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  • il y a 23 minutes
Albert Foulcher, agent d'assurances, le sens des affaires, de l'ambition, des maîtresses. A 43 ans, il se retrouve soupçonné d'avoir assassiné l'un de de ses collègues. Il nie. La suite va être sanglante. Quatre morts.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00Crime, 14h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:05Il faut simplement penser qu'il a tué maintenant 4 ou 5 personnes, ça veut dire qu'il ne s
00:09'arrêtera plus.
00:10C'est clair que le premier policier qu'il va trouver devant lui, il va tirer dedans.
00:14Le type est complètement dézingué, c'est très clair.
00:16Le problème est de savoir comment on en est arrivé là, c'est ça le véritable problème.
00:21Bonjour, Albert Foulchet, un agent d'assurance qui a le sens des affaires, de l'ambition et des maîtresses.
00:28A 43 ans, le voilà soudain soupçonné d'avoir assassiné un de ses collègues.
00:33Il nie, il proteste. Avec lui, la suite va être sanglante.
00:37Albert Foulchet, la mort assurée, l'heure du crime, la seule émission radio 100% fait diverser tout de suite
00:42sur RTL.
00:52Jeudi 21 janvier 1993, peu après 20h30,
00:56la brigade de gendarmerie de Murvielle-les-Béziers, dans l'Hérault, est appelée pour des coups de feu dans le
01:02village voisin de Payès.
01:04Arrivé sur place, dans la petite rue hors de Vidal,
01:08les gendarmes découvrent un homme affalé sur la troisième marche du perron de sa maison.
01:13Il a reçu 5 balles dans le thorax et l'abdomen.
01:17Deux ont traversé le corps de bas en haut.
01:19Une balle a transpercé un volet pour atterrir dans la cuisine.
01:23Le tir, effectué à moins de 2 mètres et groupé, la signature d'un tireur expérimenté.
01:30La victime est André Méfré, 64 ans, assureur à la retraite.
01:34Son épouse Michel était à l'étage quand son mari a été tué.
01:38Selon elle, André est rentré à 19h.
01:40Il a dîné tout seul dans la cuisine car quelqu'un a sonné à la porte.
01:44Le couple n'attendait pourtant personne.
01:47Michel a entendu des claquements.
01:49Elle a pensé que le chien venait de renverser des pots de fleurs.
01:52Un voisin témoigne.
01:54Il dit avoir vu une silhouette courir dans la rue.
01:57Un homme, la trentaine, mince, 1,70 m environ, blouson de cuir marron, casquette.
02:02Le type l'a menacé avec son revolver.
02:05Il lui a crié « Rentre-toi, rentre ! »
02:08Un autre riverain a aperçu, lui, une Peugeot 309 de couleur sombre avec une bande rouge sur le côté qui
02:15démarrait en trombe.
02:17Dans la pénombre, aucun des témoins n'a pu voir le visage du tueur.
02:24Vendredi 22 janvier, lendemain de l'exécution d'André Méfré, son épouse Michel est entendue par les enquêteurs.
02:31Elle ignore qu'il a pu abattre son mari, André, était à la retraite, mais il continuait à donner des
02:36conseils financiers,
02:38notamment des placements qui pouvaient rapporter gros.
02:41Dans le diamant, l'or, les chevaux de course.
02:43Un ami de la victime certifie qu'en aucun cas cette activité financière n'est à l'origine du drame.
02:49Selon lui, les sommes en jeu étaient dérisoires.
02:53L'épouse ne connaît pas d'ennemi à André, même si ces derniers temps, elle admet qu'il n'était
02:58pas très tranquille,
02:59au point d'acheter un fusil de chasse.
03:01Il semblait inquiet, confirme un témoin.
03:04Dans un tiroir du bureau d'André Méfré, les gendarmes découvrent des photos d'identité
03:09qui le montrent le visage boursouflé, un œil au beurre noir.
03:13La veuve, le fils du couple et une proche parlent d'une chute de cheval.
03:18Les gendarmes doutent, ils penchent plutôt pour un tabassage.
03:22Peu de témoignages, l'enquête se recentre sur l'arme du crime.
03:25La balistique évoque 22 modèles possibles, y compris des armes de collection.
03:30Quatre mois plus tard, la tournée des armureries de la région par les gendarmes livre un témoignage intéressant.
03:37Un armurier de Béziers se souvient d'un curieux client.
03:41Il voulait faire neutraliser son revolver Dan Wesson, calibre 357 Magnum.
03:47Il a subodoré que le client n'était pas clair.
03:50Il cherchait à faire passer le revolver comme hors-service, mais avait bel et bien l'intention de continuer à
03:57s'en servir.
03:58L'armurier indique que ce client se nomme Albert Foulchet, ancien assureur, ex-collègue d'André Méffré.
04:07Les enquêteurs s'intéressent à cet Albert Foulchet, inconnu de la justice.
04:12Un self-made man qui a fait mille métiers avant de se lancer dans les assurances dans les années 80.
04:18Avec beaucoup de succès, agent pour l'UAP et puis pour le groupe Drouot, il gagnait très bien sa vie.
04:24Une belle maison, une belle voiture, une épouse Bernadette et deux enfants.
04:28Foulchet connaissait bien André Méffré.
04:31Quand il est parti à la retraite, il a racheté une partie de son portefeuille.
04:36Mais entre les assureurs, les choses se sont envenimées.
04:40Albert Foulchet soupçonnait son collègue retraité de lui voler des clients en douce,
04:44de les aiguiller, moyennant des commissions, vers un concurrent, le cabinet AXA, tenu par Maurice Michaud.
04:51Foulchet menaçait Méffré d'en venir aux mains, mais ses affaires n'auraient cessé de péricliter.
04:56Foulchet se serait retrouvé sur la paille.
04:59En 1988, l'assureur jetait l'éponge, il pointait au chômage et touchait le RMI.
05:05Pas de quoi vraiment lui s'appelle moral, les gendarmes notent que Foulchet continue de mener grand train de vie.
05:11Il a deux maîtresses, dont l'une, une riche commerçante, l'entretien.
05:15L'ancien assureur, en plein divorce, passe son temps à sculpter son corps en salle de musculation
05:21et à s'adonner à sa grande passion, le tir sportif.
05:27Albert Foulchet qui aime les armes et qui devient donc le suspect numéro un.
05:31On va le placer sur écoute et puis évidemment, il va falloir l'entendre.
05:34On va voir ce qu'il va pouvoir raconter aux gendarmes qui n'ont pour l'instant que des soupçons,
05:39pas de preuves absolues de sa participation.
05:42Est-ce que c'est lui ou pas lui qui a tué son collègue assureur ?
05:45Eh bien, on va voir tout ça, si vous le voulez bien.
05:47Et vous restez avec nous à l'écoute de l'heure du crime, évidemment.
05:51Bonjour Patrick Tejero.
05:53Bonjour Jean-Alphonse, bonjour à tous.
05:54Merci beaucoup d'être avec nous dans l'heure du crime.
05:58Patrick Tejero, vous êtes notre correspondant RTL à Toulouse.
06:01Évidemment, cette histoire, on fait appel à vous parce que vous la connaissez bien.
06:05Donc vous allez nous aider à mieux la comprendre et à la décrypter parce qu'elle avance par étage, cette
06:10histoire.
06:11On ne peut pas tout de suite la discerner dès les premières heures, même si on a des soupçons.
06:16Alors déjà, il y a ce règlement de compte brutal.
06:18André Méfré est effondré sur le perron de sa maison.
06:24Cinq balles ont été tirées.
06:25Patrick Tejero, c'est une exécution, il n'y a pas d'autre terme ?
06:29Ah bah écoutez, oui.
06:30Cinq balles au niveau du thorax et de l'abdomen.
06:32Un tir de haut en bas.
06:35Faible distance également.
06:37On n'a laissé aucune chance à André Méfré.
06:39Ça c'est certain.
06:40On l'a abattu.
06:41Il n'y a pas beaucoup de témoins.
06:43Aucun témoin.
06:44Il y a bien sûr l'épouse de Méfré.
06:48Mais bon, elle entend du bruit.
06:50Elle pense qu'en effet, ce serait le chien qui aurait fait tomber peut-être des pots de fleurs.
06:55Et puis il y a deux voisins qui aperçoivent une silhouette menaçante.
