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  • il y a 20 minutes
Jean-Louis Müller, 43 ans, médecin dans un village alsacien, excellente réputation. Un soir de l'automne 1999, il découvre chez eux son épouse Brigitte morte. Une balle dans la tête. Les doutes et les rumeurs vont affleurer autour du médecin. Au point de peu à peu faire de lui le suspect numéro un. Il nie avec force.

La mort de Brigitte est totalement incompréhensible pour le docteur Müller. Il déclare que son épouse ne semblait pas ce soir-là préoccupée. Elle était même d'humeur joyeuse. De nombreuses expertises vont donner des versions différentes. L'affaire va durer quatorze ans.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:02C'est Brigitte qui a décidé de ce passage à l'acte, c'est personne d'autre.
00:10Qu'est-ce qui a passé à ce moment-là pour dire, voilà, je vais prendre un 357 Magnum
00:17et je vais aller dans la cave pour aller me tirer une balle dans la tête.
00:20Je ne sais pas ce qui s'est passé dans sa tête.
00:24Bonjour, Jean-Louis Muller, 43 ans, médecin dans un village alsacien,
00:30excellente réputation.
00:31Un soir de l'automne 99, il découvre chez eux son épouse Brigitte, morte, une balle dans la tête.
00:38Les doutes et les rumeurs vont affleurer autour du médecin,
00:41au point de peu à peu faire de lui le suspect numéro 1.
00:45Il nie avec force, l'affaire va durer 14 ans.
00:49Dr Muller, les secrets du pavillon Dingviller, l'heure du crime.
00:53Votre rendez-vous 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
01:03Lundi 8 novembre 1999, à 21h24 précise, le centre opérationnel de la gendarmerie de Strasbourg
01:12reçoit un appel d'urgence.
01:14« Il y a ma femme qui vient de se suicider », indique l'interlocuteur.
01:19Un dénommé Jean-Louis Muller, 43 ans, médecin, il habite le village d'Ingviller.
01:25Les gendarmes sont rapidement sur les lieux.
01:27Une maison de deux étages, flanquée d'une véranda et qui fait office de cabinet médical.
01:33Le corps de Brigitte Muller, 42 ans, gît sur le dos, dans la cave,
01:39allongée derrière une table, supportant un petit train électrique.
01:43Elle est vêtue d'un gilet de laine bleue, d'un jean et d'une paire de sandalettes.
01:49La partie droite de la tête a été arrachée par l'impact.
01:53Dans ces constatations, le gendarme Wolfert note la présence au pied de la victime d'une arme,
02:00un revolver Ruger de calibre 357 Magnum.
02:05Une arme plutôt imposante qui exige une solide prise en main.
02:10Le docteur Muller dit être rentré chez lui vers 19h40 après une consultation à l'extérieur.
02:16Il a dîné avec son épouse et leur fils Alexandre.
02:19Le deuxième fils du couple était alors à la piscine.
02:23Le médecin explique avoir discuté avec Brigitte.
02:28Pas une dispute ? Mais elle lui a fait des reproches sur son manque d'intérêt à son égard.
02:33Il s'est installé devant la télé.
02:36Quelques minutes plus tard, il a entendu une détonation.
02:39Il a trouvé Brigitte sur le dos.
02:41Il a compris tout de suite qu'il n'y avait plus rien à faire.
02:44Il indique que le revolver lui appartient.
02:48Il restait enfermé dans un coffret en plastique sous le lit conjugal.
02:55La mort de Brigitte Muller est totalement incompréhensible pour son mari.
03:00Il déclare que son épouse ne semblait pas ce soir-là préoccupée.
03:03Elle était même d'humeur joyeuse.
03:05Le docteur Muller raconte que Brigitte avait eu un très grave accident de cheval l'année précédente.
03:11Elle avait longtemps souffert le martyr, mais elle était sur la voie de la guérison.
03:16Jean-Louis Muller précise qu'il n'a pas de maîtresse et il ne connaissait aucun amant à son épouse.
03:22Une femme qui ne parlait d'ailleurs jamais de suicide et n'avait jamais tenté de mettre fin à ses
03:27jours.
03:28L'autopsie indique que Brigitte Muller avait consommé deux antidépresseurs, mais à très petite dose.
03:35L'expert balistique, lui, a du mal à se prononcer.
03:38Il conclut que Jean-Louis Muller n'a pas tiré et qu'il n'est pas exclu que son épouse
03:45ait elle-même tiré, pressé sur la détente.
03:48Pas d'empreinte sur l'arme ainsi que sur le coffret qui l'a renfermé.
03:53Le 21 février 2000, la procédure est classée sans suite.
03:57Il s'agit d'un suicide.
04:01Vendredi 17 mars 2000, moins d'un mois après ce classement, le parquet ouvre toutefois une information pour recherche des
04:08causes de la mort.
04:10Les enquêteurs disposent effectivement de toute une série de témoignages qui ont attiré leur attention.
04:16Brigitte est décrite comme une tranquille documentaliste.
04:20C'est une anti-candidate au suicide.
04:23Un psychothérapeute qui la suivait depuis son accident indique que rien chez elle ne laissait présager un tel geste.
04:30Les parents ne croient pas non plus à ce scénario, même si, contrairement aux apparences, tout n'allait pas pour
04:37le mieux dans le couple Muller.
04:40Quinze jours avant le drame, Brigitte aurait rapporté à sa mère cette menace proférée par son mari.
04:45« Si tu fais une connerie, je te descends ».
04:49Il est établi que Brigitte avait depuis un mois un nouvel homme dans sa vie, Hans Peter B.
04:56Brigitte lui avait dit que son mari ne supporterait pas qu'elle le quitte.
05:01Joël, amie d'enfance de la victime, certifie qu'elle n'était pas suicidaire, même si elle ne la savait
05:07pas très heureuse avec son mari.
05:08Deux mois avant la tragédie, Brigitte écrivait à des cousins pour leur dire qu'elle avait « retrouvé la santé
05:15» après son accident.
05:17« Je réalise combien on peut apprécier la vie », disait-elle.
05:20Le suicide paraît donc exclu.
05:2319 octobre 2000, une nouvelle information judiciaire est ouverte, cette fois pour meurtre contre X.
05:32Et on va voir ce que dissimule cette lettre X qui désigne en fait, on s'en doute, le docteur
05:38Jean-Louis Muller.
05:38On verra dans le chapitre suivant quel sort va être réservé à ce médecin de famille.
05:44Tout de suite, on reste sur cette scène qui est alors une scène de suicide, qui n'est pas encore
05:49une scène de crime.
05:51Et on en parle avec notre premier invité qui est en ligne dans l'heure du crime aujourd'hui.
05:56Bonjour Alain Cheval.
05:57Oui, bonjour.
05:58Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation de l'heure du crime et d'être au téléphone en direct sur
06:04RTL.
06:05Vous êtes journaliste aux dernières nouvelles d'Alsace et vous connaissez parfaitement cette affaire.
06:10Alain Cheval, dites-nous déjà, qui est ce couple, les Muller ?
06:14A priori, tout va bien.
06:15C'est un couple presque de notables installé dans cette petite ville qui n'est pas très très loin de
06:20Strasbourg.
06:21C'est du moins l'image qu'il donne, un couple sans histoire, avec un mari qui va, on va
06:26dire, il est dans un petit village.
06:27Donc il est reconnu parce qu'il fait partie, on va dire, de la petite bourgeoisie d'Ingviller, respectée par
06:35ses voisins, respectée par la hiérarchie.
06:37Il faut savoir qu'au-delà de son métier de médecin généraliste, il est surtout intervenant auprès des tribunaux en
06:45tant qu'expert judiciaire, en tant que médecin légiste.
06:47Donc ça lui donne une certaine notoriété et ça va d'ailleurs certainement influencer l'enquête, on va dire, initiale
06:55ou préliminaire, puisque quand on arrive chez lui, on arrive chez M. Muller.
