- il y a 2 jours
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00:08Je fais une petite introduction de 10 secondes et puis je te laisse la parole.
00:12Je passe par là, c'est tout ça.
00:16Il est déxé.
00:18Ah, c'est pris au tour.
00:20Mais c'est notre voisin, Pascal.
00:21Il a dit.
00:22C'est notre voisin.
00:23Ah, il n'a pas mal.
00:24Il n'a pas mal.
00:25Ah, encore plus.
00:26Bien, alors voilà l'avant-dernière conférence et présentation de cette journée de la fête de la science ici au
00:35lieu à Verdun.
00:36Nous avons le plaisir d'accueillir Jacques Fagot, qui est un agriculteur bio, qui a un tas de productions très
00:42agréables à déguster.
00:45Je l'ai connu il y a longtemps, à commencer par les confitures.
00:50C'était très bon.
00:51Voilà.
00:52Et puis il a évolué.
00:54Bon, je vais vous expliquer son parcours.
00:55Et ensuite, on aura le plaisir d'accueillir Eric Birlouez, qui est sociologue et spécialiste de l'alimentation et qui
01:03s'est intéressé aux épices et aux routes des épices.
01:07Voilà.
01:08Jacques, c'est à toi.
01:10Merci, merci.
01:11C'est une question de l'invitation.
01:13Même si je ne suis pas un habitué de l'exercice.
01:18Alors, j'ai dû faire un petit effort pour essayer de caler notre activité d'agriculteur à la présentation assez
01:28riche que j'ai vue sur ces journées.
01:30Alors, j'ai mis un peu de couleur en vous présentant un angle peut-être particulier de notre ferme et
01:40donc pas forcément le parcours qu'on a pu avoir depuis maintenant 30 ans, même si.
01:45Donc, effectivement, la retraite approche.
01:49Les mots que vous connaissez bien et qui sont repris de temps en temps, je trouvais que c'est assez
01:53sympa de les mettre aujourd'hui.
01:55Donc, beau, bon, beau.
01:57Dans l'agriculture, on a la chance de pouvoir toucher aux trois.
02:01Le côté beau, c'est le côté un peu esthétique de la chose.
02:05Alors, il y a peut-être qu'il faut ce qu'il faut, mais nous, on le ressent comme ça.
02:07Donc, quelques images que je vais vous présenter d'une sensibilité artistique, on va dire, vue par un agriculteur.
02:15Le bon, vous vous en doutez, parce que dès qu'on touche aux produits, on s'intéresse quand même à
02:19avoir des choses qui soient bonnes à manger,
02:21mais en n'ayant pas que le cadre gustatif, petite approche sur le côté nutritionnel, qui n'est pas intéressant
02:28et qui nous intéresse forcément quand on est dans le bio.
02:31Et puis le mot bio s'intéresse dans l'approche que je vais vous faire sur deux ou trois images,
02:36sur le côté vivant.
02:39Ce souci d'avoir une agriculture vivante, des sols vivants, des modes de production, des transformations qui travaillent sur le
02:45vivant, ça fait partie un peu du cœur de métier.
02:49Alors, pour imager tout ça, une petite citation, mais de la hauteur, moi que je trouve sympathique, donc de Paul
02:56Valéry.
03:00Beaucoup essayent de voir dans l'agriculture une certaine nostalgie de choses qui se faisaient dans le passé.
03:08Alors nous, on y prête attention au passé.
03:11La citation de Paul Valéry est intéressante parce que c'est comme intéressant de se pencher sur le passé.
03:15Mais bon, on a tout évolu en tirant l'essentiel pour essayer de faire évoluer nos pratiques.
03:22Voilà un peu l'idée qu'on a sur l'exploitation.
03:24Et puis une petite image derrière, notre grand-mère à tous, donc l'affiche de notre peintre, M. Mucha,
03:33qui mettait en Meuse quelque chose de symbolique de la Meuse,
03:37parce que c'est quand même une représentante de notre département qui a dépassé les frontières.
