- il y a 10 heures
Les époux Cartier, Emmanuel, 34 ans, conducteur d'engins, Patricia, 39 ans, aide-soignante. Cinq enfants à tous les deux. Un couple en plein marasme qui a l'été 2002 décide d'en finir. Ce sera un suicide collectif à l'insuline. Mais seule une petite fille va succomber. La famille était surendettée, prise à la gorge par des emprunts en cascade. Cela suffit-il à expliquer la tragédie?
Un acte que l'entourage de la famille n'a jamais compris. Jean-Alphonse Richard remonte le fil de ce dossier.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:07La vérité est qu'en fin de compte c'était un arc de désespoir.
00:11On était au bout du rouleau, on était dans un impasse,
00:14et on s'est trouvé sur-endetté, et ça on ne l'a pas supporté.
00:19On a préféré quitte à partir partir tous les 7, pour ne pas être séparés.
00:25Bonjour, les époux quartiers, Emmanuel, 34 ans, conducteur d'engin, Patricia, 41 ans, aide-soignante,
00:34parent de 5 enfants, un couple en plein marasme qui, à l'été 2002, décide d'en finir.
00:40Ce sera un suicide collectif à l'insuline.
00:43La famille était sur-endettée, asphyxiée par les emprunts.
00:47Mais cela suffit-il à expliquer la tragédie ?
00:50Les époux quartiers, crédit mortel, l'heure du crime.
00:53Votre rendez-vous 100% fait divers et tout de suite sur RTL.
01:05Lundi 19 août 2002, 5h54, le Samu de Loise est appelé pour une petite fille de 11 ans tombée de
01:13son lit.
01:14C'est le papa qui est au bout du fil.
01:16Sa femme vient de le prévenir que l'enfant respire fort.
01:20Elle grogne, elle ne bouge plus comme si elle était dans le coma.
01:24Les secours filent jusqu'au village de Laversine, à une douzaine de kilomètres de Beauvais.
01:29La maison se trouve au bout du lotissement neuf de la grange au dîme, en bordure de la plaine agricole.
01:37La petite Alicia, inerte, est examinée.
01:40Pas de traces de coups ?
01:41L'urgentiste note toutefois deux points de piqûres au ventre des injections sous-cutanées.
01:48L'enfant est dans un état critique.
01:50Le papa, Emmanuel Cartier, et son épouse, Patricia, sont présents.
01:53Lui est effondré, assis sur une chaise.
01:57La maman est ébêtée.
01:58Leurs quatre autres enfants, âgés de 11 mois à 13 ans, sont inanimés, dans deux chambres, comme somnolants.
02:05Toute la famille est hospitalisée en urgence.
02:09Avant cela, le père, seul à pouvoir s'exprimer correctement, a confié au médecin qu'avec sa femme, il voulait
02:16en finir.
02:17Ils ont tenté de se suicider.
02:19Ils allaient emporter avec eux les enfants.
02:21Tout le monde a ainsi reçu sa piqûre d'insuline, sauf lui.
02:25Mais il était bien prévu qu'il se suicide aussi.
02:32Lundi 19 août, dans la matinée, les gendarmes de Brel et leurs collègues de la brigade de recherche de l
02:38'Oise perquisitionnent le pavillon de la famille Cartier.
02:41Divers accessoires médicaux sont retrouvés.
02:43Une seringue, un scalpel dans son emballage, un test de détection d'insuline.
02:49Dans la poubelle, un autre scalpel et une feuille manuscrite chiffonnée.
02:53C'est la chronologie du drame.
02:55On peut y lire les phrases suivantes.
02:5719h15, Patou, diminutif de la maman, Patricia, injecte une dose d'insuline à Thomas, le plus jeune de la fratrie,
03:0511 mois.
03:06Puis à Marine, Mathilde, Alicia et enfin Médéric, le fils aîné.
03:12Il est également mentionné.
03:13Minuit 45, Patou me rappelle qu'en cas d'échec de l'insuline, je devrais donner la mort à mes
03:21entrailles.
03:22Emmanuel Cartier est rapidement entendu.
03:25A 34 ans, il est conducteur d'engin dans une usine à béton.
03:28Son épouse Patricia, 41 ans, est aide-soignante dans une maison de retraite dans le coin.
03:34Ils gagnent tous les deux correctement leur vie, mais ils se sont retrouvés dans une situation financière inextricable.
03:43Endettés jusqu'au cou et désespérés, Emmanuel Cartier explique qu'ils ont donc décidé d'en finir.
03:50C'est son épouse qui a piqué les enfants.
03:52Elle leur avait dit qu'ils allaient partir en vacances à Berck et qu'il fallait les vacciner.
03:58Lui a bu une bouteille et demie de whisky.
04:01Il se revoit hurlant dans la maison, puis enfermé dans la voiture pour écouter de la techno à fond.
04:09Détail curieux, une prise de sang ne détecte chez le mari aucune trace d'alcool.
04:18Mercredi 21 août, deux jours après la tentative de suicide collectif,
04:21le village de Laversine, 876 habitants, est sous le choc.
04:25« Les époux quartiers, serviables, amicaux, bons voisins sont en prison, mis en examen pour empoisonnement.
04:32Je suis consterné, mais surtout je ne parviens vraiment pas à comprendre »,
04:36déclare la directrice de l'école primaire, où étaient scolarisés les enfants quartiers.
04:41Tout le monde semble plaindre la famille.
04:43Le 28 août, le journal Oise, hebdo, titre,
04:46« Ils injectent de l'insuline à leurs cinq enfants. »
04:51Les parents empoisonneurs éveillent la compassion.
04:56Des parents qui vont bien sûr être réentendus, réinterrogés.
04:59Le détail de la soirée fatale va se préciser sans toutefois donner les clés pour comprendre vraiment cette tragédie.
05:05La petite Alicia, elle, hélas, ne va jamais se réveiller de son coma.
05:10Le décès va bien sûr donner une toute autre épaisseur, une toute autre couleur à ce dossier,
05:15parce que là on rentre dans un drame pur et dur.
05:17On va en parler évidemment dans la suite de l'heure du crime.
05:20Il faut revenir à cette maison de l'Aversine et on le fait avec vous.
05:24Maître Hubert Delarue, bonjour.
05:26Bonjour.
05:26Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
05:30Vous êtes dans cette affaire l'avocat du papa, Emmanuel Cartier.
05:34Et puis vous êtes l'auteur de ce livre,
05:35« En robe et contre tout » publié aux éditions Michalon.
05:39Je conseille cet ouvrage parce que ce n'est pas seulement vos souvenirs,
05:43c'est les grandes affaires que vous avez eues à traiter.
05:45Je pense évidemment à l'affaire Doutreau,
05:47je pense à l'affaire aussi du Sulkibar,
05:50dont on avait beaucoup parlé.
05:52Et j'avais eu le plaisir à l'époque d'enquêter sur cette affaire
05:54et je vous avais rencontré.
05:56Maître Hubert Delarue,
05:58qui est cette famille Cartier ?
06:01Je le dis tout de suite,
06:02ce ne sont pas des gens qui sont dans le besoin absolu.
06:05Ils travaillent tous les deux.
06:06Mais c'est une famille fantastique la famille Cartier.
06:09Ils travaillent tous les deux,
06:10vous l'avez rappelé tout à l'heure,
06:11ce sont des gens pas très honnêtes.
06:13C'est une famille nombreuse,
06:15cinq enfants.
06:17Il y a différentes choses à rappeler, à préciser.
06:22Mais notamment, ce que vous n'avez pas encore évoqué,
06:24c'est peut-être la responsabilité des organismes bancaires
06:27à l'égard de cette famille qui va,
06:30comme vous l'avez précisé,
06:31dépenser, dépenser.
06:32Mais pourquoi ?
06:33Parce qu'au fond,
06:34les deux ont eu une enfance difficile,
06:35surtout Emmanuel,
06:36une enfance très très dure.
06:38Et ce qu'il disait à l'époque,
06:40je ne veux pas que mes enfants,
06:42aient la même enfance que moi.
