulent bien avoir
38:46des chefs
38:47au sens démocratique
38:48il en faut
38:48il en faut du chef
38:49mais ils veulent que ces gens là
38:51leur en imposent
38:52ils veulent se dire
38:53si ce sont les chefs
38:54on comprend pourquoi
38:55mais quand vous voyez des chefs
38:57vous avez le sentiment
38:57qui flotte dans leur costume
38:59qu'est-ce que ça produit
39:00vous êtes inquiet
39:01ça envoie ces gens
39:02vous dites
39:02ils en ont marre
39:03de subir des décisions
39:05qui sont imposées par des gens
39:06qui ne connaissent pas
39:07les conséquences
39:08et qui ne connaissent pas
39:09les matières sur lesquelles
39:10ils travaillent
39:10et là il y a une corrélation
39:11avec la Cour de Sa Partie
39:12de Versailles
39:13et puis que le bon peuple
39:13j'explique quelque part
39:15dans le livre
39:15je ne pourrais plus vous donner
39:16la page
39:17que si vous commencez
39:18à parler concept militaire
39:19ou de sécurité intérieure
39:20avec des politiques
39:21vous allez rapidement
39:22avoir la trouille
39:22parce que vous vous rendez compte
39:23qu'ils ne maîtrisent pas
39:24la moitié
39:25de ces concepts
39:26et qu'ils ne savent pas
39:27de quoi on leur parle
39:27et pourtant ils ont le vie
39:28et nous avons Serge
39:29qui nous appelle de Vichy
39:31Serge vous habitez
39:32au centre de Vichy
39:33ou non ?
39:34oui
39:34vous avez vu la beauté
39:36la beauté du parc
39:36a été refait entièrement
39:38c'est une ville merveilleuse
39:40qui souffre
39:41de cette période de l'histoire
39:43aujourd'hui c'est terminé
39:44donc je ne dirai plus jamais
39:46régime de Vichy
39:46je dis bien régime
39:48du maréchal Pétain
39:48et j'invite tous ceux
39:49qui nous écoutent
39:50à aller découvrir
39:50cette ville merveilleuse
39:51avec son casino
39:53sa vie culturelle
39:54et cette balade du parc
39:55et moi je vais toujours
39:55prendre mon petit
39:56comme je suis gourmand
39:57je prends mon petit
39:59gobelet d'Advichy
39:59et je m'en porte beaucoup mieux après
40:01voilà
40:01c'est pas pour ça
40:02que vous m'appelez
40:03de parler du régime
40:04du régime minéral
40:05de Vichy
40:05du régime minéral
40:06et pas du régime politique
40:07vous dites que l'élite
40:09vous dites que l'élite
40:10elle est vraiment
40:11elle est vraiment coupée du peuple
40:13je vais vous dire
40:14j'ai réagi par rapport
40:16à ce que vous avez dit
40:17il y a quelques minutes
40:18vous avez posé la question
40:19effectivement
40:20est-ce que l'élite
40:21est coupée du peuple
40:22et vous avez même
40:23laissé entendre
40:24est-ce que le peuple
40:25en creux
40:26ne se coupe pas
40:28lui-même des élites
40:29je vais vous dire oui
40:30enfin dans mon cas
40:31c'est ça
40:32je me coupe des élites
40:33parce que
40:34nous avons eu droit
40:35à des fausses élites
40:36c'est ce que je disais
40:37tout à l'heure
40:38à votre
40:40interlocuteur
40:41à Emmanuel Galassot
40:43à Emmanuel
40:44à Emmanuel
40:45pardon
40:45heureusement qu'il est là
40:46Emmanuel
40:47mais oui
40:48mais oui
40:49il est essentiel
40:50mais en gros
40:52moi je vois ça
40:53comme dans un supermarché
40:54dans un supermarché
40:55vous avez
40:56un rayon
40:57avec une trentaine
40:58une quarantaine
40:59de produits
41:00là c'est le gouvernement
41:01c'est-à-dire
41:02tous les ministres
41:02et secrétaires d'état
41:04et vous avez
41:05des têtes de gondoles