03:43Alors vous savez que c'est l'affiche sur les bières de Meuse,
03:46qui avait été donc faite à la fin du siècle, du XIXe siècle,
03:51qui donne une présentation assez sympa dans la présentation que je voulais faire,
03:55parce que vous voyez, quelques coquelicots, on a une présentation à agricole qui se veut un petit peu sympathique.
04:00Voilà.
04:01Alors, j'avance vite, il y a dix images.
04:06Quelques exemples avec deux mots que nous intéressent nous particulièrement.
04:09Le mot terroir, je n'ai pas besoin de l'expliquer.
04:11Le mot terroir, c'est un mot un peu nouveau, qu'on voit apparaître un peu partout, un peu en
04:18agriculture,
04:19qui invite à avoir des pratiques qui soient le plus adaptées aux différentes perturbations qui nous tombent dessus,
04:28climatiques notamment, mais il y en a bien d'autres.
04:31Et donc, la grande idée d'un certain nombre de chercheurs, dont, si vous connaissez, Olivier Hamant,
04:37met en évidence l'intérêt d'avoir des systèmes robustes pour s'affranchir de toutes ces perturbations
04:45qui viennent de plus en plus nous toucher, et notamment en agriculture.
04:50Donc voilà, nous, le côté terroir identitaire et le côté robustesse pour donner de la durabilité.
04:55Alors, en images, quelques exemples.
04:58Le premier, parce qu'il symbolise les pratiques qu'on peut avoir sur la ferme depuis quelques années,
05:04les cultures associées.
05:05Donc il y a un côté esthétique, parce que vous voyez, plutôt qu'avoir des cultures qui soient très homogènes
05:09avec une seule espèce plantée,
05:12l'idée de plus en plus présente, et notamment en agriculture biologique,
05:16est de marier les variétés, mais aussi de marier les espèces.
05:21Donc là, vous avez une photo de ce qu'on peut avoir au printemps sur notre ferme.
05:26Là, en l'occurrence, un mariage d'une légumineuse, la févrole, avec du blé,
05:30les deux plantes s'apportant mutuellement.
05:33Et donc, l'enjeu pour nous, c'est d'avoir ces mélanges-là qui soient le plus heureux possible,
05:40visuellement aussi, parce que tout le monde fait, c'est quand même sympa d'avoir des fleurs
05:43qui soient au milieu des graminées.
05:48En un peu plus fleuri, même si, vous l'avez bien compris, la photo n'a pas été prise cette
05:53année,
05:54les intercultures, donc ces plantations qui tendent à atteindre l'objectif qu'on se donne,
06:01à savoir avoir une couverture végétale toute l'année,
06:05ne jamais avoir de sol nu, une des clés des sols vivants,
06:09et l'auto-fertilité des sols, parce que c'est l'objectif en ce qui nous concerne,
06:13c'est d'avoir une production qui puise en fait tous les abandements directement dans le sol,
06:20et l'azote de l'air également, c'est-à-dire pas d'engrais.
06:23En bio, vous savez très bien que la règle, c'est pas de pesticides,
06:26mais quand on essaie d'aller un peu plus loin, on est dans une logique d'auto-fertilité,
06:31donc pas de pesticides, mais non plus pas d'engrais apportés aussi bio qu'ils puissent être,
06:37notamment les engrais organiques, fumier, compost, on n'en amène pas.
06:40On mise uniquement sur la possibilité, c'est le système, à s'auto-alimenter.
06:46Les intercultures sont déterminantes, donc de pouvoir faire pousser quelque chose
06:50entre la moisson du mois de juillet et le semi du mois d'octobre-novembre,
06:54est une des clés de la réussite du système,
06:57ces plantes-là n'étant pas vouées à être récoltées,
06:59ça c'est des photos dont on pourrait prendre au mois d'août,
07:02elles ne sont pas vouées à être récoltées,
07:04mais à rester fauchées sur place,
07:07et donc alimenter le système, enrichir le sol.
07:10Ça a un côté intéressant, mais ça a un côté aussi visuel,
07:14parce qu'en imaginant que le système se développe,
07:16vous voyez bien qu'on peut espérer que dans nos compacts,
07:19on ait plutôt ces paysages-là en été,
07:22que les paysages soient tout secs pour des raisons climatiques,
07:25malheureusement on n'a pas depuis cette année,
07:27mais ou tout nus, avec des champs vides, avec de la terre en plein soleil.
