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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Bonsoir Maxime Branchetteur du service police-justice, bonsoir Maxime.
00:04On va avec vous décrypter ces images que BFM TV a pu authentifier.
00:08C'est une partie de l'attaque de vendredi à Trappes et à la Verrière.
00:13Images, vidéos issues d'une caméra d'une station service de Trappes où le tireur s'est rendu.
00:20Oui exactement, c'est des vidéos qu'on a pu authentifier, qu'on a décidé,
00:24une vidéo qu'on a décidé de ne pas vous montrer parce qu'elle est trop violente
00:28et par respect pour les victimes.
00:30Elle est issue, vous l'avez dit, d'une caméra de vidéosurveillance de la station service
00:34qui était le quatrième lieu de son périple meurtrier.
00:36La vidéo est prise à l'intérieur et elle mène sur les portes automatiques de la station service.
00:41Qu'est-ce qu'on voit sur cette vidéo ?
00:42D'abord, sans trop comprendre pourquoi, on voit des personnes qui, apeurés,
00:47rentrent se réfugier dans la station.
00:48Puis on voit un homme qui arrive en trottinette, qui tombe,
00:51semble avoir mal, sûrement touché par un projectile.
00:55Et puis, en fin de vidéo, on voit les images que vous voyez là,
00:58c'est-à-dire qu'on voit ce terroriste s'approcher de l'homme avec son arme,
01:02son arme automatique qui serait une arme, un ancien modèle,
01:08en tout cas qu'on n'a pas l'habitude forcément de voir dans les trafics d'armes.
01:12On le voit froidement et on ne sait pas si elle recharge, si elle s'enraye.
01:17En tout cas, il la manipule.
01:18On a l'impression qu'il a un petit problème avec son fusil, qu'il est enrayé.
01:22Est-ce qu'à partir du moment où c'est une arme particulière et qu'on n'est pas expert
01:25?
01:25C'est un peu difficile à dire, mais on voit bien que ça dure un long moment
01:28pendant que l'homme, blessé à la trottinette, est toujours à terre.
01:31Oui, juste à côté.
01:32Alors, on ne le voit pas sur ces images.
01:34Il a tiré visiblement une première fois sur cet homme qui est à terre.
01:37Qui est tombé de la trottinette.
01:38Donc, en quelque sorte, il voulait l'achever ou lui tirer dessus.
01:41On voit l'homme tomber en trottinette sur le côté en bas à droite de l'écran.
01:44On ne vous le montrera pas, évidemment.
01:46Et ensuite, on voit l'homme se rapprocher.
01:48C'est là qu'il manipule, qu'il semble vouloir faire quelque chose.
01:50Et à la fin, il finit par, il semble, retirer une cartouche en direction de cet homme.
01:55Et cet homme est déjà au sol.
01:57Et sembler...
01:58Cet homme est blessé, est à l'hôpital en ce moment.
02:00L'homme, alors on n'a pas pu l'identifier formellement,
02:03mais on sait qu'il y a eu un blessé grave à la station de service.
02:05Il est extrêmement probable que ce soit l'homme de cette vidéo.
02:08Et ce qui est glaçant, c'est cette dernière image, vous le voyez.
02:12Il repart.
02:13Tranquillement.
02:13C'est une image fixe, mais il repart.
02:15C'est ça, presque tranquillement.
02:17On ne voit pas du tout paniquer sur les images.
02:19Déterminé.
02:20Il a déjà tué à ce moment-là.
02:22Il a déjà tiré sur plusieurs personnes.
02:23C'est le quatrième moment de son périple meurtrier.
02:26Il y en aura six au total.
02:27Donc, il va continuer jusqu'à se faire interpeller.
02:30Et ensuite, il va poursuivre son périple meurtrier en allant à la verrière.
02:35Exactement.
02:35Vous voulez que je vous récapitule sur mon périple ?
02:37Ça commence donc, c'est vers 10 heures.
02:39Il ouvre le feu depuis sa voiture, son véhicule Renault Clio, avec l'armée automatique.
02:44Ça commence au 34 avenue Hector Berlioz à Trappes.
02:49Il tire dans un véhicule stationné dans lequel se trouvent une mère et sa fille.
02:54Ensuite, il fait un peu de route.
02:55Au niveau de la maison de la santé située rue Gérard Philippe à Trappes,
02:58là, il tire sur la façade de la maison de la santé, heureusement sans faire de blessés.
03:02Square, Louis Pergot attrape toujours, après s'être déplacé encore une fois,
03:06il tire en direction d'un homme qu'il va blesser mortellement.