06:44Et c'est la raison pour laquelle
06:45ils vont dépenser au-delà du raisonnable
06:48pour faire en sorte que les enfants aient
06:50à l'excès, si vous voulez.
06:53Chacun sa télévision, chacun...
06:54On va en parler, évidemment.
06:55Ils vont les couvrir de...
06:57Ils vont les couvrir.
06:57Alors, mais c'est une famille de très braves gens.
07:00Ce sont des gens profondément honnêtes,
07:02mais qui vont,
07:03je dirais,
07:04cette espèce de mécanisme,
07:06ce mécanisme d'endettement
07:07que vous avez évoqué,
07:08avec la complicité des prêteurs,
07:10car beaucoup de banques,
07:12beaucoup d'organismes,
07:12savent qu'ils sont dans cette difficulté,
07:15savent qu'ils sont surendettés,
07:16savent qu'ils ne pourront pas rembourser.
07:18Pour autant,
07:19ils sont démarchés
07:20et ils sont constamment relancés
07:22par les banques.
07:22Encore une question pour vous,
07:24Maître Delarue.
07:25Il y a ce suicide collectif.
07:26C'est affreux,
07:27suicide collectif.
07:28Il y a cinq enfants.
07:29Le couple peut se suicider,
07:31a priori.
07:31Mais pourquoi emporter tout le monde ?
07:33Ça a été décidé
07:34quelques jours auparavant.
07:35Pourquoi ?
07:36Parce qu'on ne peut pas partir
07:37sans les gosses.
07:39Parce qu'il y a un amour fusionnel,
07:41que ce soit de la part de Patricia
07:42ou de la part d'Emmanuel,
07:44avec ses enfants.
07:45C'est une espèce,
07:46un petit phalanstère familial.
07:48Ils vivent reclus sur eux-mêmes,
07:50complètement.
07:50Très important, bien sûr.
07:51Ils disent qu'ils ne vivent
07:52que pour leurs enfants,
07:53que par leurs enfants.
07:54Et si on part,
07:55il faut partir ensemble.
07:56Une petite précision.
07:58Vous avez évoqué tout à l'heure,
07:59et c'est très important,
08:00qu'en réalité,
08:02cet homme serait peut-être
08:03un simulateur,
08:04puisqu'il dit avoir bu
08:05et on n'a pas retrouvé
08:06la trône.
08:06Un litre et demi de whisky,
08:08c'est énorme.
08:08Et ça, c'est important.
08:09Parce que quand les gendarmes
08:10arrivent, c'est en procédure.
08:11On retrouve une bouteille de whisky
08:13quasiment vide à ses pieds.
08:14Les gendarmes disent
08:15qu'il est hébété
08:16et qu'il est incapable
08:17d'en sortir une.
08:18et plus grave.
08:19J'ai demandé une contre-expertise
08:21au juge d'instruction,
08:22puisque vous savez
08:23que quand il y a une prise de censure,
08:24il y a deux flacons.
08:25On n'a jamais retrouvé
08:26le deuxième flacon.
08:27Et je n'ai pas pu obtenir
08:28ma contre-expertise,
08:30car je suis convaincu
08:32qu'il y a eu une erreur
08:33des services
08:34en ce qui le concerne
08:35sur ce point précis,
08:37mais qui est capital.
08:38Effectivement,
08:39c'est tout à fait recevable.
08:40Ce que vous dites,
08:41évidemment, maître.
08:42On en tient compte.
08:43Bonjour, maître Carole Foisy.
08:45Bonjour.
08:45Bonjour,
08:46et merci beaucoup
08:47d'être avec nous également
08:48dans cette heure du crime
08:49et dans le studio
08:49L'Ordre du Crime.
08:50Vous êtes, vous,
08:51dans cette affaire,
08:51l'avocate de la maman,
08:53Patricia Cartier.
08:54En première instance,
08:55oui, j'ai été l'avocate
08:56de Patricia.
08:56Voilà.
08:57Alors, il y a une question
08:57toute simple.
08:58C'est la maman
08:59qui découvre la petite fille
09:00et qui est mal en point,
09:02Alicia,
09:03et qui va d'ailleurs décéder.
09:05Pourquoi ce n'est pas elle
09:06qui appelle tout de suite
09:06les secours ?
09:09Parce qu'elle est à l'étage
09:10avec les enfants.
09:12Emmanuel est en bas
09:13et qu'elle n'a pas de téléphone
09:16et elle n'a pas le code du téléphone.
09:18Le code du téléphone ?
09:19Oui, elle descend
09:22pour secouer Emmanuel
09:23qui n'est effectivement
09:24pas en bon état.
09:25Clairement,
09:26il n'est pas du tout
09:26en train de regarder la télé
09:28tranquillement.
09:29Elle le secoue,
09:30elle lui dit
09:30qu'Alicia ne va pas bien,
09:31qu'elle ne respire pas bien
09:33et elle lui dit
09:34qu'il faut décrocher le téléphone
09:37et qu'il faut appeler les secours.
09:39C'est pour ça
09:40qu'elle n'avait pas elle de téléphone.
09:41C'est lui qui avait le téléphone
09:42et il avait le code.
09:43C'est lui qui a le téléphone
09:44dans la maison ?
09:45C'est lui qui a le téléphone ?
09:45Oui, c'est lui qui a le téléphone
09:47comme il a le cordon de la bourse,
09:49comme il a la plupart
09:49des décisions aussi.
09:51C'était une relation
09:52qui était quand même
09:52très basée
09:55sur une forme d'emprise
09:57qui avait le grand amour
09:58pour...
10:00On y reviendra.
10:01L'emprise,
10:01c'est une théorie à la mode
10:02aujourd'hui.
10:03On y reviendra.
10:04Encore une petite question
10:06pour vous,
10:06Maître Fouacis.
10:08Pourquoi l'insuline ?
10:10Alors, en fait,
10:11ils sont dans une panade
10:13pas possible.
10:15Emmanuel va commencer
10:17à évoquer,
10:18je pense,
10:18de façon tout à fait
10:20entre guillemets légère
10:21si on peut dire ça,
10:22la possibilité
10:24de se suicider tous ensemble
10:25pour échapper à tout ça
10:26et vivre dans un monde
10:27sans crédit.
10:29Patricia,
10:30elle est issue
10:30d'une famille
10:31très nombreuse
10:32et très croyante
10:33donc je pense
10:33qu'elle n'adhère pas
10:35à ça au départ
10:36et puis
10:37elle finit
10:38par être convaincue
10:39et en fait
10:41il y a un accident
10:42qui se passe
10:43là où elle travaille
10:44c'est-à-dire
10:45qu'il y a une femme
10:45qui n'est pas
10:46insuline indépendante
10:47qui reçoit
10:47une injection d'insuline
10:48et qui s'endort
10:49et donc Patricia
10:52découvre
10:52qu'il est possible
10:53d'utiliser ce moyen
10:55pour partir en douceur
10:57et c'est comme ça
10:57qu'elle va décider
10:58de voler
10:59de l'insuline.
11:00C'est le moyen
11:01effectivement
11:01le plus facile
11:02et le plus immédiat
11:03des dettes écrasantes
11:05mais aucun appel
11:06au secours.
11:07Les époux quartiers
11:08crédit mortel
11:10j'ai injecté
11:10une seringue complète
11:12à chacun des enfants
11:13pour le petit dernier
11:14mon mari m'a aidé
11:15à le tenir.
11:17L'enquête de l'heure du crime
11:18on se retrouve
11:18dans un instant
11:19sur RTL.
11:21Merci
11:21d'écouter RTL
11:24Who you gonna call
11:26Ghostbusters
11:29L'heure du crime
11:30présentée par
11:31Jean-Alphonse Richard
11:32sur RTL
11:33L'heure du crime
11:34consacrée à l'affaire
11:35des époux quartiers
11:36à l'été 2002
11:37ce couple de lois
11:39a programmé
11:39leur suicide
11:40et ceux
11:41de leurs 5 enfants
11:42des morts
11:42suite à des injections
11:43d'insuline.
11:44Marie et femme
11:45croulée sous les dettes
11:46désespérée.
11:47Tout le monde a survécu
11:49mais une petite fille
11:49va mourir.
