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  • il y a 7 semaines
Michel Barnier, député LR de Paris et ancien Premier ministre, répond aux questions de Laurence Ferrari.

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Transcription
00:03Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Michel Barnier. Bonjour
00:07à vous.
00:08Bonjour Alain Ferrari.
00:08Ancien Premier ministre et député LR de Paris. Aujourd'hui se tiendront les obsèques de Quentin.
00:13Ce jeune homme de 23 ans mort après avoir été lynché par des militants d'extrême gauche proche de la
00:18jeune garde.
00:18La France insoumise, Michel Barnier, se défend de toute responsabilité dans la mort de Quentin.
00:23Elle renvoie la balle dans le compte de ce qu'elle appelle les fascistes.
00:26C'est ce qu'elle porte à vos yeux, une responsabilité morale et politique.
00:30La violence des mots, madame Ferrari, elle prépare toujours la violence des actes.
00:35Et donc moi je pense qu'un député insoumis qui finance avec ses crédits parlementaires des assistants qui soutiennent la
00:43jeune garde,
00:44on a vu la responsabilité de cette organisation qui doit être dissoute d'ailleurs, ne peut pas s'exonérer.
00:50Il faut que maintenant chacun prenne ses responsabilités.
00:52Ça veut dire qu'il doit démissionner Michel Barnier ?
00:55Je pense qu'il doit prendre ses responsabilités.
00:58Et j'espère qu'il les prendra comme d'autres d'ailleurs de ses compagnons de route.
01:03Maintenant je vous dis ce matin, puisque nous parlons de Quentin qui va être enterré aujourd'hui,
01:08je crois que le moment est celui du deuil, de la dignité, de la responsabilité.
01:12J'ai été très ému par ce qu'a dit sa famille hier et qu'elle a fait dire à
01:16toutes fins utiles à tout le monde.
01:18La mémoire de cet enfant, de ce jeune, elle appartient à tous les Français, elle appartient pas à tel ou
01:23tel groupuscule.
01:24Jean-Luc Mélenchon a pourtant dit, nous ne réunirons pas nos camarades et amis de la jeune garde hier soir,
01:30nous ne chasserons pas de nos rangs.
01:31Non, Raphaël Arnaud, vous comprenez un tel entêtement Michel Barnier ?
01:34Non, je ne le comprends pas.
01:35Mais ça fait de longues années que je ne comprends plus M. Mélenchon et que plus personne ne le comprend
01:39et qu'il se comporte avec cette violence.
01:42Vous savez, je suis revenu à l'Assemblée nationale il y a quelques mois grâce aux Parisiens du 5e, du
01:476e et du 7e arrondissement qui m'ont élu député.
01:49J'avais déjà été député autrefois. Jamais j'ai vu une ambiance aussi dure, je dirais presque pré-insurrectionnelle, d
01:58'ailleurs entre les groupes de l'extrême droite et ceux de l'extrême gauche.
02:02Mais la violence de la haine des élus d'extrême gauche est absolument insensée.
02:06Il y compris physique ?
02:07Non, elle n'est pas physique.
02:08Verbale ?
02:09Verbale, la haine, l'animosité, la haine anti-chrétien, anti-patron, anti-entrepreneur, enfin c'est absolument antisémite quelquefois.
02:18C'est absolument insensé. Donc il faut faire très attention.
02:22Et ce qui se passe à l'Assemblée est quelquefois la résonance de ce qui se prépare dans le pays.
02:26Donc je recommande de faire attention et que tous ceux qui ne veulent pas de ces extrêmes, et notamment pas
02:31de l'extrême gauche qui a cette violence, fassent attention à ce qu'ils font.
02:35Ça veut dire, Michel Barnier, que vous appelez un cordon sanitaire autour de la France insoumise ?
02:39Je n'aime pas ce mot, mais je pense qu'il faut combattre sans hésitation et avec une totale détermination
02:45ses idées.
02:46Et notamment, on voit bien à travers les propos de Mélenchon et de quelques-uns de ses amis, cette haine,
02:52je le disais, mais aussi beaucoup d'antisémitisme.
