- il y a 2 mois
Alors que le gouvernement prépare le budget 2027 dans un contexte politique incertain, comment réduire les dépenses publiques sans fragiliser davantage l’économie ? Quelles marges de manœuvre pour le gouvernement ? Avec Pierre Gattaz, PDG de Radiall et ancien président du MEDEF, et Léonidas Kalogeropoulos, PDG et fondateur de Médiation & Arguments, le Débat Éco s’intéresse à la place des entreprises dans le débat public et aux réformes prioritaires à l’approche de la présidentielle.
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00:03Et le surhabit continue cette émission avec le débat éco, Léonidas Kalogiropoulos, bonjour.
00:09Bonjour.
00:09Vous nous avez rejoint, vous êtes PDG et fondateur de Médiation et Arguments, fondateur d'Entrepreneurs pour la République
00:15et auteur de Les Entrepreneurs au cœur de la République aux éditions Déviation.
00:19Nous sommes toujours en compagnie de Pierre Gattaz, président directeur général de Radial, ancien président du MEDEF.
00:27Merci beaucoup d'être toujours avec nous.
00:28Alors, j'ai posé la question à Pierre Gattaz, je pose la même pour vous, votre sentiment en cette rentrée
00:34économique, cette rentrée présidentielle.
00:37Vous savez, le MEDEF a fait quelque chose d'extraordinaire la semaine dernière.
00:40Aux universités d'été du MEDEF ?
00:41Absolument, aux universités d'été du MEDEF, avec un débat en clôture avec les sept candidats qui sont les plus
00:47avancés dans les sondages,
00:49ils ont réussi à mettre la question des entreprises, des entrepreneurs au cœur de cette campagne.
00:54Et au-delà de la campagne, je trouve que c'est un véritable exploit, ils ont réussi à mettre la
00:59question des entrepreneurs au cœur de la cité,
01:01au cœur de notre démocratie, au cœur de la République, aux yeux de tous les Français.
01:05C'est fondamental parce que ce qui a été démontré, c'est qu'il n'y aura pas de protection
01:11sociale si nos entreprises ne vont pas bien,
01:13qu'il n'y aura pas de solution à la décarbonation de notre économie si les entrepreneurs ne sont pas
01:18là pour apporter des solutions,
01:20qu'il n'y aura pas de solution à la souveraineté, toutes les souverainetés énergétiques, technologiques, numériques,
01:27si les entreprises ne sont pas là pour occuper leur juste place.
01:30Donc véritablement, nous avons démontré collectivement tous les entrepreneurs réunis,
01:36parce que le MEDEF a vraiment réussi à fédérer tous les mouvements d'entrepreneurs autour de ces universités d'été,
01:44que la nation, ce sont les entrepreneurs.
01:47Il n'y a pas d'État fort s'il n'y a pas une nation forte.
01:50Et si on veut une nation forte, il faut que les entreprises soient solides.
01:54Et quelque part, nous semble-t-il, tous les candidats ont été amenés à poser un peu cette question.
01:59On a l'impression, depuis quasiment 48 heures, qu'ils ont vite oublié la piqûre qu'ils ont reçue jeudi
02:06soir au cours de ce débat.
02:07Mais c'est en tous les cas un signal très important et une très grande volonté de tous les entrepreneurs,
02:14Pierre Gattaz l'a dit il y a un instant, de jouer un rôle plein et entier dans les huit
02:19mois de campagne qui nous séparent de cette élection.
02:21Justement, il y a eu des revendications qui ont quand même été mises sur la table pendant ces universités d
02:25'été.
02:25Là, Sébastien Lecornu a réuni son gouvernement lundi 31 août pour travailler sur le budget 2027.
02:32Donc pour l'instant, Roland Lescure indique ne pas toucher au crédit impôt recherche, il n'y a pas que
02:37le pacte d'Utreil.
02:38Sébastien Lecornu oeuvre pour une baisse des dépenses sociales, retraite, santé, etc.
02:42Est-ce que pour l'instant, les sons de cloche que vous entendez sur ces débats budgétaires, ça va pour
02:48l'instant dans le bon sens selon vous ?