11:53Patricia Cartier
11:54la maman
11:55interrogée une première fois
11:57sur son lit d'hôpital
11:58confirme qu'elle
11:59et son mari
12:00avaient pris la décision
12:01d'en finir
12:01depuis plusieurs semaines.
12:03Une mort collective
12:04comme ça les enfants
12:05n'auraient pas
12:05à supporter leur dette.
12:07Le couple
12:07recevait des courriers
12:09d'impayés
12:09ils ne s'en sortaient plus
12:11ils avaient emprunté
12:12230 000 euros
12:14sur 10 ans
12:15ils disposaient
12:16de 11 comptes
12:17bancaires
12:17et de 17 cartes
12:1921 lignes
12:20de crédit
12:21ouvertes
12:21ils achetaient
12:22de façon addictive
12:23électroménager
12:24outils
12:25jeux et jouets
12:26pour les enfants
12:27Patricia a pensé
12:28à l'insuline
12:29il lui était facile
12:30de s'en procurer
12:31au château
12:31du Thillet
12:32une maison
12:33de convalescence
12:34où elle travaillait
12:35le produit
12:36est susceptible
12:36de provoquer
12:37un décès
12:38sans souffrance
12:39elle a dérobé
12:407 seringues
12:417 aiguilles
12:42et 3 flacons
12:43d'insuline
12:44son mari
12:44Emmanuel
12:45donnait le bain
12:46aux enfants
12:46elle a injecté
12:48une seringue
12:48complète
12:49à chacun
12:49pour le plus petit
12:51Thomas
12:5111 mois
12:52son époux
12:53l'a aidé
12:53à le tenir
12:54elle se souvient
12:55elle avoir bu
12:562 verres de whisky
12:57pour se donner
12:58du courage
12:58elle a utilisé
12:59pour elle
13:00le reste d'insuline
13:01des 6ème
13:02et 7ème seringues
13:04il n'y avait plus
13:05assez de produits
13:06pour son mari
13:07alors il lui a dit
13:09qu'il s'ouvrirait
13:09les veines
13:10elle a été prise
13:11de tremblements
13:12de sueur
13:13elle s'est écroulée
13:14au milieu des enfants
13:19vendredi 6 septembre 2002
13:20la petite Alicia Cartier
13:2211 ans
13:23plongée dans le coma
13:25depuis 20 jours
13:25décède au centre
13:27hospitalier de Beauvais
13:28terrible concours
13:30de circonstances
13:31la grand-mère
13:31qui avait la charge
13:33des 4 enfants survivants
13:34décède
13:35quelques heures plus tard
13:36dans un accident
13:37de voiture
13:38les époux Cartier
13:39apparaissent dévastés
13:40par ces nouvelles
13:41depuis leur prison
13:42ils écrivent
13:43à leurs proches
13:44pour dire
13:44qu'ils se sentent
13:46responsables
13:46de ces malheurs
13:48réentendus
13:48par la juge d'instruction
13:49Emmanuel Cartier
13:51exprime sa peine
13:52ses regrets
13:53je me rends compte
13:54que j'aurais pu faire autrement
13:55mais je ne voulais pas
13:57demander de l'aide
13:58j'étais persuadé
13:59de l'existence
14:00d'un monde
14:00parallèle
14:01meilleur
14:02Emmanuel Cartier
14:03dit avoir déposé
14:05un dossier de surendettement
14:06il y a 10 ans
14:07dossier rejeté
14:08depuis
14:09le couple
14:10s'était enfermé
14:10sur lui-même
14:11donnant l'image
14:12d'une famille heureuse
14:13qui ne manquait de rien
14:14nous ne vivions
14:16que pour nos enfants
14:17ils étaient notre raison
14:18de vivre
14:18va répéter le couple
14:20personne n'était au courant
14:21de cette frénésie
14:23dépensière
14:23la banque de France
14:25n'avait jamais été saisie
14:26d'un quelconque problème
14:28de surendettement
14:29les parents
14:30n'avaient pas non plus
14:31alerté les services sociaux
14:32sur leur situation
14:34précaire
14:38interrogé
14:39le fils aîné
14:39va confirmer
14:40que l'argent
14:41se faisait rare
14:41dans la maison
14:42selon lui
14:43les enfants
14:43n'avaient parfois
14:44pas assez à manger
14:45ses petites soeurs
14:46ne prenaient pas toujours
14:47leurs biberons
14:48les proches
14:49savaient que le couple
14:50avait du mal
14:51à boucler
14:51leur fin de mois
14:52mais rien de dramatique
14:54a priori
14:54les visiteurs
14:56étaient toutefois
14:56surpris
14:57de voir continuer
14:58à s'accumuler
15:00électroménager
15:01flambant neuf
15:02ordinateur
15:03console vidéo
15:04chaque enfant
15:05avait sa propre télé
15:07histoire de ne pas
15:08faire de jaloux
15:09le père de famille
15:10disait n'avoir
15:10qu'une crainte
15:11celle d'être
15:12obligé
15:13de retourner
15:14un jour
15:14dans une HLM
15:16l'enfermement
15:18du couple quartier
15:19bien difficile
15:20à comprendre
15:21pour tous ceux
15:21qui les connaissaient
15:22est-ce qu'on les connaissait
15:23vraiment d'ailleurs
15:24ce couple
15:24c'est pas sûr
15:24pas facile non plus
15:26à décrypter
15:26pour les psychologues
15:27et les psychiatres
15:28cette dérive
15:29terrifiante
15:30dans laquelle
15:30ce couple
15:31s'est enfermé
15:32on va voir tout ça
15:33évidemment dans le chapitre
15:34suivant
15:35ces mécanismes
15:36qui ont poussé
15:36à cette idée
15:37de suicide
15:39collectif
15:39Maître Hubert Delarue
15:40vous êtes avec nous
15:41dans cette heure du crime
15:42vous êtes l'avocat du papa
15:43Emmanuel Cartier
15:44auteur du livre
15:45En robe et contre tout
15:46publié aux éditions
15:47Michelon
15:48vous racontez plusieurs histoires
15:49dont celle-ci
15:50effectivement
15:51l'affaire
15:51des époux quartiers
15:54comment expliquer
15:55cet enfermement
15:56de ce couple
15:57moi ça m'échappe
15:59là
15:59j'avoue
15:59ils sont endettés
16:00jusqu'au cou
16:01ils croulent
16:02sous les dettes
16:03mais ils n'appellent
16:03personne au secours
16:04c'est pas tout à fait vrai
16:06il faut écouter
16:06l'abbé Vasseur
16:07quand le drame
16:09intervient
16:10il y a
16:10en plein été
16:11en plein Moïdou
16:12il y a un mouvement
16:12de solidarité extraordinaire
16:14qui va se mettre en place
16:15et l'abbé Vasseur
16:16qui les connait
16:17puisque les enfants
16:17le curé
16:18le vieux curé
16:19de la Versy
16:20ils ont tous été baptisés
16:22ils connaissent bien la famille
16:23ils les rencontrent
16:24je ne sais pas s'ils les voient
16:25à l'office ou pas
16:25mais enfin toujours
16:26il y a un contact avec eux
16:27donc de dire que
16:28c'est un peu paradoxal
16:30à la fois ils sont
16:31dans leur bulle
16:32ils sont dans leur bulle
16:33mais en même temps
16:34lui il a une vie
16:34au travail
16:35elle elle a une vie
16:36de son côté
16:37bon
16:37donc ils ne sont pas
16:38dans l'oisiveté non plus
16:39ils ne sont pas complètement
16:40recroquevillés sur eux-mêmes
16:42mais en même temps
16:43ils sont dans une espèce
16:44de bulle
16:45d'un engrenage
16:46qui va démarrer
16:47et petitement
16:48par le fait qu'effectivement
16:49on a envie d'améliorer
16:50l'ordinaire
16:51on a pris le crédit
16:52pour la maison
16:52et ceci et cela
16:53parler de la cheminée
16:54parler aussi des affaires
16:56de cuisine
16:57de la vaisselle
16:58enfin tout ça
16:58bon
16:58et puis progressivement
17:00il va y avoir
17:01cette espèce d'engrenage
17:02qui va se mettre en place
17:03dans laquelle
17:03ils sont solidaires
17:04tous les deux
