00:00François Pirard, Alexandre Malafaille a raison de pointer cette histoire de calendrier les chiffres dont on parlait sur le PIB,
00:05sur la croissance, sur le chômage.
00:07Ils s'arrêtent fin septembre, donc bien avant les pièges du 17 octobre, bien avant aussi ceux qui pourraient survenir
00:12demain.
00:13Les dégâts, en tout cas coûts directs, étaient estimés à plus d'un milliard, 5 selon Marc Toitier la semaine
00:18dernière.
00:18On parle seulement des coûts directs, vous avez évidemment les coûts indirects et sans parler évidemment de l'augmentation de
00:23la défiance évidemment de la France.
00:26Donc en termes d'investissement, ça va être une catastrophe. Est-ce que vous, vous pensez qu'il faut s
00:30'attendre maintenant à un quatrième trimestre qui sera encore plus mauvais que le troisième ?
00:34C'est difficile à dire. Là, le consensus des analystes était plutôt qu'il y aurait une très légère croissance
00:39au troisième trimestre.
00:41Ah bon ?
00:41Et on se retrouve avec...
00:43C'est en fermant les coémarçants qu'ils sont de ça ?
00:45On se retrouve avec, au troisième trimestre, une création de richesses en recul. Donc je ne me risquerais pas à
00:53faire un pronostic.
00:54Même Roland Lescur dit lui-même que l'économie est à l'arrêt.
00:56Mais en tout cas, ce qui me semble à peu près certain, c'est qu'on n'aura pas un
01:00rebond de la croissance au dernier trimestre.
01:02On se situera peut-être à plus 0,1, peut-être à moins 0,1 à nouveau.
01:07Mais il ne faut pas s'attendre à un plus 0,5.
01:09Et pourquoi c'est important ? Pourquoi c'est grave ?
01:12Déjà parce qu'une économie qui n'est pas dynamique, ce sont des salaires qui ne sont pas dynamiques, c
01:17'est du pouvoir d'achat qui n'est pas dynamique.
01:18Mais aussi parce que là, on va de nouveau dans un mur qui est le mur de la prise de
01:23conscience.
01:23Parce qu'on a Bercy, qui prévoit en ce moment le budget pour 2027.
01:29Le budget pour 2027, dans les hypothèses de croissance, ce n'est pas 0%.
01:32Ce n'est pas 0,6% comme dans les prévisions de Goldman Sachs ou de DNG.
01:37C'est 1% de croissance sur l'année.
01:41On aimerait quand même pouvoir espérer 1% de croissance.
01:44Mais aujourd'hui, on ne les voit pas ces 1% de croissance.
01:47Or, c'est là-dessus qu'on est en train de discuter le budget à l'Assemblée.
01:51Donc il y a quand même un choc de réalisme à avoir dans ce pays.
01:54Parce que si on continue comme ça, on va dans le mur, mais on va dans le mur à l
01:58'aveugle.
01:58On ne le verra même pas arriver.
02:00Jules Torres.
02:00Non mais le mur, évidemment que les Français le voient arriver.
02:03Est-ce que vous, quand vous regardez les programmes fictifs des candidats à l'élection présidentielle,
02:06parce que tout à l'heure, avec Alexandre, vous parliez de majorité.
02:10Mais certes, qu'il y ait une majorité, c'est très bien.
02:12Mais si Jean-Luc Mélenchon a une majorité, vous allez avoir 200 milliards d'euros d'imposition.
02:16En plus, dans le pays qui est déjà le plus taxé.
02:18Est-ce que vous voyez une proposition dans cette campagne présidentielle intéressante, non mensongère,
02:26sur la baisse de la dépense publique, sur la baisse des prélèvements obligatoires
02:30dans un pays qui, objectivement, n'a de propositions présidentielles
02:34que des propositions socialistes ou sous-socialistes,
02:37dans le sens où certains proposent de baisser le budget de l'État,
02:40certains proposent de s'en prendre à la dépense publique,
02:42mais personne ne veut drastiquement baisser le niveau de prélèvement obligatoire
02:45dans les candidats à l'élection présidentielle.
02:47François Pira.
