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Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:0619h15, retour sur le plateau d'Europe 1 Soir avec Antonin André.
00:09Bonsoir.
00:10Bonsoir Pierre.
00:10Bonsoir à Catherine Ney.
00:12Bonsoir.
00:12Gilles Platret est avec nous, maire d'hiver droite de Chalon-sur-Saône.
00:15Bonsoir monsieur.
00:16Bonsoir.
00:16Merci d'être avec nous.
00:17Qu'est-ce que vous attendez du discours ou de l'allocution ou de l'interview du président de la
00:22République ce soir ?
00:23Pas grand chose.
00:24Pas grand chose parce que je pense que le Premier ministre a tracé un certain nombre de pistes
00:29dans les limites budgétaires imparties à l'exercice, c'est-à-dire qui sont énormes.
00:32Je ne vois pas aujourd'hui ce que le président peut rajouter, très honnêtement.
00:35Et puis vous savez, à chaque fois que Emmanuel Macron a pris la parole,
00:38ça ne s'est jamais traduit par des choses faramineuses.
00:40Donc il vaut mieux pas trop mettre d'espoir dans cette intervention.
00:43En tout cas pour ma part, je pense qu'elle ne changera rien à la situation sur le terrain.
00:46Vous êtes un maire de terrain, vous êtes un maire de territoire,
00:49même si je déteste ce mot à Chalon-sur-Saône.
00:53Gilles Platret, qu'est-ce que vous disent vos administrés avec une moyenne ?
00:58C'est une moyenne de diesel à 2,40 euros et un sans-plomb à 2,16 euros.
01:02Alors on peut essayer d'objectiver.
01:03Il y a une grogne et une lassitude absolument énorme.
01:06Vous savez, on est dans des territoires qui sont ruraux.
01:09La ville fait 47 000 habitants, mais elle est au milieu d'un ensemble,
01:13d'une agglomération et plus largement d'un pays du Chalonnet qui est très très rural.
01:17Donc en fait, il faut la voiture pour...
01:19Il n'y a pas 18 lignes de métro.
01:20Non, non, exactement.
01:21Donc il faut absolument, il y a quelques lignes de transport en commun, bien sûr,
01:24mais ça ne suffit évidemment pas pour assurer tous les besoins.
01:26Et ce que je peux vous dire, parce que ça on le mesure depuis quelques mois,
01:29évidemment la situation va s'aggraver,
01:31c'est qu'on a mis en place depuis quelques années des aides sociales facultatives
01:34pour des personnes qui n'arrivent pas à manger à la fin du mois
01:37lorsqu'elles ont payé le nécessaire, c'est-à-dire le loyer,
01:40les frais de déplacement professionnel, le gaz, l'électricité.
01:44Vraiment le strict minimum.
01:45On arrive à la fin du mois et on voit ce qu'on appelle le reste à vivre
01:48et là on aide les personnes qui vraiment ne s'en sortent pas.
01:51On a une augmentation par rapport à la dernière d'un tiers du nombre de personnes concernées.
01:55Donc ça, c'est du tangible, c'est du concret.
01:57Et ça ne joue pas que sur l'essence, le problème du port d'achat est plus large,
02:00mais en tout cas la situation va forcément s'aggraver.
02:03Et vous parlez du pas de drogue.
02:04Et ça joue sur quel nombre ?
02:06Ça veut dire, alors à l'échelle de Chalon, c'est plusieurs centaines de personnes,
02:10mais à l'échelle d'une ville de 47 000 habitants.
02:12Donc on peut dire que ce n'est pas beaucoup,
02:14mais simplement les critères eux-mêmes qui sont objectivés pour ne pas être universels,
02:17mais vraiment pour les personnes qu'on n'a plus besoin,
02:19évoluent dans un sens avec un tiers de bénéficiaires en plus.
02:23Donc ça veut concrètement dire, par rapport à la dernière,
02:25qu'on est vraiment sur une accélération de la précarisation.
02:27Mais ça veut dire un rassemblement de ces personnes qui vont se former ?
02:31Je ne sais pas.
02:32On parle des gilets jaunes, on parle du 17 octobre, qu'est-ce que...
02:34J'en sais rien.
02:35Je pense que, enfin, votre question est difficile,
02:38parce qu'on a beaucoup parlé effectivement d'un retour des gilets jaunes,
02:41je ne sais pas si la situation est celle-là.
02:44Je ne pense pas que l'histoire se répète forcément de la même façon.
02:47En revanche, il y a une grogne.
02:49Il y a une grogne et il y a aussi une peur.
02:50Il y a une peur, une craque, une angoisse.
02:53Il y a un abattement.
02:54Il y a un abattement.
02:54C'est peut-être encore pire d'ailleurs.
02:56C'est l'abattement.
02:56Est-ce que vous diriez, parce qu'on sent que c'est le pari un peu que fait Emmanuel Macron,
03:00qu'il a fait avec les forces politiques et qu'il va faire avec les Français ce soir,
03:03d'essayer d'une certaine façon de leur dire
03:06on n'y peut pas grand-chose,
03:08cette crise nous est importée de l'extérieur,
03:09à la différence de la crise des Gilets jaunes,
03:11où c'était un geste du gouvernement.
03:13Est-ce que les Français intègrent cette dimension,
03:16est-ce que vos administrés intègrent cette dimension
03:18qui est de dire
03:20on subit aussi des crises
03:21qui sont exogènes
03:23et est-ce que ça atténue
03:26un peu leur ressentiment à l'endroit du chef de l'État
03:27ou est-ce que les gens ont de toute façon
03:30besoin de gestes pour les aider
03:32financièrement, j'allais dire ?
03:34Si je voulais être caustique, je dirais qu'il est difficile
03:36d'accroître leur ressentiment
03:38quand on voit le niveau où il en est.
03:40Mais en revanche, je pense que les gens font très clairement
03:41la part des choses.
03:42Oui, cette crise est liée à des événements
03:44qui ne dépendent pas du gouvernement français.
03:46Ce qui pourrait dépendre du gouvernement français,
03:48de celui-ci et de ses prédécesseurs,
03:50c'est de ne pas avoir plombé les finances publiques
03:52au point aujourd'hui
03:53de ne pas pouvoir développer davantage de soutien
03:55dans des situations si compliquées que celles-ci.
03:57Mais là, on sait très bien que
03:58ce n'est pas d'ailleurs que la faute des maillots de Macron.
04:00Les déficits se sont creusés depuis bien longtemps.
04:02Merci.
04:02Merci.

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