07:01C'est ça, on arrive chez M. Muller et vous l'avez dit très très justement, d'ailleurs c'est
07:05un légiste et il est même expert en balistique.
07:08Il se passionne pour les armes, il y en a plusieurs chez lui.
07:11Tout à fait, tout à fait. Les armes c'est un peu sa passion et de mémoire il me semble
07:17que dans ses études, il avait rédigé une thèse sur les armes de petit calibre
07:23et surtout les dégâts que pouvaient causer les balles de petit calibre, sur les effets en fait des t-projectifs
07:30de petit calibre.
07:31C'est vrai que ça va sans doute alimenter tous les fantasmes des enquêteurs et surtout des experts autour de
07:39cette thèse qu'il a rédigée plus jeune.
07:42Alors là, on n'a pas une arme de petit calibre et on retrouve également notre deuxième invité dans l
07:47'heure du crime, Dimitri Ramelot. Bonjour Dimitri.
07:50Bonjour à tous.
07:51Merci beaucoup, vous aussi Dimitri, d'être en ligne dans l'heure du crime. Vous êtes l'un de nos
07:56correspondants RTL dans la région Grand Est.
07:59Vous connaissez parfaitement les affaires de police et de justice. Ce sont des dossiers que vous suivez avec assiduité et
08:06avec beaucoup de sérieux.
08:08Qu'est-ce qui fait, Dimitri, à ce stade de l'enquête, je crois bien à ce stade de l
08:11'enquête, qu'est-ce qui fait hésiter les enquêteurs ?
08:14Parce qu'ils mettent quand même tout de même trois mois pour conclure au suicide.
08:18En fait, déjà, la personnalité de Brigitte, comme vous l'avez dit, c'est quelqu'un qui, a priori, n
08:26'est pas suicidaire,
08:28qui avait certes des problèmes un peu psychologiques, qui avait rencontré un psychiatre à cinq reprises après son accident de
08:33cheval.
08:34Elle avait subi des opérations et là-dessus, tout n'est pas clair.
08:37C'est-à-dire que certaines personnes disent qu'elle était vraiment très dépressive.
08:41Personne ne parle de suicidaire, mais qu'elle était très dépressive.
08:44D'autres disent que pas du tout, qu'elle l'avait été, mais qu'elle ne l'était plus.
08:48Donc là, déjà, on ne sait pas bien sur quels pieds il faut danser.
08:52Et puis, il y a ce que dit aussi le docteur Muller.
08:55Il est devant sa télé, il dit qu'il y a ce coup de feu.
08:58Il y a quand même quasiment 40 minutes entre le moment où il dit qu'il a commencé à regarder
09:04ce film
09:04et le moment où il appelle et où il entend le coup de feu et le moment où il appelle
09:07la gendarmerie.
09:09Et puis, finalement, il dit que ça ne se passait plutôt pas trop mal avec sa femme.
09:13Donc, voilà, tout ça fait que ça balbutie un petit peu au début.
09:17Alors, on parle, et c'est très intéressant ce que vous racontez, évidemment, Dimitri,
09:21avec cette personnalité de l'épouse qui est là la victime.
09:25On a en ligne Maître Michael Vaquez.
09:28Bonjour, Maître.
09:30Bonjour, Monsieur Richard.
09:31Merci beaucoup, vous aussi, d'être notre troisième invité dans l'ordre du crime.
09:34Vous avez été l'avocat de la famille de Brigitte Muller, Maître Vaquez.
09:39Dès le début, sa famille, on vient d'écouter ce que nous dit Dimitri Ramelot là-dessus,
09:45ainsi qu'Alain Cheval, dès le début, sa famille ne croit pas à la thèse du suicide.
09:50C'est radicalement impossible.
09:52D'ailleurs, la maman de Brigitte déclarait que sa fille lui avait rapporté que lors d'une discussion avec son
09:59mari,
09:59quinze jours avant sa mort, celui-ci lui aurait dit, si tu fais une connerie, je te descends.
10:08Et beaucoup de personnes ont été entendues dans l'entourage de Brigitte.
10:13Tout le monde s'accorde à dire qu'à ce moment-là, Brigitte n'était absolument pas suicidaire.
10:19Et tout allait pour le mieux à ce moment-là.
10:22Elle avait même fait la connaissance d'un homme, un chercheur au CNRS, quelques semaines avant le drame.
10:28Maître Michael Vaquez, on le disait à l'instant avec Alain Cheval,
10:32il a un diplôme de légiste et il connaît bien la balistique, Jean-Louis Muller.
10:37M. Muller connaît très très bien les armes et il avait d'ailleurs rédigé une thèse de médecine
10:42lorsqu'il était donc à la faculté de médecine sur les tirs d'armes à feu,
10:47notamment les conséquences et les impacts des tirs d'armes à feu.
10:50Donc il était féru d'armes et il était d'ailleurs inscrit à des clubs de tir.
10:56C'est quelqu'un qui avait le banniment très facile des armes.
10:59Alors, on va évidemment parler de la personnalité du Dr Muller qui va être au centre de toute cette affaire.
11:05D'ores et déjà, d'après les premiers éléments que peuvent recueillir les enquêteurs,
11:09on dit de lui que ce n'est pas un très bon collègue pour certains médecins qui ont travaillé avec
11:13lui.
11:14Oui, alors en fait, Jean-Louis Muller est un personnage plutôt colérique,
11:18qui aime se mettre en avant, qui veut toujours avoir raison, très pro-saisurier.
11:24Il a eu des démêlés dans le cadre de son activité professionnelle avec des collègues.
11:28Ça a été jusqu'à l'ordre des médecins, ça a été des insultes, son ex-associé s'est senti
11:37menacé.
11:38Donc ça a été très très très loin en termes de contentieux,
11:42parce que Jean-Louis Muller refuse très souvent la contradiction,
11:47qu'il ne se laisse pas marcher dessus et qu'il veut toujours et systématiquement avoir raison et avoir le
11:52dernier mot.
11:54Une femme qui avait peur de son mari.
11:57Docteur Muller, les secrets du pavillon d'Ingviller.
12:01On pouvait s'attendre à trouver les mains intensément couvertes de particules ?
12:05Mais ce n'est pas le cas.
12:06L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
12:26Au programme de l'heure du crime, l'affaire du docteur Jean-Louis Muller.
12:29En novembre 99, il a retrouvé son épouse morte dans la cave de la maison.
12:34Un suicide par arme à feu, thèse à laquelle ne croient ni les proches de la documentaliste,
12:39ni le juge d'instruction de Saverne.
12:44Jeudi 8 novembre 2001, deux ans, jour pour jour après la mort de Brigitte Muller, coup de théâtre.
12:50Jean-Louis Muller est mis en examen pour meurtre et placé en détention provisoire.
12:56À l'appui de nombreux témoignages, le juge Régis Pierre doute de la thèse du suicide.
13:02Les parents de Brigitte sont réentendus.
13:05Ils indiquent avoir parlé au téléphone avec leur fille pendant 45 minutes,
13:09quelques heures seulement avant sa mort.
13:12Tout allait bien.
13:12Le père affirme qu'elle avait peur de son mari.
13:16Véronique, une amie proche, précise que Brigitte voulait divorcer,
13:20mais qu'elle ne le pouvait pas car elle se sentait coincée.
13:24Trois jours avant son décès, le 5 novembre 1999,
13:29Brigitte avait embrassé son amant sur la place Kleber à Strasbourg,
13:34puis elle était rentrée bien plus tard que d'habitude à Ingviller.
13:38Son amant l'avait ensuite appelée à la maison.
13:41Le mobile qui aurait poussé le docteur Muller à tuer sa femme
13:45pourrait donc être celui d'un désaveu amoureux,
13:49le médecin dément farouchement.
13:50Les deux enfants du couple, également interrogés,
13:53ne mettent pas en doute la thèse du suicide.
13:56L'aîné, Raphaël, 13 ans au moment des faits,
13:59indique que le comportement de sa mère avait un effet changé
14:03depuis son accident de cheval, car elle avait beaucoup souffert.