02:55Vous savez, quand on voit revenir l'antisémitisme, qu'on le voit actuellement depuis quelques années, il y a de
03:00quoi s'inquiéter.
03:01Donc il faut faire très attention.
03:02Mais concrètement, entre un bulletin ARN et un bulletin LFI, au second tour d'une élection, qu'est-ce que
03:08vous mettez dans l'urne, Michel Barnier ?
03:09Moi, je ne mets ni l'un ni l'autre, pour tout vous dire.
03:11Ah mais non, ce n'est pas possible, ça.
03:12Mais je vous dis que je ne mets ni l'un ni l'autre.
03:14Mais si vous me posez la question, je vous réponds.
03:16Pour l'instant, je ne mets ni l'un ni l'autre.
03:19Donc vous votez blanc.
03:20Je vous dis que je veux tout faire pour que ça ne se produise pas, ni aux élections municipales, ni
03:24aux élections législatives, ni surtout aux élections présidentielles.
03:27C'est ça l'enjeu.
03:28Il faut que les Français ont le droit à une autre proposition, une autre alternative.
03:33Et tout est mis en place pour cette confrontation.
03:34ARN et LFI.
03:35Non, il n'y a pas de fatalisme, Madame Ferrari.
03:40Et donc un homme politique, il n'a pas le droit d'être fataliste, ni nostalgique d'ailleurs.
03:43Donc il faut empêcher, il faut proposer.
03:46Il ne suffit pas de dire qu'on ne veut pas de Madame Le Pen, de M. Bardella, et on
03:49ne veut surtout pas de M. Mélenchon.
03:50À coup sûr, nous n'en voulons pas.
03:52Mais il faut faire une proposition différente, que les Français aient un espoir, une espérance,
03:56et qu'ils aient à nouveau confiance en nous, dans une capacité peut-être de reconnaître certaines erreurs,
04:01on en a commises, et puis de proposer une alternative sérieuse pour redresser ce pays,
04:06pour réduire son déficit, pour lui redonner de l'influence en Europe et dans le monde.
04:09Vous avez parlé d'une atmosphère quasi insurrectionnelle, parfois pré-insurrectionnelle à l'Assemblée.
04:14Mathilde Panot a déclaré hier soir que son mouvement refuserait de reconnaître
04:17une éventuelle prise de pouvoir légal par les urnes du Rassemblement national.
04:21Ça veut dire quoi ?
04:22Ça veut dire que Mme Panot dit n'importe quoi, et qu'elle affirme un peu,
04:27on voit bien ça dans la violence que j'évoquais à l'Assemblée nationale,
04:31ce refus de l'autre, ce refus de la discussion.
04:33C'est le contraire de ce que je pense de la politique,
04:36et c'est surtout le contraire de ce qu'on doit penser de la République.
04:39Donc c'est pour ça que c'est inquiétant de la part de Mme Panot,
04:41mais c'est pas non plus, comme pour M. Mélenchon, la première fois,
04:43que je suis en totale opposition avec elle.
04:45Michel Barnier, on est sur CNews et Europe 1,
04:47il y a une réunion ce soir à l'Élysée autour d'Emmanuel Macron
04:51pour justement étudier ces groupes d'action violents
04:53qui ont des liens avec des partis politiques.
04:55A priori, trois groupes seront dissous,
04:58deux d'ultra-droite, un d'ultra-gauche.
05:00Est-ce que vous mettez une menace équivalente
05:03entre les groupes d'ultra-droite et les groupes d'ultra-gauche ?
05:05Non, je ne connais pas le dossier de ces groupes
05:08et les raisons pour lesquelles ils vont être interdits.
05:10J'espère simplement que lorsque l'on les interdit,
05:13on les interdit vraiment.
05:14Parce que quand Bruno Retailleau a fait cette proposition
05:18de dissoudre la jeune garde,
05:20on voit bien que pour des raisons judiciaires ou juridiques,
05:22la décision n'est pas effectivement prise.
05:24Donc il faut décider et agir.
05:26Je fais confiance au service de la sécurité et de la police
05:30pour dire ce qu'il y a qui justifie ces interdictions.
05:33Un dernier mot sur ces événements tragiques
05:37et les tensions que ça a créées avec les États-Unis.
