00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Toujours avec mes débatteurs Georges Fenech et Vincent Rouen.
00:07Alors je vous propose d'écouter pour commencer le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.
00:10Il s'est exprimé avant l'acte 3 contre la Vichère qui aura lieu demain.
00:14Nous enregistrons sur les réseaux sociaux de nombreux appels à rassemblements
00:19aux alentours de 20h, en tout cas dans la soirée on va dire,
00:23qui émanent donc de la mouvance d'ultra-gauche, l'extrême gauche radicalisée,
00:27de certains sites de gilets jaunes radicalisés.
00:29Avec des messages qui appellent à faire la révolution, à mettre en place l'insurrection,
00:34d'appels à commettre des pillages.
00:36Alors la mobilisation de ce samedi 31 octobre, ça coïncide avec Halloween,
00:40un contexte de menaces terroristes élevées.
00:42L'Intérieur promet un dispositif extrêmement robuste.
00:45Et alors on apprend à l'instant que la justice autorise le parcours
00:49de la manifestation parisienne déposée par la CGT qui relie Bastille à Nation.
00:54Initialement, évidemment, le ministère de l'Intérieur et notamment la préfecture de police
00:58avait interdit ce parcours, tout simplement parce que ce n'est pas une bonne stratégie
01:02d'être dans les centres-villes alors que la situation est aussi tendue que cela.
01:06Donc évidemment l'intersindicale avait voulu déposer un recours
01:09et manifestement c'est quelque chose qui a fonctionné.
01:11Initialement, il devait être entre la porte de Magnolet et la porte de Charenton.
01:14Et Georges Fenech, la justice vient d'autoriser le parcours de Bastille à Nation
01:18sur les points les plus chauds de la capitale.
01:20Écoutez, à cet instant, moi je pense à tous les commerçants
01:22qui ont déjà subi des dégâts absolument épouvantables
01:25et pour lesquels il va falloir, encore une fois, assumer un passage.
01:30Certes, d'un syndicat, CGT, l'intersyndicale,
01:33qui normalement ont des services d'ordre, assurent,
01:36mais on le sait depuis en tout cas le 17 octobre,
01:39vont s'infiltrer des casseurs, vont s'infiltrer des black blocs
01:43et nous risquons une journée absolument dramatique.
01:46Et je suis très, très, très surpris par cette décision
01:49qui vient censurer, qui vient infirmer la mesure de précaution
01:55qu'avait pris le préfet de Paris et le ministre de l'Intérieur.
01:58Je ne comprends pas cette décision.
01:59Surtout que Vincent Rang, on avait quand même commencé à voir
02:02que le samedi 24 octobre, quand précisément le cortège
02:05n'était pas au centre de Paris, qu'il était entre les portes,
02:08effectivement, sur le périphérique, on a vu à quel point ça a été efficace.
02:12C'est-à-dire que vous avez beaucoup de manifestants
02:13qui, du coup, n'étaient pas dans le centre de Paris,
02:14ce qui a rendu, peut-être pour les forces de l'ordre aussi,
02:16les dispersions beaucoup plus simples.
02:18Donc c'est vrai que de la part de la justice,
02:19c'est assez curieux comme décision.
02:21Il faut t'avouer que là, on se demande bien
02:23si, dans le cas précis qui nous occupe,
02:27si la justice administrative ne perd pas la tête.
02:29Puisque là, alors voilà que le principe de précaution,
02:32d'une certaine manière, s'appliquerait à géométrie variable.
02:38Là, on sent bien à la fois, et ça a été rappelé par le ministre de l'Intérieur,
02:43on sent bien que le danger est imminent,
02:45que les scènes que nous avons vues le 17 octobre
02:49peuvent se reproduire, c'est ce qu'il dit.
02:50Son entourage le dit, oui, absolument.
02:52Son entourage le dit.
02:53Et puis, la justice administrative dit,
02:55ben, pas grave, qu'à cela ne tienne,
02:57on peut défiler au milieu, au milieu même des commerçants.
03:03Bon, ça n'est pas sans poser un certain nombre de problèmes,
03:05même si on peut faire confiance, effectivement,
03:07à la CGT pour encadrer.
03:09Mais, ceci étant dit, la CGT n'est pas comptable,
03:13si j'ose dire, des black blocs
03:15qui peuvent se mêler au parcours,
03:18elles peuvent faire le maximum,
03:19mais comme on le répète à l'envie,
03:21ils sont très mobiles, ils se déplacent très vite.
03:23– Comme d'habitude, c'est la dispersion qui va poser problème.
03:25– Et c'est la dispersion qui posera problème.
03:27– Je suis curieux d'avoir les motivations de cette décision.
03:29– Absolument.
