00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Vous écoutez Europe 1, il est 19h47, toujours avec mes débatteurs,
00:07Alexandre Malafaille, fondateur de l'Institut Sinopier,
00:10ainsi que Jules Thorez, journaliste politique au JDD.
00:12On va parler de la violence, du climat ambiant,
00:15notamment contre certaines personnalités politiques,
00:17contre certains médias.
00:19Petit palmarès de ce qui s'est passé en seulement une semaine.
00:22Élodie Huchard, journaliste à CNews,
00:24a été virée d'une réunion à l'Assemblée nationale.
00:26C'était le maire de Trappes, Ali Rabey, qui la présidait.
00:30Alors évidemment, on va parler de Trappes,
00:31évidemment de cet attentat raciste, dans un instant.
00:33Mais je continue ce petit palmarès.
00:34Christine Kelly a dénoncé les attaques de RMC à son encontre.
00:38Elle a dénoncé une chronique de l'humoriste Arnaud Demanche sur RMC,
00:41qui a caricaturé son accent et sa façon de parler.
00:45Vous avez également Jordan Florentin, journaliste à frontières,
00:47qui a été violemment agressée, insultée de nazis.
00:50Un homme lui dit, si on était dans un autre pays, je te ferais du mal.
00:53On entend des BFM assassins, des CNews assassins dans la rue.
00:57La boîte de Pandore, on a un petit peu ce sentiment-là, c'est quand même ouverte.
01:00C'est-à-dire qu'avant, vous aviez des attaques sur des médias très ciblés, frontières.
01:04Je me permets d'ailleurs de préciser que la raison pour laquelle
01:06Éric Tecner n'était pas là sur Europe 1 ce soir,
01:08c'est parce qu'il avait organisé en Bretagne ce week-end
01:11une dédicace, notamment pour le livre de Sarah Knafow.
01:13Et on a appris il y a quelques minutes que sa dédicace n'a pas pu se faire.
01:16Simplement parce qu'il y a 2000 antifas
01:18qui veulent se rendre dans cette brasserie en Bretagne.
01:20Donc tout simplement, il a dû faire face, il a dû annuler l'événement,
01:23prévenir tout le monde.
01:25C'est vrai qu'on a le sentiment quand même, Jules Torres,
01:27que la boîte de Pandore s'ouvre.
01:28C'est-à-dire que d'abord, c'était frontière.
01:29Ensuite, il commence à grappiller sur ses news
01:31avec cette exclusion à l'Assemblée Nationale cette semaine.
01:33On est passé à BFM TV avec des BFM assassins.
01:37Il y a également un reportage de Laurent Delahousse
01:38qui avait été fait sur les violences du 17 octobre.
01:40Très bon reportage qui montrait une chose,
01:42il n'y a pas de commentaire, juste il montrait la réalité
01:44de ce qui s'est passé le 17 octobre.
01:46Et vous avez tout de suite les syndicats à France Télévisions
01:48qui deviennent absolument fous.
01:50Et vous avez évidemment, sans parler, des Benjamin Lucas,
01:52Jad et Yannick Jadot qui veulent tout simplement faire fermer
01:54des groupes de presse.
01:55On a ouvert une boîte de Pandore, Jules Torres.
01:56Non mais la boîte de Pandore, elle est évidemment grande ouverte.
01:59Tous les coups sont permis.
02:00Et on a atteint un niveau de violence dans cette élection présidentielle
02:03qu'on savait violente.
02:06On savait que ce serait l'élection présidentielle la plus violente.
02:08On ne savait pas que ce serait notamment le cas sur les médias.
02:11Et on ne savait pas que ça arriverait dès le mois d'octobre.
02:13C'est-à-dire que le niveau de haine, le niveau d'insulte qu'on voit dans les médias
02:18depuis maintenant une semaine est quelque chose de gravissime.
02:20Avec en effet des journalistes qui sont ciblés.
02:23Ça, ce n'est pas nouveau.
02:24Il n'y a que les néophytes qui voient qu'il y a de la violence aujourd'hui dans les
02:29médias.
