00:01On en sait désormais beaucoup plus sur l'attentat raciste à Trappes qui, rappelons-le, a fait un mort et
00:06sept blessés, dont quatre graves,
00:08après la garde à vue de Kevin Tessier qui a pris fin. On va d'ailleurs retrouver devant le tribunal
00:13Paul Conge.
00:14Fin de garde à vue. Le suspect a été entendu à six reprises. Il devrait passer sa première nuit en
00:19prison ce soir.
00:24Écoutez, oui, Kevin Tessier, 39 ans, a été mis en examen cet après-midi pour plusieurs crimes,
00:30assassinat, tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste.
00:32La circonstance aggravante de racisme a aussi été retenue. Il a été mis en examen à l'issue d'un
00:37interrogatoire devant des juges d'instruction,
00:39malgré ses dénégations. Parce qu'au cours de sa garde à vue, Kevin Tessier, il a été jusqu'à affirmer
00:43que son acte était légitime,
00:45que ça ne relevait pas du terrorisme. Une défense absolument stupéfiante, surtout après les premières révélations de cette enquête
00:50par le procureur antiterroriste Olivier Christen ce matin. On a appris notamment que cet attentat du 23 octobre,
00:55Kevin Tessier l'a prémédité. Il le préparait, il s'est préparé depuis presque deux mois.
00:59Il avait par exemple modifié son pistolet mitrailleur en prévision, fermé ses comptes sur les réseaux sociaux
01:05ou encore fait fabriquer 30 autocollants politiques retrouvés à son domicile qui supportaient la mention
01:10« Vive la France, RN, fier d'être français ». Une sorte de signature de son acte.
01:15D'après le procureur antiterroriste, Kevin Tessier a par ailleurs admis son mobile raciste.
01:20Il l'a dit ce matin, écoutez-le.
01:24Il admettait avoir spécifiquement ciblé des personnes, je cite,
01:28« de type musulman ou africain, nord-africain » et choisi le lieu de son action,
01:33car je cite à nouveau « Trapp est un repère d'islamistes ».
01:37Il contestait en revanche toute intention terroriste, considérant son action comme légitime.
01:42S'il réfutait avoir voulu tuer des enfants, indiquant avoir pu se méprendre au regard de la taille de la
01:47victime de 11 ans,
01:48il déclarait toutefois n'éprouver aucun regret.
01:52La prochaine étape maintenant pour Kevin Tessier, c'est de passer devant un juge des libertés de la détention.
01:57C'est lui qui décidera si oui ou non il sera envoyé en détention provisoire.
02:00Le parquet national antiterroriste en tout cas l'a demandé.
02:03L'issue de ce débat devant le juge fait peu de doutes.
02:05La décision est attendue en début de soirée.
02:08Merci Paul Conge.
02:09Pauline Revena, c'est vrai qu'on a appris beaucoup de choses aujourd'hui,
02:12et notamment qu'il assume le caractère raciste de son crime, de ses crimes,
02:19avec la préimitation de son geste, puisqu'il a préparé cette attaque, cet attentat, dès le mois de septembre.
02:25Depuis le 3 septembre, dit le procureur national antiterroriste, ça passe par effectivement des armes,
02:31ça passe par une préparation minutieuse, ça passe par la vente de son ordinateur portable et la coupure de ses
02:38données,
02:38et puis il coupe son téléphone portable aussi avant l'effet.
02:42Donc tout ça signe effectivement de la préméditation.
02:44Et puis on apprend, ce sont des informations Mediapart qu'on peut confirmer à cette heure par nos confrères DRMC
02:50et BFM TV,
02:51que trois jours avant ce périple meurtrier, Kevin Tessier, il avait déjà agressé violemment un homme noir à une station
02:57service,
02:58et que sur cette vidéo de surveillance, il n'y a pas le son, mais on voit effectivement cet individu
03:05agresser violemment sa victime.
03:07D'abord, il l'asperge avec du gaz lacrymogène, il le frappe violemment, donc on ne sait pas si des
03:11insultes sont échangées,
03:12mais ce qu'on comprend, c'est que la police intervient et que, informé de cette altercation,
03:17l'employeur alors de Kevin Tessier décide d'engager une procédure de licenciement à son encontre.
03:22Je parle sous votre contrôle, vous savez que la procédure, pour aller jusqu'au bout,
03:25il faut qu'il ait une lettre remise en main propre de convocation en vue d'un entretien préalable au
03:30licenciement.
03:31Et bien ce jour-là, Kevin Tessier, il s'est mis en arrêt maladie.
03:33Donc tout ça, c'est plein de petits éléments.
03:38Je ne comprends pas, il est interpellé après avoir agressé violemment quelqu'un, et on le libère tout de suite,
03:42il ne se passe rien.
03:43Il a probablement été convoqué pour une date ultérieure, et dans l'entretemps, il attrape.
03:48Oui, parce que là, quand même, ça change tout.
03:50Ça veut dire qu'il y a des signes avant-coureurs, ça veut dire qu'il y a eu des
03:53signaux.