03:13C'est la famille de l'homme, vous savez, ce combattant de MMA qui est malheureusement décédé,
03:19qui est le seul décès de cet attentat.
03:22Puis, au niveau de la station service, c'est les images qu'on vient de décrypter
03:26où il ouvre le feu et blesse deux personnes.
03:28On en a vu une, mais il y en a une autre.
03:31Après la station service, il poursuit sa route.
03:33Il va à la pharmacie du Bois de l'étang à Laverrière.
03:36Là, il blesse deux personnes par arme à feu.
03:38Et il finit aux 11 rues Marseille-Rivière à Laverrière
03:41où il blesse une dernière personne.
03:43En l'occurrence, d'après nos informations, c'est la jeune fille de 12 ans
03:46qui est toujours hospitalisée.
03:48Alors, on va retourner sur place trois jours après cette attaque terroriste
03:52parce que Jérémy, Normand et nos équipes ont été devant des habitants de Trappes et de Laverrière.
03:59Et on voit, Jérémy, bonsoir, que trois jours après, il y a encore beaucoup d'émotions,
04:03mais aussi de l'angoisse.
04:07Oui, absolument, Olivier.
04:09Beaucoup d'émotions, particulièrement ici, au bord de la Nationale 10.
04:12On est à Trappes, devant la station service, d'où sont issues les images que vous venez de voir
04:19et que vous a décrites Maxime.
04:20À quelques mètres derrière nous, il y a eu cette scène d'horreur sur le parcours,
04:24le périple meurtrier de l'assaillant, l'homme de 39 ans,
04:28qui a blessé effectivement deux personnes ici.
04:30Alors, aujourd'hui, on a discuté avec les habitants, les usagers qui ont vu ces images
04:35et pas seulement les images que nous, à BFM TV, nous avons choisi de vous montrer,
04:38mais l'intégralité de cette vidéo qui circule sur les réseaux sociaux
04:42et qui montre l'homme et son sang-froid apparent.
04:47Et c'est ce qui glace le sang des habitants et des usagers avec qui on a discuté aujourd'hui,
04:51sa détermination qui semble dire toute sa haine envers une communauté.
04:56Écoutez ces habitants nous faire part de leur crainte aujourd'hui encore.
05:00Quand on voit ces images-là, on voit que c'était surtout automatique,
05:04comme si ça venait du cœur, que ça vient d'une certaine haine.
05:08Et puis ça fait peur, peur de voir que c'est surtout visé, c'est ciblé,
05:12une certaine communauté. Du coup, on vit plus dans la peur.
05:16On n'est pas rassuré, parce qu'on a peur surtout pour nos enfants.
05:19Donc c'est vrai qu'on fait beaucoup plus attention, on est très très vigilants,
05:23on a tendance à devenir même parano.
05:26L'angoisse pour eux-mêmes, l'angoisse d'être pris pour cible.
05:30En tant que communauté, la peur aussi de voir ce terroriste se dérober en quelque sorte à la justice
05:35si son discernement était considéré comme étant aboli.
05:39Au moment de son passage à l'acte, vous le savez, sa garde à vue a été levée.
05:42Il est aujourd'hui à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police à Paris.
05:46Et donc il y a cette volonté de la part des habitants avec qui on échange,
05:49cette volonté très clairement exprimée,
05:51que justice soit faite et que cet homme n'échappe pas à la justice.
05:55– Merci Jérémy Normand en direct de Trappes avec Alain Branger pour les images.
06:03Florence Royce, notre avocate, est là, bonjour Florence.
06:06La garde à vue de l'auteur de cette attaque a été suspendue pour des raisons psychiatriques
06:11parce qu'il aurait dit aux enquêteurs qu'il était schizophrène.
06:14Donc on doit vérifier son état de santé psychique avant peut-être de le remettre en garde à vue, c
06:19'est ça ?
06:19– Exactement. Vous savez que dès qu'il a été placé en garde à vue,
06:23il a été vu par un médecin déjà pour savoir si son état général était compatible avec la garde à
06:28vue
06:29et ensuite par un médecin psychiatre qui l'a examiné pour savoir si éventuellement,
06:35dans une très courte expertise, il n'était pas, quand il a commis son infraction,
06:45il n'était pas altéré ou il n'avait pas l'altération ou l'abolition du discernement.
06:50C'est-à-dire, vous savez, ce fameux article du Code pénal qui fait qu'à terme,
06:54la responsabilité pénale peut être minimisée ou totalement abolie.