07:00Un voisin qui lui crie, qui reçoit un appel, qui est apostrophé par ce fuyard.
07:06Rentre chez toi, rentre chez toi.
07:07Alors il rentre chez lui.
07:08Et puis il y a un autre gars qui aperçoit une voiture grise avec un liseré rouge.
07:12Il s'avéra que ça ressemble énormément à la voiture d'Albert Foucher.
07:16Et oui, effectivement.
07:17Donc on va tout de suite, enfin assez rapidement, s'orienter vers cet homme.
07:22Il va falloir un peu de chance et de hasard aux enquêteurs pour effectivement être complètement sur sa piste.
07:27Bonjour Manuel Garcia.
07:28Bonjour.
07:29Merci beaucoup d'être avec nous également dans l'heure du crime.
07:33Manuel Garcia, ancien gendarme de la brigade de recherche de Béziers.
07:38Vous avez mené évidemment une grande partie de cette enquête avec vos collègues.
07:42Et puis vous êtes l'auteur du livre Albert Foucher, ennemi public numéro 1 paru aux éditions Claubert.
07:47Autant dire que vous connaissez cette affaire par cœur.
07:50Manuel Garcia, question pour vous.
07:51On vient d'entendre Patrick Tégéraud.
07:53Méfré, je le répète, a été tué de 5 balles.
07:56C'est important de tirer à faible distance.
07:57C'est-à-dire que la victime était face à lui.
08:00Ils se regardaient.
08:00Ils ont été dans une espèce de face-à-face et d'échange mortel.
08:05C'est un règlement de compte ?
08:06Manuel Garcia.
08:07A l'évidence, le monde opératoire montre que ce n'était pas un acte de rôdeur.
08:13La victime, à notre avis, connaissait probablement son agresseur.
08:17Car la villa des époux méfrés se trouve isolée dans une rue à la sortie du village de Payès.
08:22Ensuite, les tirs très rapprochés et bien groupés indiquaient que l'auteur maîtrisait parfaitement le maniment des armes.
08:30Qu'il était, si j'ose dire, déterminé et sûr de lui.
08:34Tout nous laisse pas essayer.
08:35Il geste préparé, possiblement un règlement de compte.
08:38Un règlement de compte, oui.
08:39Vous l'exprimez bien, effectivement.
08:41Il y a des indices.
08:42Alors, vous êtes gendarme, vous connaissez bien ce genre de scène de crime.
08:45Et évidemment, ça attire votre attention.
08:48Alors, Albert Foulchet, il va rentrer dans le décor.
08:50Mais il n'est pas là tout de suite, évidemment.
08:52Parce que la victime, elle a beaucoup de relations.
08:55C'est un assureur qui fait parfois un petit peu des affaires un peu étranges.
08:59On va le dire comme ça.
09:01Donc, effectivement, il peut avoir s'être fait des ennemis.
09:04Comment, Manuel Garcia, question.
09:06Comment les enquêteurs, comment vous parvenez à vous intéresser à cet Albert Foulchet ?
09:11Il avait acheté le cabinet d'assurance, donc de la victime.
09:15Et fait troublant, il possédait aussi un véhicule dont la particularité était une bande rouge au bas de peinture.
09:24Ce qui correspondait parfaitement à celui aperçu le soir victime par un témoin.
09:29Divers éléments administratifs et commerciaux le reliaient aussi à des achats suspects.
09:35Comme par exemple, l'achat de sandile de calibre 9 mm.
09:40Une tentative d'achat d'une presse pour constitutionner lui-même ses balles.
09:45D'accord.
09:46Et selon nos informations, Foulchet possédait une arme 357 Magnum, style Dan Wesson.
09:52Ah oui, c'est ça, le fameux Dan Wesson.
09:54Alors, c'est une arme un petit peu de collection, mais effectivement, qui va attirer l'attention.
09:59Évidemment, vous tiltez là-dessus, Patrick Tejero, Albert Foulchet, on vient de l'entendre, il entre par la petite porte
10:05dans l'enquête.
10:05Mais il y a le témoignage d'un armurier qui va dire que c'était un client un peu bizarre,
10:09ce type-là.
10:10C'est le coup de bol des gendarmes.
10:11Vous savez, les gendarmes, ils font du systématique.
10:13Ils cherchent une arme, ils vont voir des armuriers.
10:15Ils vont voir tous les armuriers qu'il y a autour de Béziers, autour du lieu du crime.
10:19Et ils tombent sur celui-ci, à Béziers, qui dit, ah bah tiens, c'est amusant.
10:21Parmi toute la liste d'armes que vous me présentez, il y a 22 armes possibles, dont 5 à peu
10:26près certaines.
10:27Dans ces 5 armes, il y a ce Dan Wesson, et c'est une arme assez rare.
10:30Il se dit, tiens, il y a un gars qui m'a présenté cette arme-là il y a quelque
10:33temps.
10:34C'est bizarre, il paraît qu'elle avait été neutralisée, mais pas vraiment.
10:37Il voulait être sûr qu'elle soit neutralisée, mais il voulait peut-être éventuellement s'en servir.
10:43C'est Albert Fouchet, et les gendarmes, ils vont le voir forcément.
10:46Et pendant le mille, le goût des armes de collection, un suspect numéro 1 qui va être placé en garde
10:53à vue.
10:54Albert Fouchet, la mort assurée.
10:56Autant dire que le décès de ce type ne me fait aucune peine, mais je ne l'ai pas tué.
11:01L'enquête de l'ordre du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:04Toute la journée, RTL vous accompagne.
11:19L'heure du crime consacrée aujourd'hui à l'affaire Albert Fouchet.
11:24En janvier 1993, cet ancien assureur se retrouve soupçonné d'avoir assassiné un ex-collègue près de Béziers.
11:30Il est sous surveillance.
11:31Cinq mois plus tard, il est interpellé.
11:36Mardi 8 juin 1993, Albert Fouchet, 42 ans, est placé en garde à vue à la gendarmerie de Béziers.
11:43Son interpellation à son domicile a été mouvementée.
11:46Il a essayé de s'enfuir quand les enquêteurs ont mis la main sur un sac qui contenait quatre armes
11:51de poing,
11:52dont une chargée, des munitions et deux Tokiwoki.
11:55Le revolver Dan Wesson, qui a servi après avoir été neutralisé par un armurier, fait partie du lot.
12:03En garde à vue, Fouchet se tait.
12:05Il dit n'avoir rien à voir avec la mort de son ex-collègue, même s'il ne cachait pas
12:09son ressentiment pour la victime.
12:11A son fils Benjamin, il avait confié.
12:13La mort de Fouchet ne me fait pas de peine.
12:16A sa maîtresse, Isabelle Suzic, il avait affirmé.
12:19Un jour, je frapperai mes frères, le soir du crime.
12:23Albert Fouchet n'a pas d'alibi.
12:24Il n'était avec aucune de ses maîtresses, Isabelle Suzic et Daniel Herrero.
12:29Après 48 heures de garde à vue, Albert Fouchet est mis en examen,
12:33écroué à la maison de Villeneuve-les-Magulones.
12:37En détention, Albert Fouchet ne cesse de clamer son innocence.
12:42Son avocat juge ridicule l'histoire du contentieux avec son collègue assureur.
12:47Pourquoi donc Fouchet aurait attendu cinq ans pour se venger de mes frais ?
12:52Ses maîtresses, Isabelle Suzic,
12:54et la commerçante Daniel Herrero continue de le soutenir.
12:58Isabelle va finalement affirmer qu'Albert était bien avec elle le soir du crime.
13:01Ils ont fait une balade, en amoureux, en voiture,
13:05sur une route coupée par la crue d'une rivière.
13:07Témoignage sujet à caution,
13:09il n'est pas tombé une goutte d'eau ce soir-là dans la région.
13:14Dans des lettres au juge d'instruction,
13:15le suspect dénonce l'odieuse manipulation dont il est l'objet.
13:19Les expertises balistiques se poursuivent sur la possible arme du crime,
13:24le revolver Dan Wesson.
13:25Les spécialistes ne sont pas formels.
13:28Trois balles, puis quatre, auraient été tirés avec cette arme.
13:31Selon Fouchet, les enquêteurs ont magouillé le revolver.
13:3517 mai 1996.
13:37Le juge organise une reconstitution de l'assassinat d'André Méfray.