17:05lui pour le motoculteur
17:06elle pour le lave-vaisselle
17:07qu'importe
17:08ils sont dans cette bulle
17:10et puis
17:10ce que j'ai expliqué
17:11c'est-à-dire
17:12ce que j'ai voulu essayer
17:13d'expliquer
17:13je ne suis pas sûr
17:14d'y être parvenu d'ailleurs
17:15c'est qu'ils vont tomber
17:17dans la main
17:17de ce que nous avons appelé
17:19même avec Franck Berton
17:20on appelle
17:20les rapaces
17:21qui vont
17:22qui ont bien compris
17:24les rapaces
17:24les sociétés de crédit
17:25etc
17:26c'est à l'époque
17:28le fameux crédit revolving
17:29oui oui
17:30et ils savent
17:31qu'ils sont en difficulté
17:32mais ils viennent
17:33les relancer
17:33jusque chez eux
17:34jusqu'à la maison
17:35on va vous en redonner
17:37un petit etc
17:37pourquoi
17:38parce que ces gens-là
17:39touchent évidemment
17:40un pourcentage
17:41sur les crédits qu'ils vendent
17:42et alors qu'ils savent
17:43qu'ils ne pourront pas
17:44s'en sortir
17:44qu'ils sont véritablement
17:45dans une impasse financière
17:47qui va se révéler tragique
17:49et bien
17:49ils continuent
17:50ils continuent
17:51ils continuent
17:52à prêter
17:52jusqu'au moment
17:53où il explique
17:54Emmanuel Cartier
17:55toutes les cartes
17:56il en a
17:57je ne sais plus
17:57vous avez dit un certain nom
17:58toutes vont être avalées
18:00là c'est fini
18:01il n'y a plus rien à faire
18:03et c'est là
18:03qu'ils vont monter
18:04cette espèce de scénario
18:06que vous avez évoqué
18:07un monde meilleur
18:08dans lequel
18:09il n'y a pas d'huissier
18:10il n'y a pas de banquier
18:11et dans lequel
18:12on va être
18:12tous ensemble
18:13et on sera très heureux
18:14voilà un petit peu
18:15ce qui va se passer
18:16la mort de la petite Alicia
18:18elle a 11 ans
18:19petite fille
18:20ça change tout
18:21et c'est ça qui change tout
18:22et vous avez parfaitement raison
18:23parce que les autres enfants
18:24grâce à Dieu
18:25vont s'en sortir
18:27bon je pense
18:27Patricia dira
18:28qu'elle a fait des injections
18:29mais sans très bien
18:30elle avait d'ailleurs prévu
18:31qu'il y ait une seringue
18:32et qu'il y ait du produit
18:34pour son mari
18:35malheureusement
18:35quand elle a fait des piqûres
18:37à tout le monde
18:37et à elle-même
18:38il n'y en avait plus
18:39d'accord
18:39mais en réalité
18:42le projet
18:43qui va s'instaurer
18:44il est collectif
18:45et puis malheureusement
18:47vous l'avez rappelé
18:47c'est ce qui va faire
18:49basculer l'affaire
18:49c'est qu'en réalité
18:50la petite fille va décéder
18:52vous êtes d'accord avec ça
18:53Maître Carole Foycy
18:54vous défendez-vous
18:55la maman
18:55Patricia Cartier
18:56et effectivement
18:57la mort de cet enfant
18:59on n'est plus dans la même affaire
19:00bon la mort de cet enfant
19:02malheureusement
19:02on a su dès le départ
19:04qu'Alicia n'allait pas
19:05se réveiller
19:06et c'est vrai que c'était
19:08vraiment très tragique
19:09mais pour rebondir
19:10sur ce que disait Hubert Delarue
19:11c'est vrai que
19:13on s'est toujours interrogé
19:14sur la question de savoir
19:15pourquoi la Banque de France
19:16n'avait pas tiré
19:17la sonnette d'alarme
19:18dans tous les sens
19:19pourquoi une famille
19:21avait pu faire
19:2217 crédits
19:23enfin bon
19:2421 lignes de crédit
19:2521 lignes de crédit
19:26c'était incroyable
19:27et je pense que
19:28en fait
19:29ce qui a aussi fait
19:30qu'au début
19:31la famille a bénéficié
19:33d'une immense compassion
19:34et d'une immense empathie
19:35c'est qu'effectivement
19:37on s'est dit
19:37cette famille
19:38avec ses crédits
19:39c'est terrible
19:39et en fait
19:40cette empathie
19:41s'est fracassée
19:42ensuite
19:42contre la réalité
19:44des choses
19:45au fur et à mesure
19:46que le dossier
19:46était ouvert
19:49c'est à dire
19:50qu'il y avait
19:50une télé
19:51par chambre des enfants
19:52il y avait
19:53des consoles vidéo
19:54il y avait
19:55la cheminée
19:56à 45 000 francs
19:57il y avait tout ça
19:57et en fait
19:58c'est ça
19:59quand on dit
20:00qu'on n'a pas
20:00tout à fait
20:00la même vision
20:01c'est à dire que
20:02si je suis d'accord
20:03et complètement d'accord
20:04avec Hubert Delarue
20:04sur le fait que
20:05ces histoires de crédit
20:07ont précipité
20:08cette famille
20:08là-dedans
20:09mais on n'a pas creusé
20:10assez
20:11le lien
20:12entre les deux époux
20:13qui fait que
20:14il y en avait un
20:15qui tenait les cordons
20:16de la bourse
20:16c'était Emmanuel
20:17et Patricia
20:17qui n'était pas une idiote
20:18du tout
20:19était dans une relation
20:20avec lui
20:20où elle n'arrivait pas
20:22à dire stop
20:22donc c'est ça
20:24qui n'a pas été
20:24assez creusé
20:25et qui aurait été
20:26probablement plus intéressant
20:27mais pour nous deux
20:28d'ailleurs
20:29et d'ailleurs
20:30pour Emmanuel
20:33Cartier
20:33on a l'impression
20:34qu'il ne veut pas
20:35briser l'image
20:36lui
20:36de l'aisance
20:38de quelqu'un
20:38qui s'en sort
20:39etc
20:39c'est important
20:41pour lui
20:41l'ego quand même
20:42qui est important
20:43on aurait pu aussi
20:43s'interroger
20:44comme ça vient
20:45d'être dit
20:45par mon confrère
20:46sur le fait
20:46qu'ils avaient
20:49quand même
20:49un petit peu
20:50de vie sociale
20:51il ne faut pas exagérer
20:52mais comment c'est-il
20:53qu'ils n'ont pas alerté
20:54la famille
20:55les services sociaux
20:57de ça
20:57c'est compliqué
20:58c'est plus compliqué
20:59c'est plus difficile
21:00comme vous l'avez dit
21:01ça brise l'image
21:02mais la famille
21:03les proches
21:04on est en difficulté
21:05il faut venir nous aider
21:06Patricia avait honte
21:08elle aurait été incapable
21:10parce que tous les membres
21:11de sa famille
21:11très nombreuses
21:12avaient des situations
21:13tout à fait bonnes
21:14et elle
21:15elle était celle
21:15qui n'aurait pas réussi
21:17et je pense que
21:18chez Emmanuel
21:19il y avait aussi
21:20un problème
21:20de découvrir
21:21qu'il n'avait pas réussi
21:22parce qu'il avait
21:23des casseroles
21:24le pauvre
21:24il n'avait pas eu
21:24une enfance
21:25particulièrement folklorique
21:27il avait eu
21:27beaucoup de difficultés
21:28il fallait masquer tout ça
21:29il fallait
21:30et puis
21:30il était incapable
21:32de voir l'image
21:33se casser
21:34le cahier noir
21:35où tout était inscrit
21:37les époux quartiers
21:38crédit mortel
21:39j'ai toujours vu
21:40les prêts
21:40comme un plus
21:41une sécurité
21:42de l'argent devant moi
21:44pour répondre à la demande
21:45des miens
21:45l'enquête de l'heure du crime
21:46comment ce couple est-il arrivé
21:48au bord de la rupture
21:49à suivre
21:50dans un court instant
21:51sur RTL
22:06C'est un couple sans histoire
22:08les enfants mangeaient à la cantine