07:31Donc voilà un peu une approche visuelle de notre système.
07:37Une autre spécificité, c'est de retravailler avec des variétés anciennes sur les blés.
07:41Alors ce n'est pas anodin, alors je sais que je ne suis pas très grand,
07:44alors les gens me disent que c'est un peu facile.
07:45Vous êtes à genoux là ?
07:47Et donc ces variétés de blé anciennes,
07:50qui n'étaient plus cultivées, mais qui reviennent un peu au goût du jour,
07:55même si ça reste quand même marginal,
07:58donc des variétés qui se sont arrêtées souvent après la Seconde Guerre mondiale,
08:03et qui ont été remplacées petit à petit par des variétés plus productives,
08:07et de fait plus courtes,
08:10parce qu'en capacité de résister mieux au poids du grain,
08:13donc vous savez que les blés actuels, ils résistent à à peu près 1 kg au mètre carré de grain.
08:19Là, on est sur des blés qui sont tellement hauts,
08:22vous voyez, donc moi je fais 1,70 m,
08:24et encore, ça diminue tout doucement.
08:27On est sur des blés qui supportent une charge de plutôt,
08:32on va dire, 200 grammes au mètre carré,
08:36donc 20 quintaux hectares.
08:38On est sur des rendements presque 5 fois moindres
08:41que les cultures intensives en bonne terre,
08:43mais avec un intérêt, on le sait aujourd'hui, nutritionnel,
08:47ce qui nous vaut le choix de fait de cultiver sur ces cultures-là.
08:55Et sur le plan esthétique, c'est pas mal,
08:57parce que ces grandes plantes-là supportent plus aisément
09:00d'avoir des plantes qu'on appelle mauvaises herbes des fois,
09:03ou adventices, qui sont dessous,
09:05mais qui, avec l'effet d'ombrage du blé,
09:07qui est au-dessus, ne posent pas vraiment de problème.
09:10Donc on peut se permettre d'avoir une biodiversité plus importante
09:14sans qu'elle soit forcément contraignante.
09:16Et visuellement, c'est quand même assez sympa de voir des champs comme ça.
09:19Petite inconvénient, c'est que visuellement,
09:20si jamais il pleut, tout ça se casse facilement à la vignette
09:24au mois de juillet, et ça, c'est pas forcément la bonne nouvelle.
09:28Donc cette année, tout est resté bon.
09:33Autre approche, qui est là, pour le coup, en projet,
09:36avec un terme que je ne connaissais pas il y a un an,
09:38je ne sais pas si vous connaissez, donc la synthropie,
09:42qui, sous des expériences qui ont été plutôt menées en zone tropicale,
09:47nous invite à essayer de renforcer davantage la densité,
09:51la densité, la diversité des plantes posées sur un terrain,
09:55et de valoriser les strates,
09:57ne pas avoir que, comme je vous l'ai dit moi,
09:59quelques plantes diverses, et puis du blé qui fassent 1m70,
10:02mais aussi avoir des plantes qui fassent 2m, 3m, 10m de haut.
10:06Donc, des arbres,
10:08mais à combiner avec la possibilité de cultiver et de moissonner,
10:12donc il ne s'agit pas de faire passer la moissonneuse dans les arbres,
10:14parce que ça pose un problème,
10:15mais d'avoir un système d'agroforesterie,
10:18de mélange d'alignement d'arbres avec des alignements de culture,
10:22mais, dans l'idée de l'agroforesterie synthropique,
10:25avoir ces fréquences de haies arbustives
10:30qui soient le plus importantes possible.
10:32Alors, je dois avoir une image qui suit.