14:09Le juge suit la piste de l'homicide, mais il n'a pas de preuves.
14:12La balistique va-t-elle parler ?
14:15Un expert qui a examiné le revolver Ruger,
14:18retrouvé au pied de la victime,
14:20note que le barillet de l'arme était curieusement chargé.
14:23Soit, écrit-il, par une personne ignorante en matière d'armes à feu,
14:28soit chargé par une personne voulant faire croire que c'était une personne non habituée aux armes
14:34qui avait procédé à son chargement.
14:36Selon lui, la trajectoire de la balle, établie par les médecins légistes,
14:40ne serait pas conforme avec celle d'un suicide.
14:42Un deuxième expert ajoute qu'on ne peut pas conclure à un tir réalisé de la main droite par l
14:48'épouse.
14:49Un troisième spécialiste indépendant, il appartient à l'Office fédéral de la police judiciaire à Wiesbaden,
14:55note que dans l'hypothèse d'un suicide, je cite,
14:58« On pouvait s'attendre à trouver la main ou les mains intensément recouvertes de particules.
15:04Or, il n'en est rien pour la victime retrouvée morte dans la cave de la maison d'Inkviller. »
15:10Le médecin légiste de Hambourg, le docteur Christian Schema, va encore plus loin, selon lui.
15:16L'ensemble des lésions pourraient s'expliquer par un deuxième coup de feu.
15:21Un premier tiré à une distance quelconque, le deuxième about touchant.
15:25Cinq cartouches étaient dans le barillet, trois ont été retrouvées percutées.
15:33Malgré l'absence d'empreintes digitales de sa femme sur l'arme
15:36et les faibles résidus de tir retrouvés sur les mains de l'épouse,
15:41le docteur Muller est catégorique.
15:43Il n'a pas tué Brigitte, il ne cesse de le répéter.
15:45Il affirme qu'il n'avait aucune raison de commettre un tel crime.
15:48Il ne savait même pas que son épouse avait un amant.
15:52D'après lui, l'étape psychologique fragile de la victime suffit à expliquer son geste.
15:57Le médecin va même suggérer que sa femme et son nouvel ami
16:00avaient peut-être envisagé de le tuer.
16:03Lui, le mari !
16:05Brigitte aurait manipulé sans précaution le revolver
16:08et le coup se répartit tout seul.
16:10Autant d'explications qui n'arrivent pas à convaincre le juge d'instruction.
16:15Jean-Louis Muller est alors renvoyé devant la cour d'assises
16:19pour le meurtre de Brigitte.
16:22Et nous allons voir dans le chapitre suivant ce que va donner ce procès
16:26et d'ailleurs ce qui vont suivre parce que l'histoire est encore longue.
16:29On reste pour le moment sur ce tournant de l'affaire.
16:31Le docteur Muller est mis en examen et écroué.
16:34Alain Cheval, journaliste aux dernières nouvelles d'Alsace et en ligne dans l'heure du crime,
16:39il est écroué et à ce stade essentiellement sur des témoignages
16:42qui sont finalement contre lui, accablants,
16:45et qui disent que ce n'est pas possible, Brigitte n'a pas pu se suicider.
16:47C'est ça ?
16:48C'est un peu ça. Ce qui est étonnant dans cette procédure,
16:51c'est qu'il n'y a pas d'empreinte, il n'y a pas de témoignage,
16:56hormis le témoignage de l'époux qui malheureusement a opté pour une attitude
17:01qui était agaçante puisqu'on n'a pas affaire à un veuf endeuillé,
17:06on a plutôt affaire à un spécialiste des tirs et des armes à feu
17:11qui donne la leçon à tout le monde.
17:12Alors c'est vrai que se retrouver aux assises avec, on ne va pas dire un dossier vide,
17:18c'est loin de là cette idée,
17:20mais avec un dossier où on n'a pas de témoignage direct,
17:25c'est un peu l'idée.
17:25Voilà, le dossier Alain Cheval où il n'y a pas de preuve, il n'y a pas d'aveu,
17:30et il n'y a pas d'indice.
17:31Donc il y a ces témoignages dont vous parlez,
17:34et finalement Alain Cheval, il y a aussi ce mauvais profil,
17:38il faut l'appeler comme ça, du docteur Muller.
17:40On peut dire que c'est ce qui traverse un peu toutes les procédures,
17:42c'est le comportement, le visage.
17:45On parle de plusieurs visages du docteur Muller,
17:49qui a un visage qui a évolué, on va dire, d'assise en assise,
17:52puisque c'est vrai que sur le premier procès,
17:54on est face à quelqu'un qui décontenance, qui agace.
17:59On va le voir ce premier procès, on va y venir,
18:01mais effectivement, même dans cette instruction, si je puis dire,
18:05il ne donne pas le meilleur de lui-même Muller.
18:08Il est un petit peu froid, il est distant,
18:10et il fait de la leçon à tout le monde, c'est ce qu'il ressortira.
18:12Il fait de la leçon à tout le monde,
18:13il faut garder en tête cette explication.
18:16Par exemple, quand il parle de la découverte du corps de son épouse,
18:20il se met à expliquer les gestes qu'aurait conduit à son suicide,
18:25et il fait le médecin légiste,
18:28il est en train de découper sa femme,
18:30comme s'il était en plein milieu de son travail.
18:33C'est assez décontenançant, à la fois pour les enquêteurs,
18:35à la fois pour les magistrats,
18:37c'est une attitude qui agace, qui choque certainement ce froid.
18:42Et c'est un peu l'image qui rend une personne très froid,
18:45très distante de tout ce qui se passe.
18:47Tout à fait, c'est ce miroir,
18:50l'image que renvoie le miroir,
18:51n'est pas la meilleure pour lui,
18:54c'est le moins qu'on puisse dire.
18:56Dimitri Ramelot, je reviens vers vous,
18:57correspondant à RTL dans la région en Grand Est,
19:00si vous connaissez bien cette histoire,
19:01je vous donne une partie difficile à traiter, Dimitri,
19:04mais vous avez l'habitude,
19:06c'est qu'il y a beaucoup de...
19:07On ne va pas rentrer dans les détails,
19:08mais il y a beaucoup d'expertises,
19:10notamment des expertises balistiques.
19:12Tout ça, c'est très technique,
19:14mais on a l'impression qu'elles se contredisent déjà.
19:16On est à l'instruction, là,
19:17que ce n'est pas facile pour les experts
19:19de savoir exactement qui a fait quoi.
19:22Mais c'est un vrai problème,
19:23en fait, c'est pour ça que finalement,
19:25cette histoire escalée est très compliquée,
19:27trois procès d'assises,
19:28et c'est pour ça qu'on en parle aujourd'hui.
19:30C'est-à-dire qu'il y a eu trois, quatre, cinq expertises
19:34au niveau de l'arme qui a tué.
19:37Alors, ça se contredit.
19:38Et puis, alors, les résidus de poudre,
19:40il y en a, puis il n'y en a plus,
19:41puis il y en a un peu,
19:42mais ça ne veut pas dire pour autant
19:43que c'est lui qui a tiré.
19:45Et puis, il peut aussi ne pas être entré dans la salle,
19:48ne pas avoir tiré,
19:49mais comme il y a eu un coup de feu,
19:50quand vous pénétrez dans une salle,
19:51il peut y avoir une atmosphère polluée de poudre
19:53qui retombe sur vous
19:54au moment où vous rentrez, même après coup.
19:56Donc, tout ça est très compliqué
19:58et finalement, personne n'arrive à se forger
20:00vraiment une conviction profonde
20:02sur ce qui a pu se passer.
20:03Exactement, Dimitri.
20:04Pour être clair,
20:05on a là peut-être les meilleurs experts européens
20:08en matière de balistique et d'experts légistes.
20:10On va aller chercher à Wiesbaden.
20:11C'est un laboratoire très, très important, Wiesbaden.
20:14Laboratoire de la police allemande.
20:15Ça ne plaisante pas du tout.