02:49En fait, il y a deux horizons. Il y a l'horizon du budget, quelques mois, où là ils n
02:54'ont pas de majorité.
02:55À l'Assemblée. Et donc, on espère ne pas avoir de bricolage et surtout pas de hausse d'impôts.
03:01Et puis après, vous avez l'élection.
03:03Où là, on cherche à comprendre les programmes.
03:05Et surtout, nous, à faire en sorte qu'ils comprennent, comme le disait très justement Léonidas,
03:10que l'entreprise, c'est fondamental, c'est la base de l'économie, c'est des communautés humaines.
03:15Nous apportons le bien-être à tout le monde. Nous faisons de l'écologie, nous apportons de la recherche, de
03:20l'innovation.
03:21Et sans une économie qui marche, vous oubliez l'art, la culture, le sport, le régalien, la justice.
03:28C'est nous, c'est l'entreprise, c'est l'économie qui fait qu'on peut se payer tout ça.
03:32Et c'est vrai dans tous les pays du monde.
03:33Donc là, il y a vraiment deux choses qui sont très importantes.
03:36Vous avez deux modèles qui s'opposent encore une fois.
03:38Et c'est malheureux qu'on se retrouve dans cette situation.
03:40Un modèle un peu, je dirais, socialo-communiste.
03:43Où là, l'État doit tout faire.
03:45On va vous taxer et vous occuper de tout.
03:47On va tout vous imposer.
03:48On va vous dire à quel niveau de ce que vous voulez.
03:49C'est-à-dire que ça se polarise, vous trouvez ?
03:50Je trouve que ça se polarise beaucoup depuis la dissolution.
03:53Dans le débat économique, en fait.
03:53Oui, oui, bien sûr.
03:54Et c'est pour ça qu'on fait toutes ces actions.
03:56Et c'est pour ça qu'on a été très contents que la REF se passe très bien.
03:58Bravo au MEDEF, bravo à Patrick Martin, son président.
04:01Parce qu'il faut être ensemble.
04:03Il faut être rassemblés.
04:05Il faut être déterminés.
04:06Et puis, il y a des gens qui ont compris, comme nous,
04:09que quand vous voyagez dans le monde,
04:11tous les pays qui réussissent, y compris les Chinois communistes,
04:14ils ont mis l'entreprise au milieu du village.
04:16Innovez, exportez, créez vos boîtes, enrichissez-vous, etc.
04:20Un pays communiste a compris le libéralisme et le capitalisme.
04:23Alors, il est Chinois.
04:23Ce n'est pas notre modèle.
04:24Mais, si vous voulez, c'est pour dire qu'il n'y a pas d'autre modèle en France.
04:27Je ne connais pas un modèle dans le monde.
04:29Sociale ou communiste.
04:31Qui ne s'appuie pas sur les entreprises ou sur l'économie.
04:33Ils ont tous échoué.
04:35Donc, ça, c'est un message extrêmement important
04:36qu'il faut passer, et qu'il faut passer dans le cadre du budget, bien sûr.
04:39L'horizon court.
04:41Alors là, ils sont en train de faire leur cuisine, etc.
04:42On va essayer de les aider pour trouver des idées.
04:45Mais, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas de majorité à l'Assemblée.
04:47Donc, ça va être d'horribles...
04:48Je crains que ça soit d'horribles compromis,
04:50comme le premier budget de 2026.
04:51C'est vrai que, d'ailleurs, pour ce qui est du budget que vous évoquiez,
04:54il va y avoir le moment de la présentation de la copie par le gouvernement.
04:57Et puis, ensuite, il va y avoir le moment parlementaire.
04:59Et le moment parlementaire nous inquiète, effectivement, beaucoup.
05:02Et comme l'État est en situation de grande fragilité,
05:06avec des déficits qui sont très préoccupants,
05:08qui nous inquiètent.
05:09Il faut penser que l'on rejette cette responsabilité,
05:12que si ça ne nous concernait pas.
05:13Mais la tentation est très grande,
05:15j'allais dire, de ponctionner sur la nation et les entreprises
05:18pour soutenir l'État.
05:19Mais c'est un calcul à très courte vue.
05:22Si on affaiblit la nation, si on affaiblit les entreprises,
05:26l'État s'écroule.