22:11la cantine toujours payée en temps et en heure
22:13tout le monde tombe des nus
22:14parce que personne ne pensait que cette famille
22:17pouvait être
22:18d'après ce qu'on dit aussi endettée
22:21d'après ce qu'on dit maintenant
22:21c'est triste
22:23c'est triste
22:24au programme de l'heure du crime
22:26l'affaire des époux quartiers
22:27en août 2002
22:28ce couple de lois
22:29a projeté un suicide collectif
22:31eux
22:31et leurs cinq enfants
22:32leur petite fille de 11 ans
22:34est la seule victime décédée
22:36ils voulaient en finir avec la vie
22:38à cause d'un surendettement massif
22:40les experts sont perplexes
22:46mercredi 11 août 2004
22:47deux ans après leur mise à l'examen
22:49Emmanuel et Patricia Cartier sont libérés
22:51placés sous contrôle judiciaire
22:53la juge d'instruction de Beauvais
22:55a longuement entendu les époux
22:57le mari confirme l'obsession
22:59partagée avec son épouse
23:01de faire plaisir coûte que coûte aux enfants
23:04il explique
23:04j'ai toujours vu les crédits
23:06comme un plus
23:07comme une sécurité
23:08j'avais l'impression d'avoir de l'argent devant moi
23:11pour répondre à la demande des miens
23:13Patricia partage la même illusion
23:16de l'argent facile et immédiat
23:18un pavillon comme celui de ma mère
23:20c'était mon rêve
23:21témoigne-t-elle
23:22en 15 jours
23:23les quartiers avaient signé la promesse d'achat
23:26ils étaient déjà lourdement endettés
23:28plus de 100 000 euros
23:30mais ils avaient obtenu
23:31un nouveau crédit
23:33leur sérieux professionnels
23:35et leur famille nombreuse
23:36étaient des arguments convaincants
23:37Emmanuel Cartier
23:39était seul à tenir les finances
23:41chaque 25 du mois
23:43il se plongeait dans son cahier noir
23:46la nuit
23:47quand tout le monde dormait
23:48il passait en revue les dettes
23:50il jouait sur les dates de remboursement
23:52sur les cartes à débit différés
23:54à chaque fois
23:56je pensais qu'on avait touché le fond
23:58puis le matin
23:59je me disais que dans la boîte aux lettres
24:01il y aurait peut-être
24:02un nouveau crédit
24:06pour les psychiatres
24:07Emmanuel Cartier
24:09timide, réservé, replié sur lui-même
24:11assimilait son échec financier à une impasse
24:14il ne pouvait pas sauver la famille
24:16il lui était insupportable de demander de l'aide
24:19selon les experts
24:20Patricia Cartier a suivi aveuglément son mari
24:24elle était en état de très forte dépendance
24:27avec cet homme
24:28les psys parlent même d'une très forte altération de son discernement
24:33au moment des faits
24:34presque une abolition
24:36lors du passage à l'acte
24:37elle était en pleine dépression
24:39à cause de cette catastrophe financière et morale
24:44maître Carole Foissy
24:45vous êtes l'une de nos invitées dans cette heure du crime
24:47vous êtes l'avocate de la maman Patricia Cartier
24:49alors elle m'intéresse cette maman
24:51parce que les experts
24:53ils la présentent comme en retrait
24:54on a l'impression qu'elle a subi
24:56ce qui se passait
24:58certes elle était d'accord avec ce scénario
25:00terrifiant
25:01mais elle a subi
25:02et il y a quelque chose qui m'a marqué
25:03très forte altération de son discernement
25:06à la limite d'être jugée
25:07de pouvoir être jugée presque
25:09elle était dans un état de
25:11grande
25:14dépression
25:15et de grande fatigue
25:16d'épuisement
25:19je pense qu'elle
25:21enfin je pense
25:22elle était folle de son mari
25:24elle en était
25:24mais c'était un amour
25:26complètement dingue
25:28qui a
25:29qui probablement explique
25:30qu'elle suivait
25:32tout ce qu'il décidait
25:33puisqu'elle l'adorait
25:35tout ce qu'Emmanuel décidait
25:37faisait
25:37c'était bien
25:38et donc
25:40elle était dans cette
25:41dans cette dynamique là
25:44mais qui la conduisait
25:46à se réveiller
25:47à 4h30 du matin
25:48pour faire le petit déjeuner
25:50et que tout le monde se lève
25:51avec la cheminée
25:52qui avait brûlé
25:53qui avait réchauffé
25:55les 5 enfants à gérer
25:57son travail à gérer
25:59en plus
26:00elle était très dépressive aussi
26:02parce que
26:02à la naissance de Thomas
26:04qui était une merveilleuse
26:06petite surprise
26:06pour elle
26:07elle avait pensé
26:09qu'elle aurait pu
26:10s'arrêter de travailler
26:10s'occuper de tous les enfants
26:12à la maison
26:12et pendant qu'Emmanuel
26:14travaillait
26:15et que cet équilibre là
26:16aurait pu être trouvé
26:17et en fait
26:18c'est un équilibre
26:19qui s'est avéré
26:19pas du tout possible
26:20et donc elle a dû
26:21retourner travailler
26:22et ça a été
26:24je pense
26:24aussi le début
26:25de sa
26:27de sa
26:27de sa plongée
26:29dans une dépression
26:30enfin je sais pas
26:30si c'était une dépression
26:31mais en tout cas
26:32elle était
26:32elle était dans un état
26:34de profond épuisement
26:36dans le marasme total
26:37et quand la première fois
26:38que je l'ai vue
26:38moi c'était une femme
26:39qui était
26:41complètement fragile
26:42complètement
26:44tremblante
26:44elle
26:45elle avait
26:46elle avait pas encore
26:47réalisé totalement
26:48je pense
26:48ce qu'ils avaient fait
26:49et ce qui avait pu se passer
26:51et notamment
26:51la mort de cette petite fille
26:53Alicia
26:53il faut en parler
26:54parce que c'est la seule victime
26:55finalement de cette histoire
26:55c'est Alicia
26:56elle avait 11 ans
26:58Maître Hubert Delarue
26:59vous êtes avec nous
27:00avocat du papa
27:01d'Emmanuel Cartier
27:02auteur du livre
27:03En robe et contre tout
27:04qui est publié
27:04aux éditions Michalon
27:05vous évoquez cette histoire
27:06dans ce livre
27:07Maître Hubert Delarue
27:09Emmanuel Cartier
27:10il tient les comptes
27:11et j'ai l'impression
27:12qu'il est un peu
27:12comme le capitaine
27:13du Titanic
27:14c'est à dire
27:14qu'il voit se rapprocher
27:16l'iceberg
27:16il voit se rapprocher
27:18la chute
27:18mais il fait pas grand chose
27:19il a rêvé d'un monde
27:21il a rêvé d'un monde
27:22inaccessible
27:23et d'un monde
27:24impossible pour lui
27:25puis c'était pour Cartier
27:27une revanche
27:28sur la misère
27:29de son enfance
27:29on rappelait tout à l'heure
27:31avec mon confrère
27:32qu'il avait ce souvenir
27:33que le 20 du mois
27:34on venait couper
27:35l'électricité chez lui
27:36et il n'y avait plus
27:37d'électricité
27:38il avait peur de ça
27:38et je pense qu'il a eu peur
27:41de revivre au fond
27:42ce qu'il avait vécu
27:43et puis surtout
27:44je le disais tout à l'heure
27:45il a voulu le meilleur
27:46pour ses enfants
27:47mais c'était aussi
27:48un meilleur
27:49qui était beaucoup
27:50tourné vers la matérialité
27:52des choses
27:52vous l'avez évoqué
27:53les télés
27:54la radio
27:55le machin
27:55enfin il y a tout un tas
27:56de trucs