06:58Donc probablement qu'il y a eu une expertise.
07:00Au-delà de tout ça, est-ce qu'ils se sont aperçus avant même l'expertise,
07:04parce que c'est possible aussi que son état était incompatible avec la garde à vue
07:07et qu'il montrait quand même des signes de troubles psychiques et de dysfonctionnement psychique,
07:11et auquel cas ils ont levé la garde à vue.
07:13– Ça peut durer combien de temps ?
07:15– Le temps nécessaire, s'il s'avère que son état n'est pas compatible,
07:19on le laisse dans un… il sort de la chaîne pénale, en tout cas pour l'instant,
07:24est-ce qu'il y retournera ou pas pour l'instant, s'il n'est vraiment pas en état
07:27et s'il s'avère qu'il est vraiment dans un état psychique problématique,
07:32eh bien il reste hospitalisé le temps nécessaire.
07:34– C'est-à-dire que dans ce cas-là, la procédure s'arrête, il reste interné,
07:39plus de garde à vue, ça veut dire pas de procès, pas de poursuite ?
07:43– Vous savez que c'est tout le débat sur la question de l'altération,
07:46de l'abolition du discernement, c'est pour ça qu'il y a d'abord une petite expertise
07:49qui est relativement courte mais qui a quand même sa fonction pour déterminer
07:54si au moment de la commission de l'infraction, il était en pleine possession
07:57de ses moyens psychiques, et ça c'est là un expert psychiatre qui fait une expertise
08:03qui est assez courte et assez succincte dans le cadre de la garde à vue,
08:07et par la suite, dans le cadre d'une procédure d'une information judiciaire,
08:11c'est sûr que les experts psychiatres vont aller beaucoup plus loin,
08:14si tenté qu'on aille sur l'ouverture d'une information,
08:17parce que pour l'instant, manifestement, son état n'est pas considéré
08:20comme compatible, est-ce qu'il va être diagnostiqué schizophrène ?
08:24Est-ce que ces allégations, l'expertise qui a eu lieu, l'examen qui a eu lieu
08:28vont conforter ces allégations quand il dit qu'il est suivi pour schizophrénie ?
08:33De toute façon, ils vont regarder tout ça, il a dû être testé, non seulement pour…
08:38– Et donc s'il est déclaré schizophrène, pas de jugement, pas de procès ?
08:40– Non mais dans un premier temps, oui, dans un premier temps,
08:42la garde à vue est suspendue, il n'est pas pénalement…
08:45– Ça arrive souvent ?
08:47– Forcément, maître, forcément, les schizophrènes ne sont pas jugées ?
08:50Ou il faut-il encore démontrer qu'ils étaient à l'instant ?
08:54– On peut être schizophrène et maître de ses moyens à un moment donné et juger ?
08:57– Oui, parce que ça dépend si c'est au moment T,
09:00après ça relève plutôt de l'examen des experts psychiatres,
09:03et puis d'une collégialité.
09:05– Oui, tout ça n'étant pas scientifique, c'est aussi de l'interprétation.
09:08– Oui, mais attention…
09:08– Donc il peut y avoir des expertises, des contre-expertises, et un débat.
09:12– Oui, mais là, il y a deux choses distinctes.
09:13Il y a la voie pénale dans laquelle nous sommes, mais qui a été suspendue,
09:17puisque la garde à vue a été suspendue, et qu'il est pour l'instant hospitalisé.
09:20Donc ça veut dire que son état psychique est incompatible
09:23avec une procédure pénale en l'état.
09:25Et par la suite, même si on venait à reprendre la garde à vue,
09:29même si on reprenait le processus de la chaîne pénale,
09:31et que par la suite il va y avoir information judiciaire,
09:33de toute façon il y aurait encore des expertises.
09:35Et si tant est que la question du discernement est véritablement soulevée,
09:39c'est-à-dire non seulement l'altération mais l'abolition,
09:41mais quoi qu'il en soit, il y aura une collégialité d'experts qui vont l'examiner.
09:45– Maxime ?
09:46– Il y a un autre élément qui est important,
09:48toujours on est dans la prospective,
09:49mais il a aussi été testé positif à la cocaïne.
09:52– Oui, il y a souvent plus de la drogue.
09:53– Pourquoi ça peut être important ?
09:54Parce que depuis une récente loi, exactement du 24 janvier 2022,
09:58qui avait fait suite à l'affaire de Sarah Halimi,
10:01qui avait été tuée,
10:02on considère, le législateur considère que si votre discernement était aboli,
10:07mais que c'est lié au fait que vous ayez pris de la drogue,
10:10eh bien vous pouvez être jugé quand même.