05:39L'ambassadeur des États-Unis en France, Charles Keschner,
05:42ne s'est pas rendu hier à la convocation du Quai d'Orsay.
05:44C'est la deuxième fois.
05:45Il avait déjà critiqué l'action du gouvernement,
05:47l'inaction du gouvernement français face à l'antisémitisme.
05:50Là, il a dénoncé la violence de l'extrême gauche.
05:52Est-ce que vous comprenez l'hostilité de la France
05:56vis-à-vis de l'administration Trump ?
05:58M. Barrault a dit que la France n'a aucune leçon
06:00à recevoir de l'international réactionnaire.
06:04Laissons les mots de côté.
06:05Ce que je trouve, c'est que les États-Unis
06:07ne se comportent pas vraiment comme des alliés actuellement.
06:11Et c'est d'ailleurs depuis la réélection de M. Trump
06:13qu'on a le sentiment assez nouveau, même depuis 60 ans,
06:17que les États-Unis d'Amérique ne soutiennent pas
06:19et même combattent et veulent détruire le projet européen.
06:22Comme d'ailleurs M. Poutine.
06:23C'est la première fois, Mme Ferry, depuis 60 ans,
06:25qu'on a deux puissances.
06:27Et vous êtes un ancien commissaire européen.
06:28Oui, je suis un ancien commissaire européen.
06:29Vous dites que les États-Unis veulent détruire le projet européen.
06:31Je reste un patriote et je suis en même temps
06:34de manière résolue pour qu'on travaille ensemble
06:37et qu'on crée une masse critique
06:37pour défendre notre indépendance européenne.
06:40Mais je vois d'un côté la Russie
06:41qui veut nous détruire pour des raisons politiques
06:43parce que nous sommes un pôle démocratique
06:46qui attire les peuples de l'Est.
06:48Et puis de l'autre côté,
06:49c'est cette bande de spéculateurs et de financiers
06:51qui entourent M. Trump
06:52qui veut nous détruire pour des raisons économiques
06:54parce qu'on les gêne,
06:55parce que nous sommes un pôle de gouvernance
06:57et qu'ils ne font pas ce qu'ils veulent en Europe.
06:59Donc, on peut passer du temps à commenter
07:03l'attitude de M. Kouchner ou d'autres.
07:05La question, c'est comment on se défend,
07:07comment on se protège,
07:08comment on défend notre civilisation européenne,
07:10comment on défend nos valeurs, nos intérêts.
07:12Il faudra bien que l'Europe arrête
07:13de brandir le drapeau des droits de l'homme seulement.
07:16On doit le faire.
07:17Nous sommes une communauté de droits.
07:18Mais on n'est pas que ça.
07:19On a des intérêts.
07:20Et comme les Chinois, comme les Amériens,
07:22comme les Russes,
07:23on doit défendre nos intérêts
07:24sans aucun état d'âme.
07:25Voilà ce que je propose.
07:26Et on l'évoquera dans un instant
07:27à travers la guerre en Ukraine.
07:29Un tout petit mot des motions de censure.
07:31Le RN et les filles ont déposé des motions de censure
07:33à la suite de la publication
07:34par décret du plan pluriannuel de l'énergie.
07:36Les LR vont le voter ?
07:38Non, on ne votera pas de motions de censure.
07:40On peut avoir des opinions très précises
07:42sur cette proposition concernant l'énergie.
07:45Avec le retard qui a été pris,
07:48le temps qui a été passé
07:49pour faire ce qu'il faut faire,
07:50c'est-à-dire défendre l'énergie nucléaire
07:52qu'on a laissé tomber pendant quelques temps,
07:55même si je pense, moi, personnellement,
07:56qu'on a besoin aussi de certaines énergies renouvelables,
07:59notamment le solaire.
08:00J'ai créé en Savoie
08:01l'Institut national du solaire
08:03il y a quelques années.
08:04Et c'est 400 chercheurs
08:05qui nous permettent d'avoir une forme d'indépendance
08:06pour ne pas céder tout aux Chinois, aux Américains.
08:09Mais de là à voter une censure,
08:12non, on ne va pas joindre notre voix.
