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  • il y a 2 jours
Lundi 19 octobre 2026, retrouvez Adrien Merveille (Expert en cybersécurité, Check Point France) et Thibaud Binétruy (Président, InterCERT France) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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Transcription
00:08Bonjour à tous, fuite de données, cyberattaque, on va parler de l'évolution de la menace qui vise la France,
00:14on va voir quels sont les nouveaux modes opératoires du cybercrime et ses signaux faibles à surveiller.
00:24Smartech s'arrête aujourd'hui avec son alerte cyber sur l'évolution de la menace, la cybermenace qui vise la
00:31France.
00:31Pour en parler, deux experts aujourd'hui, Adrien Merveille, expert donc cyber chez Checkpoint France,
00:36et puis Thibaut Binetruy, président d'Intercept France.
00:40Vous fêtez les cinq ans de l'association, mais tout le monde ne vous connaît pas forcément.
00:43En fait, vous réunissez les CERT et les C-CERT, c'est ça, donc ceux qui réagissent de manière très
00:50opérationnelle aux incidents.
00:51Tout à fait, on est une association qui fédère du coup les opérationnels de cyberdéfense,
00:55les gens qui surveillent les systèmes d'information, détectent et entravent des cyberattaques au quotidien.
01:00Alors, on a un enchaînement de cybermenaces, on a vu beaucoup de communication autour des fuites de données cet été,
01:06et puis là, pas plus tard que la semaine dernière, on a découvert qu'un logiciel pilotant les frigos,
01:13les réfrigérateurs et les congélateurs des supermarchés avaient aussi fait l'objet d'une cyberattaque.
01:19Quelles sont les informations que vous avez, vous, aujourd'hui à ce sujet ?
01:23Peut-être que je peux commencer pour expliquer un petit peu ce qui s'est passé.
01:28En fait, il y a eu une cumulation de certains facteurs qui ont rendu cette attaque possible.
01:33La première et qui est essentielle, c'est que ces systèmes sont accessibles.
01:37C'est-à-dire qu'il y a quelqu'un à un moment qui va publier un portail du logiciel
01:41de gestion de frigidaire sur Internet,
01:45avec certes des mécanismes de sécurité, mais le deuxième facteur qui est arrivé là,
01:49c'est que ces mécanismes ont été contournés et un pirate a pu exécuter des instructions
01:54qui n'étaient pas celles souhaitées et donc monter la température des frigos en l'occurrence.
01:59Oui, et alors moi ce que j'ai compris aussi, c'est qu'on a un logiciel,
02:03enfin un éditeur de logiciel qui quand même fournit de nombreuses enseignes de grande surface et d'alimentation
02:11qui n'était plus totalement à jour.
02:14En fait, ce qui a été attaqué, c'est la version obsolète de ce logiciel.
02:17C'est bien ça ?
02:18Alors effectivement, en début du mois d'août, il y a un éditeur de logiciel qui s'appelle Claroti
02:24qui a publié une étude sur des vulnérabilités liées à ce fabricant de logiciel.
02:31Ces vulnérabilités ont très bien pu être exploitées dans le cadre spécifique de cette attaque.
02:35Mais je n'ai pas encore le rapport complet qui va dire ça.
02:39Mais effectivement, il s'avère que la version qui a été exploitée n'était pas la dernière version
02:44et la dernière version incluait le correctif de ces fameuses vulnérabilités.
02:48Donc on dit qu'il y a des logiciels qui ne sont pas patchés ?
02:51J'ai un peu l'impression que ça, mais on va le répéter combien de fois en fait ?
02:56On va le répéter beaucoup.
02:57Mais en fait, ici là, on est dans un cas spécifique où on touche un milieu, je vais dire, industriel.
03:03C'est-à-dire que l'application d'un patch peut avoir un impact direct sur l'activité.
03:11Je ne suis pas expert frigoriste, mais peut-être que l'activation du patch des frigidaires
03:16va entraîner un redémarrage, peut-être qu'elle dure plusieurs heures
03:19et peut-être qu'il faut une fenêtre de maintenance en sortant la nourriture ou les aliments.
03:25Imaginez la même chose, on en parlait tout à l'heure dans un hôpital.
03:27Les médicaments n'ont peut-être pas de tolérance à modification de température.
03:31On sait très bien ce que représente la chaîne du froid quand on fait nos courses.
03:34Donc, est-ce que...