20:17Et on s'aperçoit qu'ils ne savent rien.
20:19Ou si peu.
20:21Oui, ils ne savent pas.
20:22C'est-à-dire qu'on a les pontes de la spécialité
20:25qui sont les uns à côté des autres,
20:27qui rendent des rapports
20:28et ils ne sont pas d'accord.
20:29Donc, si vous voulez,
20:30il y a un moment où si les experts ne sont pas d'accord,
20:33qui peut mettre les experts d'accord ?
20:35Et finalement, jusqu'au bout,
20:36personne ne va y arriver.
20:37Et c'est ce qui fait qu'il y a doute
20:39pendant 14 ans.
20:40Maître Vaquez,
20:41je reviens vers vous.
20:42Quelles sont les expertises à charge
20:45qui permettraient de considérer
20:47que le docteur Muller
20:49est bien l'auteur du coup de feu ?
20:51Alors, l'expert n'arrivait pas à expliquer
20:53la position de découverte de l'arme
20:56au pied de la victime.
20:58Et ce, compte tenu en fait
20:59de la puissance de la cartouche
21:00qui avait été tirée par un revolver 357 Magnum
21:03avec un énorme recul.
21:05Ensuite, et surtout,
21:07l'expert relevait la présence
21:09de nombreuses particules de résidus de tir
21:11dans les prélèvements qui avaient été réalisés
21:14sur les mains et le visage de Jean-Louis Muller.
21:16Parce qu'à contrario,
21:19l'expert ne retrouvait pas
21:20dans les prélèvements réalisés sur la victime
21:22une quantité aussi importante.
21:24Les prélèvements démontraient
21:26que Brigitte Muller
21:26supportait une quantité très faible
21:29de résidus de tir.
21:31Et puis enfin, et surtout,
21:33on n'a retrouvé
21:33aucune empreinte digitale sur l'arme.
21:36Aucune.
21:37Votre client, à ce moment-là,
21:39Maître,
21:39que dit le docteur Muller
21:41dans l'instruction de ses expertises ?
21:44Vous qui avez eu accès au dossier.
21:46Alors, le docteur Muller
21:47reste très sûr de lui.
21:50Il nous dit la chose suivante.
21:53Il a pu être contaminé
21:55par les résidus de tir
21:56par un effet type aérosol.
21:59C'est-à-dire que si vous
22:01vous déplacez dans une pièce
22:02qui peut être exiguë,
22:04comme une cave,
22:05puisque le lieu du drame
22:06a eu lieu dans la cave.
22:08Jean-Louis Muller nous dit
22:09qu'il a pu être contaminé
22:10à ce moment-là,
22:12notamment quand il s'est rendu
22:13dans cette cave.
22:14Il y avait des particules de tir
22:15qui étaient encore
22:16en suspension dans l'air
22:17et que ces particules de tir
22:19aient pu contaminer
22:21donc Jean-Louis Muller.
22:23Il y a aussi une question
22:24qui se pose.
22:25C'est le mobile supposé.
22:26Ce serait une romance
22:27avec un amant,
22:29une romance de Brigitte Muller
22:32avec un amant.
22:33C'est une relation
22:34qu'il n'aurait pas supportée.
22:36Oui, c'est un mari
22:37qui est possessif.
22:39C'est un mari
22:39qui est jaloux.
22:41Il faut savoir
22:42que le jour du drame,
22:44Brigitte s'était entretenue
22:47au téléphone
22:47avec cet homme
22:48le 8 novembre 1999,
22:51quelques heures avant les faits.
22:53Tout porte à croire
22:54que Jean-Louis Muller
22:56a eu connaissance
22:57à la fois de cette relation
23:00mais probablement également
23:01de cette liaison téléphonique
23:04le jour des faits.
23:05Alain Cheval,
23:06journaliste aux dernières
23:07nouvelles d'Alsace,
23:08c'est le seul mobile,
23:10vous disiez tout à l'heure,
23:10il n'y avait effectivement
23:11pas de preuves,
23:12pas d'indices,
23:12il n'y a pas grand-chose
23:13dans ce dossier.
23:14Et le mobile,
23:14on n'en est pas vraiment sûr
23:15non plus.
23:16C'est une espèce
23:17de romance,
23:18de jalousie.
23:19Personne démontre
23:19qu'il était au courant
23:21de cette romance.
23:22En tout cas,
23:22ce qui est avéré,
23:23je pense que les médecins psychiatres
23:25qui ont eu affaire
23:26au docteur Muller
23:28disent que c'est quelqu'un
23:30qu'on ne quitte pas,
23:31que ce soit sentimentalement parlant
23:33ou professionnellement parlant.
23:35On sait,
23:36mon confrère en a parlé
23:37tout à l'heure,
23:37qu'il avait eu maille
23:39à partir avec une de ses collègues
23:40avec laquelle il s'était installé
23:41dans son cabinet
23:42lorsqu'elle a décidé
23:43de se séparer
23:44d'un commun accord
23:45ou à l'amiable.
23:46il a fait toutes
23:47les difficultés possibles
23:49pour qu'elle puisse partir
23:50au point un jour
23:51de venir avec un fusil,
23:53de lui pointer le fusil
23:54sans tirer,
23:54bien sûr.
23:55Elle a eu tellement peur
23:56qu'elle a déposé plainte.
23:58Le conseil de l'ordre
23:59des médecins
24:00s'en est mêlé.
24:01En tout cas,
24:01on sait que c'est quelqu'un
24:02qui est extrêmement virulent
24:04lorsqu'on ne va pas
24:05dans son sens,
24:05lorsqu'il est en frustration.
24:09Ça peut peut-être
24:10expliquer la suite.
24:12Maître Vaquez,
24:12je reviens vers vous.
24:13Un mot
24:14sur les enfants du couple.
24:16ils défendent leur père,
24:17en fait.
24:17Les deux enfants
24:18ont été dans une position
24:20qui était impossible,
24:21c'est-à-dire
24:21la perte d'une maman
24:23et un soutien,
24:24j'ai envie de dire,
24:25quasi indéfectible
24:26à l'égard de leur père.
24:27Parce qu'il faut savoir
24:28une chose,
24:28c'est que dans les Muller,
24:29c'est un clan,
24:31le clan des Muller,
24:32ce sont des gens
24:34qui sont très très soudés.
24:36Les enfants ont toujours
24:37soutenu leur père.
24:39Le médecin va être jugé.
24:42Docteur Muller,
24:43les secrets du pavillon
24:45d'Inkviller,
24:46le tir homicide
24:47est difficilement explicable.
24:49L'enquête de l'heure du crime,
24:50quels regards vont porter
24:51les jurés sur le médecin ?
24:53Pourquoi aucune reconstitution
24:54a été organisée ?
24:56À suivre,
24:57dans un court instant,
24:58sur RTL.
24:59Tous les épisodes
25:00de l'heure du crime,
25:01c'est quand vous voulez
25:02en podcast
25:03sur l'appli RTL.
25:05L'heure du crime,
25:07la seule émission radio
25:08100% fait d'hiver.
25:09Jean-Alphonse Richard.
25:11J'ai jamais arrêté
25:12d'avancer.
25:13J'ai jamais arrêté
25:15d'avancer.
25:16Je savais qu'il fallait
25:18se battre
25:18et qu'il fallait se battre
25:20jusqu'à ce que
25:21Moiny le Saint soit reconnu.
25:23L'heure du crime,
25:24consacrée aujourd'hui
25:24à l'affaire du docteur
25:25Jean-Louis Muller,
25:26il affirme que son épouse
25:27Brigitte,
25:2842 ans,
25:29a mis fin à ses jours
25:30en se tirant
25:31une balle dans la tête.
25:32Les experts
25:33et le juge
25:33ne le croient pas,
25:34le voilà renvoyé
25:36devant la cour d'assises.
25:40Lundi 6 octobre 2008,
25:42le docteur Muller,
25:43costume gris,
25:44visage rond,
25:45lunettes,
25:46apparaît dans le box
25:46des accusés
25:47de la cour d'assises
25:48du Barin,
25:49à Strasbourg.