02:30Je vous rappelle que pendant les blocus lycéens,
02:32il y a des journalistes qui ont été empêchés de faire leur travail.
02:33Des journalistes de CNew, des journalistes de 100% Frontières,
02:36des journalistes de BFM si vous pouvez être un petit peu honnête intellectuellement.
02:39Et heureusement qu'on est là pour l'être parce que nos confrères ne le sont pas.
02:41Et ensuite vous avez en effet un aspect très institutionnel qui est extrêmement inquiétant
02:47qui est qu'on a des élus de la République qui appellent en effet à la suppression de médias.
02:53Jean-Luc Mélenchon l'a fait.
02:54Alors Jean-Luc Mélenchon n'est plus élu mais je vous rappelle qu'il représente
02:57plusieurs millions d'électeurs que Jean-Luc Mélenchon a appelé à démanteler le groupe
03:01dans lequel moi j'officie, c'est-à-dire le groupe Bolloré
03:03où il y a CNews, où il y a Européen, où il y a le journal du dimanche
03:06avec évidemment Frontières et l'Infiltré, à le démanteler,
03:09à s'en prendre à des journalistes qu'ils considèrent et qu'ils qualifient de raccrevés
03:14et de moustiques à éradiquer.
03:16Qu'on a en effet des élus, et là pour le coup c'est pas des insoumis,
03:20c'est des écologistes.
03:21Benjamin Lucas en l'occurrence, qui en effet a demandé cette semaine à Yael Brun-Pivet
03:25d'interdire les médias du groupe Bolloré de l'Assemblée Nationale.
03:29Yannick Jadot qui fut ancien candidat déchu, si je puis dire, à l'élection présidentielle
03:34qui dit là aujourd'hui qu'il faut fermer CNews.
03:36C'est marrant, c'est que des écologistes.
03:37C'est des écologistes qui sont dans le pas de la France insoumise,
03:39évidemment ils taupent quand il y a des élections,
03:41même quand on n'est pas en période d'élection, les isolats civiles y vont.
03:45Donc c'est un climat extrêmement inquiétant, qui pourra avoir des conséquences,
03:48et je vous le dis, il pourra y avoir quelque chose d'extrêmement grave
03:50dans les prochaines semaines.
03:51Alexandre Malafaille, quel regard vous portez justement sur toute cette violence
03:56qui a été également aussi vraiment doublée, on va dire,
04:00après l'attentat terroriste évidemment à Trappes.
04:03On va y revenir bien sûr, mais c'est vrai qu'on a le sentiment aussi
04:06qu'aujourd'hui on ne peut plus par exemple dénoncer l'islamisme
04:09dans une ville comme Trappes, c'est pas possible,
04:10parce qu'en fait sinon on va vous imputer en fait ce qui s'est passé,
04:13alors que ce qui s'est passé c'est absolument ignoble,
04:15et en fait ça va être de votre faute, donc ça va être de la faute de certains médias.
04:17Il y a également des violences aussi, notamment des partis comme Reconquête,
04:21des partis comme le Rassemblement National, qui sont assez dingues.
04:24C'est-à-dire qu'hier soir on assiste à une scène sur BFM TV
04:27où Julien Audoux l'a dû quitter le plateau,
04:29parce que vous avez en face une ancienne syndicaliste lycéenne
04:31qui vous explique que le RN ça doit être un parti mort.
04:34Vous avez Sarah Knafo sur le service public,
04:36Simon Lebaron, journaliste en face d'elle, qui lui dit
04:38on est là pour parler de la responsabilité de votre parti
04:41dans ce qui s'est passé à Trappes.
04:43La phrase est folle quand même, on a évidemment Le Monde aussi
04:45qui publie des fake news sur le Rassemblement National.
04:47Encore une fois, on sait très bien ce qu'il cherche dans un but
04:50d'imputer ce qui s'est passé à Trappes au Rassemblement National.
04:52Donc est-ce que aussi vous pensez que la campagne présidentielle
04:55va pouvoir se dérouler dans des conditions normales ?
04:58Est-ce qu'on va pouvoir parler aussi à un moment donné un peu du fond ?
05:00Ou on va tous mutuellement s'invectiver pendant des mois ?