03:37Après ce que vous parlez de l'hôpital, alors moi, justement, j'ai mené une enquête
03:40sur la question de la fragilité aujourd'hui des dispositifs médicaux,
03:44les grandes machines qui sont dans les hôpitaux.
03:47On a le même problème, des logiciels qui sont obsolètes,
03:49qui ne sont pas connectés à Internet, mais qui sont connectés au réseau
03:52pour la transmission de données.
03:56Il y a une sorte de prise de conscience qu'on a un risque,
03:59mais finalement, on ne peut pas faire grand-chose
04:00parce qu'il y a un sujet opérationnel, effectivement.
04:03C'est-à-dire qu'on ne va pas d'un seul coup arrêter des machines
04:05qui sont essentielles à l'hôpital.
04:09Donc, j'ai envie de dire, rien de neuf sous le soleil,
04:11si ce n'est qu'on découvre qu'en fait, la cybersécurité,
04:14c'est aussi une question de sûreté sur les objets industriels.
04:18Comment, de votre point de vue, vous voyez évoluer cette cybermenace ?
04:22Est-ce qu'on va avoir de plus en plus, justement,
04:24de la cyber qui va toucher la sûreté des appareils ?
04:28Est-ce que c'est une tendance ?
04:29On vit en 2026 dans un monde qui est composé
04:33d'énormément d'objets connectés, de tous types.
04:35Le monde industriel, qu'on évoque ici, est très particulier.
04:38L'application de patch dans cet environnement est complexe,
04:40comme on l'évoquait tout de suite.
04:42Donc, la posture ne doit pas forcément être de se dire
04:45qu'il faut maintenir à jour ces outils-là,
04:46qui sont compliqués à maintenir et qui ont des impacts potentiels graves,
04:50mais plutôt de construire un système d'information
04:52d'une manière sécurisée.
04:53Ici, le sujet, c'est l'exposition sur Internet
04:55de cette interface de gestion.
04:57Il faut comprendre qu'en 2026, on vit quand même dans un monde
04:59qui est tendu, géopolitiquement.
05:01Je pense que je ne vais pas vous l'apprendre.
05:02Et on a tous les jours des gens qui viennent éprouver
05:04la sécurité des murs de votre maison.
05:06Tous les jours, tous les jours, tous les jours.
05:07Ouvrir une fenêtre sur ce mur sans avoir quelqu'un
05:09qui surveille cette fenêtre, c'est très ambitieux.
05:12Et c'est probablement quelque chose qu'il ne faut plus faire.
05:14Et là, je pense que les techniciens frigoristes
05:16ont été marqués très fortement de cet incident.
05:19Et eux, ils sont sensibilisés.
05:20Mais le message est très clair.
05:22Tout le monde est concerné par la cyberdéfense.
05:23C'est un enjeu sociétal grave.
05:25Et toutes les entreprises qui conçoivent, maintiennent
05:28ou opèrent des systèmes d'information
05:30doivent avoir une posture cyber beaucoup plus forte
05:33et beaucoup plus structurée derrière
05:35pour s'assurer qu'on n'expose pas n'importe quoi,
05:37pour s'assurer qu'on a une posture responsable
05:39vis-à-vis de ces systèmes d'information.
05:40Il en va de sujets graves.
05:42Des responsables de grandes enseignes
05:44dire qu'effectivement, on n'avait pas forcément
05:46cette culture de la cybersécurité
05:49sur ces appareils, sur ces machines.
05:52C'est effectivement un problème qu'on voit beaucoup.
05:55Comme vous le disiez, Thibault,
05:57il y a de plus en plus d'équipements connectés
05:59qui arrivent, mais qui n'étaient historiquement pas connectés.
06:02Et en fait, on rajoute cette fonctionnalité-là
06:04parce que c'est très pratique,
06:05parce qu'on peut le gérer à distance.
06:06Regardez même à l'échelle de nos appartements
06:08ou de nos maisons.
06:09On a de plus en plus d'objets connectés.
06:10Mais connecter un objet présente un risque.
06:13Et les développeurs de ces logiciels-là
06:15n'ont pas forcément ce risque en tête
06:16et ne sont pas habitués à avoir le prisme cyber
06:19lorsqu'ils développent leur solution.
06:21Il y a deux usages ici.