08:13C'est-à-dire qu'on vous taxe
08:15d'être les supplétifs du macronisme ?
08:16Non, nous sommes dans une opposition constructive
08:19où on est au gouvernement aussi.
08:21On a donc des raisons
08:24de ne pas joindre nos voix.
08:25Vous savez, moi, j'ai connu ça avec la censure.
08:27Quand M. Hollande, M. Mélenchon
08:30et Mme Le Pen ont mis leur bulletin ensemble
08:32contre moi,
08:33je ne vais pas joindre ma voix à ces gens.
08:35Vous avez du mal à dépasser ce cap ?
08:36Non, non, je n'ai aucune, je ne fonctionne.
08:38Je vous l'ai dit,
08:39il ne faut pas fonctionner avec du fatalisme,
08:41notamment pas de la nostalgie
08:42et certainement pas de la recune.
08:43J'ai de la mémoire.
08:45J'ai de la mémoire.
08:45Donc j'ai vu des partis politiques
08:47qui n'étaient pas à la hauteur
08:48de la situation très grave
08:50et qu'on oublie un peu.
08:51Je veux dire, plus personne
08:52ne parle du difficile de la France.
08:53Plus personne.
08:54On est quand même dans une situation
08:55où on a 3200 milliards de dettes.
08:57Et ce n'est pas responsable
08:58vis-à-vis des nouvelles générations.
09:00Donc moi, je suis dans une situation politique.
09:02Je suis revenu à l'Assemblée aussi
09:03pour dire,
09:04pensons d'abord à la prochaine génération
09:05plutôt qu'à la prochaine élection.
09:07Vous êtes aussi engagée
09:08dans la bataille des municipales.
09:09À Paris, vous soutenez Rachida Dati
09:10qui est au coude à coude
09:11avec le candidat socialiste
09:12Emmanuel Grégoire
09:13dans les derniers sondages.
09:14Est-ce que vous souhaitez,
09:15au second tour,
09:17si Mme Dati risque d'être devancée
09:19par M. Grégoire,
09:19une alliance avec Sarah Knafo,
09:21avec M. Bonnevalle ?
09:22Est-ce que vous dites à tout le monde
09:22« Mettez-vous autour d'une table et parlez ? »
09:24C'est à Mme Dati de dire
09:26comment elle veut rassembler.
09:27En tout cas, moi, j'observe
09:28qu'elle fait un très bon parcours.
09:29Je sais, je sais,
09:30parce que je la connais bien.
09:31On avait mené une campagne européenne
09:33ensemble il y a quelques années
09:34qu'elle a le tempérament,
09:35qu'elle a la compénance,
09:36qu'elle a la ténacité
09:38pour créer l'alternance.
09:39Et ce qui est nécessaire à Paris,
09:41c'est l'alternance.
09:42Tout le monde attend cela.
09:43L'alternance, c'est Dati.
09:44Et c'est ça qu'il faut comprendre,
09:46même s'il y a des gens
09:47qui ne vous aiment pas toujours,
09:48qui ont des états d'âme,
09:49qui ont des sensibilités différentes.
09:51Il faut se rassembler.
09:52J'entends Mme Tnafot,
09:54qui a des qualités politiques.
09:55J'entends M. Bournazel,
09:56qui est un allié théoriquement,
09:59dire qu'ils veulent l'alternance.
10:01Il faut la faire avec Mme Dati.
10:03D'accord, mais il faut
10:03qu'elle leur tende la main aussi.
10:05Oui, elle leur a tendu la main.
10:07Les gens s'expriment au premier tour.
10:09Il faut qu'au deuxième tour,
10:10il y ait un rassemblement
10:11le plus large possible
10:12pour créer l'alternance
10:13dont les Parisiens ont besoin.
10:14Je peux le dire
10:14comme nouveau député de Paris.
10:16Cette ville doit être plus sûre.
10:18Il y a des incidents
10:19ou des accidents
10:20ou des attaques tous les jours
10:21qui sont inadmissibles,
10:22y compris dans nos quartiers.
10:23Il y a la pauvreté,
10:25il y a des logements,
10:26il y a de l'activité économique.