13:41Albert Fouchet, détenu depuis trois ans, refuse d'y participer, il n'a rien fait.
13:45Le premier témoin, qui avait croisé une silhouette dans la rue, ne le reconnaît pas.
13:49Le deuxième, qui avait vu une voiture, n'identifie pas formellement la Ford du suspect.
13:58Mardi 15 octobre 1996, après 42 mois de prison,
14:02Albert Fouchet, 45 ans, est remis en liberté.
14:05Il reste mis à l'examen, placé sous contrôle judiciaire.
14:08Le suspect s'installe à Béziers, chez sa maîtresse, Isabelle Suzic, quartier de la Grandjette.
14:14Alors qu'il était en prison, une petite fille est née de leur union.
14:16La détention a transformé l'ancien insureur sombre, amère.
14:21Il en veut à la justice, il contacte les journaux,
14:24répète partout qu'il n'est pas l'assassin d'André Méfray.
14:27Il traîne, à droite, à gauche, ne fait pas grand-chose.
14:30Le 12 janvier 2000, trois mois avant son procès,
14:33les gendarmes frappent à sa porte.
14:35Il est interpellé, placé en garde à vue,
14:39soupçonné d'avoir agressé deux ans plus tôt deux septuagénaires dans le Cantal.
14:42Les victimes avaient été menacées par deux hommes armés.
14:46Après 30 heures de garde à vue,
14:48Fouchet ressort libre,
14:49mais plus en colère que jamais.
14:51Le 15 janvier, l'ex-assureur fête ses 50 ans
14:55avec Isabelle Suzic et leur petite fille.
14:57Puis il disparaît dans la nature.
15:00Trois mois plus tard,
15:02Fouchet est absent à son procès pour l'assassinat d'André Méfray,
15:05condamné par Contumas à la perpétuité.
15:07Un mandat d'arrêt international est lancé,
15:10le fugitif aurait quitté la région,
15:12il pourrait se cacher en Espagne.
15:14Les écoutes et les témoignages ne donnent rien.
15:18Impossible de le localiser.
15:21Albert Fouchet a disparu.
15:22Il n'est plus là.
15:24Même si on va voir que peut-être il n'était pas si loin que ça
15:27de cette ville de Béziers qu'il connaît bien,
15:29mais ça on va en parler dans la suite de l'heure du crime
15:32parce qu'il va ressurgir, Fouchet,
15:33et il va ressurgir au cours d'un carnage.
15:36Quatre morts, je dis bien quatre morts en une seule journée.
15:40En matière criminelle, c'est rarissime,
15:42mais évidemment on va vous expliquer tout ça
15:43dans la suite de l'heure du crime.
15:46Alors il faut rester pour l'instant sur l'arrestation de Fouchet.
15:49Il est accusé de l'assassinat de l'assureur André Méfray.
15:54Patrick Tejero, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
15:57On est un peu surpris par l'arrestation rapide de Fouchet.
16:01Alors certes, il y a beaucoup de doutes sur cet homme.
16:03Il n'aimait pas la victime.
16:05Il s'est très très bien tiré au revolver et au pistolet.
16:08Il est membre d'un club de tir.
16:11Il n'a pas très bonne réputation.
16:13Fouchet, il traîne beaucoup.
16:14Tout ça, ça fait beaucoup.
16:16Mais est-ce qu'il y a vraiment des éléments à charge qui pèsent contre lui ?
16:18Oui, quand même.
16:20Parce qu'il y a les armes, il y a l'arme.
16:22Il y a ce fameux Dan Wesson quand même.
16:25Les expertises sont formelles de toute façon.
16:27Que ce soit du côté de l'IRCGN de la gendarmerie
16:30ou du laboratoire de la police scientifique à Toulouse,
16:34ils estiment que c'est son pistolet qui a tiré.
16:37Il y a des traces sur les balles qui sont caractéristiques du canon de cette arme.
16:40Donc ça, c'est absolument certain.
16:42Irréfutable.
16:43Scientifiquement parlant, ça ne peut être que son arme.
16:45Il a cette fameuse Ford XR3i.
16:48Vous connaissez ce modèle.
16:49Très sportif.
16:50Gris métal.
16:51Une petite rayure rouge tout le long de la voiture.
16:57Bon, ça correspond véritablement à la voiture qui a été aperçue.
17:00Le témoin parlait d'une Peugeot.
17:02Mais enfin, il parlait d'une Peugeot 309 GTI.
17:05C'est le même genre d'auto.
17:06C'est un truc trois corps.
17:08C'est assez proche d'aspect en tout cas.
17:13Et puis, il y a le mobile.
17:15Qui d'autre en voudrait à ce monsieur Méfré ?
17:17Alors, on dit qu'il fait des mauvaises affaires.
17:19Bon, il n'y a rien qui le prouve.
17:21Dans l'enquête, il n'y a absolument rien qui le confirme.
17:24Donc voilà, il reste le seul et unique suspect.
17:27Et donc, quelque part, ça justifie sa mise en examen et son arrestation.
17:30Manuel Garcia, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
17:33Ancien gendarme à la brigade de recherche de Béziers.
17:34Vous connaissez évidemment très bien cette affaire.
17:36Vous avez enquêté sur ce dossier pendant de très longs mois.
17:39Au cours de son interpellation, vous faites une perquisition chez cet homme,
17:45chez Albert Foulchet.
17:47Et là, vous trouvez un arsenal, c'est ça ?
17:51Ceux interpellations, je le rappelle, a eu lieu le 8 juillet 1993.
17:55D'accord.
17:56Non pas chez lui, mais au domicile de son fils.
17:59Car Fouché, à cette époque-là, n'avait plus de toit.
18:02D'accord.
18:02L'épouse, je l'avais mis à la porte.
18:05Lors de la perquisition, nous avons découvert un ensemble d'armes,
18:09dont celle du triment.
18:10D'accord.
18:10Et des balles de 9 mm qui confirmaient nos soupçons.
18:15Alors ça, effectivement, ce que vient de dire Patrick Tégéraud,
18:18c'est qu'effectivement, l'arme, elle est centrale dans ce contexte.
18:24Patrick Tégéraud, il y a ce ressentiment,
18:26parce qu'il y a une constante quand même chez Fouché,
18:28on ne peut pas lui enlever ça.
18:29Ce sont ses dénégations.
18:32Depuis le début, il dit, je n'y suis pour rien, je n'y suis pour rien.
18:35C'est sa façon aussi de dire que c'est toujours la faute des autres.
18:38C'est un peu la caractéristique de cet homme-là.
18:40Il a raté sa vie, en fait.
18:41Vous l'enverrez peut-être plus tard dans le détail.
18:44Mais voilà, quoi.
18:45Il a échoué.
18:47Il a échoué à reprendre un cabinet d'assurance.
18:50Il n'a pas les épaules.
18:52C'est un garçon qui est parti de rien.
18:54C'est un garçon qui est parti à 14 ans de l'école,
18:57qui n'a jamais eu de diplôme,
18:58si ce n'est des permis qu'il a passés à l'armée,
19:00qui lui ont permis de vivre après en tant que chauffeur routier,
19:04ambulancier.
19:04Et c'est sa femme qui lui dit, il faudrait peut-être faire quelque chose d'un peu plus sympa.
19:07Et il se dit, tiens, je vais faire assureur.
19:08Sauf que ça ne marche pas du tout.
19:10Quand il reprend le portefeuille de mes frais,
19:13c'est la figure.
19:14C'est la catastrophe.
19:16Et il est obligé de démissionner
19:17parce qu'il n'a pas un sous-vaillant pour racheter une clientèle.
19:20Donc, il est mis à la porte.
19:22Pendant quelques mois, il est repris par un autre assureur
19:24qui considère qu'il ne fait pas l'affaire non plus.
19:26Ce n'est pas un bon commercial.
19:27Ce n'est pas un gars qui a vraiment de l'entre-genre.
19:31On va le dire, c'est plutôt un raté, quoi.
19:33C'est un raté.
19:33Le fait est, Patrick Tégéraud,
19:35c'est qu'on sent très bien
19:37quand on lit les procès-verbaux,
19:41les récits des enquêteurs,
19:43les confidences des uns et des autres,
19:44qu'il y a un ressentiment
19:46qui est en train de le submerger, cet homme.