10:35Alors, ça, c'est la photo aérienne de la ferme de Rarecourt,
10:38donc vous avez le village de Rarecourt qui est là,
10:41notre ferme qui est ici,
10:43une parcelle que vous voyez là,
10:44qui visuellement, là, représente à peu près 10-15 hectares,
10:48visuellement,
10:49la parcelle est un peu plus grande,
10:51de 35,
10:52et vous avez ici le projet
10:55de cette agroforesterie, donc synthropique,
10:58où vous avez des bandes tous les 10m,
11:01et tous les 10m, une rangée d'arbres.
11:03Donc là, ce que vous voyez en vert,
11:04c'est la fameuse bande cultivée,
11:06et entre chaque, il y a le projet d'y mettre,
11:08donc, une rangée d'arbres.
11:12Alors, ça donne ça, quand on est en coupe,
11:15vous voyez, 10m,
11:17arbres, culture,
11:19arbres, culture,
11:20arbres, et la partie en culture
11:22correspond 7m50 à la largeur d'une moissonneuse-bateuse.
11:26Visuellement, vous comprenez bien,
11:28ça change un peu le paysage,
11:29d'une zone grande étendue sans arbres,
11:32on se retrouve avec une zone
11:34avec beaucoup plus de diversité.
11:38Alors, voilà la situation actuelle.
11:40Ça, c'est le projet de plantation.
11:42Donc, vous avez la partie champ, là,
11:437m50,
11:44et puis ces zones-là, dédiées
11:45à la plantation d'arbres,
11:48qui est en projet,
11:49alors, c'est une toute petite partie pour le moment,
11:51mais vous voyez, sur la photo qu'on a là,
11:53je refais une petite marche, d'ailleurs,
11:54parce que c'est un peu vite.
11:58Le projet qui ne fait qu'un seul hectare, ici,
12:01sur la parcelle,
12:02et on fait 35,
12:03représente quand même déjà 1km
12:06de plantation d'arbres.
12:07Parce que quand vous en mettez tous les 10m,
12:09ça se multiplie assez vite.
12:11Donc, c'est quand même assez conséquent,
12:13et c'est pour ça qu'on a rajouté le mot partager,
12:15puisque l'idée, c'est de se dire,
12:17tiens, la partie agricole,
12:19en tant qu'agriculteur,
12:20moi, je vais continuer à la gérer
12:21avec l'habitude qu'on a dans ce domaine-là,
12:24mais la partie forestière,
12:26on va imaginer de pouvoir y impliquer
12:28le grand public
12:31sous différentes formes,
12:32soit simplement sur une aide au financement,
12:34mais pourquoi pas une aide contributive
12:36ou tout autre,
12:37parce qu'on peut y faire aussi pousser des choses
12:39qui se récoltent aussi,
12:40ce n'est pas interdit,
12:40d'avoir quelques fruitiers,
12:41d'avoir éventuellement des épices,
12:44d'avoir un certain nombre de choses
12:45qui puissent éventuellement être valorisés
12:47sur cette partie qui est plantée en arbre.
12:53Voilà.
12:54Donc voilà, vous voyez,
12:56on est tout près du village,
12:57on voit l'église,
12:58si on a situé ce projet-là proche du village,
13:02c'est pour donner un côté esthétique
13:05plutôt intéressant à proximité de la zone à habiter.
13:11Alors ça, c'est le sol actuellement.
13:13L'objectif, c'est ramener le maximum de matière organique au sol.
13:18Alors là, on triche un peu,
13:19on profite de la proximité de la forêt d'Argone
13:22et la possibilité qu'on a eue de récupérer
13:26du bois raméal fragmenté,
13:27donc des copeaux de bois issus,
13:29vous savez, des branches,
13:30quand ils exploitent la partie bois,
13:32ils restent la partie branche.
13:33Et donc, on a pu récupérer un certain tonnage
13:36de bois fragmenté
13:39qui nous servent de support
13:41pour essayer d'activer le système
13:43d'apport qui se fait au sol
13:46qui se fera plus tard par la présence des arbres.
13:48Parce que la présence des arbres
13:49nous amènera dans toutes ces feuilles
13:51qui tomberont à même le sol.
13:52Là, on active le système.