05:27Ça ne peut pas être la victoire de l'un contre l'autre.
05:30Il faut véritablement...
05:32On pourrait imaginer, d'ailleurs,
05:34qu'il y ait une sorte de consensus sur ce sujet.
05:37D'ailleurs, on voit émerger à gauche
05:39des voix qui sont un peu dissonantes
05:41par rapport à des visions un peu traditionnelles.
05:43J'ai vu récemment un candidat à la primaire socialiste
05:48qui s'appelle Philippe Brun,
05:49qui a publié un programme qui s'appelle Produire.
05:53Et il a un discours qui est très, très explicite.
05:56Il dit, avant de répartir,
05:57il va d'abord falloir que l'on réussisse à produire.
06:00Vous savez, Jean Rès n'a pas été en reste
06:02pour faire l'apologie des entrepreneurs.
06:07Et d'ailleurs, les entrepreneurs, c'est la nation.
06:10C'est la nation qui agit.
06:11Lorsqu'on a fait notre évolution,
06:14Valmy, on l'a gagné au cri de vive la nation,
06:16pas au cri de vive l'État.
06:18Et il faut vraiment qu'on revienne à ces fondamentaux.
06:20Ce n'est pas une rupture par rapport à notre histoire.
06:22C'est au contraire, retrouver notre histoire
06:25qui est faite de formidables entrepreneurs.
06:27Durant la REF, vous savez qu'on a parlé de Citroën
06:29et de la perspective de panthéoniser M. Citroën.
06:35Eh bien, ça nous remet en lien
06:37avec quelque chose qui est très fondamentalement
06:40ancré dans nos racines républicaines et françaises.
06:42Et cette année, avec l'idée que, justement,
06:44il y aurait peut-être un budget un peu minimal
06:46et puis après une élection,
06:49est-ce que ça, ça rajoute encore de l'instabilité
06:51qui est quand même la chose que craignent le plus les dirigeants ?
06:54Comment vous voyez cette année ?
06:56Je crois que les deux horizons sont très inquiétants pour nous
06:59parce que pendant ce temps-là,
07:00la dette augmente de 5 000 euros par seconde.
07:03Le temps de votre petite interview d'une demi-heure,
07:06vous faites le calcul,
07:07vous êtes à plusieurs millions d'euros de dette en plus.
07:10Le temps d'une journée, c'est des dizaines de millions.
07:12Donc c'est ça qui est le plus inquiétant.
07:14Moi, je ne dormirais pas à la place du gouvernement
07:17et d'Emmanuel Macron.
07:185 000 euros par seconde.
07:19Donc il y a une urgence absolue.
07:21On ne peut pas laisser dériver.
07:23C'est hémorragique presque, vous voyez,
07:24vous avez le sang qui coule, quoi.
07:26Donc on ne fait rien.
07:27Donc là, je crois que...
07:28Et c'est là où la responsabilité des partis est extrêmement importante.
07:32Quand vous avez...
07:33J'ai connu des...
07:34Je ne voudrais pas faire toute autre politique,
07:35mais j'ai connu des socialistes de François Hollande
07:37et de Emmanuel Valls
07:37qui sont devenus des sociodémocrates
07:39et qui ont fait le pacte de responsabilité,
07:41qui ont baissé le taux d'IS sur les sociétés
07:43de 33 à 25 %,
07:45qui ont fait le CICE
07:47pour abaisser les charges sur les basses salaires, etc.
07:49Puis la suite, par Emmanuel Macron,
07:51de supprimer l'ISF.
07:52Ce sont des gens de gauche, on va dire,
07:55qui sont comme les Allemands, les Suédois,
07:57les Danois, etc.
07:58C'est-à-dire qu'ils considèrent que l'économie est fondamentale,
08:00ce qu'on disait avec Léonidas.
08:01C'est fondamental.
08:02Et puis là, depuis la dissolution,
08:04ces sociodémocrates ont disparu,
08:05je ne sais pas où est-ce qu'ils sont,
08:06et l'EPS,
08:07ce sont les frondeurs de François Hollande
08:09qui sont allés avec NFP.