19:49Ça, il n'est plus comme avant.
19:50Il ressasse sans arrêt les mêmes obsessions.
19:53Il a une surestimation de lui,
19:55diront les experts psychiatres,
19:57pour ce procès méfré.
19:59Il ne peut pas accepter son échec
20:01et en même temps, il a besoin qu'il y ait des coupables.
20:04Et le premier coupable, selon lui,
20:06c'est méfré.
20:07C'est ce que pensent aussi les enquêteurs, d'ailleurs.
20:08C'est pour ça qu'il est mis en examen.
20:10Manuel Garcia, question.
20:11Il y a cette cavale.
20:12Vous n'y attendiez pas, cette cavale.
20:14Il est parti avant son procès.
20:15Il est dans la nature.
20:16Il est impossible à localiser.
20:18On a l'impression que, d'ailleurs,
20:19il connaît bien la manière de se cacher
20:21et la manière de procéder des fugitifs.
20:25Comment vous avez travaillé
20:26sur cette cavale, Manuel Garcia ?
20:30Alors, dans ce genre d'affaires,
20:32bien sûr, les gros moyens sont déployés.
20:35Le raid est dépêché sur les lieux.
20:37Les enquêteurs ont travaillé
20:38de manière très méthodique.
20:40Surveillance, filature, regroupement,
20:44écouteté téléphonique.
20:45J'ai évidemment été consulté pour apporter des éléments
20:48sur le profil d'Albert Fouché
20:50et sur les endroits susceptibles
20:52où il pouvait se cacher.
20:54J'avais d'ailleurs indiqué à mes collègues
20:56quelques plaintes possibles sur Bézier
20:58et ses environs.
20:59Et la suite de l'enquête
21:01a confirmé ces pistes.
21:03A confirmé cette piste,
21:04parce qu'on va le voir,
21:05après un an de cavale,
21:06le retour du fugitif,
21:07mais cette fois,
21:08fusil d'assaut à la main.
21:10Albert Fouché,
21:11la mort assurée,
21:12les policiers n'ont pas eu le temps
21:14de sortir de leur auto,
21:15il a tiré.
21:16L'enquête de l'heure du crime,
21:17pourquoi le fugitif a abattu
21:19en une poignée de minutes
21:20quatre personnes ?
21:21Quel compte avait-il à régler
21:23à suivre dans un court instant sur RTL ?
21:25Bonne journée sur RTL.
21:34RTL, votre radio.
21:36Coupe, l'heure du crime.
21:38Présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
21:40Au moins 400 gendarmes,
21:43une unité du JIPN,
21:44plans éperviers déclenchés.
21:45C'est une vaste chasse à l'homme
21:47qui est lancée depuis hier après-midi
21:49pour retrouver un forcené.
21:50Il est soupçonné d'avoir tué en quelques heures seulement
21:52quatre personnes, dont deux policiers.
21:54Albert Foucher est selon les autorités
21:56puissamment armées.
21:58Au programme de l'heure du crime,
22:00l'affaire Albert Foucher.
22:01En 1983, cet ex-assureur a été arrêté
22:05pour avoir assassiné un collègue.
22:07Il a toujours nié.
22:08En 2000, à l'aube de son procès,
22:10il a pris la fuite.
22:11Introuvable.
22:12Il réapparaît un an plus tard
22:13lors d'un scénario sanglant.
22:17Lundi 8 janvier 2001,
22:19autour de 14h25,
22:21une femme appelle en urgence
22:23le commissariat de Narbonne.
22:25Daniel Herrero déclare
22:27qu'un homme est devant chez elle,
22:28au domaine Saint-Marcelin.
22:30Il est en train de se disputer
22:31avec son mari.
22:33Deux gardiens de la paix filent sur place
22:35pour ce qui ressemble
22:36à une querelle de voisinage.
22:38Daniel Herrero rappelle
22:39en disant que l'homme s'appelle
22:41Albert Foucher.
22:42C'est un ancien amant.
22:43Il est en cavale depuis un an.
22:44Il serait armé et dangereux.
22:46Ces informations
22:47ne parviennent pas, hélas,
22:49aux deux gardiens de la paix.
22:50A peine arrive-t-il sur place
22:52qu'ils sont accueillis
22:53par des tirs d'armes automatiques.
22:5521 balles tirées.
22:57Hervé Prior, 40 ans,
22:59est tué de 4 balles.
23:00Son collègue Patrick Rigaud,
23:0245 ans,
23:03est touché 6 fois.
23:04Selon un témoin,
23:05le tireur a fait feu
23:06dès qu'il a aperçu
23:07la voiture de police.
23:09Les agents n'ont pas eu le temps
23:10de sortir du véhicule,
23:12dit-il.
23:12Le mari agressé,
23:13Pascal Herrero,
23:15est à terre.
23:16Il a reçu 3 balles.
23:17Le suspect s'est enfui
23:18à bord d'une Golf Volkswagen rouge.
23:20Une voiture volée
23:2115 jours plus tôt
23:22au Cap d'Agde.
23:24Daniel Herrero,
23:25sous le choc,
23:25est entendu.
23:26Elle confirme
23:27que le tireur
23:28est bien le fugitif
23:29Albert Foulchet.
23:30Elle a longtemps été
23:31sa maîtresse,
23:32mais elle ne le voyait plus.
23:34Elle n'a pas vu
23:35ce qui s'est passé,
23:36mais a clairement reconnu
23:37la voix de Foulchet
23:38qui répétait
23:39en s'adressant
23:40à son mari.
23:41Pourquoi ?
23:42Pourquoi ?
23:44Lundi 8 janvier,
23:45une heure après la fusillade,
23:47un quatrième corps
23:49est découvert
23:49à moins d'un kilomètre
23:50dans un chemin agricole.
23:52L'assureur Maurice Michaud
23:54a reçu 3 balles
23:55de 9 mm
23:56au cou et au tronc.
23:57Le même pistolet automatique
23:59a été utilisé
24:00peu auparavant.
24:01Albert Foulchet
24:02avait sonné
24:02au cabinet d'assurance.
24:04Maurice Michaud
24:05l'avait suivi,
24:06le visage grave.
24:07Il avait dit
24:08à ses collaborateurs
24:09qu'il en avait
24:10pour 5 minutes.
24:11Foulchet
24:12est monté
24:13côté passager
24:14dans le coupé
24:15Mercedes
24:15que conduisait l'assureur.
24:17Dans l'après-midi,
24:18Foulchet
24:19force un barrage
24:21au volant
24:21de la Mercedes
24:22de la victime.
24:23Il tire sur un gendarme
24:25sans le blesser.
24:26Le lendemain,
24:27la voiture est retrouvée
24:27dans le village
24:28de Sérignan
24:29à 30 km de Narbonne.
24:31Le plan épervier
24:32est déclenché.
24:33Les enquêteurs
24:34craignent que Foulchet
24:34s'en prenne
24:35à d'autres personnes.
24:36Il avait
24:37effectivement
24:38menacé de mort
24:39son juge d'instruction.
24:41Le magistrat
24:41est placé
24:42sous protection.
24:46Alors,
24:46question difficile,
24:47question très difficile
24:48et elle est pour vous
24:49Patrick Tégéraud,
24:50journaliste
24:51correspondant
24:51à RTL
24:52à Toulouse.
24:53Vous connaissez bien
24:53ce dossier
24:54et vous nous aidez
24:55à mieux le comprendre
24:56depuis le début
24:57de cette heure du crime
24:58consacrée
24:59à l'affaire
24:59Albert Foulchet.
25:01Est-ce qu'on sait
25:01pourquoi Albert Foulchet
25:03est subitement
25:04de retour
25:04ce jour-là ?
25:05Un an
25:06après avoir
25:07être parti
25:08en cavale.
25:09C'est incompréhensible ?
25:10En fait,
25:11il est de retour
25:11déjà depuis pas mal de temps.
25:13Il est de retour
25:13depuis les fêtes
25:14de fin d'année.
25:15Depuis décembre et janvier.
25:16Il a passé les fêtes
25:17de fin d'année,
25:18on le saura bien plus tard,
25:19avec Isabelle Susic
25:20qui est sa maîtresse officielle.
