00:00Par l'aide de la France Insoumise, M. Bagayoko, qui aujourd'hui a été place de la Bastille,
00:04a demandé à Emmanuel Macron de présenter ses excuses aux parents des lycéens blessés.
00:10Nos lycéens ont été blessés, nos enfants ont été blessés.
00:12Et si le président de la République pouvait poser un acte,
00:15et cet acte en réalité, il n'existe pas des milliards, il existe juste de l'humanisme.
00:19Juste président de la République de présenter ses excuses aux familles dont les enfants étaient blessés.
00:24Juste ça. Même ça, visiblement, il est en incapacité de le faire.
00:28Alors vous imaginez qu'elle va être la difficulté pour lui d'avoir des propositions.
00:32Et donc c'est la raison pour laquelle nous sommes ici,
00:34pour réaffirmer le fait que, quelle que soit l'issue de cette mobilisation,
00:38elle sera victorieuse pour ses lycéens.
00:40Qu'est-ce que vous répondez au maire de Saint-Denis ?
00:41Je dis qu'il fait de la provocation.
00:43Voilà M. Bagayoko, depuis le début de cette crise, depuis le début de ce mouvement,
00:48il est là pour se promener, provoquer, inciter, souffler sur les braises.
00:54Légitimer la violence, c'est ce qu'il a fait devant le lycée.
00:57Vous avez raison. Et aujourd'hui, il demande des excuses.
00:59Il y a un moment où ça suffit.
01:01Donc la France insoumise, ça suffit.
01:03Vous dites ça suffit, mais on arrête comment ?
01:06On arrête de deux façons.
01:08Un, en essayant de calmer les choses.
01:10Deux, en répondant aux demandes qui sont concrètes et exprimées.
01:14Mais là, il y a deux interlocuteurs.
01:14C'est précisément la question de Catherine.
01:15Comment est-ce qu'on fait pour arrêter les choses ?
01:17Il est où le choc d'autorité qui est demandé ?
01:19Mais je ne sais pas si c'est un choc d'autorité ou si c'est un choc d'écoute.
01:22Moi, je pense que c'est plutôt un choc d'écoute.
01:23Ça veut dire que vous avez deux interlocuteurs, l'État et le ministre de l'Éducation,
01:28va s'exprimer, je crois, ce soir à la télévision,
01:30où il faut qu'on réponde aux questions qui sont de son ressort.
01:33Quand il n'y a pas de remplaçant d'un prof, c'est un problème.
01:35Moi, je l'ai vécu.
01:36Je suis maire, j'ai un lycée chez moi, je sais très bien comment ça se passe.
01:40Les profs, les parents, viennent voir le maire et demandent un soutien.
01:43On essaie de trouver des solutions avec le rectorat.
01:45Et c'est difficile de trouver des profs.
01:46Absolument, c'est loin d'être simple.
01:48Mais il faut apporter des réponses.
01:49Et peut-être dans certains banlieus encore plus.
01:50C'est possible, oui, tout à fait, bien sûr, je le sais.
01:52Mais vous savez, en milieu rural, ce n'est pas plus facile non plus.
01:56Et puis deuxièmement, vous avez des réponses qui sont très pratiques
01:59et qui sont à l'aide du ressort des conseils régionaux.
02:01Parce que je rappelle que ce sont les conseils régionaux
02:03qui sont depuis des décennies en charge de l'entretien,
02:06de la construction, de la rénovation des lycées.
02:08Je pense qu'il y a eu un énorme travail qui a été fait.
02:11Beaucoup d'argent dépensé, déjà.
02:12Je vois ma région, je suis dans l'opposition dans ma région,
02:14mais je le reconnais.
02:16Il y a eu un énorme travail qui a été fait en région Centre-Val-de-Loire.
02:18Je sais que c'est la même chose en région Île-de-France.
02:20Mais il reste évidemment des tas de choses à faire encore.
02:22Donc il faut apporter des réponses concrètes aux urgences, tout de suite.
02:26Et puis continuer à expliquer comment on va faire les choses
02:29de façon plus structurelle dans le moyen terme.
02:31Moi, ce qui me frappe dans cette crise, c'est l'irrationalité de cette crise.
02:35C'est ça qui est assez saisissant.
02:36Et quand Catherine dit comment l'arrêter, on ne sait pas trop comment l'arrêter.
02:40Parce que, Pierre l'a rappelé, il y a quand même une majorité de lycées
02:44où les choses se passent bien.
02:45Le miroir déformant des chaînes d'info fait qu'on a des images en boucle
02:48qui montent des violences, des rassemblements.
02:51Mais ça n'est pas du tout l'état général des lycées en France
02:56et de l'immense majorité des lycées.
02:58Les revendications, on a du mal à les comprendre aussi.
03:00C'est-à-dire qu'au début, c'était assez filandreux.
03:03On parle d'absentéisme des enseignants, sujet sur lequel le gouvernement,
03:06je crois, a fait quand même pas mal d'efforts.