05:03C'est vrai que ça paraît fou.
05:04La réponse est non, ça ne va pas bien se passer.
05:06Ça commence mal et ça ne va pas aller en s'arrangeant.
05:08Le problème c'est que vous avez un microcosme,
05:10je parle bien d'un microcosme très parisien,
05:13qui s'est complètement emballé,
05:15qui se lâche complètement sur toutes ces questions,
05:18qui fabrique une espèce de peur hystérique,
05:20d'un pseudo-retour du fascisme,
05:22avec le fait qu'on est en effet une candidate,
05:25Marine Le Pen, qui est à un score très élevé,
05:27et qui entretient derrière ça un état d'esprit absolument dramatique
05:30en termes de violence.
05:32Et en effet, la question qu'on peut se poser,
05:33c'est est-ce que ces gens sont conscients
05:35de ce qu'ils sont en train de faire ?
05:36Ils sont véritablement en train de mettre le feu
05:39à des consciences, à des milliers de consciences,
05:42à des centaines de milliers de consciences,
05:43qui vont avoir légitimement peur,
05:46en entendant ce qu'on est en train de leur raconter,
05:47que peut-être effectivement le retour du fascisme est là.
05:50Et ça, ça va laisser des traces extrêmement profondes,
05:52d'abord dans cette campagne,
05:53et ensuite on verra les échéances qui vont arriver,
05:56et le résultat des urnes,
05:58mais on peut imaginer ce que ça va donner
06:00en termes de comportement dans les rues,
06:03une fois que des dirigeants seront élus.
06:06Il y a un niveau d'affrontement qu'on n'a jamais vu.
06:09À ce niveau-là, on rentre vraiment en terre inconnue.
06:13Et donc moi je suis très très occupé pour le pays,
06:14parce que je le redis, c'est un microcosme qui entretient ça,
06:17qui fait ça à dessein.
06:19Et ce microcosme-là, il va nous entraîner dans un schéma
06:22qui peut, je ne veux pas gérer jouer les cassandres,
06:25ou les choses aux mauvais augures,
06:26mais ça sent quand même un climat de guerre civile,
06:30quand on voit ce qui s'est passé ces dernières semaines
06:31avec les différentes manifestations et les débordements
06:33qui ont eu lieu.
06:34On n'a jamais vu qu'on casse 3, 4, 5 mille commerçants
06:36comme ça sur l'espace d'un week-end.
06:38On n'a jamais mis le feu à un bâtiment public
06:40comme on l'a vu à Limoges.
06:41Il y a quelque chose de pré-insurrectionnel
06:43qui est très préoccupant et devant lequel, malheureusement,
06:46il n'y a pas unanimité de la classe politique aux affaires,
06:48de droite comme de gauche,
06:50pour prendre une position commune.
06:51Chacun a sa lecture de la situation,
06:53chacun va interpréter pour dire
06:55« oui mais non »,
06:56chacun va trouver des excuses,
06:57ou chacun va remettre de l'huile sur le feu pour accuser,
06:59et on ne s'en sort pas.
07:01Et ça, c'est que le début.
07:02Et je trouve que, voilà, pour la cohésion nationale,
07:04qui est quand même un sujet majeur,
07:05enfin on ne fait pas une nation en divisant son peuple
07:07et on le fracturera à ce point-là.
07:08Or c'est ce qui est en train de se passer,
07:10mais c'est fait à dessein, malheureusement.
07:11C'est-à-dire que ceux qui font ça ont un objectif,
07:14et je pense qu'on va le payer, malheureusement,
07:16sur un plan social très cher,
07:17et on aura du mal à retisser les liens, en fait,
07:19de la relation de l'un à l'autre,
07:20parce qu'on va apprendre à se détester tellement les uns les autres,
07:23en fonction de si on n'est pas...
07:25– On le déteste déjà ces gens.
07:26– Oui, oui, mais tout le monde.
07:27De toute façon, tout le monde est en train de détester,
07:29tout le monde est de manière accrue.
07:30Donc ça ne peut, en théorie, que mal finir.
07:32– Merci.
07:32– Merci.
07:32– Merci.