25:24C'est une maman d'élève
25:25qu'il a rencontrée
25:26en amenant sa propre fille
25:27à l'école
25:28et il s'entend tellement
25:31bien avec elle
25:31qu'il la quitte
25:32en fait,
25:32il quitte son épouse
25:33pour s'installer avec elle
25:34et il aura d'ailleurs
25:35un enfant,
25:36un enfant parloir
25:36comme on dit
25:38avec Isabelle Susic.
25:39Et c'est avec cette petite fille
25:40qui a 4-5 ans
25:41à l'époque,
25:43non,
25:43qui a quelques mois
25:44à l'époque,
25:45qu'il s'installe
25:46donc à Béziers
25:48clandestinement.
25:49On le saura plus tard.
25:50Et donc,
25:50il y a cette fin de...
25:52ces fêtes de fin d'année
25:54qui passent en famille.
25:55Et après,
25:55bon,
25:55pourquoi est-ce qu'il est
25:56de retour ce jour-là ?
25:57On peut imaginer
25:58qu'une cavale,
25:58ça coûte très cher.
25:59On le soupçonne
26:00d'avoir fait
26:01quelques braquages
26:02peut-être
26:03avec son neveu
26:03en Espagne,
26:04tout ça.
26:05Bon,
26:05on n'est sûr
26:06de rien du tout.
26:07Par contre,
26:09premier réflexe apparemment
26:09c'est d'aller
26:10chez Daniel Herrero
26:12qui est la maîtresse
26:13qui le finançait.
26:15Il était son gigolo
26:16pendant des années.
26:17C'est elle
26:18qui a payé aussi
26:18ses avocats
26:19pour son procès
26:20dans l'affaire Méfray.
26:22Donc voilà,
26:23il se dit
26:23je vais peut-être
26:24aller chercher
26:24de l'argent
26:24chez elle.
26:25Et ça ne se passe pas bien ?
26:27Et ça ne se passe pas
26:28du tout
26:28comme prévu a priori.
26:29C'est ça,
26:30parce qu'il y a le mari
26:32qui d'ailleurs
26:32vient l'accueillir,
26:34il ne voit pas sa maîtresse
26:35et effectivement
26:36l'argent ne semble pas être...
26:37Et la maîtresse
26:38donne l'alerte
26:39et les policiers arrivent.
26:40La voiture de police
26:41est là.
26:41Lui,
26:42il a quand même prévu
26:43d'être un petit peu dissuasif.
26:45Il a un pistolet automatique,
26:46il a aussi une arme de poing
26:47sur lui,
26:48il ouvre spontanément
26:49le feu sur les policiers
26:51et là peut-être
26:52que c'est le début
26:52de la cavale,
26:53c'est peut-être
26:53le début
26:54de la chute définitive
26:57vers la cavale meurtrière.
26:58Parce que là,
26:59c'est un acte de folie,
27:00Patrick Tégéraud,
27:01il n'y a pas d'autre terme
27:01parce que les policiers
27:03auraient pu s'enfuir,
27:04etc.
27:06Enfin,
27:06là,
27:07il est venu vraiment
27:08pour faire des dégâts.
27:09Il n'est pas recherché
27:10à l'époque,
27:11personne ne le poursuit,
27:12personne ne le recherche.
27:13La preuve,
27:14il a fait une cavale
27:15assez confortable
27:15malgré tout
27:16puisqu'on ne l'a jamais retrouvée,
27:17on ne sait absolument pas
27:18ce qu'il a fait pendant un an.
27:19Et là,
27:20il se retrouve face
27:21à une voiture de police,
27:22il ouvre le feu
27:22avec son arme automatique
27:23et après,
27:25il abat
27:25le mari
27:26de sa maîtresse.
27:28Manuel Garcia,
27:30ancien gendarme
27:30à la brigade de recherche
27:31de Béziers,
27:32vous avez mené
27:33une partie de cette enquête
27:34avec vos collègues
27:3525 ans après les faits.
27:37Aujourd'hui,
27:37c'est difficile
27:38de mesurer l'ampleur
27:39de l'affaire
27:39mais à l'époque,
27:40Foulchet était devenu
27:43l'ennemi public numéro un
27:44quand il a tué
27:45toutes ces personnes.
27:46A l'époque,
27:47l'affaire avait
27:48un retentissement énorme
27:50tant au niveau national
27:51qu'international.
27:52Après les quatre homicides,
27:53l'attention est montée
27:55très vite
27:56dans la ville de Narbonne
27:57et toute la région
27:58Languedon-Roussillon.
27:59Bien sûr,
28:00une vaste opération
28:01de recherche
28:02a été déclenchée
28:03et la population
28:04vivait dans une atmosphère
28:05d'inquiétude.
28:06Les commerces
28:07fermaient plus tôt,
28:08les écoles renforçaient
28:09la vigilance.
28:10À 18h,
28:11je peux vous assurer
28:12que plus personne
28:13ne prenait dans les rues.
28:14On sentait vraiment
28:15que la ville
28:16était en alerte
28:17pour non-être.
28:17Oui, effectivement,
28:18c'était une espèce
28:19de terreur,
28:20de peur sur la ville
28:21comme on pourrait dire.
28:22Patrick Tégéran,
28:22encore une petite question.
28:24Il avait une liste
28:25de potentielles victimes
28:27à abattre.
28:27Il en voulait
28:28à la terre entière,
28:29Foulchet, apparemment.
28:30Oui, on aurait retrouvé
28:31auprès du corps
28:32de M. Herrero
28:35une liste
28:36avec une dizaine
28:37de noms.
28:37Il y avait des magistrats,
28:39il y avait des avocats,
28:40il y avait des gendarmes,
28:41il y avait des gens...
28:43Il y avait aussi
28:44Maurice Michaud,
28:45l'assureur narbonné
28:47qui a été abattu.
28:48Donc,
28:48il avait une liste.
28:50Il savait un petit peu
28:51à qui il voulait
28:52s'en prendre.
28:54pour eux,
28:54c'était les auteurs
28:55de sa déchéance,
28:56de son passage
28:58à la délinquance
28:59et à l'assassinat.
29:01Après neuf jours
29:03de traque,
29:04la planque du fugitif
29:05est identifiée.
29:06Albert Foulchet,
29:07la mort assurée,
29:08moins tu en sauras,
29:10mieux tu te porteras.
29:11L'enquête de l'heure du crime.
29:12On se retrouve
29:12dans un instant
29:13sur RTL.
29:16Le matin,
29:17le midi,
29:18le soir,
29:20c'est RTL.
29:24L'heure du crime,
29:26présentée par
29:27Jean-Alphonse Richard
29:27sur RTL.
29:30Retour dans l'heure du crime,
29:32sur la trajectoire sanglante
29:33d'Albert Foulchet,
29:34accusé d'avoir assassiné
29:35un collègue assureur
29:36en 1993.
29:37Il avait échappé
29:39à son procès.
29:40Après un an de cavale,
29:42il réapparaît
29:42pour tuer
29:43quatre personnes.
29:45La police
29:45est sur ses traces.
29:50Mercredi 10 janvier 2001,
29:52deux jours
29:53après la tuerie
29:54de Narbonne
29:54et alors que
29:55400 gendarmes
29:56sont sur le pied de guerre
29:57pour retrouver
29:58Albert Foulchet.
29:58Un témoin anonyme,
30:00une femme,
30:01le signale aux Rives,
30:02une petite commune
30:03aux confins
30:04du Larsac.
30:05Trois anciens
30:06co-détenus
30:07du fugitif
30:07l'auraient aidé
30:08à se planquer ici.
30:09Dans la soirée,
30:10deux de ces hommes
30:11sont interpellés
30:12dans une pizzeria
30:13au Kellard.
30:14Le troisième,
30:16restaurateur
30:16à sept,
30:17est également
30:17arrêté.
30:18Foulchet
30:19a logé
30:20dans une maison
30:20inoccupée
30:21du village des Rives
30:22mais leur aide
30:22arrive trop tard.
30:24L'oiseau
30:25s'est envolé.
30:26Les enquêteurs
30:27apprennent
30:27que le jour même,
30:28Isabelle Suzic,
30:29la maîtresse
30:30d'Albert Foulchet,
30:31a quitté Béziers
30:32pour se rendre
30:33à Paris.
30:34Elle doit y séjourner
30:35quelques jours
30:35pour y donner
30:36des interviews
30:37sur son compagnon
30:38en cavale.