06:22Typiquement, je comprends complètement
06:24qu'un frigo qui génère
06:26et qui fait du froid pour la chaîne alimentaire
06:29soit connecté à Internet
06:31pour remonter une télémétrie quelque part
06:32pour qu'à distance, on soit en mesure de dire
06:34celui-ci fonctionne bien.
06:35Attention, là, ça déconne, il faut arrêter.
06:38Par contre, il y a une différence
06:39entre envoyer de la donnée sur Internet
06:40et exposer quelque chose sur Internet,
06:42avoir quelque chose d'entrant.
06:43Le problème, il est là.
06:44Il est sur l'accès entrant.
06:46Et le sujet de la culture cyber,
06:48il est intéressant, effectivement.
06:50Quelqu'un qui gère un supermarché
06:52n'a pas forcément besoin d'avoir une culture cyber.
06:54En revanche, ici, on a un tiers
06:56qui est probablement intervenu,
06:57qui est le mainteneur et l'installateur
06:58de cette solution de frigo.
07:00Et cette solution-là,
07:01c'est eux qui ont décidé de la connecter sur Internet,
07:03c'est eux qui ont fabriqué cette solution
07:05et qui la conçoivent.
07:07Et eux ont besoin d'avoir ce vernis cyber,
07:09ont besoin d'être clairement sensibilisés au sujet.
07:12C'est un sujet de responsabilité
07:13qui est adressé désormais par le Cyber Resilience Act,
07:16puisque tous les objets connectés
07:17doivent avoir une protection par défaut
07:19et l'éditeur peut être exposé en tant que responsable.
07:23Et l'éditeur doit fournir les correctifs de sécurité
07:25lorsqu'il y a des vulnérabilités découvertes.
07:27Après, il faut les appliquer, les correctifs de sécurité.
07:31Quelles sont les menaces que vous voyez progresser
07:33le plus rapidement ?
07:34Ce qu'on a vu progresser fortement ces dernières années,
07:37c'est une menace qu'on appelle InfoStyler.
07:39InfoStyler, c'est un logiciel malveillant
07:42qui, du coup, est diffusé de manière très discrète.
07:45Vous naviguez sur un site web légitime,
07:46ce site web a été compromis.
07:48Tout d'un coup, vous avez ce qu'on appelle un CAPTCHA,
07:50un message qui vous dit,
07:51pour prouver que vous êtes un humain,
07:52vous devez réaliser une action.
07:53Et en fait, cette commande, cette menace,
07:56ce message, il est trompeur.
07:57Et en fait, il va diffuser sur votre ordinateur
07:59un logiciel qui va aller voler tous les mots de passe
08:01que vous stockez dans votre navigateur.
08:03Et là, on est sur quelque chose
08:04qui a particulièrement explosé ces dernières années
08:07et qui est à l'origine de pratiquement toutes les attaques
08:10dont on en peut en parler cet été.
08:11Si vous regardez les post-mortem...
08:13Peut-être pas celle sur les réfrigérateurs, justement.
08:15Peut-être pas celle sur les réfrigérateurs,
08:16mais effectivement, si vous regardez les post-mortem
08:18du ministère de l'Intérieur, de la DGFIP,
08:21il y a un moment, une personne qui s'infecte
08:23avec un InfoStyler,
08:24souvent en environnement personnel.
08:26Les entreprises se défendent,
08:28détectent des infections sur leur propre système d'information.
08:30En revanche, elles ont beaucoup de mal
08:31à aller détecter les menaces
08:32sur les systèmes d'information personnels
08:34de leurs employés.
08:35Et là, il y a vraiment quelque chose d'important
08:36qui est de ségréguer sa vie personnelle,
08:39de sa vie professionnelle,
08:40puisqu'en mélangeant les deux,
08:41au final, on se met à risque dans les deux.
08:42Donc, on se fait voler nos accès
08:44et qui permettent de rentrer dans des systèmes
08:46de manière illégitime,
08:48mais sous couvert de légitimité,
08:51puisqu'on a des bons accès.
08:53Et vous diriez que c'est un mal français, ça,
08:55les fuites de données ?
08:56Non.
08:58Non, après, je pense que la France
08:59a un contexte qui fait
09:01qu'elle est particulièrement ciblée.
09:02On est impliqué dans certains conflits.
09:05On a des très grandes industries
09:07dans notre pays, avec des brevets.