27:56tout un tas de choses
27:57inutiles
27:58et qui étaient disproportionnées
27:59par rapport à leurs moyens
28:00mais je crois qu'il a fait
28:01ce rêve inaccessible
28:04à rebours de ce qu'il avait
28:06lui-même vécu
28:07dans son enfance
28:09misérable
28:09à la différence
28:10de son épouse
28:11et puis pour le reste
28:12c'était un couple
28:13fusionnel
28:14je pense qu'il avait
28:15une responsabilité
28:17plus importante
28:17puisque d'ailleurs
28:18la justice
28:19l'a condamné
28:19plus lourdement
28:20mais il y avait
28:21quand même
28:22une dimension
28:23globale
28:24une dimension
28:25fusionnelle
28:26entre les deux
28:27qui ont fait
28:27qu'aucun des deux
28:28n'a eu la capacité
28:30d'arrêter l'autre
28:30ou de dire
28:31il faut se raisonner
28:31il faut appeler au secours
28:32il faut faire avec ça
28:33et vous avez dit
28:34c'est le Titanic
28:35voilà
28:35on court vers l'iceberg
28:37absolument
28:37très franchement
28:38maître de la rue
28:39on est face à face
28:40les yeux dans les yeux
28:41j'ai envie de dire
28:43tout le monde s'endort
28:44autour de lui
28:45cette nuit là
28:45l'insuline
28:46voilà
28:46tout le monde sombre
28:47est-ce qu'il a vraiment
28:48envie de se suicider
28:49non mais je vous réponds
28:51les yeux dans les yeux
28:52parce qu'il y avait
28:53normalement
28:54elle avait amené
28:54le nombre de seringues
28:56il n'y en aurait eu que 6
28:57on aurait dit
28:57tiens c'est bizarre
28:595 pour les enfants
29:001 pour sa femme
29:00et lui qu'est-ce qu'on va faire
29:01elle en prend bien 6
29:02elle prend les quantités
29:04nécessaires
29:04et c'est elle qui dit
29:05quand j'ai fait aux 5 enfants
29:07malheureusement
29:08la petite qui va mourir
29:09et à moi
29:10j'en avais plus
29:11on en avait plus
29:12j'avais utilisé
29:13tous les flacons
29:14et c'est là
29:15que je lui ai dit
29:15il faut que tu trouves
29:16quelque chose d'autre
29:17elle lui a trouvé
29:18un scalpel
29:18paraît-il
29:19et puis il lui a dit
29:20je vais boire
29:21boire boire boire
29:22boire boire boire
29:23puis après je vais me couper
29:24les veines etc
29:24bon alors c'est vrai
29:26qu'il reste une inconnue
29:27parce qu'au petit matin
29:28moi j'affirme
29:29que cet homme
29:30était en état d'ivresse
29:31avancé
29:32mais pour autant
29:33il n'a pas mis fin à séjour
29:34et il n'a pas expressément
29:35tenté de mettre fin à séjour
29:36c'est une réalité du dossier
29:39le couple va être jugé
29:41les époux quartier
29:42crédit mortel
29:43on a imaginé
29:44qu'on serait tous partis
29:46dans un autre monde
29:46un monde sans argent
29:48sans dette
29:48sans crédit
29:49l'enquête de l'heure du crime
29:50on se retrouve
29:51dans un instant
29:52sur RTL
30:10retour dans l'heure du crime
30:11sur l'affaire des époux quartier
30:13en 2002
30:13ce couple de lois
30:14étranglé par des dettes massives
30:16avait décidé d'emmener
30:18toute sa famille
30:19dans la mort
30:20eux-mêmes
30:20leurs 5 enfants
30:21suicides à l'insuline
30:23seule une petite fille
30:24de 11 ans est morte
30:25jugée 3 ans
30:26après les faits
30:31lundi 17 octobre 2005
30:32Emmanuel et Patricia Cartier
30:3437 et 44 ans
30:36comparaissent devant
30:37la cour d'assises de l'Oise
30:38à Beauvais
30:39le couple est
30:40recroquevillé
30:41dans le box
30:42à l'origine
30:43c'est mon mari
30:44qui a eu l'idée
30:45de nous supprimer
30:45explique l'épouse
30:46petite taille
30:48cheveux frisés
30:48elle est en larmes
30:49Emmanuel voulait
30:50qu'il se tue
30:51tous les deux
30:52elle aurait refusé
30:53avec ces mots
30:54je lui ai dit
30:54qui va s'occuper
30:56des enfants
30:56je voulais partir
30:57avec eux
30:58comme si on s'endormait
31:00ensemble
31:00dit-elle
31:01Emmanuel Cartier
31:02explique qu'il a décidé
31:03de passer à l'acte
31:044 jours avant le drame
31:06il ne pouvait plus
31:07retirer de l'argent
31:08avec ses cartes de crédit
31:09toutes étaient bloquées
31:11il confirme
31:12qu'il devait se trancher
31:13les veines
31:14avec un scalpel
31:15mais au moment critique
31:17il n'a utilisé
31:18que le côté
31:19non tranchant
31:20du scalpel
31:22explication confuse
31:23question outil
31:24je m'y connais
31:25mais avec ce truc là
31:27Patricia Cartier
31:28raconte que
31:29la veille du drame
31:30le couple a écrit
31:30une lettre à la famille
31:31ils ont rangé
31:32leurs affaires
31:33dans des cartons
31:34ils avaient acheté
31:35des vêtements neufs
31:36pour les enfants
31:36pour les gâter
31:37une dernière fois
31:38précise-t-elle
31:39elle poursuit
31:39avec Emmanuel
31:40on a imaginé
31:41qu'on serait tous partis
31:43mais dans un autre monde
31:44un monde sans argent
31:46sans dette
31:46sans crédit
31:48un monde merveilleux
31:49si j'ai bien compris
31:51commente la présidente
31:55jeudi 20 octobre
31:56mais d'Eric
31:57le fils aîné
31:58du couple Cartier
31:5913 ans
31:59au moment du drame
32:00témoigne
32:00il est en colère
32:01contre ses parents
32:02il les regarde
32:03maintenant qu'on est
32:04face à face
32:05dit-il
32:05pourquoi vous avez fait ça
32:07pourquoi vous avez voulu
32:08nous empoisonner
32:09l'histoire du surendettement
32:10j'y crois pas
32:11son père lui répond
32:13je comprends
32:13ce que tu ressens
32:14je ne te demande pas
32:15de me pardonner
32:16c'est moi
32:17le responsable
32:18de tout ça
32:18tu me comprends
32:20non
32:21répond
32:21sèchement
32:22le fils aîné
32:23les experts psy
32:24dépeignent un couple
32:25replié sur lui-même
32:26plongé dans une sorte
32:28d'autisme social
32:30on va voir
32:31ce que va donner
32:32le verdict
32:32dans le chapitre suivant
32:33il faut rester
32:34pour l'instant
32:34sur les débats
32:36Emmanuel
32:37le quartier
32:38le père de famille
32:40maître Hubert Delarue
32:41vous le défendez
32:41à ce procès
32:42vous êtes son avocat
32:46Emmanuel quartier
32:47il se présente toujours
32:48comme le responsable
32:50de la tragédie
32:50ça effectivement
32:51il le dit
32:52il assume
32:52même de façon timide
32:53mais il le dit
32:54c'est un introverti
32:55c'est un introverti
32:57donc il est recroquevillé
32:58sur lui-même
32:58comme vous l'avez dit
32:59il est assez dans le box
33:00mais en même temps
33:01il ne méconnait pas
33:02la responsabilité
33:03qui est la sienne
33:04et c'est vrai
33:05qu'il a été
33:07l'artisan
33:07je dirais
33:08de ce chemin de croix
33:12financier
33:12et qui va les amener
33:14dans les conditions
33:14à ce drame
33:15absolument épouvantable
33:16et il reconnaît
33:17sa responsabilité
33:18mais à moindre mot
33:20puisqu'il s'exprime
33:21très peu
33:22et puis la présidente
33:23si vous voulez
33:24dans cette affaire
33:24et c'est le reproche
33:25que je lui ai fait
33:26c'était
33:26il y avait une dimension
33:27humaine incroyable