10:27Il y a plein de choses
10:28à faire à Paris
10:29que Rechinata fera très bien
10:30avec son équipe.
10:31Michel Barnier,
10:31on est sur CNews et sur Europe 1.
10:33Parlons de la primaire.
10:33Comment incarner
10:35une alternative crédible
10:36à droite
10:37en partant en ordre dispersé ?
10:38On a déjà vu les candidatures
10:40de Bruno Retailleau,
10:41David Nislard,
10:42sans doute Laurent Wauquiez,
10:42peut-être de vous-même.
10:43Est-ce qu'il faut une primaire,
10:44Michel Barnier ?
10:45Oui, il est gentil de me citer,
10:47mais il y a déjà
10:47beaucoup de candidats.
10:49Vous ne le serez pas ?
10:50Je n'ai pas de fébrilité pour cela.
10:52Mais vous avez peut-être
10:53une envie ?
10:54On a toujours envie
10:55d'être utile à son pays.
10:56C'est pour ça
10:57que je suis aussi revenu
10:57à l'Assemblée nationale
10:58après avoir été Premier ministre.
11:00Mais le sujet n'est pas personnel.
11:01Si on le personnalise,
11:02on complique la situation.
11:03Aujourd'hui, c'est un...
11:04C'est la rencontre
11:05entre un homme et le peuple,
11:06l'élection présidentielle.
11:07Oui, bien sûr.
11:08Nous ne l'oublions pas.
11:09Personne ne doit l'oublier.
11:10D'abord, le test des municipales.
11:12C'est un test grandeur nature
11:13de la capacité de s'unir.
11:17Si on est unis, on peut gagner.
11:19On n'est pas sûr de gagner.
11:19Mais on peut gagner.
11:20Si on est divisé, on perd.
11:22Ça, c'est une règle.
11:23Et donc, il y aura un appel
11:24par la base
11:25de toutes les communes de France.
11:27Unissez-vous.
11:29Tenez-vous bien.
11:30Mettez-vous ensemble.
11:31Deuxièmement, un programme.
11:33Parce que vous parliez des Français
11:34et de la rencontre avec le peuple.
11:36Les Français, il faut les respecter.
11:37Il faut les respecter.
11:38Et si vous ne mettez devant
11:40que les ambitions personnelles,
11:41les égaux des uns et des autres,
11:43vous ne les respectez pas.
11:43Donc, il faut un projet politique
11:45qui soit celui de la droite
11:47et du centre.
11:48Et c'est à quoi je vais travailler
11:49pour qu'il y ait un seul candidat,
11:51un seul candidat unique
11:52qui porte ce candidat.
11:53Avec une primaire ou pas ?
11:53Elle irait de qui à qui ?
11:55Pourquoi pas une primaire
11:56le moment venu
11:56si tout le monde accepte
11:57la règle du jeu ?
11:58Mais je recommande d'abord
11:59de privilégier le besoin d'unité,
12:02un seul candidat,
12:03c'est pour quoi je vais me battre,
12:04et un projet politique
12:06qui soit capable
12:06d'exprimer une alternance
12:08et une espérance aussi
12:10pour les Français.
12:10Et si les uns et les autres
12:11sont incapables
12:12de se mettre d'accord,
12:13Michel Barnier,
12:13est-ce que vous seriez ce recours ?
12:14L'homme d'expérience
12:16qui a occupé
12:16de nombreux postes
12:17dans la République.
12:18Je ne vais pas répondre
12:18à cette question.
12:19Je vous ai dit,
12:20ou je pense,
12:20je vais vous dire
12:21qu'au moment venu,
12:22les candidats,
12:22quels qu'ils soient,
12:23devront répondre à trois questions.
12:24Est-ce que je suis capable
12:25d'être président de la République ?
12:26Une question importante
12:27pour respecter les gens.
12:28Est-ce qu'on est capable,
12:29je ne sais pas n'importe quoi,
12:29d'être président de la République ?
12:31Deux, est-ce que j'ai le bon projet
12:32pour redresser ce pays ?
12:33Pas seulement pour s'opposer
12:35à Mme Le Pen
12:35ou Bardella
12:36ou à Mélenchon,
12:37pour entraîner
12:39et incarner
12:39le redressement du pays
12:41et le rassemblement du pays.
