00:00– Bonjour à tous, bienvenue dans les quêtes vérités.
00:03Mon invité aujourd'hui est Michel Barnier, ancien Premier ministre, député LR de Paris.
00:06Merci d'être sur ce plateau.
00:07– Bonjour, Monsieur le Télier.
00:08– Nouvelle manifestation annoncée demain, en particulier à Paris.
00:11On sait que les commerces sont des cibles, des casseurs et des pilleurs.
00:14Laurent Lugnaz a annoncé 70 000 policiers et gendarmes mobilisés partout en France.
00:18Qu'est-ce que vous pouvez attendre de plus du ministre de l'Intérieur ?
00:20– Il faut de l'ordre, il faut de l'autorité dans ce pays
00:23et faire confiance à ceux qui assurent l'ordre des forces de police,
00:26de sécurité, de gendarmerie, il y a plus de 1000 policiers, de gendarmes qui ont été blessés.
00:31Et puis bien distinguer, Monsieur le Télier, ceux qui manifestent pacifiquement,
00:35qui expriment une angoisse, une colère, des inquiétudes,
00:39et puis ceux qui cassent et qui pillent, avec lesquels il faut être intraitable.
00:43– Et puis enfin, sur les commerces, moi je suis député de Paris,
00:46vous le savez depuis un an, être solidaire des commerçants
00:50qui ont tout perdu pour certains d'entre eux.
00:51J'ai d'ailleurs proposé au gouvernement, qui ne m'a pas encore répondu,
00:54que l'ensemble de la capitale soit classée en zone touristique internationale,
00:59ce qui permettrait d'ouvrir plus facilement le samedi et le dimanche,
01:02et donc de retrouver une capacité de travail aussi du pouvoir d'achat pour les salariés.
01:06– Vous attendez une réponse du gouvernement là-dessus ?
01:07– Vous l'avez bien compris.
01:08– Précisément, parmi les motivations des centaines de milliers de personnes
01:10qui manifestent tous les samedis depuis trois semaines maintenant,
01:14c'est le pouvoir d'achat.
01:15Le gouvernement évoque la possibilité d'un coup de pouce pour le SMIC.
01:18Y êtes-vous favorable ?
01:19– On peut toujours donner un coup de pouce, je l'avais fait,
01:22en accélérant le moment où normalement le SMIC est augmenté.
01:25– Oui, ça pourrait être avancé.
01:26– Mais un coup de pouce, le SMIC augmenterait plus que le SMIC ?
01:29– De toute façon, dans ce pays, il faut que le travail paye plus.
01:32Et donc d'une manière ou d'une autre, il va falloir augmenter les bas salaires
01:35et réduire les charges ou les contraintes.
01:37– Est-ce que ça passe par le SMIC ?
01:38– Il faut faire attention, le milieu du travail a dit lui-même,
01:41et je vais être très clair et très sincère.
01:44Si on augmente trop brutalement le SMIC, vous avez, a-t-il dit,
01:47250 000 emplois qui sont directement manassés dans les petites et moyennes entreprises.
01:50Donc il faut faire attention aux entreprises.
01:52En toute hypothèse, le grand enjeu de l'élection présidentielle,
01:55ça c'est un vrai enjeu pour les élections,
01:57plutôt que les querelles des uns et des autres,
01:59c'est comment on encourage le travail et le mérite dans ce pays.
02:02– Bien sûr, et vous les querelles, on va y revenir très bientôt.
02:05– Mais d'abord le budget, parce que le début de l'heure de vérité,
02:10ce sera mardi, avec le vote de la partie recette du budget 2027.
02:13Vous vous dites, le gouvernement doit déclencher immédiatement le 49-3,
02:16mais avec le risque que Sébastien Lecornu se soit mis en minorité,
02:19ou même censuré, dans le contexte actuel,
02:21ce n'est pas forcément ce qu'il y a de mieux.
02:22– Quand on est Premier ministre, je l'ai été, il faut savoir prendre des risques.
