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  • il y a 7 minutes
«Un micro n'est pas une arme, un journaliste n'est pas un assassin et un désaccord n'est pas une complicité», a martelé Michel Fayad, analyste politique et géopolitique. Il revenait sur les propos de Benjamin Lucas-Lundy, député écologiste des Yvelines, sur CNEWS.

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Transcription
00:00Vous savez, il a obtenu en plus ces propos-là devant des journalistes dans l'endroit de l'Assemblée Nationale,
00:07donc la salle 4 colonnes, où justement les journalistes l'interrogent.
00:12Personne n'a tiqué, vous voulez dire.
00:15Et vous savez que ce qu'il y a expliqué, c'est que nous serions, nous, un groupe dont l
00:22'objectif est de diffuser dans notre pays le racisme et la violence.
00:25Et il a ajouté qu'il y a des commanditaires idéologiques à ce qui s'est passé.
00:30Alors, ce n'est pas un mot qui a été lâché sous le coup de l'émotion, parce que vendredi
00:34déjà, à quelques heures après l'attaque,
00:36il avait déjà écrit que les racistes qui ont libre antenne à longueur de journée ont du sang sur les
00:40mains.
00:41Il n'avait pas nommé encore CNews, mais le soir même, il a écrit « il faut fermer CNews »,
00:44avec un mot-clé « trap ».
00:46Alors, il dit qu'il parle de sang sur les mains. Sur quelles preuves ? Aucune.
00:52La justice enquête depuis vendredi et lui avait déjà rendu son verdict le jour même.
00:57Donc, imaginez-vous, imaginez un député de droite qui viendrait dire « moi, je ne parle pas à France Inter
01:02»
01:03et « comment dire », nous, on parlerait d'une atteinte à la liberté de la presse
01:10et on serait en train de défendre ce journaliste de France Inter, si c'était le cas.
01:13Et le journaliste de CNews, lui, a tendu son micro, posé sa question et il a écouté.
01:18Un micro n'est pas une arme, un journaliste n'est pas un assassin et un désaccord n'est pas
01:22une complicité.
01:24Mais il dit que certains médias nourrissent un climat de haine. N'a-t-il pas le droit de le
01:30dénoncer ?
01:30Rappelons qu'il y a 1000 radios, 300 chaînes télé en France.
01:34Mais bien sûr qu'il en a le droit et on devrait défendre son droit même quand il nous attaque,
01:39mais c'est toute la différence justement entre lui et nous. Parce qu'écoutez bien ce qu'il trouve pénible,
01:44parce que c'est le mot qu'il a utilisé. Il trouve pénible qu'on tolère ce logo, je cite,
01:49dans le temple de la République.
01:50Le temple de la République, monsieur le député, c'est justement l'endroit où, comme je le disais,
01:54un journaliste a le droit d'interroger un élu. Même un journaliste que l'élu n'aime pas, surtout celui
01:59-là.
02:00Et ce n'est pas nouveau. En janvier 2025, il écrivait « il faut interdire CNews ».
02:05Le plus savoureux, c'est ce qui s'est passé en mai 2025.
02:07La ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard, avait dit devant les agriculteurs, je cite,
02:12« il faut cibler les élus de gauche ». Elle expliquera qu'elle voulait dire « allez les convaincre ».
02:16Benjamin Lucas, lui, a saisi immédiatement la justice et a dénoncé une désignation à la vindicte.
02:24Pour un verbe, il a saisi la justice. Et lui, il écrit « du sang sur les mains » pour
02:29nous.
02:29Et il ne voit pas de problème. Sa méthode aussi, il faut quand même la voir, ce qu'il a
02:34montré depuis lundi,
02:35il a écrit que le Rassemblement national doit s'expliquer comment le terroriste s'est-il procuré ses tracts.
02:42Quelques heures plus tard, le procureur a démenti.
02:44Et Lucas a écrit « mea culpa », il semblerait que le terroriste n'avait pas de tract du RN
02:50dans sa voiture.
02:51Et il a ajouté « juste les idées du RN dans son cerveau ».
02:54Donc voilà la méthode. On accuse, on se trompe et on accuse quand même.
02:58Il faut aller découper le cerveau après, parce que sinon, après, on va jusqu'où ?
03:02On rejette à chaque fois la responsabilité sans avoir de preuves.
03:06Pour l'instant, l'enquête n'est pas terminée.
03:08Bien sûr. Et il y a quelque chose aussi qui est très important, Christine,
03:11c'est qu'hier soir, lors de l'hommage aux victimes, les manifestants ont scandé « BFM, CNews, assassins ».
03:16Je ne dis pas que Benjamin Lucas en est responsable, ce serait faire exactement ce que je lui reproche.
03:21Je dis qu'un élu devrait peser chaque mot quand des journalistes sont déjà traités d'assassins dans la rue.
03:27Alors, CNews important a été sanctionnée par l'ARCOM, le gendarme de l'audiovisuel,
03:31la seule chaîne en France de l'histoire de l'audiovisuel qui a des sanctions financières.
03:36Où placez-vous la limite ?
03:37La limite, Christine, c'est la loi.
03:40Et il faut être... Donc, par exemple, son argument est le suivant.
03:44Une chaîne utilise une fréquence publique qui appartient à tous les Français
03:47et elle a des obligations en échange.
03:49Certains propos, dit-il, tombent sous le coup de la loi.
03:52L'argument a l'air sérieux.
03:53Mais il ajoute « dans la plus totale impunité ».
03:57Là, c'est faux.
03:57Parce que l'ARCOM contrôle CNews, comme toutes les chaînes, et l'a déjà sanctionnée.
04:01On peut contester ces décisions, mais elles prouvent une chose.
04:05Les manquements sont examinés selon des procédures prévues par la loi
04:08et non selon les préférences politiques d'un député.
04:11Ce n'est pas l'impunité, c'est l'État de droit.
04:13Et l'État de droit sanctionne une faute.
04:15Il ne ferme pas une chaîne qu'on déteste.
04:18Dernier point.
04:18Dans son intervention, il explique qu'il y a deux camps.
04:21D'un côté, celui de la République.
04:22Et de l'autre, celui du racisme, du RN, de ceux qui veulent abattre la République.
04:27Un parti pour lequel vote des millions de Français.
04:29Une chaîne de télévision que regardent des millions de Français.
04:32Renvoyé du même côté.
04:33Pardon, mais depuis quand un député distribue-t-il des certificats de la République ?
04:37Elle n'appartient ni à lui, ni à moi.
04:39Elle appartient aux Français.
04:40Et en 1789, l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme proclamait que la libre communication des
04:47pensées est un des droits les plus précieux de l'homme.
04:49Tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement et il abuse de cette liberté.
04:54Et s'il abuse de cette liberté, pardon, il en répond dans les cas déterminés par la loi.
04:58Par la loi, donc, et non par un député.
05:01Et une dernière chose, Christine, c'est M. Lucas, on peut l'inviter sur le plateau.
05:05Je pense qu'on serait tous heureux de discuter avec lui.
05:08Et s'il ne veut pas venir, eh bien, il a un objet merveilleux, une télécommande.
05:12Il peut changer de chaîne et regarder une autre.
05:15Et en tout cas, laisser les Français libres de regarder notre chaîne.
05:18Sous-titrage Société Radio-Canada

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