12:43Et puis ensuite,
12:44est-ce que je peux rassembler
12:46au-delà de mon camp ?
12:46C'est ça qui est important
12:48parce qu'un seul camp
12:48ne gagnera pas
12:49et ne sera pas qualifié
12:50pour le deuxième tour.
12:51Il faut être deuxième
12:52ou premier au premier tour
12:54pour être premier au deuxième tour.
12:55Donc pour l'instant,
12:55vous ne soutenez personne,
12:56y compris M. Rotaillot ?
12:57Pour l'instant,
12:58je dis,
12:59mettez les choses dans l'ordre.
13:00J'ai beaucoup d'estime
13:01et d'amitié pour Bruno Rotaillot.
13:03Je l'ai nommé
13:04ministre de l'Intérieur
13:04et je ne le regrette pas du tout.
13:06Il a fait un très bon travail
13:07et je pense qu'il a une légitimité
13:09d'être candidat
13:10comme d'ailleurs
13:10Xavier Bertrand
13:11ou David Lysnard
13:12qui sont dans le même parti
13:14que moi.
13:15Mais pour l'instant,
13:16je veux travailler à l'unité.
13:18Laissons passer les municipales.
13:19Les Français ont droit
13:21à ce qu'on respecte
13:22cette démocratie du quotidien
13:24que sont les municipales
13:24et ensuite,
13:25travaillons un projet commun
13:26parce qu'il ne faut pas
13:28raconter n'importe quoi.
13:29Il faudra bâtir
13:29un projet de redressement.
13:30Michel Barnier,
13:31aujourd'hui à l'Assemblée nationale,
13:32aura lieu le vote
13:33sur l'aide à mourir,
13:35ce projet de loi.
13:36Avant que la loi
13:37ne reparte au Sénat,
13:38est-ce que vous y êtes opposé
13:39et pour quelles raisons
13:40est-ce que vous estimez
13:40que c'est une rupture
13:41anthropologique ?
13:42Il y a deux projets de loi.
13:44Celui sur les soins palliatifs
13:46et j'aurais bien aimé
13:48qu'on mette l'accent
13:49sur ce projet
13:50qui est issu
13:51de la loi Leonetti
13:52pour que tous les Français
13:54de manière égale
13:55aient droit
13:56des soins palliatifs
13:56s'ils en ont besoin.
13:57Ce n'est pas encore le cas.
13:58Il y a un tiers
13:59des départements français
14:00où il n'y a pas
14:00de soins palliatifs.
14:01Donc avant qu'on s'occupe
14:03de la fin de vie
14:04et de l'euthanasie,
14:05qu'on apporte
14:07une réponse
14:07sur cette question humaine
14:09qui fonctionne bien...
14:10Ce texte-là sera voté
14:11sans problème
14:11sur les soins palliatifs.
14:12Oui, je le voterai.
14:13Je ne voterai pas
14:13l'autre texte.
14:14Pourquoi ?
14:14Parce que je pense
14:15que notre société...
14:16D'abord, c'est un sujet
14:17très intime.
14:18Il faut respecter
14:18la position de chacun.
14:20Il n'y a pas un député
14:21qui n'a pas été confronté
14:22de près ou de loin
14:24personnellement
14:24ou politiquement
14:25à agir autour de lui
14:27à cette question.
14:28Comme d'ailleurs,
14:28il n'y a pas un député
14:29qui n'ait pas été confronté
14:30à un autre enjeu
14:31dont j'ai fait
14:32une grande cause nationale
14:33qui est celui
14:33de la santé mentale.
14:36Donc, beaucoup de respect
14:37et beaucoup de dignité
14:39et de respect
14:40de voie de conscience
14:42de chaque député.
14:42Mais en conscience,
14:43moi, je ne suis pas
14:45partagant d'une société
14:45qui ne protège pas,
14:47qui ne soigne pas
14:48jusqu'au bout
14:49et qui se prépare
14:50à donner la mort.
14:51Donc, pour cette raison-là,
14:52je...
14:52Et parce que la réforme,
14:54la loi sur les soins palliatifs
14:55n'est pas complètement appliquée.