08:11Et là, c'est très inquiétant
08:12parce que vous avez vu le débat budgétaire précédent.
08:15Ils sont très peu à l'Assemblée,
08:17ils ne représentent presque rien
08:18et ils se retrouvent à être le chénon manquant
08:20pour faire que la retraite,
08:21cette fameuse réforme des retraites
08:23qu'il faudra de toute façon faire,
08:24de toute façon,
08:25il fera qu'on travaille jusqu'à 67 ans,
08:26qu'on le veuille ou pas.
08:27C'est écrit.
08:28C'est de l'arithmétique.
08:30Et quand vous allez pour des questions
08:31de politique politicienne,
08:32de bas étage,
08:34parce qu'on protège nos députés,
08:35on protège notre parti,
08:36on protège notre poste dans le parti,
08:38tout ça, pour nous, c'est épouvantable
08:40parce qu'on ne travaille pas pour la France,
08:41on ne travaille pas pour les Français.
08:43Et je crois que les Français ont compris
08:44quand ils mettent les politiques à 15%,
08:46je dirais, d'honorabilité, on va dire,
08:48ou d'estime,
08:49alors que nous, les patrons,
08:50on est entre 55 et 70%.
08:52C'est énorme.
08:53Il y a une différence entre les deux.
08:54Je ne dis pas qu'on est des enfants de cœur.
08:56Ça veut dire que l'on a une responsabilité.
08:58Et on a une responsabilité principalement
08:59en donnant ce qui est le commencement
09:03du conclusion, c'est le point de départ.
09:06Et les chiffres, d'ailleurs, le MEDEF,
09:08et vraiment, il faut louer le travail
09:10que Patrick Martin a fait à la tête du MEDEF
09:11et avec cette université d'été,
09:14ils ont distribué un petit livre,
09:16ça s'appelle Un livre ouvert,
09:18si ma mémoire est bonne.
09:19En tous les cas, il y a tous les chiffres fondamentaux,
09:21les chiffres de la dette,
09:24les chiffres des retraites,
09:25le coût des prestations sociales,
09:27ce sont les éléments sur lesquels
09:29nous devons pouvoir débattre.
09:30Et ça devrait être le commencement
09:33d'un constat commun entre la gauche et la droite
09:35pour aller à une conclusion.
09:37En tout état de cause,
09:38cette première étape de saut d'obstacles
09:40que nous avons dans les mois qui viennent,
09:41qui est effectivement le budget,
09:43il y a déjà un message, nous semble-t-il,
09:46qui n'a malheureusement pas été très bien accueilli
09:48par beaucoup de parlementaires,
09:49celui du Premier ministre,
09:50disant que de toute manière,
09:51ils font un budget.
09:52Et ils nous font un budget.
09:53Il nous faut impérativement un budget
09:55parce que c'est en cela que nous sommes tous liés
09:58les uns aux autres.
09:59Si les taux d'intérêt dérapent
10:01à cause de la situation budgétaire
10:03qui n'est pas contrôlée,
10:04ça impactera la totalité des acteurs économiques.
10:06Donc nos sorts sont liés.
10:08Et des ménages.
10:08Et des ménages.
10:09Nos sorts sont liés.
10:10Et la thématique de ces universités d'été,
10:13c'était le courage.
10:14Vous avez justement publié une tribune
10:16qui montre que l'idée,
10:18c'est de ne plus rester dans ces eaux troubles
10:20et de cette culture du « en même temps ».
10:22Quel courage il faudrait prendre
10:24pour le gouvernement, selon vous,
10:26pour pouvoir avancer ?
10:27Le « en même temps », c'est un pari
10:28que nous avons voulu prendre un peu
10:31pour notre compte, chacun d'entre nous.
10:33Nous y avons cru.
10:34Pourquoi ?
10:34Parce que le « en même temps »,
10:35c'était un peu l'idée
10:36que l'on va tous entendre,
10:37qu'on soit de droite, de gauche,
10:38on va tous être ensemble
10:39et on va tous aller dans la même direction.
10:40On ne peut pas réussir
10:42à faire la réindustrialisation
10:44avec des gens qui sont décroissancistes.