25:50L'accusé
25:51et ses avocats
25:51à l'époque Thierry Mauser,
25:53François Saint-Pierre
25:54et Pierre Schulz,
25:55avaient demandé
25:56lors de l'instruction
25:56une reconstitution
25:58du crime.
26:00En vain.
26:01Cette requête,
26:02curieusement,
26:03n'a jamais été suivie
26:04d'effet.
26:05Impossible donc
26:06pour les experts
26:06d'accéder à la cave
26:08de la maison
26:08d'Igvillère
26:09pour livrer leur rapport.
26:10Pas d'aveu,
26:11pas de preuves.
26:13Le légiste
26:13et balisticien
26:15Christian Schima
26:16revient même
26:17sur ses conclusions.
26:18Il indique
26:19qu'il s'est sans doute
26:20trompé.
26:21La thèse de l'homicide
26:23s'en trouve fragilisée,
26:24mais les jurés
26:25ne semblent retenir
26:26que la personnalité
26:28dérangeante
26:29de l'accusé.
26:30Un homme froid,
26:31autoritaire,
26:32presque cassant.
26:34Il est condamné
26:35à 20 ans de réclusion.
26:37Jean-Louis Muller
26:38fait appel.
26:42Mardi 15 juin 2010,
26:44le docteur Muller
26:45est devant la cour d'assises
26:46d'appel du Haut-Rhin
26:47à Colmar.
26:48Après un dixième
26:50refus de reconstitution,
26:52les avocats de Muller
26:53présentent
26:54à la cour d'assises
26:55un rapport
26:56de mise en situation,
26:57une reconstitution
26:59effectuée
27:00à titre privé.
27:01La partie civile
27:03était conviée
27:03à y assister,
27:04tout comme le parquet,
27:05mais tout le monde
27:06a décliné l'invitation.
27:08Cette reconstitution
27:10parallèle,
27:11sous contrôle d'huissiers,
27:12et placée
27:13sous l'autorité
27:14d'un éminent légiste
27:15suisse,
27:16le professeur
27:16Patrice Mangin,
27:18indique que le tir
27:19homicide
27:20est difficilement
27:22explicable.
27:23Présenté par un psychologue
27:25comme paranoïaque,
27:27querelleur,
27:27psychorigide,
27:28un homme qui ne supporte
27:30pas le hasard
27:30et veut tout contrôler,
27:32Jean-Louis Muller
27:33est à nouveau
27:34condamné.
27:3520 ans de prison.
27:38Alain Cheval,
27:39journaliste
27:40aux dernières nouvelles
27:40d'Alsace,
27:41on vous retrouve
27:42dans l'heure du crime
27:42deux condamnations
27:43successives,
27:44première instance
27:45et puis ensuite
27:46procès en appel.
27:47Et puis,
27:48ce n'est pas terminé,
27:49on va le voir
27:49par la suite.
27:50On a le sentiment,
27:51encore une fois,
27:52qu'au procès,
27:54c'est un homme
27:55qui est inflexible,
27:56qui ne lâche rien
27:57et finalement,
27:58ça passe très mal
27:59cette attitude.
28:00Oui,
28:01effectivement.
28:02Alors,
28:02c'est ce que je disais
28:02tout à l'heure
28:03sur le premier procès.
28:04Il est bavard à souhait.
28:07Il commence à expliquer
28:09comment le crâne de sa femme
28:13a pu exploser
28:14sous l'effet de la cartouche
28:15du 357 McDonnell.
28:16C'est du plus mauvais effet.
28:17Il est glacial.
28:19C'est le légiste
28:20de sa propre femme
28:21et l'effet est désastreux.
28:22Dans le deuxième procès
28:23en appel,
28:24comme on lui refuse
28:27la demande
28:27de pouvoir visionner
28:29ou voir cette reconstitution,
28:31il se mure dans le silence.
28:32Ça ne fait pas
28:33les affaires de ses avocats
28:34et on se retrouve
28:35du coup à préparer
28:37enfin,
28:37ça,
28:38on ne le sait pas encore
28:38mais on va sans doute
28:39se diriger vers
28:40un troisième procès.
28:41Mais c'est vrai
28:41que le visage de Muller
28:43n'a fait qu'évoluer
28:44pas forcément
28:45dans le bon sens
28:47sans trop dévoiler
28:48la suite de l'émission.
28:50C'est vrai que
28:51le changement
28:52de l'équipe
28:52on va dire
28:53d'avocats
28:53va être magique.
28:55Ça va être radical
28:56et magique.
28:56Effectivement,
28:57c'est la botte magique
28:58du docteur Muller.
28:58On peut l'appeler comme ça
28:59et on va voir pourquoi.
29:01Maître Michael Wackes
29:02va être l'avocat
29:03de la famille
29:04de Brigitte Muller.
29:05Quelle est l'attitude
29:06de Jean-Louis Muller
29:08lors de ces deux procès ?
29:10Au cours du premier procès,
29:12Jean-Louis Muller
29:13a une attitude
29:14qui énerve
29:14considérablement
29:15à la fois
29:15la cour
29:16puis l'ensemble des parties
29:18parce que
29:19c'est un homme
29:19qui a une certaine arrogance.
29:21Il est là
29:22si vous voulez
29:22en tant que médecin,
29:23en tant que sachant.
29:25Il essaie de donner
29:26des leçons
29:26à tout le monde
29:27y compris
29:28aux experts.
29:30Et cet homme
29:31sait tout
29:31sur tout le monde
29:32et ça énerve
29:33considérablement
29:34la cour d'assises
29:35si bien qu'il va adopter
29:37une toute autre attitude
29:38lors du deuxième procès
29:40Colmar
29:41puisque Jean-Louis Muller
29:43va s'enferrer
29:44dans un silence
29:45et dans un mutisme
29:45absolu.
29:46Il choisira
29:47son droit
29:48au silence
29:49devant la cour d'assises
29:50du Haut-Rhin-Colmar
29:51en appel.
29:51Dimitri Ramelot
29:52correspondant à RTL
29:53dans la région
29:54Grand Test.
29:55Pourquoi ce refus
29:56de reconstitution ?
29:58C'est rare
29:58dans une affaire criminelle.
30:00Vous en suivez
30:00assez pour le savoir.
30:01C'est d'autant plus important
30:03de s'y arrêter
30:04Jean-Alphonse
30:05que finalement
30:06cette histoire
30:06de reconstitution
30:07on ne va pas non plus
30:09dévoiler la fin de l'histoire
30:10mais ça va être primordial.
30:12Alors pourquoi
30:13on lui refuse ?
30:14Les arguments
30:14qui sont avancés
30:15c'est d'abord
30:16que la maison
30:17a été vendue
30:17que les lieux
30:18ont été modifiés
30:19et qu'on n'a pas
30:21de certitude
30:22ou de quasi-certitude
30:23sur ce qui s'est passé
30:24dans cette pièce
30:25et en plus
30:26les magistrats disent
30:27non mais de toute façon
30:27comme il nie
30:28avoir tiré
30:29de toute façon
30:29il ne refera pas
30:30les gestes.
30:31Donc ce sont ces arguments-là
30:33qui sont avancés
30:33finalement
30:34pour ne pas faire
30:35de reconstitution
30:36alors qu'effectivement
30:38ses avocats
30:38et lui-même
30:39le récam
30:39a accoré à cri.
30:40C'est des arguments
30:41un peu faibles
30:41parce qu'effectivement
30:42une reconstitution
30:43si vous avez quelqu'un
30:43qui nie
30:44on est là
30:45pour le mettre
30:45en situation.
30:46Bon enfin
30:46on ne va pas
30:47s'étendre là-dessus
30:47mais ça paraît
30:49un petit peu
30:49bizarre
30:50comme réponse.
30:51Maître Michael
30:52Vaquez
30:53à ces procès
30:54les psychologues
30:55vont se déchaîner
30:56contre le docteur Muller ?