03:29– Parce que, que je sache, les juges administratifs
03:32n'ont pas accès directement eux-mêmes
03:34aux sources du renseignement.
03:36C'est le ministre de l'Intérieur
03:38qui connaît, effectivement, la vraie menace.
03:41Comment ont-ils motivé leur décision pour aller à l'encontre ?
03:44– J'ajoute quelque chose.
03:45Il faut quand même,
03:48les auditeurs qui nous écoutent
03:50doivent quand même se rendre compte,
03:52je parle de ceux qui nous écoutent
03:53depuis la province,
03:55de l'ambiance qu'il y a dans nos villes, maintenant.
03:58On se promène sur les boulevards
04:00en voyant les vitrines
04:03qui sont totalement barricadées.
04:08J'ai vu tout à l'heure une pharmacie
04:10totalement barricadée
04:11avec une grande pancarte sur la porte
04:12« Nous sommes ouverts ! »
04:14C'est-à-dire que c'est barricadé pour demain ?
04:15– Oui, c'est vrai, vous avez raison.
04:16Je l'ai vu aussi.
04:16– Vous l'avez vu aussi ?
04:17– C'est peut-être à côté de ce bâtiment.
04:18– Absolument.
04:19– Oui, vous avez raison.
04:20– Avec « Nous sommes ouverts ! »
04:21Non, mais ce sont des scènes.
04:22Alors, toute la semaine,
04:25on attend de savoir
04:26si on va pouvoir sortir
04:29faire des courses le samedi.
04:31Bon, ben là, on sait bien que demain,
04:32ce n'est pas la peine de sortir
04:34parce que c'est une prise de risque.
04:35Je pense aux touristes
04:37qui sont venus à Paris.
04:38Et puis maintenant,
04:40on va s'inquiéter non pas pour le week-end,
04:42mais on va s'inquiéter pour la semaine.
04:44Parce que jeudi,
04:46grève générale,
04:47et ça recommence.
04:49Donc, ça va être tous les jours.
04:50Je vous assure que dans nos villes,
04:54aujourd'hui,
04:55l'atmosphère est irrespirable.
04:57Donc, l'État ne nous protège plus les citoyens.
04:59Il ne protège pas les commerçants.
05:02On ne peut plus...
05:03– Donc, c'est la saison la plus importante.
05:05– C'est la saison la plus importante.
05:06Nous arrivons à Noël.
05:08Bon, pour les commerçants,
05:09c'est absolument dommageable.
05:11On leur propose d'ouvrir le dimanche.
05:12Enfin, écoutez,
05:13permettez-moi cette expression.
05:14Ce pays n'est plus tenu.
05:16C'est un bordel incommensurable.
05:17Et moi, j'ai beaucoup de témoignages
05:19de gens qui m'arrêtent dans la rue, etc.
05:21Les gens ont peur.
05:22– Bien sûr.
05:22– Maintenant, il y a une peur.
05:23– Et ce qui paraît assez fou,
05:24et si Georges Fenech,
05:25dans toute cette histoire,
05:26c'est que j'entendais Sébastien Ligné
05:27dire ça chez Elliot Deval ce matin
05:29sur Europe 1.
05:29Et c'est vrai,
05:30on a un peu l'impression
05:31qu'on a face à nous
05:31une catastrophe naturelle.
05:33Ça va, on est sur une plage,
05:34on voit le tsunami arriver,
05:35on le voit,
05:35on sait que ça va être
05:36un bazar sans nom,
05:37et on a l'impression
05:38d'être complètement impuissant.
05:40On sait que ça va s'abattre sur nous,
05:41et malheureusement,
05:42on n'a pas l'impression
05:42qu'on puisse y faire grand-chose,
05:43Georges Fenech.
05:44– Mais c'est la faillite de l'État, en fait.
05:47C'est la faillite d'une mission régalienne
05:50qui appartient à l'État,
05:52qui va même jusqu'à,
05:53on l'a entendu,
05:54le préfet de police de Paris,
05:55c'est vraiment consterné
05:57d'entendre cela,
05:58encourager les commerçants
05:59à se protéger eux-mêmes,
06:01à recruter des agents
06:02de sécurité privés.
06:03On voit bien que là…
06:04– Il n'a pas retiré ses propos,
06:05il a juste dit que c'était maladroit.
06:06– Oui, c'était une maladresse
06:08très fautive.
06:10Non, moi je pense,
06:11j'étais là ce matin
06:12avec Sébastien,
06:13effectivement,
06:13il a tout à fait raison,
06:15il y a une forme de fatalisme
06:17par rapport à un tsunami,
06:20ça peut se produire,
06:21là, il y a un tsunami de pilleurs
06:23qui va nous arriver,
06:24que voulez-vous qu'on y fasse ?