14:56Je voterai contre ce texte.
14:58Michel Barnier,
14:59nous entrons dans la cinquième
15:00année de la guerre en Ukraine.
15:01Les pourparlers se poursuivent
15:02mais les voix de la France
15:03ou même celles de l'Union européenne
15:05ont du mal à peser
15:06dans ce dossier.
15:07Est-ce que vous voyez
15:08une issue à ce conflit
15:09ou pas aujourd'hui ?
15:11Il n'y a d'issue
15:12que si nous gagnons
15:14aux côtés de l'Ukraine
15:15le rapport de force
15:16avec M. Poutine
15:16qui a commencé cette guerre.
15:18Je veux dire,
15:19personne n'oublie
15:19que c'est lui
15:20qui de manière unilatérale
15:21a commencé cette guerre
15:23absolument insensée
15:24qui a provoqué
15:25presque un million de morts
15:27et de blessés
15:28et qui détruit
15:29la vie de victimes
15:31civiles
15:32tous les jours.
15:33Donc,
15:34nous avons un devoir
15:35de solidarité
15:36avec l'Ukraine
15:37qui,
15:37je le pense sincèrement,
15:39pays européen,
15:39grand pays européen
15:40défend des valeurs
15:41et son indépendance
15:42et nous avons un devoir
15:43d'organiser notre continent
15:46pour qu'il soit capable
15:47de se défendre
15:47par lui-même.
15:48Il y a une chose
15:49qui est apparente
15:49depuis quelques temps
15:50grâce à M. Trump
15:51d'un côté,
15:52M. Poutine de l'autre
15:53et aussi aux Chinois
15:54qui,
15:54à force d'exporter
15:55chez nous
15:56tout ce qu'ils produisent
15:57chez eux,
15:58sont en train
15:58de détruire
15:59une grande partie
16:00de notre industrie.
16:01Et on ne fait rien,
16:01on reste les bras ballants.
16:02Non,
16:02on doit...
16:03Oui,
16:04mais on doit...
16:04Moi,
16:04je suis là pour vous dire
16:05ce que je pense
16:06et je pense que l'Europe
16:06est naïve
16:07et que l'Europe
16:08doit s'organiser
16:08pour résister.
16:09Et en tout cas,
16:10il y a une chose
16:10qui est apparente
16:11pour tout le monde,
16:11c'est que ce qu'on ne fait
16:12pas pour nous,
16:13Français,
16:13et ce qu'on ne fait
16:13pas pour nous,
16:14Européens,
16:14personne ne voudra
16:15le faire à notre place.
16:16Et aujourd'hui,
16:17malheureusement,
16:17les Français,
16:18pour la première fois
16:19depuis 2022,
16:20moins de 50%
16:21soutiennent la fourniture
16:22d'armes à Kiev.
16:23Ça veut dire qu'ils disent
16:24penser aussi à nous,
16:25nous autres Français.
16:26Ce qu'il faut penser à nous,
16:28c'est aussi penser
16:29à notre sécurité,
16:30à la sécurité
16:31de notre continent.
16:31Si on se replie
16:32sur nos frontières nationales,
16:34dans une vision nationaliste
16:35comme celle de Mme Le Pen,
16:37M. Bardella
16:37ou de M. Mélenchon
16:38qui sont d'ailleurs
16:39sur les mêmes positions
16:41anti-européennes
16:42et nationalistes,
16:42on est foutus.
16:44Tout seul,
16:45on est foutus.
16:45Dans le monde d'aujourd'hui,
16:46si je vous le dis un peu
16:48sommairement ou simplement,
16:49dans le monde d'aujourd'hui,
16:50face aux grands empires
16:52qui se réorganisent
16:53et qui ne demandent
16:53la permission à personne,
16:55qui défendent leurs intérêts
16:56au mépris
16:57de tout le droit international,
16:59si on n'est pas ensemble
16:59pour créer une masse critique,
17:01pour se faire respecter
17:01et défendre nos intérêts,
17:03on est foutus.
17:04Michel Barnier,
17:05terminons sur notre positif.
17:06Vous étiez hier en Savoie,
17:07très beau département.