30:58Les expertises psy
31:00décrivent un homme
31:01colérique
31:01qui peut s'emporter
31:02un but de sa personne
31:04et puis
31:05j'aimerais surtout
31:05noter
31:06l'importance
31:07des expertises
31:08de psy
31:08peut-être pas forcément
31:09sur celle de Jean
31:10Lui-Millaire
31:10mais sur la défunte
31:12puisqu'il y a eu
31:12quand même un travail
31:13qui a été fait là-dessus
31:14puisque le dossier médical
31:16de la défunte
31:16a été saisi
31:17les expertises de psy
31:19nous disent que
31:19cette âme
31:20n'était pas suicidaire
31:21et on savait tous
31:22concernant l'expertise de psy
31:23de Jean Lui-Millaire
31:24mais ça
31:25ce n'était pas un secret
31:25il suffit d'entendre
31:27et de voir Jean Lui-Millaire
31:28s'exprimer
31:29ou se comporter
31:30pendant 10 minutes
31:31pour prendre
31:32pleinement connaissance
31:32de la nature du personnage
31:34c'est-à-dire
31:35un homme qui sait tout
31:37sur tout le monde
31:38et qui essaie de manipuler
31:39tout le monde
31:41Cassation
31:42le médecin va obtenir
31:43un troisième procès
31:45Docteur Muller
31:46les secrets du pavillon
31:47d'Ingviller
31:48il a tué la mère
31:49il a tué la femme
31:51ça mérite
31:52à nouveau
31:5220 ans de prison
31:53l'enquête de l'heure du crime
31:55on se retrouve
31:55dans un instant
31:56sur RTL
31:57Du matin
31:58jusqu'au soir
32:16Dans l'heure du crime
32:17aujourd'hui
32:18l'affaire Jean-Louis Muller
32:19à l'automne 2013
32:20le médecin
32:21d'Ingviller
32:22en Alsace
32:22comparé
32:23une troisième fois
32:24en cours d'assise
32:25accusé du meurtre
32:26de son épouse Brigitte
32:2714 ans plus tôt
32:32Lundi 21 octobre 2013
32:34Jean-Louis Muller
32:34comparé libre
32:35devant la cour d'assise
32:36de Meurthe et Moselle
32:37à Nancy
32:38le dossier
32:39ne comporte toujours
32:40pas d'aveu
32:40ni de preuves matérielles
32:42le nouvel avocat
32:43de l'accusé
32:44maître Eric Dupond-Moretti
32:46parle d'une affaire
32:48extrêmement difficile
32:49les experts défilent
32:51en esquissant
32:52le scénario
32:53d'un crime
32:53maquillé en suicide
32:54par un mari intelligent
32:56et qui ne supportait pas
32:58que sa femme
32:58le quitte
32:59pourquoi le 357
33:01Magnum
33:02ensanglanté
33:03ne portait-il
33:04aucune empreinte
33:06pourquoi
33:06a-t-on retrouvé
33:07davantage de résidus
33:08de poudre
33:09sur les mains
33:10du mari
33:10que sur celles
33:11de son épouse
33:12des impressions
33:14troublantes
33:14mais pas de récits
33:15cohérents
33:16davantage de questions
33:18que de réponses
33:22maître Dupond-Moretti
33:24sait que le doute
33:25profite parfois
33:26à l'accusé
33:26n'ayant pas obtenu
33:28de reconstitution
33:28il a fait venir
33:29dans la salle d'assises
33:30la fameuse table
33:31en aile
33:32qui supportait
33:33le train électrique
33:35celle devant laquelle
33:36Brigitte
33:37a trouvé la mort
33:38l'avocat
33:39démontre
33:40que Muller
33:41n'a pas pu tirer
33:42en se collant
33:43derrière son épouse
33:44il aurait fait écran
33:46aux projections
33:47de sang
33:47qui maculent
33:48les murs
33:49il n'a pas pu
33:50tirer à distance
33:51non plus
33:52vu la configuration
33:53des lieux
33:53démonstration
33:55qui irrite
33:55l'avocat général
33:56qui martèle
33:57il a tué la mère
33:58il a tué la femme
33:59ça mérite
34:0020 ans de prison
34:01mais démonstration
34:02qui fait son effet
34:03sur les 9 jurés
34:0431 octobre 2013
34:07le médecin
34:08est
34:09acquitté
34:10il ôte ses lunettes
34:12il fond en larmes
34:13soutenu par son avocat
34:14et son plus jeune fils
34:16a couru
34:17dans le box
34:17c'est véritablement
34:18une victoire de la justice
34:19j'affirme
34:21que Jean-Louis Muller
34:22est totalement innocent
34:23il a perdu
34:24sa réputation
34:25sa maison
34:26son travail
34:27sa liberté
34:28et justice
34:29lui a été rendue
34:30Eric Dupond-Moretti
34:32effectivement
34:33à ce procès
34:33qui est un petit peu
34:34l'artisan
34:35de ce retournement
34:36de situation
34:37Dimitri Ramelot
34:38c'est incroyable
34:39cette espèce
34:40de surprise
34:42parce que là
34:42deux fois condamné
34:43il est acquitté
34:45il faut dire
34:46que le spectacle
34:47en valait la peine
34:49ah non mais c'était
34:50absolument incroyable
34:51c'est à dire qu'Eric Dupond
34:52Moretti
34:53qui était le maître
34:54des acquittements
34:55les anciens d'avocat
34:56de Muller
34:57lui avaient dit
34:57il faudrait peut-être changer
34:58d'équipe d'avocat
34:59ils l'ont même dit
35:00eux-mêmes
35:01qu'il fallait qu'il change
35:02pour avoir un oeil neuf
35:03donc Moretti arrive
35:04à la cour d'assises
35:05et il se transforme
35:06en ébéniste
35:06c'est à dire qu'il sort
35:08les planches
35:08il sort les traiteaux
35:09il pose tout ça
35:11un ou deux jours avant
35:12tout le monde se dit
35:13non mais qu'est-ce qu'il fait
35:14qu'est-ce qu'il se passe
35:15et lui très calme
35:16alors il avait fait monter
35:16la pression
35:17pendant le procès
35:17en disant que c'était
35:18un procès très important
35:19pour lui
35:19que la décision serait
35:20très importante
35:21et puis ce jour-là
35:22il prend les sperbalistiques
35:24alors voilà
35:24vous allez jouer
35:25madame Muller
35:26puis après
35:27vous allez jouer le tireur
35:28si vous mettez là
35:29ça ne va pas
35:29parce que vous faites écran
35:30alors qu'il y a du sang là
35:31là ça ne peut pas être
35:32de l'autre côté de la table
35:33puisqu'on a dit
35:33que c'était à bout portant
35:36donc ce n'est pas possible
35:36là ça ne va pas non plus
35:38parce que le pistolet
35:38ne serait pas là
35:39finalement
35:41Eric Dupont-Meritti
35:41ça marche
35:42et finalement
35:43on comprend que finalement
35:43il explique
35:44finalement simulaire
35:45et coupable
35:46il aurait dû être
35:46en lévitation
35:47au-dessus de cette table
35:48c'est le terme
35:49qu'il va employer
35:49effectivement
35:50c'est un truc
35:51totalement hallucinant
35:52ce qui se passe
35:53c'était du théâtre
35:54c'était du théâtre
35:55c'était du plus au théâtre
35:56comme d'ailleurs
35:56souvent aux assises
35:57mais en tout cas
35:58ça produit son effet
36:00sur les jurés
36:01et il faut ajouter à cela
36:02et là je m'adresse
36:03à Alain Cheval
36:04journaliste
36:04aux dernières nouvelles d'Alsace
36:05et qui vous avez suivi
36:07totalement cette affaire
36:07vous aussi
36:08il faut ajouter
36:09à cette espèce
36:10de numéro de passe-passe
36:11d'Eric Dupont-Moretti
36:13le fait que les experts
36:14ils n'ont pas été
36:14très convaincants cette fois
36:16ils se sont un peu
36:16emmêlés les pinceaux
36:17les pieds dans le plat
36:18mais ils font du rétro-pédalage
36:20ils disent qu'ils ne sont
36:21plus sûrs de rien
36:21alors ça pombe un peu
36:24l'argumentaire