06:25On va essayer d'amoindrir le choc,
06:27c'est un peu ça qu'on l'entend
06:28derrière ces discours,
06:30et c'est inacceptable.
06:31Comment voulez-vous
06:32que les commerçants,
06:33les gens acceptent
06:33ce type de discours ?
06:34– Et ce qui paraît
06:35assez frustrant,
06:36Vincent Roy,
06:36je lisais Pierre Vermeerun
06:37dans le Figaro,
06:38l'historien Pierre Vermeerun
06:39dans le Figaro cette semaine,
06:40et en fait il dit
06:41l'État n'est pas faible,
06:43mais n'utilise pas
06:44toute la force
06:44dont il dispose.
06:45Donc en fait,
06:46c'est là où c'est
06:46encore plus frustrant,
06:47c'est qu'on a le sentiment
06:48d'une situation évitable,
06:49mais on fonce quand même
06:50dedans à la tête baissée.
06:51– Mais alors,
06:51quel est le but
06:52de l'opération
06:52s'il n'utilise pas
06:53toute la force ?
06:54Est-ce que la démocratie
06:57peut perdurer
07:01sans la force ?
07:02Là, on n'assiste pas.
07:05Lorsqu'on a vu
07:06les scènes du 17 octobre,
07:08on ne peut pas se dire
07:10dignement
07:10que nous sommes encore
07:11en démocratie.
07:12Ce n'est pas vrai.
07:13C'est la dictature.
07:15Les scènes que nous avons vécues
07:18signaient la dictature
07:20des minorités.
07:20Ce n'était pas une démocratie.
07:23La démocratie,
07:23elle ne peut fonctionner
07:24que si l'État est fort
07:26et que par conséquent,
07:27il montre que chacun,
07:28il impose,
07:29que chacun se respecte.
07:30– Deuxième responsabilité
07:33régalienne,
07:33au bout du bout,
07:34c'est la justice.
07:35– Bien sûr.
07:35– Et moi, je crois,
07:36me semble-t-il,
07:37pardonnez-moi de le dire
07:38aussi crûment,
07:39que ce qui s'est passé
07:40le 17 octobre
07:41n'a pas été vraiment
07:41sanctionné par la justice
07:43à la hauteur de la gravité
07:45de ce qu'on subit
07:46notamment physiquement
07:47dans leur intégrité physique.
07:48Les policiers
07:49et les normes,
07:50évidemment,
07:50en préjudice
07:51que subissent les commerçants.
07:52Donc, quand vous voyez
07:53ces jeunes,
07:53ils savent qu'ils ne risquent
07:54pas grand-chose.
07:55Finalement,
07:56peut-être quelques jours
07:57de garde à vue
07:58ou peut-être de l'emprisonnement
07:59avec sursis,
08:00eh bien,
08:01samedi,
08:01ça risque d'attirer
08:03l'open bar.
08:04Allons nous servir.
08:05– Ce qui paraît fou
08:06sur ce sujet,
08:07Georges,
08:07puisque vous le mentionnez,
08:08après le 17 octobre,
08:09il y avait un article
08:10dans le GDD
08:10très intéressant
08:11sur les disparités
08:13des condamnations
08:14qu'il y avait eues
08:14dans les comparutions immédiates.
08:16C'est-à-dire qu'entre les villes,
08:17selon les tribunaux,
08:18quand vous pillez un magasin
08:19à Paris,
08:20vous ne prenez pas
08:21la même peine
08:21que si vous pillez
08:22un magasin à Lyon.
08:23C'est-à-dire qu'en fait,
08:24ils avaient pris des peines
08:24très comparables,
08:25enfin, je veux dire,
08:25des actes très comparables.
08:26Et en fait,
08:27il y a parfois,
08:27vous avez des juges
08:28qui vont vous mettre
08:2910 mois de prison ferme
08:30et dans d'autres heures,
08:31100 heures de travail,
08:32de travaux d'intérêt général.
08:33C'est vrai que ça paraît fou ?
08:35D'abord,
08:37c'est une rupture d'égalité
08:38des citoyens
08:39et des délinquants,
08:40l'espèce,
08:40devant la justice.
08:41Suivant que vous êtes jugé
08:42à Paris,
08:43à Nantes,
08:44ou à Lyon,
08:44ou à Marseille,
08:45vous n'avez pas la même peine
08:46pour les mêmes faits.
08:46Ce qui montre bien
08:47qu'il n'y a plus
08:48de politique pénale
08:49dans ce pays,
08:50que le garde des Sceaux
08:51est privé d'instructions
08:52individuelles dans les dossiers,
08:53que les procureurs,
08:54finalement,
08:55font appel,
08:55comme le demande le garde des Sceaux,
08:57s'ils l'estiment
08:58eux-mêmes opportun.