09:09Donc, il y a forcément des gens
09:11qui vont s'intéresser à la France
09:13plus qu'à un autre pays,
09:14parce qu'il y a un bénéfice pour eux.
09:16Soit dans la notoriété,
09:18soit peut-être dans la demande de rançon
09:20pour des pirates qui auront plus
09:22une orientation financière.
09:24Vous voyez des signaux faibles
09:25à surveiller pour les mois qui viennent ?
09:28Moi, je pense que l'enjeu
09:30pour les entreprises,
09:31c'est de superviser les identités.
09:33Il y a quelques années,
09:34on concevait des systèmes d'information
09:35comme des châteaux forts.
09:36On rentrait dedans par une grosse muraille,
09:38on n'en ressortait pas trop.
09:39Maintenant, un système d'information,
09:40il est assez éclaté.
09:41On a un modèle un peu aéroportuaire.
09:43Vos données, elles sont chez un tiers.
09:44Elles sont à différents endroits, etc.
09:46Et le seul dénominateur commun,
09:48c'est l'identité.
09:49C'est votre adresse e-mail professionnelle
09:50qui vous permet de vous authentifier
09:51sur ces différents services.
09:53Et du coup, l'enjeu, il est là.
09:54Il est sur la protection de cette identité.
09:56Et ce qu'on voit dans le cadre
09:57des infostylers,
09:58dans le cadre du phishing,
09:59c'est des vols massifs de ces identités
10:00pour accéder à des données professionnelles,
10:03pour accéder à des technologies particulières
10:05ou des systèmes bien précis.
10:06Et dans un modèle éclaté,
10:08tel qu'on conçoit actuellement
10:09les systèmes d'information,
10:10il faut absolument arriver
10:11à superviser ces identités.
10:12Et l'enjeu, il est là.
10:13Il est clairement là,
10:14arrivé à savoir que
10:15quand quelqu'un se connecte
10:16avec le compte du comptable,
10:18il arrive du bon endroit.
10:19Et c'est bien le comptable
10:20qui est derrière son PC
10:21en train d'utiliser son identité.
10:22Ça, c'est votre conseil.
10:23Vraiment, la gestion des identités
10:25et des accès à prendre en compte.
10:28Je parlais de signes faibles
10:29parce qu'on revient
10:31des assises de la cybersécurité.
10:32Je ne sais pas si c'est un signal faible
10:34d'ailleurs ou fort.
10:35Moi, j'ai beaucoup vu
10:37le sujet de la sécurité
10:38autour des intelligences artificielles.
10:41Ça va être notre sujet
10:43numéro un de 2027, selon vous ?
10:44Alors, je pense que l'intelligence artificielle
10:46est en train de transformer
10:47un petit peu le paysage cyber.
10:48D'une part, parce que le développement
10:50et l'adoption de l'intelligence artificielle
10:52dans les entreprises
10:54rajoutent une nouvelle surface d'attaque.
10:56C'est-à-dire que les IA
10:57sont elles-mêmes vulnérables.
10:59Mais l'IA est aussi en train
11:00de transformer la façon
11:01dont les pirates opèrent.
11:02C'est-à-dire que,
11:03grâce à certains outils d'IA,
11:05elles arrivent à cartographier
11:06ce que j'appelle
11:06la surface d'attaque d'une entreprise.
11:08Donc, ça peut être une identité
11:09qui s'est fait voler
11:10dans un infostyleur.
11:11Ça peut être une vulnérabilité
11:13qui existe et qui est exploitable.
11:16Et un petit peu,
11:17comme Thibaut comparait
11:19avec une maison
11:20avec des fenêtres et des portes,
11:21si on n'a pas conscience
11:22de nos fenêtres et nos portes,
11:24on ne peut pas appliquer
11:25une sécurité efficace.
11:27Donc, le plus important
11:28pour les entreprises aujourd'hui,
11:29je pense,
11:29c'est d'avoir une maîtrise
11:30de cette surface d'attaque.
11:31Qui peut m'attaquer ?
11:32Comment ?
11:33Et suis-je vulnérable
11:35à certains aspects ?
11:36Et à ce moment-là,
11:37il faut absolument
11:37que je prenne des réactions rapides
11:38pour venir protéger.
11:39Parce que sinon,
11:40les pirates vont l'exploiter
11:41avant qu'on soit en mesure
11:42de les défendre.
11:43L'enjeu de l'intelligence artificielle,
11:44il est clé.