36:25de l'avocat général
36:25ça c'est une première chose
36:26et puis il ne faut surtout
36:27pas obliger
36:28qu'au sixième jour
36:29de ce troisième procès
36:31il y a aussi
36:32du rétro-pédalage
36:33de la part
36:33du directeur d'enquête
36:35il y a deux nouveaux témoignages
36:36ceux des gendarmes
36:37qui étaient venus
36:39le soir de l'appel téléphonique
36:41qui étaient venus sur place
36:42et qui se souviendraient
36:43quatorze ans plus tard
36:46que le docteur Muller
36:47serait arrivé à la porte
36:49mouillé
36:51il aurait pris une douche
36:52donc ça suppose
36:54qu'il se serait changé
36:55qu'il aurait eu peut-être
36:56des traces de soin effacées
36:57les particules de poudre
36:58mais en fait
36:59ce n'est pas très cohérent
37:00je veux dire
37:00venir quatorze ans plus tard
37:01raconter ça
37:02ça ne tient pas la route
37:03et je pense que ça va jouer
37:05en la défaveur
37:06de la défense
37:08enfin pas de la défense
37:09mais de l'avocat
37:10de l'accusation
37:11et de l'avocat général
37:12tout simplement
37:13puisqu'on ne peut plus
37:14se fier à rien
37:15et c'est vrai que
37:17Dupond-Moretti
37:18dit
37:18acquittateur
37:19joue les effets de manche
37:21enfin comme il sait faire
37:22il fait peur aux témoins
37:24il fait peur aux jurés
37:25il fait peur à l'accusation
37:26c'est du spectacle
37:28comme disait le confrère
37:29c'est du spectacle
37:29exactement
37:30c'est du spectacle
37:31et il est dans son rôle
37:31évidemment
37:32maître Eric Dupond-Moretti
37:34maître Michael Vaquez
37:35l'un des avocats
37:36de la famille de Brigitte Muller
37:37est dans l'heure
37:38vous êtes dans l'heure du crime
37:39aujourd'hui
37:40je suppose que la famille
37:41est abasourdie
37:42elle va rester incrédule
37:43après ce verdict
37:44alors l'acquittement
37:45était très difficile
37:46à supporter
37:47mais à la fois
37:48les experts
37:49et les témoins
37:50qui viennent à la barre
37:51lors de ce troisième procès
37:52ne sont plus du tout
37:55ne sont plus autant concernés
37:57on a l'impression
37:58que lors des deux premiers procès
38:01il y a moins d'impact
38:02dans les auditions
38:04des uns et des autres
38:05et puis le ministère public
38:07n'a peut-être pas été
38:09aussi percutant
38:10lors du troisième procès
38:11que lors des deux premiers
38:12Maître Michael Vaquez
38:13toujours une question pour vous
38:14pas de meurtre
38:16mais est-ce que le suicide
38:17est établi ?
38:19Inéluctablement
38:20si Jean-Louis Muller
38:21est déclaré innocent
38:23on est obligé de conclure
38:24ce qui est impossible
38:25parmi les proches
38:26et parmi la famille
38:27il y a un doute
38:28ce doute a bénéficié
38:30à l'accusé
38:30la conclusion
38:31c'est qu'il n'est pas
38:32déclaré coupable
38:33d'un meurtre
38:33il n'y a pas d'autre
38:36alternative
38:36c'est un suicide
38:37auquel personne ne croit
38:39d'ailleurs
38:39parce que cette jeune femme
38:40avait une aversion
38:41pour les armes
38:42totale
38:43mais malheureusement
38:44la vérité judiciaire
38:47est celle-ci
38:48il a été déclaré innocent
38:49et par conséquent
38:50on est obligé
38:50de supporter
38:52cette thèse du suicide
38:53c'est compliqué
38:54ce que vous nous dites
38:55Maître Vaquez
38:57parce qu'en quelque sorte
38:59Jean-Louis Muller
38:59n'est pas un meurtrier
39:01mais de notre côté
39:02on a du mal
39:03à adhérer
39:03à la thèse du suicide
39:05c'est ça
39:06avec cette symbolique
39:07quand même
39:08qui laisse pantois
39:09à la fois
39:10Jean-Louis Muller
39:11déclaré innocent
39:12donc elle se suicide
39:13ou dans une salle de jeu
39:16dans une pièce de vie
39:17c'est-à-dire dans la cave
39:18où il y avait
39:19un train électrique
39:21des enfants
39:22elle qui plaçait
39:23ses enfants
39:24au-dessus de tout
39:25qui avait un amour
39:28vraiment très très fort
39:30pour ses enfants
39:30comment cette jeune femme
39:32enfin comment cette femme
39:32aurait pu se suicider
39:34avec cette symbolique
39:36dans une salle de jeu
39:38enfin avec un train électrique
39:39là où jouaient les enfants
39:41c'est radicalement impossible
39:43Un seul objectif désormais
39:46être ré-ha-bi-li-ter
39:49Docteur Muller
39:50les secrets du pavillon
39:51d'Ingviller
39:51j'ai fait 600 jours de prison
39:53j'ai tout perdu
39:54je me retrouve sans rien
39:56l'enquête de l'heure du crime
39:57je vous retrouve dans un instant
39:58sur RTL
40:15Aujourd'hui dans l'heure du crime
40:17l'affaire Jean-Louis Muller
40:18a quitté du meurtre
40:19de son épouse Brigitte
40:20en 2013
40:21le médecin alsacien
40:22va mener une longue
40:24croisade judiciaire
40:25pour contester des accusations
40:27qui ont
40:27dit-il
40:28ruiner sa vie
40:31Vendredi 20 février 2015
40:33deux ans après son acquittement
40:35Jean-Louis Muller
40:3659 ans
40:37se voit octroyé
40:38par la cour d'appel de Nancy
40:42367 551 euros
40:44d'indemnisation
40:45pour les 600 jours
40:46qu'il a passé derrière les barreaux
40:48avant que la justice
40:49ne le déclare non coupable
40:51il réclamait plus de 2 millions d'euros
40:53à la sortie de l'audience
40:54il se déclare déçu
40:55par ce montant
40:56j'ai subi 4 incarcérations
40:59ça fait 600 jours de prison
41:01et presque 5000 jours de procédure
41:03j'ai perdu ma clientèle
41:05j'ai perdu ma maison
41:06mon travail
41:07je me retrouve à 60 ans
41:08avec plus de chômage
41:10plus rien
41:11témoigne-t-il alors
41:12sur RTL
41:16Jean-Louis Muller
41:17n'exerce plus la profession de médecin
41:19il a refait sa vie
41:21et a ouvert des chambres d'hôtes
41:22dans sa région natale
41:23l'Alsace
41:24il ne souhaite plus s'exprimer
41:25sur l'affaire
41:26tant que toutes les procédures
41:27ne sont pas éteintes
41:28l'ex-docteur a en effet
41:30décidé de saisir
41:31la cour européenne
41:33des droits de l'homme
41:33contre l'état français
41:35pour procédure abusive
41:38il y a une cicatrice
41:39comme tout événement majeur
41:41tout suicidé
41:42va emmener une part
41:43de secret avec lui
41:45et ce secret là
41:47qu'est-ce qui a passé
41:48à ce moment là
41:49précis
41:49pour dire
41:50voilà
41:50je vais prendre
41:52un 357 Magnum
41:54et je vais aller
41:55dans la cave
41:56pour aller me tirer
41:57une balle dans la tête
41:58je ne sais pas
41:59ce qui s'est passé
41:59dans sa tête
42:00Alain Cheval
42:01journaliste
42:02aux dernières nouvelles d'Alsace
42:04et vous avez suivi
42:05toute cette affaire
42:06pour le quotidien
42:07le quotidien
42:08de cette région Est
42:10et de cette région Alsacienne
42:12selon vous
42:13qu'est-ce qui
42:14qu'est-ce qui n'a pas marché
42:16dans ce dossier
42:16pour qu'il y ait finalement
42:17trois possées
42:19et des incertitudes
42:20en permanence
42:21qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ?