10:46Si vous êtes dans la même équipe
10:48avec des gens qui considèrent
10:49qu'à chaque fois qu'on ouvre une usine,
10:50on fait reculer la cause du climat
10:52et que parallèlement,
10:53vous voulez réindustrialiser,
10:54ce n'est pas possible.
10:55Donc il faut choisir.
10:56Il faut que ce choix soit soumis aux Français.
10:58On ne peut pas vouloir une politique de l'offre
11:00en traînant un boulet de 450 milliards
11:02de protection sociale.
11:04Donc il va falloir revoir notre modèle social
11:05si on veut que la politique de l'offre réussisse.
11:08Et il faut soit l'un, soit l'autre.
11:10Mais on ne peut pas l'un de même temps.
11:11On ne va pas pouvoir non plus
11:13restaurer notre souveraineté
11:14si on pense que nos accords européens
11:17sont sacrosains.
11:18Il faut que l'on dialogue.
11:19On a un dialogue exigeant avec l'Europe.
11:21On a besoin d'Europe.
11:22Mais il y a des moments
11:23où il faut que l'on soit capable
11:24d'imposer nos choix industriels
11:27et notre souveraineté.
11:28Donc tous ces en même temps
11:30sont probablement les clés de compréhension
11:36de pourquoi nous en sommes
11:37avec des intentions qui étaient plutôt louables
11:39dans une impasse
11:40parce qu'on a voulu tout concilier
11:42et quelque part tout mélanger.
11:44L'élection que nous avons devant nous
11:46doit être un moment de clarification.
11:48On doit se fixer un cap
11:49et montrer que la démocratie
11:52ça permet de choisir,
11:54de décider et d'agir.
11:55Eh bien ça effectivement nous en avons besoin.
11:58Et donc là justement
11:58il nous reste 5 minutes
12:00pour parler de choses vraiment concrètes.
12:02Quelle serait,
12:02selon d'autres,
12:03je vous pose la question à vous deux,
12:04quelle serait,
12:04si il devait y avoir une réforme
12:06à prendre,
12:07à tenir,
12:08un cap à tenir,
12:09ce serait lequel ?
12:09Alors moi je crois que
12:10comme dans nos entreprises en crise
12:12on fait deux choses.
12:13Il y a de la croissance,
12:14aller chercher de la croissance
12:14mais surtout baisser les dépenses,
12:17la structure.
12:17Parce que si la croissance ne vient pas
12:19elle peut être très aléatoire
12:20liée à l'extérieur.
12:22Eh bien vous avez une structure
12:22qu'il faut baisser
12:23pour pouvoir retrouver
12:24de la marge de manœuvre.
12:25La France est dans cet état-là.
12:26Il faut donc réduire les dépenses.
12:29Je pense que la chose la plus rapide
12:31pour avoir un quick win,
12:33comme on dit,
12:33c'est de faire comprendre aux gens
12:35qu'il faut travailler un peu plus
12:36en étant rémunérés plus.
12:38On a proposé
12:39dans notre institut des solutions
12:40et on va continuer de le faire,
12:42de revenir à 39 heures
12:43payées 40.
12:44Aujourd'hui,
12:45si vous voulez,
12:45il y a ces fameux RTT.
12:47Les gens peuvent travailler
12:4737 heures par semaine,
12:49ils ont un RTT je crois par mois
12:51ou 39 heures
12:52et ils ont deux RTT par mois.
12:53À la fin du compte,
12:54ça fait beaucoup de RTT,
12:55ça fait une vingtaine
12:56à la fin de l'année
12:57qui est du temps rémunéré
12:59mais pas travaillé.
13:01Donc ce que nous proposons,
13:03nous par exemple,
13:03c'est de dire,
13:04écoutez,
13:04vous pouvez travailler
13:05de 39 heures,
13:06ça sera payé 40,
13:06c'est-à-dire que chaque heure sub
13:07et les RTT,
13:09vous pouvez en prendre
13:09mais de façon exceptionnelle.
13:11C'est plus,
13:12on transforme l'exception
13:13en général.
13:14Et là,
13:15ça fait une augmentation
13:16de salaire de 14% net,
13:1814% net.