33:29dans cette affaire
33:30il y avait un besoin
33:31d'humanité
33:32et c'était
33:32d'essayer de comprendre
33:34que ses parents
33:35qui adoraient leurs enfants
33:36ils adoraient leurs enfants
33:37au-delà de tout
33:38et ils en arrivent
33:39à vouloir les tuer
33:40à partir avec eux
33:41et elle était là
33:42mais alors vous avez
33:43dépensé tant
33:44et alors le motoculteur
33:45c'était quand
33:46et puis la cheminée
33:48ah oui
33:48ah d'accord
33:49donc on n'était pas
33:50à la cour d'assises
33:51on était à la cour des comptes
33:52si vous voulez
33:53et c'est ça
33:53le drame de cette affaire
33:55l'avocat général
33:55l'avait parfaitement compris
33:57d'un certain point de vue
33:58il avait requis à l'époque
33:59des peines bien moindres
34:00bien moindres
34:01que celles qui seront
34:02prononcées
34:03à la fin du procès
34:04et on va en parler
34:05évidemment de ces peines
34:06mais cette dimension humaine
34:07vous l'exprimez bien
34:07dans votre livre
34:08En robe et contre tout
34:09il y a un chapitre
34:10qui est consacré
34:11effectivement
34:11dans cet ouvrage
34:12qui vient de sortir
34:13à cette affaire
34:14des époux quartiers
34:18pardon
34:18maître Carole Foycy
34:19vous êtes avec nous également
34:20dans cette heure du crime
34:21avocate de la maman
34:22Patricia Cartier
34:24alors Patricia Cartier
34:25elle est
34:26c'est étonnant
34:28ce qu'elle dit
34:28elle s'exprime très très bien
34:29elle parle très très bien
34:30oui
34:31et elle
34:32elle se voyait partir
34:33elle dans un monde apaisé
34:35enfin
34:35ils allaient laisser derrière eux
34:37cette espèce de cauchemar financier
34:39elle l'exprime très bien ça
34:41ah oui
34:42très touchante
34:43je dois être claire
34:44sur le fait que
34:44elle voulait partir avec lui
34:46et avec eux
34:47elle ne voulait pas
34:48qu'ils soient séparés
34:51je pense que dans sa
34:53au départ
34:54elle ne voulait pas
34:56elle a dit non
34:56et au fur et à mesure
34:58l'idée même
34:59de partir tout seul
35:01l'idée même
35:02que les enfants
35:03puissent être placés
35:05il y avait aussi
35:06quand même
35:07une idée
35:07c'était que les enfants
35:09s'aperçoivent
35:11et réalisent
35:12que le monde
35:13merveilleux
35:14que les parents
35:14essayaient de leur offrir
35:16c'était pas
35:17le monde merveilleux
35:19c'était une illusion
35:20j'ai relu mes notes
35:22que j'avais prises
35:23à ce moment là
35:23et je me souviens
35:25que Patricia m'avait dit
35:26que ce qui avait fait
35:28précipiter pour elle
35:29dans sa tête
35:29une fois que c'était acquis
35:31qu'ils allaient tous
35:32partir ensemble
35:33c'est qu'ils allaient couper l'eau
35:34et que s'ils coupaient l'eau
35:37les enfants allaient s'apercevoir
35:38qu'il y avait quelque chose
35:39qui n'allait pas
35:40parce que s'ils coupaient
35:41l'électricité
35:42on pouvait mettre des bougies
35:43s'ils coupaient le chauffage
35:44il y avait la cheminée
35:45mais à partir du moment
35:47où on coupait l'eau
35:47c'était
35:48on pouvait plus
35:49c'était fini
35:50c'était fini
35:51il n'y avait pas de retour
35:51mais elle voulait partir
35:53avec Emmanuel
35:54et elle voulait emmener
35:55ses enfants
35:56ça c'est sûr
35:56Maître Hubert Delarue
35:57juste un petit mot
35:58autisme social
36:00c'est les psys qui disent ça
36:01c'est assez bien vu
36:02quand même
36:03autisme social
36:04oui ça n'est pas faux
36:06et je pense que
36:06si la cour et le jury
36:07avaient suivi
36:08les dernières interventions
36:10du psychiatre
36:11et du psychologue
36:12je pense que les psychiatres
36:14et les psychologues
36:14avaient bien
36:15avaient bien saisi
36:16la dimension
36:17et bien cerné
36:18la dimension
36:18de cette affaire
36:19son caractère humain
36:21et le pourquoi
36:23au fond
36:23pourquoi ils en étaient
36:24arrivés là
36:25pourquoi ils avaient pris
36:26cette décision folle
36:27pourquoi ils avaient décidé
36:28de
36:29je dirais
36:30de dépenser
36:32au-delà du raisonnable
36:33et ils avaient très bien
36:34expliqué en fonction
36:35de leur personnalité
36:36respective
36:37leurs deux faiblesses
36:38et en disant
36:39que finalement
36:39ils se complétaient
36:40finalement l'un et l'autre
36:42la dimension du couple
36:44avait fait
36:45qu'aucun des deux
36:46à un moment
36:47n'avait tiré
36:48la sonnette d'alarme
36:49après quatre jours
36:50de procès
36:51le verdict
36:52les époux quartier
36:54crédit mortel
36:54cet acte était avant tout
36:56un geste d'amour
36:57je dois désormais vivre
36:58avec ça
36:58l'enquête de l'heure du crime
37:00je vous retrouve tout de suite
37:00sur RTL
37:14dans l'heure du crime
37:15l'affaire des époux quartier
37:16ce couple de loises
37:17croulant sous les dettes
37:18et les crédits
37:19avaient opté en 2002
37:20pour le suicide
37:21collectif de la famille
37:23eux-mêmes
37:23et leurs jeunes enfants
37:24tous piqués à l'insuline
37:26seule leur petite fille
37:28de 11 ans est morte
37:29jugée trois ans plus tard
37:30voici le verdict
37:34jeudi 20 octobre 2005
37:36Emmanuel Cartier
37:37est condamné
37:38à 15 ans de prison
37:39pour les empoisonnements
37:41et la mort
37:41de la petite Alicia
37:42son épouse Patricia
37:44écope de 10 ans
37:45de détention
37:45lors du procès
37:47une de leurs filles
37:48Mathilde
37:48pleurait en silence
37:50elle avait glissé
37:51à ses parents
37:51une lettre
37:52papa et maman
37:53vous êtes triste
37:54je ne veux pas
37:55que vous retourniez
37:56en prison
37:57un an plus tard
37:58Patricia Cartier
37:59est atteinte d'un cancer
38:00sera libéré
38:05lundi 28 janvier 2008
38:07les époux Cartier
38:08comparaissent un appel
38:09verdict similaire
38:10pour Emmanuel Cartier
38:119 ans de prison
38:13au lieu de 10
38:13pour son épouse
38:14peu importe la peine
38:16ce procès
38:17était destiné
38:18à expliquer
38:19notre geste
38:20cet acte
38:21était avant tout
38:22un geste d'amour
38:23je dois désormais vivre
38:25avec tout ça
38:26dira le papa
38:28les trois années en prison
38:29m'ont permis
38:29de beaucoup réfléchir
38:31de beaucoup me remettre
38:32en question
38:33de m'en vouloir énormément
38:35aujourd'hui
38:36je réalise
38:37que je ne me pardonnerai
38:39jamais mon geste
38:41la voix de Patricia Cartier
38:43la mère de famille
38:44c'était un document
38:45RTL
38:46daté du 28 janvier
38:48janvier pardon
38:482008
38:49maître Hubert
38:51de la rue
38:51vous êtes avec nous
38:52dans cette heure du crime
38:53vous êtes l'avocat du papa
38:54Emmanuel Cartier
38:55alors pour le papa
38:5615 ans de prison
38:59l'avocat général
38:59je crois avait demandé
39:00moins que ça
39:01il avait demandé
39:028 ans
39:03et 5 ans
39:04pour Patricia
39:04je pense qu'il avait
39:06compris dans son
39:07réquisitoire