30:39Toute la France
30:39en parle.
30:40L'appartement
30:41de Béziers
30:42est alors placé
30:43sous surveillance.
30:46Mardi 16 janvier
30:47au soir,
30:48les policiers
30:49de la BRI
30:50de Marseille
30:52décident d'aller
30:52visiter
30:53l'appartement
30:53inoccupé
30:54d'Isabelle Suzic.
30:55Sur le palier
30:56du quatrième étage,
30:57ils sont accueillis
30:58par des rafales
30:59d'armes automatiques.
31:00Foulchet
31:00se terre
31:01à l'intérieur.
31:02Après de longues
31:03heures de siège,
31:04l'assaut est donné
31:05au petit matin.
31:06Foulchet,
31:07tout juste 51 ans,
31:09est retrouvé mort.
31:10Il s'est tiré
31:11une balle de pistolet
31:12automatique
31:13dans la bouche.
31:14Dans l'appartement,
31:15les policiers
31:15découvrent une planque
31:16aménagée,
31:17un double fond ingénieux
31:19dans un placard.
31:20Au cours de sa cavale,
31:21Foulchet se serait caché
31:23dans ce réduit invisible.
31:25Isabelle Suzic
31:25raconte que Foulchet
31:27était bien chez elle
31:28pour les fêtes
31:28de fin d'année.
31:29Quelques jours seulement
31:30avant la tuerie,
31:31il ne lui aurait fait
31:33aucune confidence
31:34sur sa cavale.
31:35Moins tu en sauras,
31:37mieux tu te porteras,
31:38lui avait-il dit.
31:40Et voilà donc
31:41pour la fin
31:43de l'ennemi public
31:44numéro 1.
31:45Patrick Tejero,
31:46effectivement,
31:47la cavale
31:47d'Albert Foulchet,
31:48vous êtes journaliste
31:49correspondant à RTL
31:50à Toulouse
31:50et vous connaissez bien
31:51cette affaire,
31:52vous l'avez suivie.
31:54Neuf jours de cavale
31:55à ce stade-là,
31:57ce que nous disait
31:57tout à l'heure
31:58l'enquêteur,
31:58Manuel Garcia,
32:00effectivement,
32:00il s'était un peu
32:01peur sur la ville
32:02mais c'était vraiment
32:03une cavale
32:04qui faisait
32:06la terreur
32:07dans toute cette région.
32:09Une véritable psychose,
32:10une véritable psychose
32:11au point qu'on le voit
32:12partout.
32:12On le voit partout,
32:14Albert Foulchet,
32:14on le voit en Aveyron,
32:16dans l'Hérault,
32:16dans le Gard,
32:17dans l'Aude,
32:18on le voit un petit peu
32:19partout.
32:20Et il y a un déploiement
32:21de gendarmes
32:22et de policiers
32:22qui est extraordinaire,
32:23il y a à peu près
32:24400 gendarmes
32:25qui surveillent
32:25toutes les routes,
32:26toutes les autoroutes.
32:27Nous les reporteurs,
32:28qu'est-ce qu'on faisait ?
32:29On suivait les hélicoptères
32:30parce qu'il y avait aussi
32:31deux hélicoptères
32:31qui se baladaient en permanence
32:32et on suivait les hélicoptères
32:34en espérant
32:34qu'ils nous amènent
32:35à un endroit
32:35où il se passait quelque chose.
32:37C'était une véritable psychose
32:40et on avait l'impression
32:41en effet d'être dans un film
32:43et les gens avaient peur.
32:45Les gens avaient peur
32:45parce qu'il y avait eu
32:46quand même
32:47des morts très violentes.
32:48On savait que cet homme
32:49était très lourdement armé,
32:51pistolet automatique
32:53et autres,
32:54plusieurs armes de poing
32:56et il semblait
32:57totalement insaisissable.
32:59Il essaye de forcer
33:00un barrage de gendarmerie,
33:01il prend l'autoroute
33:02à contresens,
33:03tout ça,
33:03rien ne semble l'arrêter.
33:05Tant et si bien
33:06qu'on lui trouve
33:07quelques complices,
33:09mais il en aurait peut-être
33:10bénéficié d'autres
33:12puisque certains
33:13l'aperçoivent,
33:15une femme le conduisant
33:16dans une voiture.
33:18On se pose la question
33:19de savoir aussi
33:19peut-être si son neveu,
33:21le fameux repris de justice
33:22qui est censé vivre
33:24en Espagne,
33:25n'est pas venu
33:25lui prêter main forte également
33:27parce qu'on ne comprend pas
33:28comment il a pu aller
33:29d'un lieu de meurtre
33:30à un autre.
33:31Il y a 5 km de distance
33:32entre l'assassinat
33:36de Herero
33:37et l'assassinat
33:37de Michaud.
33:39Là, on ne le comprend pas trop.
33:41Et puis,
33:41il y a cette fameuse liste aussi.
33:43Et quand on retrouve
33:43la voiture de Michaud,
33:46de l'assureur de Narbonne
33:48volée par Fouché
33:50à Sérignan,
33:51c'est branle-bas de combat.
33:52On évacue l'école,
33:54on évacue la mairie,
33:55on met sous protection
33:56le directeur
33:58de la police municipale
33:59parce que c'est un ancien
34:00enquêteur de la gendarmerie
34:01qui a participé
34:02à l'arrestation de Fouché.
34:04Voilà, rien n'est laissé
34:05au hasard.
34:06Et rien n'est laissé au hasard
34:06aussi dans la cavale
34:07de Fouché
34:08qui s'en sort plutôt bien.
34:09Vous confirmez,
34:10Patrick Tégéraud,
34:11juste un petit point,
34:12mais il s'est suicidé.
34:13Bon, il était coincé,
34:14on l'entend bien.
34:15Il vivait dans ce placard
34:16sans doute depuis des semaines.
34:18Il fréquentait cette maison.
34:20Mais est-ce qu'il aurait
34:21continué à tuer
34:22si on ne l'avait pas surpris ?
34:24Parce qu'il n'avait plus
34:26rien à perdre.
34:27On a l'impression
34:27qu'il était en roue libre.
34:28Il avait sa liste
34:28et là,
34:30à mon avis,
34:31à partir du moment
34:31où il rafale la voiture
34:33des policiers,
34:34il sait qu'il n'a plus
34:35rien à perdre.
34:35De toute façon,
34:36pour lui,
34:37c'est fichu.
34:38D'ailleurs,
34:38les voisins,
34:39il y aura un siège
34:40de cet appartement
34:41de Béziers
34:42d'Isabelle Sousitch.
34:43Il y aura un véritable siège
34:44qui sera organisé.
34:47Les policiers vont lancer
34:48des grenades assourdissantes,
34:49vont passer une caméra,
34:52vont donner ensuite l'assaut
34:53et découvrir Fouché
34:54qui s'est tiré une balle
34:56dans la bouche.
34:57En fait,
34:58les voisins ont entendu
34:59la détonation
35:00vers 3h du matin.
35:01Dès 3h du matin,
35:02Fouché sait que c'est foutu.
35:03Il y a un dispositif policier
35:05qui se met en place,
35:06c'est qu'il est découvert,
35:07c'est qu'il ne pourra pas
35:08tenir très longtemps,
35:09alors il se suicide.
35:10Il sait que c'est fini.
35:10Il sait que c'est fini.
35:12Manuel Garcia,
35:13vous connaissez bien cette histoire.
35:14Vous êtes ancien gendarme
35:15à la brigade de recherche
35:16de Béziers,
35:17la BR de Béziers,
35:18comme on dit,
35:19c'est elle qui a mené
35:20cette enquête.
35:21Vous avez sorti un livre
35:22sur cette histoire,
35:24Albert Fouché,
35:24ennemi public numéro 1.
35:26Vous écrivez
35:27que finalement,
35:28tout ça est arrivé
35:29parce que Fouché
35:30avait raté sa vie.
35:32Pourquoi vous écrivez ça ?
35:34Dans l'ouvrage,
35:35je crois qu'une association
35:36sociale ratée
35:37parce qu'Albert Fouché
35:39cherchait à tout prix
35:40à se visser plus haut.
35:41sans en avoir réellement
35:43les moyens
35:44ni l'instabilité.