13:19Ça ramène grosso modo
13:21100 milliards aux salariés
13:23sur la population
13:24des salariés qu'on a,
13:25les 21 millions
13:26et ça ramène 80 à 70
13:28à 80 millions milliards
13:29de charges et d'impôts
13:31et de charges sociales
13:32et patronales à l'État.
13:33C'est une mesure,
13:34c'est la mesure
13:35la plus énorme
13:37de toutes les mesures
13:38que j'ai pu écrire
13:38dans ce livre
13:39Gagner Plus,
13:40sur les 30,
13:41la plus efficace,
13:42la plus rapide,
13:43c'est de motiver
13:43nos concitoyens
13:45de travailler un peu plus
13:47mais en étant rémunéré.
13:48Il faut que le travail paye.
13:49Ça, c'est fondamental.
13:51C'est fondamental.
13:53C'est d'accord,
13:56Léonie Descône ?
13:56Le carburant dans la machine,
13:57le carburant de notre croissance,
13:59le carburant de nos entrepreneurs,
14:00c'est le travail.
14:02C'est que tout le monde
14:03se fait engager.
14:04Et si chacun met
14:06le maximum de ce qu'il peut
14:07et qu'à la fin du mois,
14:09il est quasiment aussi pauvre
14:11que s'il n'avait pas de travail,
14:12eh bien,
14:12vous avez démotivé un pays.
14:14Il faut remotiver notre pays.
14:15Et là,
14:16c'est triplement gagnant.
14:16C'est gagnant pour le salarié,
14:18c'est gagnant pour l'entreprise,
14:19c'est gagnant pour l'État.
14:21Quand on me dit,
14:21vous avez sifflé Mélenchon
14:23qui proposait un 14%
14:24d'augmentation du suivi,
14:26ça a fait sur les réseaux
14:27un buzz effrayant.
14:29Et en fait,
14:31il faut dire,
14:32il faut qu'on dise
14:32et qu'on affirme
14:33que nous, les patrons,
14:34on veut augmenter
14:35nos salariés.
14:36Mais on a un problème de marge
14:38où demain matin,
14:39vous augmentez brutalement
14:40tout votre SMIC de 14%.
14:42D'abord,
14:43toute l'échelle des salaires
14:43est augmentée
14:44parce que ceux qui sont
14:45près du SMIC,
14:45ça ne marche pas.
14:46Et deuxièmement,
14:46vous avez déjà des marges
14:47riquiquées actuellement
14:48à cause de la croissance
14:49très faible, etc.
14:50Ce qui fait que là,
14:51beaucoup de entreprises
14:52sont en position de survie.
14:54Augmenter de 14%
14:55demain matin,
14:55ils sont en position
14:56de mort totale.
14:59Le problème de nos salaires
14:59et vous me demandez
15:00quelle est la priorité.
15:01La priorité absolue,
15:03c'est de faire en sorte
15:03que les charges
15:04soient réduites sur le salaire.
15:06Il n'y a que le travail
15:06qui paye la totalité
15:08de notre modèle social.
15:10Et donc,
15:10nous payons déjà
15:11des salaires très élevés
15:13sauf que les quantités
15:15de charges
15:15qui pèsent dessus
15:16font qu'à la fin,
15:17le salaire net est très bas.
15:18Et donc,
15:18ça,
15:19c'est effectivement une priorité.
15:20Deuxième réforme
15:21qui est de ramener
15:22le net vers le brut.
15:23Donc,
15:23en fait,
15:24on a fait des calculs
15:25là encore.
15:25Là,
15:26on paye 100%.
15:26Quand vous payez 100%,
15:28vous payez 200%
15:30au coût du travail.
15:30Donc,
15:30il y a 100 euros
15:31de charges sociales patronales.
15:32Il faut les réduire
15:33de 25%,
15:33en gros.
15:34Parce qu'en 25%,
15:35on serait à peu près
15:36à la moyenne européenne.
15:37Eh bien,
15:37ça fait des chiffres considérables
15:38et pour ça,
15:39il faut regarder la retraite.
15:40Qu'est-ce que payent
15:41ces charges salariales
15:42et patronales ?
15:42La retraite,
15:43l'assurance chômage,
15:44la sécurité sociale
15:45et quelques autres points.
