00:04Nous sommes connectés avec Jean-Michel Pommet, le CEO de ZENI, qui est une entreprise technologique à impact basée à
00:10Saint-Nazaire,
00:11qui développe une solution de traitement des eaux usées basée sur les micro-algues.
00:16Bonjour Jean-Michel, merci beaucoup d'être avec nous dans Smartech.
00:19Comment agissent ces micro-algues ? Quel est le dispositif technologique, l'innovation que vous développez ?
00:27Et votre savoir-faire spécifique, expliquez-nous.
00:31Merci pour cette invitation.
00:33Comment agissent nos micro-algues ?
00:35Les micro-algues, il faut imaginer que ce sont des micro-organismes photosynthétiques, c'est-à-dire des plantes.
00:41Comment elles agissent ? Elles vont se nourrir des effluents industriels, des eaux usées de l'industrie,
00:48qu'on va cibler comme l'agroalimentaire, comme des milieux de culture.
00:52En effet, ces effluents sont riches en nitrates, en phosphates, principalement.
00:57Et donc constituent des milieux de culture parfaitement adaptés à la culture de micro-algues
01:02qui, en se nourrissant, vont traiter ces eaux.
01:05Donc c'est un mécanisme naturel.
01:08Quelle est-vous votre intervention technologique pour que ça puisse être industrialisé
01:14et d'ailleurs s'adresser aux industriels qui ont besoin de traiter leurs eaux usées ?
01:18Alors complètement, c'est complètement naturel.
01:20Et effectivement, on dit souvent zéro produit chimique dans le traitement de l'eau conventionnelle,
01:26notamment sur le phosphore.
01:28Même si c'est un détail, ça n'en est pas tant un.
01:31Les nitrates, les phosphates, c'est vraiment un sujet.
01:34Et on utilise beaucoup de chimie aujourd'hui pour précipiter le phosphore, les phosphates.
01:38Donc naturellement, on va gérer ces polluants dans des cuves avec de la lumière immergée,
01:45des laits de basse consommation,
01:47qui vont permettre chez des industriels, sur des surfaces réduites, compactes,
01:53d'avoir ces cuves qui récupèrent directement les effluents
01:57et qu'on va traiter avec nos petites algues qui sont à l'intérieur.
02:01C'est du traitement de l'eau biologique, donc pas classique,
02:04c'est-à-dire avec des micro-algues plutôt que de bactéries, tout simplement.
02:07Et on parle de quel type de micro-algues ?
02:10Est-ce qu'on parle des algues vertes, par exemple, qu'on voit sur les plages bretonnes ?
02:14Alors les algues vertes qu'on voit sur les plages bretonnes sont des macro-algues.
02:18Là, on parle de micro-algues, des micro-organismes.
02:20Mais c'est tout à fait similaire dans le sens où il y a aussi des marées vertes
02:26dues à des micro-algues indésirables.
02:29On ne va bien entendu pas utiliser des micro-algues indésirables,
02:32on va utiliser des micro-algues qui sont alimentaires.
02:34Un exemple, la spiruline, c'est un complément alimentaire qui commence à être très connu aujourd'hui,
02:41qui est utilisé pour les sportifs, pour leur richesse en fer, etc.
02:46Elles ont cette capacité à récupérer les polluants dans l'eau
02:50et à les transformer en biomasse d'algues, en matière algale, tout simplement et également.
02:57Et vous, vous les cultivez, ces micro-algues, ou vous les récupérez dans la nature ?
03:01Alors, on les cultive, mais effectivement, soit on les récupère dans la nature,
03:04c'est ce qu'on appelle des algues endémiques,
03:07tant qu'elles ont en fait un génome qui correspond à des algues qui ne sont pas toxiques
03:12et qui sont répertoriées comme algues alimentaires,
03:16ou alors on va les récupérer dans ce qu'on appelle des banques de souches d'algues
03:20qu'on peut trouver en France, en Europe, aux États-Unis.
03:24Et donc, on va acheter ces souches et puis on va les cultiver dans notre laboratoire pour les maintenir.
03:29Et à partir de cette souchothèque, on va trouver la bonne algue
03:34qui est capable de digérer, traiter un effluent lambda qu'on va recevoir.
03:39On a traité une trentaine d'effluents industriels de l'agroalimentaire et de l'aquaculture jusqu'à présent.
03:44Et alors, quand ces micro-algues ont absorbé ce qui est toxique dans ces eaux usées,
03:52qu'est-ce qu'elles deviennent ? Qu'est-ce qu'on en fait ?
03:54Est-ce que ça génère un déchet supplémentaire ?
03:57Alors, excellente question.
03:58Quand on parle d'agroalimentaire ou d'aquaculture,
04:01les effluents ne sont pas saturés en métaux lourds, en composés très toxiques.
04:09Quand on parle de produits toxiques, en fait, c'est les fameux nutriments pour les algues,
04:12nitrates, phosphates, et donc on va vraiment épurer ces effluents.
04:19Et ce qui est intéressant, c'est que derrière, la biomasse, qui est de très bonne qualité,
04:26a des propriétés agronomiques.
04:28On va faire des engrais biosourcés ou zootechniques.
04:31On va faire de l'alimentation animale, par exemple pour le poisson.
04:35Vous imaginez une pisciculture en système circulaire.
04:38On va traiter leurs excès d'azote et de phosphore qui polluent les rivières.
04:42Et on va transformer ça en matière d'algue qui peut être un aliment pour le poisson.
04:47Et tout ça de façon décarbonée, puisque ce sont des plantes.
04:51Donc, elles vont capter le CO2 potentiellement industriel pour créer cette biomasse.
04:57C'est vraiment vertueux.
04:58Donc, ça se passe chez l'industriel, en fait, ce traitement des eaux usées.
05:02C'est localement, dans l'usine, qu'ils peuvent installer ce dispositif.
05:07Qu'est-ce que vous fournissez, vous ?
05:09Totalement.
05:10Et on ne va pas embarquer, trimballer de l'eau.
05:13Ce n'est pas possible.
05:14Vous imaginez les conséquences, justement, sur le CO2, le coût du carburant.
05:19Non, non.
05:19Effectivement, chez eux, on dépose nos cuves.
05:22Donc, on va fournir, en fait, la station d'épuration biologique à partir de micro-algues.
05:27On va fournir nos algues et, à partir de là, on va former les industriels à cette opération.
05:34Et puis, de temps en temps, ils ont envie qu'on gère nous-mêmes leurs stations.
05:39Et donc, on va gérer la station d'épuration biologique.
05:43Merci beaucoup, Jean-Michel Pommet.
05:46Je rappelle que c'est le CIO de ZENI.
05:47Ravi d'avoir découvert cette innovation, cette deep tech française située à Saint-Nazaire.
05:53Merci à tous de nous avoir suivis et d'avoir suivi ces découvertes avec nous sur la chaîne Bsmart.
05:59On se retrouve dès demain pour de nouvelles discussions sur la tech.