13:57Secrets techniques,
13:58parce qu'il y a quand même un peu de technique derrière,
14:00au niveau matériel notamment,
14:01ne pas perturber les sols,
14:03parce que ça fait partie de la stratégie,
14:06nécessite d'avoir du matériel
14:07qu'on n'avait peut-être pas dans le temps,
14:08d'où cette citation de Paul Valéry.
14:11Il y avait des schémas
14:12qu'on ne pouvait pas mettre en place dans le passé,
14:14qu'on peut maintenant,
14:15ça c'est notre semoire,
14:17les semoires à disques
14:18qui font simplement un petit sillon dans le sol
14:21et qui mettent la graine sans avoir travaillé le sol.
14:25Donc ça c'est comme des engins modernes,
14:27techniquement ce n'est pas si compliqué que ça.
14:29Donc ce disque,
14:30il avance dans le sens d'avancement du semoire
14:33et il écarte très légèrement sur un centimètre,
14:36il fait une petite seignée
14:37et donc le tube qui est derrière,
14:39qui est l'alimentation de la ligne de semis,
14:41les graines tombent dans cette petite seignée
14:43mais le sol de chaque côté du disque
14:46n'est absolument pas travaillé.
14:48Donc toute la vie du sol,
14:50la distribution de tout ce qu'il y a
14:52dans la coupe superficielle du sol
14:54n'est pas du tout bouleversée.
15:00Petite image des terres
15:02qui sont en agriculture biologique
15:04sur le secteur entre Verdun et Rarégour,
15:07vous voyez qu'il n'y a pas beaucoup de monde.
15:09Tout ce qui est vert,
15:10ce sont donc des parcelles
15:11qui sont donc certifiées agriculture biologique,
15:14donc sans pesticides.
15:18Donc vous voyez qu'il n'y a pas
15:20une grosse grosse surface concernée
15:22et elle est en interrogation
15:23parce que ce système-là,
15:24sur le plan économique,
15:25demeure quand même un peu fragile.
15:31Alors une petite présentation quand même
15:33de nos deux produits,
15:34parce que si le système est tenable
15:35sur le plan économique,
15:36c'est parce qu'on a la chance, nous,
15:38de pouvoir transformer les produits
15:39et les commercialiser.
15:40En tant que tel,
15:41si on s'arrêtait uniquement à la production,
15:43le système a du mal à vivre.
15:45Le fait que l'on transforme,
15:46qu'on ait une plus-value sur la transformation,
15:48nous permet de ramener
15:50une cohérence économique à l'ensemble.
15:52Deux produits,
15:53depuis, alors Christian a parlé
15:55de la confiture
15:56et c'est vrai qu'on a démarré
15:57avec la confiture et la bière.
15:59La bière reste quand même
16:00le gros secteur sur notre activité,
16:03on fait à peu près 500 litres par semaine.
16:05Sur une bière qui se caractérise
16:07sur ces points-là,
16:09on malte à la ferme,
16:10donc on a la possibilité
16:12d'utiliser nos propres céréales
16:14sur le premier degré de transformation
16:17qui est le maltage,
16:18qui est relativement rare,
16:20parce que vous savez,
16:20quand vous achetez de la bière artisanale,
16:21elle est systématiquement issue
16:23d'un malte venant de l'industrie.
16:25Alors, ce n'est pas forcément mauvais,
16:26mais vous voyez,
16:26il y a un petit peu
16:30incompréhension possible
16:31entre le caractère artisanal
16:34qu'affiche le produit,
16:35mais sa dépendance
16:36au milieu industriel.
16:38Donc, on marche.
16:39On utilise en partie l'eau de gaze.
16:41C'est une sorte de signature locale aussi.
16:43On a en forêt
16:44une couche sédimentaire très particulière,
16:47une roche qu'on appelle la gaze.
16:49Ce n'est pas anodin
16:50sur le plan, effectivement,
16:51de la flore et même de la faune.
16:53On observe en forêt d'Argone
16:56les particularités.
16:57Sur l'eau,
16:59autant l'eau de l'ensemble
17:01du bassin parisien
17:02qui vient donc jusqu'ici
17:03et qui est à nos portes,
17:04nous, en Raricourt,
17:04on est sur un socle calcaire
17:06qui nous donne de l'eau très riche
17:08en calcium et en calcaire.