02:26Et à un moment donné, il est stop au chantage,
02:28M. Lecornu a cédé au chantage du Parti Socialiste l'année dernière,
02:31on voit qu'il y a un chantage du Rassemblement National,
02:33ça c'est les leçons ou les conséquences de cette funeste dissolution d'il y a deux ans,
02:37mais je pense que, moi je fais confiance au gouvernement pour trouver les bons moyens
02:41et présenter un budget courageux, parce que vous savez,
02:43on parlait des manifestants et des jeunes,
02:45la première politique pour la jeunesse, c'est de ne pas augmenter les dettes,
02:48parce que les dettes qu'on augmente, comme ça à l'Assemblée c'est insensé,
02:5220 milliards de plus sur le projet de loi de sécurité sociale,
02:5510 milliards de plus sur le budget de l'État, c'est une folie fiscale,
02:58ces dettes qu'on augmente, ce sont des impôts pour plus tard,
03:02les efforts qu'on ne fait pas aujourd'hui, M. Tellier,
03:04ce sont des sacrifices pour demain.
03:05Moi je pense que la première politique, c'est de faire attention aux jeunes,
03:09de les protéger.
03:10Michel Bernier, vous confirmez que vous demandez que 49.3 soit déclenché plus vite possible.
03:14C'est au gouvernement de décider, c'est un moyen de mettre tout le monde devant ses responsabilités.
03:18Mais avec le risque de voir le gouvernement tomber.
03:20Oui, ou la chance de le voir continuer, c'est à lui d'apprécier,
03:24il faut laisser encore passer quelques jours pour voir quelle est la bonne méthode,
03:27si c'est le 49.3 en prenant le risque, je viens de le dire, ou alors des ordonnances.
03:32Mais il faut un budget à la France.
03:33Alors qu'il est, est-ce que les Républicains donnent leur soutien au gouvernement, à Sébastien Lecornu ?
03:37Nous ne voterons pas de censure naturellement, et nous savons bien que le budget est difficile.
03:41Moi j'ai beaucoup regretté quand...
03:42Donc Sébastien Lecornu peut compter sur votre soutien ?
03:44Il sait très bien qu'on ne va pas censurer le gouvernement, on a besoin de stabilité.
03:47Les entreprises, les citoyens, les consommateurs ont besoin de stabilité.
03:50On ne va pas rajouter une crise politique à la situation terrible
03:53dans laquelle se trouve le pays actuellement dans tous les domaines.
03:56On va parler de la présidentielle, avec l'idée d'une primaire des démocrates,
03:59c'est comme ça qu'il l'a dit, relancée par Gabriel Attal, ancien Premier ministre,
04:03pour choisir le candidat du centre et de la droite,
04:05qui pourrait être élargi jusqu'aux sociaux-démocrates.
04:08D'abord sur ça, est-ce que vous êtes pour cette idée ?
04:12Nous n'avons pas attendu M. Attal pour être favorable à une primaire.
04:15Moi, je suis favorable à une primaire ouverte à tous les citoyens qui le souhaiteraient,
04:19mais à une primaire claire, c'est-à-dire avec seulement ceux,
04:22et déjà c'est beaucoup, qui étaient autour de la table lorsque j'étais Premier ministre,
04:26c'est-à-dire les partis de la droite républicaine, ma famille politique,
04:30c'est pour ça que je soutiens Bruno Rotaillot, et puis les partis du centre.
04:34Il faut que les choses soient claires.
04:34Donc ça ne peut pas être avec Raphaël Guxman.
04:36Selon dit Raphaël Guxman, il y a peu de chances qu'il soit dans cette primaire, vous êtes d'accord
04:39?
04:39J'ai dit une primaire claire, on ne va pas recommencer le haut en même temps,
04:42les Français qui nous écoutent ont besoin de clarté.
04:43Il faut dans ce pays retrouver un clivage droite-gauche.
04:46Le PS est en train de reconstituer un pôle autour de M. Guxman.
04:50Nous devons faire la même chose avec Bruno Rotaillot,
04:52et qu'il y ait un clivage droite-gauche, c'est que les Français s'y retrouvent.
04:54Mais Bruno Rotaillot, si vous ne créez pas ce clivage à nouveau,
04:57entre des partis responsables, c'est la place des extrêmes qui occupe tout le terrain.
05:02Petite question, si cette primaire est organisée telle que vous le voulez,
05:04quel sera votre rôle ? Est-ce que vous pourriez être candidat ?