41:06alors les têtes de gondoles
41:08on les connait
41:08c'est toujours
41:09les mêmes noms
41:10qui viennent d'ailleurs
41:10ils jouent aux chaises musicales
41:12on retrouve
41:13Darmanin
41:13on retrouve
41:16un certain nombre
41:18dont on connait les noms
41:19les autres
41:20de toute façon
41:21les autres
41:22ne sont plus sortis
41:23et n'émanent plus
41:24de l'ENA
41:25ou alors
41:26ce sont des copains
41:27de promotion
41:29d'ENA
41:29d'un certain Emmanuel
41:31d'accord
41:33donc
41:33ce sont des gens
41:35qu'on ne connait pas
41:35ou comme le disait
41:38l'auteur
41:38que vous interrogez
41:39ce sont des gens
41:43qui effectivement
41:43font partie d'un réseau
41:45alors issus
41:46des grandes écoles
41:47souvent
41:47effectivement
41:49donc qui se connaissent
41:50entre eux
41:50mais
41:51qui n'ont pas
41:52je veux dire
41:53qui n'ont pas
41:54d'exposition publique
41:56avant d'être nommé
41:57donc ce qui fait que
41:59moi vous me posez
41:59la question
42:00de savoir
42:01combien je connais
42:02de ministres
42:03dans le gouvernement
42:04actuel
42:05en dehors
42:06de Lecornu
42:07et d'Armanin
42:09et Nunez
42:11je ne vois pas
42:12constat
42:13constat
42:14constat très révélateur
42:14il nous reste vraiment
42:15très très peu de temps
42:16Eric Delbec
42:17on est bien d'accord
42:18quand on ne connait pas
42:18le nom de nos dirigeants
42:20c'est qu'on est
42:21un peu coupé
42:21un peu coupé
42:22un tout petit peu
42:23et puis là effectivement
42:24on ne connait plus du tout
42:25le nom des ministres
42:25à quelques exceptions près
42:27alors
42:27je recevais
42:28Eric Delbec
42:29je recommande
42:30je ne donne pas l'ordre
42:31de lire
42:32La trahison des élites
42:33par Eric Delbec
42:33aux éditions
42:34Robert Laffont
42:35en tout cas
42:36à tous les candidats
42:36lisez ce document
42:37ça vous éclairera
42:38sur votre candidature
42:39tous nos parlementaires
42:40j'allais dire
42:41tous les proviseurs
42:42et tout le monde
42:44que les français
42:44lisent ce livre
42:45La trahison des élites
42:46on comprend
42:47pourquoi ça va mal
42:48et surtout
42:48Eric Delbec
42:49ouvre des portes
42:50ça va très mal
42:50ils ont confisqué
42:51le pouvoir
42:52ils sont déconnectés
42:52pourtant il y a
42:53autant de solutions
42:54que l'on veut
42:55si la république
42:56retrouve ses valeurs
42:57et ça a raison
42:58et ça sera certainement
42:59l'objet d'un tome
43:00d'Eric Delbec
43:00je n'écarte pas
43:01de vous recevoir
43:01pour continuer
43:02à discuter
43:03parce que je pense
43:03que les dégâts
43:04qu'occasionnent
43:05les élites dans ce pays
43:06ne sont pas terminés
43:07et j'aurai encore
43:07certainement
43:08des questions
43:09à vous poser
43:09merci d'avoir été
43:10en direct
43:10sur une radio
43:12aujourd'hui
43:13Anissa
43:13c'est notre dernier jour
43:14de la semaine
43:14mais on se retrouve
43:16on se retrouve
43:17bien évidemment
43:17lundi
43:18on remercie également
43:20Jean-Louis Chilonski
43:21d'avoir été avec nous
43:22et d'avoir partagé
43:24sa position
43:25sur le risque
43:26de pénurie
43:26du carburant
43:27tout de suite
43:28on retrouve évidemment
43:29Brigitte La Haye
43:30qui reçoit une femme
43:31Catherine Aimley-Périssol
43:32une femme condamnée
43:34à se sentir seule
43:35à suivre
43:35c'est une autre forme
43:36d'élitisme
43:37à suivre
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