17:08Je vous confirme.
17:09Le flambeau des Jeux d'hiver
17:10a été transmis à la France
17:11par l'Italie,
17:12car c'est en 2030
17:13que se tiendront
17:14les prochains Jeux d'hiver.
17:15Chacun a un mémoire,
17:16évidemment,
17:16ceux de 92,
17:17dont vous avez été l'artisan
17:18avec Jean-Claude Killy.
17:20Est-ce que les choses
17:21vous semblent mal parties
17:22du côté du cojo français
17:23et de cette organisation
17:24de Alpes 2030 ?
17:26D'abord,
17:26un coup de chapeau
17:27aux athlètes français.
17:2823 bidailles,
17:30une ambiance formidable.
17:30Ils étaient pratiquement
17:31tous hier à Albertville,
17:32dans une grande fête populaire
17:34et c'est formidable
17:35l'image qu'ils en ont.
17:37Sans oublier derrière eux,
17:38les athlètes
17:38qui sont sur le podium
17:40ou qui n'y sont pas,
17:40ils sont égaux
17:41dans l'effort.
17:42Tous ceux qui les entourent,
17:44les équipes de France,
17:45avaient un grand coup de chapeau.
17:46Un grand coup de chapeau
17:47à l'Italie
17:48qui a bien organisé
17:49les Jeux.
17:50Formidable.
17:50J'étais d'ailleurs à Véronne
17:52pour la cérémonie de clôture.
17:54Et puis nous avons
17:54cette responsabilité
17:55que la France a à nouveau
17:56après 92,
17:5835 ans après,
17:59après les Jeux de Paris
18:00qui ont été également
18:01très bien organisés
18:02par Tenier Stanguet
18:03à ces équipes.
18:04Nous avons l'occasion
18:05d'organiser ces Jeux.
18:06C'est toujours compliqué
18:07des Jeux, ça.
18:07Je peux vous le dire.
18:08Il y a toujours des turbulences,
18:09des ajustements.
18:10On va y arriver.
18:11Les choses sont bien parties.
18:12Il n'y a pas de temps perdu.
18:13Les travaux sont lancés
18:14avec des structures
18:16qui ont été organisées
18:17pour cela.
18:17Le comité d'organisation
18:18est présidé par Edgar Gopiron
18:20en qui j'ai confiance.
18:22Vous allez le conseiller ?
18:23Vous allez vous impliquer
18:23un peu plus
18:24dans cette organisation ?
18:25du bureau exécutif
18:26à titre personnel.
18:27On m'a demandé
18:27d'être à titre bénévole aussi.
18:29Membre de ce bureau exécutif
18:31parce que j'étais premier ministre
18:32et que j'ai relancé ce dossier
18:33parce que j'ai,
18:34avec Jean-Thoude Kili,
18:35vous l'avez rappelé,
18:36eu cet honneur
18:37d'organiser les Jeux de 92
18:38d'Alberville.
18:39Je vais les aider.
18:40Oui, je vais les aider
18:40parce qu'il faut
18:41qu'on place ces Jeux
18:42au-dessus de nos ambitions,
18:44de nos querelles,
18:44des problèmes politiques.
18:45Les Jeux,
18:46on l'a bien vu à Paris,
18:47un moment de fierté
18:48mais aussi une belle démonstration
18:49que ce pays,
18:51ils vont qu'on se batte pour lui.
18:52La France est un pays
18:53qui a tellement de potentiel,
18:55d'énergie positive partout.
18:56Je vais chaque semaine
18:57dans une région de province.
18:59Je serai en Auvergne
19:00et en Royan cette semaine.
19:02J'ai été en Côte d'Armor,
19:03en Ile-et-Vilaine la semaine dernière.
19:04Il y a partout
19:05des agriculteurs
19:06qui se battent
19:07malgré les normes,
19:07malgré les difficultés
19:08des entrepreneurs,
19:09des associations.
19:10Ce pays vaut le coup
19:11qu'on se batte pour lui.
19:12Merci beaucoup Michel Barnier
19:13d'être venu ce matin
19:14dans la grande interview
19:15sur CNews et sur Europe 1.
19:16Bonne journée.
19:18Merci.
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