08:59Chacun fait,
09:00moi je les appelle
09:01les procureurs,
09:01des Roitelais de la République,
09:03chacun fait sa politique pénale
09:04dans son coin.
09:05Et on a abouti
09:05à des disparités de jugement.
09:07Et Vincent Roi,
09:08rapidement,
09:08je voulais vous interroger aussi
09:09sur ce sujet.
09:10Je vous lis quelques phrases
09:11qu'on peut voir
09:11sur les réseaux sociaux
09:12en ce moment.
09:13Il y aura des clowns-tueurs
09:14contre les CRS,
09:15ça va être
09:15American Nightmare.
09:16Pensez même pas
09:17que la manifestation,
09:18ce sera de 14h jusqu'à 19h,
09:19les gars,
09:20ce sera toute la journée,
09:21toute la nuit.
09:21Vous voyez la purge,
09:22ce sera historique.
09:24Alors évidemment,
09:24le ministère de l'Intérieur,
09:25les renseignements,
09:26on est rivés sur les réseaux sociaux.
09:27Vous avez également
09:28l'avènement
09:28de nouvelles applications
09:29où on se rend compte
09:30que même sans Internet,
09:31ils peuvent communiquer entre eux.
09:32Et c'est vrai qu'en fait,
09:33on se dit
09:35est-ce qu'il y a des phénomènes
09:36de viralité numérique
09:37qui ne sont que du foin ?
09:38Ou alors en fait,
09:39comment vous transformez
09:40un phénomène de viralité numérique
09:41en une réalité de renseignement
09:43qui fait que ce sera
09:43le bazar demain ?
09:44Écoutez,
09:45vous voyez un phénomène
09:46que je m'explique assez peu,
09:47et vous avez bien raison Hélène
09:49de poser la question,
09:51c'est pourquoi un travail,
09:54à propos,
09:54je parle évidemment
09:55des casseurs,
09:58pourquoi un travail en amont
09:59n'est-il pas réalisé ?
10:00Regardez,
10:01vous voyez émerger
10:02sur les réseaux sociaux
10:03ce type,
10:04bon,
10:04on doit bien pouvoir
10:04retrouver des gens
10:05qui postent cela.
10:06On a l'expérience
10:07du 17 octobre,
10:09on a l'expérience
10:10du 24 octobre,
10:11on a des caméras,
10:12on a des...
10:12Alors on me dit,
10:13oui,
10:13ils sont masqués,
10:14c'est très difficile de repérer.
10:15Écoutez,
10:15on a une très bonne police,
10:17je pense que si l'on a
10:17la volonté,
10:18la volonté politique
10:22de vraiment
10:22de pointer
10:24ceux qui sont
10:24les plus dangereux
10:25et de les arrêter
10:26en amont
10:28de leurs exactions.
10:30Parce qu'il y avait eu
10:30un dispositif
10:31qui avait été prévu
10:32par la loi,
10:33justement pour
10:34empêcher ces gens-là
10:35de venir à la magistration,
10:36ça a été censuré
10:37par le Conseil constitutionnel.
10:38Donc,
10:39je vous redis,
10:41il y a donc là
10:42une volonté politique
10:44de ne pas
10:44les arrêter
10:45en amont.
10:45en tout cas,
10:46il y a une absence
10:47de volonté.
10:47Il va falloir
10:48prendre l'air,
10:49messieurs.
10:49Voilà, à tout le moins,
10:49une absence de volonté.
10:50Parce que ça peut régler
10:51quand même
10:51une grosse partie
10:53du problème.
10:53Et c'est comme ça
10:54qu'on règle le problème.
10:55Et donc,
10:55on peut se demander
10:56sans du tout
10:58avoir un esprit
10:59complotiste,
10:59loin de moi,
11:00cette idée,
11:01on ne cherche pas
11:01le chaos.
11:02Mais,
11:03pardonnez-moi,
11:04pardonnez-moi,
11:05mais 17,
11:0624,
11:0831,
11:095,
11:10qu'est-ce qu'on attend ?
11:11Vincent Roy,
11:12Georges Fenec,
11:13nous restons ensemble,
11:13nous allons ouvrir
11:14une page internationale,
11:15nous allons recevoir
11:16Myriam Shermer,
11:17journaliste politique
11:17et auteur de
11:18CNESET 2026,
11:19comprendre la politique
11:20israélienne
11:21aux éditions Herman.
11:22Nous allons parler
11:23de ces élections en Israël,
11:24essayer d'y voir
11:25un petit peu plus clair
11:25et nous reviendrons
11:26bien sûr en deuxième partie
11:28d'Europe un soir
11:28à partir de 19h
11:30sur justement
11:30ces émeutes
11:31et justement
11:32cette journée
11:32du 31 octobre
11:33qui s'avère cruciale.
11:34A tout de suite sur Europe 1.