03:07On parle du bâti.
03:08Or, la plupart des lycées, d'où est partie cette crise,
03:12ont été rénovés à coups de centaines de millions d'euros.
03:14Donc, en réalité, il n'y a pas vraiment de sujet non plus sur le bâti.
03:17Je veux dire, l'éducation est le premier budget aujourd'hui de l'État.
03:21Alors, il faut ajouter à cela que sur ces 64 milliards,
03:24une bonne part est consacrée aux retraites des enseignants.
03:27Mais néanmoins...
03:28Mais ce budget ne diminue pas, il augmente d'un milliard.
03:31D'un milliard, c'est quand même un budget.
03:33Ce qui est compliqué, c'est qu'on a l'impression d'une crise qui est totalement irrationnelle.
03:35C'est pour ça qu'on ne sait pas comment l'arrêter.
03:37Je pense que le gouvernement est assez démuni.
03:38Et dans laquelle l'irrationalité, je me faisais cette réflexion cet après-midi,
03:42je voyais à l'Institut catholique de Paris,
03:44qui est donc un établissement privé,
03:47je voyais le député insoumis, Antoine Léomand,
03:49venir arranguer la foule et se faire applaudir.
03:52Et les jeunes criaient Mélenchon président.
03:54Or, deux semaines auparavant, c'est le pape qui était là
03:57et qui visitait cet établissement.
03:59Et là, quand j'ai vu cette image, en repensant à l'Institut du pape,
04:01je me suis dit, en fait, il y a quelque chose qui ne va pas.
04:03Il y a quelque chose...
04:04On est dans quelque chose de très irrationnel.
04:07Et je pense que pour le gouvernement, c'est une difficulté.
04:09Parce que c'est ça qui rend ce mouvement difficile à juguler, j'allais dire.
04:13La catholique qui n'a jamais été bloquée auparavant depuis son...
04:17C'est ça votre difficulté.
04:18Je voudrais juste être certain de quels étudiants étaient devant la catho.
04:23Parce qu'il y a aussi des étudiants baladeurs qui vont un peu partout.
04:26Oui, non mais là, vraiment, moi j'ai regardé les images attentivement.
04:29C'était vraisemblablement des gens de la catho.
04:31Et puis, c'est comme l'université Panthéon-Assas-Rue d'Assas,
04:34l'université de Noir,
04:35C'est la même rue, hein ?
04:36Qui n'est pas réputée pour être un rassemblement de gauchistes,
04:40était aussi en blocage.
04:42Non mais il y a deux choses, à mon avis, dans ce que vous dites.
04:44Votre conseil est absolument exact sur tous les points,
04:47je le rejoins totalement.
04:48Mais il y a deux choses, au fond, que je pourrais dire là-dessus.
04:51C'est, premièrement, vous avez quand même une politisation,
04:53une exploitation du mouvement qui est absolument insensée,
04:57qui est extrêmement violente, extrêmement organisée,
04:59extrêmement présente,
05:00jusqu'à choisir et à orienter les gens qui vont sur les plateaux de télé
05:04et qui monopolisent la parole.
05:06Les autres baissent la tête.
05:07C'était assez terrible.
05:08Moi, j'ai trouvé ce que j'ai vu hier soir.
05:10Et vous avez deux ou trois harangueurs qui sont des professionnels.
05:12On voit qu'ils ont été formés.
05:13Et puis, deuxièmement, vous avez le fond de cette crise.
05:16Le fond de cette crise, je le redis,
05:18il est, au fond, celui d'une angoisse profonde de la France en général.
05:24La situation est quand même terrible.
05:25On vient de sortir d'une canicule qu'on n'avait pas connue depuis toujours,
05:28le changement climatique,
05:29les problèmes géopolitiques,
05:31les difficultés économiques, etc.
05:33Et donc, vous avez, au fond,
05:35cette angoisse qui se traduit chez les jeunes,
05:38et je le vois, moi, je le vois mes enfants,
05:40je vois leurs amis,
05:41de façon encore plus violente,
05:42parce qu'eux, ils n'ont connu que des crises.
05:44Ils sont nés, au fond, à l'éveil de la conscience,
05:47au moment, pour beaucoup, du Covid.
05:50Et ils n'auront pas de retraite et pas de pouvoir d'achat.
05:50Et ils n'auront pas de pouvoir d'achat.
05:52C'est vrai que c'est très sombre.
05:54C'est extrêmement difficile.
05:55C'est pour ça que je dis qu'il faut les écouter,
05:57et qu'il faut essayer, par le dialogue,
05:59d'apporter des réponses.
05:59C'est pour ça que le Premier ministre
06:00a proposé, d'ailleurs, ce temps de démocratie interne.
06:02Il faudra qu'on continue.
06:03Et on marque une pause.
06:05Et dans un instant, on va parler d'essence,
06:06ou plutôt de gaz.
06:07Voilà, tout de suite.
06:0918h, 20h, Europe 1 soir.
06:12Pierre de Villeneuve.