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  • il y a 7 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Toujours avec mes débatteurs, Alexandre Malafaille, fondateur de l'Institut Sinopierre et Jules Thorez,
00:08journaliste politique au Journal du Dimanche.
00:11Pour la mobilisation de ce samedi 31 octobre, qui coïncide avec Halloween et un contexte de menaces terroristes élevées,
00:17l'Intérieur promet un dispositif extrêmement robuste.
00:20On parle de 70 000 forces de l'ordre dans tout le pays, soit exactement la même chose que la
00:24semaine dernière.
00:25Et on a appris en commençant cette émission qu'évidemment, le parcours qui devait se dérouler à Paris,
00:30entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, finalement, il est possible que ça se fasse entre Bastille
00:35et Nation.
00:36C'est justement le tribunal administratif qui vient de l'autoriser.
00:39Je rappelle que le ministre de l'Intérieur a fait appel de cette décision,
00:43simplement pour la simple et bonne raison Alexandre Malafaille, qu'en fait, c'est très dangereux.
00:47On l'a vu d'ailleurs, le 24 octobre, le fait que les cortèges ne se trouvaient pas en centre
00:51-ville,
00:51c'est quelque chose qui a fonctionné, c'est-à-dire que ça a prouvé ses preuves,
00:54notamment quand vous avez justement les manifestations qui commencent à se disperser.
00:57C'est quelque chose qui fonctionne.
00:58Et là, le tribunal administratif donne raison à la CGT et permettra peut-être, à ce moment-là,
01:04que le cortège soit à l'intérieur de Paris, surtout dans des points où on sait extrêmement chaud.
01:08C'est les points de rendez-vous, évidemment, de l'extrême gauche à chaque manifestation.
01:12Et alors, la dernière heure, Georges Fenech a fait un bon mot.
01:14Laurent Marcangeli, le député Horizon, voulait faire payer LFI pour les casses.
01:18Bon, ben là, il faut faire payer le tribunal administratif.
01:21Écoutez, les juges, ils jugent en droit, ils ne jugent pas en sécurité.
01:23Donc, ils regardent les textes, ils regardent la validité du recours et puis ils prennent leur décision.
01:28C'est vrai que c'est une décision qui est lourde.
01:31Si demain, ça ne se passe pas bien, elle retombera dessus.
01:34Ça, c'est très très clair.
01:36Après, les manifestations, quand elles sont organisées par les syndicats, généralement, sont mieux sécurisées.
01:43Il y a moins de risques.
01:43Ils se sont rarement fait déborder.
01:45Mais là, il y a un tel phénomène d'opportunité.
01:47Il y a tellement de gens qui, à un moment donné, ont envie d'en découdre,
01:52qu'évidemment, toutes les mobilisations, tous les rassemblements permettent à ceux qui veulent déraper de se fondre dans la masse.
01:59Et après, deuxièmement, il y a un problème qui est quand même très compliqué et que les juges n'ont
02:03pas pris en considération.
02:04C'est que les forces de police sont fatiguées.
02:07Elles sont usées.
02:08Que là, ça commence à faire longtemps qu'on les mobilise sur tous ces sujets.
02:12Et il n'y a pas que le 17 octobre qui est là.
02:14Donc, elles ont vraiment, si je peux dire, un poids de fatigue à gérer.
02:18Donc, ça, c'est un vrai point.
02:19Et donc, leur mettre ça en plus à supporter, ce n'est pas un cadeau.
02:22Le dernier point également, c'est que vous avez une problématique de rationalité.
02:27Vous prenez la décision aujourd'hui de dire, je t'autorise pour demain.
02:30Entre-temps, il y a encore un recours.
02:31Comment font les forces de l'ordre pour se préparer pour être là au bon moment ?
02:35C'est un niveau de désorganisation, de suivi.
02:37Enfin, je trouve ça totalement irrationnel.
02:39D'accord, les gens ont le droit de manifester.
02:41Mais à un moment donné, il faut avoir du bon sens.
02:43Même le recours de la CGT.
02:44Quel est l'intérêt symbolique d'être là plutôt que là ?
02:47Les images seront là, les caméras seront là, tout le monde verra le truc.
02:50Je pense qu'à un moment donné, il y a une volonté de personne ne veut rien céder.
02:53Tout ça est dans le symbole.
02:54Sauf que dans la vraie vie, c'est beaucoup plus compliqué.
02:56Je pense effectivement que le droit à la sécurité auquel aspirent les commerçants,
02:59les habitants, les parisiens, elle n'est pas prise en compte.
03:02Surtout qu'au-delà des manifestants, on l'avait déjà vu aussi le 17 octobre,
03:05vous avez plein de personnes qui vont venir,
03:07qui n'ont strictement rien à voir avec ce mouvement de la vie chère.
03:10C'est-à-dire qu'on voit des messages sur les réseaux sociaux.
03:11Il y aura des clowns tueurs contre des CRS.
03:14Ça va être American Nightmare.
03:15Pensez même pas que la manifestation, ce sera de 14h jusqu'à 19h, les gars.
03:19Ce sera toute la journée et toute la nuit.
03:20Ça va être historique.
03:21Donc évidemment, vous avez Beauvau, vous avez tous les renseignements
03:24qui ont le nez rivé sur ces réseaux sociaux
03:26pour essayer de détecter si c'est des phénomènes de viralité numérique
03:29ou quelque chose qui va vraiment arriver demain.
03:31Mais quand on voit l'ampleur qui se passe,
03:32toutes les affiches, c'est les ténèbres, etc.