35:46Ses frustrations,
35:47ses échecs
35:48et son besoin
35:48de reconnaissance
35:49ont fini par nourrir
35:52une dérive
35:53dangereuse
35:53chez lui.
35:54C'est ça,
35:55il est parti comme ça
35:56en roue libre,
35:58impossible de s'arrêter.
35:59Il était enfermé
36:00dans sa névrose
36:02et puis dans ses obsessions
36:04et aussi sans doute
36:04dans sa paranoïa.
36:06Manuel Garcia,
36:07pourquoi il n'a jamais avoué
36:08finalement le meurtre
36:09d'André Méfré ?
36:10Après tout,
36:10il aurait pu dire
36:11moi cet homme,
36:12il me détestait,
36:13il m'a escroqué
36:14à cause de lui,
36:15j'ai tout perdu.
36:16Voilà,
36:17il aurait sans doute
36:17fait quelques années
36:18de prison
36:18mais il y avait
36:19un motif,
36:20un mobile,
36:21il y avait une explication.
36:22Pourquoi est-ce qu'il
36:23n'a jamais avoué ?
36:25Pendant sa garde en vie,
36:26il a parfois hésité.
36:28D'accord.
36:28Souvin a deux doigts
36:29de percer aux aveux
36:31mais il se reprenait
36:32aussitôt.
36:34Fouché pensait pouvoir
36:35échapper ici
36:36à son destin.
36:37Il partait du principe
36:39du pas vu,
36:40pas pris.
36:41Ce qu'il ignorait
36:42à cette époque,
36:43c'est que les techniques
36:44d'enquête,
36:45notamment la police
36:46scientifique,
36:47avaient suffisamment
36:49progressé
36:49pour établir
36:50des liens solides
36:51entre lui
36:53et l'affaire criminelle
36:54dont il était
36:55le principal suspect.
36:56D'accord,
36:57effectivement,
36:57il n'a pas vu venir
36:58un petit peu
36:58tous ces progrès
36:59techniques de l'enquête.
37:02Une petite question
37:02pour vous,
37:03Patrick Tejero.
37:04Isabelle Suzyk,
37:05c'est la maîtresse
37:06numéro 2,
37:07on va l'appeler comme ça.
37:08Elle l'a longtemps
37:09hébergée
37:10alors qu'il était
37:11recherché.
37:11Elle a pris
37:11beaucoup de risques.
37:12Elle a joué
37:13un rôle important
37:14dans cette histoire,
37:15Isabelle Suzyk.
37:15D'ailleurs,
37:15qu'elle ne dément pas.
37:17Non, non,
37:17pas du tout.
37:18Au contraire,
37:19elle admet avoir aidé
37:22Fouché
37:22dans ses cavales,
37:24sa première cavale.
37:25Il faut se souvenir
37:26quand même
37:26que la première fois
37:26qu'il part en cavale,
37:28c'est à trois mois
37:29de son procès
37:30pour méfrair.
37:30Tout à fait.
37:31son avocat
37:33lui a dit
37:33attention,
37:34ce n'est pas
37:35de la rigolade
37:35d'entre un mois,
37:37tu risques
37:37de repartir en prison.
37:39Et la prison,
37:39elle en a fait déjà
37:40presque trois ans
37:41en préventive.
37:42D'ailleurs,
37:42elle a été remise
37:43en liberté.
37:44C'est une question
37:44que poseront
37:44aussi les policiers.
37:45Pourquoi a-t-il été
37:46remis en liberté ?
37:47Alors qu'on sait
37:47que c'est un individu
37:48dangereux
37:49qui est soupçonné
37:49d'avoir tué
37:50quelqu'un
37:50de sang-froid.
37:52Il est remis en liberté
37:53parce que le délai
37:54de justice
37:54est trop long.
37:55C'est ça,
37:56détention provisoire,
37:57bien sûr.
37:58Et sa détention provisoire,
38:00elle passe aussi
38:01par l'isolement.
38:02Il y a l'isolement
38:02par exemple
38:03à la maison d'arrêt
38:03de Perpignan,
38:05son voisin de cellule,
38:06c'est Van Gelhoven,
38:07un assassin pédophile
38:08terrible.
38:09Et ça,
38:10il ne veut plus jamais
38:11retourner en prison.
38:12Il y a cet aspect-là
38:12des choses aussi.
38:13La question se posera
38:14aussi parfois
38:15de savoir
38:15si la justice
38:16n'a pas une petite responsabilité,
38:18délai trop long,
38:19remise en liberté.
38:20Des questions se posent.
38:21Des questions se posent
38:22et puis il y a
38:23ce suicide
38:24et effectivement
38:24des interrogations.
38:26Albert Foulchet,
38:27la mort assurée,
38:28cette histoire me surprend,
38:30tout ceci ne lui ressemble pas.
38:31L'enquête de l'heure du crime,
38:33je vous retrouve tout de suite
38:33sur RTL.
38:35Cette émission vous intéresse ?
38:37Vous en voulez plus ?
38:38Retrouvez toutes les archives
38:40en podcast
38:40sur l'appli RTL.
38:43L'heure du crime,
38:44présentée par Jean-Alphonse Richard
38:45sur RTL.
38:48Dans l'heure du crime,
38:49le parcours sanglant,
38:50cinq morts
38:51de l'ancien assureur
38:53Albert Foulchet,
38:54des assassinats
38:55et des meurtres brutaux
38:56sur fond de vengeance
38:57et de ressentiment,
38:58a-t-on percé
38:59le secret
39:00de cet individu ?
39:03Lundi 22 janvier 2001,
39:05Albert Foulchet,
39:0651 ans,
39:07est inhumé
39:08dans le caveau familial
39:09dans son village natal
39:11de Lioran,
39:12près de Béziers.
39:13Les proches
39:14restent incrédules.
39:16Philippe,
39:16son frère cadet,
39:17confie au journal
39:18La Dépêche.
39:19Je regrette
39:20qu'il ne nous ait pas
39:20adressé une lettre
39:21d'explication sans doute.
39:23N'a-t-il pas eu le temps
39:24ni l'énergie
39:25de le faire ?
39:26L'un de ses avocats,
39:27Jean Ménard Durand,
39:29est tout aussi dubitatif.
39:30Cette histoire me surprend.
39:32Tout ceci ne lui ressemble pas,
39:34déclare-t-il.
39:37Lundi 31 janvier 2005,
39:39quatre ans,
39:40après la mort
39:40d'Albert Foulchet,
39:41les complices présumés
39:42du fugitif,
39:43quatre hommes
39:44et sa maîtresse,
39:45Isabelle Suzic,
39:45sont jugés en correctionnel
39:47dans la plus parfaite
39:48indifférence,
39:49des peines de principe
39:50seront prononcées.
39:53Depuis le départ,
39:53on savait très bien
39:54que ça finirait mal,
39:55que ce soit lui
39:55ou que ce soit eux
39:56qui le fassent.
39:57Ça devait finir comme ça.
39:58Je m'y préparais à ce truc-là.
39:59Ça, c'était l'endroit
40:00où je pensais
40:01qu'il ne serait jamais allé.
40:02C'est bizarre.
40:03Il a peut-être voulu
40:04se suicider chez lui.
40:05J'aimerais bien savoir
40:06s'il n'a pas laissé
40:07une lettre ou quelque chose.
40:08Ça fait mal.
40:08Dans le fond,
40:09maintenant, c'est fini.
40:10C'est fini.
40:12On n'en parle plus,
40:13c'est fini,
40:17effectivement,
40:18d'Albert Foulchet
40:19qui faisait part
40:21de ses questions,
40:22de ses interrogations.
40:23Cet homme est parti
40:24sans laisser un mot.
40:25Brutalement,
40:26il s'est suicidé
40:26après avoir commis le pire.
40:28Cinq personnes tuées.
40:29On lui attribue,
40:30évidemment,
40:31ses meurtres
40:32et ses assassinats.
40:33Et on se pose toujours
40:34la même question.
40:35Que s'est-il passé
40:35dans la tête
40:37d'Albert Foulchet ?
40:39Patrick Tegéraud,
40:40vous êtes avec nous
40:40dans cette heure du crime.
40:42Effectivement,
40:43il y a beaucoup
40:43de questions.
40:45Vous êtes l'un
40:46de nos invités
40:46aujourd'hui,
40:47journaliste correspondant
40:48RTL à Toulouse.