05:06Mais je vous ai dit que moi, dans la famille politique où je me trouve,
05:09où je trouve bien, je soutiens Bruno Rotaillot qui est un très bon candidat.
05:12Vous ne serez pas candidat ?
05:13Je viens de vous le dire, je soutiens Bruno Rotaillot.
05:15Donc, parce que vous avez lancé une plateforme qui s'appelle Bâtir Ensemble,
05:17et je me souviens qu'en avril, vous disiez,
05:18je me sens prêt à être président de la République.
05:21Oui, mais c'est une chose d'être prêt, il vaut mieux d'ailleurs être capable.
05:24Il y a parfois des gens qui ne sont pas capables et qui se présentent.
05:26Donc, moi, je ne serai pas candidat.
05:28C'est une autre chose d'être candidat, et je soutiens Bruno Rotaillot sans ambiguïté,
05:33parce que je pense qu'il a un langage clair, un programme très sérieux.
05:37Il est très sincère quand il parle, les gens le voient à la télévision.
05:39Et en même temps, il a le sens de l'État, et je pense que c'est ça dont nous
05:43avons besoin,
05:43parce que le prochain président de la République, il va falloir qu'il soit courageux,
05:46mais s'il est avec lui, une majorité absolue pour le soutenir.
05:49Et finalement, Bruno Rotaillot, qui est en difficulté dans les sondages,
05:51vous l'avez souligné vous-même, cette primaire, ça pourrait le sauver.
05:55Oui, il n'a pas peur de la primaire, à condition qu'elle soit claire,
05:58et qu'elle rassemble, encore une fois, dans un débat.
06:01Vous savez, on parlait des manifestations, je trouve très frappant dans ce pays,
06:04le manque de respect, et le fait qu'on n'ait pas de culture du débat public et du dialogue
06:09social.
06:10Il faut qu'on retrouve cette culture, ça c'est aussi un des enjeux pour le prochain président de la
06:13République.
06:13Donc je reviens à ce que vous disiez tout à l'heure, il faut que ce soit une primaire claire.
06:16Est-ce que vous demandez à Gabriel Attal de clarifier la position qu'il a ?
06:18Il l'a déjà un peu fait hier, en expliquant que ça serait, on n'irait pas jusqu'à la
06:22gauche,
06:23mais je pense que le centre-droit, la droite et le centre, doivent pouvoir débattre.
06:27Il y a déjà beaucoup de candidats, beaucoup trop, et il faut qu'ils s'entendent pour n'avoir qu
06:31'un seul candidat.
06:31Sinon, on ne sera pas au deuxième tour. C'est aussi simple que ça.
06:34Est-ce que vous demandez aussi à ce que LR soit bien représenté dans le comité d'organisation ?
06:37Est-ce que vous pourriez être dans le comité d'organisation cette primaire ?
06:39Bien sûr, je suis prêt à être utile. Je suis prêt à être utile comme je l'ai été quand
06:43j'ai fait un gouvernement,
06:44avec pour la première fois depuis 12 ans les Républicains qui se sont joints.
06:48Il n'y a pas eu de débauchage, de ralliement individuel.
06:50C'est un choix clair et net pour redresser notre pays qui en a besoin.
06:53C'est le moment d'être ensemble, vous savez, parce que si on veut bien sortir de la France et
06:57de ce débat très hexagonal,
06:58il faut regarder ce qui se passe autour de nous, avec M. Poutine qui agresse tous les jours l'Ukraine,
07:03avec ce qui se passe au Proche-Orient, avec M. Trump ou M. Xi qui veulent détruire l'Europe.
07:08Il faut faire très attention.
07:09Vous êtes prêt à faire partie du comité d'organisation de cette primaire ?
07:11Je suis prêt à être utile pour l'unité et qu'enfin, dans ce pays, on trouve le moyen au
07:15centre-droit.
07:16Il y a des millions d'électeurs qui attendent ça, qui sont inquiets, ils ont des raisons, et qui sont
07:21en colère.
07:21Faisons attention à la colère.
07:23Merci Michel Barnier d'être venu sur le plateau de Guylaine Vérité.
07:25A vous Samuel.