00:00Jean-Michel Salvatore, Éric Level, c'est vrai que c'est des histoires de dingue.
00:03Et moi, je pense à tous ces commerçants, à toutes les personnes qui ont été impactées,
00:07où ils vont attendre les assurances, il va falloir remplir les formulaires,
00:11il va falloir faire ci, il va falloir faire ça.
00:13Et en fait, au chemin de croix économique, notamment,
00:16qui attendent toutes ces personnes-là pour reconstruire.
00:18On sait qu'une vitrine, ce n'est pas des milliers d'euros.
00:20Ça va être un chemin de croix pour tellement de monde.
00:23Et les élus locaux, évidemment, aussi en première ligne.
00:25Oui, c'est vrai que ce qui est exaspérant, c'est que quand un drame comme ça se produit,
00:29on voit les ministres accourir avec tout un tas de gens autour,
00:36à faire des promesses, à faire des grandes déclarations, la main sur le cœur.
00:40Et puis finalement, les choses traînent, ça s'enlise.
00:45Et si on n'a pas la tenacité de Didier Gonzales, finalement, il ne se passe rien.
00:52Donc, c'est ça qui est absolument exaspérant, si vous voulez.
00:55C'est cette espèce d'attrait pour l'effet d'annonce devant les caméras.
00:59Et puis, en fait, il ne se passe rien.
01:01Et ça, je pense que ça fait partie des choses qui exaspèrent les Français.
01:03Et donc, Éric Revelle, maintenant, si vous êtes un commerçant, si vous êtes un élu local,
01:07ce qu'il faut, c'est aller dans les médias.
01:08C'est le seul truc qui fait avancer les dossiers.
01:09Oui, quand on écoute le maire, c'est exactement ça.
01:12Alors, vous ne nous en veuillez pas trop, j'espère, on riait un peu nerveusement avec Jean-Michel.
01:15Oui, mais bien sûr, j'ai raison.
01:17Parce que devant les méandres administratos, technico, berciennes...
01:21C'est un dingue, quoi.
01:22Mais il faut arrêter de rire, parce que je rappelle quand même que le fonds émeute,
01:25il est alimenté par les assureurs, et que les assureurs répercutent sur le prime de nos assurances,
01:33l'alimentation en partie de ce fonds émeute.
01:35Ça veut dire que vous avez des émeutiers qui vont brûler une mairie,
01:39qui vont détruire des commerces.
01:40On fait appel au fonds émeute, qui est fourni en partie par qui ?
01:45Par les bons contribuables que nous sommes.
01:46Voilà, c'est ça la France.
01:48Et Eric Revelle, vous avez la parole, je vous propose de la garder.
01:50Quand on voit ce qui s'est passé, donc là sortons du côté élu local, collectivité locale.
01:54Moi, je vais parler des commerçants, on en parlera évidemment après la pause aussi,
01:57mais les planches de bois sur les vitrines, les rideaux baissés,
02:00les logos masqués pour décourager les pires.
02:02C'est vrai qu'aujourd'hui, dans la ville de Paris, en l'occurrence,
02:04tout était absolument barricadé.
02:06Et je sais qu'ailleurs en France, c'était évidemment le cas aussi.
02:08On était vraiment dans une situation pré-apocalyptique, on s'attendait au pire.
02:12Combien de temps un commerçant peut-il tenir dans ces conditions-là ?
02:15On sait que c'est Noël dans pas très longtemps.
02:17C'est-à-dire, c'est pas possible.
02:18Si rien que par principe, vous fermez, là, on sait, le 31 octobre, c'est déjà aussi reprévu.
02:23L'intersyndicale le 5 novembre, c'est déjà prévu.
02:25Donc vous avez tellement de commerçants qui vont fermer,
02:27qui vont perdre un chiffre d'affaires énorme.
02:29Vous avez raison, c'est la deuxième lame, ou la seconde lame, si on est optimiste.
02:34Parce qu'en réalité, les commerces qui ont été détruits ont vu leurs stocks pillés.
02:40Mais aujourd'hui, ils étaient fermés.
02:42Pourquoi ? Parce que les gens, les touristes, ou les gens qui font d'habitude leurs emplettes,
02:46avaient un peu la trouille, on les comprend, d'aller dans ces commerces.
02:50Donc là, en fait, ils sont en train de subir une perte d'exploitation.
02:52C'est ça.
02:53Une perte d'exploitation.
02:54Donc, vous ajoutez ce qui s'est passé le week-end dernier,
02:56ces émeutes, ces pillages,
02:59vous rajoutez la perte d'exploitation de ces gens
03:01qui, parfois, ont emprunté pour acheter leurs stocks,
03:04donc qui sont les commerçants dans une situation apocalyptique.
03:08Et puis, puisqu'il faut aussi avoir une vision un peu macroéconomique des choses,
03:13c'est que tout ça, ma chère Hélène, ça va se répercuter
03:15sur notre croissance, qui est extrêmement faible.
03:17Oui, déjà, c'était déjà assez compliqué comme ça.
03:19On est à 0,4%.
03:20Donc là, si vous avez tout le petit commerce qui est en botte dans les grandes villes,
03:24c'est des pouillèmes de croissance en moins,
03:26donc c'est encore des recettes fiscales pour l'État en moins.
03:29Donc, j'ai envie de dire à M. Lecornu,
03:30votre budget à 54 milliards d'euros,
03:32que vous ferez peut-être passer par ordonnance,
03:34en réalité, il est déjà caduque
03:35parce qu'il vous manque plus de recettes financières, fiscales,
03:38que vous l'imaginiez.
03:39Ça va être compliqué.
03:40Jean-Michel Salvatore et Éric Revelle,
03:42on se retrouve dans un instant.
03:43Nous parlerons, évidemment,
03:44nous ferons le bilan de cette journée du 24 octobre
03:47qui s'est avérée moins violente que celle du 17,
03:49même si, attention, il n'est que 19h42.
03:52La journée n'est pas encore terminée.
03:53On parlera également des commerçants
03:55et d'une proposition de Gérald Darmanin.
03:57A tout de suite sur Europe 1.