42:23je pense qu'initialement
42:25c'est l'enquête
42:25malheureusement
42:26des gendarmes
42:27qui sont peut-être venus
42:28un peu avec le doigt
42:29sur la couture
42:30face au docteur Muller
42:33donc peut-être
42:34et avec trop de certitudes
42:36Alain c'est ça ?
42:38trop d'incertitudes
42:38oui ça c'est ce qui
42:40transparaît
42:40durant toutes les procédures
42:43et puis pendant
42:44pendant les procès
42:44c'est-à-dire
42:45comment peut-on se retrouver
42:46avec une dizaine
42:47d'expertises
42:48toutes contradictoires
42:49se retrouver avec des témoins
42:51il me vient en tête
42:53le cas du nouvel amant
42:56ou du nouveau compagnon
42:57de Brigitte
42:58qui sur les premières auditions
43:00dit clairement
43:01qu'elle n'était pas suicidaire
43:02et sur le dernier procès d'assises
43:04revient sur ses déclarations
43:06en disant que
43:07qu'elle avait l'air
43:09pas dans son état
43:10peut-être même suicidaire
43:12je veux dire
43:12c'est comment peut-on
43:14juger sereinement
43:15sur autant de contradictions
43:17d'un bout à l'autre
43:18de la procédure
43:19mais comme dit
43:20je pense qu'à la base
43:21ce qu'il pêche
43:22c'est l'enquête
43:24du départ
43:25qui est plein de trous
43:27dans la raquette
43:28voilà c'est ça
43:28c'est une enquête
43:29qui démarre mal
43:30et comme souvent
43:31les enquêtes qui démarrent mal
43:32et bien elles finissent mal
43:33en tout cas
43:34elle laisse un point d'interrogation
43:36à la sortie
43:37alors c'est pas tout à fait le cas
43:38puisqu'il faut quand même le répéter
43:39le docteur Muller
43:40a été acquitté
43:41donc il n'a plus rien à voir
43:43avec cette affaire en justice
43:44il faut bien le répéter
43:46Dimitri Ramelot
43:47trois procès
43:48je le disais
43:49avec Alain Cheval
43:50il y a une leçon
43:52quand même dans cette histoire
43:52c'est que
43:53finalement
43:54ça illustre à la fois
43:55la force
43:55et la faiblesse des experts
43:56ça on peut le dire
43:58ah mais totalement
43:59c'est à dire que
44:00personne n'a jamais réussi
44:01à se mettre d'accord
44:03il y a effectivement
44:03une enquête des gendarmes
44:04qui commence mal
44:05pas de perquisition
44:06pas de saisie des vêtements
44:08ils sont arrivés finalement
44:09chez quelqu'un
44:10qui disait
44:11donc
44:11qui disait que sa femme
44:12s'était suicida
44:13alors qu'il le fréquente
44:14eux en tant que gendarme
44:15parce que lui
44:15est médecin légiste
44:16on le rappelle
44:17donc bienveillance ou pas
44:18peu importe
44:19mais c'est vrai que c'est mal parti
44:20les 48 heures
44:21premières heures sont cruciales
44:22et derrière effectivement
44:23Jean-Alphonse vous l'avez dit
44:24un festival de rapports
44:26d'expertise contradictoire
44:28qui disent
44:28oui ça peut être lui
44:29mais ça peut aussi être elle
44:30enfin comment
44:32veut-on que la justice avance
44:33avec
44:34ça peut être lui
44:34mais ça peut aussi être elle
44:35donc finalement
44:36au bout du bout
44:37pas de certitude
44:38et puis
44:40cet avocat
44:41qui se transforme
44:42en menuisier
44:43dans la cour d'assises
44:44et qui a réussi
44:45finalement à emporter
44:45la mise
44:47Maître Vaquès
44:48vous êtes avec nous
44:49depuis le début
44:50de cette heure du crime
44:51je rappelle que vous défendez
44:52la famille de l'épouse
44:53du docteur Muller
44:54quel enseignement
44:57peut-on tirer
44:58de cette affaire ?
44:59ça serait quoi
44:59par exemple
45:00la faiblesse des experts ?
45:03en fait
45:04trop d'expertise
45:05tue les expertises
45:06et lorsqu'un dossier
45:08d'information judiciaire
45:10dure des années
45:12des années
45:12des années
45:13lorsqu'on s'opère
45:14en expertise
45:15en contre-expertise
45:17vous avez forcément
45:19un expert
45:20qui va peut-être avoir
45:21une vision différente
45:22d'un autre collègue
45:23et à partir de ce moment-là
45:25on se dilue
45:26dans un flot de détails
45:28et même les jurés
45:30s'y perdent
45:31et c'est peut-être
45:31pour ça d'ailleurs
45:32que le dossier
45:34a basculé
45:35sur un acquittement
45:37puisque
45:37le doute
45:38est peut-être
45:39la conséquence
45:40des expertises
45:40Maître Vaquez
45:42le docteur Muller
45:43il a été acquitté
45:44donc il n'y a pas de crime
45:45finalement
45:46c'est une affaire
45:48qui est
45:49élucidée
45:49ou non élucidée ?
45:51Alors
45:52ce n'est pas une affaire
45:52élucidée
45:53parce que
45:53vous savez
45:54je pense que
45:55dans la région
45:57il faut respecter
45:58la décision de justice
45:59mais après
46:00il y a l'imaginaire collectif
46:01il y a ce que les gens savent
46:03notamment dans cette commune
46:04d'Ingvillère
46:06personne
46:07je dis bien
46:07personne
46:08ne croit
46:09à la thèse
46:10du suicide
46:11hormis
46:12peut-être
46:12la famille
46:13de Jean-Louis Muller
46:14et personne
46:15ne croit
46:16à la thèse
46:17du suicide
46:18alors
46:19est-ce que cette affaire
46:19est élucidée
46:20on va dire
46:20qu'elle est élucidée
46:21sur le plan judiciaire
46:22puisque la vérité judiciaire
46:23est celle
46:24d'un acquittement
46:24mais ce qui est assez étrange
46:26c'est que dans les faits
46:27tout le monde reste
46:28sur sa fin
46:29puisque
46:31personne ne croit
46:31au suicide
46:32et donc
46:33c'est une affaire
46:34qui reste
46:35j'ai envie de dire
46:36non élucidée
46:37dans l'imaginaire
46:37mais il y a encore une question
46:40ce n'est pas
46:40l'affaire
46:41Brigitte Muller
46:42aujourd'hui encore
46:43c'est l'affaire
46:44du docteur Muller
46:45c'est comme ça
46:45qu'on l'appelle
46:47oui
46:47c'est assez
46:49symptomatique
46:50c'est l'affaire
46:50du docteur Muller
46:51puisque c'est Jean-Luc Muller
46:52qui a tiré
46:53qui a tiré la lumière
46:54sur ce dossier
46:54mais on oublie trop souvent
46:56que dans l'affaire Muller
46:58il y a une femme
46:58qui a perdu la vie
46:59qui a laissé
47:00deux enfants
47:01et qui a laissé
47:03également
47:03donc une famille
47:04des frères
47:05une maman
47:06dans la peine
47:07et le chagrin
47:09merci Alain Cheval
47:11Dimitri Ramelot
47:12et Maître
47:13Michael Vakès
47:14d'avoir été
47:14les invités
47:15de l'heure du crime
47:16merci à l'équipe
47:16de l'émission
47:17rédactrice en chef
47:18Justine Vigneault
47:19préparation
47:19Marie Bossard
47:20Lili Labeille
47:21réalisation
47:22Jonathan Griveaux

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