15:46Ces trois blocs
15:47sont très importants
15:48dont la retraite
15:49qui devient,
15:49avec le Travailler Plus,
15:51sur un an,
15:52le point le plus important
15:53pour ramener aussi
15:54de l'argent,
15:55de la productivité
15:56en gagnant,
15:57en gagnant encore une fois.
15:57Pardon Pierre,
15:58je voudrais quand même
15:59préciser une chose
16:00parce que tout ça,
16:01ce n'est pas uniquement
16:02des réformes comptables.
16:03Il faut simplement
16:04quand même rappeler
16:05que c'est la plus extraordinaire
16:07aventure qui attend
16:08notre pays.
16:09C'est d'aller chercher
16:10de la croissance,
16:11aller chercher
16:12de l'innovation.
16:12Est-ce que pour l'instant,
16:13il y a un programme
16:14économique qui peut répondre
16:15à ça pour l'instant
16:16qui a été mis en avant ?
16:18Alors,
16:18j'ai quelques idées
16:19parce que je vois
16:20à peu près tous les candidats,
16:21enfin pas tous
16:22parce qu'il y en a
16:22que je n'ai pas encore vus.
16:24J'étais avec David Lissard
16:25par exemple le week-end
16:26et David Lissard,
16:29je dirais,
16:30et je ne veux pas faire
16:31de préférence politique
16:32ce soir
16:32et je ne soutiens personne
16:33parce que je ne veux
16:34pas soutenir personne
16:34et si vous me posez
16:35la question,
16:36il y a un programme
16:37politique qui est lié
16:38à son passé d'entrepreneur
16:40et de commerçant
16:40et de famille de commerçant.
16:42Il est maire à succès
16:43et s'est fait lire
16:43à plus de 80% à Cannes
16:45au premier tour
16:46deux fois de suite
16:46et son discours
16:47est très proche du nôtre.
16:50très proche du nôtre
16:51parce qu'en effet,
16:52il est sur les économies
16:54et il veut...
16:55Vous savez,
16:56soit vous êtes
16:57sur les taxes
16:57et la dette
16:58et ça c'est totalement
16:59irresponsable
17:00et ces gens-là
17:01je ne les écoute plus
17:01et ils sont insupportables
17:03soit vous êtes
17:04sur les économies
17:04alors vous tentez
17:05de réformer les systèmes,
17:06d'optimiser le modèle social
17:07et il est dans
17:08cette démarche-là.
17:09Alors je dis,
17:09il n'est pas le seul
17:09quand vous regardez
17:10les candidats
17:11que j'ai entendus
17:12ça va de Philippe
17:13à Sarah Knafo,
17:14il y a plein de bonnes idées
17:15là-dedans, etc.
17:16Après, si vous voulez,
17:17tous ceux par contre
17:18qui sont un peu plus à gauche
17:20voire un peu plus à droite
17:22sur le programme économique,
17:24c'est du grand n'importe quoi.
17:26Et donc je pense que nous,
17:27on a un rôle,
17:27si vous voulez,
17:28sans soutenir personne,
17:29c'est d'acculturer les candidats,
17:31acculturer les Français,
17:32de rappeler les bases,
17:33les bases
17:34qui fonctionnent
17:35dans l'ensemble
17:36des pays au monde
17:37qui réussissent.
17:37ce n'est pas de l'ultralibéralisme.
17:40Et nous avons eu
17:40une responsabilité,
17:41c'est de rappeler
17:41les réalités tous les jours
17:43parce que les réalités
17:44tous les jours,
17:44c'est ce qui fait
17:45la vie des entrepreneurs.
17:46Merci beaucoup
17:46Léonie Daskalogiro-Poulos,
17:47je rappelle que vous êtes
17:48PDG et fondateur
17:49de Médiation et Arguments
17:50et fondateur
17:50d'Entrepreneurs pour la République.
17:52Pierre Gattaz,
17:53vous êtes PDG de Radial
17:54et ancien président NUMEDEF.
17:55Merci à tous les deux
17:56d'avoir été présents
17:57pour la première de Smartéco
17:58et merci à vous toutes et tous
17:59de nous avoir suivis.