17:11On est à 140 mg de calcium au litre.
17:14L'eau de gaze,
17:14qui est à 500 mètres dans la forêt,
17:16elle n'est qu'à 4 mg de calcium au litre.
17:18Donc on a une eau franchement différente
17:20à quelques centaines de mètres près.
17:23Et souvent,
17:23les brasseurs mettent en avant l'eau
17:26comme un petit peu
17:30singularité de leurs produits,
17:31sachant que tous les autres ingrédients
17:33viennent d'un si bon d'année.
17:35On fait infuser des fleurs
17:37et on fera peut-être goûter
17:38notamment une bière
17:39avec de la fleur sur eau.
17:41On fait la reformentation de bouteilles
17:42quand je vous parlais de sol vivant
17:44et de transformation
17:45se basant sur le vivant.
17:46On n'a pas de bière pasteurisée.
17:48Notre bière est vivante.
17:49Il y a un petit dépôt de levure.
17:50Elle a refermenté en bouteilles
17:52un peu dans le même esprit
17:54que les champagnes.
17:56On réutilise les bouteilles.
17:57Ça permet de faire un clin d'œil
17:59à ceux qui connaissent
18:00les anciennes verries
18:01d'Argonne,
18:02même si notre verre
18:03ne vient pas du coin,
18:04mais en d'autres temps
18:06ont fabriqué
18:07nos contenants sur place.
18:09Là, nos contenants
18:10sont des bouteilles de champagne
18:11de deuxième vie.
18:14Et puis, on essaye d'avoir...
18:15Parce qu'il faut que tout ça
18:16reste à des tarifs
18:17qui soient quand même accessibles.
18:18Donc, un produit qui est...
18:20Un produit fermier
18:21a des tarifs qui sont accessibles
18:23à tous.
18:24Ce n'est pas un produit luxe.
18:25À côté de ça,
18:26donc, depuis maintenant 5 ans,
18:28il y a l'activité pain
18:29qu'on essaye de marier
18:30à l'activité bière.
18:31Il y a beaucoup de similitudes
18:32entre la fabrication
18:33de la bière et du pain.
18:34à tel point que les Belges
18:36appellent des fois
18:37à la bière du pain liquide.
18:39Et donc, on s'était dit
18:40qu'il existe un ou deux cas
18:42en France
18:42de gens qui sont accessibles
18:43à marier les deux métiers
18:44et se dire
18:45« Tiens, puisqu'on fait appel
18:46à une céréale,
18:47à de l'eau,
18:49et qu'on a un processus
18:50de fermentation derrière,
18:52ces deux systèmes
18:54ont peut-être
18:54à s'apprendre mutuellement.
18:57Et donc, on développe, nous,
18:58une petite activité
19:00de pain paysan
19:03sur le vin
19:05et avec
19:07le fameux blé ancien
19:08puisque je vous l'ai présenté
19:09tout à l'heure.
19:10Et une petite particularité
19:12là aussi,
19:12dans le même esprit
19:13que le malte
19:14par rapport à la bière,
19:15c'est que, bien sûr,
19:16la farine est faite sur place
19:17et l'avantage de faire
19:18la farine sur place,
19:19c'est qu'on peut travailler
19:20nous avec la farine ultra fraîche.
19:22C'est-à-dire qu'on a de la farine
19:23qui a moins de 24 heures.
19:27C'est des systèmes
19:28qu'on a rarement boulanchis
19:30parce que, de fait,
19:31la filière fait que
19:32la farine,
19:33il y a un certain temps
19:34avant d'arriver
19:34chez les blanches.
19:35Nous, l'objectif,
19:37c'est de travailler
19:38avec ce côté frais
19:39qui n'est pas anodin
19:40sur l'oxydation,
19:41sur le goût,
19:42sur l'aspect nutritionnel
19:44du pain
19:45qui est comme le tien de la lune.
19:47Je crois que j'ai fait le tour.