11:45Je pense qu'il n'y a pas
11:46une entreprise française
11:47qui demande à ses salariés
11:48de ne pas utiliser
11:49l'intelligence artificielle.
11:50Une entreprise qui prend
11:52ce mouvement-là,
11:53se tire une balle dans le pied
11:54très fortement.
11:55Donc, il faut effectivement
11:56y aller,
11:56il faut les utiliser,
11:57mais il faut les utiliser
11:58avec un cadre.
11:59Je pense que c'est ce qui a été
11:59dit aux Assis,
12:00c'est qu'il faut encadrer
12:01cet usage.
12:02Et on a quand même
12:02beaucoup de mal
12:03à encadrer ces usages.
12:04Les premiers à avoir du mal
12:04à les encadrer,
12:05ce sont les créateurs
12:06de ces DITZIA.
12:07On l'a vu cet été,
12:08on a eu des communications
12:09sur différents sujets
12:10qui sont un peu inquiétants.
12:11On a perdu le contrôle
12:12de certains agents
12:13qui ont réussi
12:13à presque comploter entre eux
12:15pour réaliser des attaques
12:16de manière autonome.
12:17Ils s'en vantent en fait.
12:18Ils s'en vantent.
12:20Ce qui est surprenant,
12:21c'est qu'il n'y a vraiment
12:21pas de remarques.
12:23Personne ne leur tape
12:24sur les doigts.
12:24Personne ne leur dit
12:25attention,
12:25il ne faut pas faire ça.
12:26Il n'y a pas de retour légaux
12:29ou d'impact là-dessus.
12:31C'est quelque chose
12:32qui est problématique.
12:33Ça veut dire qu'on les laisse
12:35faire ce qu'ils veulent
12:35sans aucune limite.
12:37Et l'inquiétude est là.
12:39Et je pense que
12:39les responsables cyber
12:40ont bien compris
12:41que c'était dangereux.
12:42On ne pouvait pas laisser
12:43faire ça comme ça.
12:44Maintenant,
12:45on ne peut pas non plus
12:45mettre des limites trop fortes
12:46à l'usage
12:47de l'intelligence artificielle
12:48en 2026.
12:49Ça veut dire qu'à partir
12:49du moment où on utilise
12:50des modèles d'IA
12:53des grands laboratoires
12:55américains,
12:55on se dit
12:55là, on a un nouveau
12:57problème de sécurité.
12:58Tout à fait.
12:59On a fait une étude
13:00sur des injections
13:02de promptes.
13:03C'est-à-dire qu'on va essayer
13:04de faire,
13:04au travers de promptes,
13:06on va essayer de faire
13:06dévier les moteurs d'IA.
13:08Donc tous les grands LLM,
13:09que ce soit les Américains,
13:10les Chinois, les Français,
13:11peu importe.
13:12Et on injecte
13:13un certain nombre de promptes
13:14et on regarde
13:15si on arrive
13:15à les faire varier.
13:16Alors ça peut être
13:18changer leur comportement
13:19par rapport à la manière
13:20dont ils s'expriment.
13:21Ça peut être essayer
13:21de leur faire dire
13:22n'importe quoi.
13:23Ça peut être aussi
13:24essayer de leur faire
13:25révéler leurs consignes
13:27de sécurité embarquées.
13:28Et on arrive à faire tout ça.
13:30On arrive à chaque fois
13:30à le faire.
13:31Donc il faut partir
13:31du principe
13:32qu'un LLM
13:33est vulnérable.
13:34Les meilleurs d'entre eux,
13:36on arrive à les faire dévier
13:37dans 8% des promptes
13:38qu'on envoie.
13:39C'est quand même
13:40des promptes
13:40qui sont bien faits.
13:41Mais dans 8% des cas,
13:43on arrive à le faire dévier.
13:43Les pires,
13:44on est autour de 60%.
13:46Donc on n'est plus du tout
13:47dans un signal faible.
13:48Merci beaucoup Adrien Merveille
13:50de Checkpoint
13:51et Thibaut Binetrui
13:53de Insert France.
13:55Merci pour vos éclairages.
13:56C'était Smartech,
13:57votre émission quotidienne
13:58sur la tech et le numérique
14:00que vous regardez
14:00sur la chaîne Bsmart.
14:01T'as demain.
14:04Sous-titrage Société Radio-Canada
14:05Sous-titrage Société Radio-Canada

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