03:54Là, du coup, c'est plus qu'un signal.
03:57On est plus que dans l'après-midi, enfin, je ne sais pas si on peut dire plus que dans
03:59l'après-midi, mais en fait, il y avait déjà passé à l'acte, en quelque sorte.
04:02Il y avait déjà des actes de violence, alors effectivement, pas de la même gravité que ce qui se passe
04:06à Trappes, mais il y a des insultes et des coups.
04:08Interpellé, libéré, son employeur veut le virer.
04:10Et lui se met en arrêt maladie.
04:12Et ensuite, il passe à l'acte quelques jours après.
04:13Alors, il faut aussi préciser que pendant sa garde à vue, il a été entendu à six reprises par les
04:19enquêteurs.
04:19Il a dit très clairement qu'il voulait cibler des personnes de type musulman, africain, nord-africain.
04:25Il a choisi aussi le lieu d'action. Trappes, ce n'est pas pour rien.
04:29Trappes, dit-il, et je le cite, ce sont ses mots, ce ne sont pas les miens, Trappes est un
04:32repère d'islamistes.
04:33Il explique que son action est légitime, qu'il a choisi effectivement ses cibles et surtout qu'il n'a
04:38aucun regret des actes qu'il a commis.
04:40Il assume aussi l'après-méditation.
04:43– Des autocollants ont été retrouvés chez lui.
04:46Alors, c'est des autocollants dessinés par lui-même.
04:49– C'est ce qu'on appelle des autocollants apocryphes.
04:51J'ai appris un nouveau mot aujourd'hui.
04:52Apocryphes, ça veut dire dont l'authenticité est douteuse, effectivement, puisque c'est lui qui les a fabriqués.
04:56Donc, il a détourné sans doute le logo du Rassemblement National.
04:59– Mais beaucoup, plusieurs dizaines.
05:00– Il y en a 30 avec la mention « Vive la France, RN, fier d'être français ».
05:03Il y en a 99 avec la mention « 100% français, vive la France ».
05:07Et 98 avec l'inscription « Soutien aux forces de l'ordre ».
05:10Donc, lui, parallèlement, dit qu'il n'est ni sympathisant, ni adhérent à un parti politique.
05:15Bon, je pense que l'enquête ne fait que commencer
05:17et qu'il y a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de fils à tirer pour les enquêteurs.
05:20Notamment, la saisie de son ordinateur et son téléphone qui va sans doute révéler des connexions.
05:25– Ce qui fait le froid dans le dos, Julia Courvoisier est avec nous,
05:27à l'avocate au Barreau de Paris.
05:28C'est ce qu'on apprend donc ce soir, c'est que le 20 octobre, juste avant cet attentat,
05:34il passe déjà à l'acte.
05:35Donc, on est trois jours avant son périple meurtrier.
05:39Kevin Tessier décide de s'en prendre violemment à un homme de couleur,
05:43à une station de service.
05:45Donc, il y avait vraiment un signe avant-coureur.
05:46Il est interpellé par la police.
05:47– Il n'y avait pas d'armes, à la seule différence qu'il n'y avait pas d'armes.
05:50– Il est interpellé par la police, visiblement, il est relâché,
05:52il ne lui arrive rien à ce moment-là.
05:54Mais son employeur qui est informé, le licencie.
05:58– Engage une procédure.
05:59– C'est peut-être aussi à ce moment-là qu'il accélère.
06:01Il se dit, bon, je vais passer à l'acte.
06:04– Alors, moi, à ce stade-là, je ne peux pas vous le dire.
06:06Ça va être vraiment le rôle de l'instruction des experts psychologues,
06:10des experts psychiatres, le rôle des policiers,
06:11sur aussi les éléments techniques qu'on va retrouver dans son téléphone portable,
06:15dans son ordinateur, peut-être dans d'autres instruments qu'il avait,
06:18pour voir, effectivement, quand est-ce que l'après-méditation a commencé,
06:22si cet acte était un début de commencement de l'acte terroriste par la suite,
06:28si ce n'était finalement pas lié.
06:31Tout ça, l'instruction va le déterminer.
06:33Mais en revanche, effectivement, c'est un signe, en tout cas,
06:37c'est un élément de contexte qui est, je pense, très important dans le dossier
06:41pour la suite de l'instruction.
06:42– Il n'a exprimé aucun regret pendant sa guerre d'avis.
06:45– Un regret et une préméditation assumée.
06:49– Pas de regret.
06:50Et il explique que s'il a tiré sur la fillette de 11 ans,
06:52c'est parce que la corpulence, il ne comptait pas tuer des enfants,
06:54mais que la corpulence prêtait à confusion.
06:57Bon, tout ça est quand même un petit peu déconcertant pour nous
07:00parce que tout est brut et visiblement, il assume son geste.
07:04Voilà ce qui est important.
07:05Et il pose des mots dessus.
07:06– Et les raisons de son geste.
07:07– Voilà, et il pose des mots dessus.