19:51Oui, alors,
19:51notre solution durable
19:54et puis, vous l'avez compris,
19:55buvable,
19:56et je crois que j'ai ramené
19:57quelques bouteilles de biais
19:58pour que vous puissiez goûter
19:59en vous remercie.
20:01Merci beaucoup.
20:03Ça arrive,
20:04tu demandes des gobelets aussi
20:06au bar,
20:06un carton.
20:07Ah, on est tout.
20:08Vous avez une petite brochure
20:09si vous avez le plaisir.
20:11Oui, il faut distribuer ça.
20:12Vous êtes les bienvenus.
20:14Je ne sais pas,
20:15j'ai trop long,
20:16trop long.
20:17Non, très bien.
20:18Oui.
20:19Comme vous l'avez montré,
20:20avec des blés anciens.
20:21Oui, oui, oui.
20:23Oui, oui.
20:23Il y a des variétés
20:25différentes de blés anciens
20:26et de la population.
20:27Oui, oui, oui.
20:28C'est par contre,
20:28si vous l'avez montré
20:30la visère des blés,
20:31c'est aussi avec du blé ancien
20:32que vous faites.
20:33Oui, mais on ne le voit pas
20:34parce que le blé est au-dessus.
20:35C'est-à-dire qu'assez vite,
20:37et c'est la chance du blé ancien,
20:38c'est qu'il pousse tellement haut
20:39que la présence de la férole
20:42n'est pas trop problématique
20:44à la moisson,
20:44sauf quand tu fouches,
20:46parce qu'on peut foucher
20:47suffisamment haut
20:48et ne pas récolter la férole
20:50en même temps que le blé.
20:52Et juste pour finir là-dessus,
20:55quelles variétés vous utilisez,
20:57vous de blé ancien ?
20:58Sont les blés locaux ou pas ?
20:59Alors, c'était le problème
21:00de l'accès à ces variétés-là.
21:02Par chance,
21:03il y a des gens
21:04qui se sont intéressés
21:06à ces vieilles variétés
21:06avant que moi je m'en occupe.
21:08Et là, en l'occurrence,
21:09il y a une petite dynamique
21:11qui est née en Alsace,
21:13dans le secteur de Mulhouse,
21:15la ferme de Moïse.
21:16J'en veux.
21:17Tu peux réellumer la salle ?
21:19Le gars,
21:19par contre,
21:2020 ans,
21:22je l'ai vu au tout début,
21:23il me dit,
21:24je m'intéresse au blé ancien,
21:25moi ça me paraissait débuleuse,
21:27et je l'ai revu
21:2825 ans après,
21:30il a 160 variétés de blé
21:32qu'il a passé sa vie,
21:35à aller à la chasse
21:37aux variétés.
21:39Il n'y en a pas,
21:40mais c'est par rapport au maïs aussi,
21:42non ?
21:42Les variétés de maïs,
21:44les anciennes...
21:45Ah, bien sûr que le blé,
21:47c'est peut-être le plus
21:50connu aujourd'hui,
21:51mais sur d'autres espèces,
21:54l'orge,
21:54en moindre mesure,
21:55mais un petit peu.
21:56Le maïs,
21:57c'est un peu différent,
21:57mais c'est quand même pas
21:58une plante du coin.
22:01Donc...
22:02Mais sur l'époque,
22:03sur l'époque,
22:05il utilisait moins de l'eau
22:06que maintenant.
22:08Le maïs,
22:09on n'en avait pas.
22:11Le maïs,
22:11c'est quand même
22:12une plante récente.
22:15Donc cela dit,
22:16la recherche,
22:17avouée,
22:18il y a ce qu'on est justement
22:19des plants hybrides,
22:21avec une recherche
22:21sur les semences,
22:23qui font que ces plants-là
22:24ne peuvent pas être réutilisés.
22:25Si vous avez du maïs,
22:26sa capacité à s'adapter
22:28effectivement à nos climats,
22:30c'est fait par un jeu
22:31de sélection et d'hybridation,
22:32et si vous replantez
22:33en deuxième génération
22:34du maïs,
22:36il n'y a rien d'être,
22:37donc ce n'est pas terrible.
22:37Là, par contre,
22:38on travaille sur l'idée
22:39de céréales
22:41ou de plantes population.