03:34Bismillah, c'est les ténèbres, Elène.
03:36Bismillah, c'est les ténèbres.
03:37Vous rajoutez à ça les masques, les déguisements, l'alcool, l'euphorie,
03:40dont parle d'ailleurs le politologue Jérôme Fourquet.
03:43Vous avez quand même...
03:44C'est la raison pour laquelle Laurent Nunez est très inquiet pour demain.
03:48Bien sûr que le cocktail, il est évidemment explosif.
03:52Pour le coup, je pense que les policiers, ils savent déjà à quoi s'attendre.
03:55Ils savent déjà qu'ils vont en prendre plein la gueule.
03:56Ils savent déjà qu'ils vont en prendre plein la gueule comme le 17 octobre,
03:59comme le 24 octobre, comme le 31 octobre.
04:02Enfin, c'est pas être un oiseau de mauvaise augure que de dire ça.
04:04Mais même la semaine dernière que les commentateurs
04:07et que le ministère de l'Intérieur ont qualifié de journée globalement tranquille,
04:10globalement sous contrôle,
04:11je peux vous dire que dans les boucles de policiers,
04:13ça s'est changé des vidéos.
04:14Et évidemment que les policiers ont subi une journée absolument cataclysmique.
04:19276 forces de l'ordre blessé le 24 octobre.
04:20Exactement.
04:21Voilà ce que c'est une journée normale.
04:22Vous avez dit 274 policiers et gendarmes blessés.
04:25Voilà ce qu'est une journée normale dans notre superbe République française.
04:28Donc évidemment qu'eux, on sait très bien qu'ils vont vivre une journée cauchemar,
04:32que les commerçants entre Bastille et Nation vont vivre une journée cauchemar,
04:36ils le savent.
04:37La question n'est pas de savoir,
04:38est-ce qu'il va y avoir des commerces pillés,
04:40mais combien ça va leur coûter ?
04:41Parce que qu'est-ce que ça coûte une journée aujourd'hui,
04:43une journée normale, une journée basique, un week-end basique à des commerçants,
04:46même s'ils ne sont pas pillés,
04:47parce que vous avez un affaiblissement de la fréquentation,
04:51vous avez des commerces qui ferment,
04:53parce qu'évidemment ils n'ont pas envie.
04:55Ouvrir, c'est prendre le risque d'être pillés.
04:57Fermer, c'est prendre le risque d'être pillés.
04:59Donc voilà aujourd'hui la réponse politique qui est donnée.
05:01Alors évidemment, on mobilise 70 000 policiers et gendarmes de notre pays
05:04sur les 250 000 que l'on compte aujourd'hui en France.
05:06Évidemment, c'est un dispositif qui est massif.
05:08Encore ce week-end, on va recourir à des demandes qui sont des demandes légitimes,
05:14qui sont des demandes qui à un moment donné ne pourront pas fonctionner pendant des semaines.
05:17C'est-à-dire qu'on demande à des policiers de ne pas prendre leurs vacances,
05:20on demande à des policiers de ne pas prendre leurs jours de repos,
05:23on rappelle des policiers et des gendarmes qui devaient être ce week-end en formation.
05:27Donc voilà aujourd'hui le dispositif que le donne.
05:29Donc la question c'est, combien de temps ça va vous durer ?
05:32Parce que vous ne pouvez pas éternellement mettre 70 000 policiers et gendarmes sur le qui-vive.
05:38Vous ne pouvez pas le faire tous les week-ends, vous n'allez pas pouvoir le faire pendant des mois.
05:42Parce que d'abord, pendant les blocus lycéens, les policiers ont été sur le terrain tout le temps,
05:48pendant trois semaines en permanence.
05:50Donc là aussi, à un moment donné, ils ont le droit à du repos, ils ont le droit à des
05:52vacances.
05:53Ce n'est pas possible aussi de maintenir un tel niveau de violence.
05:56Donc je comprends que le tribunal administratif, qui en effet, juge en droit, autorise cette manifestation.
06:02La question, c'est pourquoi faire ?
06:04Quel est l'intérêt aujourd'hui de cette manifestation ?
06:06Moi j'entends bien qu'il y ait des revendications contre l'extrême droite, contre la vie chère,
06:10contre le fait de dire que l'islamisme attrape.
06:12C'est quelque chose qu'on en va entendre et qu'on continuera d'entendre.
06:15Mais je ne vois pas bien le bénéfice politique, le bénéfice syndical aujourd'hui de la CGT.
06:20Il y a le 5 novembre, donc encore une fois, et vous avez dit, c'était un point très intéressant,
06:25sur les opportunistes, parce que moi je veux bien qu'on attende entre 100 et 150 000 manifestants,
06:29mais il y a en effet tous les opportunistes, ceux qui veulent juste taper du flic,
06:31les éléments radicaux, ceux qui veulent piller, ceux qui arriveront plus tard.
06:35Et j'ai, alors c'est des informations que moi j'ai en ma possession,
06:39qui m'ont été données par des policiers.
06:41A priori, à Paris ça va plutôt bien se passer, parce que le dispositif il est massif.
06:44Mais il y a une immense inquiétude sur les villes moyennes, sur les villes moyennes supérieures.
06:50On parlait de Limoges, dont la mairie a été complètement saccagée et complètement brûlée.
06:54Trop petite pour bénéficier des renforts nationaux, mais d'assez grande pour quand même avoir des éléments radicaux en leur
06:59sein.

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