07:08– Mais est-ce qu'on est face à quelqu'un qui s'est radicalisé ?
07:11– C'est-à-dire qui, peu à peu, s'est radicalisé à l'ultra-droite
07:16ou à l'extrême-droite, et qui, dans sa tête, s'est dit à un moment donné,
07:21il faut que je passe à l'acte, il faut que je tue des personnes de couleur,
07:25il faut que… Est-ce qu'on peut parler de radicalisation ?
07:28– À ce stade-là, il faut être très prudent, parce que pour l'instant,
07:30on n'a que certains éléments qui ont été communiqués par le parquet.
07:34Nous n'avons pas accès à l'intégralité du dossier,
07:36et c'est normal parce que c'est le secret d'instruction
07:38et c'est l'intérêt de l'enquête, y compris pour les droits de la défense,
07:41mais aussi pour les partis civils, c'est le rôle de l'enquête
07:44de savoir à quel point il était radicalisé, quand est-ce que ça a commencé,
07:47si éventuellement il y avait des gens qui savaient qu'ils n'ont pas dénoncé,
07:50si potentiellement il n'y avait pas non plus des complices,
07:53notamment dans le cadre de la vente d'armes,
07:55ça pourrait effectivement remonter jusque-là.
07:58Tout ça, c'est l'intérêt de l'instruction.
08:00Je sais qu'aujourd'hui, le grand public et l'opinion
08:03veulent avoir des réponses, mais malheureusement,
08:05bien sûr, mais malheureusement, la justice,
08:08elle ne peut pas tout de suite en donner.
08:08– Mais par exemple, on se pose la question, moi je me la pose, pourquoi ?
08:11– On ne qualifie pas cet acte d'acte terroriste ?
08:13C'est pour ça que je parlais des radicalités,
08:15je faisais référence au terrorisme djihadiste,
08:18est-ce que là on n'est pas un terroriste d'extrême droite ?
08:20Et voilà, avec peut-être le même processus de radicalisation,
08:24de quelqu'un qui est un peu seul, qui dans son coin se radicalise…
08:27– Qui d'ailleurs a une fragilité psychologique dont on n'a pas vraiment parlé,
08:30mais qui disait un psychiatre sur le plateau avant,
08:33ça ne le rend plus très étanche.
08:34– Et qui passe à un moment donné à l'acte, qui décide de passer à l'acte.
08:37– Alors, le PNAT s'est saisi, ça veut dire qu'il y a quand même
08:39une grosse suspicion d'actes criminels terroristes,
08:41on en est au début de l'instruction,
08:43alors ça va être compliqué ce que je dis,
08:45mais il est présumé innocent, non pas parce qu'il l'est,
08:48mais parce que l'instruction va avoir pour objectif
08:50de coller au plus près des actes qui ont été commis,
08:54et pour l'instant, on considère, en tout cas le PNAT considère
08:58que la grosse suspicion, c'est un assassinat à caractère terroriste.
09:02Donc pour l'instant, ce terme il est retenu,
09:04la question c'est qu'est-ce qui va advenir de l'instruction,
09:06qu'est-ce qui va advenir de l'ordonnance de mise en accusation,
09:09et ensuite de sa condamnation.
09:11Pour l'instant, en tout cas, on est bel et bien,
09:13puisque le PNAT est saisi,
09:16on est bien à ce stade de la procédure
09:18sur une qualification d'assassinat terroriste.
09:20Que va-t-il se passer maintenant ?
09:22Donc là, il est mis en examen,
09:23il va passer sa première nuit en prison.
09:25Oui, il faudra voir dans quelle structure on le met,
09:28ça va être un bon indice,
09:29est-ce qu'on le met dans une maison d'arrêt
09:30dans une détention classique,
09:32ou est-ce qu'on le met à proximité
09:33d'infirmeries psychologiques, psychiatriques,
09:37dans certains établissements pénitentiaires ?
09:39Est-ce qu'il va avoir une obligation
09:40de suivre un traitement ?
09:42Vous savez que dans ces analyses sanguines
09:44ont été retrouvées, certes de la cocaïne,
09:45certes du cannabis,
09:46mais aussi des traces médicamenteuses
09:48parce qu'il est sous traitement médical.
09:49Donc voilà, ça c'est tous les indices
09:51qui vont...
09:52Et puis ensuite, c'est le travail de l'instruction.
09:55L'enquête va durer des mois
09:56et au terme de quoi,
09:58si son comportement n'est pas aliéné
10:00ou altéré,
10:01il y aura procès, procès aux assises évidemment.
10:03Je rappelle donc l'info essentielle
10:04qu'on révèle ce soir,
10:05c'est qu'il est...
10:07Trois jours avant,
10:07il passe à l'acte,
10:08le 20 octobre,
10:09et il s'en prend un homme de couleur
10:11dans une station au service.
10:12Il avait déjà commencé finalement
10:14son périple meurtrier
10:15trois jours avant.
10:16Merci pour ces dernières informations.
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