40:50Ce qui est étonnant,
40:51ce que vous racontiez
40:51tout à l'heure,
40:52Patrick Tegéraud,
40:53c'est qu'effectivement,
40:54il y a tous ces meurtres,
40:56ces coups de feu,
40:57le maniement des armes,
40:58la cavale.
40:59On a l'impression
41:00qu'en quelques années,
41:02cet homme,
41:03il s'est finalement fondu
41:04dans la peau
41:06d'un fugitif
41:07quasiment professionnel
41:08et surtout
41:08dans la peau
41:09d'un tueur.
41:10Écoutez,
41:10j'en veux pour preuve
41:11le simple fait
41:12que la fameuse cache
41:13qui est organisée
41:14au domicile
41:15d'Isabelle Suzitch,
41:15il l'a élaborée
41:18en juillet 2000.
41:19D'accord.
41:20Ça fait six mois
41:21qu'il a préparé
41:22cette cache
41:23où il a stocké
41:24des armes,
41:25il a stocké
41:25des munitions,
41:26il a stocké
41:27des vivres,
41:28il a stocké aussi
41:28de fausses cartes
41:29de police,
41:30des cagoules,
41:31l'attirail
41:31du parfait malfaiteur.
41:34C'est quelqu'un
41:35qui s'est entraîné
41:36toute sa vie,
41:36qui est très sportif,
41:38qui va à la salle
41:39quasiment quotidiennement
41:40quand il n'est pas
41:41en cavale,
41:42bien entendu,
41:42qui fait du tir sportif aussi,
41:44qui a une passion
41:45pour les armes,
41:45on l'a suffisamment répété,
41:47et qui se construit
41:49certainement
41:50une espèce de paranoïa,
41:51une espèce de haine.
41:52Alors,
41:53il y a une logique,
41:53il tue Méfré
41:54parce qu'il était censé
41:55récupérer son portefeuille
41:56de clients,
41:57mais il tue ensuite
41:58Michaud.
41:59Pourquoi ?
42:00Parce que Michaud a récupéré,
42:01lui en fait,
42:02la moitié des clients
42:03de Méfré.
42:04Ça,
42:04ça a été établi
42:05par l'enquête.
42:05C'est-à-dire que celui
42:07qui a profité
42:08le plus
42:09des clients
42:10de Méfré
42:12quand il part
42:12à la retraite,
42:13c'est Maurice Michaud
42:14à Narbonne.
42:15Et qu'il a payé de sa vie.
42:17Donc,
42:17il y a une logique
42:18quelque part
42:18de vengeance.
42:20Mais quand même,
42:21quelque chose
42:22qui me trouble
42:23beaucoup,
42:24Patrick Tégéraud,
42:24c'est le fait que
42:25ce n'était pas
42:26un délinquant,
42:27Albert Foulchet.
42:29Un casier judiciaire vierge.
42:30Il a attendu ses 40 ans
42:32pour basculer
42:33dans la criminalité
42:34la plus brutale.
42:37Ça,
42:37c'est étonnant.
42:38Il n'y a peu
42:39de parcours comme ça,
42:40c'est ça que je veux dire.
42:41Il y a les crimes fondateurs
42:42quelque part
42:42qui est certainement
42:43le crime de Méfré.
42:45Il y a la détention
42:47qu'il ne supportera pas.
42:48Il passe plus de 3 ans
42:50en détention quand même.
42:51On l'évoquait tout à l'heure.
42:52Et c'est très très très
42:53très dur pour lui.
42:54Il ne supporte pas
42:54l'idée d'y retourner.
42:56Donc,
42:57il fonce.
42:58Il fonce tête baissée
42:59dans ce qu'il y a
43:00de plus terrible,
43:01dans l'assassinat,
43:02dans le meurtre.
43:05Ce qui est vraiment
43:06très curieux,
43:07c'est pourquoi
43:08il quitte cette clandestinité
43:10pour revenir se venger.
43:12Oui, c'est ça.
43:12Pourquoi,
43:13un an après,
43:14il reprend les armes
43:16contre ceux
43:17qui l'ont amené
43:19vers cette condamnation
43:20par contumace ?
43:21Et pourquoi
43:22est-ce qu'il tue
43:25Michaud,
43:26Guerrero,
43:28et les policiers
43:30malencontreusement ?
43:30Et là,
43:31évidemment,
43:32les psychiatres
43:33n'ont pas eu le loisir
43:34de l'expertiser.
43:36Cet homme,
43:37j'ai envie de dire
43:37que c'est dommage
43:38parce que parfois,
43:39pas toujours évidemment,
43:40les psychiatres
43:41et les psychologues
43:42emmènent quelques clés
43:43pour mieux comprendre
43:44les comportements
43:45et pour mieux comprendre
43:46une trajectoire.
43:47Mais là,
43:47effectivement,
43:47on reste un petit peu
43:48dans le questionnement
43:49et comme derrière un rideau.
43:52On ne sait pas vraiment
43:53ce qui s'est passé
43:54dans la tête
43:54de cet homme,
43:55Manuel Garcia,
43:56avec nous
43:57dans cette heure du crime.
43:58Vous faites partie
43:59de nos invités,
44:00anciens gendarmes
44:00à la brigade de recherche
44:02de Béziers,
44:03brigade,
44:04je le rappelle,
44:04qui a mené
44:04toute cette enquête.
44:06Manuel Garcia,
44:06est-ce que selon vous,
44:07il y a encore des zones
44:08d'ombre dans ce dossier ?
44:10Il reste forcément
44:11des zones d'ombre
44:13malgré l'ampleur
44:14de l'enquête,
44:16certaines intentions,
44:18certains détails
44:18de son parcours,
44:20du passage à l'acte,
44:21de ses choix
44:22ou de certaines aides
44:24qui restent à ce jour
44:25inconnues.
44:26C'est le propre
44:27de ce type
44:28d'affaires criminelles.
44:30Tout ne peut pas être
44:31malheureusement éclairci.
44:33À mon avis,
44:34c'est les historiens
44:35qui un jour le diront.
44:36Peut-être,
44:37et encore une fois,
44:38dès qu'il y a suicide,
44:39évidemment,
44:40il y a un rideau
44:41qui tombe sur une affaire.
44:43Patrick Tegéraud,
44:44il y a une femme
44:44peut-être qui sait tout,
44:46ou qui a su beaucoup de choses,
44:47en tout cas,
44:47c'est Isabelle Suzy,
44:48qui est la maîtresse.
44:49Certainement.
44:49Elle a été condamnée,
44:50d'ailleurs,
44:51pour complicité,
44:53à des peines,
44:54d'ailleurs,
44:54assez légères.
44:56Symbolique.
44:56Voilà, symbolique.
44:58Elle est peut-être la seule
44:59à avoir assisté
45:00à ce basculement
45:02dans le néant.
45:03Tout s'est peut-être décidé
45:04lors de cette dernière
45:06entrevue
45:07pour les fêtes
45:08de fin d'année,
45:08en famille,
45:09dans cette famille clandestine
45:10qui était la sienne.
45:12Mais je voudrais juste
45:13revenir sur l'expertise
45:14psychologique.
45:15Il y en a une qui est faite,
45:16quand même,
45:17à propos du dossier
45:18méfré,
45:18donc du premier meurtre.
45:20Voici comment
45:20le décrivent
45:22les experts.
45:23Allez-y, Patrick.
45:23Il parle de méfiance,
45:25de psychorigidité,
45:26de surestimation de soi,
45:27de vulnérabilité
45:28à la frustration,
45:29d'impulsivité
45:30et de manque
45:31de contrôle de soi.
45:32Et effectivement,
45:33il y a eu
45:33ces petits éléments,
45:35mais qui n'éclairent pas tout.
45:37Et cette affaire
45:38Albert Foulchet
45:39que je viens de vous raconter,
45:40eh bien,
45:41elle reste aujourd'hui
45:41un mystère.
45:42Merci beaucoup,
45:43Patrick Tégéraud,
45:44Emmanuel Garcia
45:45d'avoir été les invités
45:46de l'ordre du crime.
45:46Merci à l'équipe de l'émission,
45:48rédactrice en chef,
45:48Justine Vigneault.
45:50Préparation,
45:50Romain Divares,
45:52Valentine Bardet,
45:53réalisation en direct,
45:54Jonathan Gris.
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