10:11C'est-à-dire que si vous êtes en pleine position de moyens,
10:13vous faites une crise chizophrénique
10:15parce que vous avez consommé de la cocaïne ou du cannabis,
10:17vous êtes quand même responsable de vos actes et vous pouvez être jugé.
10:19Donc c'est vrai que ce détail a son importance,
10:21il est donné par le procureur national d'interroits.
10:23Tout ça pour dire qu'il y a encore beaucoup de questions,
10:25on est loin, très très loin de pouvoir dire s'il sera jugé.
10:27– Exactement.
10:28– Une question quand même, parce que quand on regarde cette vidéo,
10:31et on voit la façon dont il agit avec beaucoup de froideur
10:36et de détermination, ça fait quand même penser effectivement
10:38aux attaques terroristes, celles du Bataclan,
10:41des attentats de Paris ou d'autres, avec une détermination,
10:44j'ai envie de dire même un détachement,
10:46comme si finalement il était dans une autre dimension.
10:49En tout cas, il n'est pas perturbé parce qu'il arrive,
10:52l'homme à la trottinette, il lui a tiré dessus,
10:54il est tombé, il n'est pas ému par ce qui se passe,
10:57il veut continuer ce qu'il a prévu de faire en fait.
10:59– Exactement, deux choses, la première chose par rapport à ce que vous disiez,
11:02c'est la fameuse question de la bouffée délirante.
11:04Vous savez, en matière de, est-ce qu'il était en pleine possession de ses moyens
11:08et est-ce que c'était lié à la consommation de stupéfiants,
11:10c'est la fameuse histoire de la bouffée délirante
11:12qui avait été invoquée au moment de l'affaire Sarah Halimi,
11:15d'où la loi qui a été votée, qui est en vigueur maintenant sur les liens
11:20entre les problèmes, les troubles psychiques, troubles de la personnalité,
11:23consommation de stupéfiants, ce qui n'est pas du tout une circonstance atténuante.
11:26Deuxième chose pour répondre à votre question,
11:29vous savez, je ne suis pas expert psychiatre, loin de là,
11:32mais on sait que des gens qui ont des troubles de la personnalité
11:34et qui sont dans la commission de l'infraction,
11:35de ce type d'infraction de toute façon,
11:37ont forcément des troubles psychiques.
11:39Tous les grands flics en matière d'antiterrorisme
11:44vous disent qu'on sait très bien qu'on ne peut pas être dans un passage à l'acte
11:48comme celui-là et ne pas avoir un trouble de la personnalité.
11:50Alors, est-ce que pour autant, on va considérer que ce trouble de la personnalité
11:54empêche la chaîne pénale ? Ça, c'est une autre perle manche.
11:56D'autant plus, quand même, qu'il a tout de suite expliqué
11:58pourquoi il avait fait ça.
11:59Donc, derrière, il y a quand même des motivations
12:03qu'il lui-même exprime.
12:04Oui, oui, il y a des mobiles.
12:06Mobiles racistes, ils voulaient tuer des Noirs et des Arabes.
12:10Exactement. D'ailleurs, c'est retenu dans la prévention.
12:12Est-ce qu'on peut parler de bouffée délirante
12:13lorsque quelqu'un, assez froidement, est capable de dire ce qu'il veut faire ?
12:15Vous savez, la bouffée délirante, elle avait été retenue dans l'affaire Sarah Halimi.
12:19La question du motif antisémite, il y a eu beaucoup de temps
12:23pour que le parquet le retienne.
12:26L'un n'empêche pas l'autre.
12:27L'un n'empêche pas l'autre.
12:28On en sera plus tout à l'heure, à 18h,
12:30puisque le procureur va prendre la parole.
12:32Le procureur national antiterroriste va faire une conférence de presse à 18h.
12:36On espère en savoir plus sur l'examen psychiatrique
12:38qu'il subit depuis bientôt plus de deux jours maintenant
12:41à l'infirmerie psychiatrique.
12:43Et puis, on espère aussi en savoir plus sur ses mobiles.
12:46Qu'est-ce qu'il a pu dire le temps de sa garde à vue ?
12:48Le profil aussi.
12:49Le profil de ce terror.
12:51Donc, rendez-vous à 18h pour la conférence de presse du procureur antiterroriste.
12:55Ça suit bien sûr en direct sur BFM TV.