02:48Alors, c'est vrai qu'à ce stade, on n'a pas encore des programmes très détaillés,
02:51mesure par mesure, des différents prétendants.
02:53Non, on a les grandes lignes.
02:55Prétendants, mais on a les grandes lignes.
02:57Et peut-être qu'au lieu d'une mesure précise,
03:01ce qui attire mon attention, et qui est plutôt positif pour une fois,
03:06plutôt une bonne nouvelle, c'est qu'on a dans l'ensemble des discours politiques
03:10un poids important accordé à la reprise en main de nos comptes publics.
03:14Alors certains, hélas, souhaitent le faire par l'augmentation de la pression fiscale,
03:19mais de manière générale, et par exemple, on l'avait vu dans le contre-budget du RN,
03:23l'objectif affiché de plus de 140 milliards d'euros d'économie,
03:28si je me souviens bien, va dans le bon sens.
03:30Ce n'est pas un discours auquel on était habitué il y a encore cinq ans,
03:34lors de la présidentielle de 2022, ou lors de la présidentielle de 2017.
03:39En 2017, souvenez-vous, François Fillon était bien seul
03:42à se démener sur les sujets de déficit public et d'endettement.
03:46Aujourd'hui, ce n'est plus un sujet qui appartient à un camp politique.
03:49Chacun s'en empare, et même du côté de la France insoumise,
03:55à part l'annulation d'une partie de la dette,
03:58mais uniquement celle qui est détenue par la Banque de France,
04:00on est sur des solutions qui visent une réduction de la dette publique,
04:04ou en tout cas une stabilisation de la dette publique,
04:06et un assainissement des comptes publics.
04:07Après, dans la mise en œuvre, on n'y est peut-être pas encore.
04:11François Pierard, je voulais vous faire réagir à cette petite phrase de Roland Lescure,
04:14qui a déclenché une polémique en affirmant que la taxe sur le carburant
04:17ne l'empêchait pas de dormir en pleine flambée du prix du gazole.
04:21Fin septembre, je rappelle que notre ministre de l'économie estimait déjà
04:23qu'à 2000 euros par mois, on vivait correctement.
04:25Il a reconnu une phrase malheureuse.
04:28Est-ce que ces sorties traduisent un mépris des Français ?
04:30Est-ce qu'on se rend compte qu'en fait, on n'a peut-être pas le bon pilote à
04:33Bercy,
04:34avec tous ces chiffres absolument catastrophiques ?
04:36Alors, il y a peut-être une certaine déconnexion.
04:39Il y a peut-être aussi eu un moment de fatigue du côté du ministre,
04:44qui d'ailleurs a regretté ses propos et a présenté ses excuses.
04:47Mais il a bien fait de les présenter, parce que ce sont des propos qui sont choquants.
04:51Comment on peut dire un truc pareil ?
04:53Et puis, en tant que ministre de l'économie, il devrait le savoir.
04:56La France est un pays qui est très taxé, y compris sur les carburants.
05:00La France est le cinquième pays de l'Union européenne,
05:02avec les taxes les plus élevées sur le carburant.
05:04Si on prend un automobiliste qui fait 30 km aller, 30 km retour tous les jours pour aller à son
05:10travail,
05:11au total, il va payer 900 euros par an de taxes sur les carburants.
05:15900 euros par an.
05:16Vous imaginez, si c'est une personne qui gagne 1500 euros par mois,
05:19c'est plus que deux semaines de travail qui partent en taxes sur les carburants.
05:23Et évidemment que pour une personne qui gagne 1500 euros par mois,
05:26900 euros, bah oui, lui, cette personne-là n'en dort pas.
05:29Oui, bien sûr. Un grand merci François Pirard, fondateur de l'Observatoire Hexagone,
05:33d'être venu dans Europe 1 avec Jules Torres et Alexandre Malafaille.
05:36On continuera à parler comme en première heure de ce qu'il va se passer demain,
05:39la journée du 31 octobre.
05:41On parlera également de cette fameuse taxe émeute.
05:44A tout de suite sur Europe 1.
05:45Sous-titrage Société Radio-Canada