39:08malheureusement
39:08il était d'ailleurs
39:09un petit peu confus
39:10mais je crois
39:10qu'il avait appréhendé
39:12cette dimension
39:13incroyable
39:14de cette affaire
39:15la France
39:16au mois d'août
39:17s'était identifiée
39:18à ce couple
39:19à ce couple
39:19de gens honnêtes
39:20de gens travailleurs
39:22de gens aimants
39:23au fond
39:23c'était la France
39:24quoi bon
39:25et un jour
39:26cette confrontation
39:27à la réalité
39:28devient impossible
39:30à assumer
39:31et comme vous l'avez rappelé
39:32ça bascule
39:33et ça bascule
39:34dans quelque chose
39:35de terrible
39:35dans quelque chose
39:36de terrifiant
39:37mais ça reste
39:38des braves gens
39:39en même temps
39:39et moi
39:40j'ai essayé
39:41à ce procès-là
39:42je l'ai indiqué
39:42dans mon livre
39:43d'être l'avocat architecte
39:44parce qu'un jour
39:45ils allaient sortir
39:46et qu'un jour
39:47il fallait renouer
39:49renouer les fils
39:50avec les 4 autres enfants
39:52les 4 survivants
39:53et que
39:54les présenter
39:55comme malheureusement
39:56une partie de la justice
39:57a voulu les présenter
39:59c'était peut-être
40:00fermer la porte
40:00à cette réconciliation future
40:02et j'ai tenté ça
40:04alors vous avez rappelé
40:05évidemment
40:06Médéric est au premier degré
40:07il réagit
40:08et on peut le comprendre
40:09parfaitement
40:09il est en colère
40:09il est en colère
40:11bien sûr
40:11bon
40:12et sa petite soeur
40:13par contre
40:14elle est dans une démarche
40:15différente
40:16en même temps
40:16elle est triste
40:17en même temps
40:17elle ne veut plus trop
40:18les voir
40:18mais on ne sait jamais
40:19l'avenir
40:20que nous réserve l'avenir
40:22on ne peut pas
40:23insulter l'avenir
40:24et c'est pour ça
40:25que moi
40:25je souhaitais une décision
40:27qui rejoigne un peu
40:28les réquisitions
40:30qui soit relativement
40:31bienveillante
40:32au regard de tout ça
40:34non pas des faits
40:34mais on ne juge jamais
40:36les faits
40:36nous ne sommes pas
40:37derrière les faits
40:38nous sommes derrière
40:39les êtres humains
40:40qui les connaissent
40:40voyez-vous
40:41et malheureusement
40:43c'est un échec
40:44pour moi
40:44pour la défense
40:45j'ai encore le souvenir
40:47pour moi
40:48et j'en ai parlé encore
40:49avec Franck Berton
40:50pas plus tard qu'hier
40:51c'était un échec
40:52c'était un échec
40:54on n'avait pas su
40:55convaincre
40:56on n'avait pas su
40:57les convaincre
40:57qu'en réalité
40:58derrière le crime
40:59il y avait
41:00cet homme et cette femme
41:01qui méritaient quand même
41:02plus d'indulgence
41:03et puis un impouvantable
41:04sûrement drame humain
41:06maître Carole Foisy
41:07vous êtes avec nous
41:08vous êtes l'avocat
41:09de la maman
41:10Patricia Cartier
41:12quels souvenirs
41:12vous avez de cette femme
41:14lorsqu'elle est condamnée
41:16la prison
41:17qui l'attend
41:19alors je me souviens
41:21qu'Emmanuel
41:22est tombé dans les pommes
41:23je crois que
41:24je crois que Patricia
41:25a suivi
41:26tous les deux
41:27sont tombés dans les pommes
41:28ça s'est fini
41:29avec
41:30ça s'est fini
41:31avec les pompiers
41:34je pense que
41:35ni l'un ni l'autre
41:36ne s'attendait
41:37à des peines
41:38aussi lourdes
41:39je pense que
41:40mon confrère
41:42et moi-même
41:43nous nous attendions
41:44pas forcément
41:45à des peines
41:45aussi lourdes
41:46parce qu'on avait été
41:48embarqués
41:48dans cette empathie
41:49qui était la nôtre
41:51avec ces gens
41:53je pense que
41:54comme vous l'avez dit
41:55dans votre livre
41:57on pourrait presque dire
41:59que la présidente
42:00menait les débats
42:01de façon comptable
42:02comme si elle voulait
42:02lutter
42:03contre l'empathie
42:05que les jurés
42:05pouvaient avoir
42:06pour cette famille
42:08et qu'elle s'attachait
42:10à toujours remettre
42:11le brut
42:13du dossier
42:13c'est-à-dire
42:14les télés
42:15les crédits
42:16ce qui n'était pas
42:18forcément d'ailleurs
42:19quand on pense aux enfants
42:20puisqu'il y avait
42:21deux enfants
42:22qui étaient là
42:22il y avait
42:23Médéric et Mathilde
42:26pour les enfants
42:27c'était extrêmement violent
42:29parce qu'en fait
42:30c'est toute une partie
42:31de l'explication
42:32du dossier
42:32la relation
42:34qui pourrait être revue
42:35encore et encore
42:36entre le père
42:37et la mère
42:37qui aurait pu
42:39être plus creusée
42:40donner peut-être
42:41des pistes
42:43aux enfants
42:44et en fait
42:44ils ont simplement
42:45été confrontés
42:46à la brutalité
42:47des achats
42:47et des crédits
42:48dans la façon
42:49de mener les débats
42:50ça c'est vrai
42:50Maître Foisy
42:51est-ce que vous savez
42:52ce qu'ils sont devenus ?
42:54Je n'ai pas assisté
42:56Patricia
42:57en cours d'appel
42:58elle m'a écrit
42:59après
43:01un mot très gentil
43:02pour me remercier
43:03et pour me dire
43:04que
43:05j'avais raison
43:06de ma lecture
43:07du dossier
43:07donc je pense
43:08qu'elle avait pris
43:09quelques
43:10je pense qu'elle avait
43:11pris quelques distances
43:12avec son mari
43:13et qu'elle avait peut-être
43:14un peu
43:16réalisé
43:17que quelque chose
43:18mais je ne sais pas quoi
43:18l'avait empêché
43:19de partir
43:20dans cette folie
43:23de dépenses
43:24et de
43:24voilà
43:25Maître Hubert Delarue
43:26on va terminer
43:27cette émission
43:28avec vous
43:28En robe et contre tous
43:29et l'ouvrage
43:30que vous sortez
43:31dans ce livre
43:32il y a évidemment
43:32vous revenez sur
43:33cette affaire
43:34des époux quartiers
43:35pourquoi vous avez choisi
43:36cette affaire ?
43:37Vous allez en être
43:37traité des bien plus
43:38importants
43:38des bien plus spectaculaires
43:39Oui mais c'est la première fois
43:41que j'ai été confronté
43:42à un crime d'amour
43:43Ah
43:44Vous appelez
43:45c'est un crime d'amour ?
43:46C'est un crime d'amour
43:46moi je pense
43:48je suis convaincu
43:49que c'était ça
43:50c'est un crime
43:50de la folie parfaite
43:53mais aussi
43:54de la folie exceptionnelle
43:55mais en même temps
43:56c'était un crime d'amour
43:57on va partir
43:58mais on ne va pas partir
43:59sans les enfants
44:00on ne va pas les laisser
44:02qu'est-ce qu'ils vont devenir
44:03si nous on part
44:04qu'est-ce qui va se passer
44:05donc allez
44:06on part tous ensemble
44:07et on part tous ensemble
44:08vers ce monde meilleur
44:10évidemment
44:10qui n'existe pas
44:12bien sûr
44:12qui n'existe pas
44:13Merci beaucoup
44:15Maître Hubert Delarue
44:17et Maître Carole Foisy
44:18d'avoir été les invités
44:19de l'heure du crime
44:20Merci à l'équipe de l'émission
44:22rédactrice en chef
44:23Justine Vignot
44:24préparation
44:24Marie Bossard
44:25Lili L'Abbaye
44:26réalisation en direct
44:27Jonathan Grevaux
44:28Jonathan Grevaux
44:28Merci à mes Tipeurs