22:43Donc moi,
22:43quand j'ai dit que j'ai...
22:44Je crois que c'est
22:4512 variétés de blé ancien
22:47que j'ai hérité de Christophe,
22:49merci à lui
22:50d'avoir fait le travail,
22:51quelque part.
22:51Moi, je les cultive
22:52depuis maintenant
22:537 ou 8 ans.
22:54Je ne peux même plus vous dire
22:55quelle variété j'ai.
22:56Parce qu'en fait,
22:57tout ça,
22:58c'est un peu remarié.
22:59Peut-être que certaines variétés
23:00ont disparu.
23:01D'autres ont pris un peu le dessus.
23:02D'autres se sont croisés.
23:04Et on a maintenant
23:05plus un maïs population
23:07qu'un maïs ancien.
23:09Donc c'est
23:10un ensemble varietal
23:12qui s'est tout doucement
23:13adapté
23:14à notre territoire.
23:16Concret,
23:17évaluez-vous
23:17l'écart de rentabilité
23:19avec les méthodes traditionnelles.
23:21Est-ce que vous bénéficiez
23:23d'incitations publiques ?
23:27Sur la partie bio,
23:28il y a une aide,
23:29vous savez qu'il y a
23:30qui consiste à
23:32pendant 5 ans
23:33de néglés
23:34de 350 euros
23:35après l'hectare
23:36pour permettre
23:37effectivement la transition.
23:38Mais une fois que cette transition-là
23:39est actée
23:40en plus de 5 ans,
23:42il n'y a plus d'aide du tout.
23:43Donc on est sur le marché.
23:44Du blé,
23:45ça coûte à peu près
23:47en conventionnel,
23:48on va dire
23:4920 centimes le kilo.
23:5122 centimes le kilo.
23:52en bio,
23:53on est 30,
23:5635
23:58actuellement.
23:59C'est un peu fluctuant.
24:01Mais vous voyez,
24:01l'écart de prix.
24:0250%.
24:03Ça fait 50%,
24:05mais la perte
24:06en rentement
24:07elle est quand même
24:09substantielle.
24:10Par contre,
24:10il n'y a pas d'intrants.
24:12Donc tout ça
24:13peut être assez cohérent.
24:14C'est limite.
24:16Ce qui sauve,
24:17c'est la partie de transformation.
24:19Avec un kilo de blé,
24:21on fait un kilo de pain.
24:25Et un kilo de blé,
24:28donc je vous ai donné le prix,
24:29c'est dans les 30 centimes,
24:31on va dire.
24:32Un kilo de pain,
24:33c'est plutôt 4 euros,
24:345 euros,
24:35et donc là.
24:36Donc vous voyez bien
24:36que les 10 centimes d'écart
24:39qu'il y a entre
24:40du conventionnel
24:41et du bio
24:42ne pèsent rien,
24:44quelque part,
24:44sur le prix final du pain
24:46qui devrait passer
24:47de 4 euros
24:47à 4,10 euros.
24:49Et dans les faits,
24:50c'est pas très plus clair.
24:51Bien sûr.
24:52Bon, j'ai des longues réponses.
24:54Voilà.
24:55On va faire une brève dégustation.
24:57Il y a la suite.
24:58C'est pour ça que vous avez...
24:59Éric Birlouès
25:00va nous parler.
25:01Voilà.
25:01Il y a aussi de la bière
25:03aux épices,
25:04vous savez.
25:05C'est de la blonde.
25:07Donc vous avez
25:07une blonde
25:08et puis...
25:09Une blonde sur...
25:09Non, elle n'est pas
25:10la blonde sur...
25:11Oui, alors pour vous
25:11vous donner une bonne...
25:12C'est pas les...
25:13C'est la blonde...
25:14Qui a été qui met au...
25:16Qui a été qui mis au...
25:17La brune est un peu épicée,
25:18il y a de la cardamome.
25:19Donc ça permettra
25:20si on le lit.
25:21Et puis il y a une brune
25:22derrière qui s'est éliminée.
25:23C'est la blonde dessus.